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OF ILLINOIS
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MAY 2 1 1993
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LA BIBLIOTHÈQUE
DU
MARQUIS DE SANÏILLANE
CËALON-SUR-SAONÉ
IMPRIMERIE FRANÇAISE ET ORIENTALE DE E. BERTRAND
LA BIBLIOTHÈQUE
DU
MARQUIS DE SANTILLANE
PAR
mwmr
OF THE
MARIO SGHIFF W1VERS.tyof.ll.noi8,
ARCHIVISTE-PALEOGRAPHE
ÉLÈVE DIPLÔMÉ DE L'ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES
PARIS (2e)
LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, EDITEUR
67, RUE DE RICHELIEU, AU PREMIER
1905
(TOUS DROITS RÉSERVÉS)
BIBLIOTHÈQUE
DE L'ÉCOLE
DES HAUTES ÉTUDES
PUBLIEE SOUS LES AUSPICES
DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
SCIENCES HISTORIQUES ET PHILOLOGIQUES
CENT CINQUANTE-TROISIÈME FASCICULE
LA BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
PAR MARIO SCHIFF
ARCHIVISTE-PALÉOGRAPHE
ÉLÈVE DIPLÔMÉ DE L'ÉCOLE DES HAUTES ETUDES
PARIS (2-)
LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR
67, RUE DE RICHELIEU, AU PREMIER
1905
(TOUS DROITS RÉSERVÉS)
*■"*> r^ y-» jr^i -•! K"*rv
A
M. Alfred MOREL-FATIO
qui m'a fait connaître l'espagne
ET A
D. Marcelino MENÉNDEZ Y PELAYO
QUI ME LA FAIT AIMER
Je dédie ce livre,
Florence, mars 1905,
A V*/ A i^-i* W>i-Î4
BOOKSTACKS OEEICB
Sur l'avis do M. A. Morel-Fatio, directeur-
adjoint des Conférences de philologie romane, et de
MM, G. Paris et E. Châtelain, commissaires res-
ponsables, le présent mémoire a valu à M. Mario
Schiff le titre à' Elève diplômé de la Section d'his-
toire et de philologie de V Ecole pratique des Hautes
Etudes.
Paris, le 3 novembre 1901.
Le Directeur-adjoint de la Conférence,
Signé: A. Morel-Fatio
Les Commissaires responsables,
Signé : G. Paris.
E. Châtelain.
Le Président de la Section,
Signé : G. Monod.
REMOTE STORA
BOOKSTA rtCE
AVANT-PROPOS
HWIVERSip
Le 14 août 1884 les députés espagnols votèrent une
loi autorisant le Ministre de l'instruction publique à
acquérir la bibliothèque des ducs cTOsuna ei de l'In-
fantado(l).A partir de cette époque, cette célèbre
collection est incorporée à la Bibliothèque Nationale de
Madrid (2).
On sait que Pancien fonds de la bibliothèque de
1. En 1841, à la mort de D. Pedro AJcântara de Toledo, trei-
zième duc de l'Infantaclo, le titre de L'Infantado et les biens de
cette maison passèrent à l'aîné des fils de sa nièce, D. Pedro Tellez
Giron, onzième duc d'Osuna, et, après la mort de celui-ci, à son
frère D. Mariano Tellez Giron, douzième duc d'Osunaet quinzième
duc de l'Infantado (D. Francisco Fernândez de Béthencourt,
Historiée genealôgica de la monarquia espanola, Madrid, 1900,
t. II, p. 605 et suiv.).
(( D. Mariano Tellez Giron, héritier... de biens immenses et de
)) titres innombrables, a, par de folles prodigalités et une admi-
» nistration déplorable, anéanti pour toujours ce patrimoine prin-
)) cier, dû à la réunion sur une seule tète de plusieurs des plus
» riches et des plus célèbres majorats de la vieille Espagne. Ce
)) douzième duc d'Osuna est mort en son château de Beauraing
)) (Belgique) le 2 juin 1882 » (Morel-Fatio, Études sur l'Espagne,
deuxième série, p. 195-196).
2. Les manuscrits restèrent tous à la Bibliothèque Nationale de
Madrid; des imprimés, on ne retint que ce qui manquait à la pre-
mière des collections espagnoles, le reste fut distribué aux autres
bibliothèques de Madrid et à des bibliothèques de province,
XII BIBLIOTHEQUE Dl MARQUIS DE SANTILLANE
PInfantado comprend les manuscrits que Don [fligo
I ,opez de Mendoza, marquis de Santillane ei comte du
Real de Manzanares, avait réunis dans son château de
Guadalajara. Amador de losRios a étudié cette bi-
bliothèque dans un important appendice de son édition
des œuvres d'Ifiigo Lopez de Mendoza(l). L'édition
des œuvres du Marquis est un des meilleurs travaux
de Fauteur de YHistoHa Crîtica, niais son élude
de la bibliothèque de Guadalajara laisse beaucoup à
désirer. Los Rios confond souvenl les œuvres ou les
auteurs cités par Santillane avec les manuscrits (jiie
celui-ci a réellement eus sous les yeux, e1 rien chez
lui ne sépare l'hypothèse du fait démontré. Toutefois
il faut admirer la multiplicité des connaissances dont
il fait preuve . Si sa reconstitution de la bibliothèque
du Marquis ne nous satisfait pas, il n'est que juste de
reconnaître qu'il a été le premier à la tenter, et c'est
à lui que nous devons l'idée du travail que nous avons
entrepris. Comme il a étudié les manuscrits de la bi-
bliothèque de l'Infantado cinquante ans avant nous, il
a eu la bonne fortune d'y voir encore des volumes
disparus depuis et pour lesquels nous avons trouvé
bon de citer textuellement ses notices. Nous lui devons
aussi la conservation d'un certain nombre d'anciennes
1. Obras de Don Inigo Lopez de Mendoza, ?narqués de Santi-
llana,ahorapor vez primera compiladas de loscôdices originales,
é ilustradas con la vida del autor, notas y commentarios por Don
José Amador de los Rios, Madrid, 1852. La Tabla alfabética de
los autores mencionados en estas obras occupe les pages 591 à 645
et compte cxviii paragraphes ; elle porte le sous-titre de Biblioteca
del Marqués de Santillana.
AVANT-PROPOS XIII
cotes; qui se trouvaient sur les feuillets de garde de
manuscrits reliés plus tard pour le duc d'Osuna par
le relieur Binet, feuillets que ce dernier a supprimés.
Il existe deux inventaires sommaires des manuscrits
de la bibliothèque Osuna. L'un est inédit : il fut dressé
par les conservateurs du département des manuscrits
de la Bibliothèque Nationale de Madrid lors de l'ac-
quisition de ce nouveau fonds. L'autre a été imprimé;
son auteur est Don José Maria Rocamora, ex-conser-
vateur de la bibliothèque du duc d'Osuna et de
rinfantado (1). Ces deux inventaires sont insuffisants
et le second est souvent erroné ; ils nous ont cependant
beaucoup servi. En les comparant entre eux, nous
sommes arrivé à trouver les cotes de presque tous
les manuscrits antérieurs au XVIe siècle que conser-
vait la bibliothèque Osuna (2) .
1. Catâlogo abreolaclo de los manuscritos de la biblioteca del
Excmo. Sehor Du que de Osuna é Infantado, hecho por el conser-
vador de ella don José Maria Rocamora, Madrid, 1882. Les nu-
méros de ce catalogue reproduisent la cote Osuna moderne (chiffres
arabes). Partout où nous avons trouvé la cote ancienne (Plut.
N°, etc.), nous l'avons relevée; enfin nous donnons la cote que
portaient les manuscrits de la Bibliothèque Nationale de Madrid
au moment où nous les avons étudiés (1896-1897): ces cotes ont
été récemment remplacées par une numérotation suivie qui com-
prend tout le dépôt, mais on a eu soin de dresser des tables de
concordance qui permettent de retrouver les volumes cités d'après
l'ancien classement. Les trois manuscrits qui ont fait partie de la
bibliothèque des ducs d'Osuna et de l'Infantado, et qui ont été
acquis par la Bibliothèque Nationale de Paris, ne sont pas men-
tionnés dans le catalogue de Rocamora. Ils proviennent de Bel-
gique (Cf. Notice ix, ms. D., p. 60 ; Notice xlix, ms. #C, p. 328,
Ibidem, ms. *I, p. 340).
2. Nous avons pu, grâce à l'obligeance de M. Paz y Mélia, chef
du Département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale de
\l\ BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANtILLANE
Nos recherches d'inventaires anciens de cette bi-
bliothèque ont été vaines (1). Nous ne pouvons citer
ici que les Noiicias de la Biblioteca del Duque de
Osuna y del Infantado, pour nous pou intéressantes
et qui ont été imprimées dans le tome CIX de la Co-
leccton de Documentos inéditos para la historia de
Espana(2)] elles datent d'une époque où les titres
d'Osunaet de l'Infantado étaient encore séparés el no
nous renseignent que très sommairement sur l'étal de
la bibliothèque qui nous occupe. 11 est; en outre, à
propos de remarquer que, par le mariage de D. Pedro
d'Alcantara Tellez Giron, marquis de Penafiel, neu-
vième duc d'Osuna, avec Dona Maria Josefa Pimen-
tel, douzième comtesse de Benavente, mariage effectué
en 1771 (3), des livres ayant fait partie de la biblio-
Madrid, examiner les fiches de l'inventaire sommaire, et parmi
ces fiches figure celle d'un manuscrit demeuré jusqu'ici introu-
vable et qui est ainsi décrit dans Rocamora : « N. 126. Hegesip-
)) pus. — De bello judaico et urbis Hierosolymitana (sic) excidio.
» Hippocrates. — Epistolœ super cura democriti. Aristôteles.
» — De mundo liber, ad Alexandrum. Traducido del griego al
)) latin.... Siglo XV. Encuadernaciôn de la época. ))
1. Les Archives des ducs d'Osuna et de l'Infantado sont la pro-
priété des créanciers du dernier duc. Lors de notre séjour à Ma-
drid, les chargés d'affaires de la liquidation faisaient dresser un
inventaire sommaire des pièces. Nous avons obtenu l'autorisation
d'entrer dans les archives, mais l'absence d'ordre y rendait les
recherches impossibles. Nos efforts pour retrouver les liasses de
papiers des archives de l'Infantado ont été inutiles, tout ce qui
avait trait au marquis de Santillanc ayant disparu. Los Rios avait
encore vu ces papiers. Les retrouvera-t-on ? L'inventaire sommaire
a été achevé depuis, mais il n'a pas encore été publié.
2. Madrid, 1894, p. 463-477.
3. Morel-Fatio, Études sur l'Espagne, deuxième série, p. 122,
note 1.
AVANT-PROPOS XV
thèque des comtes de Benavente (1) auraient pu passer
dans celle des ducs d'Osuna(2). Toutefois, parmi les
manuscrits que nous avons examinés, il n'en est qu'un
que nous puissions désigner comme provenant à coup
sur de la bibliothèque du château de Benavente, et
celui-là n'a pas fait partie de l'ancien fonds de la bi-
bliothèque Osuna (3) .
La première des pièces imprimées dans le tome CIX
de la Coleecion de Documentos inéditos contient
l'histoire sommaire de la bibliothèque del Eoccmo
Sr. Duque de Osuna, desde su establecimiento Jiasta
la muerie de su primer Director D. Manuel de
Uriarte. Nous n'y trouvons rien qui ait trait à l'an-
cien fonds de cette collection. On y mentionne l'achat
1. Fray Liciniano Saez, Demostracion histôrica del verdadero
valor de todas las monedas que corrian en Castilla durante el
reynado del sehor Don Enrique III. Madrid, 1796. Note XIII.
On trouve là un inventaire de la librairie du château des comtes
de Benavente.
2. Dans la bibliothèque particulière de Don Marcelino Menéndez
y Pelayo à Santander, nous avons examiné des manuscrits pro-
venant de la maison d'Astorga et qui pourraient avoir fait partie
de la bibliothèque des comtes de Benavente.
3. C'est le manuscrit Ii-73 delaBiblioth. Nat.de Madrid (Cf. Ro-
camora, n°67etR. Menéndez-Pidal, La Leyenda de los infantes
de Lara, p. 394, Q). Ce volume contient la Crànica de 1344. Une
rubrique finale nous donne le nom du copiste et celui du seigneur
pour qui il a travaillé. Esta primera parte desta coronica de
Espaha acabo Manuel Rodrigue^ de Seuilla, por mandado del
sehor conde de Benauente, Don Rodrigo Alfonso Pimentel, la
cual acabo en la dicha villa de Benauente a quinze dias de março del
nascimiento de nuestro sehor ihu. xpo, de mill e quatrocientos e
treynta e quatro ahos (1434). Nicolas Antonio connaissait déjà
ce manuscrit qui appartenait, lorsqu'il le vit, à D. Juan Lucas
Cortés (Cf. Bibliotheca Vêtus, t. II, 1. X, c. m, n° 125).
XV'/ BIBLÏOTIIÈQUK DU MARQUIS DE SANTILLANE
de« muchosy buenos manuscritos » à I). Isidro de]
Olnio et aussi l'acquisition de la bibliothèque de
D. Miguel Vidal composée d'ouvrages d'histoire el
de généalogie :
a En que habia buenos nobiliarios manuscritos, muchas
» noticias genealôgicas originales de Reyes de Armas de
)) Espafla, mas de 30tomos gruesos en folio de otras suyas
)) (de D. Miguel Vidal) y una série de caballeros de las
» ordenes militares dé estos ûltimos dos siglos y medio,
)) con su ascendencia hasta sus abuelos à loménos, etc. »
Don Manuel de Uriarte fut remplacé par Don Diego
Clemencin, nommé directeur de la bibliothèque du
duc d'Osuna en février 1798. Le nouveau directeur
signale 1er janvier 1799, un Informe sobre el estado
de la Biblioteca del Excmo. Sv. Duque de Osuna à
fines del ano 1798. Clemencin, en rendant compte
des travaux qu'il a fait faire en vue de rendre la bi-
bliothèque accessible au public, selon le désir du duc,
nous donne quelques détails intéressants. Il dit(l) :
(( Al mismo tiempo que Acedo tomaba a su cargo el mo-
»' netario, se puso al del otro bibliotecario D. Juan Bautista
)) Guitart, la comision de examinai^ clasificar y poner en
» indice los manuscritos de la Biblioteca, que hacinados
)) confusamente segun se habian iclo adquiriendo, apenas
)) eran conocidos ni a-un por encima . Por su examen se ha
)) reconocido que la Biblioteca posée una coleccion apreciable
» de manuscritos, pertenecientes en gênerai à nuestra his-
)) toria, muchos de ellos originales, distinguienclose entre
)) los mas importantes de estos ultimos la vida del Car-
» denal Mendoza, por D. Francisco de Médina; el libro de
1. Coleccion de documentes, etc., t. CIX, p. 472.
AVANT-PROPOS XVII
)) armas y blasones de Espana de Mossen Diego de Valent ;
)) la esteganografia o arte de la cifra, dirigicla al condestable
)) de Castilla por Luis Valle de la Cerda ; varias obras
)) genealôgicas de Pellicer ; gran suma de cartas, ordenes,
)) instrucciones y ofîcios de Carlos Vy de la Emperatriz, su
» mujer, â varios embajadores y ministros. Entre los demas
o manuscritos no originales, son dignos de aprecio dos
)) diarios, uno en italiano y otro en espaûol, del gobierno
)) del virey de Nâpoles, D. Pedro Giron, tercer Duque de
)) Osuna, una coleccion de obras espirituales de San Fran-
)) cisco de Borja escrita en vida del Santo ; las Sâtiras
» de Juvenal y de Persio, hermosamente escritas en
)) vitela (1) ; varios opûsculosfilosôficos de Ciceron, escritos
)) del mismo modo, que parecen haber sido de Leonardo
)) Aretino(2); una traduction antiquisima del Catilina
)) de Salustio y otra de varios trozos de Vegecio(3),
» hecha de ôrden del rey D. Juan el Segundo, por fray
)) Alonso de San Cristôbal, autor que noconociôD. Nicolas
)) Antonio ; las cortes del mismo D. Juan el Segundo en
» los aïios 1430, 1436, 1442 ; las ordenanzas de los Guardias
)) Antiguos de Castilla, bêchas por Felipe II; varios papeles
)) curiosos pertenecientes al concilio de Trento y al segundo
)) y cuarto mejicanos; la correspondencia diplomàtica de
)) D. Juan de Chumacero, desde Roma, con Felipe IV, y la
)) de D. Luis de Haro, durante las conferencias que pre-
» cedieron â la paz de los Pirineos ; muchas memorias
» relativas â los ministros y sucesos del Duque de Lerma,
)) del marqués de Siete Iglesias, del conde Duque de Oli-
)) vares, de D. José Patino, del marqués de la Ensenada y
)) del conde de Floridablanca ; varios dictâmenes y escritos
)) deD. Melchor de Macanaz, de D. José del Campillo, cle
» D. Miguel Antonio de la Gândara, de D. Pablo Mora
1. Rocam. n° 138 ; Biblïoth. Nat. Madrid, Réserv. 8a-12.
2. Rocam. n° 53; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-151.
3. Cf. Notice XI, p. 68.
XVIII BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
)) Xaraba y ciel conde do Campomancs ; infinitos papeles
» genealogicos, do ellos originales, en especial, registros de
)) cédulas de concesion de habites y fmalmente, un sin-
)) numéro de comcdias de nuestros poetasantiguos, muchas
)) de ellas de letra de los mismos autores, como de Lope
)) de Vega, Caldcron y otros de los mas famosos, con las
» enmiendas de su propio pufïo, las aprobaciones origi-
)) nales de los censores y las licencias para représentasse ;
)) coleccion que hubo de ser caudal de alguna célèbre
)) compania cômica del siglo pasado, y que examinacla con
)) menudencia ofreceni noticias curiosas y picantes para
)) la historia de nuestro Teatro. »
Il résulte de cet Infor me qu'il y avait fort peu de
manuscrits d'ancienne littérature dans la bibliothèque
du duc d'Osuna. Dans cette étude, on a laissé de
côté les manuscrits des satires de Perse et de Juvénal
et des traités de Cicéron qui sont tous deux en latin,
mais on a cru devoir retenir le manuscrit contenant
les versions castillanes de Salluste et de Végèce,
parce que ce volume, quoique n'ayant pas fait partie
de la bibliothèque de Guadalajara, nous fournit d'in-
téressants renseignements sur le mouvement littéraire
de l'époque qui nous occupe.
Pour réunir les matériaux utiles à notre étude,
nous avons examiné tous les manuscrits antérieurs
au XVIe siècle provenant de la bibliothèque du duc
d'Osuna et de l'Infantado. Une fois cette première
sélection opérée, nous avons soumis chaque volume à
un minutieux examen et nous avons écarté ceux qui
portent des noms d'acquéreurs, des dates d'achat
ou d'autres signes de propriété permettant de con-
AVANT-PROPOS XIX
stater qu'ils sont entrés dans la bibliothèque de
Guadalajara après 1458, date de la mort du marquis
de Santillane.
Notre première pensée était de diviser en trois
groupes les manuscrits qui font l'objet de notre tra-
vail. Le groupe A devait réunir tous les volumes por-
tant le nom, les armes, la devise, l'emblème ou la
reliure de Don Inigô Lopez de Mendoza, premier mar-
quis de Santillane, et les ouvrages originaux ou les
traductions à lui dédies ; le groupe Î3, les manuscrits
dont les auteurs se trouvent cités dans les œuvres
d'Inigo Lopez et qu'il a certainement consultés, soit
dans les exemplaires que nous décrivons, soit dans
d'autres de même caractère et de la môme époque ;
le groupe C, les manuscrits qui ne portent ni les
armes ni le nom du Marquis et qu'il n'a pas men-
tionnés dans ses œuvres, mais dont nous avons
trouvé des exemplaires antérieurs à la fin du
XVe siècle dans la bibliothèque du duc d'Osuna et
dont le contenu n'était pas étranger aux goûts ni à la
curiosité du marquis de Santillane. Nous avons
abandonné ce classement, parce qu'il amenait forcé-
ment des répétitions et qu'il dispersait les manus-
crits d'un môme ouvrage ou de différents ouvrages
dus au môme auteur.
Il nous a paru plus pratique d'adopter, tout en res-
pectant le cadre des langues, l'ordre chronologique,
Lorsque nous avons le texte original et différentes
versions en langues vulgaires d'un môme ouvrage,
nous plaçons celles-ci à la suite de l'original et
XX BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLA
nous employons les lettres de l'alphabet pour désigner
les différents manuscrits d'un même auteur. Pour
plus de clarté nous avons mis un astérisque en tête de
toutes les notices consacrées à des manuscrits dont
l'étude nous a permis d'affirmer qu'ils ont appartenu
au marquis de Santillane. Nous indiquons les initiales
enluminées des manuscrits de luxe en nous servant
de majuscules grasses, et quand la place des capitales
est restée vide nous les rétablissons entre crochets.
Un travail comme celui que nous avons entrepris
reste toujours incomplet. Nous ne nous faisons pas
d'illusions à cet égard. Nous nous bornons à souhaiter
qu'il puisse être de quelque utilité aux érudits qui
s'occupent de bibliographie espagnole et d'histoire lit-
téraire. L'impression de ce livre a été longue et la-
borieuse; nous avons, pour des raisons de famille, dû
renoncer à en corriger les épreuves en Espagne, et
souvent des motifs de santé ont entravé la marche de
nos travaux. Que le lecteur nous pardonne, s'il trouve,
comme c'est notre espoir, que, malgré les taches
nombreuses qui le déparent, l'ouvrage que nous lui
présentons ne manque pas de nouveauté.
Il nous est impossible de citer ici tous ceux qui se
sont intéressés à notre étude et qui nous ont aidé. Ce-
pendant nous ne saurions taire ce que nous devons à
M. Alfred Morel-Fatio et à D. Marcelino Menéndez y
Pclayo. D. Antonio Paz y Mélia et ses collaborateurs
du Département des manuscrits de la Bibliothèque
Nationale de Madrid ont droit à nos plus sincères
remerciements. M. le comte de las Navas, bibliothé-
AVANT-PROPOS ' XXI
caire du roi d'Espagne, et le Père Benigno Fernàndez
del'Escurial nous ont accueilli avec bonté; D. Fran-
cisco deUhagôn a libéralement mis à notre disposition
sa bibliothèque particulière. A ces noms nous voulons
joindre encore celui d'un ami, qui est déjà un maître,
D. Ramôn Menéndez Pidal, dont l'affectueuse com-
plaisance nous a été si précieuse (1).
1. La Bibliografia hispano -latino, clàsica que M. Menéndez y
Pelayo publie dans YàRevista de Arcliivos, Bibliotecas y Museos a
commencé de paraître quand notre impression était déjà avancée.
Nous regrettons particulièrement de n'avoir pas pu utiliser cette
importante publication pour la rédaction de nos notices sur les
manuscrits de Boèce, de César et de Cicéron.
INTRODUCTION
CHAPITRE PREMIER
La vie de D. Inigo Lopez de Mendoza
Don Inigo Lopez de Mendoza, premier marquis de
Santillane et comte du Real de Manzanares, a été un
homme heureux. S'en est— il douté, lui qui aimait à
disserter de mta beata et qui a consacré d'innom-
brables strophes au néant de notre terrestre existence ?
Il s'est tressé une couronne de gloires militaires et
poétiques; il est mort pleuré de tous et comme en
odeur de sainteté, puisque pour le peuple espagnol
il resta longtemps le moraliste par excellence, le
(( marquis des Proverbes ».
Second fils de Don Diego Hurtado de Mendoza,
amiral de Castille, et de Doua Leonor de la Vega, Don
Inigo naquit à Carrion de los Condes le 19 août 1398.
Son frère, Don Garcia, mourut en 1403, et l'année
d'après, il perdit son père, âgé d'à peine quarante
ans (1). A sept ans, l'enfant était déjà seigneur de Hita
1. Dans le chapitre ix des Generaciones y Semblanzas, le sei-
gneur de Batres trace, avec son charme habituel, un portrait ra-
pide et certainement fidèle de l'Amiral : (< Hombre de muy sotil
XXIV BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLA1
et Buitrago, titre qu'il devait illustrer plus tard.
L'amiral avait été l'homme le plus riche de Castille.
Lui mort, ses parents et ses vassaux tentèrent de faire
main basse sur son bien. Doîia Leonordela Vega sut
les en empêcher. Avec une indomptable énergie, une
vision nette des réalités et une habileté consommée,
elle défendit les droits de ses enfants et leur conserva
l'héritage paternel. Prudente, avisée, très tenace, très
intéressée, très dévouée aux siens, Dofia Leonor veilla
avec un soin jaloux à l'éducation de son fils, ellel'éleva
pour la lutte, comme le commandaient la tradition et
les circonstances, elle l'élcva aussi dans le culte de sa
race et prit soin d'orner son esprit en lui faisant donner
une instruction brillante et pratique comme la
devait avoir alors un jeune homme destiné à la
vie de cour. Nous savons qu'Inigo Lopez passa les
années de son enfance dans la maison de sa grand'-
mère maternelle Dona Mencia de Cisneros, veuve
de Garcilaso de la Vega, et que c'est là que son
esprit s'ouvrit à la poésie. Fils et petit-fils (1) de
» ingenio, bien razonado, muy gracioso en su decir, osado é atre-
» vido en su hablar tanto que el rey Don Enrique el Tercero se
» quexaba de su soltura é atrevimiento Amô mucho a su
)) linage, é allégé con grande amor a sus parientes, mas que otro
» grande de su tiempo. Placiale mucho hacer edificios, é hizo
» muy buenas casas, como quier que no por nombre muy franco
» fuese avido; pero ténia gran casa de caballeros y escuderos. En
)) el tiempo dél no habia caballero en Castilla tanto heredado. »
Nous verrons que ces traits du caractère paternel se retrouvent
très marqués chez le fils.
1. Son grand-père Pedro Gonzalez de Mendoza, le héros cl'Al-
jubarrota, qui mourut pour sauver le roi de Castille et qui, son
petit-fils nous le dit lui-même, (( fiço buenas cançiones, é entre otras :
INTRODUCTION XXV
poète, il ne tarda pas à montrer du goût pour les
vers. Nous savons par lui-même qu'on parlait litté-
rature dans la maison de sa grand'mère. Il y vit sans
doute le vieux chancelier Pero Lopez de Ayala, chro-
niqueur et poète, qui était son grand-oncle et qui fut
son tuteur, et il est probable que les conseils d'un
homme aussi instruit furent précieux pour Doua
Leonor de la Vega. Le Marquis se souvint plus tard
des causeries alors entendues et il en parle avec com-
plaisance dans sa célèbre lettre à Don Pedro, conné-
table de Portugal : « Je me souviens, lui dit-il,
» quand j'étais encore petit garçon et que je vivais
» chez ma grand'mère Dona Mencia de Cisneros, avoir
» vu, entre autres livres, un grand volume de chan-
» sons, pastourelles et dits portugais et galiciens dont
» la majeure partie était due au roi Denis de Portu-
» gai (qui fut, je crois, votre bisaïeul). Et ceux qui
» lisaient ces œuvres, les louaient de subtile inven-
» tion, et les trouvaient composées de mots gracieux
» et bien sonnants (1). »
(( Pero te sirvo sin arte, é otra a las monjas de la Çaydia, quando
)) el rey don Pedro ténia el sitio contra Valençia : comiença: A las
)) riberas de un rio » (Lettre au connétable Don Pedro, § XVI, Obras
del Marqués, p. 13). De l'amiral son père, on connaît aussi des
chansons amoureuses que nous a conservées un chansonnier de la
bibliothèque particulière du roi d'Espagne.
1. (( Acuérdome, Seîior muy manifico, seyendo yo en edat non
» provecta, mas assaz pequeno moço, en poder de mi abuela doua
» Mençia de Cisneros, entre otros libros aver visto un grand vo-
» lumen de cantigas, serranas, é deçires portugueses é gallegos, de
» los quales la mayor parte eran del rey don Donis de Portugal
)) (creo, Sefior, fué vuestro bisabuelo) ; cuyas obras aquellos que
» las leian, loavan de invençiones sotiles, é de graçiosas é dulçes
XXV] BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Do cette époque date aussi l'amitié profonde qui le
lia, sa vie durant, à son cousin Fernand Alvarez de
Tolcdo, comte d'Albe, amitié touchante et rare, en un
temps où, pour des querelles de parti ou d'intérêt, la
discorde ravageait les familles. Cette affection pour
son cousin fut une des beautés de la vie de Don Ifiigo.
Toujours unis, ils agissaient de commun accord, et
lorsque le comte d'Albe, suspect au tout-puissant
connétable Alvaro de Lima, fut jeté en prison, le
Marquis refusa de prendre part aux conseils de la
cour, pour se retirer à Guadalajara, où il composa le
Diâlogo de Bias contra Fortuna, destiné à con-
soler son cousin détenu et à le fortifier par des consi-
dérations philosophiques et morales. Cette intimité,
faite de mutuel dévouement, frappa leur entourage, et
Pedro Diaz de Toledo, chapelain du Marquis, dans son
Dudocjo ê razonamienio en la muerte del Marqués
de Santillana, consacre le douzième chapitre à
l'examen de la question suivante : « Où Ton étudie
combien il y a d'espèces d'amitié, combien de vrais
amis il y a eu depuis le commencement du monde
jusqu'aujourd'hui, et si le Marquis et le Comte
peuvent être mis au nombre de ceux-ci (1). »
)) palabras » (Lettre au connétable Don Pedro, § XV, Obras del
Marqués, p. 12.)
1. Après avoir énuméré tous les cas d'amitiés célèbres que pré-
sente l'histoire religieuse et profane, le docte Pedro Diaz conclut
répondant au Comte son interlocuteur : (( E segund lo que se
» conoce deste Sefior Marqués é de vos, bien se puede decir que
» podés ser puestos por dos amigos fieles, é numerarvos é contar-
)) vos con los de suso escriptos, é que vuestra amistança, como la
» de los suso escriptos, sea conoscida en el présente siglo é por
» venir ». (Paz y Mélia, Opûsculos literarios, p. 296).
INTRODUCTION XXVII
Dona Leonor de la Vega, soucieuse de former pour
ses enfants une alliance avantageuse et digne de leur
naissance, obtint pour son fils la main de Dona Cata-
lina de Figueroa et accorda celle de sa fille, Dona
Elvira, à Gomez Suarez de Figueroa. L'union des
enfants de l'amiral Don Diego Hurtado de Mendoza
avec les enfants de Don Lorenzo Suarez de Figueroa,
grand maître de Saint-Jacques, un des plus puissants
seigneurs de son temps, fut décidée le 17 août 1408,
à Ocana, où Ton dressa les contrats. Le mariage de
Don Inigo avec Dona Catalina, conclu en 1412, ne
fut consommé que le 7 juin 1416 à Salamanque. Deux
ans avant, en 1414, Inigo Lopez de Mendoza, seigneur
de Hita et Buitrago, avait débuté clans le inonde en
se joignant au cortège des nobles castillans qui
accompagnèrent l'infant Don Fernand de Castille, el
de Antequera, appelé à s'asseoir sur le trône d'Ara-
gon. On célébra à cette occasion de grandes et ma-
gnifiques fêtes, et ce fut alors, sans doute, que Don
Inigo fit la connaissance de Don Enrique de Villena, cet
homme singulier, qui dut lui inspirer une profonde
admiration et qui exerça sur lui, au point de vue
littéraire, une influence considérable. En effet, En-
rique de Villena ouvrit au futur marquis de Santillane
la voie nouvelle de l'allégorie dantesque, le renseigna
sur les lois et coutumes du Consistoire de Toulouse en
écrivant à son intention El Arte de trobar, et traduisit
à sa demande la Divine Comédie du Florentin et
Y Enéide de Virgile. Ce long commerce littéraire
explique la douleur d' Inigo Lopez de Mendoza en
XXVIII BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
apprenant la mort de celui qui lut un peu son maître.
Il consacra à sa mémoire un laborieux poème intitulé:
Defunssion de Don Enriquede Villena, senor dotto
r de excellente ingenio. (1)
Ifiigo Lopez de Mendoza ayant atteinl sa majorité,
prit possession de l'héritage paternel et s'occupa de
régler des différends qui divisaient ses vassaux et de
mettre ordre à certains détails de la succession qui
avaient motivé des procès. Élevé par sa mère dans
Tidée qu'il fallait soutenir toutes les prétentions de
sa maison et étendre sans cesse ses domaines, Ifiigo
Lopez fut un administrateur modèle, et l'intérêl per-
sonnel le guida, sa vie durant, dans les grandes
comme dans les petites choses. C'est pourquoi sa
carrière politique offre si peu d'attrait. Le nouveau
roi d'Aragon, conseiller fidèle et dévoué de la reine
régente et tuteur du roi de Castille, mourut en 1416,
et deux ans après, Catherine mourait aussi, laissant le
roi presque encore enfant aux mains des favoris.
Jean II avait quatorze ans : rêveur aimable, sensible
aux jolis vers, affectueux avec ceux qui ne le tour-
mentaient pas trop, il fut dès le début ce qu'il resta
toute sa vie, un être faible, intelligent d'ailleurs, mais
incapable d'aucun effort et indifférent aux affaires de
son royaume. Il eut un seul ami, un seul conseiller
1. Dans ces 180 vers, il y en a trois simples et sentis, ce sont les
seuls qu'il convient de citer ici :
« Sabida la muerte d'aquel mucho amado
» Mayor de los sabios del tiempo pressente,
» De dolor pungido, lloré tristemente. ))
(Obras del Marques, p. 248).
INTRODUCTION XXIX
animé d'un véritable idéal politique et qui peut-être
aurait pacifié la Castille, si le Roi, qui l'aimait cepen-
dant, l'eût soutenu dans la tempête.
Les luttes entre Aragonais et Castillans com-
mencèrent par le coup de main de Tordesillas où
l'infant d'Aragon Don Enrique s'empara de la per-
sonne du Roi. A Avila fut célébré le mariage de
Jean II, roi de Castille, avec l'infante Marie d'Aragon,
sœur de l'infant Don Juan, le futur roi de Navarre, et
de l'audacieux Don Enrique, grand maître de Saint-
Jacques. Ce dernier, tenant son cousin le roi de Cas-
tille en son pouvoir, le força de consentir à son mariage
avec l'infante de Castille Doua Catalina, mariage qui
fut célébré à Talavera.
Cependant Jean II réussit à gagner la forteresse de
Montalvan, où il se retrancha poursuivi par les sei-
gneurs du parti de Don Enrique, qui, n'osant l'attaquer
ouvertement, se contentèrent de le bloquer pour
l'obliger à se rendre ; le roi de Navarre accourut à
son aide avec d'autres vassaux. Alors les partisans
du grand maître de Saint- Jacques, parmi lesquels se
trouvait Inigo Lopez de Mendoza, gagnèrent Ocaiîa
et de là retournèrent dans leurs terres. Ceci se passait
en 1421. L'année suivante, Don Enrique, attiré à
Madrid où siégeaient les Cortes, fut arrêté et jeté en
prison. Le seigneur de Hita et Buitrago s'était pru-
demment retiré à Guadalajara; il n'y fut pas.
inquiété, et d'ailleurs il s'efforça de ne pas attirer
l'attention de ses ennemis. Il s'occupa d'affaires de
famille, et il partagea ses loisirs entre l'étude, les
XXX 1JIIJLI0TIIEQUE DU MARQUIS DE SANTlLLAtffi
tournois et les fêtes, donl plusieurs furent bril-
lantes.
La paix relative dont jouit alors la Castille ne fut pas
de longue durée L'infant Don Juan, devenu roi de
Navarre en 1425, parsuitede la mort du roi Charles,
son beau-père, s'unit à son frère Don Alonso, roi
d'Aragon, pour obtenir de leur cousin de Castille la
libération de Don Enrique, grand maître de Saint-
Jacques. A peine celui-ci fut-il sorti de prison, que
les troubles recommencèrent. Il retrouva ses parti-
sans, et dans un conseil tenu à Valladolid ceux-ci
forcèrent le Roi à éloigner de sa cour le tout-puissant
connétable Alvaro de Luna, que la noblesse voyait
toujours de mauvais œil. Inigo Lopez de Mendoza
faisait naturellement partie de cette coalition. Dès que
les grands se furent éloignés, Jean II rappela le
Connétable et tout recommença. En 1428, naissait à
Guadalajara le sixième enfant du seigneur de Hita
et Buitrago, celui qui devait être un jour le Grand
Cardinal d'Espagne. La guerre inévitable entre les
rois de Navarre et d'Aragon et l'infant Don Enrique
d'une part, et le roi Jean II de Castille d'autre part,
éclata en 1429. Les grands qui se préparaient à guer-
royer contre les Mores partirent pour la frontière
d'Aragon. Jean II s'y rendit lui-même ; le Connétable
l'y avait précédé. Déjà l'abstention de Don Inigo
Lopez de Mendoza avait été remarquée, lorsque se
décidant enfin, évidemment à contre-gré, il rejoignit
le Roi, lui jura fidélité et s'excusa si habilement de
son retard qu'il dissipa les soupçons du souverain.
INTRODUCTION XXXÏ
La campagne fut brève et heureuse ; Jean II ne tarda
pas à rentrer dans son royaume, mais par précaution
il laissa des forces derrière lui. Au seigneur de Hita
et Buitrago échut la mission de garder la frontière à
Agreda, où il campa avec neuf cents hommes. C'est
pendant cette guerre, durant laquelle il put appliquer
ses connaissances théoriques puisées dans les ouvrages
de stratégie et dans la lecture des histoires, que Don
Inigo partit avec trois cents hommes à la recherche
de Ruy Diaz de Mendoza, un aventurier qui avec ses
soldats, mercenaires du roi de Navarre, faisait des
incursions clans le pays. La rencontre eut lieu dans
les champs d'Araviana, célèbres par le souvenir des
sept infants de Lara. Inigo Lopez, attaqué par une
troupe trois fois plus forte que la sienne, ne recula
pas : il combattit, fut défait et se retrancha avec une
poignée d'hommes sur une colline, où sa résistance
fut telle que ses ennemis découragés repassèrent la
frontière. Les fatigues de cette campagne n'empê-
chèrent pas le Marquis de rimer son Deçir contra
los Aragoheses, et au moins deux serranillas (1) .
1 . Celle qui commence par :
«■ Serranillas de Moncayo
» Dios vos clé buen arïo entero. »
(Obras ciel Marques, p. 464),
et qu'il date en disant :
« Aunque me védes tal sayo
)) En Agreda soy frontero. »
Et une autre qui débute ainsi :
(( En toda la su montana
» De Trasmoz â Veraton
» Non vi tan gentil serrana. »
XXXII BIBLI0TI1KQUK DU MARQUIS DE SANTILLAN
Une trêve ayant été conclue, les Castillans ren-
trèrent chez eux, et le roi JeaD II confisqua tous les
biens que les infants d'Aragon possédaient sur ses
terres. Pour s'attacher les grands qu'il savait garder
des sympathies pour ses ennemis, il leur distribua li-
béralement les seigneuries séquestrées, et [nigo Lopez
de Mendoza fut un de ceux dont le dévouement,
quelque peu suspect, reçut une ample récompense.
Cela fait, le roi de Castille réunit ses vassaux pour
marcher contre les Mores de Grenade. Il leur livra la
rude et glorieuse bataille de Sierra Elvira à laquelle le
seigneur de Hita et Buitrago, resté malade à Cordoue,
ne prit point part personnellement. Ses gens cepen-
dant s'y distinguèrent. Inigo Lopez fit retour à Gua-
dalajara pour se remettre et c'est là qu'il apprit l'em-
prisonnement de plusieurs de ses parents et de ses
partisans accusés d'entretenir de secrètes intelligences
avec les princes d'Aragon. Inquiet et prudent, comme
toujours, il se fortifia dans son château de Hita, où il
attendit les événements, répondant par de vagues
propos au Roi et au Connétable qui lui faisaient savoir
qu'il n'avait rien à craindre. La mort de Doua Leonor
de la Vega, survenue en août 1432, appela Inigo Lo-
pez de Mendoza à Valladolid, où il eut à régler l'héri-
tage maternel conformément au testament que la noble
et où, après diverses indications de lieu, le poète s'adresse en
ces termes à la bergère :
« Dixe : Dios te salve, hermana;
» Aunque vengas d'Aragon,
)) Desta seras castcllana. »
{Obras del Marques, p. 466;.
INTRODUCTION XXXIÏI
dame fit la veille de sa mort, et en vertu duquel il se
voyait investi du titre de Seigneur de la Vega qu'il
portera dorénavant. En même temps, il héritait des
biens de sa mère dans les Asturies de Santillane et de
Santander, biens si souvent contestés, dont la posses-
sion avait donné tant de fil à retordre à Dona Leonor
et qui devaient lui causer, à lui-même, tant d'en-
nuis (1).
L'année suivante les Cortes étant réunies à Madrid,
le seigneur de la Vega demanda et obtint du Roi l'au-
torisation de célébrer un grand tournoi dont lui-même
et son fils aîné Don Diego furent les mainteneurs avec
vingt hommes de leur maison. Alvaro de Luna répon-
dit à l'appel avec soixante chevaliers. Cette fête brillante
se termina par un banquet auquel Inigo Lopez convia
tous les jouteurs et beaucoup d'autres gentilshommes.
Malgré les inimitiés qui couvaient impatientes
sous la toute-puissance du connétable Don Alvaro, la
paix régnait en Castille. Inigo Lopez de Men-
doza, partagé entre le culte des Muses et celui de son
intérêt, allait des unes à l'autre, garnissant les rayons
1. Les anciens biographes répètent Terreur commise par Fer-
nando de Pulgar dans ses Claros Varones où il est dit, en parlant
du marquis de Santillane : « Muertos el Almirante su padre, é
» Doua Leonor de la Vega, su madré, é quedando bien pequefïo
» de edad, le fueron ocupadas las Asturias de Santillana. »
Amador de los Rios, dans sa Vida del Marqués de Santillana,
rétablit les faits. Il prouve, par des documents tirés des archives
de l'Infantado, que Doua Leonor de la Vega administra pendant
longtemps le patrimoine de ses enfants et le sien propre et qu'elle
mourut en 1432. (Cf. Obras del Marqués, p. lv et lvi, et n. 57
et 58.)
Inigô Lopez de Mendoza s'était rendu lui-même dans les
XXXIV BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANK
de sa bibliothèque en même tempsqu'iî étendail sesdo-
maines et arrondissait ses revenus. En décembre 1434,
la mort lui prit son grand ami Don EnriquedeVillena
a el mayor de los sabios del tiempo présente », et
nous avons déjà dit combien il le pleura (1). Mais une
nouvelle querelle l'arrache à ce deuil: la duchesse
d'Arjona étant morte, Diego Manrique son parent ré-
clama son héritage, et s'empara sans façons de l'or et
des bijoux de la défunte. Cela suffit pour faire prendre
les armes au seigneur de la Vega, qui n'aima il ni les
manières brusques, ni les gestes trop vifs. Heureuse-
ment le roi s'en mêla à temps pour empêcher qu'on
en vint aux mains. Il séquestra les biens de la Du-
chesse et remit à sa justice le soin de régler ce diffé-
rend. Inigo Lopez n'y perdit rien, car il était au moins
aussi habile homme d'affaires que vaillant guerrier.
En attendant que la justice fit son œuvre, et sans doute
dans le dessein de bien disposer le Roi à son égard,
Inigo Lopez de Mendoza reçut les souverains et toute
Asturies de Santillane, pour prêter main forte à sa mère, au prin-
temps de 1430. (Cf. lie. cit., p. lt, document cité dans la note 47).
C'est à ce voyage sans doute que nous devons la « Serranilla » qui
commence par :
« Moçueia de Bores
» Alla'so la Lama
)) Pusom' en amores. »
(Obras del Marques, p. 475).
Menéndez y Pelayo croit que cette pastourelle fut certainement
écrite à Liébana [A n tologia de Poetas Liricos,t. V, p. xcix).
1. L'année 1431 est par conséquent la date extrême que Ton
puisse assigner à la composition d' Inigo Lopez de Mendoza, inti-
tulée : Pregunta de Nobles queftço el Marqué* de Santillana à
Don Enrique^ Sehor de Villena,
INTRODUCTION XXXV
leur cour dans son château de Buitrago avec un
grand déploiement de luxueuses réjouissances. Peu
après survint la nouvelle imprévue du désastre de
Gaëte où les Génois capturèrent et défirent, près de
File de Ponza, la flotte aragonaise. Les trois frères
Alphonse, roi d'Aragon, Jean, roi de Navarre et
l'infant Don Enrique furent faits prisonniers. L'im-
pression profonde que cette nouvelle causa en Cas-
tille eut un douloureux écho dans le cœur du
seigneur de la Vega, resté très aragonais de sympa-
thies. C'est alors qu'il conçut et commença son
poème allégorique, la Comedieta de Ponça, auquel
il semble avoir travaillé pendant longtemps, puisqu'il
y prédit les succès et la revanche d'Alphonse V, dont
l'entrée triomphale à Naples n'eut lieu qu'en fé-
vrier 1443. Dans sa lettre clédicatoire à Doua Violante
de Prades, datée du 4 mai 1444, il déclare que ce
poème, quoiqu'il lui eut été plusieurs fois demandé
par de grands personnages, n'était point encore jus-
que-là sorti de ses mains (1). En 1436, le seigneur de
la Vega fêta à Guadalajara le mariage de son fils aîné
1. (( Muy noble Seiïora : quando aquella batallanavall acaesçio
» çerca de Gaieta, la quai fué asy grande que, despues que el rey
)) Xerxes fiço la puente de naves en el mar Oçéano, por ventura
)) tantas é tan grandes naves non se ayuntaron sobre el agua, yo
)) començéuna obra, a la quai llamé « Comedieta de Ponça )). . .
» La quai « Comedieta )), muy noble Senora,yo continué fasta que
» la traxe en fin. É certificovos, a, fee de cavallero, que fasta oy
» jamâs non ha salido de las mis manos, non embargante que
)) por los mayores senores, é clespues por otros grandes ornes, mis
» amigos deste reyno, me sea estada demandada. )) (Prohemio de
la Comedieta de Ponça, § II et III, passim. Obras del Marqués,
p. 93, 94).
XXXVI BIBLIOTHEQUE DU MAKQUIS t)E SANTILLANË
Don Diego, le futur duc, de l'Infantado, avec Dofia
Brianda do Luna, fille d'une cousine du Connétable;
le Roi lui-même voulul être le témoin de cette
union. Don Àlvaro assistait à ces fêtes, et Jean II
put croire un instant que la haine d'un des plus
puissants adversaires de son favori s'était évanouie.
C'est à cette occasion sans doute que le Roi insista
une fois de plus auprès du seigneur de la Vega,
dont la renommée littéraire était déjà grande, pour
obtenir de lui l'achèvement du recueil moral des Cent
Proverbes et sa dédicace au prince héritier Henri (1).
On dit que cet ouvrage fut offert au fils de Jean II dans
es premiers mois de 1437 (2). Le succès de ces Pro-
verbios de gloriosa dotrina é fractuosa ensenança
fut si considérable qu'il ne leur manqua même pas
cette consécration des œuvres vraiment populaires : la
parodie (3).
En 1438, le seigneur de la Vega qui, depuis près
d'un an, guerroyait par ordre du roi de Castille sur la
1. « El quai texto penssé traher a la vuestra noble memoria,
» por mostrar é notificar â la Vuestra Alteça las pressentes mora-
» lidades é versos de dotrina, dirigidos 6 diferidos â aquella ; é
)) que non sin cabsa hayan seydo, cômo algunas veçes por el muy
» illustre, poderoso, manifico é muy virtuoso sefior rey, don
)) Johan segundo, padre vuestro, me fuesse mandado los acabasse
» é de parte suya a la Vuestra Exçellençia los présentasse. »
(Prologo de los Proverbios, § I, Obras ciel Mangues, p. 21).
2. Me m. hist. de Don Alonso el Noble, apénd. 16, p. cxxv,
d'après Los Rio$, Obras ciel Marqués, p. lxvii, n. 23.
3. Prooerbios de Don Apostol de Castilla para su hijo Don
Alonso de Castilla contrahechos â los que hizo el Marqués de
Santillana . (À. Paz y Mélia, Sales espanolas, t. I, Madrid, 1890,
p. 235.)
INTRODUCTION XXXVII
frontière de Cor doue et de Jaen, remporta, aidé de ses
fils, un important succès. Après avoir fait d'heu-
reuses incursions sur les terres du roi de Grenade il
défit devant Huelma un de ses meilleurs généraux et
s'empara de la place. La chronique de Jean II rap-
porte à ce sujet qu'il y eut grande discussion entre les
contingents divers qui formaient l'armée de Don Inigo
pour savoir à qui reviendrait l'honneur de planter,
le premier, son étendard dans la ville. Pour
trancher ce différend, Inigo Lopez se souvint de ses
lectures, et sa sagesse lui suggéra un heureux expé-
dient : il prit les étendards, les noua en un faisceau et
les fit porter ainsi tous ensemble dans Huelma (1). Le
château de Bexix tomba également aux mains du
seigneur de la Vega(2). Effrayés par l'énergie de ce
capitaine, les infidèles demandèrent une trêve qu'Inigo
Lopez deMendoza lui-même fut chargé de négocier.
Les préliminaires en furent laborieux, car les condi-
1. « En este conbate se ovieron valientemente dos hijos deste
)) notable caballero Inigo Lopez de Mendoza, el uno llamado
)) Pero Laso, y el otro Inigo de Mendoza: é como en Jaen y en
» todas las cibdades de su obispado se supo como Inigo Lopez
» estaba sobre Huelma, vino todala gente délias en socorro suyo,
)) é como llegaron juntas hubo gran contienda por quai vandera
» entraria primero : é como Inigo Lopez fuese no ménos discreto
» caballero que esforzado, por los quitar de debate tomo todas las
» valideras é hizolas un haz, y asi juntas las mandô meter dentro
)) en la villa donde en el dicho combate murieron algunos chris-
)) tianos aunque no nombres defacion.» (Chron. de Don Juan II,
année 1438, chap. n).
2. La prise de Bexix, dont les histoires ne parlent pas, est
affirmée par le texte d'un privilège du roi Jean, daté de 1448, qui
se trouvait dans les Archives de l'Infantado (caj. 9, leg. I,
num. 16, cité par Los Rios, Obras ciel Marqués, p. lxix, n. 27).
XXXVIII BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
lions posées par [fiigo étaienl exceptionnellement
dures. Cependanl ses amis lui firent savoir que son
absence prolongée Laissait libre jeu à ses ennemis et
que ses biens comme ses droits n'étaient pas absolu-
ment respectés. Pressé de mettre ordre à ses affaires,
il accorda au roi More une trêve de trois ans, qui fut
signée le 11 avril 1439. Après quoi, il regagna au plus
vite Guadalàjara pour protester contre la conduite du
Roi et du Connétable à son égarcLTrès occupé, durant
son expédition sur la frontière de Cordoue et de Jaen,
le seigneur de la Vega n'oubliait cependant pas ses
études. Durant son absence, il fit exécuter le rema-
niement castillan d'une version aragonaise des His-
toires de Paul Orose (1). Et dans ses œuvres nous
trouvons une « serranilla » composée évidemment à
cette époque (2).
Il était revenu juste à temps pour prendre part aux
1. Cf. Notice XXIX, ms. *B, p. 166.
2. Celle qui commence:
« Entre Torres é Canena
)) A çerca de Salloçar,
o Falle moça de Bedmar,
» Sanct Jullan en buén estrena. »
Et plus loin, le poète précise mieux encore les circonstances et
les lieux :
« Dixe : Non vades sennera,
» Sefiora, que esta maiïana
» Han corrido la ribera,
» Aquende de Guadiana
» Moros de Valdepurchena
» De la guarda de Abdilbar,
» Ca de vervos mal passar
)> Me séria grave pena. »
(Ohms dçl Marqués, p. 470).
INTRODUCTION XXXIX
guerres civiles qui allaient nouvellement se déchaîner
avec une extraordinaire violence. Elles commencèrent
par une coalition de nobles, à la tête desquels s'étaient
mis l'infant Don Enrique et le roi de Navarre, dans le
dessein de chasser de la cour le connétable Alvaro
de Lima dont la puissance constituait pour eux un
danger perpétuel. Exilé pour un temps, le Conné-
table ne tarda pas à rejoindre le Roi. Cependant les
nobles obtinrent le mariage du prince Don Enrique
avec Blanche de Navarre, fille du roi de ce pays. Ils
espéraient que cette union donnerait au roi Jean de
Navarre plus d'ascendant sur son cousin de Castille
et que l'influence de Don Alvaro en serait diminuée.
Inigo Lopez de Mendoza fit partie de la députation
des grands seigneurs envoyés à la rencontre de l'in-
fante Dofia Blanca. A cette occasion, il rima une chan-
son pour la jeune princesse et une « serranilla » (1).
Les mécontents gagnèrent à leur cause le prince
Henri et sa mère, semant ainsi la discorde dans la
1. La chanson commence par :
(( Quanto mas vos miraràn,
» Muy excellente prinçesa,
» Tanto mas vos loarân. »
« Tal navarra nin françesa
)) Nunca vieron, nin veràn. »
(Obras dcl Marques, p. 447).
Et la (( serranilla » qui reflète ses impressions de voyage à la
frontière du pays Navarrais débute ainsi :
« De Vytoria me parti a
» Un dia desta semana,
» Por me passar â Alegria. »
{Obras dcl Marques, p. 477).
XL mULIOTHEQUE DU MARQUIS DK SANTILLANE
famille même de l'infortuné Jean II. Pour frapper
Ifiigo Lopez de Mendoza et pour détacher le prince
Elenri du groupe de ses ennemis, le Roi son père lui
donna Guadalajara. Comme on pouvait s'y attendre,
lo soigneur do la Vcga refusa de livrer la ville, et sa
rancune contre le Connétable, dont il devina l'inten-
tion, ne fit que grandir.
Dans cette môme année 1441, Inigo Lopez s'em-
para d'Alcalâ de Henares. Ceci amena des repré-
sailles, dont le résultat fut une rencontre près du
Torote où les troupes de Juan Carillo de Toledo rem-
portèrent sur celles du seigneur de la Vega et où ce
dernier fut dangereusement blessé.
Les nobles, soutenus par la reine et par le prince
Henri, forcèrent Jean II d'approuver la sentence par
laquelle ils condamnaient Alvaro de Lu'na à se retirer
de la cour pendant six années. Inigo Lopez de Men-
doza fut chargé de rester auprès du roi, durant l'exil
du Connétable, afin de veiller aux intérêts de la no-
blesse. Mais Jean II, énergique sur ce seul point,
rappela Don Alvaro et annula la sentence que la coa-
lition des grands l'avait forcé d'accepter. Les mécon-
tents se retirèrent alors dans leurs terres, et Inigo
Lopez revint à Guadalajara. Deux ans après, le roi de
Castille, fait prisonnier par Jean de Navarre, appela
ses vassaux à son secours. Ce fut à qui aurait l'appui
du seigneur de Guadalajara ; des deux côtés pour
prix de ses services, on lui offrait la possession défi-
nitive des états des Asturies de Santillane, dont une
partie avait été cédée au comte de Castaneda en 1438
INTRODUCTION XLI
pendant qu'Inigo Lopez se battait contre les Mores
sur la frontière de Jaen. Le prince Henri s'étant ré-
concilié avec son père, Ifligo Lopez jugea plus pru-
dent et plus avantageux de prêter main forte au prince.
Il réunit ses hommes, et en juillet 1444, se joignit à
Burgos aux partisans du prince et du roi de Castille.
Celui-ci fut rapidement délivré et pour s'assurer rat-
tachement des seigneurs qui étaient accourus à la voix
de son fils, il fit pleuvoir sur eux les bénéfices et les
donations. Don Inigo, outre la confirmation du décret
qui lui assurait les vallées des Asturies de Santillane,
obtint la cession de l'Alcazar de Guadalajara. L'année
1445 mit nouvellement en présence le roi de Castille
et ses cousins. La bataille d'Olmedo fut un grand
triomphe pour les armes castillanes ; Jean II et son fils
Henri, entourés de leurs partisans, au premier rang
desquels brillaient le Connétable et le seigneur de la
Vega, défirent après une lutte acharnée l'infant Don
Enrique et le roi de de Navarre. Le premier alla
mourir à Calatayud des suites de ses blessures, le se-
cond se retira dans son royaume, et le roi de Castille
essaya de gagner les sympathies des grands qui les
avaient soutenus, en leur pardonnant. Dans cette mé-
morable lutte, le Connétable ça^na la grand'maîtrise
de Saint-Jacques et le seigneur de la Vega les titres
de marquis de Santillane et de comte du Real de
Manzanares. Mais cette victoire n'assura pas la paix.
Le roi d'Aragon leva des troupes pour soutenir les
prétentions du roi de Navarre son frère et de ses par-
tisans. Les Aragonais entrèrent en Castille, les Cas-
XLll BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
tillans en Aragon, et des deux côtés des châteanx
furent pris. En août 1117, l'archevêque de Tolède
Alonso Carillo de Aeufla el le marquis deSantillane
reconquirent pour Jean II la forteresse de Torija. De
leurcôté, ceux d'Aragon prirent le château de Pefla
deAlcazar près de Soria. Ces escarmouches de pari
et d'autre auraient amène une guerre sérieuse, et
déjà Jean II s'y préparai!, si les troubles intérieurs et
les bruits de ligues hostiles au Connétable, et par con-
séquent au Roi, n'avaient rappelé celui-ci à Valladolid.
Cependant le second mariage du rai de Castille avec
Dona Isabel de Portugal négocié par Don Alvaro fut
célébré avec pompe à Madrigal. Inigo Lopez y assista
et sa muse lui dicta une chanson à l'adresse de la jeune
reine (1), qui, trompant les espérances du Connétable,
devait, entre les mains de ses ennemis, devenir l'ins-
trument de sa ruine.
Pour couper court à la conjuration menaçante des
nobles, le Roi, le prince Henri et Don Alvaro de Lima
décidèrent de jeter en prison les chefs de l'opposition.
Le 11 mai, Alonso Pimentel, comte de Benavente,
Fernan Alvarez de Toledo, comte d'Albe, Henri,
frère de l'amiral, Pedro et Suero de Quiilones furent
arrêtés. Le marquis de Santillane, inquiet pour lui-
même et très irrité de la prison de son cousin et frère
1. Cancion à la seiïora Rèyna :
a Dios vos faga virtuosa,
» Reyna bienaventurada,
» Quanto vos fiço i'ermosa, » etc.
(Obras del Marques^ p. 450J.
INTRODUCTION XLIII
d'armes, le comte d'Albe, se retira à Guadalajara, où,
nous l'avons vu, il composa pour consoler son parent
le (( Dialogue deBias contre la Fortune ». C'est aussi
entre 1445 et 1449 (1) qu'il a dû écrire sa célèbre lettre
à Don Pedro, connétable de Portugal, un des plus cu-
rieux monuments de l'histoire littéraire du XVe siècle.
La coalition des nobles ne tarda pas à s'organiser
de nouveau, le prince Henri et le roi de Navarre y
adhérèrent et le Marquis fut, avec Pero Fernandez de
Velasco, comte de Haro, placé à la tête du mouvement.
L'habile Connétable sut déjouer les projets de ses
ennemis, il provoqua la défection du roi de Navarre
auquel, pour ce faire, il offrit de sérieux avantages.
La reprise des hostilités contre l' Aragon et la Navarre
attira l'attention sur les frontières où Jean II jugea
prudent d'envoyer des capitaines parmi lesquels se
trouvait Inigo Lopez de Mendoza, qui reprit la forte-
resse de Torija tombée une seconde fois aux mains de
l'ennemi. De retour à Guadalajara, il y reçut une
lettre du comte de Placencia qui lui demandait aide
et secours contre le Connétable. Le marquis de San-
tillane donna deux cents lances à son fils Diego Hur-
1. Lorsque Inigo Lopez de Mendoza écrivit cette lettre, il était
déjà marquis de Santillane, comme l'indiquent les rubriques des
manuscrits qui nous ont conservé ce traité. En 1445, le Connétable
avait 16 ans et pouvait fort bien s'adresser à Santillane pour lui
demander un chansonnier. Le père du Connétable, l'infant Don
Pedro, duc deCoïmbre, mourut à la bataille d'Alfarrobeira (1449).
Comme Amador de los Riosl'a observé (Obras del Marqués, p. xc),
Inigo Lopez, dans sa lettre, parle de l'infant Don Pedro comme
d'une personne vivante, par conséquent cette lettre a été écrite
avant 1449.
XLIV BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
tado, qui s'unit à Don Alvaro de Estufiiga, fils du
comte, qui en avait trois cents, e1 Ions deux mar-
chèrent sur Valladolid pour* s'emparer de la personne
du Connétable. Celui-ci, averti à temps, se réfugiaà
Burgos auprès de Jean II, qui, sous la pression
des nobles et de la reine, avait consenti à laisser
tendre un piège à son favori ; mais au dernier mo-
ment il eut des remords et tenta de le faire évader.
Le Connétable ne voulut pas profiter de l'occasion et,
peut-être pour frapper d'effroi ses adversaires, tua le
jour du vendredi saint de l'année 1453 Alonso de
Vivero, grand trésorier du Roi. Le 5 avril, la maison
où demeurait Alvaro de Lima fut cernée et, après
une faible résistance, le Connétable, auquel un billet
du Roi promettait qu'on respecterait sa personne, se
rendit. Son procès, perdu d'avance, fut vivement con-
duit, car les grands craignaient encore de voir Jean II
les priver du fruit de leurs efforts. Le 5 juillet
Luna fut exécuté à Valladolid. Don Inigo Lopez prêta
main-forte au Roi pour conquérir les villes et les châ-
teaux des terres de Don Alvaro, puis il se retira
à Guadalajara afin de méditer sur le néant des
choses humaines. C'est à ce moment que Santillane
écrivit « le Doctrinal des Favoris », réquisitoire pas-
sionné où la rancune personnelle perce sous les consi-
dérations philosophiques et morales. Le marquis de
Santillane n'a vu en Don Alvaro de Luna qu'un cour-
tisan gorgé de richesses, il n'a pas su deviner en lui
le seul homme dont l'énergie et le sens politique au-
raient pu faire du règne de Jean II autre chose qu'une
INTRODUCTION XLV
époque do guerres civiles et de mesquines compéti-
tions. Lui, qui tant de fois a demandé à Dante des
vers à imiter ou à paraphraser, n'a pas même songé à
appliquer au Connétable du roi Jean II les strophes
magnifiques qu'Alighieri consacre à Pierre délia
Vigna, le malheureux et fidèle chancelier de Fré-
déric II :
« F son colui che tenni ambo le chiavi
)) Del cuor di Federigo, e che le volsi,
)) Serrando e disserrando, si soavi
)) Che dal segreto suo quasi ogni uom tolsi.
)) Fede portai al glorïoso ufizio,
» Tanto ch' io ne perdei le vene e i polsi (1). »
Alphonse, roi d'Aragon, ayant appris le supplice de
Don Alvaro de Luna, envoya un ambassadeur au roi
de Castille pour le prier de conclure avec lui un traite
de paix. Jean II chargea Inigo Lopez de Mendoza et
quelques autres seigneurs de se mettre d'accord et de
négocier cette affaire. Mais le Roi, dont la santé était
ébranlée depuis quelque temps, mourut à Valladolid le
20 juillet 1454 (2). Son fils Henri lui succéda et ce fut
lui qui fit la paix avec les rois d'Aragon et de Navarre,
1. Inferno, chant XIII, vers 58 à 63;
2. Nous savons que Jean II souffrait de fortes fièvres intermit-
tentes, ce qui fournit au marquis de Santillane le sujet de son
étrange composition, Sobre la quartana del Sehor Rey Don
Johan II :
a Porque la que nunca venga
» Al senor rey se le vaya,
» Conçertemos una arenga,
» Tal que de menos non tenga,
» Nin de nias nada non aya. »
(Obras del Marques, p. 264).
XLVI BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
moyennant le renoncement de la part de ceux-ci e1 de
Don Enrique, fils de l'infant Don Enrique d'Aragon, à
toutes leurs prétentions sur des états on des dignités on
Castille. Avant même que Ton eût procédé à son cou-
ronnement, Henri IV avait déjà fait remettre en liberté
le cousin du marquis de Santillane, Fernand Alvarez
de Toleclo. Puis le Roi réunit les Cortes à Cuellar pour
y proclamer son intention de combattre les infidèles qui
depuis longtemps n'avaient plus été inquiétés. Il par-
tit en 1455 à la tête d'une armée considérable où figu-
raient aussi Inigo Lopez de Mendoza et ses fils, suivis
de leurs vassaux. La campagne était à peine engagée
que le Roi, satisfait de ces premiers succès, revint en
Castille. Le marquis de Santillane, par Séville etGua-
dalupe, où il alla en pèlerinage, regagna Guadalajara.
Il apprit à son retour la mort de son fils Don Pedro
Las so de la Vega, et à la fin de cette même année 1455
il perdit sa femme Dofla Catalina de Figueroa. L'année
suivante priva le Marquis d'un de ses meilleurs amis,
le poète Juan de Mena, auquel il éleva, dit-on, un
somptueux tombeau dans l'église de Torrelaguna (1).
En 1457, le Roi pensa reprendre la guerre contre les
Mores; il demanda au Marquis de l'accompagner,
mais celui-ci le pria de l'excuser, car il se sentait vieux
et il voulait se préparer à la mort. Il prit encore part
à une réunion de nobles pour attirer l'attention du Roi
1. Cf. Tomas Antonio Sanchez : Noticias pava la vida de
Don Inigo Lopez de Mendoza, § XXX et XXXI [Coleocion de
poesïas castellanas anteriores al siglo X V, t. I). — On sait le grand
cas que Juan de Mena faisait du Marquis comme poète, érudit et
guerrier. Il nous en a laissé un vibrant témoignage dans La Co-
INTRODUCTION
XLVII
sur les désordres qui désolaient la Cas tille. Henri IV
leur promit de convoquer les Cortes afin de chercher
un remède aux maux qu'ils lui signalaient. Ce fut là
le dernier acte de la vie publique du marquis de San-
tillane qui rendit son àme à Dieu le 25 mars 1458.
« Don Inigo Lopez de Mendoza était de taille
moyenne, ses membres étaient proportionnés, et beaux
les traits de son visage. C'était un homme fin et avisé
et de si grand coeur que les grandes choses ne pou-
vaient le troubler comme les petites ne savaient lui
plaire. Son maintien et son discours étaient généreux
et magnanimes. Il parlait très bien, et jamais on ne
l'entendait dire un mot qui ne fût à noter, soit pour
la doctrine, soit pour le plaisir. Il était courtois et pré-
venant envers tous ceux qui venaient à lui, particulière-
ment pour les hommes de science Il était
fort sobre. Sa vie durant, il eut deux occupations
ronacion, long poème consacré au Marquis, où Juan de Mena
raconte qu'il le vit couronner par les Muses. Ce poème doit avoir
été composé lors de la glorieuse expédition du Marquis sur la fron-
tière de Jaen.
XLI
(( A la que vi en continente
» De mayor autoridad
» Demandé muy mansamente
» Quién era aquel mereciente
» De tanta felicidad.
)) Respondiô con gran falago :
)) A quien tu ves que hago
» Tan gran despensa de honor
)) Es de Mendoza senor,
» De la Vega, y de Buytrago. >
XLII
« Yo dixe : Nunca Dios quiera
» Ca yo le dexe bien sano,
)) Capitan de la frontera,
» Quando la vez postrimera
» Metiô Huelmaâsaco rnano*
» Mas habed miedo por Dios
)) De decir tal cosa vos,
» Ni al présente Dios lo mande,
» Ca séria dano tan grande
» Quai no fué an tes de nos, »
XLVIII BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
favorites, Fart militaire et l'étude. Et si les armes
n'empêchaient pas L'étude, l'étude n'empiétai! pas sur
1(3 temps qu'il consacrait à s'entretenir, avec les che-
valiers et les écuyers de sa maison, de la forme des
armes nécessaires pour la défense, et des armes
nécessaires pour l'attaque, et de la façon de frapper
l'ennemi, et comment il fallait disposer les batailles
et les camps, comment il fallait assiéger el défendre
les forteresses et des autres choses que recjuierl l'exer-
cice de la chevalerie. Ces sujets lui étaient agréables
par la grande habitude qu'il en avait depuis son en-
fance. Et pour que les siens sussent par expérience
ce qu'ils entendaient par théorie, il ordonnait d'exé-
cuter des joutes et autres exercices guerriers dans sa
maison, afin que ses hommes accoutumés aux armes
souffrissent moins des fatigues de la guerre(l) . » « Avant
tout autre, il introduisit dans son pays beaucoup
d'accoutrements nouveaux et d'insignes de chevalerie,
beaucoup de nouveaux appareils de guerre, et non
content de les faire venir de l'étranger, il y ajoutait et
les corrigeait, et lui-même inventa d'autres choses
1. Voir Fernando de Pulgar, Claros varones, tit. IV, et Juan
de Lucena qui, dans son De vita beata, fait dire à l'évêque de
Burgos : (( El Marqués jamâs las desnuda (las armas), saluo
» quandoviste la toga: en armas extrenuo, disertissimo en letras,
» sy en lo uno trabaia, descansa en lo al ; ni las armas sus estu-
» dios, nilos estudios empachan sus armas » (Paz y Mélia, Opus-
culos Uterarios,p. 133).
Le Marquis lui-même dans la préface de ses Proverbes exprime
cette môme idée que les vertus militaires sont compatibles avec
le goût des études, et il le fait en ces termes : « La sçiençia non
)> embota el fierro de la lança, nin face floxa el espada en la mano
» del cavallero )) (Obras ciel Marqués, p. 24) .
INTRODUCTION XLIX
qui causaient un grand étonnement à tout le monde et
que beaucoup imitèrent(l).» ((C'était un vaillant cheva-
lier, dit encore Pulgar, avant Faction sage et mesuré,
et une fois qu'il l'avait engagée intrépide et audacieux ;
cependant son audace n'était pas sans circonspection et
jamais à sa prudence ne se mêla la moindre crainte
Il gouvernait avec habileté les gens d'armes de sa
capitainerie et savait être pour eux à la fois seigneur
et compagnon. Il n'était ni hautain dans le comman-
dement, ni familier dans les rapports quotidiens. Car
il avait une humilité intérieure qui le faisait ami de
Dieu et au dehors il savait conserver l'autorité néces-
saire pour se faire estimer des hommes. » Ses soldats
l'aimaient « parce qu'il leur était , comme Marius le
disait de lui-même, conseiller quand il fallait agir et
compagnon dans le péril(2) ».
Energique et doux à la fois, il avait dans la vie
privée une attitude plus franche et plus sympathique
que dans la vie publique. Dissimulé en politique, si
bien qu'on ne peut distinguer nettement si sa versatilité
tient à son réel attachement pour les fils de Don Fer-
nando de Antequera, ou bien s'il n'est poussé à changer
1. Voyez la préface que Diego de Burgos a mise en tête du
Trlunfo ciel Marqués (Appendice 2, p. 463).
2. Gomez Manrique, Cancionero, t. II, p. 8, édit. Paz y Mé-
lia. — Manrique a dédié à Pedro Gonzalez de Mendoza, évêque
de Calahorra, le poème qu'il a intitulé: El plant o de las virtudes e
poesia por el magnifico senor don Ihigo Lopez de Mendoça,
marqués de Santillana e conde del Real, conpuesto por Gomez
Manrique, su sobrino . Dans sa dédicace en prose Manrique parle
des vertus du Marquis et de son caractère avec émotion et sincé-
rité.
IV
L BIBLIOTHEQUE DU MARQUÎS DE SANTILLANE
de parti que par haine pour Alvaro de Luna, il est,
dans sa vie privée, d'une moralité supérieure qui lui
vaul l'estime de ses contemporains. En matière litté-
raire^ son honnêteté est parfaite; il es1 scrupuleux
dans l'indication de ses sources, et jamais il n'esl
tenté, comme par exemple Leonardo Bnini(l) ou Juan
de Lucena(2),de séparer des plumes du paon. En par-
lant de l'amour do la vérité avec son grand ami
l'ôvêque de Burgos, il s'écrie : « Foi de chevalier, Hic
est d'un philosophe1 el non d'un enfant la villanelle qui
dit :
« Même si je savais d'en mourir,
)) La vérité je veux la dire (3). »
S'il n'a pas toujours su résister aux tentations vul-
gaires de la vie, s'il s'est laissé emporter par la colère
ou par la luxure (4), on peut affirmer qu'il ne s'y est
jamais complu et que les joies de l'étude remportaient
pour lui sur le plaisir, comme l'amour conjugal l'em-
1. On sait que Leonardo Bruni n'était pas scrupuleux. Son
De Bello italico aclvevsus Gothos dérive de Procope, qu'il ne cite
pas, et ses Commentaria de primo bello punico dérivent de
Polybe qu'il ne cite pas davantage.
2. M. Paz y Mélia dans ses Opusculos literarios, remarque, en
parlant du De vita heata de Juan de Lucena, que l'auteur castil-
lan a non seulement imité mais encore suivi pas à pas le Dia-
logus de felicitate vitœ, dédié au roi Alphonse d'Aragon par Bar-
tolomeo Fazio (/. c, p. ix).
3. « En le de cauallero, de philosophe*, no de rapaz, es aquel
» villancete :
« Si supiese de morir%
la cerdat quiero de.zir. »
{De cita beata, L c.,p. 163).
4. Fernando de Pulgar, Claros varones, tit. IV,
INTRODUCTION Ll
portait dans son cœur sur l'amour buissonnier. Il
aimait sa femme qui fut vraiment la dame de ses pen-
sées et à laquelle il adressait ses vers. Elle lui donna
sept fils et trois filles. Inigo Lopez de Mendoza éleva
ses enfants avec sollicitude. On ne lui connaît pas de
bâtard, chose rare en son temps. S'il veillait surtout
à l'instruction civique et militaire de ses fils, s'il prit
soin de leur faire apprendre de bonne heure ce qu'il
souffrait lui d'ignorer ( 1 ) , il ne fut pas moins tendrement
attaché à ses filles auxquelles il a dédié un délicieux
mllancico (2). On le voit dans cette pièce, fier de leur
beauté, et un peu jaloux de ceux qu'elles aimeront.
Et lorsque, dans le dialogue De vita beata, le poète
Juan de Mena, voyant le Marquis entouré de ses fils
et de ses petits-enfants, demande à l'évèque de Burgos
s'il ne croit pas que le bonheur soit dans la paternité,
1. Fernando de Pulgar (Claros ccu-ones, tit. IX), dit de Diego
Hurtadode Mendoza, fils aîné du Marquis: « Era nombre bien
)) instruto en las letras latinas, é ténia tan buena memoria, que
» pocas cosas se le olvidaban de lo que en la Sacra Escriptura avia
» leido.))Onsait l'enthousiasme de Don Inigo Lopez pour les études
de son fils Pedro Gonzalez et les services qu'il lui demandait.
2. Vulançico hecho por el Marqués de Sant'dlana à unas très
Jijas sut Jars.
I II
« Por una gentil floresta « Por mirai' su feimosura
» De lindaa flores é rosas » Destas très gentiles damas,
» Vide très damas fermosas » Yo cobrime cordas ramas,
» Que de amores ihan reqûesta. » Metime sô la verdura.
)) Yo con voluntat muy presta » La otra con grand tristura
» Me llegué a conosçellas : » Començô de sospirar
» Començô la una délias, » É deçir este cantar
» Estacançion tan honesta : » Con muy honesta messura :
)) Aguardan â mi; » La nina que amores lia,
» Nunca taies guardas vi. » » Sola, £ como dormira? »
LU BIBLIOTHÈQUE Ôti MARQUIS De SANTILLANK
et que le docte prélat répond en énumérant toutes les
souffrances que peut procurer la famille el rappelle ail
poète la mort douloureuse du quatrième fils de leur
hôte, le Marquis s'écrie : « Que Dieu te pardonne,
Juan de Mena, comme je te pardonne!... En pensant
me faire plaisir, tu m'as valu de nouvelles souf-
frances ; tu voulais me glorifier et tu as ravivé ma
blessure. Oh, mon très doux fils Don Pero Lasso !
Quand je me souviens de toi, j'oublie tes frères, j'ou-
blie mes petits-enfants et la douleur de ta mort tue
toute ma gloire ! Et il n'est pour mon âme autre con-
solation que de penser que je te reverrai sans plus
craindre que tu meures. Je t'en prie, oh Juan de
Mena, n'affirme pas ce que tu ignores. Foi de loyal
chevalier, je te dis que ces fils que tu vois, s'ils me
font perdre un cheveu blanc, m'en font blanchir cent:
je serais moins heureux sans eux, c'est certain, mais
aussi je souffrirais moins, Dieu le sait(l). ))
(( Vous devez à Dieu beaucoup de reconnaissance, —
disait à Inigo Lopez son vieux serviteur Anton Zo-
rita, — il vous a donné une compagne sage, fidèle,
m IV
(( Por no les façer turbança « Desque ya ovieron cantado
» Non quise yr mas adelante » Estas senoras que digo,
)) A las que con ordenança » Yo sali desconsolado,
» Cantavan tan consonante. » Como orne sin abrigo.
» Laotra con buen semblante » Elias dixeron : Amigo,
» Dixo : Senoras de estado, » Non soys vos el que buscamos ;
)) Pues las dos aveis cantado, » Mas cantat, pues que cantamos :
» A mi conviene que cante : » Sospirando yvala nina
» Dejatlo, al villano pêne; « E non por mi.
» Véngueme Dios délie. » « Que yo bien se lo entendi. »
{Orbas del Marques, p, 461).
1. De ri la beata, L <•■, p. 18().
INTRODUCTION LUI
honnête, vertueuse et obéissante, telle que peu
d'hommes en rencontrent. Et vous devez aussi lui
rendre grâce de vous avoir donné en elle des iils in-
telligents, courtois, honnêtes, déjà bons chevaliers
pour leur âge, et très obéissants, et soumis à votre vo-
lonté, et des filles honnêtes, gracieuses, charitables,
humbles, humaines, enfin dotées par la grâce divine
de pudeur virginale (1). »
Le Marquis était religieux et bon catholique. Il
lisait les Évangiles et fit sur la fin de ses jours un
pèlerinage au sanctuaire de N.-D. de Guadalupe. Il a
adressé des sonnets à la Vierge (2), à saint Michel
Archange (3), à sainte Claire (4), à saint Chris-
tophe (5), à saint Bernardin (6), à saint André (7), à
saint Vincent Ferrer (8) et à son ange gardien (9) . Il
a composé pour la canonisation de Vincent Ferrer,
qu'il avait connu personnellement cm Aragon, et pour
celle du confesseur Pierre de Villacreçes, un long poème
apologétique, où il fait défiler tous les princes du
ciel(10). Il a brodé sur les Joies de Notre-Dame (11),
1.
Préface i
i' Anton Zorita
à sa version
cas
Liliane de l'Ai
"bre
des
batailles '
d'Honoré
Bonnet
(Cf.
Notice
LVIII,
m s.
*B,
p. 375).
2.
Obrat
■■ del Marqués,
P-
292.
3.
Ibid.,
P-
293.
4.
Ibid.,
p.
294.
5.
Ibid.,
P-
294.
6.
Ibid.,
P-
295
7.
Ibid.,
P-
259.
8.
Ibid.,
P-
296.
9.
Ibid.,
P-
297.
10.
Ibid.,
P-
299.
11.
Ibid.,
P-
308.
LIV BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
et à Notre-Dame de Guadalupe il a consacré des
strophes enthousiastes (1). Il avait voué à la Vierge
un culte spécial. Il a uni aux armes des Mendoza
celles (h^ Vega, qui portent d'or avec la devise: Ave
Maria gratia plena{2). Sa devise était Dios e Vog,
et comme emblème il avait pris un heaume. Sur son
lit de mort, tenant d'une main un crucifix et de l'autre
un cierge allumé, il dit qu'il avait choisi le heaume,
parce que cette image maintenait présente a son es-
prit l'idée de In mort (3). Il déclara aussi au docteur
Pedro Diaz,son chapelain, lésons de la devise qui or-
nait ses bannières et les housses de ses chevaux et
dont on donnait le plus souvent une interprétation
profane. « J'ai pris, dit-il, par dévotion et pour
garder constamment en ma mémoire Notre-Dame la
Vierge, cette devise : « Dieu et 'Vous, » et par Vous
j'entendais Notre-Dame, car par la miséricorde de Dieu
et l'intercession de la Vierge j'espérais être conduit
sur le chemin du salut (4).»
Pratiquement, la piété du Marquis se manisfesta
par de pieuses fondations et de nombreux actes de
philanthropie. Relevait dans sa maison les enfants des
habitants de Guadalajara, il établissait et dotait les filles,
éduquait les garçons, leur donnait des emplois et les
1. Ob ras ciel Marqués, p. 313.
2. Ses armes sont : écu parti en chef et en pointe, de sinople
à la bande de gueules bordée d'or (Mendoza) ; à dextre et àsenestre
d?or, à la devise de VAve Maria (Vega) .
3. Sanchez, l. c, § XLIV, p. xxx, xxxi.
4. Pedro Diaz de Toledo. Diâlogo é razonamiento en la muerte
(Ici Marqués de Santillana. Cap. ix. Del mote ciel Marques.
Dios cVos, etc. (Cf. Paz y Mélia, Opdsculos literarios, p. 280).
INTRODUCTION LV
mariait (1). Dès 1430, il s'était occupé de la restau-
ration du monastère de Sopetran très déchu et où ne
vivaient plus que trois moines. Muni des licences pon-
tificales, il l'incorpora à l'Ordre de saint Benoit et fit
venir de Valladolid onze religieux bénédictins. Don
Inigo Lopez combla cette pieuse maison de bienfaits,
d'exemptions et de privilèges. Sa sollicitude pour ce
monastère placé sous le vocable de la Vierge, ne di-
minua pas pendant son absence de Guadalajara, où
Doua Catalina de Figueroa veillait alors, en son lieu
et place, avec une attentive dévotion aux besoins des
religieux (2). Il accorda aussi certains avantages aux
monastères de Lupiana et du Paular(3). A Buitrago,
le Marquis fit élever un hospice, et en 1455, se trou-
vant à Jaen, il déclarait à ses héritiers que, si mal-
heur lui arrivait en terre de Grenade, il désirait que
cet établissement hospitalier fût achevé par eux (4).
1. Vida del Cardenal D. Pedro Gonzalez de Mendoza par
D. Francisco de Médina de Mendoza. Cette première biographie
du Grand Cardinal occupe les pages 153-311 du t. VI du Mémo-
rial historico espanol, publié par Y Academia de la Historia.
2. Sanchez, l. c, § IX, p. vu; Ibid., § XXIII, p. xvn, xvm, et
Arch. de Inf. caj. 8, leg. 4, n° 2, d'après Los Rios, Obras del
Marqués, p. lxxxix, n. 12; Real. Acad. de la Hist. Biblioth. de
Salazar, t. E. 127, fol. 273, v, d'après Los Rios,/. c, n. 13;
Sanchez, l. c, § XXIII, p. xvn.
3. Arch. de Inf. caj. 14, leg. 9, nûm. 4, d'après Los Rios.
Obras del Marqués, p. lxxxvii, n. 8 ; et Arch. Inf. caj. 1, Buy.
leg. 9, nûm. 12, d'après Los Rios, L c, p. ci, n. 44.
4. Arch. de Inf. caj. 8, leg: 1, n. 18, d'après Los Rios, Obras del
Marqués, p. xcvm, n. 36. — A propos de la bienfaisance du Marquis,
il convient de citer cette phrase de Gômez Manrique dans sa
lettre à Pedro Gonzalez de Mendoza : « Finalmente. este fuetanto
» en perficion bueno e prouechoso para esta religion, que bien
LVI BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Dans la chapelle de cet hospice se conserve encore de
nos jours un retable sur lequel se trouvent peinte aux
pieds d'une image de la Vierge, les portraits du mar-
quis de Santillane et de Dofla Catalina dé Figueroa
dus au pinceau d'un artiste du XV' siècle nommé
Jorge Inglés (1).
» syn dubda ella puede dezir con Geremias que es quedada syn el
» como biuda senora de gentes » (Cancionero, édit. Paz y
Mélia, t. II, p. 8), et Diego de Burgos, dans sa préface du
Triunfo del Marques, s'écrie: « Qui saurait louer comme il le
mérite celui qui a fait tant de bien à sa patrie? » (Appendice 2,
p. 463).
1. Cean Bermudez parle de cet artiste dans son Diccionario
historico de los mas ilustres profesores de las bellas artes en
Espana, t. II, p. 309-310 (Madrid, 1800). Voici la notice qu'il lui
consacre: « Inglés (el maestro Jorge) pintor. D. Inigo Lopez de
» Mendoza, primer marqués de Santillana, tan conocido por su
» virtud y nobleza, quanto por su literatura y poesias, estando
» en la vega de Granada, dispuso en su codicilio, que otorgô en
» Jaen en 5 de Junio de 1455, que este profesor pintase el retablo
)) mayor y colaterales de la iglesia del hospital (S. Salvador) de
» Buitrago, que habia fundado, y que se colocase en el nicho
» principal la imâgen de nuestra Senora, que mandô traer de la
» feria de Médina.
a El retablo mayor consta de dos cuerpos : en el primero y al
» lado del evangelio retratô cl maestro Jorge a D. Inigo arro-
» dillado, en actitud de orar, algo menor que el tamano del
» natural, y a un page detras tambien de rodillas ; y al de la
» epistola a su muger en la misma postura, y a una criada a la
» espalda. Pintô en el segundo doceângeles, vestidos con tunice-
» las con unos pergaminos en los manos, y en cada uno esta
)) escrito uno de los doce gozos, llamados de Santa Maria que
» compuso el marqués, y andan impresos en un cancionero
» gênerai con algunas variaciones de como estân aqui en los per-
» gaminos; y remata el retablo con S. Jorge de la misma mano.
» No existen los colaterales, pero si las dos pinturas de Santiago
» y S. Sébastian, que contenian, colocadas en los postes inme-
» diatos a la capilla mayor : por unas y otras se viene en conoci-
INTRODUCTION LVII
Mais ce qui fit que la renommée dont le Marquis
jouissait de son temps dépassa les frontières de la Pé-
ninsule et se répandit en divers pays, ce fut son pro-
digieux amour de l'étude et la large protection qu'il
accordait aux lettrés (1).
Zorita, qui Ta bien connu et qui a pour lui usé ses
yeux si fatigués par l'âge que même en chaussant ses
besicles il arrivait mal à tailler ses plumes, lui dit ;
» miento de que el maestro Inglés era uno de los mejores pintores
» de su tiempo en Espafia, pues estan pintadas con el acierto y
» prolixidad que ofrecian los conocimientos de aquella época. El
» sefior duque del Infantado, patronodel hospital,hahecho traer a
» Madrid los citados retratos de los marqueses para limpiarlos,
)) y con este motivo ha dispuesto que D. Fernando Selma gra-
» base el del Marqués, que acaba de desempefiar con el acierto
)) que acostumbra — Ponz. »
Nous trouvons encore une autre mention de ces portraits du Mar
quis et de sa femme dans l'ouvrage de J. M. Quadrado, Recuerdos y
bellezas de Espafia etc., Castilla la Nueva,\>. 174. Le Département
des estampes de la Bibliothèque Nationale de Madrid conserve
un exemplaire du portrait d'Iiïigo Lopez gravé par Selma dont il
est fait mention dans la notice copiée ci-dessus. Le portrait
reproduit par Amador de Los Rios en tête de ses Obras del
Marqués est une composition de Demetrio de Los Rios, mais les
traits du Marquis sont empruntés à la gravure de Selma et
dérivent également du portrait de Jorge Inglés (Cf. A. M. de
Barcia, Catâlogo de retratos de personajes espauoles, p. 455,
n° 1042-1-2).
1. (( Il avait toujours dans sa maison des docteurs et des maîtres
avec lesquels il parlait des sciences et des lectures qui l'occu-
paient. )) (Fernando de Pulgar, Claros varones, tit. IV). Le
quatrième duc de l'Infantado parle dans son Mémorial de cosas
notables du soin que prenaient ses ancêtres, et particulièrement le
marquis de Santillane, d'enrichir leur bibliothèque et il remarque
que « des hommes de valeur s'occupaient de traduire pour
eux beaucoup de livres et qu'on les récompensait largement de
leur peine ». (Cf. Appendice 3, p. 466).
LVIII BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
(( Il est un joyau que vous possédez plus qu'aucun de
vos égaux... c'est l'amour de la science el vous l'ai-
mez véritablement d'une telle affection, vous la re-
cherchez avec tant de zèle, que quelque occupé et
fatigué que vous soyez... il n'est jour au mDnde que
vous ne lisiez les livres des philosophes ou des poètes,
ou encore la Sainte-Écriture ou les histoires, volant
du temps au repos et au plaisir de votre couche pour
l'employer assidûment en cette honnête et louable
occupation. Et vous traitez si respectueusement les
hommes de science, quels qu'ils soient, que votre
bonne renommée se répand non seulement dans les
provinces voisines, mais aussi dans les pays très
éloignés des nôtres et votre nom fortuné s'y fait con-
naître; et pour qu'il en reste éternelle mémoire, il est
cité dans beaucoup de livres par de savants et fidèles
écrivains(l). » Un autre de ses familiers s'écrie: a C'est
lui qui a délivré nos Espagnes de l'aveugle ignorance
en les éclairant de la lumière d'une charité véritable
1. V. Anton Zorita dans la préface qu'il a mise en tête de sa
version de Y Arbre des Batailles de Bonnet. (Notice LVIII,
ms. *B, p. 375). — Juan de Mena dans la préface de sa Corona-
cion ciel Marqués dit que « beaucoup d'étrangers, qui n'avaient
pas d'autre raison de venir en Espagne se rendaient en Castille
attirés par la réputation du Marquis ». Et Pedro Gonzalez de
Mendoza en adressant à son père la traduction de Y Iliade, que
celui-ci lui avait demandée, écrit ceci : « Je me suis soumis à la
volonté et à l'ordre exprimés par votre seigneurie dans sa remar-
quable lettre, en considérant que même ceux que l'éloignement
de leur pays empêche de jouir de votre présence vous servent avec
plaisir pour votre réputation, et que je vis dans notre province un
grand nombre d'hommes qui avaient entendu parler de vous et
qui ne venaient que pour vous voir » (Notice I, p. 6).
INTRODUCTION LIX
et en portant à la connaissance de tons le pins grand
bien que les hommes puissent ambitionner dans leur
vie mortelle, c'est-à-dire la science. Et ce ne sont pas
les nôtres seuls, dans notre région occidentale, qui
savent combien il sut tirer de fruit du savoir, mais
aussi les hommes des pays éloignés et des terres étran-
gères le reconnaissent et ne parlent pas de lui sans
nous l'envier grandement. Combien d'hommes y avait-
il avant lui dans notre pays, et quels étaient-ils qui
connussent d'autres lectures que celles du droit civil
ou du droit canon? Certes, je crois qu'ils furent
rares, s'il y en eut, car la vieille et grossière routine
les tenait et aveuglait d'erreur les intelligences. Si
bien que non seulement les princes, les grands
seigneurs et les hommes que l'on croyait instruits,
étaient en Espagne sevrés du bienfait de la science,
mais aussi la multitude des hommes de moindre
condition où l'on aurait pu s'attendre à trouver un
savant. Et lorsque cet homme de haut entendement
vit que, depuis les temps de Lucain, de Sénèque, de
Quintilien et d'autres anciens savants, sa patrie était
privée d'une si grande richesse, il s'en affligea et
travailla avec zèle, par ses études et par son talent, en
composant des œuvres nombreuses et distinguées, à la
relever et à la mettre au niveau de la gloire des grands
hommes d'Athènes, de l'Académie ou de Rome, en
faisant venir une quantité de livres de toute espèce
de philosophie, livres inconnus jusqu'alors dans nos
régions. Lui-même les expliquait à beaucoup, et il
avait autour de lui des hommes très instruits et qui
LX BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLAM.
rendaient plus fructueuses les lectures <l<ks autres en
expliquant le sens et en tirant la moralité que les
fictions de poètes contiennent sous une forme voilée.
Ils montraient l'avantage que Ton peut recueillir de
l'éloquence des savants et raisonnaient le plaisir <|ii<k
procurent les grandes et merveilleuses histoires qui
invitent les âmes généreuses aux belles actions et à la
vertu. Ils disaient aussi renseignement qu'on en peut
retirer pour les infortunes humaines, donnant dans
chaque matière les moyens de s'instruire abondamment
aux hommes de toutes conditions. De sorte que, grâce
au Marquis, notre Espagne rayonne de science (1). »
(( Actif et jouissant d'une excellente santé, le Mar-
quis était d'humeur égale, souvent joyeuse, et s'il est
vrai que les vertus donnent l'allégresse et les vices le
spleen, comme la plupart du temps ce chevalier était
gai, on en peut bien conclure qu'il fut plus gouverné
par la vertu que par le vice (2). » « Il était accueillant
et d'un commerce agréable. Entouré de ses domes-
tiques et de ses familiers, il conversait avec douceur
et avec grâce (3). » Il goûtait les doctes discours
pour se distraire des soucis de la vie quotidienne, et
lorsqu'il était souffrant, les considérations pédantes
de son chapelain Pedro Diaz de Toledo qu'il aimait
entre tous le remettaient sur pied (4) . Au cou-
1. Diego de Burgos, préface du Triunfo del Marqués (Appen-
dice 2, p. 461.)
2. Fernando de Pulgar, Claros varones, tit. IV.
3. Diego de Burgos, l. c. (Appendice 2, p. 463.)
4. Pedro Diaz de Toledo, Razonamiento en la muerte del Mar-
qués de Santillana, L c, p. 250.
INTRODUCTION Lxl
rant des modes et des coutumes de l'étranger, re-
cherché dans sa mise comme dans son parler, il rece-
vait volontiers ses amis et les conviait à des banquets
philosophiques servis à la française, où Ton faisait
(( el yantar â chirla corne (1) ».
Il s'était attaché le docteur Pedro Diaz de Toledo en
qualité de chapelain ; Diego de Burgos lui servait de
secrétaire. Anton Zorita et le bachelier Alfonso de
Zamora fréquentaient sa bibliothèque. Il voyait aussi
avec plaisir Juan de Mena et le licencié Juan de Lu-
cena, dont le père était son filleul. Gomez Man-
rique, son neveu, était un habitué de Guadalajara, il
y venait quêter des conseils poétiques et des encoura-
gements. Lui-même nous raconte l'affection que lui
portait le Marquis, combien il le gâtait quand il était
auprès de lui, combien il le louait quand il était
absent. L'oncle applaudissait de si bon cœur aux
essais poétiques du neveu que celui-ci en était tout inti-
midé, car il ne se sentait pas digne de dénouer les
cordons de ses souliers. L'autorité respectée du Mar-
quis était si grande aux yeux de Gomez Manrique
1. Juan de Lucena, Libro de vita beata (Opûsculos literarios
publiés par D. Antonio Paz y Mélia, p. 182). — Ce n'est pas là
le seul exemple de l'influence des modes françaises sur le Mar-
quis. Sa devise Dios e Vos se trouve plus fréquemment sur ses
livres sous sa forme française Dius et Vous que sous sa forme
castillane. D'ailleurs, en matière d'héraldique, l'influence fran-
çaise a duré fort longtemps en Espagne. L'auteur des Copias
de la Panadera fait une allusion évidente au goût du Marquis
de Santillane pour les choses de France, lorsque, parlant de lui,
il dit: ■
(( Con fabla casi straniera
» Armado como francés. »
LXII BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
qu'il s'inclinait devant elle, renonçant à son propre
jugement (1). S'il n'était pis exempt de vanité lib-
raire, Ifiigo Lopez de Mendoza étail trop grand sei-
gneur pour avoir des jalousies de métier, ei s'il se
sentait homme de lettres en écrivant, il redevenait
Mécène pour juger l'œuvre d'autrui, et son enthou-
siasme pour Enrique de Villena, pour l'évêque de
Burgos et pour Juan de Mena frise la vénération,
D'ailleurs, Alonso de Cartagena était un de ses plus
chers amis. Il fît avec lui le voyage à la frontière de
Navarre pour aller à la rencontre de la fiancée du prince
Henri, il l'eut parmi ses hôtes de distinction lors des
grandes fêtes célébrées à propos de l'élévation de son
fils Pedro Gonzalez à la dignité d'évèque de Calahorra.
Au nombre de ses intimes, il faut encore citer le
comte de Haro, allié politique dû Marquis, qui devait
doter d'une riche librairie l'hôpital de la Veracruz, où
il finit sa vie dans la retraite (2). Quand Pedro Gon-
zalez de Mendoza, le fils préféré du Marquis, revenait
de Salamanque, où il fut tour à tour élève et maître,
Ifiigo Lopez passait sans doute de longues heures à
causer avec lui dans cette noble salle de Guadalajara
où il aimait à s'entourer de livres (3)*
1. Gomez Manrique, Cancionero, édit. Paz y Mélia, t. II, p. 9
(Lettre à Pedro Gonzalez de Mendoza).
2. M. Paz y Mélia, chef du Département des manuscrits de la
Bibliothèque Nationale de Madrid, a étudié minutieusement la
Bibliothèque du comte de Haro, dans une série d'articles publiés
par la Revlstade archivas, bibliotecas y museos (1897-1902).
3. V. Anton Zorita dans la préface de sa version du livre de Bonnet*
(Cf. Notice LVIII, ms. *B, p. 376.)
CHAPITRE II
Le Marquis de Santillane a-t-il su le latin?
Sanchez incline à penser, malgré le témoignage
contraire de Juan de Lucena, que le marquis de San-
tillane savait le latin (1). Amador de Los Rios
l'affirme : à l'en croire., Don Inigo lisait les classiques
latins dans F original (2). Don Marcelino Menéndezy
Pelayo est plus circonspect : « Il est certain, dit-il, que
le Marquis n'abordait la lecture des auteurs latins
qu'avec une extrême difficulté et nullement celle des
auteurs grecs (3). » M. Morel-Fatio s'en tient à ce que
le Marquis lui-même nous dit dans la lettre à son fils
Pedro Gonzalez, et il en rapproche l'opinion de Juan
de Lucena et de Vespasiano de Bisticci. fin résumé,
il opine qu'Inigo Lopez ignorait le latin (4).
Ce sont les citations latines du Marquis qui ont
formé la conviction de Los Rios. Voyons quelles elles
sont et quelle est leur valeur. Une heureuse para-
phrase du Beatus Me d'Horace (5) se trouve dans
les strophes xvi, xvn, xvm, de la Comedieta de
Ponza. Dans la lettre au connétable Don Pedro, nous
relevons un vers mal cité : « Ca asy como Oracio
poetadice : Quem nova concepit olla servabît odo—
1. Sanchez, L c, § XXXVII, XXXVIII, p. xxv, xxvi.
2. Obras ciel Marqués, p. cxxi, n. 16.
3. Antologia, t. V, p. lxxxi.
4. Les deux Orner o castillans [Romania, t. XXV, p. 121 et n. 3) .
5. Qbras ciel Marqués, p. K)3<
LXIV MIHLIOTHKQUE DU MARQUIS DE SAN J ILLANE
rem (1 ).» Des le débutde cette même lettre l<k Marquis
invoque un passage de saint Paul : Cum essem par-
mdus loquebar ut parvulus, sapiebam ut parvulus,
cogitabam ut parvidus(2) .En marge du feuillei lxxiv
du manuscrit Ii-1 10, contenanl une version castillane
delaD^Vie Comédie, [nigo Lopezde Mendozaa écrit
de sa main la note suivante : Claudianus dicit (/nia
pressencia ffamam minidt(3). I);ins le a Dialogue de
Bias contre la Fortune», nous trouvons une réponse
latine du philosophe: «Omnia mea hona mecumporto,
que quiere deçir : todos los bienes mios con inigo los
llevo(4).)> Enfin dans les vers religieux du Marquis on
rencontre des souvenirs d'offices et de messes attentive-
ment écoutés : Orapro me(b); E principatus a aquel,
Fdii David Hemanuel(6); Ave(l); Concepisti.Gaude,
Virgo, Mater Xripsti (8) ; inmotata permansiste(9) ;
Gaude, Virgo Mater Aima (10) Mater Dec (11) ; in
aeterno (12); ab initia (13) ; ftagellum Dei(14:); et
lf Horace, Épître, I, 2, 69.
2. Corinthiens, I, XIII, 11.
3. NoticeXLVIÏ,ms.#D,p.295; Notice XLIX,ms. H, p. 335,n.l.
4. Obras del Marqués, p. 153.
5. Ibidem, sonnet XXXVII, p. 294.
6. Ibidem, Canoniçaçion, etc., x, p. 302.
7. /&Kfew?, )) » XXVI, p. 307.
8. Ibidem Los Goços de Nuestra Sehora, I, p. 308.
9. Ibidem
»
»
»
»
III, p. 309.
10. Ibidem
»
»
»
»
IX, p. 311.
11. Ibidem
»
»
»
»
X, p. 311.
12. Ibidem
))
»
»
))
XI, p. 312.
13. Ibidem
))
))
»
))
XI, p. 312
et A
Nuestra Seîiora de Guadalupe. I, p. 313.
14. Ibidem, Prohemio del Diâlogo de Bias contra fortuna, III.
p. 149.
INTRODUCTION LXV
dans un sonnet il dit : « Si morire por vos, donna gentil.
Non digo à fortiori, mas degrado ?(1). »
Si l'intention du Marquis, en semant ces mots dans
ses œuvres, était de nous faire croire qu'il possédait
la langue de Virgile, on peut bien dire qu'il y a perdu
son latin. Il ressort de ces citations mêmes que Don
Inigo Lopez était incapable de comprendre Horace
dans l'original. N'oublions pas que la Comedieta de
Ponza est datée de 1444 et que la lettre au connétable
de Portugal fut écrite entre 1445 et 1449 ; à cette
époque, Pedro Gonzalez de Mendoza partait pour Sa-
lamanque et déjà il devait être bon latiniste. Et puis,
sans compter son fils, le Marquis ne manquait pas de
familiers capables de lui expliquer d'intéressants pas-
sages d'auteurs non traduits.
Toute sa vie Inigo Lopez a regretté de ne pas savoir
le latin. Lorsqu'il reçoit d'Italie la version latine de
l'Iliade, due à Pietro Candido Decembri, le Marquis
s'adresse à son fils pour le prier de la lui traduire.
« Je crois, lui dit-il, que ce sont les livres premier,
deuxième, troisième ou quatrième et une partie du
dixième (2).» Et répondant à une objection qui se pré-
sente à son esprit, il ajoute : « Je sais bien que vous
me direz ce que vous-même et d'autres m'avez ré-
pliqué plusieurs fois déjà, à savoir que la douceur et
la grâce demeurent presque entières dans les paroles
latines qui les retiennent, ce que je ne puis savoir, car
1. Ibidem, Sonnet XXI, p. 285.
2. Obras del Marqués, El marqués de Santillana à su fijo
D. Pedro Gonzalez, § I, p. 481.
LW1 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
je n'ai pas appris cette langue (1).» Plus loin le Mar-
quis dit encore : « A mon âge et dans ma situation ce
serait chose difficile que de vouloir m'obstiner au latin,
malgré ce que Tullius affirme de Caton (Caton
d'Utiquc, je crois) qui à quatre-vingts ans apprit le
grec (2).» Enfin Ifïigo Lopez s'écrie: « Puisque nous
ne pouvons avoir ce que nous désirons, contenions-
nous de ce que nous pouvons. Et si nous sommes
privés des formes contentons-nous des matières (3). »
Dans ces aveux, qu'il faisait certainement le cœur
gros, éclate toute l'honnêteté littéraire du Marquis.
Un de ses contemporains, qui se nomme Ludovicus
Bachalareus, dans la préface de sa version castillane
du De Insigniis et Armis de Barthole, faite à coup
sûr pour Inigo Lopez de Mendoza, s'exprime en ces
termes : « Comme il convient que toutes les pensées
des serviteurs s'emploient à rechercher en quoi ils
pourraient être agréables à leurs maîtres, je me suis
décidé, moi minime serviteur de votre grâce, de tra-
duire ce traité de latin en langue vulgaire à votre in-
tention, et cela parce que, voué dès l'enfance à de
rudes travaux, vous n'avez pas étudié le latin (4).»
Et Juan de Lucena, dans son charmant dialogue,
fait dire au Marquis qui répond à l'évêquede Burgos,
Alonso de Cartagena : « Je vois bien, mon révérend
Père, que pour moi tu t'efforces de romaniser ce qu'on
peut à peine exprimer en latin. La philosophie naquit
1. Ibidem. § II, p. 482.
2. Ibidem f p. 482.
3. Ibidem, § III, p. 482.
4. Notice XLIII, p. 231.
INTRODUCTION LXVII
en Grèce, Socrate la fit descendre du ciel. Après
Socrate, au temps où Brutus délivra Rome, Pythagore
la répandit en Italie, et toi maintenant tu la trans-
plantes en Espagne. Bienheureux pays, heureuse
Castille ! C'est pour elle que tu es né, non pour toi
seulement. Tu as écrit en langue vulgaire des traités
de chevalerie, de gouvernement et de religion, tu as
vulgarisé les œuvres fameuses de notre moraliste Se-
nèque. Si tu étais en tête-à-téte avec Juan de Mena,
vous parleriez latin. Je le sais, pour mon malheur!
Quand je me vois ainsi dépourvu de lettres latines, je
me sens encore un être humain, mais non pas un
homme (1). » Et plus loin, abordant un problème qui
l'attire, Inigo Lopez s'écrie découragé : « Ce n'est pas
là un sujet pour un chevalier illettré, je le remets à
Monseigneur l'éveque, afin qu'il le traite un autre
jour (2). »
Le libraire florentin Vespasiano de Bisticci en par-
lant du Grand Cardinal remarque que « son père, des
premiers de son pays, était illettré mais qu'il compre-
nait fort bien le toscan (3) ».
Anton Zorita, le traducteur de Y Arbre des ba-
tailles de Bonnet, dit au marquis de Santillane dans
sa préface : « Cet ouvrage était écrit en langue gau-^
loise ou française. Bien que ce langage vous soit
1. Cf. De vita beaia, dans les Opdsculos literarios de Paz y
Mélia, p. 112-113.
2. Ibidem, p. 186.
3. « Aveva il padre signore de' primi di quello regno, il qualë
)) non era litterato, ma intendeva beriissimo la lingua toscana »'
(Vite di uomini illustri delsecolo XV, édit. L. Frati, t. I, p. 160).
LXVIII BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
presque aussi familier que votre langue maternelle,
comme il sied à qui, comme vous, lit des livres écrits
en toscan , en vénitien et en d'autres langues encore
que par la grâce de Dieu vous entendez fort bien, il
n'en est pas de môme pour tous les membres de votre
noble maison, ni pour beaucoup d'autres habitants de
ce royaume d'Hespérie, car le style de cet ouvrage est
difficile; il en résulte qu'ils ne le comprennent pas ou
qu'ils n'arrivent à profiter du contenu de ce livre
qu'avec difficulté et à grand'peine (1). » L'admiration
de Zorita pour son maître est telle, que s'il avait pu
citer le latin au nombre des langues familières au
Marquis, il n'y aurait certes pas manqué. Nous sa-
vons par son témoignage qu'Inigo Lopez lisait le fran-
çais. De son savoir en toscan il nous a donné une
preuve lui-même, lorsque dans la Comedieta de
Ponza, se souvenant de Dante et d'Arnaut Daniel,
il fait parler Boccace en italien (2).
1. Cf. Notice LVIII, ms. *B, p. 377.
2. « Illustre Régine, de cuy el aspecto
)) Dimostra grand sangno e magnifiçençia
» Io vegno dal Iqco, ove è lo dilecto
)) Eterno, lagloria e sumnia potençia.
» VegncTchiamato de vostra exçellençia ;
» Cha'l vostro piangire e remarieare
» M'a fato si tosto partire e cuytare,
» Lassato le çelo, a vostra obediençia. »
« Io veio li vostri sembianti cotali,
» Che ben dimostrate esser molestate
» Di quella Regina, che infra li mortali
» Régi et iudica, de iure e de facte.
» Veiamo le casi e çiô che enarrate,
» E vostri infortuni contate perversi ;
» Ca presto serano prose, rime, e versi
» A vostro piaçere, si çiô comandate. »
(Obras del Marqués, p. 1Û4)<
INTRODUCTION LXIX
Ici, et pour mettre fin à ces considérations, il n'est
peut-être pas hors de propos de rappeler le jugement
de Lope de Vega au sujet des services que la con-
naissance de l'italien rendait aux Espagnols. « Cette
langue, dit-il, a été fort précieuse à nombre d'Es-
pagnols qui ne savent pas assez le latin. Ils copient
et transposent de l'italien ce qui leur plait, et puis ils
disent : (< traduit de latin en castillan, » mais je vous
promets qu'à moi cela ne m'arrive que rarement,
et par pure inadvertance, et parce que j'ai mauvaise
mémoire (1). »
1 . « Esta lengua es muy dulce y copiosa y digna de toda
» estimaçion, y a muchos Espafioles ha sido muy importante,
)) porque no sabiendo latin bastantemente, copian y trasladan de
» la lengua italiana lo que se les antoja, y luégo dicen : « tradu-
» cido de latin en castellano ; » pero le doy palabra a vuestra mer-
» ced de que pocas veces me suceda, sino es que se me olvida,
)) porque soy flaco de memoria. » (El desdichado por la honra).
CHAPITRE II]
L'œuvre littéraire d'inigo Lopez de Mendoza
Nous n'avons pas l'intention d'analyser ici l'œuvre
du marquis de Santillane, nous voulons seulement in-
diquer les grands courants dont il a subi l'influence et
dégager de l'ensemble de ses vers et de ses proses ce
qui constitue sa personnalité littéraire. L'originalité
véritable d'inigo Lopez de Mendoza est dans le choix
de ses modèles.
Poète lyrique, il a laissé sa muse, élevée au rythme
des chansons de Galice, tirer de son chalumeau des
sons ténus et gracieux. C'est l'influence galaïco-pro-
vençale qui avant de mourir eut à la cour de Jean II
comme un été de la saint Martin.
Poète didactique, instruit par ses lectures, il a su
percevoir les nouveautés de la vision dantesque et son
oreille a si vivement ressenti la beauté de l'hendéca-
syllabe qu'unissant le savoir à son talent naturel il
en a tenté l'importation.
Critique enfin, il a su dans ses préfaces, et particu-
lièrement dans la lettre à son fils et dans celle qu'il a
adressée au connétable Don Pedro de Portugal,
raisonner ses impressions d'art, esquisser des classi-
fications, peu nouvelles il est vrai, et émettre quelques
idées esthétiquse. ] L'importance qu'il attache à la
musique des vers a été relevée à bon droit par
INTRODUCTION LXXI
M, Menéndez y Pelayo comme une heureuse inno-
vation (1).
Dans l'aperçu d'histoire littéraire, modestement in-
titule : Avant-propos et lettre que le marquis de
Santillane a envoyé au Connétable de Portugal
avec ses œuvres (2), Don Inigo se montre très ren-
seigné pour son temps et il fait preuve d'un esprit ou-
vert et tolérant. Il voit juste en gros et, pour autant
que nous en pouvons juger aujourd'hui, ses re-
marques sur les oeuvres et les auteurs qu'il a réelle-
ment connus gardent leur valeur, car il était homme
de goût, malgré l'enthousiasme pédantesque, bien
excusable alors, où l'avait jeté la révélation, peut-être
un peu brusque, de l'humanisme italien.
Il rima ses serranillas lorsqu'il parcourait le pays
à la tête de ses gens. Éloigné de sa bibliothèque, dont
les rayons étaient encore peu garnis, il laissait chanter
librement son âme de poète. Dans la grâce du rythme
il savait enchâsser des bergeries, rapidement vues,
légèrement notées, dont la fraîcheur n'a pas été ternie
parles années. Les serranillas et le villancico adressé
à ses filles sont, de l'aveu de tous, le meilleur de
l'œuvre du Marquis (3).
1. « Este profundo sentido del ritmo musical, en relaciôn con el
» ritmo poético es dote caracteristica del marqués de Santillana,
» que a ella debio la excellencia de ser sin disputa el primero y mas
» armonioso delos versifîcadores de su tiempo » (Antologia, t. V,
p. lxxxvii).
2. Prohemio é caria quel marqués de Santillana envio al con-
destable de Portugal con las obras sut/as. (Obras del Marqués,
P. î.)
3. Le succès des serranillas du Marquis fut si considérable
LXXI1 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SAJNTILLANE
Dans les canciones e decires, où nous trouvons
moins exclusivement des œuvres de jeunesse, l'ins-
piration moins libre s'alourdit déjà, et Ton voit que
d'attentives lectures du Roman de la Rose, d'Alain
Chartier et surtout de Dante et de Pétrarque lui ont
donné la notion du sublime, médiocre et infime et
Font détourné de : « ces romances et chansons dont les
gens de basse et servile condition se divertissent (1) ».
Mais l'artiste qui était en lui subissait néanmoins le
charme pénétrant des choses populaires et il sait se
servir discrètement de ces souvenirs :
« La nina que amores ha,
» Sola, £ como dormira ? »
Bon observateur, le Marquis sut apprécier dans le
parler des gens de peu ces sentences de morale con-
densée que sont les proverbes, et, en vers comme en
prose, il les emploie à côté des maximes des philo-
sophes. Parfois aussi un proverbe lui fournit, pour
ainsi dire, le thème d'une chanson (2). On aime à se
qu'on en trouve même une traduite en catalan dans le ms. II-D-10
de la bibliothèque de l'Escurial. C'est la seconde, En toda la su
montanna.. (Cf. Los Rios, Obras del Marqués, p. cxxxiv, n. 32).
1. « Estos romances e cantares de que las gentes, de baxa e
servil condiçion se alegran. » [Obras del Marqués, p. 462.)
2. « Uno pienssa el vayo
)) É otro el que lo ensilla ».
(Obras del Marques, p. 255).
« Hâ bien errada opinion
» Quien diçe : tan lexos d'ojos
» Tan léxos de coraçon . »
(Obras del Marques, p. 452;.
Juan de Lucena a bien mis en relief ce trait significatif des
goûts du Marquis lorsqu'il lui fait dire : « Ni vna golondrina
INTRODUCTION LXXIII
le représenter en route pour l'Andalousie conversant à
chaque halte avec vilains et rustauds et notant, dans
sa mémoire ou sur ses tablettes, ces phrases courtes
et colorées dont il devait faire plus tard, à la prière
du roi Jean II, le précieux petit recueil intitulé : Pro-
verbes que les vieilles disent au coin du feu, classés
dans r ordre de VA. B. C(l).
L'influence provençale directe sur le Marquis a été
nulle: ce qu'il sait des poétiques et des règles du
Gaxj saber, il le doit à YArte de trobar, écrit pour
lui par son maître et ami don Enrique de Villena. Il
n'a connu Arnaut Daniel que par Dante, et dans sa
bibliothèque nous ne trouverons qu'un volume pro-
vençal : le Breviari d'Amor de Matfre Ermen-
gaud(2). Ni l'œuvre, ni l'auteur d'ailleurs ne sont
cités par Inigo Lopez de Mendoza. Par contre il a lu
des Français : Guillaume de Lorris, Jean de Meun,
Chartier et d'autres encore.
Impérial a fait naître en lui le désir de connaître la
Divine Comédie, et c'est encore à Enrique de Vil-
lena que le Marquis s'adresse pour lui demander une
version castillane du livre de Dante. Cette traduction
littérale, écrite en marge d'un texte italien pour faci-
liter à Inigo Lopez l'entendement de l'original, lui fut
)) verano, sefïor Obispo, ni un dedo faze raano » [De vit a beata
dans les Opusculos literarios, p. 177).
1. En voici le titre exact : Inigo Lopez de Mendoça, à ruego del
Rey Don Johan, ordenô estos refranes que diçen las viejas tràs
elfuego;évanordenados por laorden del A. B. C. [Obras del
Marqués, p. 504).
2. Cf. Notice LX, p. 383.
LXXIV BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
remise en M27. Dès lors, il se détourna de la France
et l'imitation directe, indirecte ou voilée, souvent
consciente et parfois aussi involontaire de Dante, le
tient et le garde sa vie durant. 11 s'attache à ce mo-
dèle parce que, confusément, il en a compris la gran-
deur, l'importance et la nouveauté. Il s'y attache
aussi parce qu'il considère les Italiens comme les hé-
ritiers de Rome et que les formes dont ils se servent
se prêtent aux réminiscences, aux évocations, au dé-
ploiement du savoir livresque.
Lui-même nous dit, sans se départir de son habi-
tuelle modestie, pourquoi il préfère les Italiens aux
Français, qu'il estime beaucoup cependant. « Sauf
l'avis de qui en sait plus que moi, écrit-il au conné-
table de Portugal, je préfère les Italiens aux Français,
parce que leurs œuvres font preuve d'une plus haute
inspiration et qu'ils les embellissent et les composent
d'histoires belles et peu communes (1) .»
Inigo Lopez de Mendoza subit l'influence de Dante
au point de lui emprunter même des choses qu'il au-
rait pu trouver ailleurs et qui sont de toutes les litté-
ratures médiévales. Les allégories du Roman de la
Rose, les procédés du Libro de Alexandre et sans
doute aussi des autres œuvres de Berceo, Inigo Lopez
les avait remarqués, mais il a retrouvé ces vieilles
choses rajeunies, modifiées, souvent transfigurées par
1. (( Los Itâlicos prefiero yo, sô emienda de quien mas sabra, a
» los Françeses, solamente, ca las sus obras se muestran de mas
» altos engenios, e adornanlas e componenlas de fermosas é pele-
» grinas estorias. )) (Obras del Marqués, p. 9).
INTRODUCTION LXXV
le génie de Dante, et il en a été comme hypnotisé. Il
s'est imprégné de la Divine Comédie plus que de tout
autre livre. Il en a propagé le culte et encouragé
l'étude. Sans qu'il y ait plagiat dans des compositions
telles que El Injîerno de los enamorados ; la Coro-
naçion de Mossen Jordi; la Comedieta de Ponza,
presque tout y est dantesque, l'atmosphère, le ton,
l'attitude des personnages, les questions, les ré-
ponses, le décor et les gestes. A Boccace, à Pé-
trarque, il doit beaucoup aussi, il les a consultés
comme des manuels ou des dictionnaires, il leur em-
prunte une foule de menus faits et de connaissances.
Mais Alighieri lui était, suivant une expression chère
à son temps et qu'il a lui-même employée, une biblio-
tkeca de moral cantar (1). Il doit à Dante l'hendéca-
syllabe, qu'il a eu le grand mérite d'importer en Es-
pagne avant tout autre, et de môme il a été le pre-
mier à se servir en Castille du sonnet, qui devait, plus
tard, en des mains plus habiles, trouver en Espagne
comme une seconde patrie (2). Ses Sonetos fechos
al itcdico modo dérivent de la Vie nouvelle autant
que des sonnets de Pétrarque, et c'est sans doute à
Dante encore que le Marquis a emprunté la coutume
des petits sommaires explicatifs, dont il fait précéder
les dix-sept premiers sonnets qui sont, suivant Amador
de los Rios, ceux qu'il a envoyés en 1444 à dona Vio-
1. Defunssion de Don Enrique de Villena § III (Obras del
Marqués, p. 24).
2. Morel-Fatio, UAvte mayor et VHendécasyllabe (Romania,
t. XXII, p. 224.) — Sanvisenti, I prime influssi di Dante, p. 175,
où l'auteur étudie avec soin la structure métrique des Sonetos.
LXXV] BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
lante de Prades en même temps qu'il lui faisait hom-
mage de la Comedietade Ponza et des Proverbios( 1 ).
Les efforts qu'à dû faire le Marquis pour plier une
langue encore rude à des rythmes étrangers sont véri-
tablement dignes d'admiration, et il a bien mérité la
notoriété et l'estime que ce tour de force lui a
values (2).
Ses familiers, qui connaissaient sa pensée littéraire
et sa suprême ambition, ne manquent pas de le com-
parer à l'auteur de la Divine Comédie chaque fois que
la fureur apologétique leur fait perdre la mesure :
a Vous qui corrigez les œuvres de Dante et qui
savez vous-même en composer de plus hautes, » dit
Gomez Manrique(3). Et Diego de Burgos arrache à
Fombre d'Alighieri cet aveu singulier : « Car si j'ai de
la renommée, si je suis connu, c'est parce qu'il a bien
voulu lire mes œuvres (4). »
1. Obras del Marqués, p. 282, note sur le sonnet XVII.
2. Fernando de Herrera, Obras de Garci Lasso de la Vega,
(Séville, 1580, p. 75). — Argote de Molina, Discurso sobre la
poesia castellana, publié à la suite du Coude Lucanor (édit.
Milâ y Fontanals, 1853, p. 156).
3. « Vos que emendays las obras del Dante
» É otras mas altas sabeys componer ».
Cf. ((Copias que fiço Don Gomez Manrique, suplicandoal muy
» manifico senor, marqués de Santillana, que le diesse un cançio-
» nero du sus obras » (Obras del Marques, p. 326).
4. « Que si tengo fama, si soy conoscido
» Es porqu'el quiso mis obras mirar. »
Cf. El triunfo del Marqués (Cancionerode H. del Castillo, t. I,
p. 245). Voyez aussi les vers cités ci-après. (Notice XLVII, p. 308,
309.) Si Diego de Burgos, en s'exprimant de cette manière n'en-
tendait parler que de l'Espagne, on peut dire que c'est là un
éloge mérité puisque le Marquis, plus qu'Impérial, et que Febrer,
INTRODUCTION- LXXVII
El triunphete de Amor, par son titre et par sa te-
neur, procède plus spécialement de Pétrarque. Le
Sueho et la Vision dérivent du Roman de la Rose,
bien qu'on y trouve aussi des souvenirs de Dante.
C'est encore Dante qui fournit au Marquis le cadre
de son poème sur la mort d'Enrique de Villena, et
ses vers en l'honneur des canonisés Vincent Ferrer
et Pierre de Villacreçes ne manquent pas de rémi-
niscences dantesques.
La Comedieta de Ponza a sans doute été un grand
effort, elle compte cent vingt strophes de huit vers
A'arte mai/or, mais elle n'a ni les mérites du Diâloc/o
de Bias contra Fortuna, ni l'originalité du Doctrinal
de Privados, la seule création du Marquis dont le
sujet soit intéressant et où la passion ait mis de la
vie.
Le Diâlogo de Bias développe et soutient une
maxime de la philosophie stoïcienne énoncée par Bias en
ces termes, dans une de ses réponses à la Fortune :
(( Tu ne peux me nuire beaucoup car je porte mes
biens avec moi(l).» Cette donnée était habilement
choisie pour permettre au Marquis de s'abandonner à
Tinspiration livresque que lui soufflaient de toutes parts
les volumes petits et gros qu'il avait réunis avec amour
dans sa bibliothèque de Guadalajara, où l'emprisonne-
s'est préoccupé de vulgariser l'œuvre de Dante en faisant traduire
en castillan la Divine Comédie et le commentaire de Benve-
nuto da Imola. (V. Notice XLVII, mss. *D, p. 275 et *G, p. 306).
1. « Poco me puedes dapnar:
)) Mis bienes lievo conmigo. »
(Obras del Marques, p. 156).
LXXVllI BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTÏLLANË
ment de son cousin le comte d'Albc et le désir de
sauvegarder sa liberté l'avaient fait se retirer. Dans
ce dialogue, il passe en revue tout son savoir: Homère
et Y Histoire de Troie 9 Platon et Sénèque, Virgile
et Dante, Tite-Live et la Pharsale, les livres qu'il
respecte et les livres qu'il aime. Son érudition fa-
tigue ici moins qu'ailleurs parce qu'elle est moins
déplacée.
Le Doctrinal de Privados est sans contredit
l'œuvre maîtresse d'Iîiigo Lopez de Mendoza. L'idée
en est neuve et hardie, un souffle tragique soulève
dans le sein du poète le tourbillon des passions et des
haines qui éclatent sans vulgarité. Son imagination
vivement frappée par la chute du favori de Jean II
se détourne des livres et regarde la vie. Sans doute, il
est injuste à l'égard d'Alvaro de Luna, qu'il accable,
mort, de ses meilleurs vers. Mais il est sincère, il
croit ce qu'il dit. Dépourvu de sens politique, le mar-
quis de Santillane n'a jamais compris la valeur de
celui qu'il rendait responsable des troubles de l'heure
où il vivait. Il n'a môme pas reconnu son erreur lors-
qu'il a vu la guerre civile et l'intrigue régner dans le
pays, après comme avant la mort d'Alvaro de Luna,
Le Doctrinal nous montre que la lecture des compila-
tions indigestes et des interminables histoires n'avait
pas complètement tué en Inigo Lopez de Mendoza
le poète de sa jeunesse. Si le Marquis subit quelque
part la grande et haute influence de Dante, l'influence
inconsciente qui fait que l'on oublie ses sources et
qu'on les transforme dans la mesure de ses propres
INTRODUCTION LXXIX
forces, c'est dans cette farouche oraison funèbre du
grand maître de Saint- Jacques.
On ne connaissait jusqu'ici qu'un seul Doctrinal.
Une heureuse découverte de M. de Uhagôn nous
apprend qu'il y en avait deux(l) . La haine du Marquis
était si forte qu'une seule imprécation ne pouvait lui
suffire. Ce nouveau poème est d'une violence inouïe.
M. de Uhagôn a reconnu la valeur de cette composition,
mais nous croyons qu'il fait fausse route lorsque, dans
les réflexions dont il fait suivre ce nouveau texte
publié par ses soins, il dit : « Como se ve, es una repeti-
(( cion del Doctrinal de Prwados si cabe mâs fuerte
a mâs dura y mâs sanuda que el mismo Doctrinal.))
Nous croyons, après une lecture attentive de ces copias
del dicho sehor Marqués, qu'il s'agit ici d'une pre-
mière rédaction du Doctrinal. C'est un violent et
brutal chant de, victoire où Inigo Lopez de Mendoza
insulte son ennemi et se laisse entrainer à des démons-
trations de joie féroce, au point qu'il perd totalement
la notion de la mesure. Il est encore si vibrant de son
récent triomphe qu'il en oublie complètement sa muse
morale, son inspiratrice préférée, celle à qui partout
ailleurs il prête une oreille complaisante. Ces vers
ont du être écrits immédiatement après la grande dis-
1. Un Cancionero del siglo XV con varias poesias inéditas
publïcalo D. Francisco R. de Uhagôn. Madrid, 1900. Tirage à
part de la Bevista de Archivos, Bibliotecas y Museos, p. 13.
Dans ce chansonnier, la composition que nous nommons premier*
Doctrinal suit le Doctrinal de Privados et porte pour cette raison
le titre de : Otras copias del dicho sehor Marqués sobrel mesmo
casso.
LXXX BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
grâce du Connétable, el si nous ne savions combien Le
marquis de Santillane était craintif, prudent e1 pré-
voyant, nous croirions presque qu'il n'a pasattendu,
pour les rimer, l'exécution de son rival. La versifi-
cation dos deux poèmes est la même, seulement le
premier Doctrinal n'a que 398 vers tandis que le
second en compte 424. On voit que ces deux compo-
sitions sont presque d'égale longueur. Elles traitent le
môme sujet, et cependant à peine ont-elles des vers
communs. Dans son premier Doctrinal le Marquis
exalte les vertus de la jeune reine de Castille et du
prince Henri qui furent, on le sait, les complices des
ennemis de Don Alvaro de Luna. Dans le second
Doctrinal Inigo Lopez serre l'histoire de moins près,
il s'élève à des considérations générales, il entrevoit
ce qu'il y a de tragique dans le cas du Connétable et
les enseignements que l'on peut tirer d'une chute
aussi retentissante. Il a eu le temps de se ressaisir et
de trouver des sentences et des maximes morales.
Dans le premier Doctrinal, au contraire, la haine et la
joie féroce éclatent sans retenue dès les premiers vers:
« De tu resplandor, o Lima,
)) Tehaprivado la fortuna. »
Et si cette œuvre est certainement curieuse au point
de vue psychologique, elle n'a pas, littérairement par-
lant, la valeur du Doctrinal de Privados que nous
connaissions déjà.
Les Proverbios de gloriosa dotrina e fructuosa
ensenança, sont l'œuvre la plus populaire du Marquis.
Souvent réimprimé, ce livre eut un long succès. C'est
INTRODUCTION LXXXI
une mosaïque de maximes morales glanées partout.
Salomon est le guide et le modèle de l'auteur. La
forme de ces proverbes est facile : ils restent sans effort
dans l'oreille de qui les a entendus. D'ailleurs, dans sa
dédicace au prince Henri, Inigo Lopez prend soin de
nous déclarer qu'il n'a pas l'intention de faire passer
pour sienne une sagesse qui, en définitive, n'est ni à
lui, ni à personne, mais bien à tout le monde :
(( Il se pourrait, dit-il, que quelques-uns de ceux qui
sont plus disposés à blâmer, critiquer et corriger qu'à
créer eux-mêmes, disent que j'ai pris tout ou du
moins la majeure partie de ces Proverbes aux doc-
trines et aux enseignements d'autrui, comme par
exemple à Platon, à Aristote, à Socrate, à Virgile, à
Ovide, à Térence et à d'autres philosophes et poètes.
Je n'y contredirai point, bien plus il me plaît qu'on
le croie et qu'on le pense. Mais ceux que je viens de
nommer ont emprunté ces maximes à d'autres, et
les autres à d'autres encore, et ceux-ci enfin les ont
prises à ceux à qui l'expérience d'une longue vie et
une recherche subtile ont permis de discerner la cause
des choses(l). »
1. (( Podria ser que algunos, los quales por aventura se fallan
» mas prestos a las reprehensiones é a redarguir é emendar que a
» façer nin ordenar, dixiessen yo aver tomado todo, 6 la mayor
» parte destos (( Proverbios » de las doctrinas é amonestamientos
)) de otros, asy como de Platon, de Aristôtiles, de Sôcrates, de
)) Virgilio, de Ovidio, deTerençio é de otros philôsophos é poetas.
» Lo quai yo no contradictiria ; antes me place que asy se créa é sea
» entendido. Pero estos que dicho hé, de otros lo tomaron, é los
)) otros de otros, é los otros d'aquellos que por luenga vida é sotil
» inquisiçion alcançaron las experiençias é cabsas dé las cosas. »
(Obras del Marques, p. 26).
vi
LXXXH BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Comme il trouvail obscurs certains de ses proverbes
enfermés chacun dans une strophe de huit vers, le
Marquis s'avisa de les gloser et <•<> diil lui être une
grande satisfaction. On seul, positivement, à chaque
ligne de ces commentaires, le plaisir qu'il prit à
sortir de sa mémoire les mille el une notes qu'il y avait
accumulées, avec d'autant plus de fatigue qu'il njétail
pas un savant. Envisagé ainsi, son pédantisme d'ama-
teur a quelque chose de touchant et se fait par-
donner (1).
1. M. Savj-Lopez s'est occupé des Precursori spagnuoli di
Dante (G tomate Dantesco, IV, p. 360). Il fait dans ce travail de
curieuses remarques sur des similitudes d'inspiration chez Berceo
et chez Dante, qui une fois de plus nous prouvent avec quelle
prudence il faut s'avancer sur le terrain des influences. Une autre
brochure du même auteur s'intitule: Dardes EinfLuss auf spa-
nische Dichter des XV Jahrhunderts (Naples, 1901). Peut-être
M. Savj-Lopez modifiera-t-il quelques peu ses opinions en
voyant se multiplier les témoignages directs de l'influence consi-
dérable du Florentin sur le marquis de Santillane et sur son entou-
rage.
M. Sanvisenti, dans son livre / primi influssi di Dante del
Petrarca e del Boccaccio sulla letteratura spagnuola, con appen-
dici di documenti inediti (Milan, 1902), consacre un chapitre
(c. iv, p. 127-186, et n. p. 187-196) à l'analyse consciencieuse
des œuvres du Marquis, faite en vue d'y surprendre les imitations
et les influences dantesques. Le livre de M. Sanvisenti, utile
comme introduction à l'étude de la dantologie en Espagne, groupe
des renseignements bibliographiques dispersés jusqu'ici et qu'il est
commode de pouvoir consulter facilement. La question des ori-
gines, c'est-à-dire l'étude des versions manuscrites de la Divine
Comédie, des commentaires et de traités tels que les Senlentias
catholicas de Jaume Ferrer de Blanes (Cf. Notice XLVII, p. 309),
est un champ spécial où beaucoup de choses restent encore
à découvrir.
CHAPITRE IV
La Bibliothèque de Guadalajara
La bibliothèque du marquis de Santillaue est cer-
tainement la plus intéressante des collections de
manuscrits qui se sont formées en Espagne au
XVe siècle. Son mérite principal n'est pas d'avoir été
une des premières à ouvrir ses armoires aux con-
quêtes de l'humanisme italien, ce n'est pas davantage
sa richesse qui lui a valu depuis longtemps l'attention
des érudits. Ce qui la caractérise et lui fait une place
à part, c'est de n'être pas due aux hasards des hom-
mages et de l'adulation de pauvres clercs en quête
d'un protecteur. L'homme qui a réuni tous ces vo-
lumes, les faisant souvent venir de fort loin, unissait
au goût de l'étude le goût du livre. Il aimait les beaux
exemplaires, le vélin sans tache, l'écriture nette et
claire, les miniatures, les rubriques, les titres dores,
les médaillons, tous les petits luxes qu'un lecteur déli-
cat se plaît à rencontrer sur les feuillets des muets
compagnons de ses veilles ou de ses méditations.
Pour les ouvrages qu'il fit relier lui-même, il adopta
une reliure spéciale, à la fois élégante et grave,
où son emblème s'enlève en relief sur le cuir des
plats. Sur le premier feuillet des beaux manuscrits
qu'il fit copier en Espagne et surtout en Italie,
se trouvent ses armes, son heaume et sa devise.
Ce grand seigneur, que les luttes de parti et la
LXXXIV BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
défense de ses intérêts préoccupaient constamment,
n'oubliait jamais ses livres. Il profilait de son in-
fluence et do ses relations pour se procurer de nou-
veaux volumes ou pour encourager les érudits ei los
copistes. Il fit traduire Platon (1) par son chapelain,
Virgile (2) et Dante (3) par un ami; il chargea son
nédecin de lui faire une version du commentaire de
Benvenuto da lmola à la Divine Comc'die(4). Martin
d'Avila, un de ses ôcuyers, mit pour lui en castillan
une oeuvre italienne de Decembri (5). Son fils, le
Grand Cardinal, traduisit à son intention Ylliade
d'Homère (6). Alonso de Madrigal vulgarisa pour
1. Notice *II, p. 8, et Notice XLIX, ms. *I, p. 840.
2. Notice XIII, ms. *A, p. 89.
3. Notice XLVII, ms. *D, p. 275.
4. Ibidem, ms. *G, p. 306.
5. Notice LUI, ms. #C, p. 359.
6. Notice*!, p. 1. — Francisco de Médina, Salazar de Men-
doza, et d'autres biographes du Cardinal disent qu'il a traduit
pour son père Y Odyssée d'Homère, Y Enéide de Virgile, quelques
œuvres d'Ovide et de Salluste (Catalina Garcia, Biblioteca de
escritores de la provincia de Guadalajara, Notice LXXXIX,
n° 396, p. 174-176). Ces renseignements semblent être le résultat
de multiples confusions. Pour Homère, c'est sans doute de la
version de Ylliade qu'entendent parler les biographes de Pedro
Gonzalez. Quant à Y Enéide, il paraît peu probable que le Car-
dinal ait pu songer à la traduire, puisqu'il devait savoir, mieux que
personne, que Villena Pavait fait. Il en est sans doute de même pour
Salluste dont la version exécutée pour Fernan Perez de Guzman
n'avait certes pas échappé à sa curiosité. Enfin, si Pedro Gon-
zalez a traduit pour son père quelque œuvre d'Ovide, ce n'était cer-
tainement pas le Libro mayor de las Transformaciones que le
Marquis cite, avec YÉnéide-et les Tragédies de Sénèque, comme
ayant été vulgarisé à sa demande. Si les Métamorphoses avaient
été traduites par Pedro Gonzalez, le Marquis, qui en parle dans
la lettre à son fils (Obras del Marqués, p. 482), n'aurait pas
manqué de le relever.
INTRODUCTION LXXXV
Santillane son volumineux commentaire d'Eusèbe(l)
et Févêque de Burgos, qui avait noué au concile
de Bàle de précieuses amitiés, mit Inigo Lopez de
Mendoza en rapport avec les humanistes italiens.
Pietro Candido Decembri a fait des vers latins sur la
mort du Marquis (2), et son frère Angelo lui a dédié
la version d'un traité de Bonacorso da Montemagno
qu'il attribue à Plutarque (3) .
C'est Févêque de Burgos qui engagea Bruni à
écrire à Jean II (4), c'est lui qui invita Pietro Candido
à dédier au roi sa version latine-de Y Iliade (5) ; c'est
aussi lui, sans doute, qui procura à son souverain
l'honneur de la dédicace d'une homélie de saint Ba-
sile, traduite de grec en latin par l'illustre Bessa-
rion (6). Jean II acceptait volontiers ces hommages et
répondait à ces politesses littéraires avec munificence,
mais l'homme le plus fier de ces honneurs rendus à la
Castille était le marquis de Santillane. Dès que se
publiait un ouvrage nouveau, il s'en procurait une
copie, et transporté d'enthousiasme, il la remettait à
l'un de ses secrétaires -ou à l'un de ses familiers pour
en faire exécuter la version castillane.
C'est cette fièvre de traductions et de copies, cet
intérêt toujours croissant pour le grand mouvement
1. Notice VI, mss. *B, *C, *D, *E, *F, p. 40-48.
2. Appendice 4, p. 468.
3. Notice XVI, ms. D, p. 112.
4. Notice LUI, ms. *D, p. 361 .
5. Morel-Fatio, Les deux Omero castillans (Romania, t. XXV,
p. 122-126).
6. Notice XI. p. 68.
LXXXVI BIBLIOTIIKQUK DU MARQUIS DE SANTILLANK
lointain, cet éveil de curiosité pour l'histoire romaine,
pour la véritable histoire de Troie et pour* La lit tein-
ture des deux terres classiques, qui ont fait de Guada-
lajara le modeste berceau des nouvelles idées que
l'humanisme italien communiqua à FEspagne. C'est
encore peu de chose : le moyen âge avec son lourd ba-
gage de gloses, de postilles et de chroniques occupe en-
core une large place dans la bibliothèque du marquis
de Santillane, mais c'est une aurore. Comme il arrive
souvent en pareil cas, l'admiration a précédé la com-
préhension ; néanmoins le mérite de ceux qui ouvrent la
porte à un nouveau courant d'idées, même s'ils n'en
ont pas saisi toute la portée, reste toujours considé-
rable. Le triomphe des armes aragonaises à Naples
facilita les rapports entre les deux péninsules. Le
voyage d'Italie devenait plus fréquent et par consé-
quent les occasions de faire venir des manuscrits se
multipliaient. Nous savons d'ailleurs que le marquis
de Santillane avait un ami qui séjourna longuement à
Florence et qui fraya dans cette ville avec des huma -
nistes et des libraires. Cet ami, Don Nuilo de Guz-
man (1), resta même après son retour en Castille en
relation avec les Italiens. On verra, par la suite, les
raisons que nous avons de voir en lui une sorte
d'agent du Marquis.
Un autre familier d'Inigo Lopez, Juan de Lucena,
séjourna à Rome où, sûrement, il ne resta pas étran-
ger au mouvement littéraire, puisqu'il rapporta une
adaptation d'un dialogue de Bartolomeo Fazio qui
1. Appendice 1, p. 449.
INTRODUCTION LXXXVII
est presque un plagiat (1). Enfin nous savons que,
lors de son avènement au trône de Castille, Henri IV
envoya Inigo Lopez de Mendoza, second fils du mar-
quis de Santillane, ambassadeur à la cour de Rome,
pour notifier au pape Nicolas V sa soumission et lui
faire part de ses projets de croisade contre les Sarra-
sins (2). Autant d'occasions dont le Marquis profita
certainement pour faire venir des livres. Pedro Gon-
zalez de Mendoza, nommé en 1454 évoque de Cala-
horra, a sans doute eu, lui aussi, des relations avec
l'Italie, mais le libraire florentin Vespasiano de Bis-
ticci se trompe lorsqu'il attribue au Cardinale di Men-
doza spagnolo une part prépondérante dans la forma-
tion de la bibliothèque de Guadalajara. Vespasiano/
qui écrivait entre 1473 et 1495 (3), a recueilli des
propos qui ne résistent pas à la critique (4).
1. Cette observation est de M. Paz y Mélia, l'éditeur du
Libro de vida beata de Juan de Lucena (V. Opûsculos lite-
rarios). Dans ce dialogue, Juan de Lucena, qui se met lui-même en
scène, se fait adresser par le Marquis les paroles suivantes : « jO
» hijo de mi ahijado ! Bien tornado de Roma, £ no me tocas la
» mano ? » (/. c. p. 174).
2. Los Rios, Obras del Marqués, p. xcvn et n. 33.
3. Vite di Uomini illustri del secolo XV, édit. L. Frati, t. I,
p. 169, n. 2 [Collezione di opère inédite o rare. Bologna, 1892).
4. Voici la notice que Vespasiano deBisticci consacre au Grand
Cardinal d Espagne : « Messer Piero di Mendoza, ispagnolo, di stirpe
» nobilissima, fu fatto cardinale da papa Sisto per la sua virtù. Ebbe
» notizia universale cosi in iure canonico, corne in questi studi
» d'umanità e filosofia e teologia. Istette più anni in corte di
)) Roma, e quivi fu molto stimato ed onorato. Faceva continova-
» mente fare libri, e comperava, cosi sacri corne gentili, in modo
» che ragunô grande quantità di libri, per voler fare una libreria.
)) Aveva il padre signore de' primi di queilo regno, il quale non
(( era letterato, ma intendeva benissimo la iingua toscana; e per
LXXXVIII BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Lorsque mourut I<k marquis de Santillane, Pedro
Gonzalez de Mendoza, évêque de Calahorra, n'avait
pas quitté l'Espagne. Ses nombreux biographes ne
mentionnent point le séjour prolongé que, d'après Ves-
pasiano, il aurait faitàRome(l). Il étail si nécessaire
à son pays comme prélat, politique el guerrier, qu'il
ne pouvait même pas songer aux longues absences.
Quand Vespasiano d<k Bisticci écrivait sa notice, le
marquis de Santillane étail mort depuis près de vingl
ans et il n'a pas l'air de s'en douter. Peut être a-t-il
confondu Don Pedro, le futur Grand Cardinal, avec
Don Inigo, le futur comte de Tendilla, qui, nous le
savons, fut ambassadeur du roi de Castille auprès des
papes Nicolas V et Pie II (2). Quoi qu'il en soit, les
)) questo fe' fare il cardinale qui in Firenze grandissima quantità
» di libri in lengua toscana, per transferirli per suo piacere in
» spagnolo; e fece fare in Ispagna in casa sua una libreria di
)) libri toscani, che voile che fussi comune a chi ne voleva.
» E messer Pietro e tutta la casa sua, casa d' uomini nobilis-
» simi, edati tutti alla virtù; edèoggiin Ispagnade' primi uomini
» di quello regno. Di poi che fufatto cardinale, non è mai venuto
» in corte di Roma. Délie opère che ha composto non ho notizia,
» per questo non se ne fa menzione. »
1. M. Catalina Garcia, le plus récent biographe du Cardinal, ne
dit rien de ce prétendu voyage de Rome dans la longue notice
qu'il consacre à Pedro Gonzalez et à ses biographes dans s&Biblio-
teca de escritores de la provincia de G uada !aj a r a, NoticeLXXXlX,
nos 391-397, p. 170-176 (Madrid, 1899).
2. La première ambassade du comte de Tendilla tombe entre
juillet 1454, date de la mort de Jean II, et mars 1455, date de la
mort du pape Nicolas V. L'ambassade auprès de Pie II fut plus
longue puisque Inigo Lopez de Mendoza prit part au concile de
Mantoueen 1459 et que ce concile dura près de huit mois (V. Ma-
riana, Hist. gen de Espana, Madrid, 1848, t. II, 1. XXIII, c. i,
p. 499-500)/
INTRODUCTION LXXXIX
renseignements que nous fournit le libraire florentin
restent précieux, parce qu'il était nécessairement bien
informé des choses concernant son commerce. Ils con-
firment l'origine florentine de la plupart des manus-
crits italiens du Marquis, et ils indiquent qu'à côté des
manuscrits spécialement copiés pour Don Inigo Lopez
on procédait pour lui à des achats, ce qui explique la
présence de manuscrits italiens, portant d'autres armes
que celles des Mendoza, dans les armoires de la bi-
bliothèque de Guadalajara. Que les émissaires du
Marquis, en Italie et ailleurs, achetassent des manus-
crits d'occasion, cela ne fait pas le moindre doute ;
nous en trouvons la preuve à plusieurs reprises sur
des volumes dont les armes primitives ont été grattées
pour faire place à celles du nouvel acquéreur. De
même, sur des manuscrits provenant de la bibliothèque
de Fernândez de Heredia, grand maître de l'Ordre de
Saint- Jean-de- Jérusalem, nous avons trouvé que
l'on avait non seulement gratté les armes du Grand
maître, mais encore la croix de Jérusalem qui ornait
le manteau de Juan Fernândez sur les miniatures qui
le représentent. Beaucoup de manuscrits italiens, la-
tins ou français furent acquis pour servir de texte
aux traducteurs du Marquis et souvent nous trouvons
l'original et la version côte à côte sur le même rayon,
comme c'est par exemple le cas pour le beau manus-
crit français de Y Arbre des batailles de Bonnet, orné
de dessins et d'armes étrangères, et sur lequel travailla
Anton Zorita(l). Le fils aîné du Marquis, Don Diego
1. Notice LVIII, ms. *A, p. 373 et ms. *B, p. 374.
\c BIBLI0THÈQ1 E DU MARQUIS DE SANTILLANE
I [urtado <\c Mendoza, premier duc <\c l'ïnfantado, prit
un soin loni particulier d<k la bibliothèque de son père;
il en fil, par testament, un I >i <m 1 inséparable du titre
de sa maison. Cette sage mesure évita la dispersion
des livres du Marquis et éveilla l'intérêl des ducs de
l'Infantado pour le trésor dont ils avaient la garde.
Don Inigo I jopez de Mendoza, quatrième Hue de l'In-
fantado, estima hautement ce précieux héritage. Plus
qu'aucun de ses prédécesseurs il s'occupa d'augmenter
la bibliothèque et dans la préface de son Mémorial de
cosas notables, par lui dédiéàson fils, il fail l'éloge de
ses ancêtres el plus particulièrement de celui, qui ((à
lui seul éclipsa la gloiredetous les autres Mendoza(l)».
En 1702, un incendie éclata dans le château de
de Guadalajara et s'étendit à la bibliothèque et aux
archives de la maison (2). Les dégâts causés par les
flammes furent-ils considérables? Nous ne le savons
pas. Mais il est certain qu'il y en eut et ainsi s'expli-
querait l'absence de quelques livres, qui étaient dans
toutes les bibliothèques de l'époque, tels que la
version castillane du Liber de vlta et moribus
philosophorum de Walter Burley (3), et celle des
Étymolôgies de saint Isidore de Séville. Ainsi
s'explique aussi la disparition du Libre mai/or de
1. Appendice 3, p. 465.
2. Los Rios, Obras del Marqué*, p. clxvii, et Mayans y Siscar
dans sa préface au Pasêor de Filida de Luis Galvez de Mon-
talvo (Valence, 1792).
3. Knust, dans son édition du De vita et moribus en latin et en
castillan (Tùbingen, 1887; a démontré que toutes les fois que le
Marquis cite Laerçio il faut lire Burley.
INTRODUCTION XCI
las trasformaçiones (1) d'Ovide et des Tragédies{2)
de Sénèque, que le Marquis était si fier d'avoir fait
traduire avant personne en Castille(3), comme aussi la
perte des œuvres de Don Inigo lui-même, dont il pos-
sédait certainement plusieurs exemplaires et dont nous
îr avons retrouvé que la seule Comédie ta de Pou.:- a
dans un volume de mélanges qui n'a pas fait partie de
l'ancienne bibliothèque de Flnfantado (4). Nous ne
pensons pas toutefois que l'ancien fonds de cette cé-
lèbre bibliothèque, celui qui fait l'objet de notre étude,
ait été très appauvri. Nous avons pu retrouver la trace
de la plupart des ouvrages que le marquis de San-
tillane a vraiment possédés. Sa grande sincérité et la
netteté de ses indications ont été pour nous de précieux
auxiliaires dans des recherches souvent délicates,
parfois difficiles. Toutes les lois que le Marquis se sou-
vient des lectures qui lui ont fourni un fait, une date
ou un nom, il nous le dit. Quand il l'omet, le ton et la
manière dont il présente ses connaissances indiquent,
le plus souvent, à qui l'a un peu pratiqué, si ses ren-
seignements sont de première ou de seconde main.
1. Peut-être Inigo Lopez en citant les Métamorphoses a-t-il voulu
parler de YOotde moralisé de Bersuire (Notice XII, p. 84).
2. Dans la bibliothèque du Marquis, nous avons trouvé une tra-
duction toscane des dix tragédies de Sénèque (Notice XVI, ms. C,
p. 111). C'est sans doute ce texte qui aura servi au traducteur cas-
tillan auquel le Marquis t'ait allusion dans la lettre à son fils. Car
il s'agit certainement ici d'une traduction différente de celle qui
fut faite sur la version catalane d'Anton Vilaragut (XIVe siècle) et
qui ne comprend que neuf tragédies (Notice XVI, p. 125 et 130).
r> Lettre àD. Pedro Gonzalez. (Obras del Marques, p. 482.)
4. Cf. Notice XI, p. 68.
UBRARY
OF THE
ttHlVERSlTY OF 1UIHO».
*I
HOMERE
Homère, Iliade, traduite en castillan sur le texte latin de
Pietro Candido Decembri.
M. Morel-Fatio a publié sur l'histoire des versions castil-
lanes d'Homère et en particulier sur celle qui nous occupe
ici un important article intitulé : « Les deux Omero cas-
tillans )) (Romania, t. XXV, année 1896), et M. P. de
Gayangos, dans son Catalogue des manuscrits espagnols du
British Muséum, a donné la description du manuscrit qui
contient la traduction de la version de Candido Decembri.
N'ayant pas encore pu examiner nous-même le manuscrit de
Londres, nous nous en tiendrons au catalogue de Gayangos
pour la partie descriptive. L'étude de M. Morel-Fatio nous
fournira aussi de nombreux et précis renseignements. Citons
tout d'abord M. de Gayangos:
« Add. 21, 245 paper, in folio IL 97, xv cent.
La Iliada de Homero, en romance.
1. A translation of the iirst, second, tliird, lburth, and
tenth books of Homers' Iliacl, made at the command of,
and dedicated to, the marques de Santillana [D. Iîîigo
Lopez de Mendoza] f rom the Latin version of Pietro Can-
dido, with finely illuminated initiais and borders besides
the portrait of the translator (a Bénédictine monk?) at the
beginning.
2. The life of Homer, translatée! from the said Candido,
fol. 58.
3. El verdadero argumento de la istoria troyana, fol.
63 b.
2 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
4. Account and description of Rome; ils governmenl , etc.
in old limes, fol. 65.
5. Description of Asia, Africa,and Europe, fol. 75.
6. Glossnry of Latin words, chiefly relating to « indu-
mentaria)) dress), explained in Spanish, fol. 82 h.
7. Letter said to hâve been writteu to the Emperor Nero
by a king of Arabia, named Euax, upon the properties of
precious stones, fol. 85 (Catalogue of t/te manuscripts in
the Spanish language in the British Muséum, t. I, p. 9). »
M. Morel-Fatio commente ainsi le n° 1 de la notice
que nous venons de copier: « Quelques passages de la
préface de cette traduction castillane de l'Iliade latine
prouvent que D. Pascual de Gayangos ne s'est pas trompé
en y reconnaissant une entreprise suggérée par le marquis
de Santillane, dont la lettre à son fils devait, je le crois,
précéder dans le manuscrit original l'avant-propos du tra-
ducteur, puisque ce dernier y fait allusion comme à quelque
chose qu'on vient de lire: mais, ou le manuscrit de Londres
est incomplet d'un feuillet au commencement, ou celui qui
Ta transcrit a omis de nous conserver ce morceau. »
En effet, le passage de la préface du traducteur cité par
M. Morel-Fatio contient d'évidentes allusions à la lettre
que le Marquis écrivit à son fils Pedro Gonzalez de Men-
doza, étudiant à Salamanque, où il lui demande, entre
autres services littéraires, la traduction des livres I, II, III,
IV et X de Y Iliade d'Homère traduits en latin par Pietro
Candido Decembri et offerts par lui au roi de Castille Jean IL
La traduction contenue dans ce manuscrit est donc, très
probablement, due a Pedro Gonzalez de Mendoza, et sinon
à lui-même, tout au moins à un lettré qui travaillait sous
sa direction. Nous n'hésitons pas à partager l'opinion de
M. Morel-Fatio, qui nous paraît tout à fait démontrée, le
traducteur anonyme se trahit à chaque pas dans sa préface,
et c'est bien le fils du Marquis.
Quant à la date de cette version, on ne peut guère la pré-
ciser, la lettre d'InigoLopez à son fils n'étant malheureu-
sement pas datée. Tout ce qu'on peut dire, et c'est encore
M. Morel-Fatio qui nous en fournit la preuve, c'est que
Pietro Candido reçut en 1442 une lettre par laquelle Alonso
de Cartagena l'engageait à dédier à Jean II de Castille sa Vie
I. HOMERE 3
d'Homère et sa traduction de Y Iliade. Decembri répondit
par une lettre du 30 avril de la même année, et il expédia
peu après (probablement encore en 1442) sa Vie d'Homère
dédiée à Jean II et ses extraits de Y Iliade. M. Morel-Fatio
croit que c'est Tannée même de l'arrivée de ces nouveautés
littéraires en Espagne, ou peu après, que le marquis de San-
tillane en eut connaissance.
Nous croyons utile de reproduire ici le texte du prologue
du manuscrit de Londres que nous empruntons à l'article de
M. K. Vollmoller intitulé: Eine unbekannte altspanische
Ûbersetsung der Ilias (publié en 1893 dans les Studien
sur Litteraturgeschichte Michael Bernays gewidmet von
Schûlern und Freunden, p. 233-249):
Si a umanas neçessidades manclamientos diuinales se prefleren,
yllustre e muy magniflco seûor, enbalde escusaciones porne a la
carga que uuestra senoria por la précédente epistola me inpone,
acatadas la nouedat de mi tienpo e baxeza de ingenio que grandes
eosas non sufren, graue e quasi insoportable, mandando me los
çinco libros de la grande Yliada de Homero, conuiene a saber:
primero, segundo, tercero, quarto e decimo, ya por Pedro Candido
excelente orador del griego tracluzidos en prosaycaoraçion al latin,
en nuestra maternai lengua traspasse. En los quales aqueste inge-
niosissimo poeta tanta dio a los vencedorcs gloria, quanto de los
uençidos fue estendida la fama. Altos escrlptores aquesta estoria
por muchas e diuersas causas escriuieron. Unos commo Seneca
trageclo queriendo demostrar quand breues e caducos los prinçi-
pados e poderes son deste mundo e quand ligeramente los que en
la mas alta cunbre de la fortuna se asientan pueden caer. Otros
commo Uirgilio por auer e alcançar beniuolençia de algunos, grandes
principes y enperadores que asi de los Troyanos commo de los
Griegos desçenclieron, loando singularmente a aquel de cuya pro-
sapia uenian. Otros commo Guido de Colupnis por comendar una
tan estrenua conquista que en el mundo fasta el présente tienpo
ygual non se falla. Otros como Eusebio muchas estorias suma-
riamente passando, uiendo aquesta tan mémorable non era de
callaren sus obras, ingeniosamente la asentaron. Otros como Titu
Libio queriendo los grandes fechos romanos desde su primer
comienço contar commo descendientes de los Troyanos. La présente
ystoria escriuieron diuersos otros por dyuersos fines. Los libros
de los quales so muy çierto uuestra senoria aya mas estensa e parti-
cularmente leydo queyo en genero [fol, 1 v°] agora pudiese dezir.
1 BIBLIOTHEQUE DU MAKQUIS DE SANTILLANE
Mas quien con I [omero se puede ygualar, pore! quai escriptor de
los fechos de Achiles puesto que murio desastrada e mala muerte
lo Uamamos bien fortunado? A quien no desdefio seguir el grand
poeta latino. Autos, segund Pedro Candi do abaxo recuenta, tanto
loor le dio(l), ([ne eomo entre los mortales por monarca de los
poetas latynos sea auido, no se atreuiendo aquellos mismos uersos
en latyn escreuir que en el Griego Homero auia conpuesto, dezia
figuratiuamente por el : quis auferet clauam de manu Herculis?
que quiere dezir: quien osara tirar la maça d'armas de la mano
de Hercules? Por lo quai no sin causa uuestra seiïoria quiere uer
obra de tan exçelente uaron, el quai en solos los Athenienses fuera
grand cosa ser un tienpo numêrado e meresçio para sienpre en
todos los Griegos ser por exçelencia llamado poeta. Paresçe la
grande emineaçia suya e famoso nonbre en la controuersia que
los antigos escriptores, de tieinpos asi Griegos como Latinos
ouieron por saber su hedad, unos diziendo auer sido en tienpo de
Ozias rey septimo de Ysrael e de Agripa rey onzeno en los Latinos
e de Joas rey dezimo de Juda, profetizando en Jherusalem el
santo profeta Eliseo, seyendo principe quinto en Athenas Meracles
e Rey de Aram Azael e de los Egipçianos Susene e de los Lace-
demonios Archelao Rey septeno, siendo entre ellos Ligurgo famoso,
reynando en los Corintios Eudemus septimo rey e en los Asirios
Octorapes Rey XXXV0. Asi se falla en la estoria latyna. Apolodro
e Euforbo escriptor de ystorias lo pusieron antes de la Romana
fundaçion ciento e ueynte equatro anos. Cornelio Xepos clixo auer
sido antes delà Olinpia primera çient anos. Otros dezian poco antes
de la deçendida de los Eraclitas, (de los) [fol. 2] de los quales
fue uno Socrates. Aristotiles lo puso despues de la captiuidat de
Troya çient anos. Aristarco en este mesmo tienpo o en la fuyda de
los Iones de su tierra. Phirocolo en tienpo de Arçipo principe de
Athenas, despues de la subuersion de Troya çiento y ochentaafios
en la trasmigracion o pasada de los lones de su tierra. Apolodro
Atheniense afirmo auer sido dozientos e quarenta anos despues
del perdimiento de Troya. Arçilogo en la veynte y très Olinpiade,
reynante en lo» Medos Deiodes (2) rey quinto. Algunos dixeron auer
sido poco ante que las olimpias començasen, quatroçientos anos
quasi despues de tomada Troya. Otros lo pusieron en aquel tienpo
que por trayçion de Machareo sacerclote de Apolo en la yslaDelfos
Orestes mato a Pirro. Aquesta grand discordia de tan singulares
uarones sobre el tienpo de nuestro poeta Homero muestra la su
1. Ms. de Dio.
2. Ms. deiodes.
I. HOMERE 5
grande heminençia. Ca no es de créer estudios de tan sefialados
sabios se quisieran ocupar en luenga altercaçion de un uaron tan
solamente si una de dos causas no les mouieran : o perfecto conos-
çimiento e sçiençia de su famosa elegançia, o a su proposito de
ystoriar no fuera muy neçesario siendo como prinçipio de ystoria
donde el proceso nasce o fin en quien se concluye. Asi comrao
uemos mucha contradiçion entre los interpetres e otros estoria-
dores con los Ebreos que dizen desde el primer padre fasta el
naçimiento de Abraham auer sido mill e nueueçientos e quarenta
e nueue anos. Los otros con los interpetres afirman auer sido très
mill e çiento e ochenta e quatro anos. Paulo Orosio e el bien
auenturado Eusebio en los prologos primeros que cada uno faze a
sus libros, el primero a la orden e oromesta del mundo, el otro a
la coronica de los tienpos con los interpetres contra los Ebreos
acuerdan. Pues asazes claro [fol. 2 v°] a todos que de llomero ni
dependen estorias ni con el se çierran, queda que solamente su gene-
rosafama aya entre los nonbrados uarones causado disconueniençia
e desacuerclo, aunque de su elegançia muy poca e delgada notiçia
en la obra présente tornada por mi en romance podemos auer,
commo yapor muchas manos passada aquella biueza no retenga
que en la primera lengua alcanço. Afirmalo Sant Geronimo que
faziendo grand dificultat en el traduzir de Griego por inposible
conparaçion puso que alguno prouase ni aun para si solamente
interpretar a llomero que tornado a otra lengua, comoel dize, en
aquel mas éloquente de todos los poetas no paresçiese una orden
burlosa e digna de escarnesçer, mayormente que llomero aquesta
obra canto en uersos de los quales la prosa suelta no resçibe con-
paraçion, bien que en ella aya horclenadas e distintas cadençias.
Pero, commo uuestra senoria sin emienda en el prologo gênerai a
todas sus obias al yliustre conclestable de Portugal escriue, los
açentos, cuento e medidano se guarden commo en el uerso, porque
muy grand parte de su fermosura pierde la clulçe oraçion- Asi
mesmo, commo Pedro Candidoayuso dira, aquesta obra no fue por
el traduzida palabra por palabra clanclo por causa lo suso dicho,
que si Uergilio a lo tal no se atreuio, mucho menos el ni ninguno
de los biuientes. Delo quai se sigue no la eloquençia como trompa
résonante e arte famosa suya, mas alguncl tanto de las al tas
inuençiones e sentençias podamos conosçer. Es otra razon y muy
légitima por que asi no podemos conosçer su perfecçion, passando
aquesta obra a nuestro uulgar, que nos no auemos tan conpen-
diosos uocablos para que en pocas palabras pudiessemos conpre-
hender grandes sentençias. Commo sea que la eloquençia de
fuerças caresca quando el ydioma uocablos no padesçe diuersos
C) BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
respeetos signiâcantes. Poraquestaa cosas e por euitar algunos
yerrasqueen la interpretaçion,attentoloquedichohe[fol.3 arriba,
podrian caer si digno me tuera aquesta carga yo quisiera mucho
l'uvr. De mas desto que se uuestra sefioria ha muy bien uisto e
leydo una pequefia o breue suma de aqueste Homero de latyn
singularniente interpetradaa nuestros uulgarea por el eg^egio poeta
Johan de Mena. Por la quai sin dubda eonosçera quanto cl uaron
de Esmirna aobrepuia todoelgenero poetal, pospuestas pero estas
causas mas que miradas, muy uirtuoso sefior. La çierta uoluntat e
mandamiento de vucstra senoria espressados en la muy insigne
cpistola me forçaron la inposiçion suya açeptase, considerando
que aun aquellos queladistançia de las tierras de uuestra ingenua
présenta participes no les fi/o, por la lama sola oyda, con plazer e
seruir le desean, commo ya de niuchos dfestos tan solamente por
aquella nuestra prouinçia, ni(l) seruisitada. Asi commo a Paulino
el santissimo Geronimo escriuia de Apolonio, aquel rhaguo, o,
segund los Pitagoricos quieren, philosofo, que por uer Àliarca que
en el trono de oro se asentaua e de la fuente de Tantalo
auia beuido, el monte Caucaso e muy grandes reynos de Lndia
penetro. E dende passada la muy ancha agua o Rio Phison aporto
a los bragmanas, donde entre pocos disçipulos del curso de dias e
estrellas le fallo ensenafnjte. Tuuo, dezia Geronimo, aquella hedat
grande e digna de çelebrar marauilla de todas las gentes. Que
aquellos que por contemplation suya las prouinçias asi no leuaron
fama de un solo onbre los truxo. E asi no menos la présente con
uuestro preclaro nonbre aura gloria en los uenideros que por el
grande Yarcha aquella fue remenbrada en los passados, mas para
que ya en palabras me detengo si la uuestra grand sinçeridat e
perfecçion loar non oso? Uulgado prouerbio es : el alabanç,a en la
propia boca ensordeçe. Que si por mi fuesse fablada manifiesto
es de aquella exçelente persona paresçeriaen ella mis [fol. 3 v°] ma
se tornaua. E por essome detengo. Pues si los longincos aaquella
dessean los confines auian e los nuestros adoran, commo yo a
quien la umana naturalezaobliga en todos seruiçios podre recusar
las mosaycas leyes con mano diuina escriptas. Que son en mi
unestros mandamientos solo en la région de los biuos de mi mas
temedero sefior, por lo quai el ingenio al trabajo e la mano exécu-
tando el mandamiento de uuestra senoria puse a la pluma, confîan-
do asy mesmono tanto de mis fuerças commo que por aquella sean
corregidos los yerros. Por que los sabios que aquesta interpetra-
çion o uulgar por mi fecho leyeren commo ya passado so correcçion
1. Il est évident qu'il faut ici corriger ni en ni.
I. HOMERE 7
de tanheminente sçiençiapierdan cuydado dehemendar misfaltas.
Non me faziendo nunçio de algunos maliçiosos, de todo retracta-
dores, que no los prouechos e cosas singulares de los libros, mas
xamas donde se tengan para blasfemar los que en conponer o
interpretar trabajan con grande acuçia andan buscando. De los
quales faziendo lo que deuo me descuydo con aquel que dixo. Digan
los ombres lo que quisieren, en tanto que mesma mi conçiençia
non me acusa, los sieruos con obediençia satisfazer e yo con
testimonio de aquella me contento, pues con afecçion e diligencia
por la obra lo confirmo. Quien Homero e de que naçion o calidat
aya sido e quand gloriosa uida fue la suya seguncl philosufla, por
que abaxo despues de su prohemio Pedro Candido copiosamente
lo escriue, e las dubdas que en el libro pueden uenir, no euro des-
planar en lo présente (1).
M. Vollmôller n'indique pas l'auteur probable de cette
traduction. Mais après une lecture attentive de cet intéressant
prohemio, il est impossible de ne pas conclure avec M. Morel-
Fatio que cette version est l'œuvre de Pedro Gonzalez de
Mendoza, lorsque le futur grand cardinal d'Espagne était
encore étudiant à Salamanque.
1. M. Vollmôller nous dit que, pour la ponctuation, il a suivi les
indications que donnent les traits rouges et bleus dont le manuscrit est
semé. Cela n'aurait pas dû l'empêcher de faire quelques corrections qui
sautent aux yeux et qui auraient amélioré un texte souvent altéré par
le scribe. N'ayant pas eu sous les yeux le manuscrit de Londres, nous
avons dû reproduire le texte publié par M. Vollmôller.
II
PLATON
(Rocam. N# 179; Bibliot. Nat. Madrid Reserv. 6'-2).
1. Platon, le Phédon. 2. Saint Augustin, De Beat a Vita.
3. Discours d'un envoyé de l'empereur Frédéric II au
pape Honorius III. 4. Coluccio Salutato, Déclamations
de Lucrèce. En castillan.
Ms. de 95 feuillets de vélin, plus 1 feuillet blanc à la
fin, non folioté, réglé à 28 lignes, écriture espagnole du
XVe siècle. Format 250 X 191 mm. Reliure moderne de Binet
avec le chiffre et la couronne du duc d'Osuna. Ce manus-
crit est orné d'encadrements de style flamand. Celui du
fol. 1 porte dans le bandeau inférieur les armes du Marquis,
soutenues par deux anges. Si Ton compare ces anges à ceux
de la Chronique Générale Ii, des ressemblances frappantes
de manière, de couleur et d'expression semblent indiquer
la même main.
I. Le premier texte, sans rubriques, commence par le pro-
logue d'une traduction du Phédon. La capitale enluminée qui
ouvre la page représente Socrate prenant la ciguë, entouré
de ses disciples. Quel est ce traducteur et à qui s'adresse-
t-il? Le manuscrit 2. N. 3. de la Bibliothèque particulière du
Roi, contient la même traduction, et la préface du traducteur
y porte le titre suivant : Introduçion del libro de Platon
llamado Fedron de la Ynmortalidat del aima, por el
dotor Pero Diaz trasladado e declarado. Un manuscrit
de Paris (Bibl. Nat. Fonds espagnol, n° 458), quia fait partie
de la bibliothèque du Marquis, contient YAxiocus, dialogue
II. PLATON 9
longtemps attribué à Platon, sous le titre de : Introduction
al libro de Platon, llainado Fedron, en que se tracta de
como la muerte no es de terner, romancado por el doctor
Pero Diaz de Toledo, para el muy generoso e virtuoso
sehor singular suyo, senor Yfligo Lopez de Mendoça,
senor de la Vega.
M. Menéjidez y Pelayo dans son discours sur les vicissi-
tudes de la philosophie platonicienne en Espagne (p. 90,
note 1)(1) explique l'erreur du manuscrit de Paris par une con-
fusion du copiste qui, sous le titre du Phéclon, aurait transcrit
YAxiocus, traduit, suivant toute probabilité, par le même
Pedro Diaz, chapelain du Marquis. M. Morel-Fatio, qui
le premier avait attiré l'attention sur Y Axiochus de Paris
(Romania, t. XIV, p. 97), se rattache à l'opinion de
M. Menéndez y Pelayo [Romania, t. XIX, p. 140). La
forme Fedron n'est pas du fait de Pedro Diaz, puisqu'on
la trouve déjà dans un manuscrit latin contenant la version
de Leonardo Bruni, sur laquelle Pedro Diaz a fait sa tra-
duction (cf. Morel-Fatio, Romania, t. XIV, p. 97, note 2) ;
cette forme barbare était populaire au XVe siècle, comme
le prouve son emploi par Juan de Lucena dans le De Vita
felici (voy. Paz y Mélia, Opùsculos Literarios, p. 106).
Revenons au manuscrit Reserv. 6a 2: Le prologue commence
par: « De la inmortalidad del aima diuersos actores en
diuersa manera sintieron e fablaron, » et finit au fol. 3 v°
par: « Pues dexemos va de prolongar mas la fabla e en-
tendamos enla traduçion del dicho libro de Platon llamado
Fedron. » Ce prologue est illustré de notes dues au tra-
ducteur espagnol. Suit la traduction du prologue de
Leonardo Bruni adressé àlnnocent VI I , qui occupe les feuillets
3 v°-5. Enfin les feuillets 5-59 contiennent le Phédon :
Incipit : « Echecrates : tu Fedron fueste présente aquel dia
que Socrates beuio el vino en la carçel o oystelo de alguno
otro. )) Explicit : « aqueste fue el meior honbre e mas
sabio de aquellos con quien nos conuersamos e contractamos.
huic operi finis. Deo gracias. » Les feuillets 59 v° et 60
sont blancs.
1. De las mclsitudès dclafilosofiaplatànica en Espa/la, dans En-
saj/os de eritiea filosôfea. Madrid, 1892.
10 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
II. Fol. 61. Encadrement gracieux, grande initiale sanc
peinture, pas de rubrique, fncipil : a Varon muy humano m
de grand virtud Theodoro, sy el viage e camino que con
razon se deue premitir e presuponer e la mesma voluntad
nos troxesse al puerto de la philosophia por el quai H
honbre viene en la région e patria (?) do la vida bien auen-
turada... )) Fol. 81 v°. Explicit: « E yo le dixe: de cada
dia podeys liaucr deste manjar si cada (lia vos tornades a
Dios. E assi acabada nuestra disputacion, puesto (in a
nuestro razonar nos parlinios. JJeo gratias. — huic operi
finis.)) Ce traité est le De Beata Vita de saint Augustin.
Qui en fut le traducteur? Peut-être Pedro Diaz de Toledo,
la matière H le style ne démentent pas cette supposi-
tion.
III. Fol. 82 blanc. Fol. 83 sans capitale ni rubrique.
Incipit: « Muy bien auenturado e muy gran pontifiçe.
Commo Moysen varon de Dios ordenasse sucessor por si
a Josue su fijo... »Fol. 90 v°. Explicit: « 0 gloriosissimô
obispo, claros e illustres son los titulos de ti que feziste la
union, otorgaste el jubileo, coronaste al Çesar, pero el
titulo del passaje sera mas digno e mas duradero. El quai,
porque non lo dexes a tu sucçessor, la piedad del Çesar te
amonesta e toda la eristiandad lo suplica, que va coronado
por ti el emperador, aunque muchos grandes e altos negoçios
tengas, enpero non hay cosa de que mas prouechosa e glo-
riosamente puedas fazer que del pasaje. — huic operi Ji ni s
— Deo gratias.)) — Ce morceau est un discours prononcé
par un ambassadeur de l'empereur Frédéric II à la cour de
Rome, au sujet de la fameuse croisade de ce prince. Ce
discours s'adresse à Honorius III qui couronna Frédéric le
22 novembre 1220.
IV. Fol. 91-95. Ces feuillets sont écrits d'une autre main;
ils paraissent un peu antérieurs aux précédents, le demi-
encadrement et l'initiale sur fond d'or du fol. 91 sont d'un
autre style que les autres ornements du manuscrit. De plus,
ici nous avons une longue rubrique écrite avec soin: Lu-
creciafija de Espurio Lucreçio e mujer de Colatino Tar-
quino Jbrçada de Sexto Tarquino fijo del rey Tarquino
dando ella logar contra su voluntad a lafuerça solo por
ternor de la infamia por quanto Tarquino segund
II. PLATON 11
amenas aua dixo que degollaria un esclauo e lo pornia
con ella de consuno en la camara, llamo al padre e a
su marido e contoles el fecho e Jizo con ellos cjue le
prometiessen vengança del e despues ella queriendose
matar, el padre e el marido gelo estranan segund se
contiene en lo infrascripto. » Incipit: « O mi lucreçia
non te quieras afligir nin atribular. » Explicit : « que por
si mesma se dio la pena e tormento meresçido por los cul-
pados. )) Fol. 92 v°: Siguesse la otra parte de la déclama-
çion, conuiene saber la de Lucreçia en contrario. Incipit:
« 0 mi buen padre e tu mi marido a mi mas caro... » Ex-
plicit: (( que ellas por causa mia entiendan ser licito beuir
a mugeres non castas. )) Fol. 95. Explicit: « Fenesçenlas
declamaçiones de Colluçio c/tançeller de Florençia, çerca
de Lucreçia. » — Ces deux discours ou déclamations se
trouvent dans les manuscrits et dans les imprimés fré-
quemment mêlés aux lettres d'^Eneas Sylvius, mais il est
bien avéré qu'ils sont de Coluccio Salutato. On a aussi
voulu voir dans ces déclamations deux morceaux de vieille
rhétorique latine, et on les a édités comme tels; cf.
H. Millier, Blâclerfùr das Bagerische Ggmnasial und Real-
sdiulwesen, t. XIV, p. 371, mais cette attribution est restée
sans écho. (Voïgt, Wiederbelebung des classischen Alter-
thums, 3e éd., Berlin, 1893, t. II, p. 438 et 439, note 1.)
L'introduction de Pedro Diaz de Toledo à la traduction
du Phêdon est intéressante à divers points de vue et mérite
d'être reproduite, la voici:
Lntroduçion del libro del Platon llamado Fedron de la
gnmortalidat del aima por el clotor Pedro Dias trasladaclo
e declarado(l).
De la inmorlalidad del ama diuersos actores en diuersa manera
sintieron e fablaron. Caalgunos de los philosophos quesellamaron
epicuros negaron el anima ser inmortal e dixeron que muerto el
honbre el aima pereçia e délia non quedaua sustancia alguna. E
la opinion de aquestos introduze Seneca en lasesta tragedia donde
introduze al coro, que si preguntan las animas de los deffuntos
1. Nous empruntons ce titre au ms. du Palais. 2 N. 3. Dans le ms. de
la Bibliot. Nat. Reservado 6a 2 ce prologue n'a pas d'entêté.
lu? BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
donde estari, dize que responde, que donde estan Los cosas que
non son naçidas. Quiere dczir que asy commo lo non naçido non
tiene ser nm sustancia alguna que esso mesmo se dira de las
animas de los deffuntos. E dize que dizen aquestos que lo que se
dize comunmente que ay infierno e que se penan ende los malos,
que a este dezir son nueuas vanas semejantes al sueîio que faze a]
honore cuydoso por algnn mal que sono, e commo espierta non
falla cosa de que fcema. Asy decir que ay infierno e que se penan
ende los malos, aquesto ponc miedo e espanto. E dezian aquestos
que non ay tal eosa. Aquesta opinion introduze el sabio rey Sa-
lamon en el libro del eclesiasles suyo, al fin del tereero eapitulo,
donde dize que era opinion de algunos que uno e esse mesmo lin
es del honore e de la beslia e egual es la condition de ambos a dos.
Asy que estos, segun este dezir, non creyan la inmortalidad del
aima pues dezian que ygual era la fin e muerte del honbre e de la
bestia; e commo el spiritu e anima de la bestia se torna [fol. 2] en
nada, que asy faziael spiritu del honbre: lo quai ningunocrea que
f ue de entinçion del dicho rey Salamon, segun escriue sobre la dicha
abtoridad maestre Nicholao de Lira, e paresçe por fin del dicho
libro eclesiastes donde dize que Dios ha de traer a todo honbre a
juyzio por las cosas que fara, lo quai non podria ser sy el anima
non fuesse inmortal. De aquesta peruersa e danada opinion eran
los Saduceos, los quales, por que creyan que las animas non eran
inmortales, negauan la resurreçion, segun que se escriue en el acto
de los apostoles,en los veynte e quatro capilulos.
Otros philosophos fueron que se llamaron peripateticos, el cab-
dillo e maestro de los quales fue Aristoliles. El quai en su philo-
sophia natural nin moral non fablo cosa çerca de la inmorialidad
del anima abiertamente, caso que algunos doctores lo quieran
concluyr de algunos dichos suyos en los libros que compuso del
anima. Otros philosophos ouo que se lamaron Stoycos, el maestro e
el cabdillo de aquestos fue Platon. El quai, mas que otro philosopho
alguno, afirmo el anima ser inmortal, e las animas de los bucnos e
virtuosos auer galardon en el otro muudo, e las animas de los
malos auer pena. E para mostrar abiertamente aquesto introduze a
su maestro Socrates en aqueste libro que disputa con sus disei*
pulos. En persona del quai Socrates, Plato, por discurso e manera
de dialogo, prueua el anima del honbre ser inmortal por muchas
razones e prueuas assaz conjecturales.
E caso quenon llegue del todo a la verdad de nuestra fe, es mucho
de marauillar que honbre philosopho, sin fe, solamente atraydo
porlarazon e lunbre natural, viniesse en tan grant conocimiento.
Aquesto pu [fol .3] do ser que lo aya causado, por que, commo dize sant
II. PLATON 13
Geronimoen la epistola que se intitula a Pauline, la quai se pone
por prologo de la bliblia, Plato descendio en Egipto por verlos
libros de la ley e de los prophetas, los quales vido e pudo ser que
informado delà sacra escritura fue induzido a fablar del anima mas
verdadera e catholicamente que otro philosopho alguno. Algunos
dizen, la opinion de los quales introduze Macrobio, sobre el sueno
de Sçipion, que uno que se llamo Feres Panfilus, del quai fabla
Valerio en el libro primero en el titulo de los miraglos, el quai
dize que murio en una batalla, e que estouo muerlo diez dias
apa[r]tada el anima ciel cuerpo, que despues ressuçito e que reuelo
muchas cosas del otro mundo, en espeçial de la inmortalidad
de las animas, e que de aqueste honbre ressuçitado houo Plato el
fundamento e doctrina que en aqueste libro introduze. De aquesta
opinion fue Tulio, el quai, segun dize el dicho Macrobio, por
postrimera de todas sus obras e libros escriuio el dicho sueno
de Sçipion, donde introduze a Scipion el asyano [sic) e a otros
grandes e virtuosos honbres fingiendo que aparescieron despues
de la muerte e dixeron de los premios e galardones que las animas
de los virtuosos honbres han e tienen en el cielo e las penas que
los malos padecen. Aquesta opinion esso mesmo introduze Ver-
gilio en el sexto libro de los enoydos donde escriue quando Eneas
vino a los canpos elisios, que son los canpos de Parayso, e fallo
ende a Anchises su padre e a los olros mayores e antecessores
suyos. E de aquesta opinion fueron todos los philosophos que se
llamaron stoycos. La quai opinion es grand confirmacion de
nuestra[fol. 4] santa fe e confussionde losmalcreyentes: que sy el
dicho philosopho e Plato e todo los otros sequaces e discipulos
suyos, atraydos solamente por razon e lunbre natural, creyeron e
conoçieron que las animas eran inmortales e que muertos los
honbres avrian premio las animas de los buenos e gloria, e las
animas de los malos padeçerian penas crudas e sin fin, mas son
obligados a lo créer los que allende de la razon e lunbre natural son
informados de la ley que Dios dio e publico asy por Moysen e por
los otros santos prophetas como por los sermones e doctrina que
nuestro saluador Dios e honbre por sy mismo en persona preclico e
demost.ro con grand razon. Pues Leonardo de Areçio clocto e sabio
honbre en las letras griegas se trabajo a traduzir en nuestros
tienpos del griego en la lengualatina aqueste libro llamado Fedron.
Del quai, caso que santo Agostin e los otros santos doctores
fazian mençion del en grand reuerençia e actoridad, mas non se
fallaua traduzido en la lengua latina. E por un precioso don lo
remitio al papa Inoçençio septimo segun que el dize en su intro-
ducion.
14 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Muy docto c muy generoso seûor, a quien los negoçios non han
fuerça nin vigor de enbargar nin inpedir el oçio de mestro estudio,
por recreaçion de los trabajos corporales vuestros, me dispuse a
traduzir en nuestro vulgar castellano, aqueste libro de Platon 11a-
niado Fedron e lo remitir a la sabia discreçion vueslra, por que
allende de los catholieos aetores que auedes lcydo c leedes, leades
aqueste philosofo gentil. E vuestro spiritu generoso se anime e es-
fuerçe a conportar trabajos e peligros corporales en actos e exer-
çicios virtuosos. Por que el anima se delibre e desenbargue a
cntender en si mesma e entendiendo en si enten [fol. 5] dera en quien
lacrio e redimio e la ha desaluar. Verclades que la magestad de la
fabla que el dicho Plato touo en el griego non pienso que se pudo
guardar por Leonardo, en la dicha traducion que fizo, segund que
sant Geronimo dize en un prologo de labliblia escusandose que el
non podria traduzir la sacra escriptura de ebrayco en latin con
aquella magestad cle eloquençia edulçor de fablar que en el propio
lenguaje la Sacra escriptura ténia. E por consiguiente menos podre
yo guardar en aquesta mi inclocta rude traducion la élégante c cu-
riosa manera de fablar en la quai Leonardo el clicho libro traduxo
en la lengua latina, asy por la magestad del fablar de Platon e de
las ylustres sentençias suyas corarao porque non se sy muchas de
sus razones se pueden bien aplicar al nuestro vulgar castellano. E
caso que de muchos philosophos se diga que touieron ardua e sin-
gular manera en fablar, solamente de Plato, segund escriue Plu-
tarco, se dize que en su fabla non era menor que el dios Jupiter.
Ë bien se mostro en su nasçimiento quien auia de ser aqueste phi-
losopho Plato, que segund escriue Valerio en el libro primero en el
titulo cle las pronosticaçiones, que seyendo nino Plato estando en
la cuna las abejas vinieron a fazer panai de miel en su boca, de lo
quai toclos los sabios prenosticaron que aquel nino hauia de ser
muy suaue e clulce en su fabla. Asy mesmo se escriue en el
Policrato, en el libro primero en el capitulo dezisiete, que dur-
ïniendo Socrates en Academia vido en sueno que del ara del
tenplo cle Venus le ofreseian un çisne que su cuello llegaua al
çielo e con su rostro tocaua a las estrellas e que trasçendia el'mirar
de todo honbre e que cantaua tan du[l] cémente que a todo el
mundo ponia en plazer e en alegria. E dize que al syguiente dia
Ariston padre de Plato traxo e presento a Socrates a su fijo Plato
cle pequena hedad paraquele enseiïase e mostrasse las çiençias que
sabia. E dize que como Socrates vido al moço e acato su dis-
posiçion que dixo: ciertamente aqueste es el cisne que yo vi en
suefios que me ofrecian del ara del tenplo de Venus, de las quales
prenosticaciones se conjectura bien quien fue Plato en su fablar e
II. PLATON 15
cognosçese euidentemente por las sentençias suyas. Pues dexemos
ya de prolongar mas la fabla e entendamos eu la traduçion del
dicho libro de Platon llamado Fedron(l).
1. Ce prologue a été récemment inséré par D. Adolfo Bonilla y San
Martin dans les préliminaires dont il fait précéder sa traduction de
Ylon publiée à Madrid (1901), sous le pseudonyme de Afanto Ucalego.
Pour YAxiocus, traduit par le même Pedro Diaz de Toledo, voyez la
notice XLIX.
* III
THUCYDIDE
(Osuna: Plut.ILit. N, n°15 ; Rocam. n°19; Bibliot. Nat. Madrid, Ii-68).
1. Thucydide, Discours tirés de V Histoire de la guerre du
Péloponèse. 2. Guido de Colonna, Histoire de Troie
(extraits) . En aragonais.
Ce manuscrit comprend 194 feuillets de vélin plus 1 feuil-
let blanc au commencement et 2 à la fin, non folioté, écrit
à deux colonnes, réglé à 30 lignes, minuscule gothique de
la seconde motié du XIVe siècle. Format 420 x 300 mm.
Ce manuscrit est doré sur tranches. Le fol. 1 est orné d'un
demi-encadrement de style français. Le Thucydide n'a ni
titre, ni rubriques, chaque discours commence par une ca-
pitale de couleur. L' Ystoria Troyana porte un titre général
et un entête à chaque chapitre avec capitales ornées de
traits calligraphiques. La reliure en cuir sur plats de bois,
dos lisse, est ornée de fins dessins de style mudéjar; sur
les deux plats, aux quatre coins, on voit les heaumes du
Marquis de Santillane en cuir repoussé et au centre, sur
un écu, les armes dTnigo Lopez de Mendoza ; l'écu du
plat inférieur est vide. Au verso du feuillet de garde, on
lit en écriture du XVe siècle : Oraciones de Griegos e
Troyanos.
I. Fol. 1. Incipit : « Senyores la embaxada comesaa uoso-
tros(l) por los Athenienos no era ni es de responder ni con-
trastar a las présentes proposiciones plantas e querellas de
vuestras amistades mas por otras cosas... » etc. Fol. 69 v°.
Explicit:
« et los Athenienos por leuar de aquesti caymiento el
grant poder de nuestra ciudat son los honbres. Et no los
le Corrig. nosotroSt
III. THUCYDIDE 17
grandes muros desiertos nilos lenyos buytos. »Ces soixante-
neuf premiers feuillets contiennent une traduction arago-
naisedes discours de Y Histoire de la guerre du Pêloponèse
de Thucydide. Comme nous l'avons indiqué ci-dessus, ces
discours n'ont pas de rubriques. Les voici dans Tordre où
les donne le ms. Ii-68 qui d'ailleurs respecte Tordre de
Thistorien grec :
Livre I :
Chap. VIII : Discours des ambassadeurs d'Athènes au sénat
de Lacédémone.
IX : Discours du roi Archidamus aux Lacéclé-
moniens contre la guerre.
X : Discours d'Esténelcide qui décide la guerre
contre Athènes.
XIII : Discours et proposition des Corinthiens au
sénat de Lacédémone.
XVII: Discours de Périclès au sénat d'Athènes.
Livre II :
Chap. III : Discours d' Archidamus, roi de Sparte, aux La-
cédémoniens pour la guerre.
IV : Discours de Périclès aux Athéniens.
VII : Discours de Périclès en l'honneur des morts.
IX : Discours de Périclès au peuple d'Athènes.
XVI : Discours de Formion, capitaine des Athéniens.
Livre III :
Chap. II : Discours des gens de Mitylène.
V : Discours de Teutiaple d'Élée à ses compagnons.
VI : Discours de Cléon au sénat d'Athènes.
VII : Réponse de Diodote à Cléon.
IX : Défense des Platéens devant les juges de Lacé-
démone.
X : Discours des Thébains contre les Platéens.
Livre IV :
Chap. I : Discours de Démosthène aux Athéniens.
II : Discours des Lacédomoniens aux Athéniens
demandant la paix.
VIII : Discours d'Hermocrates de Syracuse aux Si-
ciliens.
XI : Discours de Brasidas aux Acanthiens.
2
18 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
XI : Discours de Pagondas aux Béotiens .
XII: Harangue d'Hippocrate aux Athéniens.
XVII : Discours de Brasidas aux troupes du Pélopo-
nèse.
Livre V :
Chap. II : Discours deBrasidasaux troupes du Péloponèse.
Livre VI :
Chap. III : Discours de Nicias devant le sénat et le peuple
d'Athènes.
IV : Discours d'Alcibiade aux Athéniens.
V: Discours de Nicias aux Athéniens.
VII : Discours d'Hermocrate au sénat de Syracuse.
VIII : Discours d'Athénagore aux Syracusains.
XII : Harangue de Nicias aux Athéniens.
XIII : Discours d'Hermocrate aux Syracusains.
XIV : Discours d'Hermocrate aux Camarinéens .
XV : Discours d'Euphémus, député d'Athènes, aux
Camarinéens.
XVI: Discours d'Alcibiade aux Lacédémoniens.
Livre VII :
Chap. XI : Discours de Nicias aux Athéniens.
XII : Discours de Gylippe aux Syracusains.
XIII : Discours de Nicias aux Athéniens .
II. Fol. 70 blanc. Fol. 71, capitale en or et couleurs, avec
répétition de l'encadrement du fol. 1. Rubrique :
Aqui comiencan las oraciones et arenguas de laystoria
troyana asi de consellos como de conueniencias et traita-
mientos hauidos entre los griegos et los Troyanos et otras
nactones que incidentalment tocaron a la dicha ystoria.
Rubrica.
Texte : « Siguese la primera oracion pora elitendimiento
de la quai vos deuedes presuponer que Jason fue fillo
de Heson el quai Heson seyendo agrauado... » Fol. 94,
col. B. Explicit : « por do milïor pueda seyer recomen-
dada a la memoria. Explicit Deo gracias. »
Cet extrait de la Historia troyana d'après Guydo de
Columna, que le traducteur appelle Hugo de Colupnis, est,
comme l'ouvrage antérieur, écrit en aragonais.
A première vue, on reconnaît dans ce manuscrit tous les
III. THUCYDIDE 19
caractères distinctifs des volumes exécutés par ordre et par les
soins de Juan Fernândez de Heredia grand maître de l'Ordre
de Saint- Jean-de- Jérusalem. Il est vrai que nous ne trou-
vons dans cet ouvrage ni les armes, ni le portrait dont le
grand maître aimait à orner les livres écrits sous ses auspices,
mais laphysionomie des manuscrits cTe cette provenance est si
particulière qu'on ne peut s'y tromper. D'ailleurs, l'ornemen-
tation du premier des deux ouvrages contenus dans le Ii-68 n'a
pas été finie, et c'est précisément dans l'espace compris entre
l'encadrement et le texte que les miniaturistes mettaient,
dans une grande capitale carrée, le portrait du grand maître.
Les encadrements, le vélin, le format, l'écriture (une mi-
nuscule gothique grande et droite), la réglure, les colonnes,
tous les signes extérieurs frappent par leur identité, lors-
qu'on compare le Ii-68 aux manuscrits de la fameuse Chro-
nique de Heredia. Les caractères internes sont tout aussi
significatifs. D'abord, la langue aragonaise commune à tous
les livres de Juan Fernândez, puis le contenu du manuscrit,
le choix des œuvres qui révèle, une fois de plus, la constante
préoccupation du grand maître de Saint-Jean-de-Jérusalem,
dont l'esprit, toujours tourné vers la Morée, tâchait, par tous
les moyens possibles, d'éveiller pour la Grèce l'intérêt de ses
contemporains et d'apprendre, le mieux qu'il pouvait, les
choses de ce pays. Il avait fait traduire les Vies de Plutarque
pour connaître la biographie des Grecs illustres, il fit tra-
duire Thucydide pour connaître les discours des grands capi-
taines et des grands orateurs dont il savait la vie. La manière
dont ce volume est composé prouve combien l'esprit de
Heredia était à la fois curieux et actif. Il n'avait pas le
temps de s'attarder aux longues lectures, et c'est sans doute
pourquoi il fit traduire, de Thucydide et àeY Histoire de Troie,
les discours qui résument les situations et contiennent la
substance de ces livres.
Ce manuscrit de Heredia est,, nous l'avons vu, relié avec les
heaumes et les armes clu Marquis de Santillane sur les plats.
Ceci nous prouve, et c'est important, que le Marquis a eu con-
naissance des travaux humanistiques exécutés sous tes aus-
pices du grand maître et qu'il apu acquérir des manuscrits de
cette provenance. En efEet, maintenant que nous avons trouvé
un manuscrit Heredia sous la reliure de Santillane, il n'y a
20 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
plus de raison pour douter que le Marquis n'ait possédé tous
les manuscrits du grand maître conservés dans la biblio-
thèque Osuna. Amador de los Rios (Obras del marqués de
Santillana, p. 609 ne s'est même pas douté de l'existence des
discours de Thucydide, et il ne mentionne pas les extraits de
l' Historia trogana en parlant des autres manuscrits de cet
ouvrage. Pourquoi Santillane a-t-il l'ait relier ce manuscrit
et non pas les autres de même provenance ? C'est que les
autres, comme nous le verrons plus loin, portaient des
signes de propriété qu'il eût été difficile de faire disparaître
sans abîmer le livre.
Comme le fait remarquer M. Morel-Fatio,dans la préface
de son édition de la Cronica de Morea (Orient latin,
1885;, les textes aragonais publiés sont encore peu nombreux,
c'est pourquoi nous donnons ici un extrait de chacun des
deux ouvrages contenus dans notre manuscrit. Comme
pour les Vies de Plutarque, la traduction a dû être faite sur
le grec directement, puisque ce n'est qu'en 1452 que Laurent
Valla remit au pape Nicolas V la première traduction la-
tine de Thucydide (Cf. Voigt, Widerbel. d. class. Alter-
thums, 3e édit., Berlin, 1893, t. II, p. 184).
Comme pour les Vies de Plutarque l'auteur de la version
de Thucydide a sans doute été le filosajb greco chiamato
Domitri Talodiqui, dont nous parlent tous les manuscrits
de la version italienne des Vies de Plutarque faite sur
l'aragonais. A quelle époque furent traduits ces discours
tirés de Thucydide? Nous ne pouvons le dire. Par une
lettre de Jean Ier d'Aragon au grand maître Juan Fer-
nândez de Heredia nous savons qu'en 1384 ce dernier avait
auprès de lui à Avignon un philosophe grec qui lui tradui-
sait ses livres. Voici les termes mêmes de la lettre royale :
Otrossi hauemos entendido que vos hauedes aqui un filosqffo
de Grecia qui vos translada libros degrech en nuestra len-
gua.M. Antonio Rubiô y Lluch(l) admet, sans hésitation, que
le filoso/Jb de Grecia, dont parle Jean Ier, est lefîlosctfo greco
des manuscrits italiens, à savoir Domitri Talodiqui, qui aurait
ainsi suivi le grand maître de l'Ordre de Saint- Jean-de-Jéru-
1. Homenaje à Menèndczy Pelayo, t. II. La Icngua y la cultura cata-
lanes en Grecia, p. 111.
III. THUCYDIDE 21
salem de Rhodes à Avignon. Cela est fort probable en effet,
mais les données dont nous disposons ne nous permettent
pas encore de rétablir absolument. Nous savons, grâce aux
rubriques des manuscrits du Plutarque italien (1), que ce
texte, traduit de grec ancien en grec moderne par Talodiqui,
fut retraduit de grec moderne en aragonais par unclominicain
resté anonyme, dont on nous dit seulement qu'il était versé
dans les sciences, instruit en langues et bon historien, et
qu'il fut évêquede Tudernopoli (on trouve aussi les formes
Ludernopoli ', Ludervopoli, Andrinopoli) (2).
Les discours tirés de Thucydide ont-ils aussi passé par
le grec moderne avant d'être traduits en aragonais ? Rubiô
y Lluch, se fondant sur les mots fie grech en nuestralengua
de la lettre de Jean Ior d'Aragon, croit que le traducteur grec
savait' l'aragonais. Il est certain qu'à l'époque où Talodiqui
fit en grec moderne, et à Rhodes, la version des Vies de Plu-
tarque, il ne savait pas l'aragonais. L'a-t-il appris par la
suite, et, s'il l'a appris, le sut-il jamais assez bien pour tra-
duire en cette langue des œuvres difficiles, et put-il jamais
se passer de Têvéque de Tudernopoli ou de tout autre colla-
borateur ?
Rubiô y Lluch, clans son article consacré à la lengua y la
cultura catalanas en Gracia en cl siglo XIV [Homenaje ci
Menêndes y Pelayo, t. II, p. 119), publie une lettre latine
1. Citons, pour donner un exemple de ces rubriques, celle du ma-
nuscrit 1568 de la Bibliot. Riccardi de Florence : ms. du XVe siècle,
fol. 4 :
Quicomincia la cronichadi Plutarcho, laquelle fue traslatata di
graniaticha gregha in uolgare r/reco in Rodi per uno filosafo greco
chiatnato Domitri Talodiqui, e di groco fu traslatata in aragonese
per uno frate predlchatore ueschouo di Tudernopoli. molto sofficiente
grecho e ckericho in diuerse iscienzie e grande istoriogrqfo c sperto in
diuerse long/tue, per eoniandamcnto del molto riuerente in Christo
padre esingniore messere frate Giouanni di Chetedra (sic) perla gracia
di Dio maestro e singniore dello ispedale di Santo Giouanni di Gie-
rusalem la, quale cronicha, etc. Cf. Morpurgo, Cal. des mms. de la
Bibliot. Riccardi, vol. I, fasc. 7, nns 1567 et 1568. Voyez aussi pour
ces rubriques Bandini, t. V, pour les mms. de la Laurentienne,
et celui qui provient de Santa-Croce et se conserve également à la Lau-
rentienne.
2. Quétif et Echard, Scriptores, t. II, p. 994,
22 BIBLIOTHÈQUE Dl MARQUIS DE S.WMLLAM.
écrite par le roi Jean Ier d'Aragon le 24 mars 1396, où il
exprime aux prieurs de l'Ordre de Saint-Jean on Aquitaine,
en Auvergne, à Toulouse cl à Saint-Gilles, son regret de la
mort du grand maître Juan Fernande/ de Heredia, et où il
les prie de lui faire tenir les livres que celui-ci possédait, à
savoir: les Vies de Plutarque, la Grant Crônica de Es-
pant/a, la Crônica de Morea et la Grant Crônica de los
conqueri dores.
Livre II, chapitre IX: Discours de Periclès au peuple d'Athènes.
(FoM9v°) Apleguados los AthenienosPericles se metioenmedio
et dixo : O Athenienos ya sabia yo antes que séria blasmado, por la
quai cosa vos he fecho apleguar aqui por recordar vos et encara re-
prender vos porque ni a mi blasmades justament ni soes paçientes
en la aduersidat car yo pienso que quando prospéra la çiudat mas
leugerament podrie ayudar a cascun de sus çiudadanos ; si es
aduersidat en que no podrie cada un çiudadano prosperando ayu-
dar a su çiudat quando veniese de toto en aduersidat ; si la cornu-
nidat prospéra et la çiudat viene a menos o alguno de sus çiuda-
danos no se désespéra seyendo ayudado de su tierra pues la çiudat
puede portar la aduersidat de cada uno et uno solo no puede sup-
portar la aduersidat de la çiudat porque es conuenible cosa que
sea ayudada de todos mas todos vosotros et cada uno seyendo
vencido de su proprio dolor aues abandonado vuestro comun sal-
uamiento. Et yo so represo porque vos conselle la empresa de
aquesta guerra et encara reprendes vuestras proprias personas
pues que todos fuestes en la congreguacion et consentimiento del
dicho (fol. 20) consello. Et agora blasmades a mi que si huuies
conoscido la inconueniençia la auria magnifestada a la congre-
guacion como aquel que amo el bien de mi tierra et no me cor-
rumpo por moneda porque qui sabe et siente el prouecho et no lo
dize a sus çiudadanos tanto vale como si no se auisas ni lo sopies
et qui lo siente et lo dize si no ama de buen coraçon su tierra bien
lo dira mas no como se deue dir et si por ventura lo dira como se
deue si es cobdicioso de moneda sus virtudes no valen ren la[s] quales
virtudes no vos deuen semblar que yo las aya et pues que fuestes
contentos del consello que vos di sobre aquesta guerra no me deues
agora inculpar ni blasmar. Porque grant follia vos série si entra -
sedes en esta guerra que neçessario no vos fues mas necessario
era que una de dos cosas se fizies que nos diusmetiesemos a la
senyoria de nuestros enemigos o por fuerça de batalla saliesemos
III. THUCYDIDE 23
fuerra de lur subiecion et senyoria. Aquel deue seyr inculpado et
represo que squiua la guerra mas no qui la mantiene. Et quanto
yo so de una opinion que no la esquiue ni la tire açagua. Mas
vosotros aues mudado consello et entençion porque no lo ymagi-
nastes quando no auiedes nenguna tribulaçion et agora que aues
ouido passion vos arepentides et dezides que mi consello no era
bueno no por otra cosa sino por la inconstançia de coraçon et pen-
samiento, mas el çaguero aduenimiento de prouecho eneara no es
magnifiesto a todos, afflaqueçiendo (fol. 20 v°) vos assi grandament
por poca cosa que no podes sofrir nenguna cosa segunt la animo-
sidat que mostrauades en el prinçipio et es verdat que el sfuerço
humilia todas las cosas que auienen subitament speçialment si es
cosa inrazonable como es stada aquesta pestilencia empero segunt
la grandeza et fuerça de nuestra çiudat la quai es grande et pode-
rosa et husada en los tiempos passados a prosperidades et a tribu-
lationes nos conuiene agora sofrir la aduersidat et las cosas graues
por tal que nuestra flaqueza no fagua perder la dignidat de nuestra
çiudat de que se nos sigue en luguar de antiguo honor nueuo
blasmo porque los honores egualment iudguan a blasmar un çiu-
dadano de una famosa çiudat que por su pusilaminidat se muestra
cohart etaquellos que se tienen no deuidament sino son de famosa
çiudat porque daqui auant cada uno deue dexar su propria tribu-
laçioYi et dolor et dar buena diligençia en nuestro comun salua-
miento. Et si vos dubdaes que la guerra sera tropluengua et no lo
podres durar ya vos he dicho que no lo pensaes bien porque vos
quiero dezir una cosa que iamas no la huystes la quai no dixe
alcomençamiento ni la diria agora porque sembla grant loor, sino
porque vos veo de todo smagnados et fuera de virtut : vosotros
ymaginades que no senyoreades otra cosa sino aquellosque auedes
en vuestra ligua et amistad, mas yo vos mostrare que de las cosas
que son mayores et mas neçessarias en esti mundo son assaber
(fol. 21) : el mar et la tierra, senyoreades la una de todo aquesta
es la mar porque no ya (sic) emperador ni ninguna otra gente que
sea sufiçient a resistir nuestra fuerça marina porque a conpara-
cion de asi grant poder no es res lo que pensaes auer perdido en
casas et en possessiones et mostraes que sodés defechos por aquesta
perdida assi que no fecha mençion de taies perduas deues auer en
memoria que si seredes diligentes a saluar la libertat de vuestra
çiudat reaquistaredes con honor lo que aues perdido. Et si vos dius-
metedes a otri con el vituperio que aduze la subiecçion perdres
eneara aquello que auedes pues no vos querades mostrar, en
aquestas dos cosas, menores de honor que vuestros parientes los
quales lo conquistaron con grant treballo de lurs personas en las
24 niBLIOTHKQUK DU MARQUIS DE SANTILLANE
neçessidades. Et saluandolo con grant diligencia lo dexaron avoso*
trospor heretage encara es mas desbonor a un honbre perder aquello
ha que si pierde lo que demanda viniendo a menos de su entençion
porque no nos deuemos mouer contra nuestros enemigos no sola
ment con sperança mas encara menospreçiandolos car algunas
veguadas el honbre temeroso toma sperança quan viene en alguna
prosperidat sin prouedimento aquel deue tnenospreçiar suenemigd
que es çierto que lo sobrepuya de seso el quai seso se dize que
régna mas en nos que en todos los otros pues seso et despreçio en-
semble dan audaçia segura et la sperança es incierta de prospérer ;
mas el seso (fol. 21 v°) no es inçierto porque no es sin prouedimiento.
Deues pues ayudar a la dignidat de vuestra çiudat no queriendo
fuyr al treballo en aquesta cosa, deues dar grant diligencia por tal
que en luguar de libertat no seades fechos sieruos et deues auer
cura de no perder la senyoria por la quai si la perdes seres des-
troydos de todo, et porque la aues conquistada tiranescament
pareçe injusta detenerla, mas dexarla es manifiesto periglo et
los que piensan el contrario nolo piensan bien, los quales con lur
(con lur) consello podrien liugerament feruenir(?) los enemigos et
combatir nuestra çiudat encara aquestos solos serien suffiçientes
a destroyrla si huuiessen cabo de senyoria pues no seades enguan-
yados de tal çiudadano ni querades auer mala voluntat contra mi
porque los enemigos han guastado lo que han podido segunt la
husança de la guerra porque no vos quisiestes subiuguar a lur
senyorya, vosotros me queres mal por razon de la guerra et de la
enfermedat a sinrazon porque la guerra comunament la consin-
tiestes, por la pestilencia de enfermedat porque assi como si vos
fues venida alguna prosperidat no auriedes pensado que ende fues
stado causa, tanpoco no deuedes echar la culpa de la enfermedat
sobre mi, masconuiene nos de neçessidat sofrir la disciplina de los
dioses con humildat et la fuerça de los enemigos vigorosament
car nuestra çiudat es husada a taies cosas de grant tiempoent'aqua
et por aquesto es famosa porque no se abandona ni se humilia
(fol. 22) a los contrarios aduenimientos de la quai remandra me-
moria perpétua encara que agora viniesse ha menos porque natu-
ralisent todas las cosas del mundo vienen a menos, encara diran
que habitamos la mas rica grant et famosa çiudat de la Elada. Et
yo se bien que a los que plaze beuir pacificament me reprehendran
de lo que yo digo, mas qui es diligente et animoso lo loam et si
dezides que somos mal queridos aquesto han todos aquellos que
aman senyorear, car sabet çiertament que qui no abandona la
dignidat por occasion de enuidia es bien consellado porque la
enuidia no dura, mucho mas la dignidat del honbre que ama honor
III. THUCYDIDE 25
tara et es perpétuai a todos tiempos. Pues considerando el honor
que auies après et de quanto deshonor seres f uera mostrando agora
vuestra prudencia et bondat, seyet magnanimosdeconquistar fama
et loor en el tiempo présent por al tiempo acluenidero et no queraes
enuiar embaxadores a los lacedemonyosni magnifestar les el dolor
de la passion sdeuenida sobre vos porque aquellos de los quales la
entencion no se vencedel dolor et son pacientes en las tribulaçiones
son fuertes a veriçer lurs enemigos.
Narracion fecha por Uliœes al Reij Idiuneo de los desàùentii-
rados casos esdeiœnidos a el despues que se auia partido de Troya.
(Fol. 90 vu) Verdat es senyor Rey que despues que Troya fue
presa de la quai prision sin falta yo fuy una grant partida yo me
meti en la mar con muchas naos mi as plenas et eargadas de mu-
chas riquezas e con grant copia de oro et de argent de lo de los
Troyanos et con grant corn pan va de mis familiares et seruidores.
Et primerament nauegando por muchos dias prosperament aplegue
a hun puerto que comunment es elamado Mima et alli (y) deualle
en tierra con los mios por recrear. A do yo stuue segurament por
algunos dias por como non trobe ninguno que fizies ningunt enoyo
a mi nin a los mios. Et après yo me parti del dicho puerto et
auiendo buen viento vine al puerto elamado Colbothofagos et alli
semblantment con los mios estuue algunos dias. Mas como los
mintirosos et enguanyosos vientos me mostraron buen viento et
pacifico, yo me parti del dicho puerto et quasi por très dias
siguientes yo nauegue prosperament, mas la hora subitament se
leuanto una tempestat de vientos et el ayre de sereno que era a so
hora et se torno escuro et me aturmento con grant mortaldat de
tempestat echando me agora aca agora alla nin sabia ado naue-
gaua nin a quai part yua. Et final ment a la eagueria aquella tem-
pestat me costrinyo por fuerca et contra mi voluntat de arribar en
Sicilia a do yo passe muchos traballos et enoyos. (Onde deuedes
saber que en Sicilia a do yo passe muchos treballos et enoyos).
Onde deuedes saber que en Sicilia eran dos hermanos Reyes de los
quales el uno era elamado Sorgon (sic) et el otro Cicople. Aquestos
dos reyes vinieron contra mi et vidiendo mis naos plenas de tantas
riquezas metieron las por fuerca a robo. Et quanto trobaron en
ellas todo lo sacaron et lo aduxieron con grant multitut de sus
caualleros armados et lo peyor fue que sobreuinieron dos fillos
suyos caualleros muyt strenuos et muyt batallosos de los quales el
2(\ BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
uno era clamado Alisanet ellotro Polifemus. Aquestofl corrieron en
mis caualleros et mataron ciento de ellos et prendieron a mi et ;i
Àlfenor uno de mis companyeros et metieron nos a entramos en
carcel en hun castillo. Et aquesti Polifemus auia una hermana
muyt bella et auiendo la visto Alfenor se eneendio en su amor. El
enlazado de su amor torno mucho sin seso. Et desta manera me
tuuo ei dicho Polifemus en Sicilia preso por VI meses. Empero
que despues me fizo grant prouecho et honrra. Mas Alfenor en
tanto metio su diligeneia cerea de su grant amor que de noche
el saco la hermana de Polifemus depoderio de un secretario de su
padre et la aduxo con sigo, la quai cosa venida a la noticia de los
suyos mucho se eontristaro. Por la quai cosa el dicho Polifemus
aquella noche una otra vegada tomo armas et con muyt grant
companya de caualleros corrio contra (fol. 191 v°) mi et contra los
mios. Et los suyos recobraron la hermana de Polifemus el quai
finalment corrio contra mi et yo resistiendo le por me deffender
quebre le un ollo et la hora con aquellos mis companyones que
auian escapado yo me reculli con aquellos mios en mis naues et me
parti con ellos aquella noche de Sicilia. Et après nauegando dere-
chament el viento por fuerca me lanco en la isla Eolides contra mi
voluntat. Et en aquesta isla auia dos mocas hermanas muyt bellas
las quales eran senyoras de la dicha isla et eran huuidas por muy
instruydas et ensenyadas en la art de la ingromancia (sic) et de
los encantamentes. Onde a qualesquier mareantes que la fortuna
echaua en aquella isla ellas los retenian et los trauauan tan fuerr-
ment non tan solament con muyt grant beldat como encara con
lurs magicos encantamentos que los que alli entrauan non auian
speranca mas de poderse partir de aquella isla et todos los otros
cuydados se oblidauan entanto que si algunos trobauauan (sic)
rebelles a sus mandamientos de continent los transformauan en
bestias. Pues que asi es la una délias esto es aquella que mas ado
trinadaeraenesta sçiençiaera clamada Circes et por otro nombre
encara Calipsa asi que en poderio de aquestas dos me aduxo la
fortuna, de las quales la una, esto es Circes se embriago en mi
amor et me dio sus beurages et con las celadas de sus encanta
(fol. 192) mentes asi locament me ligo que por hun anyo entrego
non huue poderio de partir me délia en el quai anyo ella se em-
prenyo de mi et concibio un fillo el quai despues que fue nascido
crecio e fue varon muyt batalloso. Mas yo meti cura et diligeneia
en mi proposito como me pudiesse partir, mas Circes fue por ende
mucho airada quando lo sintio et penso detenerme con sus artes
magicas, mas yo qui de aquella arte semblantment era bien adoc
trinado con contrarias obras yo destruy e anulle todos sus experi-
III. THUCYDIDE 27
mentos et desta mariera una arte es enganyada e trufada por otra
art cou contrarias operaciones et argumentes. Et en tanto valieron
effectualment mis artes que yo con mis conpanyeros que alli eran
me parti de Circe la quai era muyt triste. Mas que me aprouecho
aquella partida pues que era turbado el mar e el viento me écho
enlatierra de la Reyna Calipsa la quai con sus artes asi ligo a mi
et a los mios que mayor tiempo que yo non quisierame detuuo con-
sigo. Empero aquella tardanca no me fue muyt enoyosa por la
beldat de la dicha Reyna que era muyt marauellosa et por las
affecciones plazenteras que yo trobe en ella la quai muyt mucho
se esforco de complazer a mi et a los mios. Et a la cagueria por la
industria de mi seso yo fize que délia me parti saluo. Empero que
con muyt grant pena me parti et con treballo como seya verdat que
las mis artes apenas pudieron resistir contra las suyas. Et après
yo (fol. 192 v°) nauegando con mis conpanyeros vine a una otra
isla en la quai estaua un santo oratorio que por gracia diuinal daua
ciertas respuestas et verdaderas a los qui le demandauan. Onde
con grant studio yo demande muchas cosas a esti oratorio entre
las quales yo le demande affectuosament que se fazia de nuestras
aimas despues que eran exidas de nuestros cuerpos. Et de todas
las cosas que le demande huue del cierta respuesta, sacado del
periglo de las aimas que non pude auer del ninguna cierta res-
puesta. Et como un viento que creya que fuesse bono buffasse yo
me parti del dicho oratorio et aquel viento me costrinyo de pasar
por un lugar muyt pleno de periglos. Onde yo vine a aquel mar ado
andan las Serenas que son unas marauillas del mar. Et son estas
Serenas del ombligo arriba de forma de muller e han la cara de
virgen. Et del hombligo enta yuso han comun forma de pex. Et
aquestas son muchas et resueluen sus cantos con marauelloso son
en tan dulces melodias que tu te penssarias que sobrepuyassen a
los cantos celestiales en sones et concordancia de bozes entanto que
los misérables qui por alli nauegauan reguardando a ellas asi son
liguados etpresos de tanta dulcedumbre de sus cantos que deuallan
las vêlas de sus naos. Et dexan los remos leuantados en alto et
cessan de nauegar. Et por ende en tal manera aquel canto em-
briaga los coracones qui los misérables qui lo oyen todos (fol. 193)
los otros cuydados pierden e tanto les falaga et les recréa al oyr
la dulcedumbre délias que quasi del todo se oblidan a si mesmos
et nin demandan corner nin beuer et el coracon se les caye en un
sabor de suenyo por el quai del todo vienen a dormirse, a los quales
decontinent que las Serenas los sienten dormir trastornan et ane-
gan las naos que estan desamparadas de gouernadores et de remeros
en tal manera que los mareantes durmiendo en ellas son anegados
28 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
por aquel desauenturado periglo. Pues asi es yo cay en aquesta*
Serenas et por ta] que mis companyeros non se reboluiesen en
semblant error de suenyo comigo yo atape et cerre con mis artes
tan fuerment el oyr mio et de los mios que de lur eanto yo el mis
companyeros non oymos res. Et asi las vencimos et matamos
délias mas de milieu ta 1 manera que uos passamos saluos aquelios
lugares onde ellas estauan et i'neinos librados de lurs periglos. El
après nauegando un desauenturado caso nos metio entre aquel
periglo de la mar clamado Stila ado son las altas rocas el entre el
otroelamadoCaribdis ado los golfos delà agua tragan los nauîlios
et entramos por XV stadios en aquelios tragaderos periglos ado
mas delà meytat de mis naos fue sorbida por la quai cosa mis
companyeros que en ellas yuan tôdos perecieron en aquel periglo
et yo con la otra meytat de mis naos librado de aquel periglo vine
nauigando a prora ado trobe tiranva de fol. L93 v°) marauellosa
gent la quai corrio contra mi et contra los mios et la mayor part
dellos metio aguchillo dexados pocos delloset todos los bienes que
la hora auia comigo en las naos me tomaron et prendieron me a
mi et a los que romanieron de los mios et nos metieron en duras
carceres. Et a la çagueria por la voluntat de los dioses yo fue
librado et aquelios qui auian seydo encarcerados comigo et non
me restituyeron res de todas mis cosas. Por la quai cosa yo so
andado très anyos en muyt grant pobreza et so arribado a la çague-
ria en aquesta tierra fecho pobre et menguado segunt que veyes.
Pues agora te he contado todos los casos que me sdeuinieron
despues que me parti de Troya et porque so aducho en pobreza.
Et aqui fizo Ulixes fin a sus paraulas mas el rey Idumeo auiendo
grant compassion de la nobleza et industria de Ulixes en tanto
quanto estuuoen Creti grant honor le fizo et le dio habundantment
todas las cosas que le fizieron menester. Et despues quando Ulixes
se quiso partir de Creta el rey le dio dos naos bien fornidas de todas
las cosas necessarias con las quales el nauegasse a su regno et
encara le dio muchos dons et oro et argent que le abastasse entro a
que f uesse en su regno. A la fin fue muerto casualment por Thela-
gono su fillo al quai auia engendrado en Cirées segunt que larga-
ment lo mete la istoria. Onde aqui nos fazemos fin a la présent
obra non curando de contar las fortunas (fol. 194) et periglos et
perescimientos et varies casos que sdeuinieron a los otros Griegos
en la tornada de sus tieras despues que se partieron de Troya nin
final ment de sus muertes et cageros acabamientos. Mas si de todas
las cosas quisieres auer perfecta noticia leye a Dares et a Dites et
a Virgilio et a Omero et a Ouidio et a Cornelio et a Hugo de
Colupnis los quales quai mas quai menos agora concordantes
IIÎ. THUCYDIDE 29
agora discordantes se troban auer escripto las gestas delosGriegos
et de los Troyanos et las otras cosas que incidentalment tocaron
a la dicha istoria. Mas nos en la présent obra seguimos al dicho
Hugo de Colupnis por tal como aquesti examinadas todas las cosas
que de la guerra de los Troyanos et de los Griegos fueron escriptas
apuro aquellas que trobo mas conformes con la razon resecando
aquellas que trobo superfluas discordantes et sospechosas agora
fuessen dichas por fauor agora por hodio o por otra razon qual-
quier. Onde porque del nuestro proposito non es tractar aqui a pleno
la dicha istoria por tanto nos mandamos sacar los fundamentos et
puntos de la sustancia de ella afin que non tan solament el senti-
miento de las oraciones proposiciones et arengas en ella conte
nidas millor se ofrescan entendibles a los que las leyeren hoc
encara que qualquier pueda auer compendioso sumario de la dicha
istoria por do millor pueda seyer recomendada a la memoria.
Explicit Deo gracias.
IV
ARISTOTE
(Osuna : Plat. V. Lit. N, ne32; Rocam., n° 19; Bibiiot. Nat., Madrid, Ii-9.)
Aristote : 1. Morale à Nicomaque, version anonyme.
2. Éthique, livre VI du Trésor de Brunetto Latini.
En italien.
Manuscrit de 56 feuillets vélin, non folioté, écrit à deux
colonnes, réglé à 36 lignes, écriture de la fin du XIVe siècle.
Encadrements, lettres ornées, miniatures. Rubriques des
chapitres, mais pas en tête des livres. Format 310 X 215 mm.;
reliure de Binet avec les initiales du duc d'Osuna .
Fol. 1. Riche encadrement de type un peu archaïque, et
raide. Dans le bandeau inférieur une miniature, où Ton voit
Aristote dans une haute chaire lisant sa leçon aux élèves
assis devant lui sur des bancs. A gauche de cette miniature,
un écu d'armes portant d'or à cinq bouquets de fleurs
feuillées, au naturel.
I. — (( Incipit : Secondo che dice Aristotile ne loprincipio
de la metaphysica uecchia ciascuno huomo naturalemente
desidera dî sauere e d'intendere e questo desiderio e innato
al huomo da parte clelF anima ...»
Fol. 30. Explicit : « Et tucto questo fa Aristotile nel
primo libro de li elenci sicome determinando de lo silo-
gismo sofistico e de le fallacie e de le cautele. Et ne lo
secondo insegna di dissoluere le fallacie.
Finito libro referamus gratia christo. » — Fol. 31 et 32
blancs,
IV. ARISTOTE 31
II. — Fol. 33, encadré archaïquement, têtes, feuillages,
arabesques. La colonne A ouvre par une miniature sur
fond d'or représentant Aristote royalement vêtu, assis sur
une sorte de trône à lutrin, une main sur le livre qu'il
explique; devant lui quelques élèves appliqués.
Incipit : « Ongne arte e ongne doctrina e ongne opera-
çione e ongne electione pare adimandare alcuno bene.
Adunque bene dissero li filosofi chello bene sie quello lo
quale desiderano tutte le cose. . . »
Fol. 56v°B. Explicit: «El buono ponitore delà leggiesi e
quelli il quale sae le regole uniuersali le quali sono diter-
minate in questo libro e sannole congiungnere a le cose par-
ticulari le quali ucgnono altrui intra le mani percio che
bene ordinare le leggi sie mistieri ragionare experiença.
Explicit. Eticlia Aristotile finita est Deo gratia. »
Cette traduction de Y Éthique est une version du livre
VI du Trésor de Brunetto Latini due à messer Bono Giam-
boni. Elle a été imprimée à plusieurs reprises (cf. Zambrini,
Opère volg. a stampa, col. 37 et 38).
B
Osuna : Plut. V. Lit. N, n,J 21 ; Rocam., n° 22; Bibliot. Nat., Madrid Ii-19.
Aristote: 1. Éthique. 2. Économique. En castillan.
Manuscrit de 230 feuillets, plus 5 au commencement et
5 à la fin, ces feuillets sont couverts de notes étrangères au
texte; papier, réglé à 23 lignes, écriture du XVe siècle,
belles marges chargées de sommaires. Rubriques, place des
initiales en blanc. Format 390 X 218 mm. Reliure de par-
chemin. Au dos : Eticas de Aristoteles, en romance.
I. Fol. 1 : En el nombre de Dios amen en gros caractères
noirs et rouges. En marge, une note : Aqui comiença el
1° capitulo deste 1° libro de las eticas en el quai eljilosofo
muestra que en las cosas humanas es algun fin intento.
Incipit : « Toda arte, toda dotrina por semejante acto e
elecçion paresçen ser... »
Liv, I fol. 1-19; liv. II fol. 19-33 ; liv. III fol. 30-56;
32 BIBLIOTHÈQUE Mi MARQUIS DE SANTILLANE
liv. IV fol. 56-78; liv. V fol. 73-102; liv. VI fol. 102-118 v";
liv. Vil fol. ILS v°-144 v?; liv. VIII fol. 144-107; liv. IX
fol. 167-188; liv. X fol. 188 v°-212 v°.
Explicit : « E quâles son las leyes e costunbres que nsan.
E por tanto cliremos començando. »
II. Fol. 213 Sifjuesse el primero libro de la eaconomica
de Aristotiles et au-dessous en gros caractères noirs et
rouges : « La re familial; e la republica han entresi dife-
rencia non solamente en quantp es cjue lo uno... »
Explicit : « Ca estando por tal manera non sera neseessario
trabajar mucho por las buscar. ))
Fol. 221 v°: Sif/uesse cl segundo libro de la Eaconomica
capitulo primero.
Incipit : « La buena muger conuiene a ella senorear todas
las cosas que son. . . »
Explicit : fol. 230 v° « e a los fijos, e a los genitores.
Deo gracias — Morillo. » — A partir du fol. 38 v° et 39,
livre IX, il y a erreur du rubricateur dans l'indication des
chapitres, et la vraie numération est ajoutée à l'encre, en
marge ou à côté de la rubrique. A partir du chapitre 10,
livre IX, Tordre est rétabli.
Des cinq feuillets qui précèdent le texte, le premier, le
second et le recto du troisième sont occupés par des citations
de maximes d'Aristote en latin, avec renvois au livre et au
chapitre. Ex., premier feuillet: « Quatrogradosay de anima
el primero vegetatiuo e el segunclo sensytiuo secundum
locum motiuo el tercero sensytiuo secundum locum motum
progresyue, el quarto grado es intelectyuo, etc., etc. Suivent
des explications touchant ces « grades ».
Fol. 3. (( Difiniçion del libro arbitrio segund el Agustino
e otros catolicos doctores. . . Définition del genus e de la
espetie, » etc.
Fol. 4. Contient des indications généalogiques sur la
maison de la Vega et sur Dona Leonor, que nous copions, à
titre de curiosité, à la suite de cette notice. Puis les maximes
reprennent. Fol. 5. Définitions de traydor et d'aleuoso.
Conditions auxquelles doit se soumettre qui veut combattre
sur terre ou sur mer : la première est de promettre au roi
de tuer., blesser ou faire prisonnier celui qui portera Téten-
IV. ARISTOTE 33
dard de l'ennemi, « prometer an te el rey su sefior de matar, o
ferir, o prender », etc.
Les cinq feuillets de la fin sont couverts d'indications, ci-
tations, maximes et définitions en latin et en castillan.
Les feuillets 2 et 3 contiennent des tableaux qui, par une
combinaison de chiffres arabes et romains avec les lettres
qui forment le nom d'un malade, rendent possible de savoir
s'il guérira ou non. Et ces recettes permettent aussi de
dire si une femme enceinte donnera le jour à une fille ou à
un garçon. Fol. 3 v° et fol. 4, les citations, maximes, etc.,
reprennent.
Généalogie de la Maison de la Vega
Dos hermanos del Rey de Francia que al uno llamauan Micer
Ruys e al otro Johan Ruys obieron guerra con el dicho Rey su
hermano sobre ciertos sefiorios que les queria tomar e tomo y no
podiendo sufryr el grand poder del Rey su hermano tomaron
ciertas naos e vinieronse a Castilla y aportaron a Asturias de
Obiedo e desenbarcaron en un puerto que se llama Lastres ;
traxeron grandes riqueças de dineros e joyas. Micer Ruys se fue
al Rey de Castilla; el otro Johan Ruys se quedo alli en Asturias
de Obiedo. Et el Rey de Castilla al micer Ruys fiso muy buen
recebimiento biendo de la sangre que era e le fasia muchas
honrras e mercedes e fisole merced de aquel puerto de Lastres
que es buen puerto de mar e de muchas tercias de iglesias e
heredades en aquel principado de Asturias de Obiedo. Este micer
Ruys non bino sino très anos despues que a Castilla bino el otro
Johan Ruys que quedo en Asturias de Obiedo como abemos dicho.
Despues de la muerte de su hermano ouo muchas questiones et
leuantaronse contra el los de Quiros y Baldes e de Miranda que a
la sahon eran poderosos en aquella tierra y el viendose syn
hermano y syn fijos binose a la vega y alli començo a hacer aquel
solar y al de Çaballos que estaua cerca ally de la bega pesole
con el y ouo (entrellos) muchas questiones entre ellos y al fin por
haser las pases ouo de casar con una fija del de Çaballos y ouo
en ella un hijo que llamaron Garcilaso y este nonbre le pusieron
por que un dia beniendo de correr monte benia muy cansado e
dixole su abuelo el de Çaballos: o como bénis laso. Este Garcilaso
casocon una hija de don Gutierre de Escalante que era mayordomo
mayor del Rey de Castilla y mandaua este don Gutierre de
Escalante toda la costa de la mar. Este Garcilaso fue muy noble
cauallero y muy rico e este fiso e acabo todo lo que agora esta
3
3.4 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANK
fecho en la casa de la Bega e fiso el castillo de Lientres e el
caàtillo de Comillas e la muger deste se llamaua dona Teresa
de Escalante. Et este Garcilaso obo en esta dona Teresa ritro
Garcilaso que caso con [una] fija del senor de Ayala e ouo en
ella dos fijos e al uno desian Garcilaso e al otro Gonçalo Ruys.
Este Garcilaso l'ue el que mato al de la Morcuera en la piHMjte de
Baldestillas. Este caso con dona Mencia de Cisneros e ouo en ella
a otro Garcilaso que mataron en Burgos e a dona Leonor de la Bega
su hôrmana que caso con el almirante don Diego Furtado de Men-
doça el quai dicho almirante ouo en ella estos fijos : el marque^ don
Yfiigo Lopes de Mendoça e Gonçalo Ruys de la Bega e a dona
Aldonça madré del conde de Castaiïedaedel conde de Osorno. Âqui
no facemos cabdal syno de los primogenitos que eredaron el solar
de la casa de la Bega. Gonçalo Uuys de la Bega el que pasô el estado
de sese(l) syn generacion. Et los heredamientos que estos senores
de la casa de la Bega tenian en Asturias de Obiedo diolos el
marques don Ynigo Lopes a Johan de Caso e de aquella herencia
non le quedo syno a Santa Maria de Yerno que esta cabo Cortes
y esta quedo de aquella herencia.
Dona Leonor de la Bega caso dos beses : la primera con don Juan
fijo del conde don Tello hermano del Rey don Enrrique que tomo
el Reino al Rey don Pedro el quai don Juan ouo una fija en ella
que se llamo dona Aldonça la quai caso con don Garcia Ferrandes
conde de Castaneda padre del conde de Castaneda don Juan Manr-
rique y del conde de Osorno don Gabriel Manrrique comendador
mayor de Castilla; segunda bes caso con el almirante don Diego
Furtado de Mendoça el quai ouo en ella a don Ynigo Lopes de
Mendoca marques de Santillana conde del Real e a Gonçalo Ruys
de la Bega e a dona Eluira Laso muger que fue de don Gomes
Suares de Figueroa fijo del marques de Santiago don Lorenço
Suares de Figueroa e otra fija que caso con Aluaro Carrillo padre
de Gomes Carrillo senor de Torralua e Beteta.
C
(Osuna: Plut. V.Lit.N. n°33; Rocam, n° 21 ; Bibliot. Nat. Madrid 11-14
1. Ahistote, De animalibus. En castillan. — 2. Sex.
Julius Frontinus, Strategematon. En aragonais.
, Manuscrit de 142 feuillets, plus 5 feuillets blancs au
comrriencement et 1 à la fin, papier, folioté jusqu'au
feuillet 93, où finit le premier traité; l'écriture des deux
1. Corrig. diceseff)
IV. ARISTOTE 35
ouvrages est du XVe siècle et de deux mains. Premier
traité presque sans marges, ni rubriques, ni capitales.
Second traité, marges bien marquées, rubriques et initiales
absentes, mais leur place est restée en blanc.
Format 285 X 210 mm. Reliure de parchemin.
I. — Fol. 1, titre en noir: « En nombre de Bios aqui co-
)) miença el primero libro de Aristotiles intitulado el libro
» de Animalibus en el quai se cuenta la qualidad del
)) engendrar de todas las animalias e la qualidad de las
)) que délias se engendran sin ayuntamiento de macho con
)) fenbra especialmente tractai ido de los mienbros délias
» intrinsicose extrinsicos e abreuiacion de las obras délias e
» de sus 1 échos e de sus prouechos e danos e como se caçan
» een que logares estan e quando se mueuen de logar a
» logar asi por el estio como por el inuierrno e de que biue
)) cadauna de las animalias asi montesinas como las vola-
» tiles e las que naclan asi como los peçes de la mar e de
)) las otras animalias que en la mar otrosi biuen de
)) aquellas cosas que nadan. » au-dessous : « aqui comiença
)) el libro primero : Algunas partes de los cuerpos de las
)) animalias.. . »
Livres: I, fol. 1-5 v°; II, fol. 5 v°-10 v°; III, fol. 11-18 v°;
IV, fol. 18 v°-26; V, 26-28 v°; VI, fol. 28 v°-31; VII, fol.
31 v°-38 v°; VIII, fol: 38 v°-46; IX, fol. 46-51 ;X, fol. 51-54 v°
XI, fol. 54 v°-59; XII, fol. 59-62 v°; XIII, fol. 62 v°-71;
XIV, fol. 71-80; XV, 81 v<-85; XVI, fol. 85-89; XVII,
fol. 89-91 v°; XVIII, 91 v°-92; XIX, 92 v°-93.
Explicit : « por causa del principio mouedor. Aqui
se acaba el libro decimo nono de animalibus de Aristotiles e
por consiguiente todo et libro, laus et gloria Ihû amen. »
Fol. 93 v°, 94, 95, 96, blancs.
II. — Au fol . 97 commence sans titre le traité de Frontin.
Prologue « [G]omo a componer sciençia de arte de caua-
lleria uno del nombre... »
Fol. 97 v° Texte: « [M]archo Porcio Catho pensando que
las ciudades de Spanya ...»
Ce traité finit au fol. 142 v° sans explicit, mais il est
complet.
Derniers mots : « e por batalla de mar e de tierra, fueron
vencidos. »
36 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Cet opuscule sans nom d'auteur est « El arte de caua-
lleria » de Frontin. Dans le petit prologue il est parlé de
la division du traité en trois livres (Cf. la notice XX;.
La traduction du De animalibus n'est pas mentionnée dans
les répertoires bibliographiques que nous avons consultés,
c'est pourquoi nous en donnons ci-dessous un fragment :
Aristotiles : De animalibus.
Capitula terrera de la disposition de los mienbros defuera de
pères e eulebras. (Fol. 8 v°.)
Nenguna espeçia de peçes tiene cuello, nin verga, nin genitiuos
del todo, nin tetas. El golhyn engendra animal e por esto ha tetas
mas non ençima mas çerca (fol. 9) de las junturas e non tiene
peçones maniflestos mas tiene dos cosas profundas semejantes a
canales e de alli sale la lèche e por aquellas da lèche al fijo e esto
vieron nluchos. Las espeçias cle los -peçes nenguna es que tenga
tetas segun ante diximos nin vias de coytu manifiestas e tienen
orejas en la cabeça por las quales atraben el agua e despues la
echan, e algunas maneras de peçes tienen quatro alas solamente
segun el peçe luengo e segun rrenrrelir (?) e algunos tienen dos
solamente cerca de las agullas e un peçe luengo non ha alas del
todo o agullas ; las agullas de los peçes se diuersifican por que
algunos tienen cobertura e algunos non. E qualquier que ha cober-
tura ha agullas. E larana marina tiene agallas déclinantes a una
parte e tiene cobertura e son asperas semejantes a espinas. E
en la generaçion de los peces e de los otros animales ay diuer-
sidad. Ca los peçes non han pelos segun otras animalias que
engendran animalias nin (otras engendrantes animalias) han
scamas segun las escamas de las animalias de quatro piess que
ponen hueuos ni plumas segun que las aues ; mas muchos peçes
son que se descortesan e algunos son de aspero cuero. Todas las
maneras de los peçes han dientes agudos diuersos de muchas
ordenes. E algunos peçes han dientes sobre la lengua e es dura e
aspera semejante ha espina e esaplicada a la bocaasi queninguno
piensa que es lengua. E algunas animalias son de grande boca
fendida asi como algunas animalias de quatro pies que engendran
animalias e non han instrumentos maniiiestos de sentido saluo los
ojos canon han orejas ni narises mas tienen la via del oyr e del oler
solamente e non tienen palpebras pelosas ca las palpebras dellos
son duras o de duro cuero. E son algunas maneras de peçes que
tienen sangre e algunos ponen hueuos e algunos engendran ani-
males, etc., etc.
POLYBE
(Osuna : Plut. V. Lit. N., n° 44; Rocam., n° 177 Bibliot. Nat.
Madrid, Ii-168)
Polybe, traduit en italien par Pietro Candido Decembri.
Manuscrit de 88 feuillets, fin vélin, écriture ronde du
XVe siècle. Ce texte était folioté, mais la rognure a fait
disparaître presque tous les chiffres. Réglé à 26 lignes, ru-
briques, lettrines ornées. Grande et belle initiale ouvrant la
dédicace.
Format 263 x 192 mm. Reliure de parchemin.
Fol.l. Rubrique : Incominciael prologo sopra li comen-
tarii di PoUbio autore greço, de la prima guerra ira II
romani e cartaginesi hauuta, in uulgare traducta al près-
tantissimo et optimo Jacoho da Biate, ducale camerario
per P. Candido Jelt cémente. Suit la table. Le prologue et la
table occupent 7 feuillets.
Fol. 9, texte. Incipit: « La prima guerra d'Affricache dal
populo di Roma cum grande instantia contra... » etc.
Fol. 36 v° finit le livre I; livre II, du fol. 37 au fol. 60;
livre III, du fol. 60 au fol. 88. Explicit: «. .. quasi detutala
regione excepti pochi lochi fureno astrecti a partirse. »
A l'intérieur du plat supérieur de la reliure on lit une
rubrique du même caractère que les autres et de la même
main : Iste liber est Polibius autor Grecus et est mei
Domini Ynici de Daualos.
Inigo D'Avalos est un des grands seigneurs aragonais
qui s'en furent en Italie avec le roi Alphonse d'Aragon. Ce
volume a-t-il fait de bonne heure partie de la bibliothèque
38 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTIbLANE
de G-uadalajara? Nous ne pouvons le dire, mais nous ne
l'avons pas écarté, parce qu'il contient un ouvrage traduit
par Pietro Candido et que les relations très suivies cTIfligo
Lopez de Mendoza avec cet humaniste et avec Angelo,
son frère, ne permettent guère de douter qu'il ait connu la
version dont nous parlons ici.
VI
EUSEBE
(Osuna: Plut. IV. Lit. N, n° 31; Bibliot. Nat. Madrid, Ii-106).
Eusèbe, De praeparatione euangelica, traduit du grec en
latin par Georges de Trébizonde, pour le pape Ni-
colas V.
Manuscrit de 176 feuillets, papier, 1 feuillet de garde,
non folioté et sans signatures. Réglé à 30 lignes, écriture
du XVe siècle. Espaces en blanc pour les initiales. Ms. ru-
brique portant en titre courant le numéro des livres. Format
283x214 mm. Reliure de parchemin. Au dos : Pamphilus
Eusebio en latin, de mano : de Euangelica preparatione.
Feuillet de garde écriture du XVIIe siècle. Traduçidn
de Usebio.
Fol. 1. Rubrique: Ad sanctissimurn papam Nicolaum
quintum Georgii Trapesuntii in traductione Eusebii prae-
fatio.
« [E] usebium Panphili de euangelica preparatione latinum
ex graeco beatissime Pater jussu tuo effeci. . . »
Cems. contient les quatorze livres d'Eusèbe. Au fol. 176,
le texte finit par «posse comprehendi docentes magno uisu
omnium explosi sunt. Finis quartidecimi. Gundisaluus de
Trugillo scripsit ».
Cette traduction, fort mauvaise, dont Bessarion et Perotti
firent observer au pape lès lacunes et les imperfections, .fut,
à la demande de Nicolas V, corrigée par un certain Andréa
Contarini. Elle a été plusieurs fois imprimée (Cf. Voigt,
40 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Die Wiederbel. d. class. Alterthums, 3e éd., Berlin, 1893,
t. II, p. 140).
*B
(Osuna: Plut. III. Lit. N, n°12; Rocam., n° 113; Bibliot. Nat.
Madrid, KK-22)
Eusèbe, Chronique universelle, traduite du latin de Saint-
Jérôme par Alonso de Madrigal, dit el Tostado, pour
Inigo Lopez de Mendoza, marquis de Santillane. En cas-
tillan.
Manuscrit de 75 feuillets, 1 feuillet blanc au commen-
cement, papier, non folioté, à deux colonnes, écriture du
XVe siècle. Capitales et rubriques, Format 400x285 mm.
Reliure de parchemin.
Fol. 1. Rubrique : Aqui cotniença la interpretaeion o
traslacion del libro de las cronicas o tienpos de Eusebio
Cesariensse de latin en fabla castellana con su comiento
o exposicion de las cosas eseuras la quai por si es enfin
de la traslation. Este es prologo del autor que lo inter-
prète et comento et dize de la dificultad et de la condicion
de la obra. Ce prologue, les préliminaires du traducteur, le
prologue de saint Jérôme et un avertissement de Prosper
occupent les deux premiers feuillets et une partie du troi-
sième. Le prologue d'Eusèbe suit celui de saint Jérôme, il
commence au fol. 2 et finit au fol. 3 B.
Fol. 3 B. : Aqui comiença el libro de Eusebio et contiene
desde la création del mundofasta acabar el diluuio. Capi-
tulo sexto.
Fol. 5 commencent les tables chronologiques qui occupent
tout le reste du manuscrit.
Fol. 75 v°: Cronica de Eusebio et de Jheronimo con las
aditiones de Prospero se acaba. Deo gratias.
Texte; Prologue d'Eusèbe: Incipit: « Moysen de lagente
de losiudios.'.. »
Fol. 3 B. Explicit : « las quales todas en sus logares con
muy grande breuedad pornemos. »
Fol. 3. Incipit: « Comiençan los tienpos de todo el siglo et
todos los reyes... »
VI. EUSÈBE 41
Fol. 75 v°. Explicit: « Valentiniano VI et Nono consules.
Ce volume porte au dos : Quarta Parte de Eusebio Cesa-
riense Cronica, de mano. Cette tomaison est erronée, comme
nous le verrons en décrivant les volumes du commentaire.
Nous avons copié la dédicace du Tostado au Marquis,
parce qu'elle est intéressante pour nous, la voici:
Fol. 1. Prologo.
Rubrique : Aqui comienea la interpretacion o traslacion del
libro de las cronicas o tiempos de Eusebio ccsariensse de latin en
fabla castellana con su comenio o exposicion de las cosas escuras
la quai por si es enfin de la traslacion. Este es prologo del autor
que lo interpreto et comento et dize de la dificultad et de la con-
dicion de la obra. Capitulo primero.
Aunque mas sean las ocupationes que las fuerças et mas los
cuidados que el ingenio etsegun la condicion de mi estado et vida
sea a mi muy mas ligero faltar el tienpo que los necessarios et or-
dinarios trabajos, o muy magnifico senor don Ynigo Lopez de
Mendoça, dignissimo marques de Santillana et conde del Real de
Mançanares, non puse por excusa, los suso dichos verdaderos
inpedimentos, aunque mas que razonables et peremptorios podian
seer dichos ciertamente, para non recebir la carga que vuestra
senoria me mucho encomendaua cerca de la interpretacion o
translacion de la lengua latina en la comun del libro de Eusebio
cesariensse llamado de las cronicas o mas abiertamente de los
tiempos, mas con muy prompta voluntad et deseo de seruir la
acepte. Aunque sin los relatados inpedimentos o estorias la na-
tural condition del libro podia asaz et mucho tubar la deseada por
mi exécution de obediencia. ca lo que al glorioso varon Jeronimo
por el quai de griego fue trasladada en latin la mencionada obra
de Eusebio commo en el prologo se cuenta fue dificile, a mi es corarao
inposibile commo esa misma o mayor dificultad sea tornar de latin
en fabla castellana que de griego en latin. Et la primera causa de
la mayor dificultad es por que la lengua griega et latina son
abastadas de palabras significantes para exprimir et declarar los
conçibimientos et esto ansien los nombres principales que llaman
primitiuos commo en los que vienen por formation o deriuation
lo quai non reçibe lengua alguna vulgar por non seer los vocablos
subjectos a alguna arte commo en el latin et griego son subjectos
a las reglas de la arte gramatical.
La segunda causa es ca aunque en el vulgar et en el latin o
griego sea egual muchedumbre de nombres muchas mas cosas et
conçibimientos se pueden significar por la lengua latina o griega
42 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
que por la vulgar et la razon es porque las dos lengnas dichas
estai! en çiérta arte dé fablàcon muchas figuras et modos por los
quàlés se multiplioa la signiflcàcion ansi en la oracion commo en
la diction sinple o sola lo quai en la vulgar lengua non se faze o
es muy menos et esto todo a los cognoscientos la condition de la
lengua latina es manifiesto.
Por lo quai toda translation de latin en vulgar para se fazer pura
et perfectamente es dificile si se faze por manera de interpretacion
que es palabra por palabra et non por manera de glosa la quai
es absuelta et libre de muchas grauedades et en la présente trans-
lation es mucho mayor dificultad que en las comunes por las
especiales causas de dificultad las quales se fallan en cada una de
las partes de esta obra et non fue necessario nin complidero al
présente de las declarar.
Enpero pospuestas todas grauedades someti mi coraçon a
aceptar esta carga aunque a mi muy graue et a la poner en possible
exécution : lo primero por contenplation de vuestro mandamiento
el quai cerca de mi es de mucha reuerençia, lo segundo por la
condiçion de la obra ca verdaderamente digna era de publicacion
et comunicacion la tan excelente cosa, la quai non solamente es
ystoria mas es llaue et glosa et perfection ingeniosamente buscada
de todas las ystorias, tal que a los entendidos abasta et a los
curiosos ella sola contenta, a la quai non ay otra obra egual en este
image de ystorias mas seer régla artificio et conplimiento breue
de todas. Et a mi parecio conueniente seer que entre todos los otros
mis trabajos que de algun prouecho o memoria pueden seer fuesse
este uno en renouar et alumbrar los ingenios de los a todo el
mundo famosos varones Eusebio et Jeronimo. Et bien parecio la
alteza del ingenio de vuestra senoria en desear et acatar sobre
la tal obra a todo el mundo por la su dificultad quasi ya oluidada
et desusada ca esto non podiera seer si la alteza del ingenio non
concordara con la biueza delà obra. Ca, commo el grande Aristo-
tiles quiere en las ethicas, quai es cada uno tal pienssa, dize et faze
et non es possible auer conplazimiento o amistança, commo plaze
al mençionado Aristotiles, sin auer semejança agora sea natural,
agora por actos causada. Et ya, dando fin a esto, declarare mas mi
entention.
Rubrique : De la condiçion ciel processo que tiene el
interpretador et de la condiçion de la obra principal et del
autor. Capitula segundo.
Après ce chapitre, où Fauteur traite de la différence qu'il
y a entre traduction mot à mot, glose et commentaire, on
VI. EUSÈBE 43
trouve, au verso du fol. 1, un petit chapitre qui précède le
prologue de saint Jérôme sur Eusèbe.
Rubrique: Requerimiento que jizo Prospère* a todos los
que escriuiessen este libro. Capitulo tercero : Conjura o
requiero a ti qualquter que estos libros escriuieres por
nuestro sehor Jhu Cristo et por Ici su gloriosa venida en la
quai verna ajudgar los viuos et los muertos que conciertes
lo que escriuieres con el libro por onde escriuieres et lo
emiendes con grande diligentia eso mismo te conjuro que
escriuas este linage de conjuration en qualquter libro de
estos que escriuieres.
(Osuna: Plut. III. Lit. N, n° 8; Rocam., n° 113; Bibliot. Nat.
Madrid. KK-19)
Eusèbe, Chronique universelle, commentaire fait par
Alfonso de Madrigal, dit el Tostado. En castillan.
Manuscrit de 202 feuillets, plus 2 feuillets blancs au com-
mencement, papier, non folioté, à deux colonnes, compte en
moyenne 54 lignes par colonne, écriture du XVe siècle. Capi-
tales et rubriques. Format 400X285 mm. Reliure de par-
chemin.
Fol. 1. Rubrique: Comiença el comento o exposicion de
Eusebio de las cronicas o tienpos interpretado en vulgar.
Capitulo primero del prologo en el quai se pone la enten-
cion del autor .
(( Comiença el comento : Proposito mio fue en el comienço
del trabajoen esta interpretaçion de Eusebio. »
Fol. 202 v° B.: « de estas cuentas de interprètes e de la
letra hebrayea diremos abaxo. »
Rubrique : Aqui se acaba la primera parte del comiento
de Eusebio. Au-dessous la seconde partie commence tout de
suite jusqu'au bas de la colonne, mais ce fragment est sans
importance, puisqu'il est répété en tête du second volume
du commentaire.
Au dos : 1* parte del comento de Usebio.
Noub avons copié ci-dessous le prologue du commentaire
44 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLAM.
d'Eusèbe où Alonso de Madrigal déclare ses intentions et
nous y avons ajouté les remarques que nous a suggérées la
comparaison du manuscrit du Tostado sobre Eusebio avec
l'ouvrage imprimé (1).
Comiença el comento o exposition de Eusebio de las cronicas o
tiempos interpretado en vulgar. Capitulo primero del prologo en
el quai se ponê la entencion del autor. Comiença el comento :
Proposito mio fue en el comienço del trabajo en esta interpreta-
çion de Eusebio escripuir algunos comentos o breues glosas por las
quales algunas de las cosas obscuras o menos entendidas mas
abierto podiesen ser conoçidas. A lo quai ansi el mandamiento suso
puesto commo la razon inclinaua seyendo la obra de tal condicion
que agora por breuedad de palabra agora por diuersidad de cosas
algunas obscuridades nesçessario ouiese de contener. Xin fue mi
entinçion proseguir en este vulgar comento toda la exposiçion que
las cosas por Eusebio tocadas rreçebir podrian.Ca esto séria rrelatar
por menudo las ystorias de todas las gentes commo Eusebio las
suçessiones de todos los famosos rreynos fasta su tienpo aya es-
cripto. Ca esto nin se podria acabar nin séria prouechosa obra
rrelatar lo que todos los otros ya dicho ouiessen, mas tanto pensse
ser aqui prouechoso dezir quanto abastase para poder conprehender
la entencion de la letra de Eusebio. Otrosi non cuyde aqui escriuir
todas las declaraçiones et doctrinas que en los comentos por mi
fechos en palabra latina sobre el testo de Eusebio latino largamente
prosegui commo el estilo vulgar non rreçiba muchas cosas las
quales la palabra latina non solamente sufre mas aun por necesudad
demanda mayormente que al que ploguiere mas largo et curioso las
declaraçiones de las dichas cosas veer podra los mentionados co-
mentos latinos leer. Nin por esto pensse o este comento ser dema-
1. El Tostado sobre Eusebio minerai de letras dicinas y humanas
en la Historia General de todos los tiempos y reynos ciel mundo segun
los eomentarios del ilustrissimo y vénérable doctor lus de la Iylesia,
y de la Christiandad, Don Alonso Tostado obispo que fue de Arila
sobre los libros de Historias y Chronologias que dexo eseritos el
grande Eusebio obispo de Cesarea en Palestina recopilados, redueidos
y compuestos al modo y estilo dcstos tiempos, con sus Adieiones y
Glosas à la margen para el usa de los Predicadores y eon très tablas
huevamente anadidas por el rrïîo Padre Maestro Fray Joseph deAlmo-
nazid del Orden de S. Bernardô, etc., etc., etc. 2 vol. in-fol. Madrid,
Melchor Sanchez, 1677-79. — Il existe du commentaire du Tostado une
édition complète en 6 vol. in-fol. imprimée par Haris (iysser de Sil
genstat, à Salamanqûe, 1506-1507. (Cf. N. Antonio, BibL Vêtus, t. II,
liv. X. chap. VII. )
VI. EUSÈBE 45
siado o el latino ser mas de rrazon largo. Ca aquel contiene todo
lo que al estilo latino pareçio seer conueniente contener et este
tiene lo que a la vulgar interprétation abasta quanto mas por estos
diuerssos comentos seer fechos para diuerssos estados et condiçiones
de perssonas. Mas aun nin por esto créa el que touiere el latino
comento seer demasiado este vulgar. Ca este non es interprétation
de aquel nin parte suya mas cosa por si fabricada teniente otros
algunos conçebimientos o doctrinas que aun a los conoçientes la
palabra latina et usados por el latino comento puede este asaz seer
prouechoso ansy commo otra apartada exposition. Et porque cada
una cosa sea mas prestamente fallada sera esta obra de comento
partida por capitulos non solamente tantos quantos en el testo son
mas aun por mas menuda diuision porque los capitulos non ayan
de ser muy largos et commo suso diximos faxemos sus virgulas et
truncationes de vermellon ansi en el texto commo enel comento (1)
sobre aquellas partes sobre las quales la glosa començaze porque
sea presto a cada uno saber cada parte del testo quai glosa le res-
ponde. Et esto abaste por breue prologo de este comento etluego
començare a exponer el primero prologo del libro el quai es de
Prospero.
Voir dans le tome I du Tostado sobi^e Eusebio le : Pro-
logo del ilustrissimo Doctor Don Alonso Tostado) en el
comento qui hizo à la Historia General de Eusebio Cesa-
riense : En el quai se pone la intencion del autor.
Ce prologue est identique à celui du ms. KK-19 copié
ci-dessus, la forme en a été un peu, très peu, abrégée ou
modernisée, le sens est strictement le même.
A côté de la phrase : « Tampoco lie cuidado de escrivir
aqui todas las cleclaraciones, y doctrinas, que en mis Co-
mentos Latinos se hallaran, pues al curioso que gustare ver
las dichas declaraciones mas por extenso, y dilatadas, las
hallara en los Comentos citados, » il y a en marge une note
de l'éditeur que nous reproduisons (2).
Le commentaire du Tostado est imprimé à partir du fol.
115, A. du ms. KK-19, première partie du commentaire
sur Eusèbe, au chapitre qui dit : « Comiença aqui el libro
de Eusebio de los tiempos acabaclo el prologo suyo et pone
1. Ceci a trait aux rubriques de la quatrième partie et prouve que
c'est la première.
2. Estos Comentos Latinos no han salido à la luz de la imprenta.
4G BIBLIOTHÈQUE OV MARQUIS DE SANTILLANE
primero todas las cosas de que entiende tractar en manera
d(3 titulo o rubrica, Capitulo selon ta et dos. »
L'imprimé commence donc par le prologue du fol. 1 , puis
il saute au fol. 115.
La quatrième partie, qui manque dans le ms., se trouve
dans l'édition, et le commentaire imprimé, comme le ms.,
s'arrêtent après la cinquième partie. Mais dans l'édition il y a
une sixième partie qui s'intitule : Sexta Parte, las Ques-
tiones del Tostado, où le Tostado répond a quatre ques-
tions que lui a posées l'évéque de Palencia, «para cuva dé-
claration brevemente recopila con maravilloso estilo todos
lps libros de laSagrada Escritura del Nuevo y Viejo Tes-
tament o ».
Le premier volume imprimé comprend les trois premières
parties, le second les autres.
(Osuna : Plut. III. Lit. N, n° 9 ; Rocam.. n° 113; Bibliot Nat,
Madrid, KK-20)
Eusèbe, Chronique universelle, commentée par Alonso de
Madrigal, dit el Tostado. En castillan.
Manuscrit de 217 feuillets, papier, foliotation défectueuse,
à deux colonnes, compte en moyenne 54 lignes par colonne.
Écriture du XVe siècle. Rubriques. Format 400x285 mm.
Reliure de parchemin .
Fol. 1 : Aqui comiença la segunda parte del comento
del libro de las cronicas o de los tienpos de Eusehio capi-
tulo prim[er]o. Del comienço delà segunda edad et commo
j'ue muy conueniente que veniesse el diluuio seyendo Noe
de seyscientos aîïos et non en otra manera.
Incipit : « Et fueron, continua aqui Eusebio su libro
comiençando las cosas de la segunda edad ca puso suso las
cosas de la primera edad. »
Fol. 217 v° A. Explicit : « aunque en tienpo alguno de
todas ellas fue tomadaTroya. » Aqui se acaba la segunda
parte del comento sobre Eusebio de los tienpos \
VI. EUSEBE 47
E
(Osuna: Plut. III. Lit. N, n° 10; Rocam., n° 113 ; Bibliot. Nat.
Madrid, KK-21)
Eusèbe, Chronique universelle, commentée par Alonso de
Madrigal, dit el Tostado. En castillan.
Manuscrit de 170 feuillets plus 3 feuillets de garde blancs
au commencement et 2 à la fin, papier, non folioté, à deux
colonnes, compte en .moyenne 60 lignes par colonne.
Écriture du XVe siècle. Initiales et rubriques. Format:
400x285 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1, encadrement à la plume en rouge: Aqui corriiença
la tercera parte ciel coinento de Eusebio. Capitu/o primo.
Torna el comentador a seguir la linea de los Sicioniosfasta
Troya tomada.
Incipit : « Sicionos, agora acabada la linea de los Assirios
fasta Troya tomada... »
Fol. 170 v°. Explicit : « este logar era mui famoso e por esso
es tan nonbrado por las scripturas. »
Ôsuna: Plut. III. Lit. N, n° 11 ; Rocam., nd 113; Bibliot. Nat.
Madrid, KK-23)
Eusèbe, Chronique universelle, commentée par Alonso de
Madrigal, dit el Tostado. En castillan.
Manuscrit de 246 feuillets, 1 feuillet blanc à la fin, pa-
pier, non folioté, à deux colonnes, compte en moyenne
55 lignes par colonne. Rubriques et initiales, dans le dernier
tiers du volume elles font défaut. Écriture du XVe siècle.
Format: 400x285 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1. Rubrique : Aqui eomiença la quinta parte del
comento de Eusebio, capitulo pri mer o: las fabulas de Tri-
tolomo e de las seruientes de Certes segun Lactancio.
Incipit : « Tri tolomo, esta istoria pone Eusebio sobre la
linea de los Athenienses... »
48 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Fol. 246 v°. Explicit: « e en esto se acaba la oarracion de
los fechosdc Persseo. »
De cet examen il résulte que la quatrième partie du com-
mentaire est perdue et qu'on l'avait remplacée, en donnant
au texte même d'Eusèbe, qui ne fait pas partie du commen-
taire proprement dit, le titre de quatrième partie.
Ni Amador de los Rios, dans sa Bibliothèque du Marquis,
ni Pellicer dans son Ensayo, ni avant eux, Nicolas Antonio
dans sa Bibliotlieca Vêtus (t. II, liv. X, chap. vu) n'ont fait
mention de la dédicace au marquis de Santillanede la tra-
duction du texte d'Eusèbe et de tout ce long commentaire
où le Tostado utilise l'œuvre d'Ovide de telle sorte qu'on
peut dire que les Métamorphoses entières se retrouvent dans
son livre. Le Marquis a dû se servir beaucoup de ce Tostado
sobre Eusebio et y puiser de nombreux renseignements
mythologiques.
Dans Y Historia critiçade la Lit. Esp. t. VI, p. 40, note)
Amador de los Rios cite l'édition de 1507 du Tostado sobre
Eusebio, mais il ne dit pas un mot du manuscrit Osuna;
il n'a pas dû le voir.
VII
SAINT JEAN GHRYSOSTOME
*A
(Osuna: Plat. IL Lit. N, n° 25; Rocam. n° 104; Bibliot. Nat.
Madrid, Ii-165)
Saint Jean Chrysostome, Sermones contra Ânomios , tra-
duits en latin par Ambrogio Traversari.
Manuscrit de 60 feuillets de vélin, 2 blancs au com-
mencement et 2 à la fin. Réglé à 23 lignes. Écriture italienne
du XVe siècle. Ornementation de style toscan. Format
233 X 150 mm. Reliure à dessins mudéjar sur ais de bois.
Fol. 1, demi-encadrement, dans le bandeau inférieur les
armes du marquis de Santillane.
Rubrique : Johannis Chrysostomi arclriepiscopi contra
Anomios, que Deus incomprehensibilis sit, sermo primas,
in absentia episcopi habitus, incipit, e greco per fratrem
Ambrosium ordinis camaldulensis in latinum uersus.
Incipit : « Quid est hoc... ))
Fol. 10 v°, sermo primus explicit. Fol. 22 v°, explicit
sermo secundus. Fol. 34, explicit sermo tertius. Fol. 46,
explicit sermo quartus. Fol. 60 v° : Johannis Chrysostomi
constantinopoliiani archiepiscopi sermo quintus et ultimus
explicit. Féliciter lege.
Ce manuscrit et YHistoria Gothica de l'archevêque don
Rodrigo sont les seuls textes latins de cette bibliothèque
portant des signes de propriété, armes, reliure, etc., du mar-
quis de Santillane. Lems. Ii-165 ne porte, il est vrai, ni les
heaumes, ni la devise, mais il fait bien partie, cependant, du
4
50 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANË
groupe de manuscrits toscans que nous avons examinés et
qui furent copiés en Italie pour [ûigo Lopez de Mendoza. Le
titre donné dans la rubrique à Traversari permet de croire
que ce manuscrit fut exécuté avant le 26 octobre 1431 , date
de l'élévation d'Ambrogio au généralat de son Ordre par le
pape Eugène IV.
B
(O.sana: Plut. IV. Lit. N, n° 33 ; Rocam. n 101. Bibliot. Nat.
Madrid, Ii-83)
Saint Jean Chrysostome, Œuvres, en latin.
Manuscrit de 217 feuillets de vélin, 1 feuillet de papier
au commencement et 1 à la fin, non folioté, écriture du
XVe siècle à deux colonnes. Réglé à 39 lignes par colonne.
Rubriques, capitales en or et couleurs. Format295x212 mm.
Reliure de parchemin, au dos : S. Joannis Chrisostomi Epis-
tolae.
Fol. 1. En marge, un bandeau décoratif et au pied de la
page, dans un médaillon d'or, un écu portant : d'or, tiercé en
fasces, de billettes couchées de gueule et de billettes
couchées de sable, bordées d'argent.
Rubrique: Incipit epistolabeatiJohannis Crissostomi ad
Theodorum amicum lapssum capitulum primum.
Incipit : « Si fletus posset e[t] gemitus per litteras
nunciari. . . »
Fol. 217 A. Explicit de tout le volume: « gloriaet inipe-
rium in saecula saeculorum amen . »
En marge, quelques notes en latin.
Ce manuscrit contient : 1 Ad Theodorum amtcum, fol.
1-5 v°; 2 Ad Selechium de conpunctione, fol. 5v°-13v°;
3 Ad Demetrium de compunctione, fol. 13v°-23v°; 4 Quod
nemo lediiur nisi a semetipso, fol. 23 v°-35 ; 5 De repa-
ratione lapsi, fol. 35-55 v° ; 6 Expositio super euan-
gelium beati Mathei, fol. 55v°-217 (25 homélies .
Les 5 premiers traités ont été traduits par Ambrogio
Traversari (Cf. Bandini, Cat. cod. lai. bibliot. Med. Laur.,
t. I, col. 565, et Meluis, Ambrosii Traversarii Vita).
VII. SAINT JEAN CHRYSOSTOME 51
Quant aux 25 homélies sur l'évangile de saint Matthieu,
ce sont celles que Georges de Trébizonde n'a pas traduites,
parce qu'elles l'avaient été avant lui : « ab Aniano qui
temporum suorum eloquentissimus fuit... ita sunt ornate
atqite eleganter traducti » (Cf. ms. D).
C
(Osuna:Plut. IL Lit. N, n°9;Rocam. n°103; Bibliot. Nat. Madrid ,Ii -133)
Saint JeanChrysostome, en latin. 1. De Dei prouidentia,
traduit par Ambrogio Traversari. 2. De Poenitentia
homilia VA traduit par Gregorio Tifernas. 3. Ho-
milia super psalmum quinquagesimum. 4. Epistola de
lapsis ad Theodorum, traduit par Ambrogio Traversari.
5. Lilius Tiphernas (Giglio degli Archilibelli di Città di
Castello) : Sanctissimo patri Calisto tertio in laudem
consiantinopolitaneciuitatiset grecorum unionis epistola,
Manuscrit de 148 feuillets, plus 3 blancs au commence-
ment, papier, non folioté. Réglé à 32 lignes. Écriture ita-
lienne du XVe siècle, déjà un peu anguleuse. Belles marges,
rubriques et explicits, capitales ornées sur fonds de couleur.
Format 297 X 219 mm. Reliure du temps encuirtympanisé,
sans ais de bois.
I. Fol. 1 sans rubrique. Incipit : « Suntquidem plurima
que. )) Fol. 1 v°; cette préface finit par: « etnimium dilecte
deo princeps. »
C'est Y Epistola ad Petrum Principem Lusitaniae, par
laquelle Ambrogio Traversari dédie à ce prince sa version
latine du De Dei prouidentia de saint Jean Chrysostome
(V. Bandini, loc. cit., t. I, col. 565).
Fol. 1 v°. Rubrique: Incipit liber primus beati Joannis
Chrisostomi Archiepiscopi Constantinopolitani ad Sta-
giriuin monachum arrepticium. Lege pheliciter.
(( Oportuerat quidem omihi amantissime. »
Le livre II occupe les feuillets 22-43.
Fol. 61. Explicit du livre III : « aduersissimis casibus
îrangi uel de[j]ici ualebis. Deiei (sic) gracias. »
53 BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
II. Fol. 62. Rubrique: Sancti Johannis Crisostomi de
penitentia Job.
[ncipil : « [ta nobishodiefestiuaquecelebritassolitoque... »
Fol. 126. Explicit : « el spiritui sancto nunc el semper el in
secula seculorum. Amen. »
Cette homélie portedans la Patrologie grecque de Migne
(T. XLIX, col. 305; le titre suivant: Homilia de Jejunio et
in Jonam Prophetam, et Danielem, et très pueros, et de
Poenitenlia, Dicta est autem in sacrorum jejuniorum
ihgressum. La rubrique de ce traité répétée en Litre
courant au haut des pages <isl erronée. Il s'agit bien ici
du De Poenitentia, mais aucunement du Job de patientia.
L'erreur de la rubrique provient sans doute de ce que le
rubricateur ou le copiste aura eu sous les yeux un ma-
nuscrit où se trouvaient traduits ces deux traités. Dans la
plupart des manuscrits, et par conséquent dans les pre-
mières impressions de ces ouvrages, ces versions sont
attribuées à Lilius Tifernas, de Città di Castello, appelé de
son vrai nom Lilius Archilibelli, dont une tradition fait
Télève de son concitoyen Gregorio Tifernas1, helléniste pro-
tégé par Nicolas V. En réalité, ces versions de Chrysostome
sont l'œuvre de Gregorio, qui les termina en 1449 et les offrit
au Pape à l'occasion du prochain jubilé de 1450. La confusion
entre ces deux hellénistes naquit, il est facile de le com-
prendre, de la ressemblance de leurs noms.
III. Fol. 127. Rubrique : Beati Johannis Crisostomi Oinelia
prima super psalmum quinquagesimum lege pheliciter.
Incipit : « Mense hesterne reliquias fratres carissimi... »
Fol. 138 v°. Explicit : « ut bona eterna consequamur
gratia et humanitate clomini nostri ihu. Christi qui cum
pâtre et spiritu sancto uiuit et régnât in secula seculorum.
Amen. »
Dans la Patrologie grecque de Migne (tomeLV, col. 575
nous trouvons cette homélie parmi les Spuria in psalmum Lt
IV. Fol. 138 v°. Rubrique : Incipit epistola de lapsis beati
Johannis Chrisostomi ad Theodorumlege phoeliciter.
1. Voyez sur Gregorio Tifernas et son activité littéraire, l'article de
M* Delaruellc : Une vie d'humaniste au XVe siècle (Mélanges d'Archéo-
logie et d'Histoire publiés par l'École française de Rome, t. XIX, p. 9-
33).
VTI. SAINT JEAN CHRYSOSTOME 53
Fol. 139. Incipit : Si fletus posset et gemitus per épis
tolas nuntiari . . . ))
Fol. 145 v°. Explicit : « maximam letitiam esse uenturam.
Deo gracias. »
Ce traité a été très probablement traduit par Ambrogio
Traversari (Cf. Bandini, ouvr. cit., vol. I, p. 565, cod. XXV,
n° VI, et aussi Mehus : Ambrosii Traversant Vita,
p. cccxc).
V. Fol. 146. Rubrique : Lylius tyffernatiis Sanctissimo
patri Calisto tertio in laudem ConstantinopolitaneCiuitatis
et Grecorum unionis\
Incipit : « Patrum sanctissime quamquam infra plura... »
Fol. 148. Explicit : « ita romane ecclesie apostolieeque
sedis majore gloria consecuti sumus. ))
D
(Osuna: Plut. II. Lit. N, n°24; Rocam. n° 102 ; Bibliot. Nat.
Madrid, Ii-158)
Saint Jean Ciirysostome, Homélies sur Vévangile de
saint Matthieu, traduites en latin par Georges de
Trébizonde.
Manuscrit de 226 feuillets, plus 5 de table, dont 3 au com-
mencement et 2 à la fin. Vélin et papier, mal folioté : entre les
feuillets 7 et 8, un feuillet d'une écriture un peu postérieure
à celle du reste du volume a été intercalé, il ne porte
pas de numéro, mais c'est le vrai fol. 8; plus loin, deux
feuillets 18, dont le second est naturellement le feuillet 19.
Il y a aussi deux feuillets 53, mais le foliotateur s'est aperçu
de l'erreur, puisqu'il met le n° 55 au feuillet suivant. A par-
tir du feuillet 207 le foliotateur s'embrouille, il écrit 207,
206, 207, 208, 209, etc., et cette erreur court jusqu'à la fin
où il marque 221 au lieu de 226. Nombre de lignes irré-
gulier. Petites capitales en couleurs. Écriture italienne du
XVe siècle. Format 236 x 152mm. Reliure moderne. Au
1. Cette épître est bien réellement de Lilius Archilibelli de Città di
Castello.
54 BIBLIOTHÈQUE Dl MARQUIS DE SANTILLANE
dos: Sanctus Joannes Chrysostomus Ubri in Euangelium
>S" Matthei.
Fol. I en marge: Ad beatissimum patrem et summum
pontificem Nicolaum quinturn Georgii Trapezuntii in tra-
(lucdonein LX[V] librorurn Chrysosiomi super Matheum
prefacio. Nous avons rétabli Le V qui a dû être rogné, l<is
chiffres ayant été écrits sur l'extrême bord du feuillet.
La préface de Georges de Trébizonde commence par: « Jus-
sisti beatissime pater ut sexaginta quinque beati Johannis
Chrysostomi libros..., » et finit au ve du mémo feuillet par
a quare hiis omissis Chrysostomum Ipsum jam audia-
mus. »
Georgesde Trébizonde a soin de nous avertir, dans sa pré-
face, dé ce qu'il ne commence sa traduction qu'au livre XXVI:
« Deinde quia viginti quinque, ut- dictum est, libri abAniano
qui temporum suorum eloquentissimus fuit... ita sunt
ornate atque eleganter traducti ut nichil addi, nichil detralii,
nichil mutari posse uideatur. »
Fol. 2 : « Beati Johannis Crysostomi liber XXVI super
Matheum incipit féliciter. » Le texte commence par l'ho-
mélie (livre) XXVI, le numéro des homélies se trouve en titre
courant au verso de tous les feuillets,, dans la marge d'en
haut.
Fol. 226. Explieit: a pacis atque curas. »
Au bas du même feuillet on lit : « déficit una exortacio. »
Le verso du premier feuillet, le second tout entier et le recto
du troisième, en tête du volume, sont occupés par la table
des rubriques marginales; c'est la table des homélies. Les
fol. 1 v° et 2 sont d'une autre main que le reste de la table.
Les deux feuillets de la fin contiennent la table des textes
de saint Matthieu groupés par livres, ces textes sont sou-
lignés en rouge dans le manuscrit, il y a aussi sur le dernier
feuillet des renvois à différents passages.
VIII
IIISTORIA DE PRAELIIS
(Osuna: Plut. IL Lit. M, n°34; Rocam. n°4; Bibliot. Nat. Madrid, Ii-3)
Liber de gestis Aleœandri i Macedonis, appelé communé-
ment Historia de praeliis, tirée du Pseudo-Callisthènes et
traduite en latin par rarchiprètre Léo1.
Manuscrit de 16 feuillets de vélin, 1 feuillet de
vélin blanc au commencement et 1 à la fin, ce dernier
porte deux notes, non folioté. Réglé à 41 lignes. Écriture du
XIVe siècle. Rubriques, capitales rouges et bleues. Format
280 x 220mm. Reliure de l'époque, en peau. Au dos : Alexan-
dride Gestis, et sur une étiquette de parchemin fixée sur
le plat supérieur: Alexandre en latin. L'ouvrage est in-
complet.
Fol. 1: Incipit liber de gestis Aleœandri Macedonis,
Rubrica.
Incipit : « Sapientissimi quippe Egiptii scientes mensuram
terre undasque maris et celestium ordinem. . . »
Fol. 16 v°. Explicit: « Quia si bene consideramus illa
mater... »
Au verso du fol. blanc de la fin, on lit la recette suivante:
a Para la muela que esta foraclada toma miel, cal biua e pi-
mienta, mescla todo en uno e amasado fas como una me-
chuela e metela dentro en el agujero e mortificara luego el
dolor. ))
Et au-dessous : « Vasco Fernandes seruiclor de la casa del
Duque de Bregança lieua cargo de me despachar en corte
una notaria. »
1. Cf. Paul Meyer, Alexandre le Grand dans la littérature fran-
çaise du moyen âge. Tome II: Histoire de la légende, p. 34, § 5.
IX
CICERON
(Osuna: Plut. II. Lit. N, n" 1 ; Rocam. n°52; Bibliot. Nat.
Madrid, Hh-70)
1. Cicéron, Orationes. 2. Discours concernant le couron-
nement de l'empereur Frédéric III et ses raports avec
Rome. En latin.
Manuscrit de 248 feuillets, 1 feuillet blanc au commen-
cement et 1 à la fin, vélin lin, non folioté. Nombre de
lignes variable. Écriture de la deuxième moitié du
XVe siècle. Capitales en or et couleurs, miniatures dans les
grandes lettres, encadrements, pas de rubriques. Format
316 x 217 mm. Reliure de maroquin rouge exécutée pour le
duc d' Osuna.
I. Fol. 1. Incipit: a Quamque michi semper frequenscons-
pectus uester multo jocundissimus hic autem locus ad
agendum amplissimus. . . »
Fol. 248. Explicit : « scelerum penas luat. Datum, etc. »
Ce manuscrit contient des plaidoyers et des discours de
Cicéron.
1. Fol. 1-8. Discours en faveur de la loi Manilia.
2. Fol. 8-21. PourMilon.
3. Fol. 21-34. Pour Cn. Planchas.
4. Fol. 34-46. Pour P. Sylla.
5. Fol. 46-50. Pour Archias.
6. Fol. 50-53 v°. Remerciement à César pour le rappel
de Marcellus.
7. Fol. 53v°-58 v°. PourLigarius.
3. Fol. 58 v°-64. Discours pour le roi Déjotarus.
IX. CICÉRON 57
9. Fol. 64-90. Pour A. Cluentius.
10. Fol. 90-102 v°. Pour P. Quintius.
11. Fol. 102 v°-116 v°. Pour L. Flaccus.
12. Fol. 116 v°-120 v°. Discours de Cicéron au peuple,
après son retour.
13. Fol. 120 v°-126. Discours de Cicéron au sénat, après
son retour.
14. Fol. 126 v°-133. Discours de Quintus Cicéron à son
frère M. Tullius, sur la pétition du consulat.
15. Fol. 133-137. Incipit : « Si quando inimicorum im-
petum propulsare ac propellere...» A la fin : Explicit
oratio Tullii, pridie qua iret in exilium. Petrus de
C. scripsiL
16. Fol. 137-139 v°. Discours de Cicéron au peuple, après
son retour. Ne commence pas par le commencement : « Quod
precatus a loue Optimo, » mais par une des premières
phrases : ((Quiritesetsinichilesthominimagis optandum...»
17. Fol. 139v°-161 v°. Pro domo sua.
18. Fol. 161 v°-165. Discours contre Vatinius.
19. Fol. 165-175. Pour M. Celius.
20. Fol. 175, la fin au fol. 191. Pour \
Sextus Roscius d'Arménie. J les feuillets sur
21. Fol. 181, la fin au fol. 219. Discours surf \e*quel* sont
' > cents ces trois
les provinces consulaires. ( discours sont in-
22. Fol. 219, la fin au fol. 180 v°. Discours ] tervertis.
sur la réponse des Haruspices. )
23. Fol. 191-207. Pour Murena.
24. Fol. 207-219. Pour C. Balbus.
25. Fol. 238-240 v°. Discours pour P. Sextius (incomplet).
II. Fol. 241? place en blanc pour la rubrique. Incipit :
(( Sunt quos inuicta te stare (?) Rex Romane uides uenerandus
uicecamerarius, illustris Senator.Conseruatores magnifici et
magistratus urbis ceteri, cum quibus populus Romanus, ad
salutandum te, nos ciues suos misit, meque jussit apud te
gaudium quod eis aduentus tuus actulit detegere », etc., etc.
a Gaudet Auguste princeps Romanus populus, exultât et
gloriatur, quod te Imperatorem habere et intra urbem cer-
nere sibi contigit . »
Fol. 242 v°. Explicit: « et Nicolaus quintus Romanus
58 BIBLIOTHÈQUE M MAKnilS DE SANTILLANE
Pontifes et Federicus fcertius Imperator Romanue Inco-
lumes erunt. Qui ambo ut ad centesimum ei amplius inco-
lumes peruéniatii annum optamus. Suplieesque precamur
adeoqui trinus ol unus benedictus esl in aecula, amen. »
Ce discours qui célèbre le couronnement de l'empereur
Frédéric III (1440), est suivi de la bénédiction du pape
Eugène IV envoyée à Frédéric III.
Fol. 24o. Incipit : « Sanctissimus ac deo acceptissimus
pontifex summus, dominus noster, dominus Eugenius, tue
oelsitudini, tuis pririoipibus, tuo Regno, benedictionis gra-
tiam imparti tu r.., »
« Si solus huic oneri summissimus essem, uel si propter
ariam domesticam autpriuatam causamoraturus,accederem
cristianissime Regum a Sanctissimo pâtre nostro Eugenio
qui nos uonire jussit impetrare curassem ut alium quem-
piam elegantioris ingeniiacfacundioris eloquii transmisissel
qui forcioribus argumentis... m
Fol. 246. Explicit : « liberabis dignam mercedem acci-
pies. )) Finis.
Fol. 246 v° est occupé par la lettre, si souvent copiée au
moyen âge de Publius Lentulus, préfet de Judée, au sénat,
où il est parlé de la personne du Christ.
Fol. 246 v° à 248 sont écrits d'une autre main que tout
le reste du manuscrit. Ces feuillets contiennent une lettre de
Frédéric III au roi de France pour l'inviter à entreprendre
une croisade contre les Turcs.
Incipit: « Federicus, diuina fauente clementia Romanorum
imperator semper augustus, serenissimo principi Karolo, dei
gratia Francorum régi, fratri nostro carissimo salutem et
amores. . . »
Explicit : « scelerum penas luat. Datum, etc. »
B
(Osuna : Plut. III. Lit. M, n° 6 ; Rocam. nn 50; Bibliot. Nat.
Madrid, Hh-181)
Cickhon, De Ovatore. En latin.
Manuscrit de 65 feuillets, plus 2 blancs au commencement,
vélin, non folioté. Réglé à 38 lignes. Écriture italienne du
IX. CICÈRON 59
XV0 siècle. Le premier feuillet de garde porte la cote Osuna,
el au-dessous: Orationes de oratoribus ad Brut um. Fol. 1
et fol. 41 v°, grandes initiales en or et couleurs. Format
272 X 182mm. Reliure de maroquin plein, au dos : Cirer o
dialogi de Oratore Orator.
Fol.Incipit: Cogitanti michi sepe numéro et memoria...»
Fol. 62. Explicit : « obsequi uerecundia negancli scri-
bendi me inprudentiam suscepisse. » Explicit liber de Ora-
tore ad Brutum.
Fol. 65 v° blanc.
(Osuna: Plut. V. Lit. N, n° 39; Rocam. n° 51; Bibliot. Nat. Madrid,
Reserv. 5a, 22)
Cicéron, 1. De Officiis. 2. De Amicitia. 3. De Paradoxis,
4. De Senectute, En italien.
Manuscrit de 168 feuillets, plus 1 blanc, vélin, réglé à
30 lignes. Écriture et décoration florentines du XVe siècle.
Format 275 X 190 mm. Reliure moderne.
Fol. 1, encadrement de style toscan, avec les quatre
heaumes, la devise Dius et vos et, en bas, l'écu d'armes
dlnigo Lopez de Mendoza. Belle initiale enluminée con-
tenant le portrait de Cicéron avec son nom : Marco Tullio
Cicérone.
I. Rubrique en lettres capitales : Incomincia un libro
di Marco Tullio Cicérone clecto de Officiis, ad Marco suo
Jîgliuolo, da certo volgarizzato.
Incipit: « [A]duengha Dio, o Marco figiiuolo, che gia uno
anno auendo tu udito Cratippo et questo in Athene... »
Livre II, fol. 42 ; livre III, fol. 68.
Explicit du De Officiis : « essere piu caro se tu ti ral-
legherrai di tali precepti et miei ricordi. » Finis.
II. Rubrique en lettres capitales : Incomincia el libro di
Marco Tulio Cicérone délia amicitia, da lui composto.
Incipit fol. 101 : « [Q]uinto Mutio Augurio Sceuola era
usato di raccontare. . . »
60 BIBLIOTHÈQUE DI MARQUIS DE SANTILLANE
Explicit :« pensate o crediate nelle cose essore migliore
che(l)la amistade. » Finis.
Rubrique en lettres capitales: Finisceil libro composto
da Marco Tulio cica-onc, in volgare decto délia amicitia,
ad Actico suo amicissimo. Laus Deo.
III. Rubrique en lettres capitales : Incomtncia il libro
del 't le paradoxe composto da Marco Cicérone, ad Bruto, da
altrui volgariézatOt
Fol. 131.1ncipit: « [18]pesse uolte, o Bruto, io conobbi che
quand o Catonc. . »
Explicit: « ma anchora poueri el mendichi. » Finis.
Rubrique en lettres capitales: Qui Jinisce il libro chia-
mato délie paradoxe composto da Marco Tullio Cicérone,
ad Bruto .
IV. Rubrique en lettres capitales : Incomtncia il libro
chiamato la Senectu composto da M. T. Cicérone, ad Ac-
tico, da altrui volgarizzato.
Fol. 144. Incipit : « [Sje io alquanto, o Tito, taiuto et lie-
uoti la molestia che... »
Fol. 168. Explicit : « cheuoi possiate lodare prouati in facti
quelle cose le quali uoi hauete udito clame. »
Rubrique en lettres capitales : Finiscie il libro délia
Senectu, composto da Marco Tullio Cicérone, el quale
insieme col libro degli ufficii, paradoxe, e suto tradocto,
nella magnificacitta di Firenze, di latino in lingua toscana,
ad petitione del magnifico et generoso caualiere messere
NicJiolops (1) (Iùigo Lopez) de Mendoza marchese di
Sanctig/iana.
D
(Osuna : Plut. III. Lit, M, n° 7; Bibliot. Nat. Paris. Fonds Italien,
nu 1703)
Cicéron, Tusculanes.Rn italien.
Manuscrit de 162 feuillets de vélin . Réglé à 27 lignes.
Écriture ronde du XVe siècle. Encadrement avec, dans le
bandeau inférieur, un médaillon. Format 268x189 mm.
1. Il est évident qu'ici le rubricateur pensait à « Niccolô ».
IX. CICÉRON 61
Reliure de cuir tympanisé avec encadrements dorés sur
ais de bois, tranche dorée avec incrustation de dessins.
Fol. 1 et 2 blancs. Fol. 3 porte au verso en lettres capi-
tales d'or et d'azur cette inscription : Incominciano le
Tusculane di Tulio clarissimo Oratove Tradoctedi Latino
in Volgare Fiorentino a Pititione di Messere Nugnio
Gusmano Ispagnuolo.
Fol. 4. Encadrement florentin, initiale miniaturée re-
présentant l'auteur tenant son livre.
Incipit : Titre en capitales d'or: Incomincia il proemio di
Marco Tullio Cicérone n[e]lle quistioni tusculane felice-
m.ente.
Texte : « Essendo io, o in tutto o in maggor parte, qualche
uolta liberato dalle fatiche délie difensioni... »
Fol. 162. Explicit: « alcuno altro alleggerimento non
e potuto essere stato trouato.
Titre en rouge: Fine del quinto et ultimo libro délie
questioni tusculane di M. Tul. Cicérone di latino tradocte
in volgare toscano, in Firenze MCCCCLVI (1456 .
Livre, I fol. 7-44 v° ; livre II, fol. 45-67 ; livre III, fol. 67
v°-96 v°; livre IV, fol. 96 v°-124 v°; livre V, fol. 125 à
la fin.
Ce volgarismmento a été publié à Venise, en 1544, par
Fausto da Longiano qui Ta retouché, par endroits, pour le
moderniser. M. Morel-Fatio, dans l'étude qu'il a consacrée à
Trois manuscrits de la Bibliothèque d'Osuna ,dans la Ro-
mania, t. XIV, 1885 , en parlant de cette version (p. 102; (1),
1. M. Morel-Fatio, qui cite cet avertissement aux lecteurs, d'après
Paitoni et Argelati, croit que c'est un fragment de la dédicace de Fausto
da Longiano à Jérôme Pallavicino, seigneur de Cortemaggiore. Cela
n'est pas tout à fait exact. L'avertissement est distinct de la dédicace,
il est placé à la dernière page, tandis que l'épître dédicatoire ouvre le
volume. Voici le passage de l'épître dédicatoire qui a trait à la version
des Tusculanes et où Guzman n'est pas nommé :
A lo illustrissimo sicjnore e patronc ossercandiss., a'I sig. Hiero-
nimo Marchese Pallacicino Slgnore di Cortemaggiore, etc. Il Fausto
da Longiano :
« E non pure io le sono tenuto de le cose mie proprie, ma anchora
» dogn'-altra, che per qualunque modo procedesse da mè. Cosi sendomi
» in sorte capitate ne le mani le Tusculane quistioni di M. T. Cice-
» rone donate à le muse Italiane m' ho'avisato, poi ch' elle andavano
(i:J BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
cite l'intéressant avertissemenl que l'éditeur, Fausto da Lon-
giano adresse h ses lecteurà, à La dernière page du petit
volume des Tusculanes, p. 144: // Faustoài Lettori :« Non
» fù di mio costume giamai per malitia sopprimere i nomi de
» gV autori de l'opère passateperle mie mani, e menocon la
» conciatura di qualche paroluccia 6 clausoletta vestirmi de
)) gl'altrui honori, levandone il proprio nome de Tau tore,
)) riponendovi il mio. Questa interpretatione taie capitô in
» mano di M. Vicenzo Vaugris, corne ne possonp molti far
)) fede. Comprendiamo •perô per congiettura essere stata
)) d'un gentil' huomo Fiorentino, ad instanza d'un gentil'
» huomo spagnuolo, detto il S. Nugno Gosmano, di cui si
)) leggevano queste poche parole in castigliano, che suonano
)) in lingua nostra: « Pregovi, adesso si come allia voila,
)) che mi rechiate in lingua vostra le Tusculanedi Cicérone:
)) e non per modo parafrastico, ma per viadivera tradot-
)) tione, et, in quanto che la lingua il porti, di parola in
» parola. »
Ce passage prouve donc bien que les Tusculanes ont été
traduites spécialement à la demande de Nufio de Guzman,
et nous avons vu qu'il en a été de même pour les Déclama-
tions de Quintilien, dont la version diffère de celle que con-
servent plusieurs manuscrits italiens et qui est attribuée
au notaire Andréa Lancia. Moins heureuse que la version
des Tusculanes, celle des Déclamations est demeurée iné-
dite. Le adesso si come altra oolta permet d'admettre que
)) vagando senza'l nome certo de'l suo autore, di fregiarle eo'l titolo de'l
» nome vostro, come che altro non conosca più degno, più illustre, più
» glorioso. Et in questa guisa io spero che non pure habbia à recarlosi
» à sdegno l'autore, se per aventura hoggidi tra vivi si trova, ma se 'n
» vadi lieto e altiero, che le sue fatiche ricevino cosi largo honore,
» come lor viene da l'ampiezza de vostri honori. E poi che da la mano
» mia tanto beneficio consiegue, hô ferma credenza, che mè n'habbia à
» voler bene, e ringratiare apresso: e in un tratto scuoprirsi, e con
» ogni humiltà inchinarsi a'1 bascio de la felice, egioriosa mano. Ma se
» questo gcntile spirito, ô vivendo non vuole dimostrarsi, o pur non
» lusse più tra noi, Vengo io in sua vece divotamente ad orîerire con le
» ginocchia itichine à i sacri altari dicati à la vertu vostra questa pic-
» ciola fal ica
» Da Viuegia Tultimo d'OUobre ne'lXLIIII. »
IX. CICERON 63
Nuno avait chargé le même traducteur d'exécuter pour lui
ces deux travaux.
E
(Rocam. n° 54 ; Bibliot. Nat. Madrid, Ii-21)
Cicéron, 1. De Officiis, et 2. De Amicitia. En aragonais.
Manuscrit cle 148 feuillets, plus 7 de table et 1 feuillet
de garde, portant sur le verso en gros caractères gothiques:
Tabula presentis libri de Officiis. Entre la table et le texte
2 feuillets blancs. Papier, folioté et portant en rouge la
numération des livres. Réglé à 26 lignes. Écriture du
XVe siècle. En marge, très rares notes. Rubriques des
chapitres complètes, espaces en blanc pour les initiales.
Format 292x210 mm. Reliure de Binet, initiales du Duc
et couronne.
I. Liv. I. Fol. 1-52 : Prologo del primero libro de
Officiis. Incipit : « [Y]a sia que tu Marco fijo mio por
espacio demi anyohas hoydo a Cratipo philosofo, e aquesto
en la ciudat de Atenas... » Explicit. Fol. 3 : « e aposaremos
de las fuentes dellos aquello que sera visto a nuestro ju-
dicio e arbitrio. ))
Incipit : « [E] por tanto, pues toda la futura disputacion
es de officio, plasenos an te di finir que es officio la quai cosa
me marauillo seyer pretermisa por... »
Explicit : « mas aquesta question^ segunt va lie dicho, fue
por Paniecio pretermitida. E de aqui auant procidamos a
otras cosas. ))
Livre II, fol. 52 v°-83. Incipit : « [E]n que manera, Marco
fijo, prociden los officios de lahonestat e de cada unaespecia
de virtut . . . »
Explicit: « e daqui adelant prosigamos e tractemos de
las cosas restantes. »
Livre III, fol. 83 v°-118. Incipit : a [Sjepas, Marco fijo,
queCaton^ el quai fuecasi egualensauiesaaPublioCipion...»
Explicit : (( si con semeiantes amonestaciones e preceptos
tu te alegraras e hauras plazer. .. » Ffînito es el tercero
libro de Officios. Deo gracias.
&4 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUI3 DE SANTILLANE
Fol. 118 v° blanc.
Fol. 119. Pologo del libro de Amicicia. Incipit: « Cuinto
Nucio augur Ceuola solia muchas vegadas narrarme moral-
mente de Gayo Lelio suegro suyo... »
Fol. 148. Explicit: « que estimedes e reputedes que,
excepto aquella, no es cosa mas noble que la amicicia. »
Cicéron, De Senectute. En italien.
Cf. Notice XL1X, ms. Ii-33.
X
JULES CESAR
(Osuna : Plut. III. Lit. N, n° 1 ; Rocam. nn 49; Bibliot. Nat.
Madrid, Ii-37)
Jules César, Commentaires, traduits en castillan, par un
anonyme, sur la version italienne de Pier Candido De-
cembri.
Manuscrit de 125 feuillets, plus 1 au commencement et
1 à la fin, papier , folioté, sans signatures ni titres en rouge,
nombre irrégulier de lignes, écriture du XVe siècle.
Quelques notes marginales. Format 295 X 215 mm. Re-
liure de parchemin.
Fol. de garde: Al serenisimo principe e muy excelente
sehor Philippe* Maria, duque de Milan, concle de Pauia e
de Anguera, e Senor de Genoua, prologo de P. Candido
sobre toda la hystoria de C. Jullio César,
(( Muchos han ya seydo illustrissimo principe los quales
o por poca noticia...» Cette dédicace de Decembri et les
cinq premières lignes du prologue sont écrites d'une autre
main que le texte.
Fol. 1. Livre I. Incipit : « Muchos han ya seydo ylustri-
simo principe los quales ...»
Fol. 2 v° : Corniença la historia de C . Jullio Çesar
emperador maximo, continuo consul e perpetuo dictador,
de las batallas de Gallia, escriptas del mesmo e ordenadas
en libros. Libro primero corniença bien auen t ur ad e mente.
Fol. 3. Incipit: « Italia toda es dyuisa en très partes, una
de las quales... »
Fol. 30 v°, liv. II; fol. 44, liv. III; fol. 54, liv. IV ; fol. 65,
liv. V ; fol. 84 v°, liv. VI ; fol. 99, liv. VII.
5
66 BIBLIOl HÈQ1 E DU MARQ1 II hi .1 11. 1.
Fol. 125. Explicil : Fenesce el septimo e ultimo Ubro de
c. Jullio Çesar emperador m(xximo} continuo consul, pet
petuo dictador, de las batallas de Gallia, descripteur del
mesrno, traducidos en vulgar, al serenissimo principe Filipo
Maria, duque de Milan, conde de Pauia e de Anguiera, e
seflor de Genoua, por Pedro Candido Décembre, su sieruo,
feliçemente. I)c<> grattas amen.
Dans la Bibliothèque de VÈcole des Chartes (tome LV,
1894) M. Morel-Fatio a publié unarticle intitulé: La tra
duciiondes Commentaires de César par Pier Candido De-
cembri, où, répondant à M. Borsa1, qui cite César parmi
les traductions perdues de Pier Candido Decembri, il si-
gnale un manuscril italien de la version du De Bellogallico
de César faite par cet humaniste lombard. C'est un ma-
nuscrit du XVe siècle, qui se conserve à Paris sous le n L2 1
du fonds italien (ancien fonds, n° 7725) de la Bibliothèque
Nationale.
Pour trouver le destinataire de cette version et l'auteur,
qui n'y est pas cité, M. Morel-Fatio donne la préface du
manuscrit 124 et la compare à celle du manuscrit Osuna
(Bibliot. Nat. Madrid, Ii-37), qui, dans sa rubrique, cite clai-
rement Filippo Maria Viscontî comme destinataire et Pier
Candido Decembri comme vulgarisateur.
Le manuscrit castillan de Madrid, comme le manus< rit
italien de Paris, ne contient que les sept livres du De Bcllo
gallico. Mais du prologue de Pier Candido ressort qu'il
avait l'intention de traduire non seulement les sept livres
du De Bello gallico, mais encore le huitième livre de Hirtiu>,
les trois livres du De Bello civilt et encore le Belliun
Alexandrinum, AJricanum et Hispaniense, qu'il attribue a
Hirtius.
Voici le passage du prologue de Pier Candido relatif à ses
projets:
Mas por tornar agora a César, primero emperador, de quien
al présente (e) sumamente es recordado este nombre e la gloria, e
seyendo el elegido por los Romanos para que la prouincia de
Galia ordenase, la quai de nosotros se llama Franc! a, e dada
1. P'wr Candido Dcrcndyri e U Umanrsimo i n Lombardia , dans YAr-
chivlo storico Lombwndo, 1893, vol. X, anno XX.
X. JULES CÉSAR 67
aquella orden en cinco anos, despues confirmada en otro tanto
tiempo por el Senado e pueblo de Roma, aquellas cosas que por
el en este espacio de diez anos fueron ordenadas e fechas, todas
las recogio en sietelibros, a las qualesnon seyendo dada complida
descripcion, asi como claramente se ve, uno de sus capitanes
mucho famoso en los f échos de armas, Aulo Hircio llamaclo por
nombre, aiiadio a aquellas el octauo libro. Despues seyendo de
César, en très libros, descriptas las batallas cibdadanas que
fueron entre el e Pompeo en diuersos lugares, las quales de Lu-
cano despues en versos, mas poeticamente que verdaderas, fueron
escriptas, el ya nombrado Hircio, por complir la primera e la
segunda historia, très libros por semejant a aquella ayunto, en los
quales las batallas do Alexandria, de Africa e de Espana se con-
tienen, segun que en este volume en vulgar se traduciran.
Cette traduction castillane des Commentaires clc César^
ne fut pas imprimée. Mais, au XVe siècle encore, nous trou-
vons une autre version castillane de César, imprimée à To-
lède (m 1498, un an après la mort du prince Don Juan, fils
des Rois Catholiques, à qui son auteur. Diego Lopez de
Toledo, commandeur de Castilnovo, l'avait dédiée. Cette
traduction fut plusieurs fois réimprimée (Cf. Pére2 Pastor,
La Imprenta en Toledo, Madrid, 1887, n° 11, et Pellicer,
Ensayo, p. 52).
XI
SALLUSTE
(Osuna : Plut. VI, n° 5, d'après Los Rios ; Bibliot. Nat.
Madrid, KK-46)
1. Salluste, De conjuratione Catilinac. En castillan.
2. Diego de Valera, Lettres.
3. Hernando de Talavera (?), Lettre relative à la suc-
cession cV Henri IV.
4. Diego de Valera, El Cérémonial de principes.
5. Saint Basile, Homélie traduite sur la version latine
de Bessarion .
6. Inigo Lopez de Mendoza, Comedieta de Ponça.
7. Diego de Valera, El Doctrinal de principes.
8. Saint Bernard, Epistola a lieymundo susobrino.
9. Inondations de Cordoue et de Séville.
10. Lettres de Sancho de Torres et de Fernando de la
Torre.
11. Diego de Valera, Tratado de prouidencia contra
fortuna.
12. Juan Jufre de Auvergne, Harangue au roi de Por-
tugal.
13. Vegèce, traduit par Fray Alfonso de Sant Cristobal.
14. Lettre de Don Fadrique et de Don Alonso Pimentel à
Don Alvaro de Luna et à V archevêque de Tolède.
15 . Réponse à ladite lettre.
16. Diego de Valera, Fragments du Cérémonial de
principes.
17. Lettre des rois catholiques à Diego de Valera,
18. Réponse à ladite lettre.
XI. SALLUSTE 69
Manuscrit de 151 feuillets, au commencement 2 feuillets
blancs et 2 de table sommaire, papier, foliotation ancienne
en rouge, qui a été malencontreusement rognée et remplacée
par une foliotation moderne défectueuse. Ce volume con-
tient différentes écritures, mais toutes du XVe siècle.
Format 282 X 200 mm. C'est un recueil factice relié au
XVIIIe siècle, en veau marbré, avec étiquette rouge au
dos portant Salustio, tranches dorées.
Le premier ouvrage contenu dans ce volume est une
traduction du De Conjuratione Catilinae et d'un chapitre
seulement du De Bello Jugurthino.
I. Fol. 1. Rubrique: Aqui comienca el Ubro llarnado Ca-
thelinario e Jugurtino en que contiene alguna suma de los
fechos romanos el actor. Cet ouvrage est écrit à deux co-
lonnes, avec rubriques et initiales de couleur. Le prologue
commence par une capitale ornée à la plume d'arabesques
violettes et rouges.
Fol. 1. Prologue du traducteur Vasco de Guzman à
Fernan Perez de Guzman, seigneur de Batres. Incipit :
« Segund cuenta Sant Geronimo. . . »
Fol. lv°.Fin du prologue, au-dessous commence le texte :
a Todos los honbres que quieren ser mas que las otras
animalias . . . »
Fol. 34 v° A. Explicit : « e llanto e gozo. Aqui ha fe-
nesçido la conjuraçion de cathelina y fenesçieron sus
dias. ))
Au-dessous, sans autre titre que El actor, commence
le De Bello Jugurthino: « Sinrazon se quexa el linaje hu-
mano de la su naturaleza... »
Fol. 36 B. Explicit du premier chapitre, le seul de cet
ouvrage que contienne ce manuscrit : « e yo con mayor
libertad mas altamente lo considero quando he verguença
de las maneras cle la çibclad de las quales so enojado. »
Fol. 36 v° blanc, fol. 37-42 coupés, fol. 43-48 blancs.
II. Fol. 49, 50, 51, sont occupés par des lettres de Mossen
Diego de Valera, seulement Tordre des feuillets a été altéré,
il devrait être 49, 51, 50.
Fol. 49. Titre: Thenor de una carta que Diego de
Valera enbio al Rey nuestro sefïor estando su senoria en
70 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANË
Attila ano dé quarenta e uno afios ante que Médina del
Canposê entregase por el Rey de Non ara ynfante (lisez:
e pot el ynfante).
Incipit : « Muy alto e muy excelente principe poderoso
Rey e seîlor: la deuida lealtad de sûbdito no me consiente
callar.. . »
Fol. 41 v°. Explicit : (( vos de los vuestros amado e
temido. »
Cf. Epistolas de Mosen Diego de Volera 'Sociedad de
Bibliôfilos Esp.), publiées par José Antonio de Balenchana,
p. 3-9.
Fol. 51 v°: Otra carta quel dic/io Diego de Volera en-
bio al die ho senor Rey estando su Senoria en Tord esy lias,
y con el el senor principe (el sehor), el ano de quando
se hico la coneordia entre amos a dos.
(( Da pacen (sic) in diebus nostris. » « Quantos y quan gran-
des maies de la guerra se sygen muy ynclito Rey... ».
Fol. 50 v°. Explicit: « dias de gloria perpétua, e loable
memoria seay[s] mereciente » (Cf. Epistolas de Mosen Diego
de Valero, ouvr. cit., p. 10-13 .
Fol. 50 v° : a Otra carta quel dicho Diego de Volera
[enbio] a un amygo suyo que le reprehendio por que escri-
uyo al Rey don Johan la dicho epistola : Tu letra, no
poco deseada, recebi por la quai sygnyficaste auer te des-
placido de la epistola... ».
Cette lettre incomplète finit par : « al quai la racon
nos obliga y amor entranable al rey nuestro seilor... »
(Il en manque les deux tiers, voyez Balenchana, éd. cit.,
p. 14-16).
Fol. 52,53, 54 blancs.
III. Fol. 55, 56, 57, 58 sont occupés par une lettre au roi :
« Muy alto e excelente principe y poderoso rey mi seûor :
El muy reuerendo padre arçobispo de Lisbona me mostro
la copia de la justicia que estos mensageros de los caualleros
de Castilla traen... ».
Fol. 58. Explicit : « esto veemos que estas ynclinado a
fazer. » Le contenu est relatif à la succession d'Henri IV.
En marge du feuillet 55 une main du XVII0 siècle a mis la
note suivante : « No dudo de que esta carta sea del St0 Arço-
XL SALLUSTE 71
bispo de Granacla fray Hernando de Talauera por pare-
cerse mucho al estilo de las obras del Santo y por que el
fue a Portugal a esto y interuino en estas materias, y por
otras conjeturas. » — Nous n'avons pas pu vérifier l'opinion
de cet anonyme; dans les œuvres de Fray Hernando que
nous avons vues, cette lettre ne figure pas.
Fol. 58 v°, 59, 60 blancs.
IV. Fol. 61. : Comiença el çirimonial de principes con-
puesto por Mosen Diego de Valera, al muy manifico e
ynclito senor don Juan Paclieco, marques de Villena,
etc., etc. (folioté à part).
Incipit : « Si aquella sentençia de Seneca es vercladera,
muy manifico senor, que dize la cosa que es buena o bien
es la sabiduria de las cosas, e la cosa que es mala o mal es la
ynorançia de aquellas... »
Fol. 66. Explicit : « mis fuercas ynteriores ser asi apare-
jadas vuestro mandado conplir como las exteriores lo son
quando ospirmentar lo queies sic, lisez : querreys). (Cf. Ba-
lenchana, éd. cit., p. 307-322).
Fol. 66 v°, 67, 68 blancs.
V. Fol. 69-74 v° : [E]n la siguiente eseritura se contiene
una. obra traslaclada, de griego en latin, por el padre
muy reuerendo llamado Basirion (sic) Viceno (sic) de
grecia, presbitero cardenal de la basilica o yg/esia de los
doze apostoles, e siguese primeramente el prologo f écho por
cl mesmo cardenal al senor Rcy don Joltan a cuia altéra
el endereça la tralaçion de la ta/ obra.
En marge on a corrigé Basirion en Bessarion et Viceno
enNiceno.
Suit un prologue de Bessarion au roi de Castille, Jean II.
Incipit : « [A]l serenisimo e ylustrisimo principe e excelen-
tisimo senor don Jolian... ».
Explicit : « bien auenturado serenisimo principe e ylus-
trisimo senor. »
Au-dessous, titre : [S]yguese la omelia de Sant Basilio,
arçobispo Cesariense, sobre aquella actoriclad que dize:
Para mientes sobre ii mesmo, aguar date que por ventura
no entre en ti cscondidamente mal pensamiento. Et au
verso de ce fol. 6 commence l'homélie :
72 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS J >i : SANTILLANE
(( [E]l sefior Dibs criador e fazedor nuestro nos dio e]
uso de] fablar para que por e) reuelemos unos a otros Los
seeretos de nuestros coracones, e para que por el comunicar
de la nâtura pueda cada urio sacar e dezir sus pensamien-
tos... ))
Fol. 71 v°. Explicit : a al quai sea honni e gloria en les
siglos de los siglos amen. » Quis escripsit escribat seniper
cum domino viuat, amen. Traducteur espagnol inconnu;
serait-ce Pedro Diaz de Toledo?
Fol. 75-80 blancs, fol. 81 coupé très bas.
VI. Fol. 82 : Comedieta de Ponça, écrite à trois huitains
par page.
Incipit : « 0 vos dubitantes creed las ystorias. »
Fol. 94 blanc.
Fol. 102 v°. Fin de la Comedieta de Ponça, Explicit:
« despues conuertido en tanta alegria. »
Fol. 103-106 blancs.
VIL Fol. 107: Prologo en el Doctrinal de principes, di-
rigido al muy alto e muy excelente principe sefior don
Fernando, por la diuinal prouidencia, rey de Castilla e
de Léon e de Ceçilia, primo genito heredero de los reynos
de Aragon, conpuesto por Mosen Diego de Valero, m
ma£stresala e del su corne jo.
Incipit: « Entre los caualleros fue antigua costumbre,
muy serenisimo principe, que quando senor nueuamente
recebian cada uno se esforçaua a algun agradable seruiçio
le fazer e como la tal costumbre loable me pareçiese e a
nuestro senor aya plazido merced tan ynmensa fazer nos
de vos dar estos reynos, que por légitima subcesion de la
muy alta e muy esclarecida prinçesa reyna e seïlora
nuestra dona Ysabel con quien por la diuina gracia soys
por casamiento ay[u]ntados. . . » Ce prologue finit au
fol. CVII v° par : « quantas maneras son de virtudes e
cada una délias quantas partes tiene e quales son sus
dilerencias, lo quai respondido se dara fin a la obra pré-
sente. »
Texte : « Capitulo primero donde se diriua este nombre
rey : Asi digo xri[sti]anisimo principe que este nombre
rey se diriua o deçiende. . . D
XI. SALLUSTE 73
Fol. 123 v°. Explicit : « ni pierda la gracia de los onbres
con clemasiada fiereza o rigor. »
(( Aqui do fin a mi sinple tratado, muy serenisimo principe,
suplicando luimilmente al espiritu santo de donde todos
los bienes deçienden que tanto vos faga prudente e sabio
e exçelente en toda vertud quanto vos fizo de muy pre-
clarisima e alta estirpe nacer, por que estos reynos, que
asi luengamente han estado en tanta confusion e cliscordia,
por vuestra mano seaD reformados en paz, e concordia, e
justiçia légal por que a muy luengos tienpos cle gloria
perpétua e loable memoria seays mereeiente. »
Ce traité est accompagné de copieuses notes marginales .
Fol. 124-128 blancs.
VIII. Fol. 129 : Comiença la epistola de san Bernaldo
a Reymundo cauallero, su sobrino, de la mariera e forma
que se deue régir la persona e la casa efa.zienda e dize asi :
a Virtuoso e generoso cauallero, pedistes me os escriuiese
la forma e manera del regimiento quel onbre deue tener
en su persona, e casa, e fazienda, a lo quai respondo e
fago saber que aunque todas las cosas del mundo e todas
las negoçiaçiones esten sujebtas a la fortuna, segun lo
dizen los philosophos. . . »
Fol. 131. Explicit: « beuera con el tal marido el vaso
de dolor que ella deseo e busco a lo quai la traen en los
mereçimientos de su mala vejez. Deo gracias. »
Fol. 132 blanc.
IX. Fol. 133: ((Las cosas que acaecieron en Seuilla e en
Cordoua e ^u tierra de que no ay memoria de tan grandes
danos etçetera. »
a Primeramente acaesçio en Seuilla que subio tanto la
creçida que con un palmo que subiera mas pereciera tocla
la cibdad. »
Description des dégâts causés par l'inondation à Séville.
Après la première description, un autre paragraphe : a Lo
que se perdio al derredor de Seuilla : Perdieronse mu-
chas mercaderias que estauan en fustas amaradas a los
muros de la cibdad e perdiose un lugar que se dize . . . ))
Fol. 133 v°. Explicit : « salio un ombre del meson a
1\ BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANK
una venta a fcomar una barca e rebatolo <il agua e lleuolo un
fciro de piedra . »
Fol. KM blanc.
Fol. 135 et 136 sont occupés par deux lettres.
X. Fol, 135. Caria de Sancho de Torres a Fernando
de la Tore quando partia a Jerusalen e despues a Rodes
para tomar el abito de la horden de San Juan .
«Mi buen seftor e gracioso <> verdadero amigo, ya creo que
sabes como mediante nuestro seftor yo fago e tengo en-
treprendido, con deliberaçion <i mandado del conde mi seflor,
cl viage siguiente, primeramente a la cibdad de Seuilla e
alli cnuarcar fasta Genoua e despues a Roma e a Jeru-
salen (sic) y en conclusion a la cibdad de Rodes. . . »
Explicit : « al tienpo que yo me parto para Jerusalen
e Rodas.)) À la suite: Repuesta de Fernando de la Torre\
(( Que partimiento de amores, o quai absenria de debdos, o
que desterramiento de recre[a]çion (?) natural mi singular
seilor e grande amigo . . . »
Fol. 136 v°. Explicit : « escrita e malhordenada del sitio
e real çerca de Benauente, a diez dias de março de qua-
renta e nueue anos. )) Suit une pièce de vers composée de
quatre strophes de dix vers et d'un envoi de six : « Por fin
de la carta :
» Vuestra partida senor
» Para tan estrana parte. . , ».
Fol. 137. Explicit :
« A Castilla os torne Dios
)) De Torres don Sancho e nos. »
XI. Fol. 139 : Tratado de prouidençia contra fortuna
. conpuesto por Mosen Diego de Volera, dirigido a. . .
a Acuerdome, muy magnifico senor, auer leydo un dicho
de Sen[e]ca que dize : enfonces los consejos saludables
busca quando la fortuna mas riente se te muestra, ca la
fortuna es de vidro e quando mas resplandeçe entonces
se quiebra, e con esta dotrina concuerda Caton di-
ziendo. . . ».
Fol. 142. Explicit : « que un coraçon de leal amigo o fiel
seruidor no se puede por preçio conprar. »
XI. SALLUSTE 75
Fol. 142 v° et 143 blancs.
XII. Fol. 144 : « Siguese una proposition o arenga pro-
puesta en latin antel muy y lustre principe don Alonso
rey de Portugal, la quai es laprimauera (sic) de très perpu-
siçiones que antel Jueron Jechas, par Juan Jufre de Au-
uergnese, enbaxador de los senores duque e duquesa de
Borgona, e fue propuesta en Euora, a ueynte e quatro de
nouiembre aho de mil e quatro çientos e quarenta e nueue,
trasladola de latin en romance caslellano, Martin de Auilay
por seruiçio del muy maniflco senor don Inigo Lopez de
Mendoça, marques de Santillana, C onde del Real, »
Texte : « Tenprança por çierto difiçile y tal que segun
veo yncurrira en varios e diuersos razonamientos, muy exce-
lente rey, demanda y requière el cargo e mandado a nos
ynpuesto, ca nos son delante pro[p]uestas dos muy diuersas
y diferentes . . . »
Fol. 150. Explicit: « tu que aun perdonarias a tus ene-
migos no denegaras misericordia al (sic) sangretua. »
Fol. 150 v° blanc
XIII. Fol. 151. Texte sur deux colonnes, petite écriture:
Vegeçio de re militare. Prologue du traducteur, Fray Al-
fonso de Sant Cristobal, maestre en theologia.
Incipit : a Muy alto e muy claro principe poderoso don
Enrique . . . »
Explicit : a que es perpétua per ynfinita secula, amen. »
Au-dessous : « La primera parte desta obra es declarar e
romançar los libros e diclios de Vegecio segun que lo dize,
e por ende es a saber que Vejeçio toda su obra parte en
quatro libros e cada libro parte por capitulos e cada libro
faze un prologo, que es como arenga, segun costumbre de
los sabios que conponen obras e ante que vengan a tratar
en estos libros, faze un prologo comun a toda la arte de
caualleria, el prologo comun a todos los libros suyos e a
toda la arte es este que se sigue : (Prologue de Vegèce)
Todas las cosas por costumbre de cada dia e por uso apro-
uechan e se acreçientan e esto es verdad non solamente. . . »
Fol. 151 v°. Explicit: « de los dichos de los otros, espe-
çialmente destos que suso son nonbrados.»
Suit un commentaire du traducteur, suivi par un autre
70 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
commentaire allégorique et spirituel celui-là : « Spiritual
mente fablando, sigun, las batallas corporales, deuemos usar
de arte de caualleria mucho mas en las batallas espirituales
que auenios con el diablo, ca toda nuestra vida es caualleria
e continua batalla segun dize Job, en el su libro en el capi-
tulo citado. » Ce commentaire allégorique finit au fol. 151
v° par « para pelear contra lus enemigos espirituales. »
Suit la table des IV livres et des 27 chapitres du livre J,
cette table occupe le recto du fol. 152.
Fol. 152 v°. Prologue du livre I de Végèce : a Costunbre
fue en los tienpos antiguos de mandar los principes e los
grandes senores que los grandes estudios. . . »
Explicit : « e por que tu en esta obrezilla falles todas
aquellas cosas que son neçesarias para esta arte. »
Même folio, B. Commentaire ordinaire du premier cha-
pitre de Végèce: « No fallamosotra cosa porque losRomanos
ouiesen sojuzgado todo el mundo saluo por uso grande
de las armas . . . »
Explicit, fol. 153, A.: « aparejada para la muerte. »
Le commentaire allégorique suit et va jusqu'au fol. 153 v°.
Chapitre n de Végèce, même verso. Incipit : « Para que
ordenadamente vaya . . . »
Explicit : « en las posadas viles falleçe el buen seso
en la lid . . . »
Suivent les deux commentaires. Ce fragment de Végèce
finit par les derniers mots du commentaire allégorique du
chapitre n: «. . .ca sienpre les remuerde e no la traen clara
mas negra. »
Fol. 154, 155, 156, blancs.
XIV. Fol. 157. Titre : La caria primera.
« En el nonbre de Dios e de la bien auenturada madré
suya e del apostol Santiago lo que vos Querella porse-
uante, diredes a Don Aluaro de Luna condestable de
Castilla e al arçobispo de Toledo su hermano, de parte de
de nos Don Fadrique Almirante mayor de Castilla e Don
Alonso Pimentel condede Benauente, es esto que se sigue :
Que nosotros supimos que ellos eran venidos sobre Casa-
ruuios lugar de mi el dicho almirante e aunque ellos e
algunos de los que en su compania venian.. . »
XI. SALLUSTE 77
Explicit : « fecha en Guadarama a vente e un dias de
hebrero aïio del nacimiento de nuestro senor Jhs. de mill e
quatro cientos e quarenta e una, nos. »
XV. Respuesla de la primera : « En el nonbre de aquel
en cuya virtud biue e reyna el rey e prospéra e vence todos
aquellos. . . ».
Incipit : « Lo que vos Auanguarda auedes de dezir a Don
Fadrique Almirante mayor de Castilla e a Don Alonso
Pimente! conde de Benauente mi (lire su) hermano, aunque
no quiera, es lo que se sigue : que les fago saber que Que-
rella pasauante (1) me trayo una carta suya, de amos a
dos, firmada de sus nonbres e sellada con sus sellos, en la
quai se contenia que ellos auian sabido como mi senor her-
mano el areobispo e yo eramos sobre Casarubios lugar del
Almirante ...»
Fol. 157 v°. Explicit: « e por que desto seades creydo
firme en esta carta mi nonbre e sellada con el sello de mis
propias armas. »
XVI. Fol. 158. Fragments du Cérémonial de Principes de
Diego de Valera ; tous ces fragments, sont relatifs au titre
de marquis, à ses origines, à son importance et aux céré-
monies qui accompagnaient l'investiture du titre.
XVII. Fol. 158 v° : Traslado de una carta del rey e reyna
nuestro[s] senores para Mosen Diego de Valera :
(( El rey e la reyna . »
« Mosen Diego de Valera, porque nos queremos fazer
merçed al mayordomo Anclres de Cabrera de titulo de
marques, con todas aquellas cirimonias e actos con que
se acostumbra y deuedar, y vos esto sabeis mas que algu-
nos otros, vos mandamos que por seruicio nuestro luego
nos enbies por escrito la forma que en ello se deue tener... »
Signé : « Fernan Aluarez por el rey e la reyna, » daté
de Tolède « a seys de Julio de ochenta aftos ».
XVIII. Fol. 158. Réponse : « Muy altos e muy esçelentes
principes serenisimos rey e reyna nuestros senores. Oy
1. Ici pasauante est certainement mis pour porseuante que nous
trouvons plus haut et tous deux doivent se lire persctante.
78 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
domingo a mediodia reçebi una letra de vuegtra alteza
por la quai me manda en espreso. . . » Etc.
Suit m» bref exposé des origineè du titre de marquis. Il
expose qu'autrefois on préférait le titre de marquis au titre
de comte, et il décrit a nouveau la cérémonie, ;i peu près
comme elle est décrite dans la pièce du manuscrit K-136, où
est racontée la cérémonie dans laquelle on conféra & tfiigo
Lopez de Mendoça le titre de marquis de Santillane.
Cette lettre de Dtego de Valera finit au fol. 159 par :
a esto es înuy poderosos principes lo que <in este caso lie
leydo e visto algunas vezes en obra ponerse. De Segouia, el
dia que la letra de vuestra real magestad, que nuestro
seflor a su seruicio îimy luengamente conserue <i prospère
sus reynos e seûorios acrecentando. »
Fol; 159 v« blanc.
Nous avons copié clans ce manuscrit un certain nombre de
pièces qui nous ont paru intéressantes pour l'histoire litté-
raire du XV0 siècle et que nous publions à la suite de cette
notice dans Tordre suivant :
I. Prologue de Vasco de Guzman, traducteur du De
conjurations Catilinae, adressé à Fernan Perez de Guzman,
seigneur de Batres.
IL Dédicace que Bessarion fait, au roi Jean II de Castille,
de sa version latine d'une homélie de saint Basile.
III. Prologue de fray Alfonso de Sant Cristobal, traduc-
teur du De re militari de Végèce, au roi Henri IV.
Aqui comiença el libro llamado Cathelinario e Jugurtino en
(jue contiene alguna suma de los f échos Romanos el actor.
Segund cuenta sant Geronimo los ingenios pequeiios non sufren
grandes materias. E como quier que loenticndo començar a grande
ruego e afincamiento de ti Fernand Perez de Guzman cauallero
noble e zeladorde saberlos grandes e antiguosfechos por la sabidu-
ria de los quales elentendimiento de los que, con derecha voluntad,
XI. SALLUSTE 79
estudian de acresçentar el bien publico. E auisando a mi, rudo e no
platico de los fechos, sea graue por auer de fazer aquello a que mi
pefiola no basta, al quai conuenia antes, con Geremias, dezir :
Senor Dios no se fablar, ca nioço soy, que non, con Ysayas, ofre-
çerme a dezir mandamiento. Pero confiando en aquel que las len-
guas de los ninos faze ser bien fabladas, e que los labrios de la sin
razon asna abrio, que abrira a mi elentendimiento para quepueda
fablar lo que entiendo escreuir a su seruiçio, usando a manera de
nino o tartamudolos quales quieren e cobdiçian fablar lo que oyen,
aunque no puedan formar la palabra acabadamente, auiendo esso
mismo fiuza que parte de los yerros tomara en cargo la nobleza, o
para los'emendar, o los defender de las saetas de los que non saben
si non mal fablar a los quales quanto de mi parte una palabra de
un viejo poeta les pongo delante que dize : dexen el mal dezir
porque no conosean sus malos fechos. Ca yo en poco tengo ser
juzgado de los que dizen del mal bien e del bien mal, segund dize
sant Pablo. Pero todauia someto mi obra a seso y juyzio de los
mas entendidos aparejando, como Sant Agostin dize, a ser ense-
nado de chiquito de VII ano[s], que quiere dezir chiquito en
çiençia.Ca tu sabesbien, varon noble, que, si tus ruegos cessaran,
presunçion no hiziera mouer la pendola folgada, pues sabia que
al que enfermos mienbros ha, la carga ligera le es graue. Pero
no te puedo negar lo que mi flaqueza pudiere. Resçebiras, por
ende, tu e los que leeran, la voluntad con que se fizo, mas que la
obra enojosa, no en si, mas por mengua de trasladador .
Voici ce que l'infant Don Gabriel de Borbon dit des pre-
mières traductions espagnoles de Salluste, dans la préface
de sa version publiée magnifiquement à Madrid, chez Joa-
chim Ibarra, en 1772 :
P. 2 et 3 : « Y quando todavia los Griegos no havian re-
)) novado en el Occidente el buen gusto de la Literatura, ya
)) entre nosotros Vasco de Guzman, a ruego del célèbre Fer-
» nan Perez de Guzman seûor de Batres, havia heclio la
» traduccion Espanola de este autor, que cito algunas veces
)) en mis notas, y se liai la manuscrita en la real biblioteca
)) del Escurial (G. Plut. III, n° 11) obra verdaderamente
» grande para aquellos tiempos, y de que no tuvo noticia
» D. Nicolas Antonio. De ella desciende la que en el ano
)> 1529 publico el maestro Francisco Vidal y Noya el quai,
)) especialmente en el Jugurta, a penas hizo otra cosa, que
)) copiar a este autor aunque no le nombra. Otra hizo Ma-
80 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
» miel Sueiro, que ses imprimio en Àmberes en el aflo 1615.
» Y es bien de notar la estimacion cou que se recibieron en
)) Espafia estas traducciones: pues la de] maestro Vidal y
)) Noya, o bien se llame deVascode Guzman, se imprimio
» très vecesen poco masdetreinta aûos. »
loi l'infant Don Gabriel s'est trompé: le succès de cette
traduction a été beaucoup plus considérable qu'il ne le pen-
sait, etil fautajouter, aux trois éditions qu'il cite (Logrofio,
1529 — Médina (loi Campo, 1548 — Amberes, 1551 , colles
de Saragosse chez Paul Hurus de Constance, en 1493, celle
de Valladolid, chez Juan de Burgos, 1500(Salvâ, Cciialogo,
p. 434, notes au n° 2791, tome II), el celle de Valladolid
chez Guillen Brocar, en 1519 (Cf. Gallardo, t. IV, e. 101?,
n°4292; sous le n° 4291, Gallardo cite aussi l'édition de
Saragosse, de 1493). Toutes ces éditions contiennent, comme
nous l'avons vu, la version de Vidal de Noya, qui n'est qu'un
remaniement de celle de Vasco de Guzman.
Amaclor de los Rios [Obras del Marques, p. 634, Biblio-
teca, § C) consacre à Salluste l'étrange notice que nous
reproduisons ici : « C. Salustio (Cayo Crispo). Este histo-
)) riador romano, tan cligno cle elogio por sus obras como
)) de reprension por sus costumbres, fué traducido al cas-
)) tella.no à instancia del marqués de Santillana por su hijo
» Pero Gonzalez de Mendoza [Crônica del Gran Cardenal,
)) cap. xvi). Consérvase en la bibl. de Osuna, bien que sin
» haber pertenecido à la del Infantado, un excelente codice,
)) castellano, fol. menor, escrito en papel à fines del siglo XV
» ô en losprimeros anos del siguiente, el cual lleva por titulo
)) Salustio, y se juzga ser la traduccion referida. »
La dédicace du traducteur à Fernand Perez de Guzman
n'aurait-elle pas dû, dès les premières lignes du fol. 1,
avertir l'auteur cle YHistoria critica qu'il était sur une
fausse piste ?
XI. SALLUSTE 81
II
Prolog o (1)
[A]l serenisimo e ylustrisimo principe e excelentisimo sefior don
Johan, por la gracia de Dios Rey de Castilla e de Léon etçetera,
Basarion, presuitero cardenal de la yglesia de los santos doze apos-
toles, Viceno (2) de grecia. Como, por comun testimonio de todos,
serenisimo principe esefior,yo aya entendido la religion, deuoçion,
piedad, mansedunbre easimesmo la altaclemençia e las otras vir-
tades con las quales adornaste e guarneçiste el tu animo, pense en
como yo esomismo dièse alguna cosa de nueuo a la tu religion e
deuoçion, por ende de las fuentes de los griegos, clonde mano toda
la çiençia, traslade en latyn el présente tratado por gracia de tu
serenidad, el quai, como sea lleno e copioso de moralisimas e
muuchas (sic) graues sentençias e tu seas muy honrador e
amador de virtudes, pareçiome, si no so enganado, aure bien
considerado ser a ti conuiniente este pequeno présente el quai
conpuso aquel muy bien auenturado e muy santo Basilio, de los
griegos sapientisimo doctor, arçobispo çesariense, para una expia-
naçion de una actoridad tomada del XV0 Capitulo de Uterono-
mino (3) la quai se ha en latyn por taies palabras : guardate por
ventufra] no entre ascondidamente en ti mal pensamiento e oigas
en tu coraçon: acercase el ano seteno de la remision, mas sialguno
quiere trasladar la tal actoridad segund que en griego yase, dize
en griego : para mientes sobre ti mesmo que por ventura non se
faga en tu coraçon oculto o mal pensamiento e digas: acercase etc.
E caso que ambas estas trasladaçiones tornan en una mesraa cosa
e por quanto el bien auenturado Basilio la espone segund la
griega escriptura, otrosi, por quanto la su explanaçion se apropia
mas a este seso, por ende nos esomesmo lo trasladamos asi, e, en
lugar de la palabra que dize guardate, posimos para mientes sobre
ti mesmo e por quanto principalmente se funda sobre aquesta
palabra toda esta escritura. Toma pues, principe serenisimo, este
pequeno présente a ti ofreçido, por çierto de gran fuente de caridad
e de afecçion açerca de tu serenidad, e cuenta entre los tuios al
ofreciente, rey bienauenturado, serenisimo principe e ylustrisimo
senor.
1 . Très mauvaise copie, le scribe, certainement un Espagnol du XVe siècle,
semble avoir copié sans comprendre.
2. Corr. Niceno.
3. Corr. Deuteronomio *
6
82 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUA DE SANTILLANE
Ce prologue est intéressant surtout parce qu'il noua
apprend que le grand cardinal fut en relations littéraires
directes avec le roi Jean II de Castille.
III
Prolof/o
Muy alto e muy claro principe, poderoso don Knrique, por la
gfàçia de Dios rey de Castilla, de Léon, deToledo, de Galizia, de
Seuilla, deCordoua, de Murçia, de Jacn, del Algarue, de Algezira
e senor de Vizcaya e de Molina, al quai Dios dexe beuir e reynar
por muchos tienpos a su seruiçio, \ o fray Alfonso de Sant Cristoba)
maestro en tchelogia (sir), vuestro seruidor e vuestro deuoto orador,
beso homilmente vuestros pies e vuestras manos e me encomiendo
en vuestra muy alta merçed como de mi senor natural. Senor por
quanto fue la vuestra merçed de me mandar romançar, ;el libro) en
vuestro lenguaje^ el libro e la obra que fizo Vegeçio de la caualleria
e de la arte de las batallas, e yo viendo e considerando que non tan
solamente auedes vos, e (en; todos los fieles catolicos, batalla corporal
contra los enemigos que veemos que son corporales, mas aun
contra los enemigos que no veemos que son espirituales. segun
dixo el apostol sant Pablo en la epistola que enbio a los Ephesiofs]
en el capitulo sesto ado dize asi : « non este nobis collutatim
dauersos carnen et sanguinem solun sed aduersos principes ed
potestates tenebrarun qui abritabit yn celestibus » (sec) que quiere
dezir que no solamente auemos guerra contra los enemigos que
son de carne e de sangre mas aun auemos guerra contra los prin-
cipes e poderios que moran en el ayre tenebroso que son los ene-
migos del aima ; otrosi considerando que en el fecho de la caualleria
e de las peleas no solamente fablo Vegeçio mas otros muchos sabi-
dores dixeron muy muchas cosas en esta razon que concuerdan
conla que dixo Vejecio, porende ayudando me el senor Dios pense
de partir esta obra en très partes : la primera parte fablara e dira
lo que dixo Vejeçio en sus libros, començando los mas claros mente
que yo pudiere (corrigez : comentandolos [lo] mas claramente
que yo pudiere). la segunda parte sera bien como glosa puesta en
la margen del libro, que es de dichos de los sabidores que con-
cuerdan con lo que dize Vejeçio e declaran sus dichos en algunos
lugares, la tercera parte sera puesta ayuso, que fablara espiritual-
mente trayendo los dichos de Vejeçio a las vezes a las virtudes e a
los pecados e a las costumbres desta vida en que beuimos e asi
XI. SALLUSTË 83
sera esta obra en algunos lugares de batalla espiritual, porque no
tansolamente sepades senor quai es la çiençia de pelear corporal-
mente mas espiritualmente, en manera que el vuestro espiritu se
délecte en el senor Dios, que es vida perdurable para sienpre, en
guisa que reynedes en esta vida por muchos tienpos a su seruiçio,
despues en la otra vida que es perpétua per ynfinita secula, amen.
Dans la bibliothèque de Don Marcelino Menéndez y Pe-
layo nous avons pu voir un autre manuscrit du XVe siècle
du Végèce de fray Alfonso de San Cristôbal dédié au roi
Henri IV. Tandis que le KK-46 ne nous conserve de cet
étrange travail qu'un chapitre entier et le tiers environ du
chapitre II, le manuscrit de Santander est complet, les quatre
livres y sont traduits ; le premier seul est accompagné de
gloses spirituelles. Alphonse a épuisé dans cette première
partie toutes les ressources de l'allégorie moralisatrice, et il
se contente de traduire,, sans plus, les trois derniers livres.
Nicolas Antonio [Bîbl. nova, t. I, p. 792) cite une tra-
duction de Végèce faite, vers 1601, par le capitaine D. Juan
Venegas Quixada et qui est restée inédite.
Le seul Végèce en castillan qui soit imprimé est celui de
D. Jaime de Viana, cadet du régiment de la garde royale
d'infanterie, qui Ta dédié à ses condisciples; cette version
parut à Madrid, en 1764.
XII
OVIDE
(Osuna : Plut. V. Lit. N, n° 20; Rocam. n° 168; Bibliot. Nat.
Madrid, Ii-97)
Pierre Berçuire, Morales de Ouidio. En castillan.
Manuscrit de 227 feuillets, plus 3 feuillets blancs au début,
et 1 à la fin, papier et vélin, non folioté, numération des
livres en rouge. Signatures 1-6, de A à T. Beaucoup de
lettres ont disparu. Écriture du XVe siècle. Format
288X213 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1. Le texte ouvre par un A énorme, enjolivé de des-
sins à la plume.
Incipit : « Algunos de la verdat desuian su oydo e con-
uertense a las fablas... »
Ce prologue occupe les folios 1, 2 et quelques lignes du
fol. 3; au-dessous commence l'ouvrage. Rubrique: Figura
de Saturno e su moralizaçion. Texte : « Como los antigos
muchos Dioses ouiessen puesto, e algunas virtudes de las
cosas dioses creyeron ser e asi les Uamaron, asi como el
tienpo quelo entendieron ser por Saturno, e la durabilidat
por Jupiter... ».
Fol. 226 v°. Explicit : « de las fablas o tractar, e asi
es la fyn, a Dios gracias. Amen. »
Fol. 227. Ce feuillet porte des maximes d'Aristote, Ovide
et Caton écrites avec le plus grand soin. Au-dessous, en
lettres gothiques ornées :
(( Alfonsus Zamorensis me escripsit in decretis bâcha-
larius. »
Fol. 227 v°. Rubrique : Lictera Bononiensis. Omnium
habere memoriam et in nullo penitus errare pocius diuini^
XII. OVIDE 85
tatis quam humanitatis est, Zamovensis Alfonso Bâcha-
larius.
Ci-après ' nous donnons la table, telle que nous l'avons
dressée en parcourant l'ouvrage, avec la première rubrique
de chaque livre. Ce volume a été certainement une des
sources où le Marquis a le plus puisé pour se renseigner
sur les sujets mythologiques. On reconnaît fréquemment
dans ses citations la manière de Pierre Berçuire.
Morales de Ouidio. Prologo, fol. 1-3; figura de Saturno
e su moralizacion, fol. 3-7 y0) figura de Jupiter e su mora-
lizacion, fol. 7 v°-10 v° ; figura de Mars e su moralizacion,
fol. 10 v°-ll y0 -figura del solcon su moralizacion, fol. 11 v°-
15 y0; figura de Vénus e su moralizacion, fol. 15 v°-17v°;
figura e moralizacion de Mercurio, fol. 17 v°-19 y0; figura
e moralizacion de Diana, fol. 19 v°-20; figura e morali-
zacion de Miner ua, fol. 20-21 y0; figura e moralizacion de
Juno, fol. 21 v°-23 y0; figura e moralizacion de Sibeles, fol.
23v°-24v°; Vulcano, fol. 24 v°; Neptuno, fol. 24 v°-27;
figura e moralizacion de Priali, fol. 27-28 y0; figura e mo-
ralizacion de Bacho, fol. 28 v°-29; figura e moralizacion
de Pluton, fol. 29-34; moralizacion de las penas infer-
nales, fol. 34-35 v°; Belides, fol. 35 v°-38.
Fol. 38 v°, livre I : Aqui comienea el capitulo segundo
del primer libro. Suite de la moralisation des dieux.
Fol. 49 v°, livre II : De lafabrica de la casa del sol.
Fol. 67, livre III : El libro terçero e capitulo cuatro
comienea : « Jamque deposita, etc. Dize Ouidio que despues
que Cadino fijo del rey Agenor. >;
Fol. 79 v°, livre IV : Aqui se pone toda la estoria de
Piramo e Tisbe. E nota que aqui gaze sotilmente occultado
el secreto de la alquimia.
Fol. 101, livre V: Como entre Perseo e Andromecla,
librada por el de la bestia, solenpmes bodas fueron cere-
bradas.
Fol. 112, livre VI : De como Palas torno a Aragnes en
araha.
Fol. 125, livre VII : De Jasson e sus compaheros o de
lo que les acaesçio en la ysla de Colcos con el rey Fyneo.
86 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DR SANTILLANE
Fol. 144 v°, livre VIII: De çomo Mi nos j por trayçion
délia frja de Mso, mato aNiso e le corto la cabeça e de lo
que, etc., etc.
Fol. 158 v°, livre IX: Aqui se due de corno Atheolonon
dios del Rio conio a Theseo laconquista, etc., etc.
Fol. 173, livre X: De Orfeoede Erudiçen su muger e
de corno con su melodioso taher la sacaua de los infierno*
e de corno laperdio.
Fol. 186, livre XI: De Midas et de su loca petiçion al
dios BàcOj etc.
Fol. 193 v°, livre XII: Del sueno de Eucuba enprenada
de Paris.
Fol. 200 v°, livre XIII: De aqui adelante todo lo mas
Tabla de los j échos de laestoria troyana, porque son cornu-
ries non los intitule
Fol. 210, livre XIV.
Fol. 226 v°, livre XV.
J.-B. Hauréau, clans son Mémoire sur un commentaire
des Métamorphoses d'Ovide (Mémoires de V Académie des
Inscriptions et Bell es- Lettres, tome XXX, 2e partie), a
lumineusement démontré que ce commentaire si goûté,
attribué à Nicolas Triveth, à Robert Holkot, à Thomas de
Galles ou Thomas Walleys, cité par Colard Mansion dans
sa traduction française de cet ouvrage en 1484, et imprimé
sous son nom, en 1511, par Josse Bade, est l'œuvre de Pierre
Berçuire, le traducteur bien connu de Tite-Live.
Ce commentaire forme le XVe livre du Reductorium du
savant bénédictin, ami de Pétrarque. Berçuire a fait de ce
commentaire deux rédactions, la première a été écrite à
Avignon, où il séjourna de 1320 à 1340, entre 1337 et
1340; la seconde a été terminée à Paris en 1342. La version
castillane qui nous occupe a été faite sur un manuscrit de
la deuxième rédaction. En effet, on sait que dans le prologue
de la première rédaction, Pierre Berçuire dit : « Non mo-
)) veat tamen aliquem quod dicunt aliqui fabulas poetarum
» alias fuisse moralizataset ad instanciam domine Johanne,
» quondam regine Francie, dudum in rithmum gallicum
» fuisse translatas, quia rêvera opus illud nequaquam me
» legisse memini ; de quo bene doleo, quia ipsum invenire
XII. OVIDE 87
)) nequivi. Illud enim labores meos quam plurimum robo-
» rasset, ingenium meum etiam adjuvasset. Non enim fuis-
0 sem dedignatus exposiciones in partibus multis sumere et
)> auctorem earum humiliter allegare.
Berçuire fait ici allusion à Y Ovide moralisé de Chrétien
Legouais de Sainte-More, près Troies. Voyez sur ce poème
de près de 70.000 vers, et aussi sur Berçuire, la magistrale
étude de M. Gaston Paris (Histoire littéraire de la France ,
t. XXIX, p. 455-525 : Chrétien Legouais et autres imitateurs
d'Ovide).
Dans la seconde rédaction, le passage du prologue de
Pierre Berçuire, cité ci-dessus, a été modifié comme suit :
a Non moveat aliquem quod fabule poetarum alias fuerunt
» moralizate et ad instanciam illustrissime domine Joanne,
)) quondam regine Francie, cluclumin rithmis gallicis trans-
)) late, quia rêvera opus illud non videram quousque trac-
» tatum istum penitus perfecissem. Quia tamen, postquam
)) Avenione redivissem Parisius, contigit quod magister
)) Philippus de Vitriaco, vir u tique excellents ingenii,
» moralis philosophie historiarumque et antiqui tatum ze-
» lator precipuus et in cunctis mathematicis scientiis eru-
)) ditus, dictum gallicum volumen mihi obtulit, in quo
» proculdubio multas bonas exposiciones tam allegoricas
)) quam morales inveni; ideo ipsas, recensitis omnibus, si
)) eas antea non proposueram, suis in locis omnibus assi-
» gnare curavi, quod satis poterit perpendere prudens lec-
)) tor. )) Et voici comment ce passage du prologue de la
seconde rédaction a été rendu par l'anonyme traducteur
castillan. Ce fragment suffira à donner un aperçu de la
littéralité de cette version.
(Fol. 2) « Enpero non se mueua alguno a dezir que las fablas de
los poetas otra vez fueron moralizadas e a contenplaçion de la muy
eselareçida(fol.2 v°) doua Juana, que fue reynade Françia, estonçes
en rimicos dezires fueron trasladas. Ca la verdat es ca aquella
obra vo non viera fasta que aqueste tractado yo dei todo ouiesse
fecho, mas, despues que de Avinon tome a Paris, acaesçio que
maestre Filipo de Vitriaco, varon en verdat de excellente ingenio,
de la moral philosophia e de las antiguas estorias adelantado y
entodas las mathematicasçiençiasbienentendido, el quai el franges
88 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
volumen me traxo, en el quai siri duda muchas buenas exposi-
çiones asi allegoricas como morales falle. E por tanto ellas (lire
e las) reuisitadas todas, en caso que antes non las propuse, en bu
lugar cure de las asignar lo quai asaz puede entender el prudente
lector, ca comunmente quantas vezes del dicho libro alguna cosa
tomo de lo espremir o alegar non pospongo, » etc.
XIII
VIRGILE
*A
Virgile, Enéide, traduite en castillan par Enrique de
Villena.
Le Catalogue des manuscrits espagnols de la Bibliothèque
Nationale de Paris, publié par M. Morel-Fatio cite sous
le n° 618 :
« La Eneyda de Virgilio. » Ce manuscrit contient les
» livres IV à XII de la traduction en prose d'Enrique de
» Aragon.
» Deux lacunes, de deux feuillets chacune, entre les fol.
)> 30 et 33, 303 et 306. Quelques gloses marginales en latin.
» Souscription finale fol. 311 : « Este dicho libro de la
» Eneyda escrivio Juan de Villena criado del senyor Inyigo
)) Lopez de Mendoça, senyor de la Vega, e lo acabo sabado
» primero dia de setiembre, en la villa de Guadalfajara,
» annyo del nasçimiento del nuestro Salvador Jesu Christo
» de mill e quatrocientos e treynta e seys annyos. »
» Le fol. 1 contient le commencement du cliap. XIII du
» livre IV jusqu'aux mots : « Guay que, » le verso est
» blanc; ce même chapitre se trouve, d'ailleurs, en entier à
» sa place, au fol. 16. ))
On sait que Ochoa, dans son Catalogue (p. 375), en parlant
de ce manuscrit, a pris le copiste pour le traducteur. Amador
de los Rios (Hist. crit.y t. VI, p. 30) a relevé cette erreur.
Dans la lettre a son lils, le Marquis dit : « A ruego é iris-
» tançia mia, primero que de otro alguno, se han vulga-
» riçado en este reyno algunos poemas, asi como la Eneyda
» de Virgilio », etc., etc. Or, on sait, par Y « Advertencia »
qui précède sa traduction, qu'Enrique de Villena traduisit
l'Enéide à la prière de l'infant D. Juan, roi de Navarre et
plus tard d'Aragon, qui, s'étant fait lire la Divine Comédie,
90 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
fut frappé du rôle qu'y jouait Virgile et désira connaître
l'œuvre de ce poète. Ceci eut lieu en 1427.
D'autre part, dans ce qui nous reste de YArtede trobar
écrit vers 1417, nous trouvons déjà la traduction de Virgile
mentionnée parmi les nombreux travaux de don Enrique.
Pour expliquer les paroles du marquis de Santillane,
Amador de los Rios suppose que [fiigo Lopez joignii ses
prières à celles dç don Juan pour obtenir la traduction de
Virgile, ou que peut-être ce fut lui qui donna au roi l'idée
de s'adresser à Enrique de Villena.
Nous croyons (pie M. Cotarelo y Mori dans son étude
sur Enrique de Villena (p. 87, n. 1 a donné la solution de
ce petit problème. « Si, dit-il, nous pouvons nous lier à
Y Ar te de trobar, don Enrique aurait été engagé, à traduire
l'œuvre de Virgile, deux fois en dix ans : la première l'ois
par le marquis de Santillane en 1417, et la seconde fois par
le roi de Navarre en 1427. »
B
(Rocam. n° 206; Bibliot. Nat. Madrid, Ii-102)
1. Virgile, Abrégé de ÏÉnêide. 2. Giordano Ruffo,
Mascalcie E quorum. En italien.
Manuscrit de 52 feuillets, plus 1 blanc, vélin, grandes
marges, très mené, réglé à 41 lignes, à deux colonnes, écri-
ture du XVe siècle. Lettres ornées, au bas du fol. 1, un écu
d'armes portant : d'or, à cinq bouquets de fleurs feuillées au
naturel (cf. notice XLIX, ms. Ii-33 — notice IV, ms Ii-9 —
notice XXVI, ms. Ii-36). Format 340X240 mm. Reliure de
parchemin .
I. Fol. 1. Incipit : Incominciasi il libro di Virgilio, il
quale parla d/Enea troiano : « Arbitrasti che li excellent!
facti e le uirtuose opère delli antichi Romani. .. . »
Fol. 30 v°. Explicit : « con pianto fugge indegnata per
lombre. — Finisce lastracto delleneyda. — Di questo Pallas
scriue frate Martine, nella sua cronica Martiniana depapi et
delli Imperadori, che nel tempo del secondo Enrico délia
magna, il quale fiori passatiM.anniet piue dalla incarnatione
XIII. VIRGILE 91
di Xpo, chelli si trouoein uno auello nel paese di Roma tutto
armato lacui fedita apparia ancora freschaet auea una lu-
cerna tutta ardente sopralcapo laquale con grande industria
sispense.» — Fol. 31 blanc. C'est la vulgarisation de Y Enéide
due à ser Andréa Lancia, notaire florentin, dont le texte a
été publié par Fanfani, en 1851, sous le titre de : Compi-
lazione délia Enéide di Virgilio fatta volgare in sul prin-
cipio del sec. XIV da se?' Andréa Lancia notaro Fioren-
tino (Cf. Zambrini, Opère Volgari a stampa clei secoli
XIII e XIV, col. 1054.
II. Fol. 32 : Incipit liber Mascalcie Equorum. « [CJoncio
sia cosa clie intra tucti li animali creati. . . »
Fol. 50, B. : « [Q]uesta opéra fece lo eaualiere calaurese
cum grandissimi studi. » Suivent des recettes. Fol. 51, la
moitié manque. Fol. 52, la marge est endommagée. Même
folio v° A. Explicit : « et incontenente fie guarito e questa
e cosa prouata. »
Compiuto e lo libro de la mascJialcia de 'caualli \ lo quale
contiene in se rnolto buone medicine e molto buone cure de
le phi fini e de le phi optirne del mondo. Deo grattas —
Amen.
Il s'agit ici d'une version du fameux Liber de cura equo-
rum, compositus a Jorclano Rufj'o milite calabrensi et /ami-
liari Friderici II Imperatoris, si répandu au moyen âge.
JJ Hippiatria Jordani Ruffi Galabrensis a été publiée
par Girolamo Molin à Padoue, en 1828, in-8°. L'éditeur parle
des traductions italiennes de cet ouvrage.
XIV
TROGUE POMPÉE
(Osutia : Plut. V. Lit. N, n° 30; Rocam. n" 178; Bibi. Nat.
Madrid, Ii-130)
1. Justin, Abrège de Trogue Pompée. 2. Sénèque, De
moribus. En castillan.
Manuscrit de 226 feuillets, plus 5 feuillets blancs au
début, 2 à la fin, papier, non folioté, réglé à 26 lignes, écri-
ture du XVe siècle, à deux colonnes, rubriques. Capitales
ornées et initiales de couleur. Format 287*209 mm. Reliure
de parchemin.
I. Fol. I A. Rubrique : Aqui comiença cl libro primero
de Trogo Pompeyo edecommo Ninos, primero rey de los
Asirios, paso la costumbre antigua por nueua cobdicia de
Ymperio, etc.
Incipit : « El rey Ninos mouio primeramente. .. »
Fol. 217. Explicit : « es toque mas fuertemente e asi se
murio. Deogratias amen. » Le dernier chapitre (chap. 207),
est intitulé : De las senales que acaesçieron despues de
la muer te de Çesar e de la desmanparada muerte que
Casio e Bruto fezieron.
Fol. 217. Au-dessous de Texplicit nous trouvons une
notice écrite au XVIIe siècle : « Trogo Pompeo estoriografo
de la nasçion d'Espana floresçio en tiempo del Emperador
Antonio Pio, compuso en largo sermon las estorias de
todo el mundo, desde el tiempo de Nino rey de los Asi-
rianos hasta el monarcha César, diuidiolas en quarenta y
quatre libros. La Epitoma, es a saber la abreuiacion de los
dichos libros, compuso Justino su disçipulo, segund visto
es por este libro. »
Fol. 217 v° blanc.
Fol. 218 porte : « Seneca, » en gros caractères rouges.
XIV. TROGUE POMPÉE 93
II. Fol. 219. Rubrique : « Aqui comiença un tractado de
Seneca cl quai se yntitula : obra e tractado de Costumbres.
Incipit : « Todo pecado es action ...»
Ce traité finit au verso du fol. 226 par : «plogo fue licita.»
Le manuscrit Ii-130 contient un arrangement médiéval
de l'abrégé de Justin. Il règne dans cette rédaction un tel
désordre qu'il est difficile de s'y reconnaître. Voici la
rubrique entière qui intitule le livre : Aqui comiença. el
libro primero de Trogo Pompeyo e de commo Ntnos, pri-
rnero Rey de los Asirios, paso la costumbre antigua por
nueua cobdiçiade Ymperio. Et dando primer amente guerr a
a sus vezindades subjugo los pueblos que cran rudos por
defenderse contra los terminos de Libia. Otrosfueron mas
antiguos es asaber Uspys rey de Egipto, Tafis rey de
Sichan, de los quelles el uno conquisto a Ponto y el otro a
Ethiopia.
Quant au livre de Sénèque intitulé De Moribus, on sait
que, comme le traité des Quatre vertus, il n'est ni de Sénèque,
ni de saint Martin de Braga, auquel la Patrologie de
Migne l'attribue encore (cf. notice XVI, A .
La traduction castillane de Y Abrégé de Trogue Pompée
fait par Justin, est œuvre d'un anonyme; il s'en conserve
plusieurs manuscrits qui sont tous du XVe siècle, ce qui
permettrait de penser que la version est de ce temps-là.
On sait, par le catalogue de ses livres, que Martin Ier
d'Aragon possédait une traduction catalane de Y Abrégé de
Justin. Peut-être cette version était-elle aragonaise et celle-
là même qui avait été exécutée sur l'initiative de Juan Fer-
nândez de Heredia, grand maître de l'Ordre de Saint-Jean-
de-Jérusalem. On connaît la lettre que le roi d'Aragon, Don
Juan Ier, écrivit au grand maître le 17 novembre 1384 (1),
où il lui dit entre autres choses : Otrossi hauemos enten-
dido que vos hauedes aqui I libro nombrado Trogo
Pompeo... Et plus loin : Rogamos vos muy caramente que
embiedes el dito libro de Trogo Pompeo.
1. M. Antonio Rubiô y Lluch dans sa contribution à YHomenajo
cl Mcnèndez y Pclcujo (t. II, p. 95-120), intitulée LaLcngua rj la Culturel
catalcuias en Grecia en cl siglo XIV, publie le texte de cette lettre
(p. 118).
94 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DR SANTILLANE
Nul doute que Juan Fernande/ (Je Heredia ne se soit em-
pressé de déférer au désir de son souverain. Il se pourrait
donc fort bien (jue l'exemplaire de Justin vulgarisé qui figu-
rait dans la bibliothèque du roi J). Juan Ier d'Aragon eût
passé dans celle de son successeur, I). Martin I". Nous
savons qu'il en fut ainsi de la bible vulgarisée du grand
maître de l'Ordre de Saint-Jean, qui, probablement, après
avoir appartenu au roi Jean, fit partie de la bibliothèque du
roi Martin (Cf. Bulletin critique, janvier 1886, article de
l'abbé Douais).
La traduction castillane de Y Abrégé de Justin parue à
Alcalâ, en 1540, est due à Jorge de Bustamante, elle a été
plusieurs fois réimprimée.
XV
TITE-LIVE
A
(Rocam. n° 117; Bibliot. Nat. Madrid, Ii-146)
Florus, Epitoma in Titum Liuium. En latin.
Manuscrit de 121 feuillets, plus 2 feuillets blancs au com-
mencement et 9 à la fin, vélin, non folioté, les signatures ont
été rognées. Ecriture italienne du XVe siècle. Rubriques et
capitales simples; belles marges. Le prologue commence par
une lettre ornée, en or et couleurs. Format 152 X 113 mm.
Reliure moderne aux initiales du Duc. Au dos : L. An.
Florus Epitoma in Titum Liuium.
Fol. 1. Rubrique: Lucii Annei Flori epitoma in Titum
Liuium libri quattuor incipiunt. — « Proemium : Populus
romanus a rege Romulo in Caesarem Augustum septin-
gentos per annos. »
Dans la marge inférieure, une couronne de laurier por-
tant sur fond rose un écu d'azur sur lequel on a gratté les
armes.
Fol. 2. Le texte commence : « Primus ille et urbis et
imperii conditor... »
Fol. 121. Explicit : « ipso nomme et titulo consacra-
retur. » Au-dessous, on lit cette rubrique: « têX<k. Anace-
phaleosis Lucii Annei Flori librorum quattuor factorum
memorabilium ab urbe condita usque ad tempora Caesaris
Augusti Secundi imperatoris finit féliciter. Phoenix. —
MCCCCLVII die XI F Aprilis descripsi ML 17 est inscrit
dans Y m.
Nemo uerius ) . ♦. T , 1 -, . A ,
XT . . / scripsit Lam [...], le reste du nom est
Nemo bremus > ^ .
XT \ efface.
Netno ornatius )
96 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
(OsunaiPlut. I. Lit. M, n° 9; Rocam. n 146; Bibl. Nat.
Madrid, KK-12)
Tite-Live, Première Décade, En castillan.
Manuscrit de 264 feuillets, plus 3 blancs, papier, folioté
au bas des feuillets, vers la fin du volume Ions les numéros
ont été rongés. Nombre de lignes irrégulier. Écriture du
XVe siècle, à deux colonnes, rubriques, espaces blancs pour
capitales. Format 400X 290mm. Reliure de cuir tympanisé,
sur ais de bois. Sur le plat supérieur de la reliure un
carré de parchemin avec le titre : Primera Decada de
Tito Liuio .
Fol. 1, détaché, contient le prologue du traducteur Pero
Lopez de Ayala.
Incipit : « [E]n cl nombre de Dios amen, muy alto et
exeelente principe et muy poderoso rey... »
Ce prologue finit au fol. 2 A; au-dessous, la table des
chapitres qui finit au fol. 3 B. Plus bas, titre en noir :
Aqui comiença el Ubro de Titus Liuius de las ystorias
et coronicas romanas el quai Ubro traslado de latin en
//'(vices maestre Pedro Berceui, monge de la orden de
sant Benito , prior del monasterio de sant Ylario en Paris
et trasladado a petiçion et mandamiento del Rey don
Johan de Françia.
Prologue de Pierre Berçuire traduit en castillan. Incipit :
« [A]l principe de muy alta ecçelençia rey de Françia don
Johan, mi soberano senor rrey, Pedro Berçeur, prior de
Sant Ylori de Paris, con toda humildat e reuerencia et
subjecçion se enclina... », Ce prologue se termine au
fol. 3 v°.
Fol . 3 v°-6 v° B : « Declaracion de los vocablos et pala-
bras que Titus Liuius usa en este libro. »
Fol. 6 v° B : Titre en noir : [A]qui comiença el pri-
mero libro de la primera decada de Titus Liuius elqualjue
en el tienpo de las grandes batallas que fueron entre Jullyo
Çesar e Ponpio et fue este Titus Liuius natural de la
XV. TITE-LIVE 97
cibdat de Padua. Incipit : « Si yo me pongo a escreuir
las cosas... »
Livres cle la première décade. Chaque livre est précédé
de sa table des chapitres.
I, du fol. 6 v° B au fol. 33 A ; II, du fol. 33 B au fol. 60
v° B; III, du fol. 60 v° B au fol. 89 B; IV, du fol. 89 v° A
au fol. 118 v° A; V, du fol. 118 v° A au fol. 147 B; VI, du
fol. 147 B au fol. 168 v° A; VII, du fol. 168 v° A au fol. 190 A ;
VIII, du fol. 190 A au fol. 209 v° A; IX, du fol. 209 v° A
au fol. 239 A; X, du fol. 239 B au fol. 264 B.
Explicit : « fueron fechas grandes rrogarias e suplica-
ciones a esculapio. ))
Rubrique finale : [À]qut se acaba el dezeno libro de la pri-
mera decada de Titus Liuius.
Ce manuscrit de la première décade a sans doute servi de
modèle au copiste du marquis de Santillane, qui a exécuté
le ms. KK-14, qui contient la deuxième décade de la tra-
duction Berçuire-Ayala. Nos deux manuscrits, qui se
complètent l'un l'autre, se ressemblent par le format et par
la disposition des textes.
*C
(Osuna : Plut. III. Lit. N, n° 5; Rocam. n° 145; Biblioth. Nat.
Madrid, KK-4, corrigez : KK-14)
Tite-Live : Seconde Décade. En castillan.
Manuscrit de 433 feuillets, papier, folioté, à deux colonnes,
réglé à 30 ou 34 lignes. Écriture du XVe siècle. Belles marges,
les premiers feuillets sont rebordés. Rubriques dans le
texte, espaces blancs pour les initiales. Format 390x280mm.
Reliure de parchemin. Titre au dos : Tito Liuio en
romande, de mano.
Fol. 1. Incipit : Uis. Primero libro. — Aqui comiença
la segiinda [decada] de Titus Liuio sobre las estorias Ro-
manas.
Fol. 433 v° A, le texte finit suivi par F explicit : Aqui
se acaba la segunda decada Titus Liuius, de las batallas
que fueron entre Roma e Cartago.
98 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Este libro mando trasladar Ynigo Lopes de Mendoça fijo
del almirante don Diego Furtado. Et qui scriuit scriuat
ci semper cum domino biuat, amen.
D
I Isuna : Plut. III. Lit. \'.n 1: Rocam. .r 1 11; Biblioth. Nat.
Madrid, KK-13)
Tite-Live : Abrégé. En castillan.
Manuscrit d<i ^s I feuillets, plus 3 de tables. Les feuillets
7 <'i 8 manquent. Manuscrit sur papier, foliotation ;i 1 1 <* i< - 1 j 1 1< • ,
réglé à 40 lignes. Ecriture du KVe siècle, à deux colonnes.
Grandes marges. Beaucoup de rubriques, grandes H petites
capitales bien dessinées ei peintes n rouge el en bleu.
Formai 395*275 mm. Reliure de parchemin.
Fols. I— III, tables; fol. I recto h srerso A occupé par la
Declaracyon de los vocablos; c'est un petit glossaire.
Fol. II : Aqui comiença >'<< tabla de los capitulos del
primero libro (le la primera decadade Tir us Libius.
Fol. 1 : Aqui comiença el primerc libro de la primera
decada, ete.
Le texte commence par une belle initiale.
Fol. 6 v° B, chap. 24 : Como muerto cl rrey Xuma
rrefjnio Atulius Ostilius e como vençio al rrey de Alba.
Fols. 7 et 8 perclus, ils contenaient les chapitres 25, 2G,
27, 28, 29, 30 et la fin du chapitre 24.
Fol. 9 commence par : Capitula 31 como ci rey Tulius
vençio los Sauinos e como por un rrayojue muerto .
Fol. 284 v°, A, nous trouvons la dernière rubrique du
manuscrit : Aqui comiença el decimo libro de la terrera
decada de Titus Lihius, etc. Au bas de la col. B, le texte
s'arrête brusquement, au milieu d'une phrase interrompue
par un Deo grattas.
Explicit : « que le plazia obedesçer al senado. »
Le manuscril EE-6 de l'ancien fonds de la bibliothèque
de Madrid contienl l<i même texte, avec une courte préface
qui nous en explique l'origine. Cett< préface que nous co-
pions ici uni1- montre que nous avons affaire a un abrégé
XV. TITE-LIVE 99
des trois premières décades de Tite-Live, fait par don Ro-
drigo Alfonso Pimentel, comte de Benavente, en 1439, sur
la traduction Berçuire-Ayala.
« Aqui comiençan las très decadas de Titus Libius prime-
ras que se cuentan e relatai! las muy altas bataïlas, fechos
e otras cosas que fezieron los romanos desde la fundaçion
de Roma de que fueron fundadores Romulus e Remus. E
por quanto el actor c conponedor dellos cuenta todos los
fechos por estenso commo acaescieron, por que los que
despues venieren lo mejor puedan entender, assi que ay
en ellos muchas prolixidades e longura de escriptura. El
quai actor fue en el tienpo de las grandes bataïlas que
ouo entre Iullio Çessar e Ponpeo e fue natural de la çib-
datdeCapua. E commo el noble e çientifico cauallerô don
Rodrigo Alfonso Pimentel, conde de Benauente, viese cl
giand volumen de razones en estos libres contenidas se
trabajo e aplico a las acopillar c poner, non amenguando
la sentencia e realidat délias, en la forma siguiente. La
quai acopilaçion el fizo e ordeno en el aflo del nascimiento
del nuestro senor Icsus Cristo de mill e quatro cientos e
treynta e nueue ailos, rreynante en Castilla e en Léon el
muy noble sancto e virtuoso rey don Iohan nuestro senor,
lijo del muy illustre rey don Enrrique de gloriosa me-
moria que dios aya ; e la reyna dofia Maria su muger, (ija
del noble rey don Ferrnando de Aragon Infante de Cas-
tilla; e el principe don Enrrique su lijo primogenito he-
redero; e la prinçesa dona Blanca su mujer, lija del rey don
Iohan de Nauarra (1), ))
Pour résumer notre examen des trois vol unies de Tite-
Live, tous trois du XVe siècle, qui font partie du fonds
Osuna, nous les classerons ainsi :
1° KK-12, contenant la première décade avec prologue
du traducteur espagnol, Pero Lopez de Ayala, chancelier de
Castille,et prologue du traducteur français, Pierre Berouire,
au roi de France Jean.
1. Le KK-13 comme le EK-6 finit au milieu du Ier chapitre du
X'' livre de la troisième décade. Dernière phrase des deux mss. : « Estas
asperas cosas en tanto ronpieron el coraçon del rey que respondioque 1<2
plazia obedesçer al senado. . * »
100 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
2° KK-14, écrit d'une autre mail que le précédent, mais
également du XV'1 siècle, et exécuté par ordre du marquis
de Santillane. Il contient la seconde décade, traduction
Berçuire-Ayala.
3° KK-13, qui contient l'abrég< des dois décades, fait
par Rodrigo AJonso Pimentel, comte de Benavente, et qui
s'arrête au milieu du chap. I, livre X, de la troisième décade,
exactement comme le ms. EE-6 de l'ancien fonds que nous
avons cité pour son prologue.
La traduction de Pero Lopez de Ayala fut imprimée ano-
nyme à Salamanque, en 1497; sans nom d'imprimeur,
mais on sait que ces impressions de Salamanque sortent du
même atelier que le Villadiego : Trac tatus contra hereticam
pravitatem de 1496, imprimé par Leonardo Aleman et fray
Lope Sanz de Navarra (Salvâ, Catdlogo, n° 2785).
Un anonyme catalan de la fin du XIVe siècle, ou du siècle
suivant, a traduit en catalan la, version française de Berçuire.
M. Paul Meyer, qui a découvert cette traduction au British
Muséum, dans le ms. Harley 4893, en a publié la préface
au roi Jean, en mettant le texte français en regard du texte
catalan (Cf. Archives des Missions, 2e série, t. III, p. 278 et
327).
Une nouvelle traduction des décades 1, 3, 4, augmentées
de l'abrégé de Florus, due au Révérend Père fray Pedro de la
Vega, de FOrdre de Saint-Jérôme, fut imprimée à Zara-
gosse en 1520, par les soins de Georges Coci (Salvâ, Catd-
logo, n°2786).
Le même texte retouché, corrigé et augmenté par Fran-
cisco de Enzinas, parut à Anvers chez Arnold Byrcman, en
1553. Le titre de cette édition est : « Todas las Deeadas de
)) Tito Livio Paduano, que hasta el présente se hallaron y
)) fueron impressas en latin, traduzidas en Romance caste-
» llano, agora nuevamente reconosçidas y enmendadas y
)) anadidas de mas libros sobre la vieja transladacion (c'est
)) de la traduction de Pedro de la Vega qu'il s'agit). Ven-
)) dese la présente obra en Anvers, en casa de Arnoldo
)) Byrcman, à la ensenade la Gallina gorda. ))Dans une dédi-
cace a Philippe (principe de las Espafias) où Enzinas, qui
ne pouvait se nommer comme protestant, parle au nom de
l'éditeur Byrcman, il dit que, pour la première fois, il tra-
XV. TITE-LIVE 101
cluit les cinq derniers livres de la 5° décade en langue vulgaire
et qu'il ajoute à cette traduction la version de l'abrégé des
quatorze décades de Tite-Live, dû à Florus et traduit en
castillan par Francisco de Enzinas, déjà publié à Strasbourg
en 1550 (Cf. Gallardo, Ensayo, t. II, n° 208G ; Menéndez
Pelayo, Heterodoxos Espafioles, t. II, p. 241, note 1). Une
réimpression de cette traduction parut à Madrid 1793-1796
en cinq volumes, avec le nom de l'éditeur Arnold Byrk-
man, au lieu de celui de Enzinas.
XVI
SÉNÈQUE
A
(Rocam. n» 190; Biblioth. Nat. Madrid, li -64)
Sénèque, Œuvres. En latin.
Manuscrit de 253 feuillets, vélin, non folioté, réglé à
57 lignes Écriture de la première moitié du XIVe siècle,
à deux colonnes. Rubriques, lettres et lettrines en or et
couleurs, titres courants, mouillures aux premiers feuillets.
Format 362x240 mm. Reliure moderne exécutée pour le
duc d'Osuna.
Incipit. Rubrique : Sanctus Ieronimus de Seneca in
cathalogo sanctorum.
Fol. 1 : « Lucius Anneus Seneca cordubensis. . . »
Fol. 253 v°. Explicit : a ad finem huius libri uocatus libre
de quatuor uirtutibus capitulo de continentia usque ubi
dicit esto uiciorum. » Explicit liber Senece de legalibus
institutis. Deo gracias.
Ce manuscrit contient :
I. Les fausses lettres de Sénèque à saint Paul et de saint
Paul à Sénèque; fol. 1-2.
IL Le De clementia, 2 livres; fol. 2-8.
IIÎ. Les Lettres à Lucilius; fol. 8-104.
IV. Le De remediïsjbrtuitorum, longtemps faussement
attribué à Sénèque e1 donl l'auteur reste inconnu ; fol. 104-
105 v°.
V. Le De liberalibus artibus; fol. 105 v°-107 v°.
VI. Le De quatuor virtutibus; fol, 107 v°-109 v°. Cet ou-
XVI. SÉNÈQUE 103
vrage extrait du Liber de copia verborurn, a été attribué
d'abord à Sénèque, puisa Martin, évêque de Braga. Hauréau
[Notices et Extraits de quelques manuscrits latins de la
BibL Nat.j t. II, p. 202) prouve que l'évoque Martin a plagié
l'auteur anonyme de ce traité, qui a été tiré, avec quelques
modifications, du Dr copia verborurn, qu'LIauréau at-
tribue à l'auteur anonyme de la correspondance de Sénèque
et de saint Paul.
VIL Le Liber declamationum (neuf livres), de M. Annaeus
Seneca,père du philosophe; fol. 109 v°-128 v°.
VIII. Le De questionibus naturalibus (six livres); fol.
128 v°-162 v°.
IX. Les Prorcrbia, compilation dont un très petit nombre
de sentences sont de Sénèque, tandis que la plupart sont
empruntées soit aux iambiques, soit aux trochaïques de
Publius Syrus et au traité De morybus, dont l'auteur
n'est pas Martin de Braga, mais un anonyme (Cf. Hauréau,
/. c, t. I, p. 233-234, et t. V, p. 176); fol. 162 v°-166 v°.
X. Le De moribus, imprimé tour à tour sous le nom de
Sénèque et de Martin, évêque de Braga. Hauréau (/. c,
t. V, p. 176) dit que ce traité n'est ni de Sénèque ni de
Martin; fol. 166 v°-168 v°.
XL Le De beneficiis (sept livres); fol. 168 v°-182 v°.
Xïl. Le De providentiel (deux livres); fol. 182-190 v°.
XIII. Le De beata vita; fol. 190 v°-197 v°.
XIV. Le De tranquillitate aniini; fol. 197 v°-203 v°.
XV. Le Debrevitatc oitc ; fol. 203 v°-212.
XVI. Le De ira; fol. 212-228.
XVII. AdMartiam de consolationc Jiiii sut /fol. 228-234.
XVIII. Ad Helbiam matrern de consolationc ; fol. 234-
239 v°.
XIX. Le De contemptu bonorum temporalium et cotuptta-
tum; fol. 239 v°-240. Suivent des fragments sur l'amitié,
la foi, la justice. C'est une compilation des dits de Sénèque,
qui termine le volume et occupe les feuillets 240-253 v°.
104 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
*B
(Osuna : Plut. III. Lit. N, n° 16; Rqcâm. n" 195; Biblioth. Nat.
Madrid, IIh-57)
Sénèque, 1. Épîtres. 2. De Providentiel Dei. En italien.
Manuscrit de 139 feuillets de vélin, écrits à deux colonnes,
réglé à 50 lignes. Écriture italienne du XIVe siècle. Orne-
mentation riche et abondante, lettres ornées, encadre-
ments, initiales miniaturées, etc. Dans les bandeaux courent
des inscriptions et des devises d'or ou d'azur, en carac-
tères gothiques. Format 350*253 mm. Reliure de par-
chemin.
I. Fol. 1 : Qui cominciano le rubriche délie pistole di tutto
il libro di Seneca uniuersalmente. Rubrica délia prima
pistolet dei primo libro. Suit la table des épitres.
Fol. 4, B. Introduction où sont exposées la supériorité,
la beauté de la philosophie et la noblesse du but qu'elle
poursuit. Dans l'encadrement sont écrits en or des versets
des psaumes : « Qui caritatem non habet, nichil habet.
Aque multe non potuerunt extignere caritatem. Ficles.
Spes. Caritas. ))
Fol. 6v°. Fin de l'introduction; elle est glosée en marge
par le traducteur; le texte et les gloses sont de la même
main ; et au-dessous nous trouvons une courte biographie de
Sénèque. Dans les marges, en caractères gothiques ornés :
(( Ista sunt VII peccata mundi : Superbia, Ira, Auaricia,
Gula, Lussuria, Inuidia, Accidia, » et un peu plus loin
« Vana gloria ».
Texte de la notice sur Sénèque : « Seneca lu un sauio
uomo discepolo d' uno filosafo ch' ebbe nome Fotion délia
setta degii stoiçiani. I quali diceano che uirtude e sourano
bene e che neuno puote essere bene auenturato e beato
sança uirtude. E non per quanto egli mette e mescola
spesge uolte tra' suoi detti le sententie d' un filosafo ch'ebbe
nome Epicuro che dicea : che dilecto e sourano bene tutta-
uia in tal modo che tornasse a onestade ; e si fu questo
XVI. SÉNÈQUE 105
Epicuro uomo cli molta grande astinençia e nel piu délia sua
uita non mangiaua altro che pane e acqua ed erbe crude.
Questo Seneca fu nato di Spagna d' una citta che si chia-
maua Corduba, e fu çio di Lucano il poeta, uomo di grande
litteratura e al ta, e di grande astinençia et maestro di
Nerone il crudele Imperatoredi Roma cheriece poscia ucci-
dere. Questo Seneca auea uno suo grandissime amico il
quale auea nome Lucillo e fu d' una contrada la quale allora
sechiamaua campagna e la quale e chiamata terra di lauoro,
d'una citta ch' ebbe nome Pompeia, posta assai presso di
Napoli, la quale nabisso si corne Seneca medesimo racconta
nel libro délie questioni naturali. Quello Lucillo era pro-
curatore del senato e del popolo di Roma neir ysola di
Cicilia al quale Seneca mando piu e piu e uere epistole piene
di buoni insegnamenti e adottrinamenti, i quali seguitano qui
di sotto, le quali pistole e insegnamenti fece traslatare in
lingua fiorentina Riccardo Pétri cittadino di Firençe a utili-
dade e correctione e bene di tutti coloro che in questo libro
leggerranno cosi traslatato. Nel quale le dette pistole co'
suoi insegnamenti e addottrinamenti per ordine sono scripte,
si corne nelF originale del detto Seneca furon trouate. ))
Fol. 7. Rubrique de la première épître: ChélV uomo dee
ricogliere e rritenere il fuggimento del tempo, e che que-
gli non e pouero a cuipoca cosa basta, e chell'uomo dee il
tempo di/igentemente guardare il quale si perde in tre
manière. Itafac mi Lucilli. Au-dessous le texte commence
par une magnifique capitale ou est représenté Sénèque
écrivant les premiers mots de Tépitre : « Ita fac. . . » Ce
feuillet est assez grossièrement encadré de trois ban-
deaux d'arabesques. En bas,, la peinture primitive a été
grattée et remplacée par Técu du marquis de Santillane
porté par deux anges. Dans le coin de droite en haut et
dans les deux coins d'en bas, les heaumes du marquis ont été
maladroitement appliqués sur le feuillage primitif; on voit
que le parchemin a été gratté au-dessous. C'est donc un
manuscrit que l'on a revêtu de la livrée du Marquis, mais
qui n'avait pas été exécuté pour lui.
Entre les deux colonnes du feuillet court une inscription
qui explique peut-être pourquoi l'on a choisi ce feuillet pour
y peindre les armes du Marquis : « Ave Maria gratia plena,
100 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLi
Dominas tecum,benedicta lu in mulieribusel benedicta tu.»
Ici l'ornement est coupé par l'écu d'Iûigo Lopez.
Les feuillets 7 v°, 8, 9, LOet 11 sont décorés d'arabesques
et d'inscriptions entre les colonnes, comme les précédents
feuillets. Les feuillets 19 et 25 \" soni également ornés.
Fol. 130 v° : Compiute sono le pistole di Seneca, Deo
grattas amen. Même verso B : Questa e una pistolafatta
in persona di hucillo per alcuno cittadino di Firenze lo
quale se chiama ser Andréa Lancia, per la quale significa
che Seneca non diffini la quistione dell'ubriaco sufficien-
temente la quale e nella LXXXII1 pistola. [ncipil :
(( Seneca Lucillo salute.Io disideraua di sapere corne lu... »
Fol.. 131. Explicit : ce sobrietate e temperança si come
ornamento e necessaria uesoa de mortali. »
Les feuillets 131 v°, 132 el 133 soni blancs.
IL Fol. 134 A. : Questo e uno libro chejece Seneca et
chiamasi De Prouidentia Dei. [ncipit : « [DJomandasti... »
Fol. 137 : Explicit liber de prouidentia dei. Deo gratias
amen.
Fol. 138: Incipiunt Epistole Beati Augustini ad Boni-
facium Comitem. Et Bonifacii ad Augustinum. Et primo
Augustini ad Bonifacium.
Incipit : « [DJomino... » Fol. 139 v° A : Eœpliciunt
epistole Augustini ad Bonifacium et e conuerso. — Deo
gracias amen. Quelques notes marginales et interlinéaires
que Amador de los Rios (cf. Obreis dei marques de San-
tillana, p. 638-cx) suppose à tort être de la main même
cVInigo Lopez ; elles sont d'ailleurs sans intérêt.
Le volgarizzamento de Sénèque que nous venons de dé-
crire a été imprimé à Florence en 1717 sous le titre de :
Seneca L. Anneo, volgarizzamento délie pistai e e dei
trattato délia provuidenza di Dio (cf. Zambrini : Le Opère
volgari a stampa dei secoli XIII e XIV. Bologne, 1884,
p. 926) (1). Les éditeurs, Tommaso Buonaventuri et Giovanni
Bottiari, dans une substantielle introduction, qu'ils n'ont pas
signée, nous racontent l'histoire de la version par eux pu-
1. Zambrini, op. et loc. cit., dit qu'il existe une édition des Epis
,|ui nous occupent datée du 13 avril 1494 et imprimée à Venise, n
XVI. SÉNÈQUR 107
bliée. Nous y voyons que les érudits chargés, en 1573, par la
Crusca de la correction du Décaméron de Boccace parlent,
dans leurs annotazioni ', de cet ancien volgarizsamento de
Sénèque et opinent qu'il a dû être fait avant 1325, parce
que dans le plus ancien des deux manuscrits par eux exa-
minés, le traducteur déclare avoir travaillé pour Riccardo
Pétri, riche négociant de la famille des Filipetri, qui mou-
rut en 1325 (1). Ils crurent, à première vue, que leur deuxième
manuscrit contenait une version différente, mais après un
examen approfondi, ils reconnurent que ce texte n'était
qu'un habile remaniement du premier*, exécuté vers 1380
environ. Les éditeurs de 1717 n'ont pas vu les manuscrits
cités par les correcteurs de 1573, ils n'ont connu que les
deux manuscrits anciens mentionnés par Salviati dans ses
Avvertimenti délia Lingua sopra 7 Decamerone (Venise,
1584)^ et dont cet auteur dit : « L' Epistole di Seneca, che
)) d'antica scrittura, e corretta ha messer Baccio Valori,
)) furono traite clal provenzale avanti 1' anno 1325, corne
)) ne' loro discorsi mostrano apertamente quei de! settan-
)) tatre. Il quai libro altrettanto stimiamo, e più, che si fac-
)) ciano quei valent' huomini : e quanto alla favella, e quanto
)) alla scrittura, tra le miglior prose de] miglipr secolo,
)) erediam, che sia da riporla. E benchè sparso vi sia per entro
)) qualche voce grammaticale, e alcuna anche von'abbia délie
)) francesche, sono tuttavia picciol numéro verso le tante
)) pure, e natie, che continnuo vi si ritrovano, e gran ricchezza
)) ciel volgar nostro in quel volume è racchiusa. Le mede-
)) sime in tutto, che queste del Valori, e délia stessa mano,
)) e bontà, son quelle, che nella libreria de' Medici sono
)) state riposte (2). ))
Buonaventuri et Bottari ont étudié le manuscrit Valori,
devenu Guicciardini, et le manuscrit médicëo-laurentien(3).
1. Bonaventuri et Bottari ajoutent que dans une version castillane de
ces lettres, publiée à Alcala en 1529, Pétri est cité comme l'auteur de
la traduction italienne.
2. Salviati, op. cit., t. I, p. 112-113.
3. Cf. Tavola délie abbretiaiure degli autori e dei testi da1 quali
sono trotti gli esenipi citati nel Vocabolario degli Accademtci délia
Crusca. Firenze, 1862, p. 171-172 : Si citô un testo che fu di Baccio
Valori, poi de1 Guicciardini, quindi de' Panciaticlii, e ora Palatine col
n" 78 mentre servi alla detta stampa il codice Laurenziano n,J 58 del
108 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Ils ont trouvé à la fin du manuscrit de la Laurentienne une
sorte de calendrier perpétuel raisonnédonl tous les exemples
se rapportent à Tan 1313, d'où ils ont tiré la conclusion que
le volume devail avoir été écril \(>\s L313. C'est le laurentien
que reproduit l'édition de 1717, niais les éditeurs se sont lar-
gement servis du Guicciardinien (1), auquel, par exemple, ils
ont emprunté les rubriques italiennes des chapitres elles sont
latines dans le laurentien). Les éditeurs de 1717 assignent
la même ancienneté aux deux manuscrits, mais ils croient
différentes les versions qui y sont conservées, quoique leur
source à toutes deux soit une traduction française. Il suffit
de lire attentivement le fragment de la lettre XXXVIII
publié par eux, suivant les deux manuscrits el à l'appui
de leur thèse, pour voir qu'ils ont fail erreur. Le texte
médicéo-làurentien n'est qu'un rifacimento, un peu abrégé,
du texte plus archaïque du manuscrit Guicciai <lini(2). On
banco LXXVI. La cote du manuscrit Palatin conservé à la Biblioth.
Nat. de Florence est erronée dans le renvoi de la Crusca; ce n'est pas
le Palatin n° 78, mais bien le Palatin sect. Panciatichi, olim 68,
hodie 56, qui renferme le volgarissamento délie Pistoledi Seneca. La
cote du manuscrit médicéo-laurentien est exacte.
1. Cf. Zambrini, op. cit.. p. 927, cite un Volgarlssamento délie tre
prime pistole [di Seneca] secondo il testo Guicciardini, t ratio do un
codice Udincse e da due Marciani. Venezia, 1820. Cette publication,
due à Cicogna, fut suivie de celle des lettres IV à XXX.
2. Afin de fournir une preuve de ce que nous avançons, nous croyons
utile de transcrire ici un court fragment de la Première lettre et le
début du traité des Sept Arts libéraux, d'après les deux manuscrits en
question :
Première lettre à Lucille.
Nat. de Florence: Palatino-Pan- Mediceo-Laurenziano: Plut,
ciat. n° 56. Fol. 6 A. Cosi fa ami- LXXVI, cod. 58. Fol. 11 A. Araico
chomio Lucillorichoueraeraquista mio Lucillo fa cosi raquista te a
te medesimo a te e chogli e ghuarda tte medesimo e rripigla e guarda il
il tempo che daquinci adietro tera tempo che per adietro fera tolto
tolto o inbolato o fuggito per tua o 'mbolato o ffugito per tua follia e
follia. Ecredimi chegli e com'io ti credimi chegl'e corn' io ti scriuo.
scriuo. Àlchuno tempo ci e tolto, Alcun tempo cie tolto, alcuno im-
alchuno inbolato e alchuno fuggito bolato e alcuno fuggito. Ma sopra-
ma sopratutto e uitiperoso e tutti e uituperoso il danno del
ontoso il danno del tempo che noi tempo che noi perdiamo per nostra
perdiamo per nostra negligenzia. neghligenzia. E sse ttu porrai bene
Et se tu vuogli bene attendere e mente tu uedrai cuna grandissima
porre mente una grandissima parte parte de la uita scorre a ccoloro che
délia vita dischorre e passa a cho- mal fanno, gran parte a coloro che
lôro che maie fanno, grande parte neeate fanno, tutta a coloro caltra
XVI. SÉNÈQUE 109
voit que si, à notre avis, Buonaventuri et Bottari ont tort,
Salviati n'a pas non plus tout à fait raison. Ces deux manus-
crits, différents de ceux que virent les correcteurs de 1573
(puisque Riccardo Pétri n'y est pas cité et que Salviati, qui a
connu personnellement les correcteurs, n'a pas reconnu un de
leurs mss. dans les siens), nous semblent avoir dû se com-
porter l'un vis-à-vis de l'autre comme le manuscrit antérieur
à 1325 vis-à-vis de celui de 1380.
Les éditeurs de 1717 expliquent que Salviati en disant
provençal entendait dire vieux français et qu'en son temps la
confusion entre ces deux termes était fréquente. Pour
établir l'origine française de cette version des lettres de
Sénèque, prouvée d'ailleurs par d'autres raisons, les éditeurs
donnent une liste de mots certainement venus de France,
comme : trabello, tracaro, ùrto/rjoglioso, trabuono, volagio,
borboglio, cernire, conostabolicrc^ciamberlatc, etc., etc. Il
est évident que la version italienne provient de la version
française contenue dans le manuscrit 12235 du fonds français
de la Bibliothèque Nationale de Paris (Ancien Suppl. franc.
4682).
MM.Delisle (1) et Omont (2) décrivent tous deux ce ma-
a choloro che neente fanno, tutta cosa fan no. Quai uomo mi potrà tu
la uita a choloro che altra cosa mostrare che metta pregio al tempo
fanno. Chui mi mosterra tu che e che stimi e dea pregio al di e che
metta pregio al tempo; il quale pongha mente e 'ntenda che muore
extimi e metta pregio al di e che ciascundi.
intenda. e pongha mente chegli
muore ciasqundi.
Traité des Sept Arts libéraux.
Nat. de Florence : Palatino-Pan- Mediceo-Laurenziano:Plut.
ciat. n° 56. Fol. 4 B. De' liberali LXXVI,cod. 58. Fol. 6 A. De' libe-
studi disideri di sapere quello che rali studii desideri di sapere quello
io sento. Neuno ne riceuo, neuno chi'sento. Neuno ne riceuo neuno
n'anouero tra' béni il quale intende n 'annouero tra' béni il quale in-
a moneta. Meritorii artifici sono tende a moneta. Meritorii artifici
per adietro ,utili s'eili apparec- sono per adietro utili s'elli appare-
chiano lo 'ngegno e non lo rat chïâno lo 'ngegno e nollo ratten-
enghono inpe'rcio che in questi gono peroche in questi studii tanto
studi tanto e da d,imorare quanto e da dimorare quanto 1' animo
Tanimo neuna cosa maggiore puo neuna cosa magiore puo fare.
tare .
1. Inventaire général et méthodique des manuscrits français ,p. 167.
2. Catalogue des manuscrits français, ancien supplément français,
t. II, p. 477-478.
110 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DÉ SWMLL
nuscrit el dans les mêmes termes: « Ëpistres de Sénèque à
)) Lucille, traduites en français par un Italien, à la requête
» de Bartholomy Singuileyfe de Naples, conte de Ca
)> el grant chambellenc du roiaume de Cezile. — Lettres de
)) Sénèque à saint Paul avec les réponses, traduction [ta-
)) lionne (fol. 132). XIVe siècle. »
Voici un passage du prologue du traducteur qui contient
des renseignements intéressants pour nous: Fol. 1: « Por
» ce que cil qui les translata ne i'u pas de la langue fran-
» ooise ne de si haut enging, ne de si parfonde science
)) corne a la matière afiert, il s'excuse a tous ceulz qui luevre
» N'en/ont", qu'il ne le blasment se il a failli en aucune part
)) de la propriétéde la langue ou aus sentences de l'aucteur
)) et leur prie humblement que par leur bonté et par leur
» franchise l'en weillent corrigier et amender en l'un et en
)) l'autre. Car il confesse bien que ce fu trop grant pré-
)) sumption d'emprendre si haute chose a translater, mes il
)) ne le tist pas do son gré. Car misire Bartholomy Singui-
o lerfe de Naples, conte deCasertc etgrant chambellenc du
» roiaume de Cezile Ton pria et li commanda. Et por ce
)) que il le tenoit a son soigner, il no l'osa refuser, ains
» emprist a fore chose contre son pooir et contre sa force. »
M. LéonCadiorl , dans son Essai sur l'administration du
royaume de Sicile sous Charles Ier et Charles II d'Anjou,
nous apprend que Bartolomeo Siginulfo di Napoli, comte
de Telese, reçut, le 26 novembre 1302, les capitoli de l'office
de grand chambrier, office rétabli on sa faveur par le roi
Charles II. Le 30 septembre 1308, il fut fait comte de
Caserte. Après la mort du roi, poursuivi pour tentative
d'assassinat sur la. personne du prince de Tarente, capi-
taine général du royaume, il fut condamné par contumace
au bannissement et à une forte amende, le 30 décembre 1310.
11 perdit ses biens et sa charge et mourut en Sicile vers 1316.
[] résulte de ce qui précède que la version française des
lel î res de Sénèque a dû être exécutée, ou du moins terminée,
entre le 30 septembre L308 el le 30 décembre 1310. Il est
donc possible eî vraisemblable que le texte italien de la
1. Paris, 1891, in-8° ; Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes
et de Rome, t'asc. 59, p. 224, texte et n<>i<^.
XVI. SÉNÈQUE 111
Laurentienne ail été écril dès 1313. La version française,
due à un Italien et faite en Italie entre 1308 et 1310, aura
été traduite, presque immédiatement, à la prière deRiccardo
Pétri de' Filipetri et peut-être par l'auteur de la version
française. Et voilà l'histoire singulière de ees lettres de
Sénèque qu'un Italien traduit de latin en français, qui
du français sont retraduites en italien et d'italien passent
en castillan, par ordre de Fernan Ferez de Guzman qui les
croyait traduites directement Je latin en lengua florentina.
Le De Providentia Dei se trouve clans le manuscrit delà
Laurentienne, publié en 1717, comme dans notre Hh-57.
Les éditeurs le jugent de la même époque, de la même
main et, peut-être, du même traducteur que les lettres. La
lettre à Lucille de Ser Andréa Lancia a été publiée par
Pietro Fanfani dans le tome Ier du journal YEtruria (1851
et, avec des variantes, dans le Propugnatore (2° année;
cf. Zambrini, op. cit., p. 538).
C
(Osuna : Plut. III. Lit, N, n" 21; Rocam. N'J 189; Biblioth. Nat.
Madrid. Reserv. 5M2)
Sénèque: Tragédies, En italien.
Manuscrit de 192 feuillets, plus 2 feuillets de garde,
vélin, ni foliotation, ni signatures, réglé à 39 lignes. Écri-
ture du XVe siècle à deux colonnes. Rubriques et lettres
ornées, encadrements, belles marges. Format 311 x225 mm.
Reliure de maroquin rouge.
Les rubriques sont en latin. Fol. 1: Lucii Anney Senece
Tragedia prima incipit; Ar g umentum: « E da sapere cliel
libro de le Tragédie. .. »
Fol. 1 v°. Autre rubrique : Incipit prima Tragedya
LucJi Anney Senece Cordubensis que dicitur Hercules
furens.
Fol. 2 Incipit : « Soror thonantis solo questo nome a me
e lassato chio so ehiamata sorella del thonante. . . ))
Fol. 20 v° B. Explicit prima Tragedya que dicitur Her-
cules furent, incipit sec unda que dicitur Tkiestes.
112 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Fol. 37. A. Explicit secunda tragedya que dicitur
Tkiestes tertia que dicitur Thays (sic .
Fol. 48. A. Explicit tragédia tertia que dicitur Thebays
incipit tragédia quarta que dicitur Ypolitus.
Fol. 67 A. Explicit quarta, etc., incipit quinta que di-
citur Edipus.
Fol. 83 A. Explicit quinta... incipit sexta que dicitur
Trohas.
Fol. 101 A. Explicit sexta... incipit septima que dicitur
Medea.
Fol. 123 A. Explicit septima... incipit octaua que di-
citur Agamemnon.
Fol. 141 A. Explicit octaua .. incipit noria que dicitur
Octauia.
Fol. 159 v'° blanc. Fol. 160 A. Explicit nona. . . incipit
décima que dicitur Hercules Oetheus.
Fol. 192. Explicit de la dixième tragédie et du livre :
« le cose mostruose, mandarai piu fortemente le sagecte che
non fa esso Joue tuo ginitore e padre. »
Explicit liber tragediarum Senece Deo gracias, amen.
Finiio libro, referamus gratiam Christo.
Chaque tragédie est précédée de son argument.
D
(Biblioth. de Don Francisco de Uhagôn)
1.-3. Sénèque. Trois traités; 4. Léonard Aretin, De la
Chevalerie, traduit par P° de la Panda ; 5. Plutarque, De
toda la condition de la Nobléza, traduction faite sur la
version italienne d'Angelo milanais, frère de Pier
Candido Decembri, parle prince de Viane. En castillan.
Manuscrit de 53 feuillets, papier. Ecriture du XVe siècle.
Grandes marges, rongées au début du livre, rubriques,
espaces blancs pour initiales. Format 290x222 mm. Reliure
moderne.
Ce volume, dont nous retracerons l'histoire ci-après, fait
actuellement partie de la bibliothèque particulière de Don
Francisco de Uhagôn.
XVI. SÉNÈQUE 113
I. Fols. 1-7. Las quatro vivtudes e dùctrinas que com-
puso Scneca.
Incipit : (( [L]as quatro virtudespor sentençia de muchos
sabidores. . . ))
Explicit : « o de caher en couardia menguada (Cf. la
notice du ms. Ii-64, n° VI).
II. Fol. 7-11 v°. Los remedios de los contrario* de For-
tunaM Estelibro compuso Seneca muy noble e éloquente para
un hombre mui sauio que auia nombre Galion contra todos
los ingenios e aduersidades de la fortuna... »
Explicit : « se falla esta bienauenturança » (Cf. la notice
dums. Ii-64, n°IV).
III. Incipit : « [Ljocura es a hombre atreuersea quien mas
puede que el. . . »
Explicit : « Pues no pugnes mucho ademas en las cosas
que amares, ca por auentura non se encimara el bien que tu
cuydas. E otrosi non ayas miedo aunque te venga con que
te pesé car por auentura venir te a grant bien por ello. E
clizen que el yrado nunca sera rico ni su coraçon folgado. ))
Aqueste libro compuso Seneca. Ce traité sans titre
occupe les fol. 11 v°-17. C'est un centon intitulé Los pro-
uerbios de Seneca llamados vicios y vivtudes, dont une
autre traduction se trouve à l'Escurial dans le ms. II-S-13.
Ici le traité est incomplet.
IV. Fol. 19. Leonardo Aretino, Traite delà Chevalerie,
traduit par Mossen Pedro de la Panda. Rubrique: "Letra
feclia por mosen Pedro delà Panda al muy ilustre concle
Don Rodrigo Manrrique. Incipit : « Muy manifico Senor
passando por Florencia para tornar en Espana, curioso de
traber algunos libros de los autores del tiempo, me vino
a las manos un breue tractado que Leonardo Daretço [sic)
orador mui grande e como principe de los de nuestra
edat . . . ))
Fol. 20. Incipit du prologue de Leonardo Bruni d'Arezzo:
(( Quiero que sepaes mui claro Varon que a mi mismo ...»
Fol. 34 v°. Explicit « auemos dicho toclo es ya esplicado
aquello de que posymos a fablar en el prinçipio. E pues
que asi es fagamos fyn de clezir. ))
Au bas du même verso, d'une autre main, et d'une autre
s
114 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
encre que le texte, mais d'une écriture du \Y' i<<l«
lement, on lit la souscription suivante :
M . El triste syn esperaru;a M.
de Figueroa
Nous verrons, en parlanl du manuscrii [i-13 (notice LUI
que le Traité de la Chevalerie de Leonardo Aretino
fut traduit deux fois au x\" siècle. Nous croyons la ira
ductipn du dis. li L3 antérieure a celle de Pedro de la
Panda. La première version est anonyme. Àmador de los
Rios, sans le démontrer d'ailleurs, dit qu'elle lui faite par
Àlonso de Cartagena (Cf. Hist. cru.. t. VII, p. 65, n. 1).
Nous ne le croyons pas. En lous cas, en mars 1444, dans sa
réponse à la Question que lui posait au sujel de la che-
valerie, le seigneur de la Vega, l'évêque de Burgos dit :
(( Décides, seflor muy amado, queen un libro que Leonardo
)> de Areçio compuso, para demostrar donde el oficio de la
)> cavalleria aya proçedido e avido comienço, entre otras mi-
)> iitares dottrinas Eaçe mençion de çierto juramento, que los
)) cavalières Eaçian, é non lo déclaré tanlo, como vos quisié-
)) rades, é lo que el dexô de deçir quisiérades vos de mi lo
» saver. E yopor esto quisieraver aquel su tractado como
» de un discrepto orador, mi muy especial amigo, cou quien
)) por epistolas ove dulce comerçio, . . » et plus bas dans la
même lettre Alonso de Cartagena dit expressément: pues
su escriptura non vi (Obràs del marqués de Santillana,
p. 493-494).
V. Fol. 35-53. Plutarco, De toda condition de la nobleca.
Fol. 35. Prologue du prince de Viane, qui dit avoir tra-
duit ce traité d'italien en castillan pour puiser dans cette
occupation une distraction à ses peines voyez ci-après
ce prologue) (1).
Fol. 35 v°. Prologue d'Angelo Decembri. Cet humaniste
traduisit ce traité du latin en toscan pour l'offrir au marquis
de Santillane. Rubrique : Al muy macjnijïco e poderoso
seûor e virtuoso el marques de Santillana conde del real,
tvuslado de Anf/elo orador ytalianb milanes.
1. M. G. Desdevises du Dezert consacre, dans son livre sur Don
Carlos (V Aragon, un chapitre au prince de Viane écrivain, il ne men-
tionne pas cette traduction parmi les travaux littéraires de son auteur.
XVI. SÉNÈQUE 115
Angelo explique que cet ouvrage, écrit en grec par Plu-
tarque, fut traduit en latin par Bonacorsso, et que lui
entreprend la version italienne pour en faire don au
Marquis (voyez ci-dessous ce second prologue).
Fol. 35 v°. Prologue. Incipit: « Pensando quai pcque-
nuelo... ))
Fol. 36 v°. Texte. Incipit: « En el tienpo antigo quando el
muy poderoso imperio de Roma florecia. .. ))
Fol. 53 v°. Explicit : (( ni el temor de adultérât' el matri-
monio... ))
Ce manuscrit est incomplet, le dernier feuillet en a été
arraché parce qu'il portait le sceau de la Bibliothèque
Colombine. Voilà un nouveau fait à a jouter à la trop longue
liste des « fuites )) que M. Harisse signale dans son
opuscule intitulé : Grandeur et Décadence de la Biblio-
thèque Colombine.
Une copie de ce traité qui se trouve dans le ms. X->?5G
de la Bibliothèque Nationale <l<k Madrid, copie faite au
XVIIe siècle sur le texte, alors encore complet, de la Co-
lombine, nous permet de dire qu'il manque 34 lignes au
manuscrit de M. de Uhagôn. Le véritable explicit est :
a Por onde quai de amos ;i dos sea cl mas loable o padres
quo escriptos en vuestra senteuçia se permite. Asi que
por actoridad del Senado como por voluntad de t-ucrecia
ella fue. dada por muger a Gayo Flamiulo. Deo gratlas. »
Un autre manuscrit, le Q-36 de la même Bibliothèque
Nationale contient une copie faite au 5CVIIP slmle du
traité de Leonardo Aretino traduil par Pedro de la Panda.
Une courte préface a cette copie, due peut-être à Don
Tomas Tamayo de Vargas, qui signe d'autres pièces de ce
recueil tout entier de la même main, nous prévient que si
la notice que N. Antonio donne du manuscrit de Séville
(Bibl. Vet., t. Il, lib. X, cap. xvi) est inexacte, c'est
qu'il a été mal renseigné par le chanoine Don Juan de
Loaysa, qui se borna à lui copier les titres qui se trouvaient
au dos du volume do la Colombine, actuellement dans la
bibliothèque de M. de Uhagôn (1). En effet, la notice de
1. Un écho do ces erreurs se trouve dans le catalogue do^ mss. delà
Biblioth. Nat. de Madrid, publié par Gallardo, au tome II de YEnsàyo^
L16 BIBLIOTHÈQUE DU MAKQUIS DE SANTILLANE
Nicolas Antonio est erronée, la voici: « X" 924. Petrus de
)) la Panda inscriptus legitur cuidam volumini antiqui
)> characteris, sed qui liuius temporis est, tria opuscula
» continenti : quod asservatur ms.in bibliotheca Hispalensi
)) Ecclesiaevquae Ferdinandi Columbi, seu Goloni, fuit. Primi
)) opusculi titulus : Las quatre virtudes ô doctrinas, que
)) compuso Seneca. Secundi : Letrafecha por Mossen Pedro
)) de la Pandaal muy ilustre coude 1). Rodrigo Manrique
)) (cornes fuit de Paredes, magnanimus, et ex heroibus
» saeculi huius). Sequitur epistolam libellus Leonardi
» Aretini... ab eodem Panda ex latino in vernaculum s<t-
» monem versus ac : De la ordende la Cavalleria vocatus.
)) Tertii : De là condicion de la nobleza, N. de Angelo
)) mediolanensis, translati quoque, ut existimo, ab ipsomel
)) Petro Panda, el Santillanae magno marchioni dedicati. »
On voit que Nicolas Antonio passe sous silence deux traités
de Sénèqûe et qu'il attribue à Pedro de la Panda la tra-
duction du prince de Viane. La preuve irréfutable de
l'identité du manuscrit de la Colombine avec celui de M. de
Uhagôn est que la copie du traité de Leonardo Bruni con-
tenue dans le ms. Q-36 de la Nationale de Madrid finit par
la souscription: M. El triste synesperança M. de Figueroa
et qu'une note au bas de la page nous dit que ces mots sont
écrits d'une autre main que le texte dans le manuscrit de
Séville.
Voici les extraits que nous avons tirés du manuscrit de
Don Francisco de Uhagôn :
Prologue du prince Don Carlos d'Aragon à sa traduction de
Plutarque,
Rubrique: FA principe de Nauarra :
Veamos que vos vala dios si algunas vezes el pensamiento e
]). 8 de l'Appendice s. v. Aretino (Leonardo) où nous lisons : Tratado
de la caballcria, Iraducido del latin en castellano por el principe
JJ. (Je ri oh de Viana y falsamente atribuido à Pedro de la Panda,
Q-36. L'erreur de Nicolas Antonio portait, nous lavons vu, sur l'opus-
cule De toda condicion de la nobleza, et non sur le Tratado de la
ûaballerla*
XVI. SÉNÈQTJE 117
imagination de lo que cobcliciades si vos a las vezes tanto délecta
quanto si por la obra alcançasses vuestro deseo. E por que verda-
deramente esto es mucho a todos notorio no me cal al presuponer
si no que puedo dezir afirmadamente que tanto délecta la imagi-
nation en el tiempo del pensamiento quanto la obra en su lugar.
E pues ya me son absentes de la persona la libertat, del animo el
arbitrio, del uso la exeouçion por privaçion de endonde poder
obrar; sola mi occupation es de necessidat se détermine a la
parte que puede(A)- Ca si mi pensamiento con la memoria se junc-
tamente conformasen en solamente pensar en la tristeza que posseo
perpétua me feria su durada e en tanto grado que la vida me pri-
uarian. E por espediente de me procurar algun e necessario pasa-
tiempo volui los ojos en la présente escriptura la quai, por ser tanto
breue, el leer la solamente no me basto a la dilaçion de mis con-
goyos trabajos. E por sola razon de non obedecer a mi contraria
fortuna contristando me siempre, délibère la trasladar de toscano
en nuestro romance. E por dar alguna folgança a mi ymaginaçion
que balançea en el peso del pensar en mis contrarios acaesçi-
mientos. »
Al muy rnagnifico e poderoso senor e virtuose el marques de
Santillana, conde del real, traslado de Anf/elo, orador ytaliano
milanes.
Pensando quai pequenuelo donatiuo podiese enbiar digno de la
excelençia vuestra, muy rnagnifico e poderoso Senor, me vino en
la voluntad cierta e una muy gentil obrezilla conteniente en bre-
uidat e con muy pesada sentençia toda la condiçion de la nobleza,
la quai obra primeramente fue en lengua griega por el doctissimo
auctor Plutarco compuesta, e despues en latin trasladada por
Bonacorsso orador ytaliano, finalmente sera por mi Angelo, por
el présente e por amor de vuestra sefioria, en toscano romance
transferida. E por quanto asaz vegadas fue de aquella nobleza por
los nnestros antigos disputado la mayor parte syn dubda de aquella
colocaron en la antiguydat de linage, otros en la muchedunbre de
las riquezas, e algunos en la sola virtuddel animo. La quai materia
por que me paresce mucho bellapor lo que se en ella contiene de
excelente philosophia e ystoria e digna de letrada o magnanima
sefioria, por ende a vuestra alteza, mejor que a otro senor, consi-
(A) Quepuede es asaber de la çontemplacion ca aunque por la obra o
presençialmente non se alcançen la cosas deseadas la ymaginaçion con-
te mplando cierto es que procura alguna delectaçion.
118 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
dero deuer la intimar, a la quai ciertamente y por Eamaepor
experiençia conosco asi como una singular luz de ingenio en toda
la ultorior e çiterior espafia, e en rhayor grado delectarse en
^studio de tétras, a la quai virtud -<i suele eneomendat la gente
popular quanto os de con maj or alabança e celebraçion contemplar
en escogido principe, por lo quai queriendo se menear el razona-
miento de la nobleza e despues a quai seûoria sepodria mas dili
gentemente atribuyr que a vuestra gracia a la quai, asi pornatural
ingenio como por industria continua de estudios, eso mesmopor
bien auenturança y gloria de estado, toda la representaçion parti
cular e gênerai delà nobleza ha en si compreHëndida. Edeaquella
se puecle como de espejo luziente la yerdadera estimaçion de
aquesta nobleza contemplar. Pero si de la lindeza del linaje
dezimos, quai seflor temporal es a quien no se pueda comparar la
generosidat de la seûoria vuestra, o por la antiguydat de los
mayores o por la alteza de vuestros parientes. E si de las Eacul
tades o riquezas queremos dezir, Eallar se a asaz vuestro animo
abastado, si por ftrmeza e constante fe de sus vassallos e subditos
otrosypor su mesma e ardiente bienquerençia que tienen a vos.
E si de las nobles virtudes del animo penssamos, tantoesel amon-
tonainiento de aquellas en la çelssitud vuestra quanto qualquier
perssona popular o senoril puede desear honestamente. No di
remos por lo présente de vuestra justiçia, piedat e clemençia, fe,
liberalidat, por que agora no basta el tiempo ni el lugar de lo
espliear. Por todos los quales e nmy honestos enxiemplos e res-
pectos neçessarios me costrenyan non (?) a la excelençia vuestra de le
enbiar dignamente la clicha disputaçion de nobleza a la quai e a
su arbitrio dexando la sentençia de aquella a quien como muy
iiel seruidor humiimente e sus manos besando me eneomiendo.
(Osuna: Plut. III. Lit. N. n° 3; Rocam. n" 192; Biblioth. Nat.
Madrid, Kk-16)
Senèque, Lettres à Lucille. En castillan.
Manuscrit cl (3 88 feuillets, plus 4 de table, 1 de garde el
11 à la lin du volume. Papier et vélin. Écriture de la pre-
mière moitié du XVe siècle, à deux colonnes. Format
398X^78 mm. Reliure de parchemin.
Au verso du feuillet de garde on lit la rubrique suivante :
XVI. SÉNÈQUE 119
En este libro ay setenia e çinco capitulos los cjuales son
y ntitul ados epistolas de Se/ieca a Luçilo, las quales Jablan
hintj altarnente, e el que leer alguna délias querra, la tabla
le dira a quantasjbjas cada una délias fcdlar a.
Suivent 4 feuillets de table à deux colonnes. A la fin de la
table, la rubrique suivante : E as y son las epistolas que en
este volumen se contienen en çiento, las quales son de
Gregorio Rodrigue*, eierigo e notario vecino de Burgos que
Bios dexe bien acabar ; amen.
Ce nom de Gregorio Rodrigue* a été substitué à un autre
qui a été complètement gratté ; le nom primitif était en
rouge et Gregorio a ajouté le sien à F encre noire.
Fol. 1, vélin. Prologue : « Seneca fue un sabio omne dis-
cipulo de un philosopho que ouo nombre Focion. . . »
Le fol. 2 porte le n° 25, il manque donc à notre texte 23
ou 24 feuillets, car le prologue ne porte pas de numération,
Incipit : (( ... que aquellos que refuyen e han recursso a
el esperando encobrir. . . » C'est la fin du chapitre xxi. Dans
la même colonne commence le chapitre xxn.
Fol. 108 A. Les lettres à Lucille finissent avec la fin du cha-
pitre lxxv, par : a por nescesidat aya e tome sin demasia e
sobra. »
Fol. 108 v° A. Lettre de Plutarque à Trajan, son dis-
ciple. A la suite un « dicho de Mario Maxime philosopho. »
Fol. 108-112. Huit lettres de Sénèque à saint Paul, six
de saint Paul à Sénèque, cinq de saint Augustin au comte
Boniface et cinq de Boniface à saint Augustin. Fol. 112 v°
Explicit : « porque la salud tuya por algund tienpo nos
sea otorgada. »
A la fin, 6 feuillets de papier dont deux sont occupés par
une généalogie des rois goths d'Espagne et des rois de Léon
et de Castille, et desjamosos caualleros el conde donFernan
Gonzalez de Castilla y el Çid Rrui Diaz de Vibar.
Sur l'avant dernier feuillet on voit des dessins de lames
cl'épées avec les marques et les noms de six armuriers. C'est
un curieux document. A droite dans la marge, on lit : Senales
de las buenas espadas antiguas, et en caractères eursifs :
Piero. Antonio, y Cataldo fueronlos principales maestros e
estos son sus disçipulos. Suivent les noms et les marques.
Ce manuscrit contient la version castillane du uolyariz-
120 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS ÙE SANTILLANE
zamento que (il faire Riccardo Pétri <\e Florence, sur une
traduction française (cf. la notice du manuscrit Hh-57), bien
que notre exemplaire porte expressément : las (/unies epi-
stolasjizo trasladar de latin en lengua florentina Ricavdo
Pedro, etc. Le manuscrit italien dit au même endroit : le
quali pistole e insegnainenti Jece traslatare in linguajîo-
rentina Riccardo Pétri, etc. Il faut sans doute voir dans ce
latin une erreur du traducteur castillan, qui était insuffi-
samment renseigné.
(Osuna: Plut. V. Lit, N. N° 37; Rocam. N° 194; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-58)
Sénèque, Œuvres diverses, traduites en castillan par
Alonso de Cartagena.
Manuscrit de 167 feuillets, au commencement 2 feuillets
de garde et à la fin 3 feuillets blancs d'un autre papier que
ceux du manuscrit. Papier, folioté en bas à droite. Beaucoup
de feuillets usés ont été rebordés. Écriture du XVe siècle.
Notes et gloses dans les marges, de la même écriture que le
texte. Format 283X214 mm. Reliure de parchemin.
Ce manuscrit contient :
1 De la prouidençia deuinal.
2 De la cleinençia.
3 Breue copilaçion que de sus dichos fuefecha.
4 Libro de amonestaçiones e dotrinas.
5 Libro de las syete artes libérales.
Fol. 1. Préface d; Alonso de Cartagena au roi de Castille:
« Quand dulçe es la çiençia muy catolico principe. . . »
I. Fol. 2 v°. Explicit : « la entrocluçion seguente. ))
Môme feuillet : Introduçion « De la prouidençia deuinal
muchos son los que fablaron asy catolicos como gentiles...))
Fol. 4. Explicit: « quando conbatyr nos quisiere incli-
nemos la oreja e escuehemos a Seneca. »
Seneca a Lucilo : « Preguntaste me Luçilo pues el munclo
se rrige por la prouidençia de Dios porque acaesçen muchos
maies. . . »
XVI. SÉNÈQUE 121
Fol. 20. Explicit : « con la lança de la rrazon diziendo
asy. » Le livre I compte 16 chapitres. A la suite et sans
explicit spécial commence le livre II : Seneca a Sereno :
« Puedo con rrazon dezir o Seuero (pie. . . »
Fol. 45. Explicit : « de la rrepublica e del linaje humanal ».
Le livre II compte 19 chapitres. Aqui se acaba el libro
segundo de Seneca de la prouidencia de Dios a Sereno.
IL Au-dessous: Libro primera de Luçio Anneo Seneca,
de la Clemençia al enperador Nero.
Fol. 45 : Prologo en la traslaçion. Incipit : « Mâchas cosas
son principe muy esclarescido que fazen al rrey . . . »
Fol. 47. Explicit : a la yntroduçion que se sygue. » Suit
l'introduction du traducteur : « [D]os libres fïzo Seneca de
la cïemencia amos yntitulados a Nero. . . »
Fol. 47. Explicit: (dabre Seneca sus floreaduras. » Seneca
al enperador Nero. Capitulo primera.
Fol. 49. Incipit : « Acorde de te escriuir o Nero Çesar de
la virtud que se llama clemençia. . . »
Fol. 80 v°: (( de tenplos o de fuego muy grrande e gênerai.
Aqui se acaba el libro primero de Seneca de la Clemençia
(24 chapitres) .
Au-dessous : Libro segundo de Seneca de la Clemençia
al enperador Nero. Introduçion : En este segundo libro de
la clemençia aunque ... ))
Fol. 31 v°. Explicit : « que en ella nos quiso dar Se-
neca. )) Seneca, al enperador Nero : « Una palabra que
mienbra, o Nero Çesar, que te oy me apremio. . . »
Fol. 88 v°. Explicit : « se enâeresçe e torne derecho.
Aqui se acaba cl secjnndo libro delà Clemençia de Seneca cd
enperador Nero.
III. Suit : En este quaderno estan algunas declamaciones
que fiieron sacadas de diuersos lot/ares del original de las
Declamaciones.
Fol. 89. (( [E]n el libro de las Declamaciones la declama-
çion quarta que se llama la declamaçion de aquel (pie con
las armas que tomo de la sepoltura fue vençedor. Propone
contra el aquella action que se llama ciel sepulcro ofensado.
E el caso es este : una cibdat auia guerra con otra e un
cauallero. . . »
122 BIBLIOTHÈQUE Dl MARQUIS DE SANTILL
Fol. L45 v°. Ëxplicil : (i <■ nin engafta a otro nin ella
engaïïada. »
Fol. 146 : Aqui se acaba una breue copilaçion de aigu-
nosdichosde Seneca sacados de una grant copilaçion que
de sus (lichos c dotrinas Juejecha. Efueron tornados de
latin en lenguaje castellano por mandado del m uy alto
principe e muy poderoso rey e sefior nuestro sefior el rey.
E non van sytuados por ordenança porquanto fueron acaso
segunt que cada uno en leyendo le bien paresçio. E afta-
dieronsealas glosas algunas adiçiones en los loi/arcs donde
el dicho sefior rey mando.
IV. Fol. 147: Libro de Seneca de amonestamientos e do-
trinas. « [N]on hay cosa tan mortala los yngenios humanos
como la luxuria . »
Fol. 155 v°. Explicit : « tu abstinençia de las viandas
suzia e vil. » Aqui se acaba el libro de los amones-
tamientos e doctrinas, e comiença el libro de las syete
çtrtes libérales en que muestra Seneca, Jablando de cada
una délias, que non ponen en nuestro coraçon la virtud
mas aparejan le para la rresçebir.
V. Fol. 156 : Libro de las syete artes libérales. « I) <i-<\-i-
saber que es lo que me paresçe dé los estudios libérales e
para désir le verdat. . . »
Fol. 167 v°. Explicit: « mas aun dixieron que non pode-
mos saber, que non sabemos nada. »
Aqui se acaba, el libro de Seneca que lia mon de las artes
libérales.
Les notes et les gloses de ces textes sont intéressantes ;
elles donnent des renseignements sur les jeux, les coutumes,
le droit et* l'histoire, elles confirment la sûreté et l'étendue
de l'érudition cle l'évêque de Burgos, si célèbre et si admiré
au XVe siècle.
G
(Rocam. N° 193; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-55)
Sénèque, Œuvres diverses . En castillan.
Manuscrit de 223 feuillets, papier, les premiers feuillets
sont très abîmés par l'humidité, folioté avec soin jusqu'au
XVI. SÉNÈQUE 123
fol. 87; à partir de ce feuillet une erreur se glisse clans la
numération, le fol. 88 porte le n° 89, or, rien n'est omis
dans le texte; il y a donc omission du n° 88, cette faute
d'une unité court jusqu'au fol. 200, c'est-à-dire 199 où la
foliotation cesse tout à fait. Ecriture du XVe siècle, ru-
briques et initiales ornées. Format 283X210 mm. Reliure
moderne en basane à filets d'or. Les 2 premiers feuillets sont
occupés pour une table très détaillée. Ce manuscrit est en
tout pareil au ms. Ii-58, c'est pourquoi nous ne parlerons
ici que des traités qui ne se trouvent pas dans l'autre
manuscrit, et nous nous contenterons d'énuméror ceux que
nous avons déjà décrits. Dans les deux textes, c'est à la
version d'Alonso de Cartagena avec ses gloses et ses com-
mentaires que nous avons affaire.
Fol. 3: Aqui comienra el Ubro de Seneka que es llamado
De Vita beat a.
Prologue dédicatoiro :
Incipit : « Si los bienes mundanos principe muy poderoso
pueden dar bienandança. . . »
Fol. 4 v°. Explicil : « qmv In yntroduçion que se sigue
dira. ))
Prologue du traducteur : a Grande cuydado pusieron los
sabios gentiles en catar quai era H mayor bien... »
Fol. 6. Explicit : « qùantoa este fin le podemosoyr. »
Texte, incipit : « Todos desean o Galion hermano biuir
bienauenturadamente . . . »
Fol. 49. Explicit : « Pues en todaslas mares, por la mayor
parte, sobreuiene algunas vezes tormenta. » Aqui se acaba
el Ubro de Vita beata.
Fol. 49 v°-98 (c'est-à-dire 97), 2 Libros de la Proui-
dençia de Bios.
Fol. 98-138 (c'est-à-dire 137). 2 Libros de la C/e-
rnençia.
Fol. 138-150 (149). Libro de las Artes libérales.
Fol. 150 v°-158 v° (157), Libro de Amonestamientos e
doetrinas .
Fol. 158-221, Breue copilarion de algunos clichos de
Seneca (nous empruntons ce titre au ms. Ii-58).
L'ordre de cette brève compilation n'est pas absolument
le même dans les deux manuscrits. Dans le ms. Ii-55 il v a
124 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
des erreurs dans l'ordre des feuillets qui rendent la col-
lation difficile, mais le contenu de cette partie des deux
manuscrits est le même, et c'est la même traduction.
Fol. 221-224 v°. De quatro virtudes.
Fol. 221 : «De las espeçias de quatro virtudes por senten-
çiasde muchos sabiosson definidas por las [quales] el animo
umano afeytado pueda a honestidad allegar» (sic).
Fol. 224 v° (en réalité 223 v°). Explicit: «en las aduersy-
dades firme en las virtudes de! anima. Fin » (Cf. la notice
du ms. Ii— 64, VI). Les quatre derniers mots sont de la
main qui dans le textea fait par endroits (\<>* retouches.
II
(Osuna : Plut. V. Lit. N, n" 12; Rocam, n" 191; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-86)
Sénèque, De Vitabeata. En castillan.
Manuscrit de 34 feuillets, papier, nombre irrégulier de
lignes. Écriture du XVe siècle. Grandes marges, notes et
gloses, pas de rubriques, mais des initiales et des lettrines
en couleur. Format 286x216 mm. Reliure de parchemin.
Ce manuscrit contient le De Vita beata en castillan.
C'est la traduction d'Alonso de Cartagena que nous avons
déjà examinée dans le manuscrit Ii-55.
Fol. 1. Prologue-dédicace au roi.
Fol. 2. Prologue du traducteur.
Fol. 3. Incipit : « Todos desean o Galion hermano beuir
bienauenturadamente. . . »
Fol . 34 v°. Le traité inachevé finit par : « e esto paresçe
bien porque Epiarro que fue el principal, o
I
Sénèque, De Mo ri bus. En castillan (Cf. notice XIV-, n" II).
Traducteurs et traductions de Sénèque en Espagne
Sénèque est une des grandes autorités du moyen âge
espagnol, on le cite partout et à propos de tout. A son mé-
XVI. SÉNÈQUE 125
rite propre s'ajoute l'auréole patriotique (pie lui vaut sa
naissance à Cordoue. De même que Lucain, son aeveu, Sé-
nèque est considéré comme Espagnol ri). Les œuvres du
stoïcien sont clans toutes les bibliothèques, souvent on les
y trouve à plusieurs exemplaires et en quatre langues :
en latin, en italien, en castillan et en catalan (2). Les plus
anciennes traductions castillanes de cet auteur conservées
à Madrid et à rEscurial ont été exécutées au XVe siècle
pour les rois Jean II et Henri IV, pour Fernan Perez de
Guzman, et une ancienne version a été retouchée pour clona
Inès de Torres, femme de Louis de Guzman, grand-maître
de Calatrava. Dès les premiers temps de l'imprimerie, les
éditions de Sénèque abondent : Séville, Médina del Campo,
Zamora, Tolède, Alcalâde Henares et Anvers en ont fourni.
La Catalogne avait précédé de quelques années la Castille.
En effet, Villanueva (Vtage, XVIII, 210), cite un manus-
crit du XIVe siècle contenant une version catalane de YEx-
positio des ouvrages de Sénèque par le dominicain Lucas
Manelli(3). Du XIVe siècle aussi date la traduction des dix
tragédies de Sénèque faite par Anton Vilaragut et dont
une partie seulement nous est parvenue. Antoni Canals
traduit entre 1393 et 1406 le De ProuidenUa. Le Sumari de
Seneca de Père Mollâ est de la fin du XIVe siècle ou du
commencement du XVe, et rEscurial conserve dans un ma-
nuscrit du XVe siècle une traduction catalane des Moral ia.
Enfin, les lettres du stoïcien furent traduites du français en
catalan : a translatades de lati en frances, e puys de frànces
1. Rodriguez de Castro : Biblioteea espanola, t. II, p. 32-62.
2. Le prince de Viane possédait une traduction française des Lettres
à Lucille : « Epistoke Senecse en frances (les epistoles de Seneca en pa-
per, no acabades). » Cf. G. Desdevises du Dézert, Don Carlos d'Aragon,
appendice XV, p. 453. Les mêmes lettres, en français également, sont
mentionnées sous le n°18 du catalogue delà Bibliothèque du connétable
de Portugal Don Pedro. Cf. A. Balaguer y Merino, D. Pedro el cqnde-
stable de Portugal, Gerona, 1881, p. 23.
3. Villanueva et Rubiô y Lluch font de « frare Luchas » un Catalan ;
c'est M. Morel-Fatio qui a reconnu en lui le dominicain Lucas Manelli,
auteur d'une « Exposition » latine des lettres de Sénèque et de sa phi-
losophie morale. Cf. Grundriss der Romaïiischm Philologie de Grôber,
II Band, 2 Abt., p. 103.
126 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
en cathalâ(l). » Les traductions castillanes du XV' siècle
peuvent se diviser en cinq groupée principaux :
1° Les traductions dues à Alonso de Cartagena, évéque
de Burgos.
2° Celles qu'a faites Pedro Diaz de Tolède.
3° Celle que lit exécuter Ferez deGuzman.
4° La copie d'une ancienne version du De Ira, écrite
par Fr. Gonzalo et corrigée d'après l'original latin parNuûo
de Guzman.
5° Versions dont L'auteur ncM pas connu.
I. Alonso de Almela, disciple et serviteur de don Alonso de
Cartagena, nous dit dant son Valerio de las historias que
l'évoque (( tornô de latin en nuestro vulgar doce libros de
Seneca ))(Cf. Amador de losRios, Obras del Marqués, p. 639,
et Historia crttica, t. VI, p. 33, n. I). La plupart dos ma-
nuscrits qui nous conservent les traductions de Sénèque
dues à don Alonso contiennent :
1. De la vida hienàventurada (dédié au roi Jean II).
2>Libroprimerodelapromdençia divinal ) prologljeau r()i
3. LiUro segundo \ Jean lI-
4. Libro primero de la clemencia i prologue au roi Jean n
T ., , avec une allusion au par-
o. Libro segundo i ,i<m «le Ségovie.
( dans la glose, allusion à
6. Libro de lossiete artes libérale* ' éducation du roi et aux
études (la prince don En-
rique.
7. Libro de amonestamientos edotritias.
8. Libro de femedios contra advërsajbrtuna.
9. Libro de las quatro mrtudes cardinales .
Nous saxons que les Déclamations de Marc, attribuées à
son lils pendant longtemps, ont été traduites ef. Gallardo,
Ensayo, t. IV, colonne 1199 , sous le titre de Las deelà-
maciones y senteneias con sus glosas. Dans le même volume
se trouvent aussi le traité De la providencia de Dios et les
livres De la clemencià. D'autre part, dans le manuscrit Ii-58
de la Biblioth.Nat.de Madrid, nous trouvons quelques «décla-
mations tirées de l'original d^x Déclamation» », el comme
1. Nous empruntons ces Indications relatives à Sënèque dans la Litté-
rature catalane, à la Katalanische * Littéral tir de M. Mood-Kaîi<>, dans
Le Grundriss (Cf. I. c„ p. 103, 104).
XVI. SÉNÈQUE 127
ce manuscrit ne contient que des traités traduits par Alonso
de Cartagena, nous pouvons émettre l'hypothèse que les
Déclamations auront été traduites par Tévêque de Burgos.
Il est probable aussi qu'Almëla compta comme taisant
partie des douze livres la Brève copilacion de algunos dickos
de Setieca laite par révoque pour le roi Jean II.
Peut-on attribuer à Alonso de Cartagena Tune des deux
traductions des Proverbios de Seneca Uamados vicias y
virtudes, qui sont anonymes? Nous en reparlerons tout à
l'heure (1).
II. Pedro Diaz de Toledo; chapelain du marquis de San-
tillane, traduit et commente pour le roi Jean II, les soi-di-
sant Proverbes de Sénèque et le De rnoribas. Or, nous sa-
vons que Sénèque n'est pour presque rien dans les Proverbia
Senécœ. Quant au De moribus, il n'est ni de Sénèque, ni
de Martin, évoque de Braga, auquel on Ta longtemps attri-
bué.
III. Fernan Perez de Guzman fit traduire en castillan les
Lettres à Lucille sur la traduction italienne faite au com-
mencement du XIVe siècle, à Florence, par ordre d'un
grand marchand de cette ville, Ricardo Pétri Voir ci-des-
sus les notices des mss. B, Hh 57 et E, KK-16 de la Bi-
bliothèque de Madrid). Amador de los Rios cf. Obras del
Marqués, p. 638) croit que la traduction des épîtres de
Sénèque pourrait être œuvre du seigneur de Batres lui-
même. Il n'en est rien, Fernan Perez de Guzman lit sans
doute exécuter cette version par un de ses familiers
C'est encore Amador de los Rios (Historia eritiea, t. VI,
p. 394, note 3) qui parle d'une traduction des lettres de
Sénèque due à Alphonse V d'Aragon. Ses preuves se ré-
duisent à deux passages du Panormita et du prince de Viane,
1. Rodriguez de Castro (BiblioL esp., t. II, p. 42) donne la liste suivante
des œuvres de Sénèque, ou à lui attribuées, vues par lui dans des manuscrits
de TEscurial (tous du XVe siècle) et traduites, dit-il, par Alonso de
Cartagena : « Estas obras son : los libros de la rida bienacenturada : de
la dicina procidencia : de la clcmencia : de los rcinedios de la for-
tuna : los Proverbios y doctrinas : el tratado de la yucrra: las decla-
maciones : el tratado de las sicte artes libérales : cl de las quatro vir-
tudes cardinales y sus especics : cl de la ainistad y del amirjo coino se
ha de yanar : y los dichos en cl arte de la cacalleria. »
128 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
d'où il résulte que le roi aimait à lire les lettres a Lucille,
rien de plus.
[V. Deux manuscrits de L'Escuria] conservent le De Ira
en castillan. Ces deux manuscrits son! du KVe siècle. L'un
(le II-N (S) est écrit sut' vélin avec grand luxe de rubriques
et de capitales enluminées ; l'autre (le III-T-3 est plus mo-
deste, il est écrit sur papier, et la place d<i ses capitales
est demeurée blanche. Ces deux manuscrits de même for-
mat (gr. in-4°) contiennent le même texte Voici comment
les mentionne le catalogue manuscrit de l'Escurial sous
les mots Yra et Tratado : « Tratado de la ira y safia trad.
al cast. a servicio de nuestro senor el rey D. Saur In, ;
Escrito en papel, â mediados de! siglo XV.. . Tratado de
Seneca contra la ira y sàfla, trasladado (Ici latin por Fr.
Gonzalo y corregido por Nufio de Guzman. Escrito en
papel, ano de 1445. »
Rodrigue/ de Castro (Bibliot. esp., t. II, p. 45), relevé
dans le ms. III-T-3 le nom du copiste Pedro de Médina (1).
La traduction est précédée d'une sorte de préface très
intéressante, dont nous donnons des fragments dans notre
étude sur Nufio de Guzman (Appendice I). De cette préface
publiée tout entière par Rodrigue/ de Castro (/oc. czï.),il
résulte clairement qu'un certain Fray Gonealo, chapelain
de doua Inès de Torres, femme de Luis de Guzman, maître
cle Calatrava, recopia le De Ira sur une ancienne traduction
castillane. Peut-être corrigea-t-il un peu l'ancienne version
défigurée par des copistes ignorants et fruit du labeur d'un
médiocre humaniste, mais ce devait être fort insuffisant, et
de profondes altérations de texte subsistaient, puisque Nuno
de Guzman, qui paraît être l'auteur de cette préface et y
parle à la première personne, prit la peine de revoir cette
version et d'en corriger la forme, comme le fond, d'après le
texte latin de Sénèque, qu'il dit avoir beaucoup pratiqué.
Il dit aussi que cette version est si défectueuse, que pour
l'améliorer réellement il aurait fallu la refaire cle fond en
comble, et que, ne s'en croyant pas capable, il a fait de son
mieux pour la rendre moins obscure. La préface débute par
1. A la fin du manuscrit III-T-3, nous lisons ces mots : Este lebro
esc/- lai o Pedro de Médina.
XVI. SENÈQUE 129
ces mots: Este Ubvo escrhdofray Gonçalo suficiente orto-
grûfo. Cette déclaration, confirmée par les explications de
Nuno de Guzman, nous paraît suffisante pour refusera fray
Gonçalo le titre de traducteur que lui accordent le cata-
logue de FEscurial (Castro, /oc. cit.) et Amador de los Rios
[Historiacritica, t. VI, p. 34, note 1 de la page précédente).
Fray Gonçalo a copié la vieille traduction du De Ira faite
(et ms. III-T-3, fol. 2), al pro comun de todos sehalada-
menic a seruicio de nuestro senor el Rey don Sancho [IV
de Castilla], Nous ne pouvons apprécier les modifications
subies par le texte de la version du XIIIe siècle, puisque
nous n'avons connaissance que des deux manuscrits dont
nous venons de parler, qui contiennent tous deux le rifaci-
mento du XVe siècle.
Quant à Pedro de Médina, faut-il voir en lui le copiste de
l'ancien manuscrit copié et un peu retouché par Gonçalo,
ou bien a-t-il été le copiste du manuscrit III-T-3?
V. Un manuscrit provenant de la bibliothèque de Don
Pascualde Gayangos (Biblioth. Nat. Madrid, cote provisoire,
n° 108) contient une traduction castillane de r'ATroxoXoxjvxcocr^
de Sénèque. Pier Candido Decembri, l'épître dédicatoire
nous l'apprend, a traduit cet ouvrage en italien pour l'offrir
à Nuno de Guzman dont il fait un grand éloge (Cf. Ap-
pendice I). Qui est l'auteur de la version castillane de ce
Juerjo de Claudio enpèrador faite sur le texte italien de
Decembri? Rien ne l'indique, mais il est permis de supposer
que, si ce n'est pas Nuno lui-même, c'est un de ses ser-
viteurs.
Dans le manuscrit qui fait partie de la bibliothèque
particulière de M. de Uhagôn, nous avons trouvé un frag-
ment d'un centon de Senèque différent des Proverbia
Senecaede Pedro Diaz, différent aussi des Admonestaciones
y Doctrinas de l'évèque de Burgos. La bibliothèque de
TEscurial conserve dans le tomo de uarios, 1I-S-13, le
môme traité complet. Il occupe 36 feuillets et porte le titre
suivant : Los Proverbios de Seneca l/amados vicios y vir-
tifj/es. Seulement nous avons affaire à deux traductions diffé-
rentes. Celle du manuscrit de l'Escurial a un tour plus
ancien, quelque chose de gauche et d'archaïque; celle du
manuscrit de M. de Uhagôn est mieux écrite et son style
L3Û BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLA]
présente une analogie réelle avec celui d'Alonso deCarta-
gena que d'ailleurs le sujet essentiellement moral de ce
traité devait intéresser. Mais ce n'est là qu'une supposition.
Les deux manuscrits qui contiennent ces deux versions des
Proverbios de Seneca llamados vicios y virtudes sont du
XV0 siècle.
Des tragédies de Sénèque nous n'avons trouvé qu'une
version italienne dans la bibliothèque que non- étudions.
Mais Castro [Bibliot. esp., t. II, p. 48 décrit deux manuscrits
du XVe siècle (II-S-7, II-S-12) sur papier contenant les
tragédies en castillan, et la Bibliothèque Nationale de Madrid
en conserve un (T-131) : tous trois reproduisent la même
version de neuf tragédies de Sénèque. \ ù\ dixième, Hercules
(Oetaeus), manque dans les deux manuscrits de l'Escurial,
comme dans celui de Madrid. RubiôyLluch Renacimienlo
cldsico, p. 22, note 1) croit que In version castillane qui
nous occupe est une traduction de la version catalane
d'Anton Vilaragut qui, nous l'avons vu plus haut, remonte
au XIVe siècle et eut du succès, à en juger par les ma-
nuscrits qui nous en restent, mais dont malheureusement
aucun n'est complet. Fuster en a vu un manuscrit du
XIVe siècle qui ne conservait que la première tragédie,
mais qui donnait les arguments des neuf autres, dans l'ordre
où nous les trouvons dans les versions italienne et castillane.
Il est en efîet probable que le traducteur castillan se servit
d'un texte catalan auquel manquait la dixième et dernière
tragédie. Amaclor de los Rios [Obras del Marqués, p. 639)
affirme sans preuves que les tragédies de Sénèque furent
traduites en castillan par ordre du marquis de Santil-
la/ie, et se conservent à TEscurial dans le manuscrit
II-S-12.
La première édition des œuvres de Sénèque parut à
Se vil le en 1491, par les soins de Meynardo Ungut et de S ta-
nislao Polono. Elle s'intitule: Cinco libros de Seneca,
et contient :
Primero Ubro de la Vida Bienaventurada.
Segundo de las stete artes libérales.
Tercerode amonestamientos e doctrinas.
Quarto e el primero de providençia de Bios.
XVI. SÉNÈQUE 131
Quinto el segunclo libro de provideriçia de Dios (1).
Ce sont les traductions cVAlonso de Cartagena, évêque de
Burgos.
Des Lettres, la première édition parut en 1496 à Zara-
gosse, sous le titre de: Las epistolas de Seneca cou una
surnrna siquier introduction de Philosophia moral en ro-
mance. . . Empremidas . . . a, instançia y expensas de Juan
Thomas Favario de Lumelo del contado de Pavia. . .(2).
C'est la traduction des Lettres à Lucille que Fernan Perez
de Guzman fit exécuter sur la version italienne.
A Zamora, parut, en 1482, la première édition des Pro-
verbes dans la version de Pedro Diaz de Toledo. Titre :
Proverbios de Seneca. Introduction a los Proverbios y
Sentencias delfamoso Philosopho Lucio Anneo Seneca. For
el Doctor Pero Diaz de Toledo. Dirigido al muy alto y muy
ilustre y virtuso Sehor su soberano Senor el Rey Don
Juan segundo de Castilla, de Léon, etc. (3).
1. Salvâ, Catàloyo, n° 4000 ; Gallardo, col. 1630; Mendez Hidalgo,
p. 87.
2. Salvâ, n° 4003; Mendez Hidalgo, p. 336.
3. Brunet, Manuel du Libraire, t. V, fol. 282.
XVII
VALÈRE-MAXIME
*A
(Osuna: Plut. III. Lit. N, n° 20; Rocam. N° 203 ; Biblioth. Xat.
Madrid, Heserv. 5M0)
Valère-Maxime. En italien.
Manuscrit de 173 feuillets, plus 2 blancs au commence-
ment et 1 à la fin. Vélin. Réglé à 34 lignes. Écriture et
ornementation florentines du XVe siècle, rubriques et lettres
ornées. Trace de deux feuillets blancs coupés à la fin.
Format 325x230 mm. Reliure de parchemin. L'encadre-
ment florentin porte les quatre heaumes, la devise « Dios e
Vos )) et en bas, dans une couronne de laurier et sur fond
d'azur , les armes du marquis de Santillane portant : Salve
Maria gracia plena.
Titre : Incomincia il libro di Valerio Maximo de' facti
e detti degni di memoria. Ce titre est écrit en capitales
d'or.
Le texte commence par une lettre ornée contenant le
portrait de Valère-Maxime, son livre à la main : « Li facti
e li decti li quali sono degni di memoria délia. . . »
Explicit : « giusto tormento fue costretto d'essere dato. »
Fol. 173. Rubrique en capitales: Finis — Finisce il nono
et ultimo libro di Valerio Maximo de facti e decti merno-
revoli ad Tiberio Cesare. — Laus Deo.
Fol. 1-21 v<\ livre I ; fol. 41 \<\ fin du livre II ; fol. 60 v°,
fin du livre III; fol. 80, lin du livre IV ; fol. 100 v°, fin
du livre V; fol. 119, fin du livre VI; fol. 135, fin du
XVII. VALÈRE-MAXIME 133
livre VII; fol. 153 v°, fin du livre VIII ; fol. 173, fin du
livre IX et dernier.
Tous ces livres sont précédés d'une table rubriquée de
leurs chapitres, et suivis d'un explicit.
Il s'agit ici d'un volgaria^amento bien connu du XIV0 siècle
attribué à Andréa Lancia et publié en 1867 à Bologne, par
Roberto de Visiani sous ce titre : De' fattl e detti de g ni di
memoria délia città di roina e délie stranie gehti; testa di
lingua del seco/o XIV riscontrato su inolti codici (Zam-
brini, /. c., col. 1039 et 1040).
B
(Osuna: Plut, III. Lit. N, n° 1; Roeam. N° 202 ; Biblioth. Nat. Madrid
KK-1.7)
Valère-Maxime, traduit en castillan à la prière du roi
Jean Ier de Cas tille, par Fray Antoni Canals sur la version
en valencien faite, par ce même Canals, pour don Jacme
d'Aragon, cardinal de Sainte-Sabine, évêque de Valence.
Manuscrit de 191 feuillets, papier, non folioté, à deux
colonnes. Écriture de la première moitié du XVe siècle.
Sans rubriques ni capitales. Quelques notes marginales.
Format 394x280 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1. Lettre d'envoi du cardinal, évêque de Valence,
aux conseillers de la ville de Barcelone pour leur offrir un
exemplaire du Valère-Maxime, traduit à sa prière par frère
Antoni Canals.
(( [M]uy amados amygos como nos, estudiando algunas
vegadas. . .))
Explicit : « Et muy caros amigos el espiritu santo vos
quiera tener en su guarcla. Dada en Valençia primero dia de
deziembre ano del nascimiento del nuestro seftor Dios de
mill e CCCXCV anos. »
Suit la réponse et les remerciements des Barcelonais au
cardinal.
Fol. 1 v°. Lettre du traducteur au cardinal Don Javme.
a Al muy reuerendo padre en Cristo e senor mio muy
alto. . . » Cette lettre, comme les précédentes, est connue et
KM BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
a été en partie publiée (Morel-Fatio, Catalogue des mss. ei pa
gnols, p. 42). Relevons cependant au fol. 2 B, lepas
suivant : « Por que yo à mandamiento de vuestra senoria <'
16 traydo [de] latim en nuestra acostumbrada lengua
materna valenciana, asy breue como pude, ya sea que otros
lo ayan traydo de latim en romance catalan. » Et plus
loin, parlant du style diffus de son auteur et de la longueur
de ses récits, il ajoute: « Considère que, por tirar enojo e
pôr satisfazeren el tiempo auenidero a los entendimientos de
muchos, traxese el dicho Valerio e lo comprendiese <in
breue trac tado proseguiendo las estorias segund la sentencia
literal acostandome al testo asy tan çerca como pudo mi poca
sufiçiençià. »
Explicit : (( en continua sanidat por luengos tiempos
prosperando. Amen. »
Fol. 4 v°. Texte. Incipit : « Por socorrery ayudar al tra-
bajo de los ornes. . . »
Fol. 191. Explicit: « de! dicho César que biue (kn lama y
en gloria por siempre jamas. »
Este libre es acabado, dios aya loor y buen grado.
Amen. Quis scripsit scribat semper cum domino binât.
Sur Antoni Canals, voyez Antonio-Ba'yer Bibl. hisp.
vêtus, II, 178, 189, 237).
Le succès de Valère-Maxime en Espagne a été considé-
rable. On a vu que frère Antoni Canals parle de versions
catalanes, perdues, antérieures à la sienne. De nombreux
manuscrits nous conservent les versions valencienne et cas-
tillane du savant dominicain, qui n'ont pas été imprimées.
Par contre, dès 1495, parut à Saragosse, parles soins de
Paul Hurus, une version castillane de Valère-Maxime, faite
vers 1467, par Mossen Hugo de Urries, grand seigneur
diplomate, qui travailla sur la version française de Simon
de Hesclin .
(Pellicer, Ensayo, p. 85; Latassa et Gomez Uricl,
Bibliot. de Esc/'/'/. Aragoneses, t. III, p. 293).
XVIII
FLAVIUS JOSÈPHE
(Rocam. n° 137 ; Biblioth. Nat. Madrid, Hh-77)
Flavius Josèphe : Antiquitates Judaicae. En latin.
Manuscrit de 198 feuillets, plus 2 blancs à la fin, vélin,
folioté, réglé à 47 lignes. Écriture du XVe siècle, à deux
colonnes. Pas de rubriques, lettres ornées, encadrements en
or et couleurs, lettrines et capitales. Format 287X215 mm.
Reliure moderne.
Fol. 1. Encadrement d'ornementation italienne, dans le
bandeau inférieur, une couronne de laurier encadrant un
écu d'armes surmonté d'une mitre d'abbé (d'argent, â
3 bandes ondées d'azur). Colonne A : table du premier
livre; en marge quelques notes.
Incipit : « Istoriam conscribere disponentibus non unam
nec... »
Le feuillet 156 est blanc ; on y lit au recto : a Nihil
déficit error fuit scriptoris. ))
Fol. 198 v°. Explicit : « Aliud facere permitemur aliud
prohibemur. » Finis est huic libro, fjloria et laits Ihesu
Christo.
XIX
LUCAIN
A
(Rocam. 152; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-66)
M. A. Lucain : La Pharsale. En latin.
Manuscrit de 101 feuillets, vélin, non folioté, réglé à
41 lignes à la fin, au commencement nombre irrégulier
de vers par page. Écriture italienne du XVe siècle assez
différente au commencement et à la fin du poème. Ni titres,
ni capitales, des numéros au haut des feuillets indiquent les
livres. C'est un palimpseste. Format : 342 X 250 mm.
Reliure de Binet aux initiales du Duc. Au dos : M. Ann.
Lucani Pharsalia.
Le feuillet 1 est occupé par un fragment cle traité juri-
dique écrit en latin dont les marges sont criblées de notes;
le texte comme les notes sont d'une écriture de la fin du
XIIIe siècle.
Les ff. 2-101 v° contiennent la Pharsale de Lucain en
latin, écriture du XVe siècle; ce texte est glosé en marge
et entre les lignes jusqu'au fol. 58 v°. Le texte est précédé
de la fameuse épitaphe de Lucain :
a [CJorduba me geuuit, rapuit Nero, prelia dixi. »
Même feuillet, ligne 5. Incipit : « [Bjella per Emathios
plus quam ciuillia campos. »
Fol. 101 v°. Explicit du livre X et de tout le poème :
« Obsedit mûris calcanfem menia magnum. Finito
libro, sit laits et glorià cristo. Amen. »
Au fol. 2, dans la marge du haut nous lisons ces mots dont
l'écriture indique l'extrême fin du XVe siècle ou le com-
XIX. LUCAIN 137
mencement du XVI* siècle : « Ad usum fratris Lodouici do
Vicentia. »
Ce manuscrit, ainsi que nous l'avons indiqué ci-dessus, est
un palimpseste. Le fol. 1 contient un texte juridique du
XIIIe siècle, écrit sur deux colonnes avec titre en rouge
et commentaire. Ce feuillet était d'un format plus grand
que celui du ms. Ii-66, il a été mutilé, le texte coupé en
haut en fait foi. Un examen attentif nous a permis de recon-
naître que la Pharsale a été écrite sur quatre différentes
sortes de feuillets. D'abord des feuillets neufs et seconde-
ment des feuillets écrits qu'on a grattés très habilement, et
dont la lecture, difficile toujours, est par endroits impossible.
Nous indiquons par la lettre A les feuillets frères du
fol. 1, écriture du XIIIe siècle. Par la lettre B les feuillets
qui portaient un texte latin, écriture du XIVe siècle sur
deux colonnes ; ces feuillets-là sont placés à l'envers.
Enfin, la lettre C désigne des feuillets portant des actes
notariés du XIVe siècle avec souscriptions et seings manuels
de notaires; ces feuillets ont été tellement frottés à la pierre
ponce qu'ils sont à peu près indéchiffrables.
A. Fol. 1, 4, 5, 6, 7, 28, 29, 30, 31, 34, 35, 36, 37, 41, 42,
43, 44, 45, 46.
B. Fol. 32, 33, 47.
C. Fol. 2, 3, 8, 9, 38, 39, 48, 49, 96.
Le feuillet 40 a été tellement gratté qu'on ne peut le
classer, il en est de même pour les feuillets 87, 94, 95 et
101.
Amador de los Rios n'a pas reconnu la nature de ce
manuscrit (Obras del Marqués, p. 620, § 69). Il émet l'hy-
pothèse, que d'ailleurs rien ne justiiie, que les notes mar-
ginales et interlinéaires qui accompagnent le texte de Lucain
jusqu'au feuillet 58 v°, pourraient être de la main du
Marquis ; et il en tire la conclusion que si ces notes étaient
du Marquis, elles prouveraient que le latin ne lui était pas
aussi étranger qu'on l'a dit. Sans doute, mais ces notes
ne sont pas de la main du Marquis. Du reste, comme l'in-
dique la note de propriété relevée ci-dessus, ce manuscrit
n'a pas fait partie du premier noyau de la bibliothèque de
Guadalajara.
138 BIBLIOTHÈQUE M' MARQUIS DE SANTILLANE
B
(Osuna: Plut. IL Lit. M, n° 33)
Lucain. Manuscrit perdu.
Amador do los Rios (Lins sa Biblioteca del marqués de
Santillana (Obras del Marqués, p. G21), mentionne an
manuscrit italien du XVe siècle, aujourd'hui perdu et que
José Maria Rocamora n'indique pas dans son Catâlogo
abreviado de los manuscrites de la biblioteca del Excmo.
Senor Duque de Osuna. Ce manuscrit portait sur son
premier feuillet un encadrement luxueux, 1res proba-
blement de style florentin, avec 1rs heaumes, la devise e1
les armes du Marquis. L'écriture en était tics soignée et
sans doute semblable à celle des autres manuscrits italiens
de grand luxe que nous avons décrits. Los Rios transcrit la
rubrique initiale et lexplicit de ce volume: Incomincia il
primo libro di Lucano de facti di Rom a. et di Puglia et
di Cesare, tradticto di latino verso in prosa volgare. —
Finito é il decimo et ûltimo libro di Lucano traducto di
latino in volgare. »
Ce manuscrit, probablement écrit et enluminé à Florence,
contenait sans cloute la même version italienne de la Pharsale
que renferme le manuscrit Riccardien n° 1548, qui semble
être la seule ancienne version du poème cle Lucain en langue
italienne1. Ce manuscrit est écrit sur papier au XIVe siècle,
1. M. E. G. Parodi, dans sa savante étude intitulée : Le storie di
Cesare nella letteratura italiana dei prlini secoli, dit ce qui suit, après
avoir longuement traité des versions italiennes des Faits des Romains :
« Ma che fuori délia cerchia dei dotti essa (c'est-à-dire la Pharsale)
godesse di molta popolarità, certo non basta a provare 1' uso che ne
fecero Armannino e T ignoto autore del poema in ottave; m entre una
prova in contrario, negativa ma assai importante, abbiamo nel fatto
che nessuna traduzione délia Farsaglia ci puo offrire la nostra lettera-
tura dei primi secoli. Ma a distogliere ognuno dell' opéra, certo non
agevole ma non priva, neppure d'allettamenti, non avrà per nulla contri-
buito il pomanzo francese? Noi crediamo di si, giacchc esso stesso si
presentaya cojne una traduzione di Lucano, del quale una délie sue parti
XIX. LUCAIN 139
c'est un exemplaire ordinaire; au verso de son dernier feuillet
on lit la date 1361 (Cf. Ministero délia Publica Istruzione :
Indici e cataloghi XV. I manoscritti délia R. Biblioteca
Riceardiana di Firènae.Vol. I, facs. 7, p. 545, Rome, 1897).
C
(Osuna: Plut. III. Lit. N, n° 2; Rocam. N° 153; Riblioth. Nat.
Madrid, KK-15)
Lucain: La P hors aie. En castillan.
Manuscrit de 181 feuillets, papier et vélin, folioté, nombre
irrégulier de lignes. Ecriture du XVe siècle, à deux colonnes,
titres en rouge, onciales en tête des chapitres. Format :
398 X 285 mm. Reliure de parchemin. Les feuillets 1 et 2
sont occupés par la table des troisième, quatrième et cin-
quième livres. Et comme la foliotation, qui est ancienne,
indique comme premier feuillet celui où se trouve la table
du livre III, nous en concluons que la table du livre Ier
doit manquer depuis longtemps. Examinons les rubriques
de ces deux premiers feuillets de tables :
Aqui se comiençan /os. titulos de/ terçero libro que jizo
Lucano Magneo.
Aqui se acaba el terçero libro de Lucano Magneo en que
fabla de las rrazones de la estoria de Iulio Çesar e de
Ponpeo.
Dans toutes ces rubriques nous trouvons la forme Magneo,
qui n'est autre chose, pensons-nous, qu'une contraction de
M. Annaeus. Amador de los Rios (Obras del Marqués,
p. 621, § 69) a déjà fait cette remarque. Ifiigo Lopez de
Mendoza dans ses vers sur la mort de Don Enrique de Vil-
lena s'écrie :
Perclimos â Livio é al Mantuano,
Macrobio, Valerio, Salustio, Magneo.
di gran lunga la più vasta e lapiù considerevole portava anche il nome»
(Studj di Filologia Romansa public, da Ernesto Monaci. Fasc. 11,
p. 495). Le manuscrit Riccardien 1548, donne un démenti à cette asser-
tion.
140 BIBLIOTHÈQUE hi. MARQUIS DE SANTILLANE
C'est Lucain qu'il veul dire et naturellement on esl tenté
de penser que c'est le manuscrit môme que nous ('ludions
qui lui a fourni ce nom.
Fol. 3. Encadrement, avec, dans la colonne A, une ini
tiale élégante sur fond d'or*, qui commence un couri résumé
de l'ouvrage.
« Este libro li/o en latyn Lucano un sabio de Ëspaïïa
que fue natura) de la çibdat de Cordoua. »
Colonne B. Incipit : (( Aqui dezimos las batallas rro-
manas . . . »
Nous ne trouvons aucune indication sur le traducteur. Le
manuscrit contient les dix livres complets, il ne manque au
volume que la table du livre Ier.
Fol. 181 A. Explicit : « los muros abiertos. » Ce dernier
feuillet a été coupé en large et rapiécé.
Livres : I. Fol. 3-15 v° A, suivi delà table des chapitres
du livre II.
II. Fol. 16-29 v°A.
I Les tables des livres III, IV,
III. Fol. 29 v°A-39 v°B.) et V occupent, nous l'avons
IV. Fol. 39-60 B. ) vu, les deux premiers feuil-
( lets du texte.
V. Fol. 60 v° A-79 A, suivi de la table du livre VI.
VI. Fol. 79 B-94v°B, suivi de la table du livre VII.
VII. Fol. 95 A-113 v° B, suivi delà table du livre VIII.
VIII. Fol. 114 A-136 v° B, suivi de la table du livre IX.
IX. Fol. 137-146 B, suivi de la table du livre X.
X. Fol. 146 v° A-181 A.
Amador de los Rios (Historla critica, t. VI, p. 21,
note 1) insinue, sans donner pour cela aucune raison ac-
ceptable, qu'il en aurait été de ce Lucain comme du Valère-
Maxime de Canals, qui passa du latin en catalan. Or, rien
n'autorise cette hypothèse; on ne connaît pas, jusqu'ici,
d'ancienne version catalane de Lucain.
XX
FRONTIN
A
(Osuna : Plut. V. Lit. N, n° 16; Rocam. N° 115: Biblioth. Nat.,
Madrid, Ii-27)
Sext. Julius Frontinus. En castillan.
Manuscrit de 55 feuillets, plus 1 blanc à la fin, papier,
folioté. Ecriture du XVe siècle, ni rubriques, ni capitales,
places en blanc. Format : 284X210 mm. Reliure de parche-
min.
Incipit : Prolago (sic) de Sesto Iullio Frontino : « [A]lle-
gueme yo a ensenar la caualleria asi como uno de aquellos
que en ella estudiaron et paresçeme que con mi trabajo
satisfize algunos . . . »
Le prologue finit au fol. 1, la table des matières le suit.
L'ouvrage est divisé en trois parties ou trois livres : « En
el primero se pornan los exemplos que pertenesçen ante
de la batalla començacla. ))
« En el segunclo lo que pertenesce a la batalla mesma e
abenimientos e posturas que en ella se fazen. »
(( El terçero conterna sotiles enxenplos para çerarre para
fazer leuantar la cerca. »
Fol. 15 v°, fin du livre I et commencement du livre II.
Fol. 33 v°, fin du livre II et commencement du livre III.
Fol. 55. Explicit : « E vençieron los otra vez e mataron
muchosdellos. Aqui se acaba el libro de Iullio Frontino.))
Ici, comme dans le manuscrit Ii-14, c'est à une version du
Strategematon de Frontin que nous avons affaire, seulement
142 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
ce sont deux traductions différentes. La version du ma-
nuscrit Ii-14 est en aragonais. Ni l'une ni l'autre ne nous
livrent le nom de leur auteur. Toutes deux, ou du moins
les mss. qui nous les conservent, sont du XVe siècle
B
Sext. Julius Frontinus : Strategernaton. En aragonais.
Cf. notice IV, ms. Ii-14, C.
XXI
QUINTILIEN
(Osuna: Plut. V. Lit, N, n° 50 ; Rocam. N° 183; Bibliotb .Nat, Madrid.
Reserv. 6a-3)
Quintilien : Déclamations. En italien.
Manuscrit de 199 feuillets, plus 1 feuillet de garde, non
folioté, réglé à 28 lignes. Écriture italienne du XVe siècle,
larges marges. Orné de capitales carrées en or et couleurs.
Format: 255x175 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1 v° encadré de torsades élégantes, le centre de l'en-
cadrement porte en grandes capitales or et bleu, alternant
à chaque ligne, le titre suivant : Incomincian le Déclama-
tioni di Quintiliano Calagoritano tradocte di latino in
vu/gare Fiorentino a pititione di Messere Nugnio Gus-
mano Spagnuolo.
Le recto du fol. 2 est orné de trois bandeaux de style
florentin. En bas, au centre, une couronne de laurier des-
tinée à recevoir les armes, mais demeurée vide. En haut, le
titre en petites capitales d'or: Principio délie Déclama-
tioni di Marco Fabio Quintiliano et prima : il ciecho in
suW uscio.
Incipit : (( Trasseun giouane dello incendio délia casa suo
padre ... »
Fol. 199. Explicit : « io so quello che me a tormentato
io lusero et tacero. Finis. Vol g are Toscano in Firenze
MC CC CL VI (1456). »
Table des « Déclamation! » contenues dans ce manuscrit:
1. Il ciecho iiisuH' uscio. — 2. El inuro colla forma délia
palma délia mano insanghuinata. — 3. E binati infermi * —
111 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANË
1. El riccho accusato. — 5. Le pecchie de! pouero. —
6. El beuerone. - 7. Del medesimo beuerone. -8. E dua
amici malleuàdori. — 9. El ueleno sparto. 10. Lo infa-
mato inuerso la madré. — 11. Del medesimo giouane infa-
mato inuerso lo madré. — 12. Lo infermo ricomperato. —
13. El corpo morto gittato. — 14. El soldato di Mario. —
15. El mathematico. — 16. El tormento de] pouero. —
17. El gladiatore. — 18. El.sepolcro incantato.
Ce manuscrit paraît vraiment, comme l'indique la ru-
brique, contenir une yersion dos Déclamations faite spécia-
lement à la prière <lo Nuftode Guzman. Elle n'a rien à voir
avec celle quo contiennent les n08 1340, 1615, 2272 de la bi-
bliothèque Riccardi et de la Laurentienne (Bandini, /. c.,t.V,
p. 238, iv) qui est attribuée au notaire florentin Andréa
Lancia et qui commence: « Uno giouane liasse il padre...»
XXII
PLINE (l'Ancien)
Osuna : Plut. V. Lit. N, n° 36 ; Rocam. n° 181 ; Biblioth. Nat. Madrid,
Ii-134)
Pline, Historia natura/is. En latin.
Manuscrit de 473 feuillets, papier, réglé à 39 lignes.
Écriture du XVe siècle. Ni rubriques ni lettres ornées.
Format 287x218 mm. Reliure de parchemin. Au dos Plinii
Vita ex Cathalogo yllustrium.
Fol. 1. Vita Plinii ex catalogo uirorum illustriurn
Tranquilli incipit. Cette courte biographie est suivie du
Prologus de Pline : « Plinius Secundus Vespaciano suo
salutem, » et finit au fol. 3 par: « in librisquot Epopthydon
scripsit. ))
Incipit : « Infinitus munclus. ))
Fol. 373. Explicit : « ad omnium obseruacionem. »
Plinius naturalis historié explicit.
lo
XXIII
QUINTE-CURCE
(Osuna : Plut. V. Lit. N, n° 19; Rocam. n° 99; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-90)
1. Quinte-Curce, traduit en castillan sur l'italien de Pietro
Candido Decembri. 2. Pedro Candido, Comparacion de
Gayo Julio Çesar, enperador Maximo, e de Alixandre
Magno, rrey de Macedonia.
Manuscrit de 276 feuillets, plus 13 feuillets de tables au
début et à la fin 5 feuillets blancs, papier, non folioté,
réglé à 26 lignes. Ecriture du XVe siècle. Rubriques et
initiales. Notes en marge. Signatures 1-6, de A à X, avec
répétitions de certaines lettres. Format 290 x 210 mm.
Reliure de parchemin. Le texte répète les rubriques im-
portantes de la table.
I. Fol. I. Rubrique: Comiençase laystoria de Alixandre
el magno, fijo de Phelipo rrey de Macedonia, escripta de
Quinto Curçio, ystorial muy éloquente, sacada en vulgar
fiel mente de Pedro Candido, en la quai ay doze libros e este
es el tercero libro e menguan el primero e el segundo libros
que en la nuestra hedad nosefallan.
Fol. 30 Fenesçe el libro tercero de laystoria.
Fol. 31-80. Quarto libro.
Fol.80v°-119v°. Quinto libro. Les feuillets 119 et 120
portent la rubrique suivante : En esta parte, o por defecto
de los nuestros mayores, o por poca cura de los estudios
e de la letradura, es perdida la fin del quinto libro e el
prinçipio del sesto syguiendo e en ningunt libro de Curçio
entre los latinos se f alla al présente, e por que la estoria
XXIIÏ. QUINTE-CURCË 147
de la muerte [de] Dario era inperfecta, Pedro Candido,
rrebuscada en Los libros de Plutarco, maestro de Trajano
enperador, lealmente la ha transfarda (lire transferida)
en lengua latina ; en esta forma sygue : « Capitulo de la
muerte de Dario, que fue sacada de (o) otro libre, de otro
abtor. ))
. Fol. 110 v°. Autre rubrique : Aqui mengua el prinçipio
del sesto libro, como he dicho, syguese una batalla, syn el
su prinçipio asy mesmo, dada del rey Antipatro perfecto
de Alixandre en Maçedonia, contra los Laçedemonios, en
la quai Agis, rrey de la Maçedonia, muy famoso capîtan
en f échos de armas, util mente batallando fue muerto,
estando Alexandre en las partes de Oriente. Aqui mengua
algunacosa del testo, e asy esta, en todos los libros comenta-
rios de Quinto Curçio que se llaman (sic) en nuestra hedat.
(( Capitulo II del sesto libro que flabla como Alexandre se
dio a los placeres e vicios. »
Fol. 142. Fenesçe el sesto libro.
Fol. 142-174. Septimo libro.
Fol. 174-214. Octauo libro.
Fol. 214-245. Noueno libro.
Fol. 245-253 v°. Deçimo libro. Rubrique : En aquesta
parte fallesçe la fin del libro decimo, e el undeçimo todo, e
el prinçipio del dozeno, e asy esta en todos los otros
enxenplos que sefallan en la nuestra Jiedatdonde sepierde
una grant parte de muy jerniosas ystorias. E por que el
proçeso de la enfer medat de Alexandre antes de la su
muerte por tal defecto non se puede entender, Pero Can-
dido aquella parte de los libros del Prutarco, de griego en
lengua latina, lealmente la ha trasferida en esta forma :
(( La muerte de Alixandre : »
Fol. 254. Rubrique : Syguese el rrestante del do.^eno libro
de Quinto Curçio Rruf'o en el quai paresçe alguna diffé-
rencia de las palabras de Plutarco suso escriptas por que,
antes que Alixandre la bos perdiesc, dire que el con las
sus génies darmas antes de la muerte ouo fablado como
se sygue segiuit en cl testo. . .
Fol. 267. Rubrique: En el nonbre de Bios todo pode-
roso fenesçido el dozeno libro de la ystoria de Alixandre
Magno, fjo de Felipo rrey de Maçedonia, escripta de
148 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Quinto Curçio Rrufo, muy enseflado e muy abondoso en
todos, esacada en vulgar al muy sereno principe Felipo
Maria, terçio duque de Milan e de Pauia, e coude de An-
guera, e senor de Genoua, por Pedro Candido Dizienbre su
syeruo, afïo Ï437, a veynte eun dias de/ mes de Abril en
Milan. Deo gratias.
II. Fol. 267. Pedro Candido, Comparution, oie. Rubrique:
Al muy noble esclareseï Ido principe e muy exçelente senor
Felipo Maria, duque de Milan e de Pauia, conde de
Anyuera, e senor de dénoua : Fncomiença la conpa-
racion de Gayo Julio Çesar, enperador maximo, e de
Alixandre mayno, rrey de Macedonia, de Pedro Can-
dido, hordenada con el su J uyzio en uno prosperamente.
Fol. 276 : Fenesee la conparaeion de Gayo Jullio Çesar,
enperador maximo, e de Alixandre may no, rrey de Ma-
çedonia. Deo gratias por syenpre.
Ce volume est très endommagé par l'encre corrosive qui
en a jauni et détérioré les feuillets.
L'absence du nom du traducteur espagnol du Quinte-Curce
fit croire à plusieurs que Decembri était l'auteur de la version
castillane, cette opinion ne mérite pas d'être discutée.
Nous savons que le Quinte-Curce italien fut de bonne
heure traduit en catalan-valencien et imprimé dans cette
langue dès 1481 à Barcelone. Voici l'explicit de l'incunable :
« La présent elegantissima e molt ornada obra de la hys-
)) toria de Alexandre, per Quinto Curcio Rufïo hysstorial
» fon de grec en lati e per Petro Candido de lati en tosca
» per Luis de Fenollet en la présent lengua valenciana trans-
» ferida, e ara ab lo dit lati, tosca e encara castella e altres
» lengues diligentment corregida, emprentada en la noble
» ciutat de Barcelona, per nosaltres Père Posa, preuere
» catala, e Père Bru, sauoyencb, companyons ; a setze del mes
)) de Juliol, del any mil quatre cents vytanta hu feelment.
)) Deo gratias amen» (Cf. Mendez-Hidalgo, Tipogrqfiaesp.,
p. 49 — Gallardo, Ensayo, n° 2172. — Salvâ, Catal.,
n° 3441).
La traduction castillane, qui d'après Mendez-Hidalgo
[Tipografia es/)., p. 349), ne serait qu'une version de la
traduction de Luis de Fenollet, a été imprimée à Séville en
1496. Kn voici lo titre: « Historia de Alexandre magno,
XXIU. QUINTE-CURCE 149
)) escripta de Quinto Curcio Rufo muy ensenado e muy
)) abundoso en todo, e sacada en vulgar, al muy Sereno
)) principe Felipo Maria, tercio duque de Milan... por Pedro
» Candido Decimbre, su siervo. El cual fue impreso en la
)) muy noble y leal cibdad de Sevilla por Meynardo Ungut,
)) aleman, e Lançalao Polono, companeros, a 16 de mayo
)) ano de mill y cuatrocientos y noventay seis. »
Le traducteur s'est-t-il servi de la version de Luis cle Fe-
n ollet ? Nous ne pouvons l'affirmer n'ayant pas vu ces deux
incunables. En tout cas, notre manuscrit n'est pas comme le
texte cle Fenollet précédé d'un morceau de Plutarque « fins
en aquella part on lo Quinto Curcio Ruffi comença ».
En 1534, parut une nouvelle traduction de l'Histoire
d'Alexandre faite directement du latin par Gabriel cle Cas-
tanecla; « Aqui haze fin la hystoria de Alexandre magno, rey
)) de Macedonia e uniuersal monarcha segun que la escriuio
» Quinto Curcio auctor muy autentico corao a todos es no-
)) torio. Esnuevamente traduzida cle latin en castellano por
» claro y apazible estilo. Va assimismo suplido lo que del
)) Quinto Curcio no parece . . . Seuilla en casa de Juan Crom-
)) berger en el mes de Enero ailo de mil e quinientos e
)) treynta y quatro » (Cf. Gallarclo, Ensayo, n° 1659; Salvâ,
n° 3440).
Enfin, en 1699, Don Matheo Ibaiïez de Segovia y Orellana
publie à Madrid une nouvelle traduction directe de l'histoire
d'Alexandre ; c'est la seule que mentionne Pellicer dans son
Ensayo de una biblioteca cle traductores.
Dans un manuscrit du XVe siècle de la Bibliothèque de
l'Escurial (T-ÏÏI-4), on trouve, à la suite delà traduction
de divers traités de Sénèque, due à l'évêque Alonso de Car-
tagena, des extraits cle Quinte-Curce intitulés : Dichos mo-
rales, o sentençias de Quinto Curcio, que Rodriguez de
Castro (Bibliot. esp., t. II, p. 251) et Amaclor cle los Rios
(Hist. critica, t. VI, p. 39, note 1) attribuent à l'évêque de
Burgos.
XXIV
SUETONE
(Rocara. n° 197; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-26)
Suétone, Vita de- dodici imperadori. En italien.
Manuscrit de 118 feuillets, plus 1 feuillet blanc à la fin,
vélin, écrit à deux colonnes, réglé à 42 lignes. Ecriture du
XVe siècle. Rubriques et petites lettres ornées, une grande
initiale au début des livres. Grandes marges. Format
306x220 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1 A. Rubrique : Qui comincia lo libro di Gaio
Suetonio Tranquille* délia vita de' XII imperadori. Libro
primo del diuino Iulio Cesare.
Texte : « Giulio Cesare perde lo padre rimanendo in
(n)eta di sedici anni et sotto .'...»
Livre II, fol. 16 A. Oitauiano Augusto imperatore.
Livre III, fol. 37 B. Tiberio Cesare.
Livre IV, fol. 52 v° B. Gato Ghaticula e di Germanico
suo padre.
Livre V, fol. 66 A. Diuino Claudio.
Livre VI, fol. 77 A. Claudio Nerone.
Livre VII, fol. 90 v° B. Sergio Galba. s
Livre VIII, fol. 96 B. Otto Siluio.
Livre IX, fol. 99 A. Vitello.
Livre X, fol. 103 B. Vespasiano.
Livre XI, fol. 109 B. Tito.
Livre XII, fol. 112 A. Domitiano.
Le XIIe livre et le manuscrit finissent au fol. 118 B.
Explieil : « e per lo reggimento delli imperadori clic
seguiro. »
XXIV. SUÉTONE 151
Rubrique finale : « Quijinisce lo dodecimo e ultimo libro
di Ghaio Suetonio Tranquillo : Délia uita de dodici impe-
radori ; Et di Domitiano imperadove. E qui efmito tutto
il libro. ))
Cf. Bandini (Cat. cod. hibliot. Med. Law\,t. V, col. 240,,
n° VIII), qui décrit un manuscrit du commencement du
XVe siècle contenant la môme version de Suétone. En note
Bandini ajoute : Latet adhuc nornen interpretis.
Argelati (Bibl. di trad., t. III, p. 421), cite ce même
manuscrit: Suetonio fatto volgare da Incognito. Le même
auteur (/. c.) parle, d'après Fontanini, du manuscrit d'une
version de Suétone faite par Jacopo Cassola da Par ma
en 1372, pour le marquis Nicolô da Este.
XXV
PALLADIUS
(Osuna: Plut. III. Lit. M. n° 3 ; Rocam. n° 170; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii- 57)
Palladius, L'Agriculture, traduite en castillan par Ferrer
Sayol, catalan.
Manuscrit de 245 feuillets, papier, bien folioté en bas à
droite, sauf une erreur : le feuillet 191 est marqué deux fois
ce qui répercute Terreur sur toute la fin du ms. ; le feuillet
244 qui est le dernier, est clone en réalité le 245. Écriture
de l'extrême fin du XIV3 siècle. Ni rubriques, ni capitales.
Format 285X209 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1-4. Prologue du traducteur Ferrer Sayol, cibdadano
de Barçelona, que nous copions ci-après pour les rensei-
gnements divers qu'il nous fournit.
Incipit : « [P] alladi Ruculi (sic) Emiliani fue noble
hombre de la cibdat de Roma. ...»
Explicit: «e por dilecçion de la cosa publica. » Ffueaca-
bado de romançar enel mes de Jullio, aho a natiuitate do-
mini 1385. E fue començado en nouiembre del anyo 1380.
Au-dessous: Aqui comiençan las rubricas del primer
libro de Palladio. La table du livre I occupe les feuillets
4 et 5.
Fol. 5. Livre I. Incipit : « [L]a primera parte de sauieza es
que hombre deua considérai. . . »
Fol. 42 v°. Explicit : a es a saberque las espinas non les
fagan danpno, » et à la suite : « [P]ues que la primera par-
tida del libro del Palladio es acabada, la quai tracta de la
lauor e de las cosas nesçessarias a agricultura e lauor,
XXV. PALLADIUS 153
conuiene que agora, continuando la materia dcl I libro,
tractemos aquello que en cada un mes del anyo se per-
tanye e conuiene de obrar. E primeramente començaremos
en el mes cle Enero que es el primero mes del anyo. » Table
des chapitres. »
Fol. 44 v°. Ineipit: « [E]n el mes de Enero deue hombre
descobrir las cepas de las vinyas.»
Fol. 58. Explicit : « a vigas e a palos quando sean
grandes. [AJqueste mes de Febrero (lire Enero) en el espaçio
de las horas es semejant aimes deNouienbre. » Suivent les
heures du mois de janvier.
Fol. 58 v°. Chapitres du mois de février.
Fol. 60. Ineipit: « [E]n aqueste mes de Febrero deue
hombre guardar los prados...))
Fol. 98. Explicit: « podras plantar çepas o parras que
faran semblantes uuas. »
Fol. 98 v°. Heures de février et chapitres du mois de mars.
Fol. 100. Ineipit: « [E]n aqueste mes de Marco, en los lu-
gares frios...))
Fol. 129. Explicit: «nindemala olor, nin salsas cozientes.»
Suivent les heures de ce mois et au v° les chapitres du mois
d'avril.
Fol. 130. Ineipit : [E] en aqueste mes de Abril, en las eras
que abras ya cauadas. . . »
Fol. 135 v°. Explicit : « en las casas de las abejas.» Sui-
vent les heures de mai et les chapitres de ce mois
Fol. 137. Ineipit: « [E]l panizo e el mijo sembraras en
aqueste mes de mayo, en los lugares frios.))
Fol. 144 v°. Explicit: « e asy auras aquellas verdes. »
Suivent les heures et les chapitres du mois de juin.
Fol. 145 v°. Ineipit : a [E]n aqueste mes de Junio deues
aparejar...»
Fol. 155. Explicit : « E conseruar se ha grant tiempo. »
Suivent les heures et les chapitres du mois de juillet.
Fol. 155 v°. Ineipit: « [E]n aqueste mes de Julio se deuen
tornar a labrar los campos.))
Fol. 160 v°. Explicit : « E usaras délia quando te querras.»
Suivent les heures et les chapitres du mois d'août.
Fol. 161 v°. Ineipit : « [A]la çagueria del mes de Agosto
deues arar o labrar el canpo... »
154 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Fol. 168. Explicit : a prouechoso al cuerpo e assi
guardado. » Suivent lés heureset les chapitres du mois de
septembre.
Fol. 168. v°. « [E]n aqueste mes dé Setiembre se deuen
labrar otra vegada los campos ...))
Fol. 175. Explicit: a que defienden las uuas de! sol e de
la pluuia e do la frior. » Suivent les heures d'octobre e1 les
chapitres dudit mois.
Fol. 175 v°. Incipit: « [E]n aqueste mes de Octubre deues
sembrar una simientc. . . »
Fol. 191. Explicit: « e apretadas e estrechas. » Heures el
chapitres du mois de novembre.
Fol. 191 bis, c'est-à-dire 192. Incipit: «[E]n aqueste mes
de Nouiembre poclras... »
Fol. 208. Explicit: « por razon que el mosto pueda va-
porar.)) Heures et chapitres du mois de décembre.
Fol. 209 Incipit : « [E]n aqueste mes de Deziembre po-
clras sembrar trigo e çeuada. »
Fol. 210. Explicit : a E en el tiempo de agora podras parar
lazos e redes a los torclos e aotras aues semblantes. E poclras
lo continuar fasta el mes de Marco. »
« [S]i quieres que el arbol que plantaras faga fructo en
el ano mesmo que le plantaras, tu escogeras la rama de
quai arbol te querras e tajaras en un golpe la manyana de
Navidat, quanclo el sol querra salir. »
Suivent de courts chapitres ou paragraphes : « [S]i quieres
saber delà carestia olargueza del anyo... »
Les feuillets 211-218 sont occupés par un traité sur la ma-
nière de planter les arbres, les plantes et les légumes, et d'en
obtenir la graine.
Fol . 218. « [E]n toda buena composta e acabacla se deuen
o se pueden meter de cada una de las cosas siguientes es a
saber: poncems, peras, priscos e nabos, espinacas, toron-
gas, melones, codonyas, coles, e muchas otras fructas,
tiernas. E solamente cliremos aqui de aquellas que aqui
auemos nombradas. »
Fol. 221: « [D]espues que auras preparadas todaslas cosas
de suso dichas, o alguna de aquellas, en la manera que de
si iso auemos mostrado, tu deues apparejar las cosas siguientes
que sou nesçesariàs a la conserua de la conposta, e fazen
XXV. PALLADIUS 155
apparejar algunos singularmente, segunt que de yuso es es-
cripto.»
Ce traité sur la conservation de la compote, occupe les
feuillets : 218-224.
Au feuillet 224, commence un traité de la greffe et de la
conservation et production du vin; il est inachevé et oc-
cupe les feuillets 224-245.
Fol. 224. (( [A] qui comiença el tractado de plantar o en-
xerir arboles o de conseruar el vino segunt Albert, otros
dizen segunt Enclides (lire Euclides). E que de quai ac-
tor sea el diçtado se demuestra por los capitulos que se si-
guen. El primero capitol es de la manera como se pue-
den enxerir los arboles. E aqueste capitulo segunt IX
maneras e vias de enxerir puede ser departido en IX doc-
trinas de la dicha obra . )) Incipit : c< La primera e la mas
acostumbrada... »
Fol. 245. Explicit : « Saluo que conuiene poner mayor
quantidat segunt que mas o menos aura de. »
Fol. 245 v° blanc.
On sait que le livre XIV de Y Agriculture de Palladius
est un poème sur l'arboriculture, dédié à un certain Pasi-
philus (cf. Teuffel, trad. franc., t. III, p. 141). Nous n'avons
pas su le retrouver clans la traduction de Ferrer Sayol.
Cette traduction n'a pas, croyons-nous, été signalée jus-
qu'ici. Elle est intéressante à plusieurs points de vue.
Dabord, le traducteur nous apprend que lorsqu'il entreprit
sa version nouvelle, le livre de Palladius avait été déjà ar-
romançado. Pourquoi le traducteur qui est catalan s'est-il
appliqué à traduire Y Agriculture, en castillan ? On sent
l'effort que cela lui coûte et, de temps en temps, il retombe
dans le catalan, particulièrement quand il énumère des
arbres ou des fruits. Quant à la personne même du traduc-
teur, qui devait avoir quelque importance, puisqu'il a été
protonotaire de la reine Éléonore d'Aragon, nous ne savons
guère que ce qu'il nous en dit. A-t-il eu une activité litté-
raire en son temps? Lui doit-on autre chose que cette
version de Palladius? A-t-il écrit dans sa langue natale?
Tout ce que nous avons pu réunir sur Ferrer Sayol nous
le devons à l'amabilité de Don Francisco de Bofarull, chef
de X Archive* gênerai de la Corona de Aragon, à Barcelone,
L56 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANÉ
( !e son! deux notes extraites d'un registre de ta chancellerie.
Les voici :
I. « Offici (]<* prothonotari e tinent los sagella. »
» Ferrer Sayol prothonotari e tinen los sagells. — III bes-
[tias]. »
» En Barcelona, a VIII (lies del mes de Noombro anno a
Nativitato domini M°CCC°LXV, la Senyora Reyna mana
a mi quel servis per protlionotari seu e tinent los seus
sagells a la dita racio » (1365). »
(Registro de cancilleria, n° 1564, fol. 24.)
IL (( Confîrmacion de una venta liecha por Bertrand de
Salanova domestico de la Infanta Juana, hi jade Don Pedro,
por valor de diez libras Barcelonesas, pagaderas cada aûo el
dia de San Juan, en favor de Ferrer Sayol, protonotario
de la Ilustre Reina de Aragon Dona Leonor,, diciendo
que se avise al Baile.de Clariana y que todos la cumplan.
Dado en Barcelona XI de Enero del afio de la Natividad
del senor de M0 CCCLXVI » (1366).
(Archivo de la Corona de Aragon. Registro numéro 912.
fol. 75.)
Voici le prologue que Ferrer Sayol met en tête de sa
version :
[P]alladi Ruculi Emiliani fae noble hombre de la çibdat de
Roma. E por la grant afecçion que el hauia a la cosa publica, non
tan solamente de la çibdat de Roma, mas encara a todas las par-
tidas del mundo, la quai cosa publica non es durable nin sepuede
sustener, menos de labradores e personas que labren e conrreen la
tierra, menos de industria de los quales los hombres non podrian
auer conuiniente vida para ellos mesmos, nin para los animales
los quales le sonnesçesarios, ya sea que se lea que en los primeros
tiempos los hombres biuian de los fructos de los arboles, en
tiempo, es asaber antes del diluuio, quando los hombres non eran
tantos en numéro como son agora, por la quai rrazon Palladio ouo
consideraçion que non tan solamente los fructos de los arboles
antes aun los espleytos de la tierra eran nesçessarios para alimen-
tar non solamente los hombres e mas aun los animales a ellos
nesçessarios, asi como son diuersas aues, bestias cauallares, asi-
ninas, mulares, perros, e gatos, e otros, queya sea que cadauno en
-ii natura pudiese veuir en los boscages estando e remaniendo sal-
vages, empero non aprouecharien mucho a los hombres que los
han nesçesarios a su prouecho e deleyte. Por la quai razon, e aun
XXV. PALLADIUS 157
por tal como muchos nobles e exçelentes hombres e de grant
estamiento como son papas, enperadores, reyes, condes e otros
grandes hombres, asi clerigos como legos, e otros de menor esta-
miento, asi por su deleyte como prouecho se delectauan en enno-
blesçer el mundo ; e algunos dellos hedificauan palaçios,castillos,
casas, ffortalezas, çibdades e lugares; otros plantauan vifias, ar-
boles fructifferos, criauan boscages e prados que siruian a sus
nesçesidades e plazeres e encara a la cosa publica, querientes
seguir la manera que touo Salomon, el quai fazia su poder de
ennoblesçer el mundo, ço es la tierra, la quai Dios espeçialmente
auia asignada e dada a los fîjos de los hombres. E paresçe que tal
doctrina ouiese querido dar el profeta su padre Davit, en el CI II
psalmo del salterio en el quai escriuio un verso el quai comiença:
(( Hoc mare magnum et spaçiosum manibus scilicet contractan-
dum )), quasi que quiere dezir que aquesta grant mar e ancha que
es la tierra deue ser tractada e ennoblesçida por las manos de los
hombres hedificando e plantando e expleytando aquella. E por
todas aquestas razones Palladio partio personalmente de la çibdat
de Roma e çerco grant partida de greçia, do fueron antiguamente
los grandes filosofos, e grant partida de Ytalia, e quiso leer muchos
e diuersos libros que algunos filosofos auian escriptos e dexados
en memoriaen el fecho de agricultura o labraçion. E por ojo quiso
prouar e ver la manera e practica que los labradores e los foraîios
tenien en hedificar sus casas e tierras o en plantar sus vinas e sus
arboles, e como los enpeltauan o enxirian, e los tiempos en que
sembrauan e cogian e conseruauan cada^simiente, e los nombres
de cada una, e como criauan sus bestiares gruesos e menudos, e la
natura dellos, e por sy quiso esperimentar e prouar muchas cosas
las quales auia leydas vistas e oydas. E après, por caridat que auia
en Dios, e por grant amor que auia a la cosa publica, copilo e or-
deno el présente libro en latin, fuerte, corto, e brève, e entricado, e
mucho sotil, no contrastant que en el prohemio e prefaçio de su
libro ouiese pretestado e dicho que laartede la agricultura deue ser
tractada por hombres groseros e labradores, a los quales non deue
el hombre fablar subtilmente asi como sy eran hombres de sçien-
çia. E es çierto que el libro de Palladio, por la grant suptilidat, e bre-
uedat, e vocablos que non son en uso entre nosotros en Cataluiiya,
nin aun en Espana, era e es mucho aborrido, e repudiado, e menos-
presçiado por tal que non lo podian entender, ya sea que algunos
se sean fechos arromançadores, los quales non han auido cura de
arromançar muchos vocablos, los quales non son conosçidos nin
usados en nuestrolenguaje, mas han los puestos sinplement segunt
que los han fallados escriptos en el latin, en tanto que si poco son
158 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTlLLANE
entendidos en el latin, asy tan pocoson entendidos en el romance.
E aun en muchas partidas de! romance non han expresado nin
dieho ci entendimiento de Palladio, antes han puesto el contrario
en grant derogaçion e perjuyzio de Palladio, el quai solamente
por copiiar a taJ libro meresçe auer grant gloria. Por que yo,
Ferrer Sayol, cibdadano de Barçelona, que fuy prothonotario de la
muyalta seiïora donya Leonor, reyna deAragon, de buena memoria,
la quai Eue muger del muy alto seîior rey don Pedro, rey de Aragon
agora régnant, e fija del rey don Pedro, rey de Çiçilia, veyendo
los grandes desfallesçimientos los quales eran en los libros arro
mançados del Palladio (1), e veyendo aun que este Libro es muy li util
e prouechoso a todos los hombres, asy de grant es tamiento como
baxo, que qui eran entender en agriculturao lauor, a laquai natu-
ralmente son inclinados en su vejez,en espeçial los hombrçs que son
estados en su juuentut de grant e noble coraçon, e han trabajado e
entendido en fecho de armas e otros notables i'echos a utilidat de la
cosa publica, segunt que recuenta Tullio en un su libro intitulado de
vegez, en el quai recuenta grandes perrogatiuas,e grandes plazeres,
e delectaçiones, e prouechos en la agricultura o lauor, que es
conrrear la tierra, la quai, segunt que el dize e asy es verdat, que
non sa,be tornar a su labrador aquello que le encomienda menos
de usura, quasy que diga que la simiente que ay siembra le resti-
tuye en mayor, e en mucho inayor numéro que non la siembra, e
muchas otras marauillas las quales serian largas de escriuir; e mas
resçita en aquel mesmo libro muchos sabios, e antigos hombres, e
philosofos de grant estamiento que en su vegez labrauan e fasian
labrar e conrrear sus tierras; e el mesmo faze testimonio disiendo:
que cosa en el mundo non es mas délectable al nombre viejo de
grant estamiento que faser conrrear las tierras e obrar obras de
aquellas ; empero entiende lo dezir que se quiere secrestar e apar-
tar o alexar en su vegedat de los aferes mundanales e pensar e
contemplar que la gracia diuinal faze engendrar la tierra sola-
mente a seruiçio del nombre; ca Dios toclo poderoso non ha me-
nester de los espleytos de la tierra sy non el nombre solament, e
remirando, e contemplando aquestas cosas, e rendiendo gracias a
Dios todo poderoso la vegez ha puyado e subido el primer grado
o escalon de contemplaçion en Dios; e despues podra sobir mas
ligeramente el segundo escalon de contemplar con Jésus Cristo
1. Peut être Sayol fait-il ici .'illusion à la version de Palladius, dont
un exemplaire fut acquis en 1377 par le roi D. Juanl" d'Aragon. Fr. Bp-
farull v Sans, Apuntes bibliogrâjîcos, p. 514 (cité par Béer, Hancl-
6chriftenchàtze Spaniens, p. 91, n" 51), parle d'un Palladi acquis en
1377 par le roi Jean I" d'Aragon.
XXV. PALLADIUS 159
Dios e hombre, fecho nuestro hermano tomando natura humana ;
despues podra contemplar el çaguero e terçèro escalon, el quai es
contemplar en el gozo que auran en parayso les amigos de Dios, los
quales auran trabajado por su seruiçio e de la cosa publica del
mundo del quai el es cabeça e mayor principe. E yo, por todas
aquestas cosas, hequeridonueuamentearromançar e cleelarar, tanto
quanto la mi groseria e insufiçiençia ha bastado, el dicho libro de
Palladio, tornando aquel nueuamente de latin en romance. E su-
plico a todos los leedores de aqueste libro que non me noten de
presumpçion, ca a buen entendimiento e a prouecho de la cosa pu-
blica lo lie fecho. E sy por auentura yo non lie bien interpretados
algunos vocablos de simientes, e de arboles, o de otras cosas aquesto
ha seydo porque non los he fallados expuestos nin declarados en
algunos libros, asy de gramatica como de medeçina, ya sea que
diligentemente en ello aya trabajado, e clexolo a correcçion de
mayor e mejor interpetrador que yo, que le plegasuplir, e corregir,
e emendar los desfallesçimientos que y son, por culpa mia, por tal
que en los traslados, si alguno fara faser, non se sigua error. E
aquesto, por caridat de Dios e por clilecçion de la cosa publica, ffue
acabado de romançar en el mes de jullio ano a natiuitate domini
1385, e fue començado en nouiembre del anyo 1380.
XXVI
JEAN CASSIEN
(Rocam. n°58; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-109)
1. Jean Cassien, Collationes Patruin. 2. Francesch Exi-
menis, Doctrinade mure a cascuna persona. En catalan.
Manuscrit de 107 feuillets, plus 3 de table et 2 blancs
au commencement, vélin et papier, folioté régulière-
ment jusqu'au feuillet 77; le ms. est divisé en cahiers et
porte ses signatures. Écriture du milieu du XIVe siècle.
Sont en vélin les feuillets : 1 de la table et les 2 blancs ;
du texte les feuillets : 6, 7, 14, 15, 21, 22, 30, 31, 38, 39, 46,
47, 54, 55, 62, 63, 70, 71, 78, 79, 86, 87, 94, 95, 102, 103.
Format 295 X 215 mm. Reliure moderne.
Les Collationes Patrum occupent les feuillets 1-77. La
table appartient à ce premier ouvrage.
I. Fol. 1. Rubrique: Co mène en les rubriques apellats
collaeions dels Sants Pares, ço es a saber los conseils de
sancta vida que fahien los sants pares monges e lier-
mites, e los bons eximplis e la bona doctrina que donauen
als altres.
La table renvoie non aux chapitres, mais aux feuillets.
Fol. 1. Rubrique du texte : Començen les collaeions dels
sants pares, les quais for en escrites per alguns dexebles
lurs a perdurabla memoria dels esdeuenidors. Incipit : « No
es negun dupte lo mon ...»
Fol. 77. Explicit : « ço es amor de Deu, la quai cosa es
sobre tots los altres bens. Deo gracias. Amen. » Finito li-
bro sit laus et gloria Cristo amen. Benedictum sit nomen
domini nostri Jhu. xpi. et gloriose virginis Marie matris
ejus et omnium sanctorum in eternum et ultra. Amen,
XXVI. JEAN CASSIEN 161
IL Le second ouvrage commence au feuillet 79.
Rubrique : Aci comença la abreuiada e compendiosa
doctrina de viure a cascuna persona. Incipit : « En nom
de nostre senyor Deu e de la virge nostra dona sancta Maria
mare sua et de tots los sants e santés de Paradis. »
Fol. 107 v° B. Explicit : « E en aquesta manera e ab aquesta
condicio ho compli lo dit frare quin haja bon guardo de
nostre senyor Deu. Amen.»
Au verso du 2e fol. blanc du début on trouve écrite, pos-
térieurement au texte, une liste de rubriques de la Abre-
uiada e compendiosa doctrina de viure a cascuna persona.
Cette Doctrina d'Eximeniz a été publiée, d'après un ma-
nuscrit incomplet du commencement, dans la Coleccion de
doc. del Archivo de Aragon, t. XIII, p. 311 et suiv.
il
XXVII
SAINT AMBROISE
(Osuna: Plut. IV. Lit. N, n° 34; Rocam. n° 13: Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-10).
Saint Ambroise, Œuvres morales. En castillan.
Manuscrit de 89 feuillets, plus 1 feuillet blanc au commence-
ment et 2 à la fin, papier non folioté. Ecriture du XVe siècle
avarice. Ni rubriques ni capitales. En marge, indication des
chapitres et quelques notes. Format 285x214 mm. Reliure
de parchemin .
Fol. 1. Incipit: «Porque entre los fijos .'..», et en marge :
Prologo que jase el santo dotor Ambrosio en el prinçipio
de su obra.
Au bas du premier feuillet on trouve le titre du 2e cha-
pitre : Que forma et orden dette orne tener en el callar, oyr
e fablar.
Fol. 86 v°. Le livre finit par : « et declarada mucha ynsti-
tuçion e auisamento trae. »
Fol. 87, 88, 89. Table générale.
Ce livre compte xcn chapitres. Ce sont des méditations
ou leçons morales sur le silence, l'amitié, la chasteté, etc.
Exemple, chap. xvi : « Non conplir orne algunas vezes
aquello a que es obligado es ofiçio de bien faser. »
XXVIII
SAINT AUGUSTIN
(Rocam. n° 7; Biblioth. Nat. Madrid, Hh-80)
Saint Augustin, Sermons. En latin.
Manuscrit de 104 feuillets, vélin, folioté tard et incom-
plètement, réglé presque partout à 24 lignes. Initiales
rouges, pas de rubriques, grosse écriture du XIVe siècle.
Quelques feuillets endommagés ont été réparés, les trous
sont bouchés, mais les lettres n'ont pas été récrites sur le
parchemin. Format 277x177 mm. Reliure moderne aux
initiales du duc d'Osuna.
Fol. 1. Dans la marge d'en haut on lit en petits caractères :
« Sancti spiritus aclsit nobis gratia — Sancta Maria ora pro
nobis. ))
Incipit : « Sermo sancti Augustini de uerbis domini in
euangelio secundum Matheum : Agite penitentiam appro-
pinquabit enim regnum celorum. » Indication des versets
cités et table des textes.
Au feuillet 97 commence le dernier sermon du manuscrit
dont le texte est : « Si uis uenire ad uitam serua mandata . »
Fol. 104 v°. Explicit : « Transibat dominus et illi clama-
bant... )) Ce manuscrit est incomplet de six sermons, la
table nous indique que Fouvrage complet devait contenir
vingt sermons.
164 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
(Rocam. n" 6; Biblioth. Nat. Madrid, Reserv. 6a-5)
Saint Augustin, De Vita Çkristiana. En italien.
Manuscrit de 21 feuillets, plus 2 blancs à la fin, vélin,
non folioté, réglé à 27 lignes. Écriture italienne du
XVe siècle. Ornementation florentine. Aux quatre coins les
heaumes du marquis de Santillane et dans le bandeau infé-
rieur deux anges portant ses armes. Format 240x170 mm.
Reliure moderne.
Fol. 1. Rubrique : Incomincia il proemio del volgarùa-
tore.
Incipit : « Riuolgendo io alcuni ecclesiastici libri uennemi
aile mani una gentile operetta del glorioso doctore Au-
gustino la quale eglimanclo alla sorella... »
Explicit : « sara cagione incitare lanimo mio ad man-
darti dellaltre cose maggiori. »
Au-dessous, en lettres d'or, comme la première rubrique,
on lit celle-ci : Incomincia il libro di Santo Agostino délia
Vita Cristiana, alla sorella, recato di latino in volgare.
Fol. 1 v°. Incipit : « Se io peccatore et infimo, piu insi-
piente et piu imperito... »
Fol. 21. Explicit : « dare in presentia ti diamo in absen-
tia. Deo gratias. »
(Osuna: Plut. III. Lit. N, n° 19; Rocam. n° 5; Biblioth. Nat.
Madrid, Reserv. 5a-ll)
Saint Augustin, Confessions. En italien.
Manuscrit de 137 feuillets, plus 2 feuillets blancs aj
commencement, vélin, réglé à 40 lignes. Écriture italienne
du XV° siècle. C'est un manuscrit de grand luxe orné et en-
luminé avec un soin extrême. L'encadrement du fol. 1 répète
XXVIII. SAINT AUGUSTIN 165
avec élégance tous les motifs des décorateurs florentins,
chasse, jeux d'amours dans les branches et au travers du
fouillis des arabesques. Aux (iiatre coins, dans des médaillons
carrés, les heaumes du Marquis (celui d'en haut à droite a
disparu), à droite et à gauche la devise « Dius e Vos » court
dans les bandeaux, et en bas deux anges soutiennent une
couronne de laurier où la place des armes est demeurée
vide; les pieds de l'ange de gauche et le sol ou les nuages où
ils devaient poser n'ont pas non plus été terminés. Quelques
notes en marge. Format 325x225 mm. Reliure moderne.
Le titre dit : Comincia el prologo di santo Agustino nel
primo libro délie sue confessioni. Incipit: « Tredici libri
délie mie confessioni... » La capitale qui commence le pro-
logue est finement enluminée, on y voit saint Augustin au
premier plan, avec sa mitre^ sa crosse et ses gants, assis, les
mains jointes et vêtu de pourpre, dans sa chaire épiscopale;
la miniature, parfaitement dessinée, ne semble pas tout à
fait achevée.
Livre I, fol. 1; liv. II, fol. 9; liv. III, fol. 13 v°; liv. IV,
fol. 19 v°; liv . V, fol . 27; liv. VI, fol. 34 v°; liv. VII, fol. 43 v°;
liv. VIII, fol. 53; liv. IX, fol. 62 v° ; liv. X, fol. 72 v°;
liv. XI, fol. 91 v°; liv. XII, fol. 102 v°; liv. XIII, fol. 113.
Explicit : « in questo modo si riceuera, cosi si trouera,
cosi sara aperto, amen. »
Fol. 126 v° : Cominciail libro disancto Agustino, a Pau-
lino, délia cura la quale sidebba auere pei morti. Incipit :
(( Longo tempo, o uenerando uescouo Paulino, sono stato
debitore a restituire.. . »
Fol. 137. Explicit : a senza dubio la mia risposta sarebbe
manchata alla tua dimanda. Deo grattas. »
D
Saint Augustin, De Beata Vita. En castillan.
Cf. Notice IL ms. Reserv. 6a-2.
XXIX
PAUL OROSE
(Rocam. n° 129; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-119)
Paul Orose, Pauli Orosii liispani presbyteri historiarum
libri septem. En latin.
Manuscrit de 79 feuillets, vélin, non folioté, réglé à 43
et 44 lignes. Écriture du XIVe siècle, à deux colonnes. Ini-
tiales et rubriques, pas de titre. En marge, notes de la
même époque que le ms. Format 287x204 mm. Reliure
moderne.
Fol. 1. Notice sur Orose tirée de Gennadius: « Horosius
presbiter hyspani generis, uir eloquentissimus et ystoriarum
cognitor, scripsit aduersus querulos christiani nominis... »
Texte, incipit : « Preceptis tuis pius (sic) beatissime pater
Augustine... »
Fol. 79. B. Explicit : Pauli Horosii presbiteri, ad Au-
gust[in]um Episcopum, historiarum contra accusatores tem-
porum christianorum liber septimus explicit féliciter .
*B
(Osuna: Plut. II. Lit. M, n°7.)
Paul Orose. En Castillan. Manuscrit perdu.
Amador de los Rios dans son édition des Œuvres du mar-
quis de Santillané, p. 627, § lxxxiv, cite, en parlant de
Paul Orose, un manuscrit vu par lui dans la Bibliothèque du
XXIX. PAUL OROSE 167
duc cTOsuna et qui ne se trouve ni dans le catalogue de
Rocamora, ni à la Bibliothèque Nationale de Madrid. C'est
probablement un des manuscrits de Tlnfantado qui ont été
vendus à l'étranger quelque temps avant que le gros de cette
bibliothèque ne fût acheté par le gouvernement espagnol.
Voici la description de cet Orose :
(( Tambien poseia el marqués otro côdice aun mas rico, en
fol. mayor, limpia y hermosa vitela, escrito à dos cols., con
orlas en que aparecen sus armas, marcado Plut. II, lit. M,
n°7, el cual tiene este encabezamiento : Aqui comiença el
primero libro de las Ystorias de Roma de Paulo Eurosio,
sacado de ytaliano en aragonés (lemosin) et de aragonés
en castellano : el qualjiso tresladar estante en la cibdat de
Paris frey Pedro de Palmerola, comendador de Villel.
Et otrosi lo mandé tresladar del dicho lenguage aragonés
en castellano el strenuo cavallerolnigo hopez deMendoça,
Seflor de la Vega, seyendo capitan mayor en la fron-
tera de Jahen en contra de Granada por el serenissimo rey
don Johan de Castilla. etc. Tiene algunas notas y en-
miendas que parecen de mano del marqués (?), y al final
diçe: Aqui es fenecido de escrebir el libro de las ystorias
romanas de Paulo Eurosio que contiene XVI libros. Et
trasladelo yo el Bachiller Alfonso Gomez de Çamora, por
mandado de mi seflor Inigo Lopez de Mendoça, seflor de la
Vega, é seyendo capitan mayor contra Granada en la
frontera de Jahen por el serenissimo nuestro seflor rey don
Johan, en el afio del nasçimiento de Nro. Salvador Jhu.
Xpo. de mill CCCC é treynta y nueve anos : Deo gracias
amen. Terminada esta obra, hay un tratado original de Za-
mora : a Sobre el provecho que causa del malicioso, et que
dano ô mal del neçio, et que significan estos dos vocablos.))
C
(Osuna : Plut. V. Lit. N. n° 18; Rocam. n° 128; Biblioth. Nat.
Madrid, li-125 )
Paul Orose. En aragonais.
Manuscrit de 174 feuillets de papier, non folioté. Écriture
du commencement du XVe siècle. Ni titres en rouge, ni
168 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
capitales, ni signatures. Format 286x217 mm. Reliure de
parchemin.
Le premier feuillet porte une notice sur Orôse: « El hon-
rrado Orosio spaïiyol . ... »
Fol. I v°. Prologue de Paul Orose: « Padre Sant Ago&tin
en fazer. . . »
Liv. I. Fol. 2 v°. Rubrique: Aqui acaba el prologo et
comiença el primer libro dePaulo Orosio sobre los grandes
factos del mundo.
Liv. IL Fol. 21 v°. Acaba el primero libro de Paulo
Orosio prestre, recontador de las istorias contra los pa-
ganos, e comiença, se el segundo libro.
Liv. III. Fol. 38: Acaba el libro IP de Paulo Orosio
preste espahyol, recontador de istorias, e comiença el libro
IIP.
Liv. IV. Fol. 59: Acaba el libro IIP de Paulo Orosio
preste spanyol, recontador de istorias, e comiença el libro
IIIP.
Liv. V. Fol. 86. Acaba el libro quarto e comiença el
quinto .
Liv. VI. Fol. 110 : De Paulo Orosio pestre, recontador de
istorias, el libro V° acaba e comiença el libro VP
Liv. VII. Fol. 135 v° De Paulo Orosio se acaba el libro
VP e comiença el VIP libro.
Fol. 157 v°. Explicit du texte : « que tu condempnas. »
Fol. 158. Rubrique finale: De Paulo Orosio, augustin,
obispo enbiado, el libro VIP de las ystorias contra los
acusadores de los tienpos de los cristianos se acaba muy
bienauenturadament , et a lo facto translatai^ el muy excel-
lent e Religioso sehyor don fray Johanfernandez deredia,
humil castellan Damposta, e prior de Cataluflya. Et ha lo
tra&latado Domingo de Garcia Martin seruidor suyo.
Ffinito libro sit laus gloria cristo , amen.
Qui scripsit scribat semper cum domino bibant (sic)
amen.
« El quai libro son XI cuadernos e dos fullos de papel.))
Suivent trois lignes en caractères bizarres ; c'est sans
doute une écriture secrète.
Fol. 158 VJ blanc.
Le feuillet 159 commence par les mots : « de la ciudat el
XXIX. PAUL OROSE 169
quai el se alabaua que refaria...» C'est un fragment qui finit
au feuillet. 174 v° par : « Siguese el terremotus espantable
que muchas ciuclades cle Orient faziendolas todas las casas
cayer con la tierra aplano. »
Ce fragment que le copiste ou le relieur a oublié de
mettre à sa place doit être intercalé entre les feuillets
141 et 142, du livre VIL On lit au bas du verso 141 en marge :
a Require post XVII folia ad taie signum f » et plus bas
ces mots encadrés : de la çiudat el quai else alabaua.
Le feuillet 159 fait parfaitement suite au verso 141, mais
le recto 142 ne fait pas suite au verso 174. Le chapitre qui
est indiqué au verso 174 n'est pas celui qui commence au
recto 142. Or, la note du fol. 141 dit XVII folia, et du fol.
159 à 174 il n'y en a que XVI, il manque donc un feuillet
au manuscrit.
Dans la notice qu'il consacre à ce manuscrit dans sa Bi-
blioteca del marqués de SantiUana (Obras, p. 627,
§. lxxxiv), Amador de los Rios ne fait pas mention cle
l'important explicit du feuillet 158 (1). Il ne s'est pas aperçu
que ce manuscrit était précisément écrit en dialecte ara-
gonais et, trompé par le désordre des feuillets, il l'estime
incomplet. Rocamora dans son inventaire sommaire, tou-
jours insuffisant, a cependant relevé la rubrique finale du
feuillet 158.
Nous croyons utile de publier ici des fragments tirés du
manuscrit Ii-125 que nous venons de décrire, l'histoire de
cette version en sera éclairée :
[E]l honrrado Orosio Spanyol, apuesto faulador e amaestrado en
istorias, fizo VII libros en los quales departio todo aqueste volutme
et fizo departimiento contra los cristianos que clizian quel abaxa-
miento de la grandeza de Roma era venida por la fe cristiana. En
los quales, faziendo memoria quasi de todas las miserias etribula-
ciones que son estadas en el mundo, demuestra esto mayorment
se^er : es asaber que contra el su mereçimiento dura aun el
comun de Roma et que el imperio esta en piet por el obseruamiento
1. Dans cette même notice, Amador de los Rios s'étonne que Nicolas
Antonio ne mentionne pas cette traduction ; or, nous verrons plus bas
que la Bibliotheca Vêtus (t. II, p. 164) consacre une longue notice à
cette version que Los Rios attribue à un traducteur imaginaire.
170 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
de la Ee cristiana. Ond el, en e] primero libro, déclara la di p
cion de! mundo como es çercado de cada parte de! mar e fcrau<
mientos que faze por la fcierra ayuntado con el Rio que es cla-
niado Tanais3 e los ordenamientos e disposicion de los lugares et
las montanyas, e el numéro e las costumbres e la qualidal de las
gentes, e los eneomençamientos de las batallas; otrosi las de los
senyores los quales'sc fi/ieron en el principio por derramamiento
de sandre de la gent, sin entendimiento de memoria. Este ( >rosio el
quai enbiado a sant Jeronimo de part de sant Agostin por aprender
lacienciade gracia disponiendo primerament trayo en occident las
reliquias de sant Esteuan martir que fueron falladas nueuament en
el tiempo de Onorio Emperador e esta cosa manifiesta la su bondat.
El titulo primero reconta de que tracta aqueste libro, agora
■porte se el prologo de Paulo Orosio en que demuestra sa humildat.
(Fol. 1 v°). Padre Sant Agostin, en fazer aqueste libro lie yo obe-
decido a los tus mandamientos e quisiesse lo Dios que atan con-
plidament lo huuiesse yo fecho como lo fi/ de grado, como quiere
que me mueue muyt poco, siquiere que yo lo aya fecho bien, si-
quiere no. E esto es porque tu mismo as ya dubdado que se pueda
bien fazer aquello que tu mandaste. Mas en aquesto tomo muyt
gran plazer que firme la mi voluntat en quanto yo pudiesse obe-
dezer los tus mandamientos. Porque en la casa del rico padre que
ay muyt grant familia, ya sea que ay animaiias de diuerssas gene-
raciones para prouechamiento de su fazienda, es poca la cura de
los canes los quales atan solament han de su natura obedecer e se-
guir la voluntat del senyor, alli do le plaze de mostrar gela o por
palauras o por senyales, esto por quanto han lo que ellos desean
propriament, los quales en quanto ellos son mas nobles que alguna
de las otras animaiias en atanto son mas graciossos e amaestrados
por lahumanidat. Es asaber aconosçer el libro de Paulo Orosio, re-
contador de las Istorias, por el honrrado Johan Bueno, de grama-
tica en vulgar a instançia de micer Lamberdo de los abades, e
pone se en el comienço el prologo.
Traducteurs et traductions de Paul Orose en Espagne
Il nous paraît utile, pour débrouiller ensuite plus aisé-
ment Thistoire de ces versions, de rapporter ici le texte de
la aotel, p. 39 du tome VI de YHistoria critica d'Amador
de los Rios, où à propos des Historias del espafïol Orosio
il dit : (( Dos versiones de Orosio, ambas custodiadas en la
)) l)il)lioteca del duque de Osuna (P. V. Lit. N, niim. 18 y
XXIX. PAUL OROSE 171
)) P. IL Lit. M, nûm.7), poseyô el marqués de Santillana:
» la primera hecha por un Juan Bueno, â instancia deLam-
)) berto de los Abades de gramâtica en vulgar (de latin en
)) castellano), y la segunda por el bachiller Alfonso Gomez
)) de Zamora, de ôrclen del mismodon IfiigoLopez, trayén-
» dola del catalan al cual habia pasado de la traduccion
» f rancesa de fray Pedro de Palmerola, comendador de Villel .
» etc. »
Voilà la légende. Voyons les faits maintenant. Tout d'abord
puisque les rubriques du manuscrit perdu (Plut. IL Lit.
M, n° 7), exécuté pour le marquis de Santillane, disent à
plusieurs reprises qu'il fut d'aragonais mis en castillan,
pourquoi Los Rios veut-il qu'ici aragonais ait le sens de
catalan ou de limousin (1) ? Nous ne connaissons pas de
version catalane d'Orose, tandis que le ms. Ii-125 nous a
conservé le texte aragonais exécuté par Domingo de Garcia
Martin par ordre de Juan Fernândez de Heredia, alors
encore châtelain d'Amposta (2) et qui fut ensuite grand
maître de l'Ordre de Jérusalem. Ce manuscrit est comme
une minute de celui qui fut ensuite luxueusement écrit
et décoré et dont la Bibliotheca Vêtus de N. Antonio
(t. II, p. 163-164) fait mention (3).
1. Le plus curieux est qu'Amador de los Rios, après avoir déclaré,
dans le tome VI de son Histoire, que le marquis de Santillane fit tra-
duire Orose de catalan en castillan, et après avoir déjà noté en marge
du mot aragonès le mot lemosin dans sa notice du ms. perdu (Plut. II,
Lit. M, n° 7), disserte ensuite dans le tome VII (p. 475, note 2), sur
el habla aragonesa, à propos du spectacle allégorique représenté pour
fêter l'entrée de Fernando de Antequera (1414) à Saragosse. Il dit que les
copias récitées en aragonais par la Justice, la Vérité, la Paix et la Mi-
séricorde, étaient à mesure tornadas en palabras castellanas, par Alvar
Garcia de Santa Maria, qui nous le rapporte lui-même. Et comme
preuve que de semblables castillanisations de textes aragonais n'étaient
pas rares, il cite la version d'Orose que le bachelier Alfonso Gomez de
Zamora exécuta, en 1439, pour IfiigoLopez de Mendoza.
2. Juan Fernândez de Heredia fut fait châtelain d'Am posta vers 1345,
et grand maître de l'Ordre de Saint- Jean-de- Jérusalem en 1377.
3. « Aragonensis libri Pauli Orosii Historiarum versio, e codice Bi-
bliothecce Collegii Sanctiss. Corporis Christi Valent.
Esta es la taula è suniaria annotaclô de los libros rubricas è capi-
tules del libro que Paulo Orosio de la nacion de Spanyafamoso poeta
e ystorial copilô à instancia è manda /nient o del bienaventurado sant
Agostî : : : : Et por cnde el muyt rcverendo en Xpo padre e senyor
Don frai Iohan Fernande.^ de Eredia por la gracia de Dios maestro
\l:ï BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Il nous semble plus que probable que le manuscrit Ii-125
aura été le texte même que le bachelier Alfonso Gomez de
de Zamora fut chargé de castillaniser, en 1439, pour son
maître Don Iïïigo Lopez de Mendoça, seigneur de la Vega.
Il est permis de supposer que 1(3 traducteur qui travailla
à Paris, sur la version toscane, fut le même Domingo de
Garcia Martin que « frey Pedro de Palmerola, comendador
de Villel », chargea de ce travail, à la demande de Johan
Fernandez de Heredia, qui fut, on le sait, lui aussi com-
mandeur de Villel et qui était à l'époque châtelain d'Amposta
et prieur de Catalogne.
D'où Amador de los Riosa-t-il tiré la traduction fran-
cesa de Fray Pedro de Palmerola, comendador de Villel?
Le manuscrit Plut. IL Lit. M, n° 7, dit simplement que la
version aragonaise fut faite à Paris sur un texte italien.
Comment Amador de los Rios a-t-ilpu faire de ce commandeur
aragonais Fauteur d'une traduction française ? Est-ce parce
qu'étant à Paris il en fit exécuter une aragonaise sur un
texte toscan? Voyons enfin qui fut Juan Bueno, qui, suivant
Los Rios, traduisit Orose de gramâtica en vulgar (de latin en
castellano).Nous savons que vers l'extrême fin du XIIIe siècle,
ou plus exactement aux environs de 1291, un juge de Flo-
rence nommé Bono Giamboni traduisit de latin en toscan, à la
prière de Messer Lamberto degli Abadi di Firenze : Belle
Storie contra i pagani di Paolo Orosio libri VII (1). Le
traducteur aragonais a traduit les noms trouvés par lui dans
de la Orden de sant Iohan de Ihrlm. reyendo e considerando que
aquesti jiorient mémorial e sumario document de los judicios de Dios
à muchas personas de diferentes professiones e condiciones è maior-
ment à aquellas que non cran instructas en sciencia cra ignoto c non
rês menos quasi non sabido nin oido :por tanto el dicho Senyor etc : : : :
El primer titulo reconta de que tracta aquesti libro : e fizo esti libro
repartido en siete libros, etc. »
Le traducteur Domingo de Garcia Martin, nommé dans le Ii-125, n'est
pas cité dans la Bibliot/teca Vêtus.
1. Délie storie contra i Pagani di Paolo Orosio libri VII col-
garizzametxto di Bono Giamboni publicato ed illustrato con note dal
Doit. Francesco Tassi. Firenze per Thommaso Baracchi, 1849, in-8u.
Cette version avait été publiée déjà au XVIe siècle, sans date, mais
vers 1535, à Venise. En 1539 et 1564, on la réimprima, à Venise égale-
ment, en l'attribuant à Giovanni Guerrini da Lanciza (cf. Zambrini,
Le Opère colgari a Stampa, col. 727-728). Ce texte est conservé par un
assez grand nombre de manuscrits.
XXIX. PAUL OROSE 173
le manuscrit italien qui lui servit de texte, et c'est ainsi que
Bono Giamboni est devenu Juan Bueno, Lamberto degli
Ahacli Lamberdo de los Abades et la formule si fréquente
en Italie di gramatica in vulgare, de latin en castellano.
En résumé, nous venons démontrer que les deux manus-
crits d'Orose, l'unaragonais, l'autre castillan, conservés dans
la bibliothèque Osuna, dérivent tous deux d'une source com-
mune : la version italienne de Bono Giamboni. Bien plus,
nous avons vu que le manuscrit aragonais contient la version
que commanda Juan Fernàndez de Heredia, nous avons
montré quelles probabilités il y a de croire que la version
que Pedro de Palmerolafit exécuter à Paris, sur le texte de
Bono Giamboni, ne fait qu'un avec celle que Domingo Garcia
Martin fit pour le châtelain d'Amposta. Le manuscrit perdu
P. IL Lit. M, n° 7, que le marquis de Santillane fit cas-
tillaniser par Alfonso Gomez de Çamora, n'était très certai-
nement qu'un remaniement de la version conservée par le
manuscrit Ii-125. Amador de los Rios a donc vu une
version française, modèle d'une version catalane, et une ver-
sion castillane, faite directement sur l'original latin, là où
il n'y avait qu'une version aragonaise, faite sur une traduction
italienne, et un remaniement castillan de cette même version
aragonaise.
XXX
13 0 E G E
(Osuna: Plut. V. Lit. N, n° 3; Rocam. n° 38; Biblioth.
Nat. Madrid, Ii-36)
Boèce^ De Consolatione. En italien.
Manuscrit de 46 feuillets, plus 2 feuillets de garde au
début, vélin, non folioté, réglé à 36 lignes. Ecrit dans la
seconde moitié du XIVe siècle, à deux colonnes. Encadre-
ment, enluminures, lettres ornée. Format 283x194 mm.
Reliure de parchemin.
Fol. 1. L'encadrement entremêlé de sujets et d'arabesques
est curieux parles détails, sans être très artistique ;il appar-
tient au genre d'ornementation italienne qui a précédé les
admirables bandeaux florentins du XVe siècle. Dans le
bandeau inférieur deux écus d'armes, un dans chaque coin,
identiques à celui qui se trouve au fol. 1 de l'Aristote et
de la Vita Dantis de Boccace : d'or à cinq bouquets de
fleurs feuillées, au naturel. La grande initiale est finement
enluminée : on y voit Boëce écrivant son livre derrière les
barreaux de sa prison.
Fol.I A. Incipit: « Io Boetio lo quale inquadirietro perfec-
tamente feci uersi dilecteuoli ne lo fiorito studio de la mia
prosperita...»
Livre I. fol. 1-7; liv. IL fol. 7-15; liv. III. fol. 15-27;
liv. IV. fol. 27-37 v°; liv. V. fol. 37 v° B.-46 A.
Explicit : « quando uoi operate dinançi agliocchi del giu-
dice che tucte le cose uede ».
XXX. BOÈCE 175
a Explicit liber Boetii, Deo grattas amen, y) Dans la co-
lonne B on lit :
(( Manus hujus scriptoris,
Saluetur omnibus oris,
Memoria sit uobis.
Micluielis uestri seruitoris. »
Chaque livre est orné d'une capitale miniaturée avec finesse
où l'on retrouve toujours une figure d'ange qui tient un livre,
et un vieillard, c'est sans doute la Philosophie, consolant
Boëce; en plus de ces initiales, les feuillets qui ouvrent les
livres nous présentent des demi encadrements.
Le texte, nous l'avons remarqué ci-dessus, est précédé de
deux feuillets de garde, le second porte dans la colonne A
20 lignes d'une écriture du commencement du XIVe siècle:
c'est un commencement de copie du texte italien de
Boëce. La différence est très grande entre l'écriture
de ce fragment et celle de notre texte. Au verso de ce même
feuillet, nous trouvons, d'une écriture italienne du
XVe siècle, les vers que voici écrits sur deux colonnes :
(( Uassi pensoso il seghator dell'erba,
Crucciato contra Gioue e contra Marte,
Ma la speranza che amor gli serba,
Montando in sulle sue leggiadre sarte,
A pane ed acqua, alla ferza del sole,
Cantando tuttauia, si corne suole,
Che mai non stancha ne giamai si duole,
Co' ferri in collo corne uuol su arte,
Per la cruda stagion ch'e stata acerba,
Ciaschedun uil penser dal cor gli parte
Chel porteranno in un bel prato d'erba.
Menando il ferro stara tutto giorno
Fa'l seghatore nel bel prato intorno
Et poi la sera da di mano al corno;
Non lo fa per iscorno,
Ma per franchezza sua letizia spande
Sol per rispecto délia giornata grande. »
Au-dessous de ces vers, mais de facture antérieure à ceux-
ci se trouve une grande miniature de 20 centimètres, très
176 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
finement peinte et bien conservée, représentant le faucheur
debout (huis le pré fleuri où l'on voit un lupin et un oiseau,
la faux est sur l'herbe ainsi qu'un tabouret et un marteau;
de la ceinture du faucheur pend un étui dans lequel on voit
la pierre à faux. Le costume, très élégant, du faucheur est
celai qu'on portait en Italie dans la seconde moitié du
XIVe siècle, avec 1(3 chaperon à longue queue, qu'on re-
trouve souvent dans les portraits de cette époque.
(Osuna : Plut. V. Lit. N, n° 29; Rocam. n° 37; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii 32)
Boèce, De Consolatione . En castillan.
Manuscrit de 119 feuillets, plus 3 feuillets blancs au com-
mencement et 1 à la fin, papier, non folioté, réglé à 21 lignes.
Écriture du XVe siècle. Titres en noir, initiales des cha-
pitres en rouge Restes de signatures irrégulières. Format
277x197 mm. Reliure de parchemin.
En marge notes de la même main que le texte.
Fol. I. Titre en noir, lettres ornées: Librodela consolaçion
natural de Boecio Romano ; e comiença una corta de Ruy
Lopez de Daualos al que lo romanço.
Incipit : a Muchas vezespienso, o mi verdadero amigo...»
Cette lettre finit au fol. 2, et la réponse du traducteur, qui
ne se nomme pas, suit immédiatement et va jusqu'au fol. 4.
Explicit : « al siguiente argumento que es de la Intençion de
aqueste libro primero. » Suit : la Intençion de aqueste libro
primera. Au recto du fol. 5 finit l'exposition et commence
le texte : Comiença el libro primero de la consolaçion na-
tural de Anicio Manlio Torquato Seuerino Boecio, extra
consul ordinario patricio, verso primero : « Yo que en otro
tienpo con floresçiente estudio acabe cantares ...» Fol.5v°,
Prosa primera.
Fol. 30 v°: Âcabasse el libro primero.
Fol. 31: Argumento del libro segundo.
Fol . 41 v°: Acabasse el libro segundo.
Fol. 42: Comiença el argumento del libro tercero*
XXX. BOÈCE 177
Fol. 73: Acabasse el terçero libro e comiença el argu-
mente* del libro quarto.
Fol. 100: Acabasse el libro quarto.
Fol. 100 v°: Argumento del libro quinto .
Fol. 119 v°: Acabasse el libro quinto, Deo gracias.
Explicit : « como obra es ante los ojos del Juez acatante
toclas las cosas » .
Amaclor de los Rios (Obras del marqués de Santillana,
p. 597), émet l'opinion que la lettre du connétable Ruy
Lopez de Avalos pourrait avoir été adressée au chancelier
Pero Lopez de Ayala, de qui seraient la réponse et la tra-
duction de Boèce, traduction dont parle Fernand Perez de
Guzman, dans ses Generaciones y semblanzas , en énumé-
rant les travaux littéraires du grand chancelier.
Nous avons copié les lettres qui précédent la version de
Boèce parce qu'elles sont intéressantes pour notre étude :
Libro de la Consolaçion natural de Boeçio Romano, e comiença
una carta de Ruy Lopes de Daualos al que lo romanço.
Muchas vezes pienso, o mi verdadero amigo, quan gran don es
otorgado a los ensefiados de la sabiduria, e no solamente a quellos
mas aun a los deseantes délia. E yo, discipulo pequefio de los que
dessean saber, venido nouicio al estudio, soy ençendido adessear
el socorro de aquellos que. ante destos nuestros tiempos, en las
sçiençias fueron complidos, de cuya doctrina no solo ami, mas a
los quemucho saben, grande proeclaridat se siguen. Por esto pense
con singular affection rogar a vos que trabaiassedes en traer a
nuestra lengua vulgar la consolaçion del sancto dotor Seuerino,
que por nombre propio es llamado Boeçio, el qualyo creo aber de-
clarado cosas de muy grande prouecho. E commo quier que yo he
leydo este libro romançado por el ffamoso maestro Nicolas, no es
de mi entendido ansi commo querria. E creo que sea esto por falta
de mi ingenio, y aun pienso fazerme algun estoruo estar mesclado
el texto con glosas lo quai me trae una grand escuridat. E auria
en especial gracia me fuesse por vos declarado, en tal manera que
mejor lo podiesse entender, guardando las palabras con que el
actor se rrasona, senalando en la margen lo que vuestro ingenio
podiere para que yo syn conpanero el texto pueda entender. E fa-
ziendo lo ansi resçebire de vos el mayor benefiçio que un amigo
de otro puede resçebir, por que las cosas tocantes al saber mayores
son que todas las otras del mundo. Ansy lo dixo el monarcha de
la sabiduria: que meior es la sçiencia que toda riqueza, e alguna
12
178 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
joya no se egualara con ella. Mas si mi flâca razon qo da logar
a caber tanto commo pido, y a vuestro trabaio no conseguirie
el fructo que meresçe, podres muy bien dezir que qo quedo por
vos de ensenar eommo respondio Platon al rey Rrofusta quandoera
maestro de su fijo. Ansy, mi bucn amigo, faziendo aquesto por mi
tanto rrogado, podres auer gloria de bien ensenar e a mi queda
el cargo del poco aprender.
Acabasse esta carta e comiença otra en su respuesta.
Si alguna, virtuoso cauallero, seiior mio, es la différencia entre
rogar e mandar, de vos a mi por çierto no la siento. Que si vues-
tras palabras comigo ouiessen logar de ruego, como piclaes lo que
no puedo bien complir, seyendo negado auriades muy justa res-
puesta nembrandouos aquello que dize Seneca en el libro de los
beneficios : que no auer dado la cosa es mucho menos graue que
auer la dado mal. Mas commo al mandado vuestro no pueda yo
rrefuyr, postpuesta mi inhabilidat, acorde seguir lo que man-
dastes.
E queriendo lleguar a la obra manifestauasse a mi mayor diffi-
cultat de lo acabar tanto que ya dexaua de mirar al su comienço.
E segun escriue Dante fingendo los espantos de la entrada infer-
nal •* ansy commo aquel que desquiere lo que quiere e por nueuo
pensamiento trueca lo propuesto, ansy que del comencamiento
todo se quita, tal me sentia yo en esto que propusiera. Enpero la
obediençia que mucho me apremiaua fazia dubdoso mi coraçon.
E commo dize Terençio : quando el coraçon esta en dubda con, poco
mouimiento es lançado aca y alla, ffuy determinado a seguir la
parte mas graue por aquella doctrina de Tullio en las obras vir-
tuosas, donde muestra que si alguna vez nos troxiere la nesçessi-
dat a aquellas cosas que no son de nuestro ingenio es de poner
todo cuydado, pensamiento, e diligençiapor que, si no las podiere-
mos fazer fermosamente, a lo menos las fagamos lo menos feo que
podieremos. Por tanto, sefior, si no acabare esso que mandaes,
bastame remirar a ello para ser quitado de culpa y, aunque no
a vuestro desseo, satisfare a vuestro mandado. Semejado a los ni-
nos que cobdiçiando executar todo lo que les mandan, tan bien
lo inpossible, con la usada obediençia, descubren la inoçente sim-
pleza que faze a su intençion no solo syn culpa mas aun mereçe-
dora de gradesçimiento. E commo quier que al comienço de toda
translaçion se deua anteponer algo, para meior entender la cosa
de que se tracta, paresçeme sobrado fazerlo yo aqui por que vos,
senor, auiendo leydo assaz aquesta obra aures meior sabido la
intençion de su actor, e para sentir mas puro el dulçor de sus
razones, pues deseades gostar syn mezcla el sabor de su fablar,
XXX. BOÈCE 179
commo sea muchas vezes que por la diuersidat de las lenguas se
fallen algunas palabras que no son mudables sin gran daiïo suyo,
contesçiendoles commo a las plantas nasçidas en su escogido
logar que mudadas a otro pierden lo mas de su fuerça y aun a
vezes se secan, donde tal diçion fallare quedara en supropio vo-
cablo o se trocara por el mas cercano que en nuestro vulgar yo
fallare, poniendo de fuera otros en su fauor que al poder mio sos-
tengan su mesma fuerça. E donde se tocare fiction o ystoria que no
sea muyusadareduzirse ha breuemente, no para vuestra ensenança
ca auiendo vos grande notiçia de muchas leturas mejor podes de-
zirlo que inclinaruos a lo oyr, mas seruira a vuestra memoria que,
instruyda de cosas diuersas, seyendo de algo oluidada nembrar se
ha mas de ligero. E fallando alguna razon que paresca dubdosa
en sentençia sera le puesta adiçion de las que el nombraclo ma-
estro en suletura ha declarado solo tocante a la letra. E porque los
titulos son claridad a la via del procéder e no se entreponga al texto
cosa agena, en comienço de cada libro se porna una relaçion o ar
gumento que sefiale algo de lo contenido en sus versos e prosas.
Agora, con la voluntad del guiador soberano, vengamos al siguiente
argumento que es de la intençion de aqueste libro primero.
C
(Osuna: Plut. IL Lit. M, n° 24; Rocam. n° 36; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-35)
Pedro de Valladolid, Commentaire de Boèce. En castillan
Manuscrit de 82 feuillets, plus 2 feuillets de garde au com-
mencement et 1 à la fin, papier, folioté en rouge, réglé à
34 lignes. Ecriture du XVe siècle, à deux colonnes. Pas de
rubriques, petites capitales. Le commentateur ne suit pas
les divisions de Boèce. Format 285x207 mm. Reliure de
parchemin.
Au fol. 1 commence, sans titre, la table des chapitres de
tous les livres du De Consolatione : « En el primero ca-
pitulo se contiene quien f ue Boeçio e porque e por quien fue
perseguido e donde fue encarçerado e porque fizo el aqueste
libro... »
Au fol. 7 A., commence l'exposition des livres de Boèce :
(( A mayor e mas perfecta declaracion del dicho libro es cosa
180 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
notadora que Boeçio fue varon muy noble entre los çibda-
( la nos de Rroma... »
Fol. 82 v° B. Explicit: « por agora por todos tienpos yn
seculaseciiloruin amen.»
Fol. 82 v°B. Au-dessous du texte et séparé de lui par une
barre rouge, on Ht, de la même main que le reste, la note
suivante :
a Este libro fizo Pedro de Valladolid, criado de] sefior rey
deNauarra, e oficial suyo de pararlesu tabla en que comiese,
e las cortinas en que oya misa, e fizolo en la villa de Al-
caniz, en el ano de mil] e quatroçientos e treynta e seys
aiïos en el mes de Setienbre ha veynte e un dia andados ; e
este dicho dia era Sanlucas euangelista e auia de descen-
dir el senor Rey ha oyr misa a la yglesia mayor por la
dicha fiesta, e por los grandes aferes que ouo no descendio
e oyo misa en el castillo do posaua ».
Au verso du premier feuillet de garde, on lit quelques li-
gnes d'une écriture du XVe siècle, plus moderne que celle du
texte : « Jhs. Lunes, a veynte e dos dias del mes de Jullio
ano del nascimiento del nuestro senor jhu. Cristo de mill
et quatroçientos e cynquenta e quatro anos, estando el
Rey don Juan de Castilla nuestro senor, de esclaresçida
memoria, en la noble villa de Valladolid doliente de su do-
lentia natural, quel nuestro senor Dios le quiso dar, fal-
lescio este dia e lo lleuo nuestro senor Dios desta présente
vida entra las nueue oras e las dies. E alçaron por Rey
luego el martes seguiente a su fîjo el principe don Enrique
pr[imo]genyto, que se acaesçio al su fmamiento, los caual-
leros que ende estauan que fueron... »
Cette exposition de Boëce est différente de celle de Ni-
colas de Treveth, dont la Bibliothèque Nationale de Madrid
conserve, sous la cote Bb -61, une version castillane.
Traducteurs et traductions de Boèce en Espagne.
On sait le succès que le moyen âge ht au livre de Boèce;
ce succès ne fut pas moindre en Espagne qu'en Italie ou
qu'en France. Nous allons grouper brièvement tout ce que
nous pouvons dire de l'histoire du De Consolatlone dans la
Péninsule :
XXX. BOÈCE 181
I. La première en date des traductions connues de Boèce
en Espagne est due à un dominicain F. Père Saplana, il lui
manque le prologue et une partie du livre V. Elle est écrite
en catalan, c'est Villanueva (Viage, XVIII, p. 206) qui en a
trouvé un manuscrit dans la bibliothèque du monastère de
Monserrat et qui nous en donne le titre: « Prolech de frare
)) Père Saplana, del ordre de Preycadors, conventual de
)) Terragona, qui esplana aquest libre de lati en romane, se-
)) gons lo començament (f. cornent) é glosa de Sent Tomas :
» lo quai tremis al Infant en Jacme, fill del Rey deMallorca,
» lo quai Infant era desheretat é tingut près en la ciutat de
)) Barchalona per lo molt ait senyor Rey en Père d'Arago. »
Après la dédicace du traducteur vient le prologue de
Boèce et celui-ci porte en tète le titre suivant : Aci comença
10 prolech del libre appellat Boeci de Consolaçio en lo quai
proemi se conte la istoria de Theodorich rey dels Gots, lo
quai fo arromançat per frare Anthoni Genebreda, de la
orde dels /rares preyeadors.
Ce qui a prêté à la confusion c'est que le manuscrit de
l'Université de Barcelone qu'a suivi M. Aguilô dans son
édition de la Bïblioteca Catalana, porte en tête de la
lettre dédicatoire le nom de frère Anthoni Ginebreda. La
préface de la traduction castillane imprimée (Séville, 1497),
dont nous reparlerons tout à l'heure, éclaire ce mystère.
11 en ressort que Saplana n'avait pas traduit l'histoire de
Théodoric et la persécution de Boèce, non plus que la fin
du livre V, où il est parlé du libre arbitre (Voir à ce sujet
Vicente de los Rios dans sa préface aux Oeuvres de Don Es-
tevan Manuel de Villegas, t. I, p. xxxm, note 78). Un
certain Bernât Juan Doncel de Valence, qui avait un vif
désir de connaître l'ouvrage tout entier, pria frère Anthoni
Ginebreda de traduire ce qui manquait. Ginebreda se prêta
à ce désir et compléta l'ouvrage tel que nous le trouvons
dans la Bïblioteca Catalana. Déjà Prospero Bofarull dans
le t. XIII de sa Coleccion de documentos inéditos del ar-
chivo de la corona de Aragon, avait publié des fragments
de cette traduction d'après un manuscrit du milieu du
XIVe (?) siècle provenant du monastère de Ripoll. Le
prince pour qui fut faite la traduction mourut en 1375.
Ginebreda contemporain du traducteur Saplana, fut prieur
L82 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILL
du couvent de Sainte-Catherine de Barcelone, puis arche
vêque d'Athènes (cf. Villanueva, Viage, XVIII, p. 206,
et Torres Amat, Memortas paraformar un Diccionario de
los escrifores catalanes, p. 295). Ces deux auteurs ne sonl
pas d'accord sur la date de la mort deGinebreda. Pour Torres
Amat, il mourut en 1395; Villanueva au contraire affirme
qu'il était archevêque d'Athènes en 1399. Quoi qu'il en
soit, la traduction catalane de Boèce fut bien accueillie;
on en fit une version castillane qui fut imprimée dès 1488
à Toulouse (Mondez-Hidalgo, Tipogrqfia espanola, p. 377 .
La traduction Saplana-Ginebreda, qui porte le seul nom
de Ginebreda, fut traduite en castillan et imprimée à plu-
sieurs reprises. La première édition espagnole est de 1488,
(Salvâ n° 3854) : Boeçio de consolation tomado de latin en
v romance por el muy reuerendo padre f'ray Anton Ginebre-
da maestro en la santa Theologia, de la orden delospre-
dicadores de Barçelona. Explicit : A qui fenece el libro
de consolaçion de Boeçio el quai Jite jnpresso en Tolosa
de Françia por maestro Enrrique Mayer aliman e acabose
a quatro dias del mes de Jullio. Aîio del nasçimiento de
nuestro senor ihu xpo de mil e quatroçientos e ochenta e
ocho arïos.
"Vient ensuite la traduction que cite Méndez d'après Hain,
(Repert. Bibliogr. t. I, p. 462) :
Boethius de consolatione Philosophie hispanice versus
ab Antonio de Ginebreda. Barcinonensi ex ordin. Predi-
cator. 1493 folio. Puis celle de Séville 1497, par Meynardo
Vngut aleman eLunçalao polono conpaheros a diez y ocho
dias del mes de Hebrero de Mill CCCCXCVI1 ahos (cf.
Gallardo, Ensayo, n°2333).
C'est cette édition qui nous a fourni les renseignements
mentionnés ci-dessus. Elle commence ainsi :
« Comiença el libro de Boccio : de la consolaçion philoso-
)) fical : Por que el libro de Boccio de consolaçion es muy
)) necessario a recrear los ornes que son en tribulacion e
)) a exercitar los a deuoeion e a entender la alteza de los
» secretos diuinales . Por tanto algunos an fecho todo su
» poderio de romançar el dicho libro : a instruccion de los
)) que no saben sciencia e entre los otros ovo uno el quai lo
» enderesca al infante de Mallorca.
XXX. BOÈCE 183
)) Porende En-Bernat Juan Doncel, habitador de la cibdad
)) de Valencia rogo a mi fray Antoni Ginebreda de la orden
)) de los predicadores de Barçelona que por quanto el auia
)) grand affection de aver la dicha obra conplida que yo
)) quisiese suplir los dichos desfallimientos por que obra
)) tan solenne no remanies e inperfecta.
)) E por quanto en la dicha exposicion hauia algunos
)) desfallimientos especialmente porque el dicho expone-
)) dor dexo del quinto libro la quarta e la quinta prosa
» e el tercero e el quarto métros. Eso mesmo por quanto
)) en el començamiento del dicho libro no fuesse la hestoria
)) de Theodoric ni la persecucion de Boecio ni el titulo del
» dicho libro.
)) E yo queriendo obedeçer a sus rogarias, e porque la
» dicha obra fuese en la perfection escogida e debida segund
)) la flaqueza ciel mi ingenio he suplido segund que pude
)) los dichos desfallimientos rogando a aquellos que la
)) dicha obra leeran que si cosa fallaren de desfallimiento en
)) ella que benignamente lo quieran corregir e pensar. Ca los
)) ornes son desfallientes, etc. »
Enfin Salvâ (Catdlogo, n° 3855), décrit une impression
du même ouvrage faite à Séville en 1499, par les mêmes
imprimeurs, et qui paraît en tout semblable à la précédente :
« Acabada e imprimida fue la présente obra del Uergel
)) de Consolation : en la muy noble e muy leal cibdad de
)) Seuilla por Meynardo Vngut aleman : e Stanislao polono
)) compaïleros : a spensa de guido d'iavezaris e juâ de
)) porras é lazaro de gazanis mercaderos compaïleros a
» XXIII dias d'1 mes de Octubre de mill CCCCXCIX ».
Nicolas Antonio, qui n'a connu aucune de ces éditions,
met Ginebreda, qu'il nomme Ginebrada, dans sa Bibliotheca
Nova.
II. La seconde traduction espagnole de Boèce est celle
qu'Amador de los Rios (Historia Critica, t. V, p. 112,
note 1), attribue à Nicolas de Treveth. C'est une er-
reur. Nicolas de Treveth, dominicain anglais (cf. Fa-
bricius, Bibl. Mecl. et Infini. Latinitatis, lib. XIII, t. V,
p. 133), est r auteur d'une Expositio in Boethium de Con-
solatione Philosophiez, et le traducteur castillan a traduit
avec le texte de Boèce la glose de Nicolas de Treveth.
184 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SW'IIIJ.
Amador de los Rios cite un manuscrit de cette version
conservé à 1/Escurial (h. IJ. 16); la Bibliothèque Nationale de
Madrid en possède un : le ms. Bb-61, qui fait partie du
fonds du comte de Haro, récemment étudié par M Paz y
Mélia cfkns \&Reoistade Archivos; et M. Menéndez y Pe
layo est, lui aussi, propriétaire d'un manuscrit de cette ver-
sion.
Le manuscrit de San tander occupe quatre-vingts feuillets
d'un volume de mélanges, il est du XVe siècle, écrit sur
papier, à deux colonnes. Nous allons le prendre comme type
des manuscrits de la deuxième traduction. Titre : Aqui
comiença el libro de Boeçio Seuerino senador de Roma, el
quai fizo estando presse* por mandado de Theodorico, rrey
de los godos, e es llamado este libro de consolaçion efue
declarado por un doctor en la santa theologia que ouo
nonbre frey Nicholau Trebet, delà ordendelosfraylesde
Santo domingo.
Incipit : « Yo frey Nicolas Trebet maestro humilde^en te,
sancta escriptura, con reuerencia soy atreuido a declarar
el libro de Boeçio llamado de consolaçion por obedesçer a
manclamientos de algunos frayles mis hermanos, segund
que so tenudo por la profession que fize en la orden de
ser obediente a mayores e a menores. »
Fol. 80 B: Explicit : ((E Dios conosce las cessas que son
por venir a nos ca del todo son a el présentes. »
Laits Deo et ejus genitricis Marie, quod jam perfeci hoc
opusfilosofiehoc est opus Boecii. In nomine patrisetjilis)
et spiritus sancti.
III. Ruy Lopez Dâvalos connaissait la version accom-
pagnée du commentaire de Nicolas de Treveth et les
obscurités qu'il y trouva lui firent souhaiter une nou-
velle traduction. Voyez à ce sujet la lettre et la ré-
ponse du traducteur dans la notice où nous décrivons le
ms. Ii-32 de la Bibliothèque Nationale de Madrid, qui fit
probablement partie du noyau de la bibliothèque de Gua-
dalajara. Le ton affectueux de la lettre du connétable a fait
croire à Amador de los Rios qu'elle pourrait bien être
adressée au chancelier Pero Lopez de Ayala. La réponse du
traducteur révèle une véritable culture littéraire et beau-
coup d'érudition, ce qui n'est pas contraire à l'hypothèse
XXX. BOÈCE 185
de Los Rios (Obras ciel Marqués de Santillana, p. 596-597,
§XV).
IV. Le manuscrit Ii-30 contient, nous l'avons dit, un com-
mentaire du livre de Boèce, différent de celui de Nicolas
de Trevetli et qui a pour auteur ou pour copiste un certain
Pedro de Valladolid. Il est du XVe siècle.
V. Toutes les traductions que nous avons vues jusqu'à
présent sont en prose, c'est au XVIe siècle qu'appartient la
première version de Boèce en vers et en prose, à la façon de
l'original ; cette traduction est due au dominicain Alberto
de Aguayo, (cf. Gallardo, Ensayo, n° 43; Salvâ, n° 467;
Pellicer, Ensayo, p. 3).
- Le titre de l'édition princeps, Séville, 1518, est: Lihro de
Boecio Severino, intitulado De la Consolation de la Filo-
sophia, agora nuevamente traducido de latin en castellano
por estllo nunca ante visto en Espaha. Va el métro en copias,
y la prosa por medida.
Cette traduction obtint un vif succès et éclipsa les autres.
Ambrosio de Morales, dans son Discours sur la langue cas-
tillane (Obras de Francisco Cervantes de Sala.aar, publiées
par D . Francisco Cerdâ, Madrid, 1772, p. 23), dit à ce sujet :
« Mas ha de cinquenta anos que se imprimieron en caste-
)) Uano los libros de Boecio Severino del Consuelo de la
» philosophia en un tan bueno estilo, que qualquiera que
)) tuviere buen voto, jusgarâ como estava mejor en nuestra
» lengua que en la latina. »
Et Valdés, dans son fameux Dialogo de la Lengua, cite
aussi la version de Aguayo en parlant des traductions :
(( Cuanto â la prosa dijo : que de los que han romanzado, hé
)) leido poco : porque como entiendo el Latin, i el Italiano;
» no euro de ir al Romanze. D'eso poco, que hé leido, me
)) pareze haber visto dos librillos que me contentan, asi en
)) el estilo, el cual tengo por puro Castellano, como en el
» exprimir mui gentilmente i por mui propios vocablos
» castellanos, lo que hallaban escrito en Latin. El uno
>) d'estos es Boezio, de consolation : i, porque liai dos tra-
)) duziones, parâd mentes, que la que yo os alabo, es una
» que tiene el métro en métro,, i la prosa en prosa, i esta
» dirijido al conde de Urena » (Dialogo de la Lengua,
Madrid, 1860, p. 176). Ni Valdés, ni Morales ne semblent
186 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
avoir noté que ceque Aguayo appelle « prosa medida »
consiste en y^i^ octosyllabes, écrits comme de la pro
VI. Le manuscrit P. -97 de la Bibliothèque Nationale de
Madrid contient une traduction inédite de Boèce, elle esl
du XVIe siècle. Son auteur, Pedro Sanchez de Viana, ou
Dr Pedro Sain/ de Viana, traduisit aussi les Métamorphoses
d'Ovide. La traduction de Boèce est suivie de longues noie-;
une observation en marge nous apprend que le prolojgue
qui précède les notes devrait se trouver en tête du livre.
VII. Nous nous contenterons d'énumérer les traductions
de Boèce imprimées au XVIIe siècle et dont plusieurs sont
curieuses : Fray Augustin Lopez traduit et commente le
De Consolatione, Valladolid, 1604, cette version est en
prose ; mais Fauteur intercale après le livre II un poème
anonyme, dû à un jésuite, qui porte le titre de Estimulo
de! divino Amor. Ce poème en redondillas compte 1292 vers.
VIII. Estéban Manuel de Villegas publie sa traduction à
Madrid en 1665. A partir de la troisième prose du livre V,
il juge la matière délicate, cesse de traduire et cite, pour
compléter l'ouvrage, le texte latin.
IX. Traduction de Don Agustin Lopez de Reta, gentil-
homme navarrais, qui .vécut au XVIIe siècle et dut mourir
peu après 1688, suivant l'éditeur de sa traduction, Vicente
Rodriguez de Arellano, qui la publia à Madrid en 1805.
X. Enfin Antonio Perez Ramirez, « racionero de la insigne
collégial de Ampudia », traduit et commente Boèce, sous le
titre bizarre de Armas contra la Fortuna, Valladolid, 1698.
XXXI
JUSTINIEN
(Osuna : Plut. I. Lit. N, n" 18; Rocam. n° 63 ; Biblioth. Nat.
Madrid. Ii-72)
Abrégé du Corpus juris civilis. En castillan.
Manuscrit de 95 feuillets, plus 1 de garde au commen-
cement, et 1 à la fin, vélin grossier, non folioté, à
deux colonnes. Écriture serrée du XIVe siècle. Format
365x245 mm. Reliure tympanisée, bois et cuir, traces de
fermoirs.
Le feuillet de garde porte une croix entre les branches
de laquelle se lisent les mots suivants : « In principio erat
verbum et verbum erat apud eum, dominus erat verbum . »
Au v° du même feuillet « libro de derecho. » A l'intérieur
du plat inférieur de la reliure, deux petites chartes du
XIVe siècle.
Ce manuscrit contient un abrégé du Corpus Juris civilis
de Justinien, le texte est identique à celui du ms. n° 19
provenant de Y Archive* histôrico National, qui est aussi du
XIVe siècle, mais de plus petit format et mieux rubrique et
orné.
Fol. 1-9. Rubrique : In nomine patris et filii et spiritus
sanctiamen, indiuidue sancte trinitatis. Inçipit liber codicus
conpositus a nobilissimo Justiniano imperatore. Primera-
mientre deuemos dezir de lasancta trinidat e de la sanctaffe
catolica e non ssea osado ningun orne de desputar délia pu-
blicamientre.
Incipit : « De todas las cosas del mundo que son mas
notables e mayores e meiores . . . »
188 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
#
Fol. 2 v° B. Explicit: « AI sieruo deuen tornar franco. »
Exp liait liber primo, incipit secundo.
Livre //. Rubrique : Por quoi razqn orne deue deman-
dar a su contendor ante que lo meta en pleito. « Pues
nos auemos dezir el pleyto »
Fol. 10 v° A. Explicit : « assi como es el padre de! bien
de su fijo. ))
Livre III. Incipit : « Pues que nos auemos dicho. ...»
Fol. 18 v° B. Explicit: a non se pierde por menos de
XXX aûos. ))
Livre IV. Incipit : « Pues que auemos dicho de los juy-
zios ))
Fol. 39 A. Explicit : « daquel termino adelante. »
Livre V. Incipit: « Pues que nos auemos dicho de los ne-
gocios que. ...»
Fol. 47 v° B. Explicit : « que ellos non deuieron. >)
Livre VI. Rubrique : « Aqui comiença el libro IV.
De los sieruos que fuyen a sus sehores. Incipit : « Agora
digamos de los seruos. . . ».
Fol. 66 v° A. Explicit : « por su mester a fuero de-
monies(?) »
Livre VIL Incipit : « Pues que es dicho de los contra-
rios »
Fol. 76 A. Explicit : « que le podra demandar. »
Livre VIII. Incipit : « Si el aruol de un mio vezino. . . »
Fol. 90 B. Explicit : « Fenece por menos de XXX anos. »
Livre IX. Incipit : « Equien roba alguna cosa idest »
Fol. 94 v° A. Explicit : « comunal de la cipdat. »
Le ms. n° 19 de YArc/uvo Histôriao contient le livre IX
complet, il a trois chapitres de plus que le ms. Ii-72, ces
chapitres occupent 2 feuillets et finissent par: « de las qua-
les ssaben que deuen preguntar a los testigos. Daniel dixit.»
Fol. 95 A. Ce feuillet contient quatre paragraphes de for-
mules pour conjurer les démons et éloigner les mauvais es-
prits au nom de Dieu.
a Toid orne que troxiere estos nonbres consygo, o los
leyere, o los viere cada dia, nunca mora a ffierro nyn aura
myedo de rrayo nyn del spiritu malino » etc. Suivent
les différents noms de Dieu.
XXXI. JUSTINIEN 189
Autre paragraphe des sept noms qne doit prononcer
l'accouchée pour se préserver du danger, etc.
Cette compilation est une traduction du Codi de Justiniâ,
version catalane du texte provençal (inédit) dont nous trou-
vons quelques fragments dans la Chrestomathie provençale
de Bartsch, col. 293-298. L^ roi Martin Ier possédait un
Codi en cathalâ daté de 1309, qui porte le n° 76 dans le
catalogue de sa bibliothèque (Cf. Morel-Fatio, Grundriss
de Grôber, Katal. Litt., p. 102).
M. Suchier prépare depuis longtemps une édition du texte
provençal de cet ouvrage qu'il nomme le Codi, pour mieux
marquer que ce livre est une œuvre originale écrite primiti-
vement en provençal. Il a publié en 1899 un travail préli-
minaire intitulé : Fûnfneue Handschriften des Provenza-
lischen Rechtsbuches Lo Codi, et en 1900 il a publié une
étude sur les deux manuscrits de la version castillane de ce
texte : Die Handschriften der castilianischen Ùbersetzung
des Codi. Dans les Annales du Midi (t. VI), M. Suchier a
publié un article sur les Manuscrits perdus de la Somme
provençale du Code de Justinien, qui est un peu une réponse
à l'article que M. Tardif avait fait paraître dans les An-
nales du Midi (t. V) sur le même sujet.
XXXII
SAINT GRHGOIRK
(Osuna: Plut. III. Lit. N. uu 27; Rocam. n° 124; Biblioth. Nat.
Madrid, Kk-27)
Saint Grégoire, Morales sobr^e el libido de Job, traduit
en castillan par Pero Lofez de Ayala.
Manuscrit de 165 feuillets, papier, foliotation irrégulière.
Écriture du commencement du XVe siècle, à deux colonnes.
Format 400x290 mm. Reliure de parchemin. Le premier
feuillet est occupé par une grande miniature représentant
Pero Lopez de Ayala agenouillé devant le pape. Cette
peinture à l'aquarelle est fort intéressante parce que c'est
vraiment un portrait du chancelier qu'elle nous présente.
Celui-ci remet au pape sa traduction des Morales et Gré-
goire lui dit : (( Dios te guarde amen por la su gracia santa
| pues que por su seruicio feziste obra tan ta. » Et Pero
Lopez réplique : « Senor de los peligros guardado en este
munclo | sea quien te présenta este libro segundo. »
Ce volume est la seconde partie seulement des a Morales
sur Job ». Les 3 premiers feuillets manquent.
Fol. 4. Incipit : a La sapiençia fuera pedrica en las plaças
de su bos, la quai bos luego la ensena... »
Livre XVIII, fol. 4-23 v° ; liv. XIX, fol. 25-40 A;
liv. XX, fol. 41-62 A; liv. XXI, fol. 63-75 v°; liv. XXII,
fol. 76-99 A; liv. XXIII, fol. 100-119 A; liv. XXIV,
fol. 119 v°-134 v°;liv. XXV, fol. 136 A-150 B; liv. XXVI,
(le feuillet 151 manque) fol. 152-165 v° B.
XXXII. SAINT GRÉGOIRE 191
Explicit : « A este pequeno libro clamos fyn agora por
que non nos estendamos mas de lo que deuamos. » Aqui
se acaba el beynte y seys libro de los morales de Sant
Gregorio sobre el libro de Job,
Nombreuses notes en marge dans tout le manuscrit.
Le premier volume de cet exemplaire des Morales fai-
sait-il partie de la même bibliothèque? C'est probable, mais
nous n'avons pas pu en retrouver la trace. La miniature
intéressante du premier feuillet a été reproduite en couleurs
en tête du livre de M. Catalina Garcia: Castilla y Léon
durante los reinados de Pedro I, Enrique II, Juan I y
Enrique III, 1. 1, Madrid, 1893.
B
(Osuna: Plut. I. Lit. N. N° 11; Rocam. n° 123; Biblioth. Nat.
Madrid, KK-24)
Saint Grégoire, Morales sobre el libro de Job, traduit
en castillan par Pero Lopez de A y al a.
Manuscrit de 273 feuillets, plus 2 feuillets blancs à la fin,
vélin, réglé à 49 lignes. Écriture du XVe siècle, à deux co-
lonnes. Mouillures attaquant le vélin, nombreux feuillets
très détériorés. Titres en rouge et bleu, espaces blancs pour
capitales. En marge rappels et citations de la même main que
le texte. Format 400x278 mm. Reliure du temps.
Fol. 1. Prologo de los morales sobre Job . Fol.l v° Prologo
de Sant Gregorio que enbia a Ssan Leandro arçobispo de
Sseuilla. Ce prologue occupe les fol. 1 v°. 2, 3, 4, à la suite
Prefaçio e prologo segundo jusqu'au fol. 9. A la suite : Aqui
comienca elprimero de los morales que fizo Sant Gregorio
papa sobre el libro de Job. « [ Vjaron era en la tierra llamada
Huz, el quai auia nombre Job. Con rrazon esta nombrada
aqui la tierra clonde este santo varon moraua. .. ))
Livre I, fol. 9-18 v°; liv. II, fol. 19-36; liv. III, fol. 36 v°
49; liv. IV, fol. 49-68; liv. V. fol. 68-90 v°; liv. VI,
fol. 90v°-106;liv. VII, fol. 106 v°-121; liv. VIII, fol. 121-
143 v°; liv. IX, fol. 144-167; liv. X, fol. 167 v°-181;
liv. XI, fol. 181 v°-193 v°; liv. XII, fol. 194-204 v°;
L92 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
liv. XIII, fol. 205-215; liv. XIV, fol. 215 v°-230; liv XV,
fol. 230-244; liv. XVI, fol. 244-260; liv. XVII, fol. 260-
272 v°.
Explicit: (( quien podra catar el tronido de la grandeza
de! )). Aqui se acaba el XVII Ubro de los morale* sobre
Job, cl quai ordeno el bien auenturado Ssant Gregorio.
C
(Osuna : Plut. I. Lit. N, n" 12; Rocam. n° 123; Biblioth. Nat.
Madrid. Kk-25)
Saint Grégoire, Morales sobre el Ubro de Job, traduit
en castillan par Pkro Lopez de Ayala.
Manuscrit de 151 feuillets de gros vélin, écriture du
XVe siècle, à deux colonnes, ms. en tout semblable au pré-
cédent mais beaucoup mieux conservé. Il contient la suite
des Morales.
Fol. 1. Incipit : « [Mjuchas vezes en la santa escriptura
algunas cosas...))
Liv. XVIII. fol. 1-23 v°; liv.XIX. fol. 23v°-39v°; liv.
XX, fol. 40-60 v°; liv. XXI, fol. 61-71; liv. XXII, fol.
71v°-87; liv. XXIII, fol. 87-102; liv. XXIV, fol. 102v°-115
v°; liv. XXV, fol. 117-129; liv. XXVI, fol. 130-151 v°.
Explicit : « porque non nos estendamos mas de lo que
deuemos.» Aqui acaba el Ubro XXVI de los morales de
San Gregorio.
D
(Osuna : Plut. I. Lit. N, n° 13; Rocam. n° 123; Biblioth. Nat.
Madrid, KK-26)
Saint Grégoire, Morales sobre el Ubro de Job, traduit
en castillan par Pero Lopez de Ayala.
Ce manuscrit présente les mêmes caractères que lesTms.
KK 24 et KK 25. Il compte 185 feuillets de gros vélin et
contient la suite des Morales de saint Grégoire.
XXXIÏ. SAINT GREGOIRE 193
Fol. 1. Incipit : « [Q]ualquier que se esfuerça a tomar
sçiençia...»
Livre XXVII, fol. 1-21; liv. XXVIII, fol. 21-34 v°.
liv. XXIX, fol. 35-44; liv. XXX. fol. 54-75; liv.
XXXI, fol. 75V-103; liv. XXXII, fol. 103-119v°; liv.
XXXIII, fol. 120-142; liv. XXXIV, fol. 142-157v°; liv.
XXXV, fol. 158-171; liv. XXXVI, fol. 171-185.
Explicit : « por quanto sienpre touo buena esperança
en Dios ». Aqui se acaba e se cunple el Ubro de Job segunt
la traslaçion ciel ebrayco. )>
Soit qu'il ait ignoré la traduction d' Avala, soit qu'il Tait
jugée insuffisante, Alphonso Alvarez de Toledo traduisit
une seconde fois en castillan l'œuvre de saint Grégoire.
Ses Mor-ales parurent à Séville, chez Cromberger, en 1513,
et en 1534, chez Juan Barreda de Salamanca, à Salamanque
(Cf. Antonio-Bayer, BibL Nov., t. I, p. 10).
La traduction du Chancelier est restée inédite.
iâ
XXXIII
PAPIAS
(Osuna: Plut. IL Lit. M, n° 13; Rooam. n° 172; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-105)
Papias, Vocabulaire. En latin.
Manuscrit de 235 feuillets de vélin, non folioté. Écritures
du XIIIe et du XVe siècle, à deux colonnes. La partie an-
cienne est réglée à 38 lignes, la partie moderne compte un
nombre irrégulier de lignes par page. La partie ajoutée au
XVe siècle n'a ni rubriques, ni capitales, la partie primitive
a ses capitales refaites sur d'anciens modèles ou seulement
rafraîchies. Format 320 x 225 mm. Reliure du XVe siècle, en
très mauvais état. Sur le plat supérieur de la reliure, une
étiquette portant: Vocabulario en latin; au dos : Papiœ
Elementa Vocabulorum.
Fol. 1 A. Titre : Incipit Prologus in elementario voca-
bulorum Papiœ Doctoris : « Filii utique Karismi (sic). »
Fol. 2 A. Le prologue finit par : « et ceterorum quos
nunc superredemus. »
Fol. 3 blanc.
Fol. 4. Le texte commence sans titre ni rubrique : « A,
littera omnibus gentibus ideo prior . . . »
Fol. 235 v° B. Explicit : « Patronomica grecum seruant
accentum que grecum seruant nominatif vu]m. Vbi uero
mutatio sit littere. »
Ce manuscrit se divise en deux parties distinctes : la
première, écrite en caractères italiens du XVe siècle, va de
A à L inclus et occupe les feuillets 4-122 v° B. Le feuillet
123 est blanc. La seconde partie, de M à Z> va du feuillet
XXXIII. PAPIAS 195
124 au feuillet 235 v°. Elle est écrite sur un vélin jauni et
date du XIIIe siècle. On voit que, pour utiliser les lettres
M-Z et les observations finales, on s'est, au XVe siècle,
donné la peine de compléter le manuscrit en récrivant toute
la première partie du dictionnaire.
XXXIV
HISTORIA HIEROSOLYMITANA
(Osuna : Plut. II, Lit. N, n° 19 ; Rocam. n° 25 ; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-15)
1. Baudri de Bourgueil, Historia Hierosolymitana.
2. Lisiard de Tours (?), Historia Hierosolymitana, pars
secunda. En latin.
Manuscrit de 111 feuillets, plus un feuillet de garde,
vélin, folioté, réglé à 31 lignes. Ecriture du XIVe siècle
(première moitié). Capitales en couleur ornées de dessins à
la plume. Au commencement une rubrique; dans l'intérieur
du livre il n'y en a pas d'autre. Format 277X175 mm.
Reliure de l'époque, en cuir sur ais.
I. Fol. 1. Rubrique : Alias uocatus Godofre de Buylon,
et au-dessous nous lisons le titre de l'ouvrage : Incipit
Historia lerosolimitana ab Balderico Dolensium archi-
episcopo édita.
Incipit : « Baldericus Burgulensium abbas, postea uero
Dei misericordia archiepiscopus Dolensium licet indignus,
omnibus christianis pacem. »
Fol. 79. Explicit : « Nos autem librum quartum historié
istius, in pugnam post captam ciuitatem infra paucos dies
mirabiliter deuictam, opitulante Deo, claudimus et sic
soluto promisso quiescimus. »
Cet ouvrage a été publié à diverses reprises sous le titre
de Baldrici Andegacensis Historiae Hierosolymitanae
libri IV (Bongars, ï, 85-138 ; Migne CLXVI, 1057-1152;
Historiens occidentaux, IV, i-m). M. Molinier pense que
XXXIV. IIISTORTA HIEROSOLYMI FANA 197
cet ouvrage a été composé un peu après 1107 (Cf. Les
Sources de V Histoire de France, II, n° 2120).
II. Fol. 80. Incipit : « Cum audissent donnus Boa-
mundus »
Fol. 111. Explicit : « euasissent plane pauci nisi perse-
quentes, ut dictum est, insidiarum reuocasset suspicio. »
La première partie de cet ouvrage est perdue, la seconde
a été publiée (Bongars, I, 591-625 ; Migne, CLXXIV,
1589-1634 ; Hist. occid.y III, 545-585). C'est Barth qui a
attribué cette histoire à Lisiard de Tours. Voyez aussi
Molinier (Z. c, n° 2123-2°).
XXXV
PIERRE LE MANGEUR
(Petrus Comestor)
(Osuna: Plut. Iï. Lit. N. n° 5; Rocam. n° 132; Biblioth. Nat.
Madrid, li-104)
Pierre le Mangeur, Historia Scolastica. En latin.
Manuscrit de 326 feuillets, plus 1 blanc au commence-
ment, vélin, non folioté. Écriture de la première moitié du
XIVe siècle, à deux colonnes. Rubriques et capitales, ornées
sobrement de traits calligraphiques. Format 325x214mm.
Reliure du XVe siècle, en cuir sur ais. Ce manuscrit
porte sur le dernier feuillet cette note qui indique sa
provenance : « Iste liber est conuentus santi Anderil, » et
au-dessous: « Ystorias escolasticas. »
Fol. 1. Incipit: (< Historia genesis. »
Fol. 299, Rubrique: Explicitent allégorie ueteris testa-
ment!, secundum magistrum Petrum.
Fol. 300. Rubrique : Liber undecùnus tractât de Euan-
geliis, continens capitula quatordecim.
Fol. 326. Explicit : « largitur immutabiliter et summe
bone Deus. »
Le relieur a altéré Tordre des feuillets, ainsi le fol. 312
devrait être; placé entre le fol. 314, auquel il fait suite, et
le fol . 315 qu'il précède. Et le fol. 313 devrait être le fol. 312,
car il fait suite au fol. 311.
XXXVI
INNOCENT III
(Osuna: Plut. V. Lit. N, ny 2; Roeam. n° 134; Biblioth.Nat.
Madrid, Ii-1 27)
Innocent III, Libro de la Vileza de la humana condition.
En castillan.
Manuscrit de 35 feuillets, plus 1 blanc au commence-
ment et 8, dont 2 de vélin, à la fin. Vélin et papier, folioté
jusqu'au feuillet 14 seulement, nombre de lignes variable.
Écriture du commencement du XVe siècle ou peut-être de
l'extrême fin du siècle précédent. Rubrique et capitales.
Sont de vélin les feuillets 6, 7, 14, 15, 22, 23, 30, 31, 38, 39.
Format 286 x 217 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1. Rubrique: Aqui comtenca el libro de la Vi-
leza de la, humana eondicion compuesta del sefïor Lochario ,
leuita cardenal, que despues fue criado en santo padve lla-
mado Ynnoçençio terçio. El prologo eomiença en estaguisa:
« [A]l senor santo Padre Pedro, por la gracia de Dios
obispo del puerto, Lochario indigno, por la diuinal gracia
en présente . . . »
La table des chapitres occupe le verso du feuillet 1 et
cinq lignes du feuillet 2.
Fol. 3: Capiiulo primer o, de la muy misérable entrada
de la vil eondicion humanal. «[PJara que salli delà natura
de mi madré, para que viesse trabaio e dolor e los mis dias
fuessen consumidos en confïusion. »
Fol. 13. Fin de ce qu'on peut appeler la première partie
de ce traité : « E lampant es fecha en los pensamientos de
los ricos. »
200 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Espace blanc pour la rubrique qui devait intituler la se-
conde partie. Table des chapitres. Fol. 14. Rubrique: Ca-
pitulo primer o, del muy culpable fallimiento de los
hombres de la humanidat en susalida.
(( Très cosas son las quales suelen a los hombres aficionar
e son estas : riquezas, deleytes, honrras.»
Fol. 26. Fin de la deuxième partie. Au verso du même
feuillet commence la troisième. Table des matières.
Incipit : « Capitulo primero, de la misérable condicion de
la humanidat en la sallida de los dolores que los malos pas-
san en la muerte. »
Fol. 35 v°. Explicit : « De lo quai nos quiera Dios
guardar e guarde por la su santa presçiosa sangre. Amen. »
C'est la traduction du Liber Lotarii Lévite et Cardi-
nalis (plus tard Innocent III) de vilitate conditionis hu-
mane ou Liber miserie conditionis humane. Cette version
est l'œuvre d'un anonyme.
XXXVII
GUIBERT DE TOURNAI
(Osuna : Plut. II. Lit. N, n° 7 ; Rocam. n° 2; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-2)
1. Guibert de Tournai, De erudicione regum et princi-
pum. 2. Saint Thomas d'Aquin, De regimine principum.
3. Gilles de Rome, table des chapitres des trois livres
du De regimine principum, 4. Vincent de Beauvais,
Tractatus de morali principis institutione . 5. Vincent
de Beauvais, De puerorum nobilium eruditione. 6. Vin-
cent de Beauvais, De consolacione ou Epistola de morte
amici consolatoria. En latin.
Manuscrit de 150 feuillets,, plus 2 blancs au commence-
ment, vélin, réglé à 49 lignes. Écriture du commencement
du XIVe siècle, à deux colonnes. Capitales en couleur.
Tranches dorées avec ornements peints sur la tranche. Ce
manuscrit devait être le second volume d'un recueil de
traités relatifs à l'éducation des princes, puisque le fol . 1
porte le n° 132. Format 299x220 mm. Superbe reliure
mudejar. Au dos : Aegidio de Rorna, de Eruditione
regum.
I. Fol. 1 A. Rubrique : Incipit prologus generalis in
regulis regum. Libellus de erudicione regum et principum ;
continet très epistolas. In prima agit ur de reuerencia dei et
diligencia sui; in secunda de disciplina débita potestatum
et officialium ; in terrera de affectu et protectione subdi-
torum. Suit un prologue et la table des chapitres.
Fol.lv0 A. Incipit : «Ie epistole prologus et prime partis...
piementissimo domino suo L. dei gracia illustrissimo
202 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
régi Francorum frater G. de Torniaco] de regno momen-
tanée» migrare féliciter ad eternum... »
Fol. 13 A. Explicit : « qui uiuit et régnât in secula
seculorum amen. »
La deuxième épître est divisée en deux parties. La pre-
mière commence au feuillet 13.
Fol. 13 B. Incipit : « Postulastis clementissime domine
prelibatis. . . »
Fol. 20 v° B. Explicit : « nihil reputans alienum. »
La seconde partie de la deuxième épître commence au
feuillet 20 B. : « Tetigimus aliqua de potestatum et officia-
lium disciplina. . . »
Fol. 25 v° A. Explicit : « in secula seculorum amen. »
Troisième épître fol. 25 v° A. Incipit : « Quoniam aspi-
rante ...»
Fol. 28 B. Explicit : « Actum Parisius apud fratres mi-
nores, anno gracie millesimo ducentesimo quinquagesimo
nono mense octobri in die octabarum beati Francisci. Obse-
cro autem eos qui has très lecturi sunt epistolas siuelibrum
istum,ut superliniares titulos in principio libri apponant, ut
ea que continentur in eo et in consequentibus scribuntur
capitulis euidencius uideant et agnoscant. » Explicit liber.
II. Fol. 28B. Incipit prologus fratris Thome de Aquino
in tractatu suo de regimine, pro rege cipri inchoato, sed
nonperfecto morte preueniente .
Incipit : « Cogitanti michi quid offerrem régie celsitu-
dini ...»
Fol. 40 v° B. Explicit tractatus de regimen (sic) prin-
cipum fratris Thome de Acquino, ordinis predicatorum.
III. Fol. 41-44 col. A. Ces feuillets sont occupés par la
table des chapitres des trois livres du De regimine prin-
cipum de Gilles de Rome.
IV. Au feuillet 45, commence sans titre le Tractatus de
morali principis institutione, de Vincent de Beauvais : « In-
cipit prologus. Clarissimis ac religiosissimis in Christo
uiris e illustrissimis dominis, omnique honore ac reuerentia
dignis principibus, Ludouico, Dei gratia régi Francie, ac
Theobaldo, eiusdem fauente clemencia régi Nauarre et co-
miti Campanie, frater Vincencius Beluacensis, deordine pre-
dicatorum, salutem in omnium saluatore. Olim dum in
XXXVII. GUIBERT DE TOURNAI 203
monasterio Régal i s Montis ad exercendum lectoris officium
iuxta sublimitatis uestre. . . »
V. Fol. 65 A. Ici commence le De eruditione puerorum re-
yalium : « Serenissime ac reuerendissime domine sue, Franco-
rum Dei gracia [regine], Margarete, f rater Vincencius, de
ordine predicatorum, qualiscumque lector in monasterio
suo de Regali Monte, perpetuam in domino salutem etpa-
ratam in omnibus ad eius obsequia uoluntatem... »
Fol. 118 v° B. Explicit : « 0, inquit, sacre uirgines, horta-
mentis uos mutuis excitate e multis de uirtute documentis
ad gloriam prouocate, durate fortiter, pergite spiritualiter,
peruenite féliciter, tantum mementote nostri cum in nobis
incipiet uirginitas honorari.. . »
VI. Fol. 119. La même main qui a intitulé le traité précé-
dent intitule De consolacione celui qui commence ici :
«Prologus. Dilecto Deo et hominibus, illustrissime* domino
in Cristo sibi karissimo, diuina fauente clemencia Francorum
principi Lodouico, f rater Vincencius Beluacensis, de ordine
predicatorum salutem, et luctum presentis exilii consola-
cionem in regno celestis patrie sempiternam ...»
Ce prologue est suivi de la table et des xvi chapitres du
traité. Fol. 150 A. Explicit : « Consolamini intérim in
uerbis istis. Bene ac diu ualeat in uobis modestia régie
magestatis. Amen. »
Au v° du dernier feuillet, 8 vers latins sans intérêt.
Ce dernier traité dû, comme les précédents, à Vincent
de Beau vais, porte dans les mss. Latin 16390, fol. 15, et
Latin nouv. acq. 1469 de la Bibliothèque Nationale de Paris,
le titre suivant : Epistola de morte amici consolatoria, et
c'est sous ce même titre qu'il a été publié par Jean de Ham-
merbach à Baie en 1481, joint à d'autres ouvrages du même
auteur.
Amador de los Rios (Obras del Marqués, p. 634), parle
d'un manuscrit latin du De regimine principum de Gilles
de Rome, écrit sur vélin, à deux colonnes, qui comptait
130 feuillets et qui portait l'ancienne cote Osuna : Plut. II.
Lit. N, n° 6. Los Rios dit que ce manuscrit, aujourd'hui
perdu, avait été exécuté en Italie et qu'il était « exornado
con las armas y empresa del marqués». Il est évident qu'il
s'agit ici du premier volume du recueil que nous venons
204 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
de décrire. Le manuscrit perdu était du môme formai que
le Plut. U. Lit. N,n° 7, il contenait 130 feuillets, et te pre-
mier feuillet du n° 7 porte le n° 132. Ce manuscrit était-il
du XIVe siècle? Peut-être. Dans ce cas, les armes et L'em-
blème du marquis de Santillane auraient été ajoutés après
coup. Mais la regia magnificencia et las bellisimas orlas
qui, d'après Los Rios, décoraient ce manuscrit feraient plutôt
croire que le Plut. II. Lit. N, n° 6, était un manuscrit ita-
lien du XVe siècle. Quoi qu'il en soit, len° 6 et le n° 7 se
faisaient suite, ils avaient une même cote et appartenaient
à la même bibliothèque.
XXXVIII
SAINT RAYMOND DE PENNAFORT
(Rocam. n° 184; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-170)
Raymond de Penafoht, Sumrna Rayrnundi. En latin.
Manuscrit de 294 feuillets, plus 2 feuillets au commence-
ment et 1 à la fin qui sont d'un autre traité, vélin, réglé a
29 lignes. Écriture du XIIIe siècle, à deux colonnes. Ru-
briques, capitales en couleurs. Format 259 X202 mm. Reliure
de basane, tranches rouges. Au dos : Rayrnundi Suma.
Ce manuscrit contient la Somme de saint Raymond de
Penafort, encadrée de trois feuillets d'un ouvrage de
chirurgie.
Fol. 1. Avant-propos et table des chapitres. Rubrique:
Incipit summa magistri Ramundi. a Quoniam, ut ait
Jeronimus, secunda post naufragium tabula est culpam.. . »
Dans la marge d'en haut, une main de la fin du XIVe ou
du début du XVe siècle a mis cette note dont la fin a été
rognée à la reliure : « Jacobus glosauit sumam Rayrnundi,
ut referunt. »
Le foliotateur a fait une erreur d'un feuillet en numé-
rotant 194, 196 deux feuillets se faisant suite.
Fol. 295 v° A. Explicit : « set bennigno corrigat et
emendat. Deo gratias, » et au bas de la glose: Explicit de
matrimonio. Deo gratias. A la suite un arbre de parenté
canonique d'une autre main que le texte, et de lamêmemain
une table des chapitres, écrite en petits caractères, qui oc-
cupe encore tout le fol. 296 et s'arrête au chapitre intitulé:
De litigiosis (L religiosis) non ordinandis du deuxième
livre.
206 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTlLLANE
Les deux feuillets du commencement el celui de La fin élu
volume sont d'une écrituredu XIIIe siècle peut-être un peu
plus moderne que celle du texte de la Somme. Ils sent
écrits à deux colonnes. Ces trois feuillets sont du même
traité, mais le troisième ne fait pas directement suite aux
deux premiers. Le dernier contient des recettes : a De
elargitione uulneris, delepra, » etc. Au bas de La colonne A
du v° du dernier feuillet on lit L'explicit suivant : Expliciunt
notule supra cyrur<jiam magistri Rogerii. Deo gratias.
Dans la colonne B. Rubrique: « Incipit ars thaladie (sic), »
et au bas de la même colonne : a Explicit ors thaladie. n
Le traité de chirurgie dont nous venons de parler est peut-
être le commentaire de Roland de Parme à la chirurgie de
Roger. On sait en effet qu'une des additions de Roland aux
idées de Roger touche précisément la question de l'agran-
dissement des plaies: «De elargitione vulneris, » pour lequel
ce chirurgien professait une aversion singulière (Cf. Portai,
Histoire de VAnatomie et de la Chirurgie, t. I, p. 176).
XXXIX
LANFRANC
(Ostma. Plut, III. Lit. M, n°27; Rocam. n°142; Biblioth.
Nat. Madrid, Ii-155)
Lanfhancus ou Alanfrancus, Chirurgie pratique, traduite
parMAESTRE G. Salvâ. En valencien.
Manuscrit de 118 feuillets, papier. Écriture du XVe siècle.
Capitales grossières, titres en noir. Format 212X150 mm.
Reliure moderne.
Fol. 1. Ce feuillet est endommagé, il contient un court
prologue. Fol. 1 v° et fol. 2, tables. Fol. 2 v°, dédicace de
l'auteur à Yhonrat amich .
Fol. 1. Prologue du traducteur : « En nom de nostre se-
nyor Jesu Crist, beneyt lie ait lie glorios, e de santa
Maria, lie a honor de tota la santa corte celestial, yo
maestre G. Salva, bachiller licenciât de Monpeller en la art
de medicina, a instancia de dos [c]ars amiclis los quais ami
lloncli temps an pregat que yo, per amor dells, désigne una
obra en lart de çirurgia molt necessaria he vera(?) de lati en
romanç esplanar, per ço corn breument en la dita obra pie-
nariament son posades poques coses mas certes heprouades,
segons ques mostra al présent seguent; he yo volent satisfer
a la volentat de aquells, tôt treball récusât e postposat,
vull, per la lur cara amistat, complidament he vera la dita
hobra demostrar, he no menys mostrar algunes coses les
quais son per mi prouades, les quales yo he agudes de
maestres molt autentichs. He axi, appellada aiuda de Deu
sens lo quai nenguna obra no pot venir aperfectio, començare
la dita obra posant primerament les rubriques de cascun
208 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTlLLANË
capitol, iatsia que aço no sia eu [exemplair, fag eu per
ço quel legidor pus... trob lo capitol de la malaltia que
voldra. »
Fol. 64. La moitié de la page est restée en blanc; cet
espace devait être occupé par une planche. Au-dessus de
l'espace blanc, se trouve le titre suivant : Açi ha destar
lanothomia de vertes y arteries, lion senyaladament se
conega per figura de Ihom lur sagnia, lo desus capitol ho duc
com se ha a senyatar per dit de bon cïrurgici ho metge,
attisant lo pintor los llochs dicretament .
Fol.76.Explicit de l'ouvrage de Lanfranc: « Los profits que
de las sagnies se seguexen, con es axi feyta com fer se deu,
son aquests que son damunt escrits. Item nota que en tôt ço
que sie en lo libre que sie senyalat de vermello, lie que y lia
escrit adicçion, es fora del test he es glosa del dit maestre
G. Salva treslada he ajusta allô, no es de Alenfranch ans
son receptes de maestres moltautentichs. »
Finito libro sit laits [et] gloria Christo, amen.
Des recettes anciennes occupent les feuillets 76 à 118 v°.
Explicit : « e aço per XIIII clies seguents per cert la
dolor sera fora de continent. Deo gratias. Bap-coXofxevç. »
Ce Bartolomeus est sans doute un copiste.
Cette traduction du livre, si apprécié au moyen âge, de
Lanfranc, semble inconnue : aucune des bibliographies que
nous avons consultées ne la signale. Et sur le Dr G. Salvâ,
(( bachiller licenciât de Monpeller en la art de medicina »,
nous n'avons pu recueillir aucun renseignement. On sait
que la chirurgie de Lanfranc milanais fut imprimée, en
traduction française, à Vienne vers 1480 (Brunet, t. III,
col. 816-817), et qu'une version castillane du même ouvrage
parut, dès 1495, à Séville chez Meynardo Ungut et Stanislao
Polono (Cf. Brunet, loc.ict., et Morejon, Histor. bibliogr.
de la Medicina Espahola, t. I, p. 308). Ce dernier, en par-
lant de l'édition de Séville de 1495, dit: « y se imprimiô
en la ciudad de Sevilla por los très alemanes compaûeros. »
XL
GILLES DE ROME
Osuna : Plut. IL Lit. N, n° 10; Rocam. n° 3; Biblioth. Nat.
Madrid, Réserv. 5a-2)
Gilles de Rome, Liure dom gouuernament des roys et des
princes, traduit par Henri cle Gauchi. En français.
Manuscrit de 146 feuillets, plus 1 feuillet de garde, vélin,
non folioté, réglé à 37 lignes. Ecriture du XIVe siècle, à
deux colonnes. Titres en rouge, miniatures, lettres ornées,
lettrines, demi-encadrements au commencement des livres.
Format 287 X 215mm. Reliure moderne.
Fol. 1. L'A initial finement illuminé représente un roi
sur son trône recevant un livre des mains d'un moine.
Incipit : « A son especial seignour, nez de lignée roiale et
sainte, mon seignour Phelippe ainznez filz et hoir mon-
seignour Phelippe, très noble roy de France par la grâce
de Dieu, frère Gile de Rome son clerc, humble et deuot
frère de Tordre de Saint-Agustin salut. . . »
Fol. lv° A. Explicit du prologue : « si corne vostre glo-
rieuse noblece qui digne est de tote enneur et de tote re-
uerence ma requis . »
Fol. 1 v° B. Rubrique : Ci comencent les capitres en
ordre de la primiere partie don primerai m liure doit gou-
uernament des roys et des princes.
(( [L]e premier chapitre enseigne quele est la mainere de
parler en la science dou gouuernament des roys et des
princes. »
14
210 BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTÎLLANE
[ncipit : « Li phylosophes dit que la parole du sage liome
ii(3 doit estre ne plus longue ne plus brieue qe la chose
dont 1(mi parle len requiet» (sic).
Fol. 146. Explicit de la 3e partie du IIIe livre et fin de
tout l'ouvrage :
a est benoit en ciel et en terre a permis a ses loiaux
cristiens, a ses loiaus amis. »
Rubrique : Ci fine le Hure don gouuernement des rois et
des princes que frère Gile de Rome, de l'ordre Saint Agus-
tins a f et, leqel Hure mestrë Henri de Gauchi, par le coman-
dement le noble roy de France, a laide Dieu, a translaté
de latin en fr -anchois.
Livre I, fol. 1-50; liv. II, fol. 50 v°-93 A; liv. III, fol.
93 v°B-146.
Cette traduction de Henri de Gauchi est fort connue.
Le traducteur a dédié son livre à Philippe le Bel, du vivant
de Philippe le Hardi .
B
(Osuna : Plut. V. Lit. N, n" 40; Rocam. n° 1; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-1)
Gilles de Rome, Libro de los principes ou Regimiento de
los Principes, traduit en castillan par frère Iohan Garcia,
sur l'ordre de Barnabe, évêque d'Osma.
Manuscrit de 237 feuillets, papier, non folioté. Écriture
du XVe siècle. Ni rubriques, ni signatures, espaces blancs
pour capitales. Format 269 X 202 mm. Reliure de parchemin. v
Fol. 1. : [A]qui comiença el libro de los principes fecho
de don Fray Gil de Roma, de la orden de Santo Agostin.
E jizolo trasladar de latyn en romance Don Bernabe,
obispo de Osma, para hourra e enseflamiento del muy
noble infante don Pedro, fjo primero, heredero del muy
noble don Alfonso, Rey de Castilla e de Toledo e de Léon.
E, primero que otra cosa diga, esta es la carta que enbio
el dicho Ffray Gil al muy noble infante primogenito don
Phelipe, heredero del rey no de Francia, a cuyo ruego el
conpusoeste libro de los dicltos de los philosofos e princi-
pal mente de Aristotiles, laquai carta es esta,
XL. GILLES DE HOME 211
Les feuillets 1 et 2 sont occupés par la préface de Gilles de
Rome, par celle du traducteur et par la table des chapitres.
Fol. 2. Chapitre 1. lncipit : a Conuiene de saber que la
largùesa de los sermonesi . . »
Livre I, fol. 1-139; ïiv. II, fol. 139-237.
Le livre II est incomplet, le chapitre XXI et dernier de
la deuxième partie de ce livre n'est pas tout à fait fini.
La troisième partie du livre II et le livre III tout entier
manquent à ce manuscrit.
Fol. 237. Explicit : « peleas e barajas entre los ornes.
El tercero es que castiga la paz de los . . . »
Cette traduction est augmentée d'exemples et de cita-
tions. C'est une traduction très libre. Clemencin (Elogio,
p. 461) cite une édition de cette version qui aurait été im-
primée dès 1490, mais il ne donne ni description, ni détails.
L'édition de 1494 est mieux connue, elle fut imprimée à
Séville par Meynardo Ungut et son compagnon Stanislas
(N. Antonio, Bibliot. Vêtus, t. II, p. 179; Salvà, Catàlogo,
n°3986). La traduction catalane du De Regimine Princi-
pum conservée à TEscurial, dans un manuscrit écrit vers
1430 environ, est due à Arnau Stanyol, frère de Senta
Maria del Muni del Carme, qui la fit à la prière ciel molt
ait e magnifich Princep lo Senyor Infant En lac me,
comte d'Urgel e Vezcomte d'Ager (N. Antonio, Bibliot.
Vêtus, t. II, p. 223). Villanueva (Viage, t. XIX, p. 29
décrit un manuscrit sur papier de cette môme version daté
de 1433. C'est probablement ce texte qui a été imprimé à
Barcelone en 1480 et en 1498 (Méndez-Hidalgo, Tipografia
espahola, p. 48 et 57).
C
Gilles de Rome, table des 3 livres du De regimine
Principum.
Cf. notice XXXVII, ms. Ii-2.
Gilles de Rome, De regimine principum. En latin. Ma-
nuscrit perdu.
Cf. notice XXXVII. ms. Ii-2.
XLI
BERNARD GUI
(Rocam. n°125; Biblioth. Nai. Madrid, Iî- 93)
Bernard Gui, Œuvres. En latin.
Manuscrit de 250 feuillets, vélin, non folioté, réglé à
42 lignes par colonne. Daté de 1331. Rubriques. Miniatures
et lettres ornées. Format 321 X 226 mm. Reliure de par-
chemin.
Ce manuscrit est un recueil des écrits de Bernard Gui
disposés dans Tordre suivant :
I. Rubrique : Cathalogus Pontificum Romanorum, du
fol. 1 au fol. 118 v°B; le texte s'arrête à la nomination du
cardinal Talleyrand, évoque d'Auxerre, le 24 mai 1331 (Cf.
le mémoire de M. Delisle, dans les Notices et Extraits des
manuscrits, t. XXVII, part. II, p. 239). En marge de cet
ouvrage, et plus rarement en marge des autres traités, il y
a des notes chronologiques et quelquefois des corrections
écrites de la même main que le texte. Il y a aussi, mais
en marge du seul Cathalogus Pontificum, des notes d'un
Espagnol du XVIe siècle qui a récrit les noms et les passages
importants en regard du paragraphe qui les contient.
II. Fol. 120: Rubrique: Hic est cathalogus breuis, per
modu/n cronicorum, de Romanis Pontificibus, a beato Petro
usque ad, dominum Johannempapam XXI J, Pontificatus sut
anno XV0 decurrente (1331), du fol. 120 au fol. 147 A.
Cette partie porte un titre courant : Pontifices Romani.
Du fol. 136 au fol. 142 le copiste s'est trompé et a mis:
Imperatores Romani; le mot Imperatores a été biffé soi-
XLI. BERNARD GUI 213
gneusement. Le titre courant des feuillets 145 v°, 140 et
147 est : Confessio errorum antipapae.
III. Fol. 148. Rubrique : De Origine Prima Francorum,
et au verso du même feuillet : Arbor généalogie Regain
Francorum, du fol. 148 au fol. 215 A. Au fol. 163, le titre
est : De origine prima gentis jrancorum et eorum pro-
gressif C'est la cinquième édition de l'arbre généalogique,
qui doit avoir été exécutée au mois de mai 1331 (Cf. Delisle,,
/. c, p. 257, § 103). L'arbre généalogique des rois de
France est curieux à cause du caractère archaïque des por-
traits royaux. Tous les rois, reines et princes portent leur
nom rubrique au-dessus du médaillon qui retrace leurs traits.
Le feuillet 162 paraît dû à un autre artiste que les précédents,
les miniatures en sont moins fines. Le roi Philippe VI,
appelé ici Philippe VII, commence un nouvel arbre.
Dans la préface de l'arbre généalogique, fol. 148 A, on
lit que l'arbre va jusque: ad dominum Philippum hujus
nominis septimuin, les six dernières lettres du mot sep-
tinium ont été écrites sur le parchemin gratté, qui devait
porter sexttun. Les feuillets 216-220 sont blancs.
IV. Fol. 221. Rubrique: Imperatores Romani, jusqu'au
fol. 237 B. C'est l'édition de 1329. Voir le mémoire précité,
p. 243, § 82.
V. Fol. 239. Rubrique : Comités Tholosani, du fol. 239
au fol. 242 v°, B. Il y a des additions. Voir le mémoire
précité, p. 266-268.
VI. Fol. 243. Rubrique : De articulis Fidei Catholice,
du fol. 243 au fol. 250 v°. Voir le mémoire précité, p. 362
et 363. La fin de ce traité était sur le feuillet 251 qui est
perdu.
Le premier feuillet de ce manuscrit mérite une descrip-
tion détaillée. Il est écrit, comme le reste du volume, sur
deux colonnes. Dans la première colonne, nous trouvons la
dédicace du Cathalogus au pape Jean XXII. Cette dédicace
finit dans la colonne B; au-dessous: Incipit Prologus.
Bernard Gui se nomme clans la dédicace et dans le pro-
logue. Le texte commence par le mot sanctissimo, dont
la première lettre a dû être soigneusement miniaturée;
malheureusement l'argent des vêtements des personnages
214 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
s'est fortement oxydé. Cependant, on distingue encore sur
fond d'or un roi couronné, assis de profil sur un trône, un
religieux à genoux lui offre un livre, deux autres religieux
se tiennent debout derrière lui, l'un d'eux est vêtu d'un
froc blanc encore assez bien conservé. De l'S enluminé pari
un ornement qui encadre la page presque en entier. Autour
de la capitale et dans la barre d'où part l'encadrement, il y
a de petits lis blancs semés sur fond d'azur. En bas, deux
singes assis sur l'encadrement tiennent une chaîne qui va
de l'un à l'autre, traversant toute la page; au milieu de la
chaîne, on voit une sorte de petit arbre vert avec deux
feuilles. A une des extrémités de l'ornement, se trouve un
monstre ailé, une sorte de diable accroupi. Immédiatement
au-dessous de l'encadrement il y a trois lignes, écrites de
la même main que le texte. Elles contiennent la dédicace
de l'exemplaire au roi Philippe IV :
Régie magestati illustrissimi principis domini Philippin
gratia Del Francorum régis, saus fidelis f rater B., mi-
sevicovdie diuina episcopus Lodouensis, in prouincia Nar-
bonensi, presentem offert librum cronicorum Romanorum
pontificum et imper atoram ac regum Franco rum, anno
domini 1331 .
Ce manuscrit est assurément un exemplaire original que
l'auteur offrit en 1331 à Philippe de Valois. C'est en
quelque sorte comme l'édition définitive de Bernard Gui,
puisqu'il est mort le 30 décembre de cette même année.
XLII
NICOLAS DE LIRE
A
(Osuna: Plut. I. Lit. N, n°6; Rocam. n° 147; Biblioth. Nat.
Madrid, Kk-3)
Nicolas de Lire, Summa sobre cl viejo y nueuo Testa-
mento. En castillan.
Manuscrit de 282 feuillets, plus 12 feuillets d'introduction
et 5 blancs, dont 2 au commencement et 3 à la fin, papier.
Écriture de la première moitié du XVe siècle. Les
15 premiers feuillets n'étant pas foliotés, nous leur avons
donné des chiffres romains. Format 400 X 287mm. Reliure :
ais recouverts de cuir tympanisé. Sur le plat supérieur
une étiquette ancienne porte: Nicolao de Lira, sobre el
nueuo y viejo tesiamento.
Fol. I. Rubrique : Aqui comiença la suma sobre el viejo e
nueuo testamento, sacacla e copilada por el muy exsçèlente
fvay Niculao de Lira, maestro e docior en santa iheùlogia,
de la orden de Sant Francisco de los freyles menores. E
antes que vcnga este sobre dicho maestro a la esposiçion
o declaracion del testojase dos colaçiones que son por
modo o manera de rrecomendaçion del viejo e nueuo
testamento, e por consiguiente de toda la byblia ; la
primera declaracion e arenga es esta que se sigue e estas
colaçiones son diclias prolagos (sic) . E este es el primero
que se sigue.
Incipit: « Todas estas cosas... »
Fol. VI v°. Explicit : « e rreyna para sienpre amen, » et au-
dessous: Aqui se acaba el primero prologo e collaçion del
216 BIBLIOl HÈQ1 I. DU M UIQ1 IS DE S \\ l ILLANE
sobre dicho exçelente maestro Niculao de Lira, el </< al
prologo es de la rrecomendaçion de la santa escriptura en
gênerai. A la suite :
Aqui se comtença el segundo prologo el quai es de la
entençion del actor, que es el sobre dicho maestro Niculao
de Lira, Ict quai entençion del maestro suso dicho es
declarar en este prologo el modo o manera de procéder
en la son (a escritura.
Incipit: « Vi enla diestra del que... »
Fol. XII. E^plicit : « e ël testosegunt e] seso literal. m
Suit un avertissemenl où l'autorité de Sénèque esl
invoquée pour démontrer qu'il ne faut pas lire de l'œuvre
do Nicolas plus qu'on n'en peul comprendre, car c'< si
mépriser l'œuvre intellectuelle que d'en faire mauvais usage
et qu'il faut la lire peu a peu pour ne pas surcharger sa
mémoire, etc., etc.
Les feuillets XIII, XIV, XV sont blancs.
Fol. 1 (numération ancienne). Rubrique : Capitolo primero
cl quai fabla de los seys dias que el sehor Dios crio el
mundo, e las casas que fizo en los dichos seys dias. E
cotno fueron departidas c destintas cada unasobre sy.
Incipit: « In prinçipio crio ait Deus çelum et terra,
quiere dezir Moysen e dize en comienço con el seûor
Dios... ))
Le chapitre l et dernier finit au fol. 281 v°. Explicit :
« por el siglo de los siglos, por sienpre jamas amen. »
Suit l'explicit du traducteur :
(( [Ajqui se acaba la postilla e cleclaraçion sobre el
genesy fecha por frey Nicolao de Lira, maestro exçelente
en santa teologia, de la orden de los frayles menores, la
quai fue trasladada de latyn en rromançe, (a petiçion e
istança del muy notable noble senor don Alfonso de
Guzman, senor de Lepee Ayamonte, nieto del noble rrey don
Enrrique, que Dios de santo parayso1), e acobose (sic) de
escreuir viernes doze dias de jullio, ano del senor de
mil] e quatroçientos e veynte anos. E'yo frey Alfonso de
Algezira, maestro en santa teologia, dicte la dicha decla-
1. Les mots que nons avons placés entre parenthèses sont biffés dans
fe ms,
XLII. NICOLAS DE LIRE 217
raçion de latyn en rromançe, segunt lo pone Nicliolao de
Lira maestro sobre dicho, non desfalleçiendo en cosa
ningiina de toda su declaraçion, antes pnse mnclias
adiçiones para bien declarar su opinion ; e fue por mi
acabada de rromançar la dicha declaraçion el dia e ano sobre
dicho ; e pido por merçed a quai quier senor, principe, o
letrado que la dicha postilla o declaraçion leyere asy
trasladada de latyn en rromançe, que sy algunt defectu o
yerro fuere fallado en la dicha declaraçion, lo que el senor
Dios non quiera, que le plega de lo corregir beninamente, a
la quai correçion me plaze de estar, segunt fue protestado
en el prolago [sic) segundo deste libro. e do fallare decla-
raçion buena de la sauta escritura plegale por boudât de
dar loores al senor Dios, onde confieso, cou el apostol
sant Pablo, en el capitule terçero del segundo libro de las
epistolas que el enbiaua alos corintyos, que non somos bas-
tantes pensar nin dezir cosa ninguna de nosotros, mas
nuestra sufiçiençia e sabiduria <ks del seflor Dios el quai
bine e rreyna por sienprejamas amen. »
Fol. 283 blanc; Fol. 281 manque; Fol. 285 blanc. Sur ce
feuillet, dans le coin de droite en bas, ori lit cette note :
«en este libro estan escrites cintoe XL plyges e mas syete. »
Enfin sur le feuillet de garde il y a une note en latin qui
n'est qu'un exercice de plume.
B
(Osuna: Plut. I. Lit. N, n° 1; Roeam. n° 147: Biblioth. Nat.
Madrid, Kk-lj
Nicolas de Lire, Postilles sur le Lêmtique. En castillan.
Manuscrit de 99 feuillets, plus 2 de garde au commence-
ment et 2 à la fin, papier. Ecriture du XVe siècle. Espaces
blancs pour capitales. Format 416x291 mm. Reliure:
ais recouverts de cuir tympanisé.
Fol. 1. Rubrique: [Aq]ui comienca la postilla o decla-
raçion sobre el lenitico, la qualjizo e conposo el onrrado
maestro en santa Teologiafrey Nicolao de Lira,fraylede
la orden de los frayles menores de sant Francisco. E
218 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
comiença el primero capitulo del Leuitico asy : Leuitico.
Capitulo primero el quai tracta.
Incipit: « [L] lamo el seflor Dios a Muysen. Aqui deuedes
saber... »
Fol. 99 v°. Explicil : « E pareçe la letra. » Ce volume
compte xxvii c hapitres.
Suit l'explicit du traducteur:
a Aqui se acaba la postilla a declaraçion del libro de!
leuitico del rreuerendo e eçelente maestro en santa
teologia, frey Nicolao de Lira, frayle de la orden de san
Francisco, e Eue trasladada de latyn en rroma[n]çe, por
mandamiento de! înviy noble sefior don Alfonso de G14Z-
man, sefior de Lepe <k Ayamonte^ e nieto del noble rrey Don
Enrrique, que Dios de santo par[a]iso; e fue acabada de
ditar de latyn en rromançe por frey Alfonso de Algezira,
frayle de la orden de saut Francisco, e maestro en santa
teologia, martes diez e siete dias de dezienbre, aûo del
nasçimiento del nuestro saluador Jésus Cristo de mil! e
quatroçientos e veynte afios. >)
(Osuna: Plut. I. Lit. N,n°2; Rocam. n" 147: Bibliotli. Nat.
Madrid, Kk-5)
Nicolas de Lire, Postilles sur le livre des Nombres et sur
le Deutéronome . En castillan.
Manuscrit de 248 feuillets, plus 3 feuillets blancs à la
fin, papier, lignes irrégulières. Écriture de la première
moitié du XVe siècle. Rubriques, espaces blancs pour
capitales. Format 416 X 291 mm. Reliure : ais recouverts
de cuir tympanisé.
Fol. 1. Rubrique : [A]qui comiença la postilla o esposiçion
e declaraçion sobre el libro de los cuentos fecha por el
onrrado maestro en santa teologia frey Nicolao de Lira,
frayle de la orden de san Francisco. E syguese el primero
capitulo cl quai comiença en esta mènera :
[ncipit: « [F]ablo el sehor Dios a Muysen, de las cosas
antedichasen los libres an te dichos, parece que seguntque
es fecha., . »
XLII. NICOLAS DE LIRE 219
Les feuillets 7, 8, 9 sont détachés.
Fol. 118 v°. Explicit: « e juysios quanto a las cosas ju-
diçiales. »
a Aqui se acaba la postilla o declaraçion sobre el deute-
ronomio fecha por frey Nicolao de Lira, de la orden de
sant Francisco, doctor e maestro eçelente en santa teo-
logia, la quai mando ditar de latyn en rromançe el noble
senor don Alfonso de Guzman, senor de Lepe e Aya-
monte, nieto ciel muy noble rrey don Enrrique, que de
Dios santo parayso. E dicto este sobre dicho libro, con
todos los otros quatro libros de Muysen suso contenidos,
frey Alfonso de Algezira, maestro en santa teologia e
frayle de la orden de sant Francisco ; e acabose mier-
coles dos clias de jullio, ano del nasçimiento del nuestro
saluador Jésus Cristo de mill e quatrocientos e veynte e
un ailos. ))
« Por mandado del dicho senor clou Alfonso, yo Alfonso
Martines del Puerto lo escreui . »
Qui scripsit scribat semper cum domino muât. Por
mandado de mi senor don Alfonso de Giuman, senor de
Lepe e Ayamonte, yo Alonso Martines del Puerto escreui
este libro ; Dios sea en mi ayuda.
Fol. 120. Rubrique : [A] qui comiença el libro que es
dicho Deuteronomio e siyuese la postilla o declaraçion
sobre este libro del eçelente frey Nicolao de Lira, maestro
en santa, teolor/ia, frayle de la orden de sant Francisco,
seyant suso es dicho, la quai declaraçion comiença en la
mariera que se siyue.
Incipit : « [L]a declaraçion de las tus palauras alunbra e
da entendimiento a los pequehos, segunt que fue dicho en
el comienco del exodo .... »
Fol. 248 v°. Explicit : « por otro profeta como por Muy-
sen en el viejo testamento. »
(( [A]qui se acaba la postilla o declaraçion sobre el libro
de los numéros sacada por frey Nicolao de Lira, de la
orden de los frayles menores, eçelente doctor en santa teo-
logia, la quai dicto de latyn en rromançe el rreuerendo
maestro frey Alfonso de Algezira, maestro en santa teo-
logia, a mandamiento de Don Alfonso de Guzman,
nieto ciel noble rrey Don Enrrique, que de Dios santo pu-
220 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
rayso. E fue acabado s^bado veynte e nueue dias de março,
anode! seïior de mil] e quatroçientos e veynte eun attos. »
Por mandado del dicho senor Don Alfonso, i/o Alfonso
Mavtines del Puerto lo escriui; quiscvipsit scribat semper
cnin domino viuat, finito libro sit lau[s et gloria Christo
(Osuna: Plut. I. Lit. N, nr4; Rocam. n" 117; Biblioth. Nat.
Madrid, Kk-6)
Nicolas de Lire., Postilles sur Josué, les Juges, Ruth et
le premier livre des Rois. En castillan.
Manuscrit de 325 feuillets de papier, quelques irrégula-
rités de foliotation, l'oubli d'un feuillet entre le 59 et le 60,
la répétition du feuillet 85, entre le feuillet 296 et le feuillet
298 il ne manque rien. Écriture de la première moitié du
XVe siècle. Format 416 X 291 mm. Reliure : ;iis recouverts de
cuir tympanisé. A l'intérieur du plat supérieur de la reliure
se trouve une sorte de table du contenu de ce volume:
a Jusue.
Juezes ha las LXXXIII fojas.
Rrut ha las CLXVIII fojas.
Rreyes ha las CLXXXVIII fojas. »
Le volume est divisé en cahiers et les signatures vont de
1 à 12.
Fol. 1. Rubrique: Libro de Josue, capitulo primero el
quai tracta :
Incipit: « [A]qui comiença el libro de Josue, capitulo
primero : pornas dentro. . . »
Foh 82 y0 : (( E non es en ebrayco nin en los libres cor-
regidos. »
«Aqui se acaba la postilla o declaraçion sobre el libro
de Josue conpuesta del muy ecelente frey Nicolao de
Lira, maestro en santa teologia,. frayle de la orclen de sant
Francisco o de, les frayles menores, la declaraçion delà quai
de latyn en rromançe a petiçion e rruego del noble senor
don Alfonso de Guzman, senor de Lepe e Ayamonte, e
XLII. NICOLAS DE LIUE 221
nieto ciel muy noble rey don Enrrique, que Dios de santo
parayso, fizo e acabo frey Alfonso de Algezira, maestro en
santa teologia, frayle de la dicha orden de sant Francisco de
Seuilla. E acabose lunes veynte e cinco dias de agosto, ano
del naçimiento del nuestro saluador Jésus Cristo de mill e
quatroçientos e veynte e un anos. »
Por mandado del dicho sehor don Alfonso, yo Alfonso
Martines del Puerto lo escreui, a onov de Dios e de la
Virgen santa Maria.
Qui scripsit scribat semper cum domino viuat.
Ce feuillet 82 est détaché.
Fol. 83. Rubrique : [A]qui comiença el libro de los Juezes
e syguese el prirnero capitulo. Libro de los Jueses ca-
pitulo prirnero elqual tracta :
Incipit : « [S]uçito el senor los juezes. . . »
Fol. 166 v°. Explicit: « que non tomaron estas virgines
de vuestra voluntad. ))
« Aqui se acaba la postilla o deelaraçion sobre el libro de
los juezes del muy ecelente maestro en santa Teologia
freyNicolao de Lira, frayle delà orden de sant Francisco,
trasladada de latyn en rromançe a petiçion e manda-
miento del noble senor don Alfonso de Guzman, nieto del
noble rrey don Enrrique, que Dios de santo paraysoJ por
mi frey Alfonso de Algezira, frayle de la orden de san
Francisco de Seuilla, e maestro en santa teologia., el quai
libro se acabo de trasladar de latyn en rromançe viernes
très dias del mes de otubre e vegilia de nuestro padre
sant Francisco^, ano del senor de mill e quatroçientos e
veynte e un anos. »
Por mandado del dicho senor don Alfonso de Guzman,
[i/o] Alfonso Martines del Puerto lo escreui.
(( Vox audita périt, litera scripta manet, dize: la boz
oyda pereçe la letra escripta permaneçc. »
Fol. 168. Rubrique : [A]qui comiença la postilla o
deelaraçion sobre el libro de Rrutli del ecelente maestro
frey Nicolao de Lira, frayle de la orden de sant Francisco.
E comiença en esta manera.
Incipit : « [E]n los dias de un juez> aqui conseguien-
temente se pone. . . »
Fol. 181 v°. Explicit : « suso en el capitulo segundo. »
222 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANÊ
(( Aqui se acaba la postilla o declaraçion sobre e] libro
de Iviiilh de! muv eçelente maestro en teologia, frey \'i-
colao de Lira, actada por mi, frey Alfonso de Algezira,
maestro en santa theplogia, frayle de la orden de sant
Francisco de Seuilla. E aeabose jueues nueue dias de otubre,
afio (Ici sefior de mil! e quatroçientos e veynte <i an afios. »
Por manda do del noble se&or don Alfonso, [yo Alfonso
Martines del Puerto lo escreui.
Fol. 188. Rubrique : [A]qui comiença lapostilla o decla-
raçion del eçelente maestro en sauta theologiafi^ey Nicolao
de Lira, sobre todos /os quatro libros de los rrey es... Libro
de los reyes, capitulo primero el quai tracta:
Inçipit : « [P]or mi rreynan los reyes, este dezir se
nota...))
Fol. 324. Explicit : « Por la muerte de Saul e de sus
fijos. ))
a Aqui se acaba la postilla o declaraçion sobre el primero
libro de los rreyes, declarada a petiçion del noble sefior
Don Alfonso de Guzraan, segunt suso dicho es, de latyn
en rromançe por el rreuerendo maestro Alfonso de Alge-
zira, maestro en santa teologia, frayle del monesterio de
sant Francisco de Seuilla. E aeabose martes veynte e
très dias de dezienbre, afio del sefior de mill e quatro-
çientos e veynte e un afios... »
Yo Alfonso Martines del Puerto lo escreuy.
E
(Osunaî Plut. I. Lit. N. n° 3: Rocam. n° 147: Biblioth. Nat.
Madrid, KK-7)
Nicolas de Lire, Pastilles sur les livres II, III. et IV des
Rois. En castillan.
Manuscrit de 282 feuillets, plus 2 de garde au commen-
cement et 3 à la fin, papier, nombre irrégulier de lignes.
Ecriture du XVe siècle, sans titres en rouge, ni capitales.
Format 416X29L mm. Reliure : ais recouverts de cuir
tympanisé.
Fol. 1. Rubrique: [A]qui se comiença la declaraçion
o postilla sobre el segundo libro de los rreyesi Jecha por
XLII. NICOLAS DE LIRE 223
el eçelente frey Nicolao de Lira, maestro en sauta teologia,
frayle de la orden de sant Francisco. E el capitula primer o
es este cjue se sir/ue.
Incipit : « [Ojtrosy fecho es...»
Fol. 96 v°. Explicit : « E en el segundo libro de parali-
pomenon capitulo très.))
Fol. 97: « Aqui se acaba la postilla o declaraçion sobre
el segundo libro de los rreyes, fecha por frey Nicolao de
Lira, frayle de la orden de sant Francisco, muy eçelente
maestro en santa teologia, sacada de latyn en rromançe por
mandado del dicho senor don Alfonso por frey Alfonso
de Algesira, maestro en la sobre dicha facultad o tlieo-
logia. E acabose miercoles diez e ocho dias de ffebrero,
ano del naçimiento del nuestro saluador Jésus Cristo de
mill e quatroçientos e veynte e dos aiïos. ))
Yo Alfonso Martines del Puerto lo escreuy .
Les feuillets 97 v°, 98, 99, 100, 101 sont blancs.
Fol. 102. Rubrique : « [A]qui comiença la postilla o
declaraçion sobre el quarto libro de los rreyes, fecha por
el eçelente maestro en santa theologia frey Nicholao de
Lira. E siguese el primero capitulo.
Incipit : « [E] trespaso o quebranto moab en isrrael,
despues que es fecha mençion .. . »
Fol. 171. Explicit: « en el siglo de los siglos amen en-
tiendese verdaderamente. »
« Aqui se acaba la postilla sobre los libros de los rreyes,
fecha e copiada por frey Nicolao de Lira, frayre de la or-
den de sant Francisco, e maestro rreuerendo en santa
teologia. E fue sacada de latin en rromançe por frey
Alfonso de Algezira, maestro en santa teologia, por man-
dado de] senor don Alfonso de Guzman, senor de Lepe e
Ayamonte, e nieto del noble rrey don Enrrique, que de
Dios santo Parayso ; e acabose viernes quatro dias de
agosto, ano del senor de mill e quatroçientos e veynte e
dos anos. »
Qui scripsit scribat senper cum domino biuat.
Por mandado de mi seftor don Alfonso, yo Alfonso Mar-
tines del Puerto lo escreui.
Les feuillets 171 v°, 172, 173, 174, 175, sont blancs.
Fol. 176. Rubrique: Aqui comiença la postilla o déclara-
224 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILL
çion sobre el tercero libro de los rreyes,Jecha por el eçelente
maestro en leologia fray Nicolao de Lira, fraylê de la
orden de sant Francisco. E syguese el primero capïtulo.
Incipit : « [E]lrrey Dauid enuejeçiera o auia enuejeçido,
en los libros précédentes o que son antes...»
Fol. 281 v°. Explicit : « sean sueltas por las rreglas
suso dadas.))
Fol. 282: a Aqui se acaba la declaraçion del tercero libro de
los rreyes fecha por el eçelente maestro en santa theologia
frey Nicolao de Lira, frayle de la orden de sant Francisco
scripta de latyn en rromançe por mandado de! seflor don
Alfonso de Guzman, nieto del noble rrey don Enrrique,
senor de Lepe e Ayamonte, e otrosy declarada por frey
Alfonso de Algezira, maestro en santa theologia, frayle de
ladicha orden de sant Francisco. E acabose jueues veynte
e ocho dias del mes de mayo, afio del sefior Jésus Cristo de
mill e quatroçientos e veynte e dos anos. »
Por mandado del dicho sefior (Ion Alfonso, [yo] Alfonso
Martines del Puerto lo escreuî.
Qui scripsit scribat sénper cum domino muât.
(Osuna : Plut. I. Lit. N, n° 5 ; Rocam. n° 147 ; Biblioth. Nat.
Madrid, KK-8)
Nicolas de Lire, Postilles sur les Psaumes de David.
En castillan.
Manuscrit de 330 feuillets, plus 2 de garde au commen-
cement et 2 à la fin, papier. Foliotation ancienne avec
quelques erreurs : entre les feuillets 85 et 86 il y a 1 feuillet
blanc, et aussi entre les feuillets 114 et 115 ; 2 feuillets
portent le n° 176 et 2 autres le n° 246, il y aussi 2 feuillets
256, et entre les feuillets 320 et 321 un feuillet n'est pas
numéroté. Signatures de 1-12, avec beaucoup d'irrégu-
larités. Écriture du XVe siècle. Format 416x291 mm.
Reliure: ais recouverts de cuir tympanisé.
Au verso du second feuillet de garde se trouve la table :
« a las nueue fojas fallaras la primera maytinada.
a las ochenta e dos la segunda maytinada.
XLII. NICOLAS DE LIRE 225
» a las çiento e veynte e una fojas fallaras la terçera may-
tinacla.
)) a las çiento e sesenta e dos fallaras la quarta may-
tinada.
» a las çiento e nouenta e ocho fallaras la quinta may-
tinada.
» a las dosientas e quarenta e seys fojas fallaras la seys-
ma maytinada.
)) a las dosientas e nouenta e una fojas fallaras la setima
maytinada. »
Fol. 1. Rubrique: [A]qui comiença la declaraçion del
exçelente maestro en teologia frey Nicholao de Lira, de
la Orden de sant Francisco, sobre elsalterio. E siguese la
colaçion que es die ha rrecomendacion del noble rrey
Dauid e projeta.
Incipit : « [P\rofeta grande se leuanto ennosotros, notase
este désir por sant Lucas, capitulo siete, dado que el
libre... »
Fol. 330 \°. Explicit: « een la otra vida por la su gloria
amen.»
Suit l'habituelle rubrique :
(( Aqui por la gracia de Dios se acaba la declaraçion literal
del salterio del muy exçelente maestro, frey Nicolao de
Lira, frayre de la orden de sant Francisco, la quai declara-
çion fue fecha al mandamiento e instançia del noble senor
don Alfonso de Guzman, nieto del noble rrey don En-
rique e fijo del senor don Juan Alfonso de Guzman, conde
de Niebla, e fue declarado e tornado de latyn en rromançe
por frey Alfonso de Algezira, maestro en santa theologia,
frayre de la orden de sant Francisco de Seuilla, e acabose
miercoles diez e siete dias de dezienbre, ano del nasçi-
miento del nuestro saluador Jésus Cristo de mill e qua-
troçientos e veynte e siete ailos . »
Gratias tibi . .. etc.
Alfonso Martines del Puerto lo escreui. Dios sea loado.
15
XLIII
BARTIIOLE
(Iiocam. n° 24; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-136)
1. Bartolus, De insigniis et armis. 2. Juan Rodrigues
Del Padron, La cadira de honor. 3. Juan Rodrigues del
Padron, Une lettre. 4. Traité des conditions requises
pour être bon héraut d'armes. 5. Récit, à titre d'exemple,
de la cérémonie dans laquelle le roi Jean II éleva Inigo
Lopez de Mendoza à la dignité de marquis de Santi/lane.
6. Diego de Valera, Tratado de las armas ou Tratado
de los rieptos e desafios. 7. De los ynfamados, titulo VI.
8. Ley fecha en las cortes de Toledo, aho de 1480, sobre
los cartel es. 9. Diego de Valera, Cérémonial de principes
(presque complet). 10. Extraits de l'Arbre des batailles
d'Honoré Bonnet. 11. Fragment relatif à la violation des
trêves, etc. 12. Syguese la ordenacion de batallas que se
fazen en campo cerrado, segund la obseruancia del reyno
de Aragon. 13. Alfonso el Sabio, Especulo (libro tercero).
14. Lucena, Tratado de los gualardones. 15. Dix maximes
morales. 16. De la belleza o hermosura que debe aber el
caballo. En castillan.
Manuscrit de 219 feuillets, papier, nombre variable de
lignes. Écritures diverses du XVe siècle. Format (maximum)
215 X 150 mm. Reliure moderne imitant la reliure d'Iûigo
Lopez de Mendoza qui porte un heaume en relief sur les
plats.
I. Fol. 1. Préface du traducteur castillan du traité de
Barthole.
XLIII. BARTHOLE 227
Incipit : « Seûor este otro clia cleleytandose vuestra mer-
eecl en aquello que a todo virtuoso. . . »
Explicit : « Por ende humillmente suplico lo resçiba. Et
mantenga Dios a vuestra sefioria. »
Fol. 1 v° : Aqui comiença el tratado de Barthulo sobre
las insignias e escudos dé armas.
Fol. 17. Explicit : « en la materia de las armas pueden. »
— a De vuestra merced humill seruidor Ludouicus Bacba-
lareus. »
Les feuillets 17 v°, 18, 19, sont blancs.
II. Fol. 20: Comiença la cadira de honor ordenada por
Juan Rodrigues del Padron, criado del cardenal de san
Pedro, don Juan de Cervantes, fecha a ruego de algunos
senores mancebos de la corte del rey don Juan elsegundo.
Incipit: « [J] uuentud, de buenos deseos, benigna e ami-
gable ...»
Fol. 47. Explicit : « trayan los vençedores en la su gloria
amen. »
III. Même feuillet : Siguese una caria de Juan Rodri-
guez, no se sabe para quien la aya escripto, que paresçe
auerla hecho cuando se partio à ser frayle en el santo
Sepulcro de Jerusalen, yendo desnaturado del Reyno.
Incipit : « | Estudiosa ocupacion mia ! Venida es al
puerto, con dulçe afan por ty.. . »
Fol. 48. Explicit : a no seyendo de los resçebidos bienes
desagradesçida. »
IV. Fol. 50 .* Estas son las condy clones que lia de auer
qualquier haraute que bueno ha de ser o parseuante para
ser digno de auer tan noble oficio d armas.
« Primeramente a de ser bijodalgo que en otra manera no
es dino de tal oficio » .
Fol. 52 v°. Explicit : « De santa marya e de los santos
principales. »
V. Fol. 53 : Lo que se deue dezir quando el Rey hase
al g and grande de su reyno duque, marques, o coude, y asy
lo dixo cl Relator quando el Rey don Juan el segundojizo
marques de Santillana a Ynygo Lopez de Mendosa por
las palabras siguientes, anode 1445 aîïos*
228 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
[ncipit : « Sefior Varon, e] Rey auestro seûor... n
Fol.53v°. Explicit: « que repartiesen entre sy. . .»
VI. Fol. 54 : Introduçion al muy alto scélente <• muy
virtuo&o principe don Alfonso quinto deste nonbre, Rey de
Portugal e del Algarue, sefior de Çeuta, en el tractado
de las armas conpuesto por Mosen Diego de Volera.
Incipit: « Si aquel dichode Socrates, principe muy exce-
lente, deuemos créer que dize. . . »
Fol. 86. Explicit : « al mi poco saber y no a voluntad de
errar. » C'est le Tratado de las armas de Diego de Valera.
On distingue nettement deux écritures dans ce manuscril ;
la première finit au fol. 73 v°; la seconde commence au
recto suivant .
Les feuillets 86 v°, 87 et 88 sont blancs.
VIL Fol. 89 : Aqui se pone el titulo de los ynfamados,
titiilo VI.
Incipit: « Ynfamaclos ssonalgunos onbresporotros yerros
que fazen que non son tan grandes como los de las tray-
çiones e de los aleues ...»
Fol. 91. Explicit : « que era verdad lo que auia dicho,
prouandolo no aura pena . »
VIII. Fol. 92 : ((Ley fecha en las cor tes de Toledo el ano
de M.CCCCLXXX, sobre los carteles. »
Fol. 92 v°. Explicit : « se reportanenlaformasusodicha. »
IX. Fol. 93. Le Cérémonial de principes de Diego de
Valera commence dans ce manuscrit par la fin de la courte
préface de ce traité : « ... cosas muy antiguas, deuemos
estar, segund lo nota el muy Reuerendo doctor Don Alonso,
obispo de Burgos, en el tractado de las sesiones. . . »
Fol. 102. Explicit : « vuestro manclado complir, como
las esteriores lo son quando esperimentar lo querreys. »
X. Fol. 103 : Comienca lo que sse pone en el libro lla-
mado el arbol de las batallas, ssobre los rieptos e requestas
ssegunt las ley es comunes, ordenado e copilado por un gran
doctor yn utroque llamado por nombre Honorât Boner.
Ce sont des extraits de la traduction d'Anton Çorita.
Incipit : a Si es possible cosa este mundo contar syn
contiendas, quistiones. . * »
XLIII. BARTHOLE 229
Fol . 122 v°. Explicit « : e asi por esta razon se visten dello
los religiosos que non an cura de vana gloria. »
Les feuillets 123, 124, 125, sont blancs.
XL Fol. 126. Incipit: «... desuseûor. Osydara treguas
a alguno e dentro de aquellas treguas lo matara ...»
Fol. 136 v°. Explicit : « ... e las dichas cosas contenidas
en todos los diclios capitulos . . . »
Le feuillet 137 est blanc.
XII. Fol. 138 : Syguese la ordenacion de batallas que se
fazen en campo cerrado, segund la obseruançia del reyno
de Aragon. Incipit : « Nos don Pedro, por la gracia de Dyos,
rey de Aragon e de Valençia ...)).
Fol. 138 v°. Explicit : « matara a su senor o yazera
con la muger. »
XIII. Fol. 139 : Comiença la tabla de los titulos e leyes que
estan en este quaderno, sacadas del libro quejîzo el rey don
Alfonso deçt'mo deste nombre, que fabla de como an de venir
a las hue s tes.
Fol. 142 v° : (( Acabanse los tytulos e leyes de las huestes
e de las caualgadas e partyciones. »
Les feuillets 143 et 144 sont blancs.
Fol. 145 : Comiença el libro terçero del libro llamado
especulo. « Titulo primero de los que Uamael rey. »
Fol. 196 v°. Explicit: « alli truxere o sea ecliado de la
caualgada. Aqui sse acaba el libro tercero del libro llamado
especulo. »
Le feuillet 197 est blanc.
XIV Fol. 198: Comiença un tractado que el protonotario
de Luçenacopilo de los gualardones que antiguamente sse
dauan a los caualleros que auian seruido en las gueras, e
del ojïçio de los harautes haze primero un razonamiento o
exortaçion para la guerra.
Incipit : « A todos los militares nobles varones, el proto-
notario de Luçena. )) Cette préface finit au feuillet 199, et au
verso du même feuillet le traité commence : « Comiença
lo que dyze el protonotario de Luçena de las antiguedades
de los gualardones que dauan a los caualleros quando lie-
gauan a la vejez, e déclara en comienço el nonbre de harautes
e de do ouieron comienço. )>
230 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Fol. 204. Explicit : « yassy, unos usurpandoel ofiçio de
otros, ny ay caualleros nv oficiales de armas quales con-
uiene. »
XV. Fol. 205 v°: « Yo sienpre tome para my este consejo »
et au-dessous se trouvent dix maximes morales en castillan.
Les feuillets 206 à 218. sont blancs.
XVI. Fol. 219: Capitula que trata de la bélleza o her-
mosura que debe aber el caballo,
Le fol. 220 v° est blanc, mais au recto suivant, le même
texte continue par une énumération des maladies des che-
vaux, et il s'arrête au verso du feuillet 221, où finit le ma-
nuscrit.
Les traités contenus dans ce volume ont tous été écrits au
XVe siècle, le premier dans le second quart de ce siècle, les
autres plus tard. Plusieurs de ces opuscules, qu'une ana-
logie de sujet a fait réunir en un même volume, ont été
publiés.
La Cadira de lionor et la lettre de Juan Rodrigue/ de la
Câmara ou del Padrôn ont été publiées par Don Antonio
Paz y Mélia,, dans son édition des œuvres de cet auteur,
Madrid, 1884. (Sociedad de bibliôjilos esparïoles, t. XXIII).
Le Tratado de las armas et le Cerimonial de principes
se trouvent dans le volume des lettres et traités de Diego
de Valera, publiés par Don José Antonio de Balenchana,
Madrid, 1878. [Sociedad de bibliofilos, t. XVI).
Le Spéculum du roi Alphonse le Savant a été publié par
les soins de YAcademia de la Historia dans ses Opûsculos
légales del Rey Don Alfonso el Sabio, t. I, Madrid,
1836.
Ce recueil est factice : il est fait de pièces et de morceaux,
et il est évident qu'il n'a pas pu figurer, ainsi constitué, sur
les rayons de la première bibliothèque de Guadalajara;
d'ailleurs, il contient une pièce datée de 1480, ce qui suffit
à prouver que, tel qu'il est, le manuscrit Ii-136 n'a pas
appartenu au marquis de Santillane. Mais nous croyons
qu'il a possédé quelques-uns des traités qui composent ce
volume, et en particulier le récit de son élévation au mar-
quisat et la traduction du De Insujnih et Armis de Bar-
thole; c'est pourquoi nous copions ici la préface du traduc-
XLIII. BARTHOLE 231
teur de ce traité, en raccompagnant de quelques commen-
taires .
Préface du traducteur du a De insigniis et armis »
Seîior,
Este otro dia deleytandose vuestra merceden aquello que a todo
virtuoso conuiene, es a saber fazer libros et los leer seyendo de
çiençia o arte buena et aprovada, por que por lo tal los non sabios
se fazen çientes et los çientes se fazen mas doctos et auisados, et
la çiençia por la semejante continuaçion floresçe, et interçisa non
continuada peresçe, commo dize el sabio. Et teniendo vuestra
Senoria en las manos un libro, parte de la biulia, vi, en la primera
plana de aquel, pintadas sus armas de vuestra merced, las quales
eran et son una jarra blanca en campo azul de la boca de la quai
sallian flores et frondas, propriamente diuisa de vuestra senoria,
de quien primero origen et prinçipio ouo. Et [eon]aquella vista oue
memoria de un tratado que el muy excelente dottor Bartolo en
latin conpuso sobre las deuisas et armas. Et porque a los seruidores
conuiene que sus pensamientos todo[s] sienpre sean cleynquerir en
que conplazer podrian a sus senores, et por tanto yo, commo
pequeno seruidor de vuestra merçed, acorde et pense de declarar
el dicho tractado et Jo tornar et mudar de la lengua latina en el
nuestro vulgar para seruiçio de la vuestra merçed. Et esto por
vuestra merced non se auer dado a la lengua latina con ocupaçion
de otros arduos negoçios que, clesde su tierna edat, syempre touo.
La fin del quai dicho tractado es para que vuestra merçed sepa
quien puede traer armas et si sea permiso a cada uno de las traer
et, en el caso que sea permiso, commo se traeran o pintaran en los
pendones et senas et en las ropas et commo en las camas et escudos
et commo en las paredes de las casas et teclios délias et otras ques-
tiones ynerentes et mergentes de aquesta, lo quai, non syn causa,
vos perteneçe saber, pues que entiende vuestra merced en el
estado militar et pues que en el edifîcar de casas et ediflcios en
este reyno le hizo Dios segundo Ercoles. Por ende humillmente
suplico lo resçiba. Et mantenga Dios a vuestra senoria.
Voici maintenant les raisons que nous avons de croire
que cette traduction a été faite par Ludovicus Bachalareus
pour le marquis de Santillane et que la préface que Ton
vient de lire s'adresse à lui. D'abord le traducteur montre
clairement qu'il écrit à un grand seigneur érudit et
232 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE BANTILLA
auteur lui-même, que les occupations qui l'accablèrent
dès l'enfance empêchèrent d'apprendre le latin, el que pour
cette raison il songea à traduire ce traité à son intention.
Ensuite le traducteur explique qui! pense que ce traité
pourra avoir un particulier [ptérél pour le personnage auquel
il l'offre, puisque celui-ci est chevalier el voué au métier
militaire. 11 dit encore que ce traité le renseignera sur la
manière de placer ses armes sur les édifices qu'il fait
construire. Il s'agil donc évidemment d'un homme fort im-
portant et tous ces traits, à l'exception peut-être du dernier,
s'appliquent à merveille au marquis <\r Santillane.
Reste à traiter un point capital. Le traducteur raconte
qu'il vit entre les mains de son seigneur un livre, sur le
premier feuillet duquel il distingua ses armes : unajarra
blanca en campo azul de la boca de la quai sallian flores
e frondas ,propriamente diuisa de vuestra seftoria, de quien
primero origen e prinçipio ouo.
Les armes ici décrites sont les armes de la Vierge ; or, on
connaît la dévotion spéciale que le Marquis professa pour
la Vierge sa vie durant. C'est lui en effet qui, le premier,
mêla aux armes des Mendoza celles de Vega avec la devise :
Ave Maria gracia plena; de plus on se souviendra de
l'explication qu'il adonnée sur son lit de mort de sa devise:
Dios e Vos, qui signifie Dieu et la Vierge, comme nous le ra-
conte Pedro Diaz de Toledo dans son Raçonamiento sobre
la muerte del Marqués. Voici qui déjà pourrait expliquer
la présence du vase blanc aux lis en fleur sur fond d'azur,
sur un livre ayant appartenu à Don Inigo Lopez de Men-
doza. Nous savons que quelquefois les grands seigneurs
usaient comme armes des insignes d'un ordre dont ils
étaient revêtus. Et justement au XVe siècle, Fernando de
Antequera, roi d'Aragon, restaura la Orden de la Jarra de
Nuestra Seiïora, autrefois fondée par le roi de Navarre Don
Garcia VI. Les insignes de cet ordre consistaient en un
collier de fleurs de lis émaillées auquel pendait la jarra de
azueenas.
Fernando de Antequera fut couronné roi d'Aragon en
1414 ; or, nous apprenons par la Chronique du roi Don Juan II,
que Don Iùigo Lopez de Mendoza, seigneur de Hita et Bui-
trago, assistait à cette fête en sa qualité de grand seigneur
XLIII. BARTHOLE 233
castillan. Et Gerônimo Zurita (Anales de la Corona de
Aragon, lib. XII, année 1414) rappelle, à propos de l'en-
trevue du Pape et du Roi, qui tétèrent solennellement
ensemble l'Assomption de la Vierge, que celui-ci avait fondé
un Ordre spécial pour témoigner de sa particulière dévotion
à la Sainte Vierge : « Celebrose por el Papa y porelRey la
fiesta de la Assumpcion de nuestra Senora, con mucha sole-
nidad, por cuya devocion el Rey avia instituydo la orden
de su devisa de la Estola blanca y collar de los Lyrios
de Nuestra Senora con un grypho colgado del collar)). Il est
évident que les insignes de cet Ordre auront été donnés
aussi au seigneur de Hita et Buitrago, qui jouissait partout
d'une grande considération et qui assista au couronnement
du roi Don Fernando.
' Le manuscrit T. 130 de l'ancien fonds de la Biblioth.
Nat. de Madrid contient le texte latin du De insigniis et
armis per dominum Bartulum compositus, et au fol. 6 la
traduction castillane du même traité, mais le nom de Lu-
dovicus Bachalareus et la préface manquent, et cette ver-
sion n'est pas identique à celle du manuscrit qui nous
occupe.
Élévation de Don Ihigo Lopez de Mendoza au marquisat.
Lo que se deue decir quando el rey hace algund grande de su
reyno duque, marques, o conde, y asy lo dixo el relator quando el
rey don Juan el segundo fizo marques de Santillana a Ynygo Lopez
de Mendosa por las palabras siguientes, ano de MCCCCXLV
anos.
Senor varon, el rey don Juan, nuestro seiior, rey de Castilla y
de Léon, que Dios mantenga, que présente esta, commo sea cosa
muy propia a los reyes y principes de hacer grandes mercedes
a sus vasallos y subditos naturales y a los nobles de sus reynos,
mayormente a los que bien, leal y fielmente lo syruen, y lo bien
meresçen, commo vos lo meresceys ; y asy mesmo acatando a los
muchos buenos, leales, y seiïalados seruyçios que aquellos nobles
donde vos venis han hecho y hisieron a la real casa y corona de
Castilla, asy mesmo a los seruiçios que vos con muy grand lealtad
le aveys hecho y fasedes de cada dia, su alteza espéra que vos con
los de vuestro linaje lo haredes y haran de bien en mejor de aqui
adelante,y porque sea enxenplo y doctrina para los que lo vyeren y
234 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
oyeren, porque l<i ayan mas voluntad de seruir, a su alteza le plase
y quiere de vos yllustrar, j decorar, y sublymar, porque vos y
vuestra casa y linaje seays mas onrrados; y es su voluntad, y le
plase y quiere, de vos baser marques de Santillana y coud*' del
. Real de Mançanares, y vos da las dichas dignidades, tanto quanto
puede y debe, para que husedes y gosrd<^ délias, en seûal de las
quales sa Real Senoria vos da esta mandera de la- armas y ynsy-
nias que trayan aquellos senores donde vos venis, para que con
ella le syruays, vos y los que de vos vinieren, segund que su
altesa de vuestra grand lealtad y prudencia confia.
A toclo esto el marques estuuo delante del rey de rodillas. Res
pondio lo quese sigue; besando las manos a su altesa tomo la mano
derecha al Rey y pusola sobre sucabeça eu senal de sojubçion, y
dixo que ténia a su altesa en mucha merced el grande honor y
benefiçios que oy dia el y los desçendientes del de su al te/a
resçibian, y confiaua en nuestro senor que el y ellos gelos meres-
eerian en seruiçios y cargo. Tomo la vandera de la mano del Rey
y diolaa Gonçalo Ruis de la Vega, su hermano, el quai la tomo y
touo desplegada an te el Rey, hasta tanto que los Reyes d'armas
ouieron hecho y dicho su abto, y despues el dicho Gonçalo Ruis
la dio al haraute del marques .
Y luego los Reyes d'armas dixeron a grandes boses lo que se
sigue : Noblesa, noblesa, noblesa, y honor, y mas estado que el
muy podereso y muy exçelente principe el Rey don Juan, nuestro
senor, yllustra y hace marques de Santillana y conde del Real de
Mançanares al muy noble varon don Yîïigo Lopes de Mendoça,
senor de la casa de la Vega, y de H i ta, y de Buytrago, noblesa, no-
blesa. Luego tocaron las tronpetas del Rey y de los otros grandes
senores que ende estauan, y luego el marques enbio todo lo que
traya vestido a Toledo Rey d'armas, y trecientas doblas a los ofi-
ciales d'armas y tronpetas, que repartiesen entre sy.
XLIV
BIBLE
A
(Rocam. n° 28; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-18)
Bible. En latin.
Manuscrit de 428 feuillets, vélin, non folioté, écrit, presque
partout, à 51 lignes. Écriture du XIVe siècle à deux co-
lonnes, demi-encadrements, lettres ornées, grandes capi-
tales miniaturées représentant une scène du livre qu'elles
intitulent. Manuscrit rubrique ; en marge quelques rares
corrections proprement exécutées. Titres courants. Les
20 derniers feuillets portent des traces de mouillures. Format
332x215 mm. Reliure moderne.
Ce manuscrit contient l'Ancien et le Nouveau Testament.
Fol. 1. demi-encadrement, orné d'une miniature repré-
sentant saint Jérôme.
Incipit epistola Sancti Jeronimi presbiteri ad Paùlinum
de omnibus diuine hystorie H bris.
« Prologus: Incipit epistola sancti Jeronimi presbiteri. »
Fol. 2 v°. La préface s'arrête aux mots : « quod inter-
pretatur scientie plenitudo per... » Entre le feuillet 2 et
Factuel feuillet 3, il y a une lacune. Le verso du fol. 2
porte un Pro auquel devait correspondre au haut du feuillet
suivant logus, au lieu de quoi, nous trouvons au haut du
fol. 3 nesis, fin du mot genesis dont la première syllabe se
trouvait sur le v° du feuillet perdu.
Fol . 3 A . Incipit : « terra animam uiuentem in génère
suo. » (verset 24 de la Genèse). Au feuillet 316 commence le
236 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SAM il l
Nouveau Testament, qui finit par L'Apocalypse de saint Jean
au feuillet * >1> 1 . Les feuillets 392 128 sonl occupés par une
table alphabétique des noms: Incipiunt interpretationes he-
braïcorum nominum incipientium perA.
B
(Rpcam. n" 27; Biblioth.Nat. Madrid, Ii-71)
Bible. En latin.
Manuscrit de 411 feuillets, vélin, foliotéau XVIIIe siècle,
réglé à 57 lignes. Écriture de la première moitié du
XIVe siècle, à deux colonnes, rubriques, numération bi-
colore des chapitres. Initiales rouges et bleues, ornées de
traits calligraphiques. Les feuillets 1 et 2 sont ornés de
demi-encadrements de style byzantin. Grandes capitales sur
fonds variés, en or et couleurs, d'un très pur dessin. Format
358x255 mm. Reliure moderne aux initiales du Duc. Au
dos : Biblia Sacra.
Ce manuscrit comprend l'Ancien et le Nouveau Testament,
tous les livres sont accompagnés de la préface de saint
Jérôme.
Fol. 1. Épitre de saint Jérôme à Paulin. Incipit: Iero-
nimus, et au-dessous: « Ambrosiustua michi minuscula... »
Fol. 329 v°. Fin de l'ancien Testament; fin du deuxième
livre des Machabées.
Fol. 330. Commencement du Nouveau Testament. Pro-
logue de saint Jérôme à l'Évangile de saint Matthieu.
Fol. 411 v° B. Explicit l'Apocalypse de Saint Jean :
(( Gratia Domini nostri Jhesu Christi cum omnibus uobis;
amen. » Au-dessous, on voit une sorte de calendrier litur-
gique indiquant quelle partie des Livres saints correspond à
chaque partie de Tannée. Explicit: « In natale domini po-
nunt épis tôle Pauli usque in septuagesimo. »
XLIV. B-IBLE 237
(Rocaui. n° 59; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-124)
Concordance de la Bible, En latin.
Manuscrit de 338 feuillets de fin vélin, folioté récemment
et sans soin, réglé à 65 lignes. Écriture de la fin du
XIIIe siècle, à trois colonnes. Rubriques indiquant les lettres.
Signatures irrégulières, rognées en partie. Le premier
feuillet porte le n° 17, le folio tateur a donc estimé qu'il
manquait 16 feuillets. Le dernier feuillet porte le n° 352,
on n'a donc tenu compte que de 336 feuillets; en réalité, le
manuscrit tel qu'il est en compte 338. Format 295x205 mm.
Reliure moderne exécutée pour le Duc d'Osuna.
Fol. 1. Rubrique: an. ao. ap.
Incipit A: « LXXVIII... bimus laudem tuam. »
Fol. 338 v°. C. Explicit : « ancillam tradidit marito. »
Expliciunt concordancie . Deo gracias.
*D
(Biblioth. del'Escurial, I-I-ll)
Les saints Évangiles et les Epitres de saint Paul. En
castillan. Manuscrit perdu.
Rodriguez de Castro, dans sa Biblioteca Espahola (t. I,
p* 439), décrit ce manuscrit en ces termes:
(( Otro codice en -folio, escrito primorosamente en vitela,
» conlas iniciales delos capitulos iluminadas, y senaladocon
» el numéro 11 ; con este titulo : Aqui comiençan los Santos
)) Euangelios en Romance los quales son Romançiados por
» el Reuerendo dotor maestre Martin de Luçena elMacabeo
)) por mandaclo del exçelentissimo cauallero Ynigo Lopes
» de Mendoca.
238 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
» Al principio de cada Ëvangelio esta puesto un bi
» resumen delà vida <IH Evangelista que le escribiô: Em
» pieza por el Ëvangelio de S. Mateo; y despues de el de
)> S. Juan estân tambien traducidas las Epistolas de S. Pablo.
)) La inicial de cada una de estas Epistolas es de oro ; 3 çstân
» cortadas las de las 1res primeras, y las de cada uno de los
)> quatro Evangelios.
)> La traduccion es literal : y por especimen se pone aqui
» la de los primeros versiculos de] capitulo tercero de S.
» Mateo.
)) Capitulo tercero : En esos dias veno Johan bautista pre
)) dicante on el desierto de Juda <i disiente penitençia fased
» que se allegàra el Reynodr los çielos. Aqueste es el que
» es diclio por Ysayas el profeta disiente bos d<i 11 aman te
)) en el desierto aparejad la via de! seflor derechas fased sua
» sendas. Aqueste Johan auia vestimenta <l<i pelos de ca-
)) mellos e cynta de piel traya çerca sus lomos. E su corner
)) eran langostase miel saluaje. Estonçes salia a el Jérusalem
» e toda Judea e toda Région cerca dcl Jordan e bautisa-
» uanse en el Jordan por el conosçientes sus peccados. »
» Finaliza el Codice de este modo :
)) Aqui se acaba la epistola de Sant Pablo ad ebreos que
)) es la postrimera de sus apistolas, synfin gracias al glorio-
)) sissimo nombre en cuya marauillosa orden superliberal
» Resplandesee la subjeççion a el deuida de todas las cria-
» turas que es causa de ser ellas aquello que son segund que
)) a el plase el quai es el muy santificado nombre ihu. »
Dans la Bibliotheca Vêtus, de Nicolas Antonio t. II,
lib. X, cap. m. p. 214, note 2), nous trouvons:
a in -Bibliotheca Escurialensi inter libros quorum
)) lectio promiscue interdicta est n. 14, exstat : Hispana
)) versio sacri texius quatuoi* Evangeliorum ; ac XIII Pauli
» Epistolarum. Interprète Doctore Martino Lucena cogno-
» mento El Machabeo : de quo nos infra in Addenclis ad
)) annum circiter MCCCCL . ))
Et page 245, note 2, sous les Addendi ab anno MCCCCXL
et deinceps usque ad annum circiter MCCCCL, nous
lisons :
(( Hue refero Doctorem Marti num de Luzena, cogno-
n mento El Machabeo, cuius in Bibliotheca Escurialensi
XLIV. BIBLE 239
)) inter libros quorum lectio promiscue interdicta est n. 14
» exstat: Hispana versio sacri textus quatuor Evangelio-
» rum necnon XIII Pauli Apostoli Epistolarum, rogatu
» illustris viri Eneci Lupi de Mendoza Marchionis Sant
)) Iulianensis confecta. »
Voilà tout ce que Ton sait de ce manuscrit, cité par Cle-
mencin (Elogio, p. 438, notes aux nos 18, 19, 20), d'après
Rodriguez de Castro, (cf. Berger, Les Bibles castillanes,
Romania, t, XXVIII, p. 408). A TEscurial nous avons
recherché inutilement cette traduction qui ne figure pas
dans le catalogue actuel. Sur le rayon où sont placées les
bibles espagnoles de la Bibliothèque de Saint Laurent, il
manque un volume, et c'est probablement .celui qui conte-
nait la traduction de Martin de Lucena.
E
(Osuna : Plut. I. Lit. N, n° 14; Rocam. nu 135; Biblioth. Nat.
Madrid, KK-14)
Prophéties de V Ancien Testament avec les préfaces de Saint
Jérôme. En castillan.
Manuscrit de 225 feuillets, vélin, non folioté. Écriture
du XVe siècle, à deux colonnes, rubriques et initiales.
Format 400x280 mm. Reliure mudejar, cuir ouvré sur ais,
tranche dorée. Sur les deux plats la croix pattée de Jéru-
salem. Au dos: San Geronimo exposition de algunos
pasages de la Biblia.
Ce manuscrit contient les prophètes avec les préfaces de
saint Jérôme.
Fol. 1. Espace blanc pour miniature. Rubrique: Profeçia
de Ysayas. Au-dessous, le texte commence par; « [0]yd
çielos e escucha tierra... »
Dans les marges le prologue de saint Jérôme.
Fol. 1-23, Isaïe; 23, Jérémie, prophéties; 50-73 v°,
Ezechiel ; 74-76 v°, Oseas ; fol. 74 en marge: « Aqui
comiença el prologo que fizo Sant Geronimo sobre los dos
prophètes. » Foh 76 v°-78, Joël; 78-80 v°, Amos; 80 v°, 81-
240 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS M SANTILLANE
81 \\ Jonas; 81 v°-83 v°, Mica; 83 \' 84 v°, Nahumel ; Oba
dias;84v°-85v°,Abacuc; 85 v° 86v°, Çafanias;86v°-87, Acay;
87-91 v°, Zacharias; 91 v°-92 w Malachy. FoL93: « Aqui
comiença el prologo que fizosanl Geronimo sobre el paralipo-
menon» celle préface se lil en marge autour dos colonnes
Fol. 93-106 v. Paralipomenon, livre I ; L06 v°-123 \". livre IJ;
124-154, les 3 livres des psaumesde David o segund la orden
ebrayca » ; 154-165 v°,le livre de Job avec, dans les marges
du premier feuillet, la préface de saint Jérôme; L66-168,
lamentations de Jérémie ; 168-179, proverbes de Salomon.
Dans les marges du feuillet 168 on lil la préface de sainl
Jérôme; 179-181, Cantique dos cantiques; 194-217, Ecclé-
siastique. Il faut remarquer ici que le feuillel 216 doit
occuper la place du fol. 217 et que le fol. 217 devienl ainsi
le feuillet 216 : à la relkire, c<>* feuillets onl pris la place
l'un de l'autre; 217-225, prophétie de Daniel, avec la pré-
face de saint Jérôme en marge du premier feuillet; 225, la
prophétie de Daniel et tout le manuscrit finissent par ces
mots: « al plazo de los dias. » L'explicit rubrique qui
suivait ces lignes a été gratté, on ne lit plus que... rable
de sienpre Bios de Ysrvael.
(Rocam. n° 26; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-77)
Bible moralisêe, avec les préfaces de la Bible . En latin et
en castillan.
Manuscrit de 249 feuillets, plus 3 de garde au commence-
ment et 2 à la fin, vélin, non folioté. Lettres et lettrines
ornées, or et couleurs. Rubriques. Écriture soignée delà
fin du XIVe siècle ; les feuillets 1-7 sont écrits à deux
colonnes, le feuillet 8 est blanc; au feuillet 9 commence la
division sur trois colonnes. Colonne B, texte latin de la
Bible; col. A, commentaire moral en latin; col. C, traduc-
tion castillane du commentaire moral. Le texte est en
XLIV. BIBLE
241
caractères plus gros que les commentaires. L'initiale qui
ouvre l'ouvrage est accompagnée d'un demi-encadrement
fort élégant en or et couleurs. Format 382x287 mm.
Reliure moderne avec la couronne et les initiales du Duc.
Exemple de la disposition du texte à trois colonnes.
Feuillet 9 :
(( Faciamus liomi-
nem ad similitu-
dinem nostram et
presit piscibus ma-
ris et uolatilibus
celi et bestiis
terre. »
a Hoc significat
quod illi qui lia-
bent similitudi-
nem Dei et sunt
discretiores et sa-
pientiores preesse
clebent aliis digni-
tate in sancta ec-
clesia. »
(( Aquesto signi-
fica que aquellos
que han semejança
de Dios son mas
discretos e mas
sabios, deuen ser
antepuestospordi-
gniclat a los otros
ornes en la sancta
eglesia. »
Les 7 premiers feuillets contiennent les préfaces de saint
Jérôme :
1. Aqui comiença la epistola de Sani Jeronimo entrada
a Paulino. Incipit: « Frey Anbrosio, a mi tus présentes
trayendo, troxo abueltas tan bien tus muy suaties letras... »
2. Prologue de saint Jérôme.
3. Otro prologo al Penthateuco, sobre los çinco libros.
4. Otro sobre el libro de Josue.
5. Prologo sobre el libro 1° de los Reyes .
6. Prologo a Paralipomenon .
Du fol. 9 au fol. 167 v°, s'étend le texte à trois colonnes,
nous y trouvons des extraits de tous les livres de l'Ancien
Testament. Chaque nouveau livre commence par une initiale
ornée.
La disposition à 3 colonnes cesse au feuillet 167 v°.
Explicit de la traduction castillane: « reprehende e pone de
yuso de los pies. » C'est un passage de Malachie.
Fol. 168. Ici commencent les préfaces du Nouveau Testa-
ment écrites à deux colonnes .
1. Prologo : « La gloriosa Maria madré de Jésus Cristo... »
2. Otro Prologo: « Muclios fueron los que el euangelio
escriuieron. »
3* Prologo de sani Marchos.
16
Uî
mMJOTHKQUli DU MARQUÎS DE SANTILLANE
4. En saut Lucas, que es el terçero euangelista noi
fdllo ])l'nlotjn aille (le SUS ctum<jcl i< >s .
5. Prologo de santJohan apostol.
6. Çrologo de los Actosdo los Apostolo
7. Prologo Paulo.
En im mot, toutes les préfaces aux livres du Nouveau
Testament dues à saint Jérôme se trouvent traduites en cas-
tillan dans ce volume, elles o< 'eu peut les feuillets 168-171 v°A.
Explicit: « apocalypso quiere dezir descobrimiento. » Le
feuillet 172 est blanc.
Fol. 173. Extraits du Nouveau Testament. Texteà trois
colonnes.
Incipit:
a Hoc significat
quod anima iidelis
hum iliter obedit
promissisihu.xpi.
et coedit quod non
est supra uires
suas. ))
h Dixit Maria ad
angelum : Eccean-
cilla domini liât
michi secundum
uerbum tuum. »
Fol. 249. Explicit:
«... et a pénis « et in femore suo
géhenne liber an- scriptum rex re-
dum. » gum et dominus
dominancium. »
(( Esto significa
que el anima fiel
obedesçe liumil-
m en te a los prome-
timientos de Jésus
Cristo e crée que
non es sobre sus
fuerças. »
(( ... e por lolibrar
de las penas del
infierno. »
Deux feuillets de garde, l'un au commencement et l'autre
à la fin portaient les armes de Castille et de Léon peintes à
Fhuile, à ce qu il semble. Elles ont été effacées après 1771.
Le deuxième feuillet de garde contient deux notes datées,
l'une du 10 janvier 1771, l'autre du 3 février de la même
année. Elles sont toutes deux de la même main, qui pourrait
bien être celle de Don Juan Yriarte, bibliothécaire du Roi
(f le 22 août 1771).
Première note :
« Anonimo. Traduccion literal de los Prologos de S. Ge-
ronymo â los libros sagrados assi del nuevo como del viejo
Testamento. Exposicion paraphrastica, mystica y moral de
XLIV. BIBLE 243
varias versiculos de dichos libros, desde el Genesis hasta el
Apocalypsi inclusive. Ai principio de la exposicion del Tes-
tamento viejofalta una hoja y otra al principio del Testa-
mento nuevo : en alguna de ellas estaria acaso el nombre del
autor de esta utilissima obra. Parece se escribiô para alguna
persona Real, como lo demuestra el escudo de las armas de
Castilla y Léon, que se nota al principio y al fin. Su caracter
y lenguage pertenece al siglo XIV. En suma toda la
obra es sumamente apreciable, y digna de la luz publica.
Madrid, 10 de Enero de 1771. »
Seconde note :
« Nota. — He visto un codice manuscrito, de mediano
lolio, enquadernado en tablas, escrito en pergamino, y con
caractères del medio siglo 14. y con letra de los libros de
coro. Este volumen, ô codice contiene toda la Biblia, esto
es los libros del viejo y nuevo Testamento ; pero no conti-
nuados, sino saltando versos, y assi no faltan hojas, sino que
faltan muchos textos. El volumen no estâfoliado, ni estan
numerados los versos de laEscritura.
Comienza por toclos los prologos de san Gregorio (sic) â
todos los libros de laEscritura. Cada hoja tiene 6 colunas, la
la y 2a en latin y la tercera 3a y 6a en el vulgar castellano*
Los textos latinos contienen la version antiguadela Biblia,
antes de la Vulgata latina de Sixto V y otras versiones an-
tiguas ; y las columnas castellanas contienen una pura mo-
ralidad trivial para el uso de los predicadores. No hay
noticia de quien haya sido el autor de este codice. Se podrâ
rastrear que ha sido algun valenciano, pues en el vulgar
castellano no se usa la voz Ubevtat, charidat, verdat etc. y
solos los valencianos conservan este modo de hablar cortado.
Este codice se debe apreciar finalmente por el contenido,
por su antiguedad antes de la Vulgata Sixtina, y porque de
el se podran escoger algunas voces castellanas.
Finalmente, para que su letura sea util, se debe tener
présente la Biblia del Padre Sabatier, benedictino de San
Mauroen 1751, que contiene la antigua version de toda la
Biblia moderna, y despues las diferentes versiones de los
Santos Padres. Es obra muy instructiva.
He notado que en el caso de volver los Philisteos el arca
2 1 I BIBLIOTHÈQl E DU M IRQl IS DE - IN I ILL i
(Ici Testamento à Judea, se usa de la voz Saracenw cou
impropiedad, pues solo han sido los Palestine^ de Azol
los Philisteos.
Madrid, 3 de Febrero de J771. »
Samuel Berger a décrit <•<' manuscrit dans son mémoire
sur les Bibles castillanes (Romania, t. XXVIII, p. 565
et déjà il en avait étudié la nature dans un travail
sur les Manuels pour V illustration du psautier au XIIIe
siècle (Extrait des Mémoires de la Société nationale des
Antiquaires de France, t. LVII). Voici le diagnostic
formulé dans ce dernier travail sur le manuscrit qui nous
occupe : « Le manuscrit de Madrid, dit Berger, esl une
» bible moralisée, mais sans imagesel où il n'y-a pasmême
» place pour les peintures qui pourtant forment le fond de ce
» célèbre manuel de piété. Ces images sont, il est vrai,
» remplacées, pour le Psautier, parune description si exacte,
» qu'on ne pourrait désirer.mieux. Telle en estla précision,
» que nous pouvons dire sans hésiter a quelle famille de
» manuscrits se rattache notre Psautier moralisé. Nous
» savons, en effet, par l'étude de M. Delisle, qu'il va deux
» recensions dans le groupe des bibles moralisées (Livres
)) d'images destinés à l'instruction religieuse et awr exer-
)) cices de piété des laïques, Hist. Lit. de la France, t. XXXI,
» 1890, p. 213) : la plus ancienne est représentée par la grande
» bible du XIIIe siècle en trois volumes, dont l'un est le
» ms. 11560 du fonds latin de la Bibliothèque nationale les
» deux autres sont à Oxford et à Londres) ; l'autre nous est
» conservée dans le ms. français 167 de la Bibliothèque
» nationale, ce chef-d'œuvre de la peinture en grisaille du
» XIVe siècle. C'est sans contredit dans la famille la plus
» ancienne qu'il faut faire rentrer notre texte descriptif.
» Telle est la ressemblance, qu'on pourrait se demander si
» notre description n'est pas prise directement sur le ms.
» 11560. Il n'en est pourtant rien. Un grand nombre de
» petites différences de détail, dont chacune est insignifiante
» en elle-même, montrent qu'ici le texte descriptif est le
» plus ancien et que les peintures du manuscrit de Paris
» ont été exécutées d'après un thème manuscrit absolument
» semblable à notre texte. Seulement, par une circonstance
XLIV. BIBLE 245
)) regrettable, le copiste a laissé de côté la description d'un
» assez grand nombre de miniatures.
» Le reste du manuscrit ne contient plus de descriptions
» de figures; c'est tout simplement le texte de la Bible mo-
» ralisée, selon la recension du ms. 11560 (Berger, /. ctJ p. 23,
» 24). ))
Et plus loin, le compétent historien des bibles romanes
dit encore: « Le manuscrit de Madrid se distingue de toutes
» les bibles moralisées par une addition singulière, c'est
» celle des préfaces des divers livres de la Bible
» C'est une idée assez malencontreuse qu'a eue le libraire
» d'accoler à une bible moralisée des préfaces qui n'ont
» pas d'autre raison d'être que d'accompagner le texte
» biblique complet. Ceci, du reste, est une légère erreur en
» regard de la faute qu'il a commise, de copier le manuscrit
» lui-même. Que signifie une bible moralisée sans images ?
» C'est un corps sans âme, à moins qu'on n aime mieux dire
» une âme sans corps. Mais ce qu'il y a de plus étrange
» dans le procédé du libraire castillan, c'est qu'au lieu de
» figures, il nous a donné, pour le Psautier, le thème de ces
)) figures, tel qu'il a certainement été mis en écrit par le
n théologien qui a conçu la Bible moralisée. Il a fait, en
)) grand, ce qu'on fait les copistes parisiens lorsqu'ils ont
» écrit en une belle rubrique, dans les bibles françaises :
» (( Ci a prologue, » à l'endroit où justement il manquait une
» préface, ou, dans les Établissements de saint Louis: « Ci
» a grant letre ,» là où il aurait dû y avoir une grande ini-
» tiale. Grâce à cette singulière manie de copier ce qui ne
» devait pas être copié, les copistes nous ont conservé, ce
» qui est d'un grand prix à nos yeux, un texte d'auteur qui
» n'était destiné qu'au libraire et à ses ouvriers et qui nous
» montre comment le théologien comprenait l'exécution de
» son œuvre et comment il la dirigeait. Ce texte, s'ap-
» pliquant à l'une des œuvres les plus célèbres de la litté-
» rature chrétienne du moyen âge, est d'une réelle impor-
» tance » (Cf. Berger, /. c, p. 27-28).
Il est probable que le copiste espagnol, qui a écrit ce
manuscrit avec beaucoup de soin et qui l'a fait orner de
2 16 BIBLIO rHÈQUE DU M I [LL \s\
rubriques <'i d'élégante initiales, n'aura pas compris lui-
même la véritable nature du manuel d'illustration qu'il
avait sous les yeux, e1 le prenant simplement pour un h
ou tmeux pour un choix de te: te de la Bible, il aura
ajouté au modèle les prologues de saint Jérôme, afin de
compléter un peu l'aspect du livre, dont le sens véritable lui
échappait.
XLV
LEGENDA AUREA
(Osuna : Plut. II. Lit. N,n° 35 ; Rocam. n° 204; Biblioth.
Nat. Madrid, li-59)
1. Jacques de Varagine, Legenda Aurea. 2. Fragment
d'une vie de Jésus, 3. Traité des vices et des vertus.
Manuscrit de 191 feuillets en papier, non foliotés, réglé à
31 lignes. Écriture du XIVe siècle, papiercefeft, à deux co-
lonnes, sans titres ni capitales. Format 310x234 mm. Reliure
de parchemin..
La première partie de ce manuscrit est assez endommagée :
fol. 1, piqué et taché; fol. 3, déchiré recousu en partie) ;
fol. 5, recousu et rapiécé; fol. 11, recousu; fol. 12, la
première colonne manque et la seconde est entamée ; fol. 13
et 14, rebordés ; fol. 25-30, rapiécés de blanc, lacunes
considérables; fol. 78, déchiré, marge rongée, texte entamé;
fol. 81, troué; mouillures et piqûres partout, le fol. 141 est
détaché.
I. Fol. 1 v°. Table des Vies de saints contenues dans ce
volume.
Fol. 2. Incipit : « [Bjien es conoscida cosa que la ssegunda
persecucion fizo el enperador Domiciano sobre los cristianos
despues que la fizo Nero ...»
Des 48 Vies de saints indiquées dans la table des matières,
la dernière que nous trouvions dans le manuscrit est celle
de Sant Cossme e Sant Damian qui est inachevée; elle
porte dans la table le n° 26 et finit au verso 140 B. par :
«e por esto te encomiendo a santCosme e a sant Damian, e tu
2 18 BIBLIO i m .« h i m m LRQ1 i Dl 3ANTIL1
inorii aqui en esta su ca ae \ yoenbiase porty poi buenai
sseûales vête para mi. tanto que el aquesto dixo. . . n
II . Le feuillet 1 11 , don! l'écriture est moine que
celle des feuillets précédents, contient un fragment d'une I i
de Jésus.
fncipit « : E dixieron los judios : en nuestra ley auemoc
que ninguno non trauaje de guareçer doliente en sabado
nin do fazer al, e este pasa nuestra ley ca sano e sana loi
coxos e losgafoselos demoniados e de todae las otra
fermedados por sus malos fechos. E dixo Pilato : que mal
ha fecho ? A que dixieron ellos que <is encantador e por
los diablos faze lo que faze, e todos le obedeçen e andan a su
mandado. » I /auteur cite comme sources, Nicomède et Saint
Marc l'évangéliste.
Fol. 148 v° A. Explicit : « ca la crus era fecha asi corne
tau que es d'esta guisa T, e Pilato fizo poner un fuste pequeûo
tal. . . »
III. Fol. 149 A. Truite des rires et des vertus. L'écri-
ture de ce traité est plus modehie que celle du Flos Sane-
torum.
Incipit : [E]n el nonbre de Dios e de sauta Maria quiero
començar afaser unlibro , sy el me ayudaretporquepudiese
en este mundobuen enxenph dart que los que lo oyere[n] o
lo le y er en por el valan mas e sean tenudos de a Dios por
mi rrogar, amen. Jolian Anrriques me escripsyt.
a Primeramente comiença [el] tratado de la soberuia
porque todo tractado trae comienço délia . . . » Les trois
premières parties de ce traité ont seules des titres.
Fol. 119 A. : « Capitulo del primer tractado de la soberuia
e que cosanasçe de ella : Soberuia es el alçamiento malo...))
Fol. 156 v° B. Explicit de la première partie : « de los ocho
pecados mortales. »
Fol. 156 v°B. Seconde partie. Incipit: « Vysta la primera
parte fablamos de la segunda segund que prometiemos en
los titulos e segund que dise Sant Agostin : pecado es
menospreciar orne a Dios ...»
Fol. 164 v° A. Explicit: « que en estas dos partes sobre
dichas sonescritos. » Même verso. Troisième partie: « Aqui
XLV. LEGENDA AUREA 249
comiença la terçera parte... Estas las dos partes primeras
que ...»
Fol. 167 B. Explicit : « easy se détermina la terçera parte
en que ha syet tractados . . . que se contienen en las dos
partes sobre dichas .))
Fol. 167 B. Quatrième partie. Incipit : « Destas syet vir-
tudes las très principales. . . ».
Fol. 173 A. Explicit : « Et asy se termina laquarta parte
deste libro. . . que se contienen en la terçera parte. »
Fol. 173 A. Cinquième partie. Incipit: « Vysta la quarta
parte en que se contienen las treze virtudes, segund que
sobredicho es, conuiene que fablemos con la ayuda de
Dios de la quinta e postrimera parte deste vergel en que
se contienen otras virtudes e nobles cosas en que el aima
auenturada tomara plaser » : « [C]onfesion segund dise
Sant Agostin ...» Ce traité auquel il manque probable-
ment fort peu de chose, finit, comme tout le manuscrit
au fol. 191 A. Derniers mots : « e la mala aldança se que
la sufren amidosmaguer non qeran. »
Nous avons vu que le ms. Ii-59 ne nous conserve que
vingt-quatre vies de saints. Celles qui portent les numéros
V, XX, et XXVII-XLVIII manquent. Il nous paraît à
propos de citer ici l'article consacré au Flos Sanctorum par
Amador de los Rios (06ras del Marqués, p. 613). Il s'agit, bien
entendu, du manuscrit que nous étudions ici même : « Flos
» Sanctorum. Entre los preciosos restos de la biblioteca del
» Infantado, se conserva un côd. fol. real, letra del siglo
» XIV, y escrito a dos col. , que contiene cuarentay oclio vidas
)) de santos, entre las cuales ocupa el capitulo XLI la de
» Santa Catalina, à quien se refiere el marqués, cuando cita
» el Flos Sanctorum Es ms. digno de estima, no solo por
» aparecer como monumento de la lengua, pues que esta
» en castellano, sino tambien porque cada una de dichas
» vidas puede considerarse como una produccion literaria,
» donde campean bizarramente la imaginacion y la inven-
» tiva . »
Il serait difficile d'être moins exact; d'abord le volume,
nous l'avons vu, contient deux ouvrages distincts : Los Rios
a pris tout le livre pour un recueil de Vies, ainsi s'explique
qu'il ait cru que les 48 vies de la table y étaient complètes.
250 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
De plus, la Vie de sainte Catherine est justement une de
celles qui manquent. Qu'elle ait figuré dans le livre, encore
au XVe siècle, cela est très possible, mais nous n'en
savons rien. Depuis qu'on a relié leIi-59, c'est-à-dire depuis
la fin du XVIe siècle environ, le volume est dans l'état de
mutilation que nous avons décrit.
La table, que nous avons complétée en indiquant, après
les noms des saints, dont le manuscrit contient les vies, les
feuillets qu'elles occupent et les lacunes qu'elles présentent,
comme aussi la Vie de Saint Biaise, que nous copions en
entier, donneront une idée de la valeur de ce recueil.
« [E]stas son las estorias de los santos [e] de las santas sse-
gund en este libro son escriptas » :
la primera de sant Johan apostol euangelista, fol. 2 A. -7 B.
Complète.
la segunda de sant Matias apostol, fol. 7 v° A. -10 v° B.
Complète.
la IIP de Sant Marcos euangelista, fol. 10 v° B.-12 B.
Incomplète. Cette Vie devait finir au recto B. ou au
verso A., mais la seconde colonne du feuillet manque.
la IIIP de sant Felipe apostol. Cette Vie devait commencer
dans la colonne perdue du fol. 12, il n'en reste que la
colonne B. du f°12vo, moins quelques mots perdus au bas
du feuillet. Incipit : « fuerça e de podere de salut » Expli-
cita e babtizo todos. »
la V* de sant Yago el menor. Manque .
la VI* de sant Pedro e sant Pablo apostolos, fol. 82 A.-
89 v° A. Incipit : « ençia non es ». La fin est complète.
la VIP de sant Yago apostol que Yase en galizia. Cette vie
commence au fol. 139 v° A.; au fol. 92 v° B., elle est inter-
rompue, la suites'en retrouve au fol. 13, et elle finit au fol.
24. Les feuillets 13 à 24 contiennent le récit des miracles du
saint. Toutefois, entre l'explicit du fol. 92: « e bendixo
alegrement, » etl'incipit du fol. 13 : « el arçobispode costan-
tinopla », il reste une lacune.
la VHP de sant Bartholome apostol, fol. 24 A. -29 B. Com-
plète .
la VIII P de sant Marcho apostol e euangelista, fol. 29 B. -
35 v°. B. Complète.
XLV. LEGENDA AUREA 251
la X* de sant Simone de sant Judas, fol. 35 v° B.-42 v° A.
Complète.
la XI* de sant Andres e de sus miraglos, fol. 42 v° A.-
55 v° A. Complète.
la XII* de la pasion de sant Andres , fol. 55 v° A. -60 A.
Complète.
la XIII* de santo Tome, apostol, fol. 60 A. -69 v° B. Com-
plète.
la XIIII* de san Esteuan primero, martir, fol. 69 v° B.-
72 v° A . Il y a une lacune entre le feuillet 71 et le feuil-
let 72.
la XV* de sant Sébastian ede sant Fabian, fol. 72 v° B.-
81 v° B. La suite de cette vie se trouve au fol. 93 B. et
va jusqu'au fol. 96, seulement, entre Texplicit du fol.
81 v° B. « en que ouiste bonas » et Tincipit du fol. 93, il
y a une lacune.
la XVTde sant Viçent, martir, fols. 96 A.-100 v°A. Com-
plète.
la XVII* de sant Blas, martir, fol. 100 v° A. -103 v° A.
Complète.
la XVIII* de sant Tirso e de sus conpaheros , fol . 103 v° A . -
112 B. Complète.
la XIX* de sant Georgio, cauallero e martir, fol. 112 v°. A.-
116 v°. B. Complète.
la XX* de sant Cristoual. Manque.
la XXI* de sant Pantaleon, fol. 117 A. -119 B. Incomplète.
Incipit : «... murieron unas mugeres locas. »
la XXII* de sant Felis, martir, fol. 119 A. -122 B. Complète.
la XXIII* de sant Esteuan, apostoligo e martir, fol . 122 B.-
126 v° A. Complète.
la XXI III* de sant Lorenço e de sant Sisto e de sus conpa-
neros, fol. 126 v° A. -130 v° A. Complète.
la XXV* de sant Adrian, fol. 130 v° B.-136 v° A. Com-
plète .
la XXVI* de sant Cossme e sant Damian, fol. 137 A.-
140 v° B. Fragment.
la XXVII* de sant Dionis.
la XXVIII* de sant Mamede.
la XXI* (erreur pr. XXIXa) de sant Qirçe.
252 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
la XXX1 de santo Longino, el (jue dio con la lança a
nuestro senor en el costado.
la XXXI1 de santaComba(sicyipourCo\omh'd),virgene martir.
la XXXI 7!l de sauta Agnes, virgen e mariir.
la XXXIII7" de sauta Afjata, virgen e martir.
la XXXI III1 de Sanicolas (sic), confësor.
la XXXV1 de saut Siluestre, papa,
la XXXVI* de sauta Tedosia (sic), virgen e martir,
la, XXXVII* de sauta Marina, virgen e martir.
la XXXVIII* de Cristina, virgen e martir.
la XXXIX1 de sauta Martha, virgen.
la XL* de sauta Fe, virgen.
la XLI* de sauta Caterina, virgen e martir.
la XLII* de sauta Maria Magdalena, de su vida,
la XL III* de sauta Barbara.
laXLIIII* de sauta Luçia, virgen e martir.
la XLV* de sauta Genouefa, de su vida,
la XL VI* de la pasion de las XI mill virgines de Colonia.
la XL VII* de sauta Anastasia.
la XLVIII* de san Julian.
Finitur pasionis omnium sanctorum.
A titre de spécimen, nous avons copié la Vie de saint
Biaise, comme nous l'avons indiqué ci-dessus.
[Vida de Sant Blas, martir].
[EJn la cibdat de Sabasten, que es en tierra de Capadoçia, ouo en
aquel tienpo muchos santos ornes e muchas santas mugeres, que,
por leuar adelante la fe de Jésus Cristo, sufrieron trabajos e lazerios
de muchas guisas, e dieron sus cuerpos a pasiones e a muerte, e
tanto y fizieron por que ouieron la corona perdurable. En aquella
çibdat que vos dixiemos auie un orne, queera ende natural, a que
llamauan Blas e era un orne que amauae ternie anuestro senor en
todas guisas. Ca, asy como dis la escriptura de Job, esta [lire era)
este santo orne piadoso, linpio, sabroso, de buen talente a toda
criatura, verdadero, leal, omildoso, e sauiese bien sofrir de toda
mala obra. Quando esto vieron aquellos que a nuestro senor ama-
uan e temien,e conosçien las buenas obras del santo orne, fablaron
se de con so uno [lire de consuno) e fizieron lo obispo que fue
[lire fuese) su senor e su maestro e que fiziesen ellos su mandado
e que se guiasen por el. Quando esto oyo el santo orne, salliose
daquella çibdat e fuese, a una montafiaque era çerca daquella çib-
XLV. LEGENDA AUREA 253
dat, que auie nonbre Aga. Ally se metio el en una cueua por faser
sus oraçiones a nuestro ssefiorepor foyr a las vanas glorias e a las
vanidadesdestemundo. E el estando ally en aquella cueua vinien
muchas bestias brauas a el en la montana e parauansele dela[n]te
la cueua, e si auie y alguna que enfermedat ouiese non se qerie
ende partir fata que el santo orne pusiese las manos sobrella e la
bendixiese, e tantoque el esto fazie eran luego sanas ellas e yuan
se ssu via.
[En a]quel tienpo era adela[n]tado un alto orne de aquella
çibdat que auie nonbre Agricolano ; este enbio sus monteros e sus
ornes aquella (sic) montana que caçasen y,e ellos fizieron su man-
dado, e quando llegaron a la cueua vieron en ella estar muchas
bestias brauas a marauilla que atendien el santo orne que las ben-
dixiese, e quando esto vieron dixo un orne contra otro : que puede
esto seer de tantas bestias e de tantas gui sas de se allegar a este
logar, e estonçe se allegaron tanto a la cueua que vieron a sant
Blas, e tanto que lo vieron tornaronse al adelantado e contaronle
lo que auiniera e lo que vieran. Quando esto oyo el adela[n]tado
tomo caualleros e sergientes e enbiolos con aquellos que aquello
vieran edixieran, e mandoles que todos los cristianos que fallasen
en la montana ascondidos que gelos aduxiesen.
[E]stonçe fueron los caualleros a la cueua e fallaron a sant Blas
estando en oraçion, e dixieron que salliese fuera e fuese al adelan-
tado que enbiaua por el. Quando el santo orne esto oyo fue muy
alegre e dixoles : mis buenos fijos vayamos nos agora, ca veo yo
bien que sse mienbra Dios de mi, ca en esta noche me apareçio très
vezes e en cada una vez me dixo : lieuate e faz me de ti ofrenda; e
vos mis buenos fijos sodés agora los bien venidos, ca nuestro senor
Jésus Cristo es con vusco. Estonçe se metio a la carrera, e do yua
asy de consuno por la carrera predicoles tanto el santo orne que
los conuirtio, e nuestro senor fazie por aquel santo orne muchos
fermosos miraglos, e todos los dolientes que a el yuan oleleuauan
tanto que el ponie sobre ellos las manos e los bendizie luego eran
sanos, asy como ornes, o mugeres, o bestias; e si alguno yua que
ouiese mal en la garganta o en la boca, de hueso o de espina que
mal le fazie, asy como a orne auien muchas vezes por auentura,
nuestro senor lo daua sano por las oraçiones del santo orne. Onde
auino, que aquel dia mesmo que el yua al adelantado, que una
buenaduefia,que auie unfijo, e non auie mas de aquel solo, que
sseye a su mesa e dieran le pescado que comiese, e asy como el
ninocomio del, non se si très bocados o quatro, atrauesosele en la
garganta una espina, tan afondon que ouiera de morir.
[QJuando la madré vio el grant dolor que su fijo sufrie, e oyo
254 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Eablar <l<i l<>s miraglos que Dios fazie por sant Blas, leuo el niflo a
cl, tal ya como muerto, ecomenço a dar bozes en llorando e a dezir:
sieruo de Jésus Cristo aue merçed de mi fijo, ea mucho he grant
pësar del, e de mas por que non he mas deste. Entonçe començo a
contarml santo orne como auiniera a su fijo, e sant Blaa puso la
mano sobre la garganta del nino, e començo en ella a Easer La senal
de la cruz e bendiziendo gela, e cato contrai çielo e dixo: buen
senor Jésus Cristo, yo te pido por merçed que ayas piedai de mi
oraçion e que tueigas, por la tu grant \ irtud. la espina de la garganta
deste nino, e quel des viuo a su madré, por la tu santa Maria pidote
merçed que sy daqui adelante tal cosaauiniere a orne, o a muger, o
a nino, o a nina, o a aue, o a bestia c yo fuere llamado en su ayuda,
que so tu sieruo, que el sea sano e que la tu piedat e la tu virtud sea
y demostrada, por la oraçion del tu sieruo Blas e de los que ruegan
a loor e a gloria del tu santo glorioso nonbre. Estonçe dixo una
boz del çielo : Blas la tu oraçion es oyda; eel nino ffue luego gua-
rido, e sant Blas por este miraglo se conoçio en muchas tierras.
[Y]endo para el adelantado e una muger vieja con el, por oyr lo
que el dizie, vino un lobo do paçien los puercos e leuole un marrano
que aquella muger pobre y traye, ca del otro auer del munclo non
auie ella mas. Quando la mesquina lo sopo, querellose a sant Blas
del lobo quel leuara su marrano, e sant Blas, quando oyo aquella
querella, ssonrriyose e dixo : non ayas pesar nin tristeza ca tu
puerco te sera tornado, luego aquella ora vino el lobo e puso a la
muger su marrano delante, sin llaga e sin otro mal ninguno.
[E]sto fecho, entro sant Blas en laçibdat de Sabasten, e quando
Agricolano lo sopo mandolo echar, ante que loviese, en la carçel.
E en otro dia maiiana mandolo venir ante sy, e tanto que lo vio
fablo con el muy mesuradamente, como afalagandolo, e clixole : Blas
amigo de nuestros Dios see ledo e alegre. Mas vos, buen adelan-
tado, dixo sant Blas^ poned alegria en vuestro coraçon e non 11a-
medes Dios aquellos que dezides que son Dios, ca ellos en el
infierno son por sienpre, e todos aquellos otrosy que los oraren e
siruieren. Quando esto oyo el adelantado fue muy saîiudo e nian-
dolo desnudar e ferir, muy sin duelo esin piedat, a varas e a palos,
e do lo firien asydixo al adelantado : orne sin seso e tollido, cuydas
me tu por esto partir del amor de Jésus Cristo. Sepas que non
podras, ca el me guarda e me da fuerça. Quando el adela[n]tado
vio que en ninguna guisa non lo podie vençer mandolo tornar a la
carcel. E la muger a que sant Blas diera su puerco, quando sopo
que sant Blas yazie preso, fizo matar el puerco e cozio ende los pies
e la cabeça, e metiolos en una escudiella e desyen un çesto, epan,
e fructa que le leuo a la carçel, e rrogolo quecomiese, e el gradeçio-
XLV. LEGENDA AUREA 255
gelo, e bendixola, e dixole : mugertu acabaras mi rremenbrança e
por este seruiçio que me fezistejamas nontefallestra(s/c)bienentu
casa. E otrosy auerna a todos aquellos que por [tu]exenplo e por tu
fiança se rremenbraren de mi, auran la perdurable gloria ela ben-
diçion de Jésus Cristo en todo tienpo de su vida, entonçe se partio
la vieja del e fuese muy alegre para su casa, e asy le auino como el
santo orne le dixo.
[DJepues desto auino que el adelantado mando que troxiesen a
santBlas,efablo con elapartadamente, e dixole: Blas, otuaora(.s7*c)
nuestros Diososinon moriras de mala muerte. Los Dios dixo, sant
Blas, que non fizieron nin çielo, nin tierra, nin otro bien, son per-
didos, e los martîrios con que me tu arnenazas non temo yo nada,
nin me fazen pesar, e ellos me faran aun plazer sin fin. Quando el
brauo adelantado vio que lo non podie mouer en ninguna guisa,
mandolo tomar e atar en unà viga que estauay alçada de sy,fizolo
descarmenar con peynes de fierro e rronper toda la carne, e en
aquel logar o le fazien todo aquel mal dixo al adelantado : oyes tu
adelantado brauo e follon, cuydas me tu espantar por tus martirios
que me fazes ssofrir, bien sepas que los non temo nada, ca nuestro
senor me confuerta e me ayuda, e por estos martirios aure yo
grandes alegrias, las que son prometidas [a] aquellos que en Jésus
Cristo creen. Estonçe mando el adelantado que lo desatasen del
madero en que estaua atado e que lo tornasen a la carçel, e o lo
leuauan asy vinieron VII0 mugeres que amauana dios e lo temien,
e fueron cogiendo las gotas de la sangre que del cayen e untauan
se délias ; quando los monteros esto vieron presieron las e leuaron
las al adelantado, e dixieronle que eran cristianas.
[E]l adelantado, quando las vio, dixo : dexat vuestra locura e fazed
sacrifiçio a nuestros Dios; e ellas respondieron : si tu quieres que nos
fagamos sacrifiçios a tus Dios e los creamos vayamosa aquel canpo
ffucra desta villa, e faz leuar y tus Dios eally los oraremos. Quando
esto oyo el adelantado fue muy alegre e fizo leuar sus Dios al canpo
do ellas dizien. Cabo daquel canpo auie una agua muy fonda, e las
cristianas vinieron al canpo e mucha otra gente por veer. Quando
ellas fueron ante los ydolos que estauan oriella del agua, 11e-
garon se mucho çerca a ellos , asy como si los quisiesen aorar, e toma-
ron los e dieron con ellos en el agua. Quando el adela[n]tado esto
vio fue muy safiudo e començo a bâtir sus palmas e a faser muy
grant duelo e dixo : mugeres malas por que non touiestes nuestros
Dios que non cayesen. E los que y estauan dixieron : estas mugeres
fablaron con vusco en engano e por vuestro mal e echaron vuestros
Dios en el agua. E las mugeres respondieron : el verdadero Dios
non sufre engano mas los vuestros Dios lo sufren, que son d'oro, e
256 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
de plata, e de piedra, e ellos, etodos aquellosque con ellos ouieren
fiuza, seran destroydos. Quando esto vio el adelantado tue muy
sanudo e mando calentar un forno, por las meter dentro, c de otra
parte (i/o traer plomo que les echasen por çima de las cabeças, e
de la otra parte mando traer peynes de Berro, e de la otra parte
siete sayas daranbre e que gelas Sziesen vestir calientes. Pues que
las maneras de los martirios fueron allegados ante las santas
duenas, el adelantado les dixo: o vosoratnuestros dio> porqueguar-
dedes vuestros cuerpos de mal o sinon por todos estos martirios
pasaredes.Launadestas siete mugeres auie très fij.os, aquella tomo
un pano de lino que traya e echolo (e echolo) en el fuego, e fue
luego quemado ; estonçe le dixieron los fijos : buenaduefia non de-
xedes perder vuestra aima en esta tierra, mas asy coino nos crieste
del sabor de tu lèche asy nos cria e nos rrenueua(?) del sabor del
rreyno çelestial. Estonçe mando el adelantado que los (sic) colga-
sen e que les partiesen las carnes deloshuesos con aquellos peynes
de fierro. E pues ellos (sic) fueron desnudos (sic) e asy decolgados
(sic), como el adelantado mando, los que y estauan marauillauanse
de lo que veyen de las llagas, ca onde auie a sallir sangre sallie
lèche, e los angeles vinieron que las librasen de aquel martirio e
dixieron : non ayades miedo mas trabajaduos asy por que podades
auer perdurable vida en el Reyno que non a auer fin. E el buen
obrero es muy alegre quando sirue todo el dia, e el senor de la obra
lo bendize a las viesperas por que labro bien e lo paga a su volun-
tad.
[EJstonçe tomaron los mo[n]teros las santas duenas e echaron
las en el forno e era el fuego muy grran pieça auie ençendido (sic),
e tanto que ellas y entraron murio toda la llama e el fuego, e ellas
sallieron del forno sin nirigun mal tormento. Quando esto vio el
adelantado, que dénatura era sanudo, dixoles : dexat vuestras locu-
ras e orat nuestros Dios. E las VIIe duenas dixieron : buen senor
Jésus Cristo, que reynas sin fin,loor egrracias tedamos por [que]
te plogo de meter nos en la carrera de piedat! Depues dixieron al
adelantado : cuytate de dar çima a lo que començeste ca nos esta-
mos gui[sa]das (?) de nos yr al reyno çelestial. Quando esto oyo el
adelantado ouo ende grant pesar e mandolas leuar do solien de-
gollar les cristianos que las degollasen y. E los monteros fîzieron
lo e ellas rrogaronles que se sufriesen fata que ouiesen fechas
sus oraçiones, e pues que ellos gelo otorgaron fincaron ellas los
ynojos en tierra e dixieron : ; quai Dios es tan grande como el
nuestro senor Dios que nos tollio las tiniebras e nos dio lunbre!
Buen senor Dios nos te rrogamos que nos metas con santa Techa1,
1. Sainte Thecla, vierge et martM Ier s. à Séleucie.
XLV. LEGENDA AURËA 257
la tu primera martir, e que rreçibas el ruego de sant Blas, nuestro
buen padre, que nos enseno e que nos dixo que por estes martirios
veriemos las alegrias perdurables. Buen senor rreçibe nuestras
aimas, e estonçe dixieron los très mançebos a su madré : nuestras
coronas estan aguisadas ante nuestro senor con nuestro padre sant
Blas. Estonçe non quiso atender mas aquel que las auie de degollar
e degollo las todas VIP, e asy fueron las aimas para'l çielo.
[Djepues que esto fue fecho mando el adelantado que aduxiesen
ante'l a sant Blas. E quando lo vio dixole : i quieres tu orar nuestros
Dios o non los quieres orar, dime quai quieres destas rrazones
tener? Catiuo, dixo sant Blas, çiego ères e non vees la lunbre del
verdadero Dios. Quai orne série aquel que conoçiese e fuese orar
los ydolos sordos e mudos. Bien sepas que por la tu grant brauura
que en ti ha e por la grant çeguedat del tu coraçon as tu dexado
el verdadero Dios. E yo non temo de nada. Mas asy como tu qui-
sieres e te ploguere asy me martiria mi carne que te es ya dada en
poder. E el poderoso Dios a poder sobre mi aima. Estonçe le dixo
el adelantado : tu aoras los diablos e cuydas que oras a Dios e que
seras por y saluo, dime agora £si te yo echare en este pozo podra
te librar tu Cristo? Mucho fablas sin guisa, dixo sant Blas, ca sin
i'alla tu oras los diablos e yo el verdadero Dios, por que sere saluo
en la perdurable gloria. E esta agora, e mostrar te ael mi verdadero
poderoso Dios su virtud. Estonçe lo mando el adelantado atar e
echar en el pozo, que era muy fondo. E sant Blas dixo a los que
estauan ay en la oriella del pozo : e sy vos auedes alguna fiuza en
vuestros Dios echaduos comigo en esta agua e mostrad y la virtud
clellos, e asy podemos veer el poder que vos an de ayudar e como
ellos faran y a vos e a mi; estonçe echaron se lv ornes enel agua,
de aquellos que mayor fiuza amen en sus Dios. E a la ora que y
entraron fueronse afondon e murieron. E el angel apareçio a sant
Blas e dixole : santo orne sal de aquesta agua e rreçibe la corona
que te Dios tiene aguisada. Estonçe fue desatado sant Blas por
sobre el agua como por tierra seca, e parose ante'l una tan grant
claridat que todos los que la veyen eran ende tan marauillados. E
el adelantado dixo : por esto que te a ti viene de quanto mal te yo
fago todo se te torna en bien, por esto despreçias tu nuestros Dios
e non los quieres adorar. E sant Blas dixo : catiuo, conoçe e sabe que
yo sieruo so de Dios e non adoro los diablos como tu. Estonçe fue
el adelantado muy safmdo e dixo a sus mo[n]teros : tomad a Blas,
que nuestros Dios desonrra e despreçia e que a ya mas de très mill
ornes que mugeres que muertos que enganados, e demas que lo
fallo todo contra mi voluntad, e tajad le la cabeça e a los dos man-
çebos que son con el. Estonçe los tomaron los monteros eleuaron-
17
258 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
los al logar que erapara aquello. E el santo ome ftzo sus oraçiones
e dixo: buen senor Dios, que me libreste de los ydolos, yo te ruego
que tu ayas merçed de tni q ih1 so tu sieruo, que si alguno me lia-
mare en su oraçion que tenga hueso, o espina, o fuste, enlagarganta
o sea maltrecho de otro dolor, o aya mal andança, o cuyta, o pesar, o
peligro, pidote por merçed, buen senor, que tu rresçibas sus ora-
çiones e quecunplas lo que te demandaren a los que me llamaren
lea(n)lmente en el tu santo nonbre. E depues que esto dixo vino
una nuue del çielo, muy ferinosa e muy clara, que lo çerco en derre-
dor, e fablole el nuestro senor délia e dixole: tu, que bien teconba-
tiste por mi, sabebien queyo conplire tus ruegose bendisdre todos
aquellos que te llamaren e de ty remenbrança flzieron. Pues que
esto ouo dicho la claridat se partio del, e el que lo auie a descabecar
descabeçolo a el, e a los très mançebos con el. E esto fue très dias
anclados de febrero.
[L]a buena duena, que auie nonbre Elisa, tomo los cuerpos de
los santos martires e soterroles de consouno en aquel logar do
fueron martiriados. E en aquel logar fizo Dios por ellos muchos
fermosos miraglos fata el dia de oy e fas aun. Asy ,como vos he
dicho e contado, reçibio sant Blas martirio e fue con Jésus Cristo,
que viue e rreyna sin fin. Amen.
XLVI
HISTOIRE DE TROIE
(Osuna: Plut. II. Lit. M, nos 25; Rocam. n° 88; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-99)
Benoît de Sainte -More, Histoire de Troie. En cas-
tillan.
Manuscrit de 305 feuillets, papier. Incomplet du commen-
cement et de la fin. Ce manuscrit comprend des feuillets de
la première moitié du XIVe siècle et des feuillets du
XVe siècle. La partie ancienne, très jaunie, est fort endom-
magée; elle est écrite à deux colonnes. Elle contient des
parties rimées et des rubriques. La partie plus moderne est
beaucoup mieux conservée, mais elle n'a pas de grandes
initiales et n'est pas toujours rubriquée ; elle est écrite à
pleines lignes. Ce sont des feuillets d'une Historia troyana
du XVe siècle que l'on a arrachés pour compléter l'an-
cienne à qui il en manquait beaucoup. Le papier de la
partie ancienne est grossier, celui de la partie moderne est
beaucoup plus uni, il est homogène et régulièrement strié.
Dans l'écriture de la partie moderne, on remarque comme
un parti pris d'archaïser ; cette écriture doit être celle
d'un copiste de la fin du XVe siècle. Ce manuscrit était
folioté, mais sur beaucoup de feuillets la rognure a fait
disparaître la numération. Un grand nombre de feuillets
de la partie ancienne ont été cassés, ce qui a fait perdre
au livre plusieurs colonnes. La partie du XIVe siècle que
260 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLÀNE
nous nommerons A, est réglée à 28 lignes par colonne; la
partie du XVe siècle, ou partie B, est réglée à 30 lignes.
Format 288 X 234 mm. Reliure de parehemin.
Voici clans quel ordre les feuillets A et les feuillets B
sont répartis dans le corps du manuscrit :
B. fol. 1-58 v°. ; A. fol. 59-63 v° (61 v° blanc;; B. fol.
64-67 v° (entre le fol. 67 et le fol. 68 traces d'un vieux
feuillet); A. fol. 68-69; B. fol. 70-71; A. fol. 72-74 (entre
le fol. 72 et le fol. 73 traces d'un feuillet coupé); B. fol. 75;
A. fol. 76; B. fol. 77-79; A. fol. 80-83 (fragments de feuil-
lets entre 79-80 et entre 80-81); B. fol. 84; A. fol. 85-87;
B. fol. 88 (entre 87 et 88 fragment de feuillet); A. fol. 89-
109 (fol. 94, 95, 96, vers); B. fol. 110-112; A. fol. 113-123
(le feuillet 116 est fendu et n'a plus qu'une colonne r° et v°) ;
B. fol. 124 ; A. fol. 125-134 (fol. 126 v°, 127, 128, 130, versj;
B. fol. 135; A. fol. 136-147 (fol. 141 v°, 142 demi-feuillet
vers); B. fol. 148-149; A. fol. 150-157 (fol. 151, 152 demi-
feuillet, et 153 c. A. vers); B. fol. 158-162; A. fol. 163-178
(fol. 163 demi-feuillet); B. fol. 179-181 (fol. 178 demi-
feuillet); A. fol. 182-186; B. fol. 187; A. fol. 188-195;
B. fol. 196; A. fol. 197-198; B. fol. 199; A. fol. 200-216 :
B. fol. 217; A. fol. 218; B. fol. 219-220 (entre les fol. 220
et 221 fragment de feuillet); A. fol. 221-230; B. fol. 231-
233 (entre les fol. 233 et 234 fragment de feuillet) ;
A. fol. 234-242; B. fol. 243-244 ; A. fol. 245-254; B. fol. 255;
A. fol. 256-290; B. fol. 291-292; A. fol. 293-295;
B. fol. 295-305 v°.
A partir du fol. 125, les feuillets A n'ont ni rubriques, ni
signes paragraphiques, ni petites capitales rouges. Les feuil-
lets B sont rubriques jusqu'à la fin du manuscrit. Les der-
niers feuillets n'ont pas été réencadrés, ils sont usés et fort
détériorés.
Incipit : « viniese algun querelloso ...»
Explicit : « e syenpre estariamos en mal con ellos et. . . »
Le vieux manuscrit commence par le chapitre intitulé :
Motoan era muy argolloso e muy loçano, et finit au feuil-
let 295 v° b, par un chapitre rubrique qui commence par :
« Cuando Andromaca oyo que la Menalao queria matar... »
Les parties rimées de cette Histoire de Troie sont re-
marquables par leur caractère archaïque et pourraient faire
XLVI. HISTOIRE DE TROIE 261
croire à une ancienne version en vers dont le traducteur de
la version en prose aurait intercalé des fragments dans son
travail. M. Paz y Mélia, qui a publié avec soin ces poésies,
dont une seule avait été imprimée déjà, quoique imparfai-
tement, par Amador de los Rios (Historia critica, t. IV,
p. 350-351), remarque avec justesse certaines analogies de
vocabulaire, d'expression et de tournure entre la description
de la sixième bataille et le Poema del Cid (Voy. Poesias
intercaladas en la Crônica troyana romanceada, publi-
cadas por A. Paz y Mélia. Revue Hispanique, numéro 17,
premier trimestre 1899, p. 62-80).
B
(Osuna: Plut. I. Lit. N, n° 16; Rocam. n° 89; Biblioth.
Nat. Madrid, Ii-67)
Benoît de Sainte-More, Chronique de Troie. En galicien.
Manuscrit de 185 feuillets de vélin grossier, peu blanchi
et par endroits troué; folioté au verso des feuillets. Lacune
au début, le fol. 1 porte le n° 9. Nombre irrégulier de lignes.
Écriture du XIVe siècle, jaunie. Capitales bicolores dessi-
nées à la plume et rubriques. Format 394X270 mm. Re-
liure moderne.
Dans ce manuscrit on distingue nettement deux écritures
et quatre parties: I. Du fol. IX(l)au fol. C (92), réglure à
34 lignes, sauf le XCIX v° (91), et le C r° (92), qui sont
réglés à 33 lignes. II. Du fol. CI (93) au fol. CXVIII (110 v°).
III. Du fol. CXIX (111), au fol. CXXVI1I (120 v°). IV.
Du fol. CXXIX (121), au fol. CXCIII (185).
Fol. 1. Incipit : « Agora diz o conto que os gregos ouuie-
ron gran pesar quandolles Ercolan et Jaason contaron a gran
desonrra et o gran pesar quelles auia feyto el Rey Leomedon
de Troya . . . »
Fol. 92 le texte s'arrête aux mots : « que sofria en lo co-
raçon que cada dia » volue esta folla et acharas a estoria.
Et au-dessous, encadrés de rouge, les mots : « Sabbean quan-
tos este liuro viren, que eu Fernan Martins, clerigo et ca-^
362 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
pelan de Fernan Perez Dandrade-, escriui este liuro des onde
sse começa esta estoria ata aqui, et escriui aynda mays
outro quaderno en que ha dez follas que yay acoadeant, et
escriuio per mandado do dito Fernan Perez. » Ce qui fait
suite a été effacé et frotté; les réactifs appliqués ici, nous
ont permis do lire : « El sauedes que Fernan Perez foi lillo
deRoyfreyre Dandrade, o por min creede de certo que a
este tenpo, que este liuro foi escripto, que este Fernan Perez
ora o mellor homen queauia entonçe en Galiza dos grande
ou rrico homes afora. Et sabedé que el a este tenpo era
home de duzentos homens de caualo, armados a todopunto.
Et era seflor cla vila daCruûa et da vila de Betanços et da
Pontdeume et Ferrol et a Pontdeume derallas el rrey por
sua heredade et outrossy tanben era seûor de Neda et de Çe-
deyra, et de Sancta Marta, et de Viueyro, et de Vilalua et de
todos seus terminos de todas estas vilas et lugares et tanben
das terras châas en todas estas comarquas, en guisa que
quantos homens morauan en todas las ditas vilas bôos et
lygeyros et arredor... »
Fol. 92 v°. Trace de 11 lignes frottéesà la pierre ponce.
Le réactif a fait paraître une date : « mill e quatroçentos et
sete (?).» Au-dessous, encadré de rouge, on lit l'explicit
suivant : « Este liuro foy acabado vynt dias andados do mes
de Janeyro. Era de mill et quatroçentos et onze annos. Et eu
o dito Fernan Martins clerigo, rogo et peço, por lo amor de
Deus et por saluamento de suas aimas et en penitençia de seus
pecados, a quantos este liuro viren et oyren, quedigan por la
mina aima hun pater noster et huna aue Maria aa onrra de
de Deus padre, et de Deus fillo, et de Deus espiritu santo,
que me queyra perdoar, et da virgen Maria, sua madré,,
quelle roge por min e por vos queo queyra assy conprir et
outorgar. »
Le travail du copiste B commence au folio 93 qui fait
exactement suite au texte du recto 92. Incipit : a se me
fazia negro et triste. Et os sospiros que eu daua sem meu
grado.. .»
Fol. 110 v°. Dernière ligne: a muy perdidossos et moy
tristes. » Ici reparaît l'écriture de Fernan Martins, le copiste
A, qui a écrit les dix feuillets dont il est parlé plus haut, les
huit premiers réglés à 35 lignes et les deux derniers très
XLVI. HISTOIRE DE TROIE 263
serrés, pour finir. On voit que le scribe n'avait qu'un nombre
compté de feuillets et qu'il avait peur de n'y pas faire tenir
tout ce qu'il devait y mettre, c'est visible surtout au verso
du fol. 120, où il a tellement serré qu'il y a presque une demi-
page blanche entre son travail et la reprise du copiste B.
Fol. 111. Incipit: « Conta a estoria que esta trezoia batalla
durou seit dias. »
Fol. 120 v° Explicit : « auia vint mill caualeros. Et alv »
Fol. 121. Reprise du copiste B : « veeriades rreluzir ar-
mas et esplandeçer escudos...»
Fol. 185. Le manuscrit finit par : « ca sen falla eu escri-
pui omays sen bandaria e mays verdacleramente que puyde.
Et a noso senor don graças porque ma leyxou acabar.
Este liuro mandou fazer o muyto alto et muy noble et
muy eixelent Rei don Alfonso, fillodomuy grande Rey don
Fernando et da Reyna dona Costança. Et fui dado descriuir et
destoriar en lo tenpo que o muy noble Rey dom Pedro rrey-
non, ao quai mantena Deus en lo seu seruiço por muytos
tenpos e bôos, et os sobreclitos onde el ven seian herdeiros
en lo rrey no de Deus. Amen. Feito o liuro e acabado o pos-
tremeiro dia de dezenbro era de mill et CCCLXXXVIII
annos.
Nicolao Gonçalez escriuan dos seus liuros scriueu per seu
mandado (1).»
Tout le long du manuscrit il y a en marge des notules
indiquant le contenu du texte. Le commencement de ce
manuscrit correspond au chapitre xxxv du manuscrit Ii-99
et au chapitre xxvi du manuscrit de l'Escurial. L'archiviste
de La Corogne, M. Martinez Salazar, a donné de ce texte
une édition complète, munie de notes, d'une grammaire
et d'un glossaire. C'est la Deputacion Provincial de La
Corogne qui a pris l'initiative cle cette publication (2).
1. Dans sa littérature espagnole du Grundriss de Grôber (II Band,
2 Abteiiung, p. 438) XL Baist dit : « Von verwandtem Geist erfùllt
» war Benoît's Roman de Tror/c. clen noeh Alfonso XI seinemSchreiber
» Nicolas Gonzales zu ubersetzen befahl, womit dieser im ersten Jahr
» seines Nachfolgers zu Encle kain. » C'est une erreur, Gonzalez n'est
pas le traducteur du roman de Benoît de Sainte-XIore, il n'en est que le
copiste.
2. Crônica Troyana, côdice gallego del siglo XIV de la Biblioteca
Nacional de Madrid, con apuntes gramaticales y iwcalndario por
264 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
M. Menéndez y Pelayo, dans sa belle bibliothèque de
S;i n lancier, conserve un manuscrit castillan-galicien de
Y Histoire de Troie. L'étude de ce volume permet de com-
bler les lacunes du ms. Ii-67 et nous fournit des rensei
gnements utiles. L'ouvrage se compose de 219 feuillets, dont
139 en gros vélin et 80 en papier, l'écriture, disposée sur
deu^ colonnes, est du XIVe siècle; deux copistes ont travaillé
à ce manuscrit bilingue : Fun castillan a écrit 140 feuillets,
l'autre galicien en a écrit 79. Bien que les deux écritures
de ce manuscrit soient du même siècle, l'écriture castillane
est antérieure à l'autre, ce qui nous fait croire qu'il s'agit
d'une Historia Troyana en castillan mutilée et dont les
lacunes ont été comblées en galicien. Dans l'intérieur du
volume quelques curieuses miniatures. Format 360 X 270 mm.
Ce texte et celui du ms. Ii-67 ne présentent que peu de
différences, c'est bien la même rédaction. Le texte du ma-
nuscrit de Santander commence par l'histoire de Jason et
de Médée ; la même histoire devait occuper les huit premiers
feuillets perdus du manuscrit de Madrid.
Au feuillet 28 b. du manuscrit de Santander nous lisons:
« quien quisiere oyr la mejor estoria de quantas y son et la
obra quai nunca fue dicha por palabra, nin puesta en libre,
segund que nos Benito cuenta como lo el fallo por Dayres,
que quiso saber las batallas que fueron fechas en aquel
tienpo et altas cauallerias, porque estonçe los nobles caual-
leros que eran en aquella sazon fueron muertos, et de como
fue destroyda la muy nobreçibdat de Troya, yo lo dyre toda
la verdat. »
A la suite vient le chapitre paroù commence lems. Ii-67:
« Agora dize el cuento quelosgriegos... » Le manuscrit cas-
tillan de l'Escurial (I-H-6) que cite Amador de los Rios
(Historia critica, t. IV, p. 345, note 2) et qui a servi de base
aux traductions galiciennes, commence précisément par le
passage où il est parlé de Benoît de Sainte-More. Le ma-
nuscrit de Santander n'est pas exempt de lacunes: par
D. Manuel R. Rodrigues, publicalo, à expensas de la exetna, diputa-
eiôn de esta prooincla, Andrès Martinet Salazar. La Coruna. Im-
prenta de la Casa de Misericordia. MDCCCC, 1900. Deux vol. in-fol,
M. Cornu a donné d'abondants extraits de ce texte dans la Miscellanea
lincjuistica in onore di Qrxi.siadio Ascoli, p. 95-128.
XLVI. HISTOIRE DE TROIE 265
exemple, il ne contient pas fexplicit circonstancié du ms.
Ii-67. D'après la folio tation ancienne, effacée sur les derniers
feuillets, ce manuscrit devait compter 354 feuillets. On voit
donc que le Ii-67 et le ms. de Santander dérivent tous deux
du poème de Benoît de Sainte-More. Avant d'appartenir à
M. Menéndez y Pelayo, Y Histoire de Troie castillan-gali-
cienne faisait partie de la bibliothèque Altamira-Astorga.
(Osuna : Plut. II. Lit. M, n° 23, d'après Los Rios, Historia critica,
t. IV, p. 350 n.)
Guido delle Colonne, Histoire de Troie. En castillan.
Manuscrit perdu.
Amador de los Rios (Obras del Marqués, p. 608 et 609)
dit avoir vu quatre manuscrits de Y Histoire de Troie dans
la bibliothèque du duc cl/Osuna, mais il n'en décrit que
trois et ne nous donne même pas la cote du quatrième.
Los Rios dit au commencement de la notice qu'il con-
sacre à Dares et à Dites : « Los cuatro côdices que poseia
)) el marqués de Santillana, se conservan afortunada-
» mente en la bibl. de Osuna. Como dijimos, son, uno en
» gallego, otro en lemosin y dos en castellano. » Après avoir
parlé des manuscrits qui contiennent la version galicienne
et la version catalane, Los Rios reprend : « Las dos versiones
» castellanas no son por cierto menos preciosas, aunque
» algo mutiladas : la mas importante es la seflalada con la
)) marca antigua Plut. II, Lit. M, nûm. 25, porque sobre
» contener canciones y romances, que alternan con laprosa
» y leprestan mucha variedad, daâ conocer que no fué Pero
)) Lopez de Ayala el ûnico que a mediados del siglo XIV
» puso en castellano la fabulosa Chrônica troijana, etc. »
Une note du même auteur {Historia critica, t. IV,
p. 349-350, n. 2) nous en apprend plus long au sujet de
ce quatrième manuscrit. Après avoir parlé de la version ca-
talane de Jacme Conesa, Los Rios ajoute : « Sin duda por
26G BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
)> este raismo tiempo la ponia en castellano, trayéndola de
» su original, el famoso canciller Pero Lopez de Ayala ;
» version que fué muy aplaudida y deque poseyô tambien
» el docto marqués de Santillana un precioso côdice,
» seflalado hoy en la libreria de.Osuna, P. II, Lit. M,
nûm. 23. » Ce manuscrit que Rocamora ne signale point,
np se trouve pas parmi les manuscrits provenanl de la bi-
bliothèque du duc d'Osuna que conserve la Bibliothèque
Nationale de Madrid. Los Rios avait-il de sérieuses raisons
de croire que c'était là la version du chancelier ? Nous ne
le pensons pas, sans quoi il nous aurait sûrement fourni
des preuves à l'appui de son dire. Peut-être ce manuscrit
contenait-il simplement la version castillane de Pedro de
Chinchilla? C'est probable. Comme M. Mu&s&fia, (Ueber die
spanisçhen Versionen der Historia Trojana, Sitzungs-
berichte der K. Akademie. Vienne, 1871, p. 50-51 et
M. Béer [Handschriftenschàtze Spaniens, n° 67) n'oût pu
que citer le catalogue de la bibliothèque de Benavente où
cette version est mentionnée, nous en donnerons ici une
brève notice. Le manuscrit que nous avons eu sous les yeux
provient du fonds Benavente (?)-Astorga-Altamira et fait
partie de la bibliothèque particulière de M. Menéndez y
Pelayo.
Manuscrit de 174 feuillets, papier, non folioté. Écriture
du XVe siècle, à deax colonnes. Il est daté de 1443. Format
385 X 270 mm. Reliure en cuir sur ais, avec fermoirs.
Fol. 1. Rubrique : Aqui comiença el libro de la Ystoria
Troyana segund Guido de Colupna copillo, la quai traslado
de latin al nuestro romance Pedro de Chinchilla, criado de
don Alfonso Pimentel, conde de Benauente, e por su man-
dado, e sigue primero el proemio feche por el Pedro de
Chinchilla.
Fol. 1 v° Incipit : « [E] sy de cada dia las cosas antiguas
por las présentes se oluidan. . . »
Fol. 174. Explicit : a aber seydo dos mill e quinientos
los otros que siguieron a Heneas. »
Nous avons copié le prologue de Pedro de Chinchilla pour
ajouter un document au dossier, déjà volumineux, de Y His-
toria Troyana en Espagne.
XL VI. HISTOIRE DE TROIE 267
[Y]a sea con razones légitimas e asaz justas escusar de la pré-
sente trasladaçion me podria, mayormente consyderando como ya
otros la ayan al nuestro romance tornado en asaz alto e dulçe
estilo segunt la suflçençia de nuestra lengua, en la quai si los
conçebimientos mentales en la latina ystoria contenidos non h an
seydo tan conplidamente declarados ninguna culpa a ellos ynpu-
tada ser deue, mas a la insufiçiente lengua en la quai el dulçe e
buen orden de fablar, segunt que en la latina, fallar non se puede.
Pues yo, que nunca de la castalea fuente agua beui, me ponga a
esto romançar es dar causa por la quai mi ygnorançia sea poblicada
a quantos la leeran, e lo que oculto e secreto era, sy quiere por
pocos sabido, a munchos (sic) sera publicado, mas aun que a
mayor peligro de verguença me oponga por satisfazer e conplir
mandado del muy noble e virtuoso senor, mi senor Don Alfonso
Pimentel, conde de Benauente, cuyo criado yo pedro de
Chinchilla so, osare tomar la penola e con ella en la nuestra lengua
escreuir, en el nuestro Romance, la troyana ystoria, sy quiere de
los infortunios e mal auenturados acaesçimientos deuenidos a la
troyana generaçion, que por razon de su grandeza sera su me-
moria e recordaçion perpétua fasta el postrimero dia, segunt Guido
de Colupnia en su volumen en la lengua latina copilo. E por quanto
algunos ouo questa mismaystoria romançaron, syguiendo el proçeso
de la cruda ystoria, munchascosas délia dexaron, que amiparesçe
aquello ser lo mejor e mas util e que la muncho ennobleçe, e alegra
los animos de los entendidos leedores, e manifiesta al actor sy
quiere conponedor grant sufiçiençia, yo, en quanto podre, me
esforçare de ninguna cosa en ella menguar, nin menos de mio
aîïader, mas que por este traslado sea conosçido, a los quel latin
ygnoran, en quanto conpuesto e plazible estillo esta ystoria el ya
nonbrado ordeno. E bien creo que algunos aura que mi ynçufi-
çençia saben [y] dexaran de leer esta trasladaçion , pero consi
derando como el ya nonbrado mi senor al ocçio muy poco se de, e
todo, o lo mas de su tienpo ocupe con vertuoso e alto deseoen vere
saber la vida e costunbres de los antiguos varones, espeçialmente
de los caualleros famosos que en el uso e exerçiçio de las armas
virtuosamente se ouieron, por que en aquella virtud sumagnanimo
coraçon mas se esfuerça, le plazera esta mi obra leer porque de
materia a su deseo conforme tracte. Lo quai asaz benefiçio es a mi
que su juyzio discreto la lea, por cuyo mandado a la trasladar me
dispuze, e yo me esforçare de la poner en tal estillo que a su merçed
non sea muncho enojoso. E como en todo prinçipio la diuinal
ayuda deue ser inuocada, syn el quai ninguna cosa bien auenturada
ser puede, nin prospero fin auer, con deuoto animo e coraçon
2G8 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
omillde su ynmensa cleménçiainuoco, e suplico en esta pequefia
obra su cliuinal gracia ynfluya en m ancra quelosqueen ella
leoran reçiban dotrina de bien e virtuosampnte beuir, en la quai,
allende de la narration de laystoria, a\ asaz enxenplos de grande
utilidad a la vida autiua (sic), e pido e suplico a la bien auenturada
e gloriosa fija, esposa, e madré suya, que desta ynuocaçion a su
ymenso e bendito fijo sea ynterçesora, la quai se començo en
Benauente, quandola fructuosa encarnaçion del nuestro rredentor
fuevenida a los mille quatroçientos equarentae tresânos, faziendo
el cuerpo solar su curso de luxo del zodiaco en el comienço del
signo de piçes.
D
(Osuna : Plut. III. Lit. M, n° 2; Rocam. n° 90; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-112)
Guido delle Colonne,, Histoire de Troie, traduite en
catalan par Jacme Conesa, en 1367.
Manuscrit de 168 feuillets, papier, le premier feuillet est
endommagé et rebordé, réglé à 30 lignes. Écriture du XVe
siècle. Rubriques et petites capitales. Cet ouvrage commence
par une grande initiale noire. Format 285x201 mm. Reliure
de parchemin.
Préface. Incipit : « A istancia et a pregaries »
Explicit : « en romanz axi com dit es, et comenz en la forma
que segue. »
Texte. Incipit: « Iatsia que tots dies les coses antigues
sien... »
Explicit. Fol. 168 : « Diomedes ocis lo rey Antipo et lo rey
Exterion, lo rey Prothonor et lo rey Obtomeno. Ffenito
libro, sit laus et gloria cristo. Amen. »
Amador de los Rios (Historia critica, t. IV, p. 349,
note 2) n'a connu que ce seul manuscrit de ce texte. La
Bibliothèque Nationale de Madrid (ancien fonds F-112)
conserve un manuscrit du même texte et du XIVe siècle,
auquel manquent trois feuillets au commencement.
M. J. Massô Torrents, qui n'a pas vu notre li-112, consacre
une notice au ms. F-112 de l'ancien fonds, dans ses Ma-
XL VI. HISTOIRE DE TROIE 269
nuscrits catalans de la Blblioteca Nacional de Madrid,
p. 93. Joseph Ametller (Revistade Gerona, 1888) et Milâ
y Fontanals dans sa Notice sur trois manuscrits (Obras,
t. III, p. 477) décrivent chacun un autre manuscrit de la
version de Jacme Conesa. Récemment M. Sanvisenti a
publié une notice de don Manuel de Bofarull sur un ma-
nuscrit inconnu de ce même ouvrage (/ primi influssi di
Dante, etc., p. 389). Nous copions en entier la courte
préface du protonotaire Jacme, parce qu'elle contient de
curieux renseignements :
A istancia et a pregaries de un noble hom et de gran compte qui
desijaua auer en Romanz les istories Troyanes qui son en lati per
com hauia hoyt dir qui eren fort belles et que pertanyen a saber a
tôt caualier,yo Jachme Conesa, prothonotari del senyor Rey, jatsia
que fos asats ocupat de altres majors afers et no agues belaer (sic) de
ocopar me en aytals coses, empero per satisfer aies sues pregaries,
et car sabia que quell trobaua plaer en saber moites istories et
molts fets antichs et era vollenteros en legir et saber fets caual-
leros et aytals com las dites istories contenen, jatsia quel ell
entesses queacom (?) de lati, empero car la suptilitat dels latins
segons los quais les dites istories son compostes deya que no les
podia perfectament entendre, per que non podia auer aquel plaer
ni la entencio ques pertany del libre, et per complaure a ell, de
aromancar aquelles, per aqueles entreuals de temps que poria,
comenci diuenres a XVIII del mes de juny, del any M.C.C.C.
LXVII, protestant que no sia prejudicat aies dites istories en lati,
car verairnent lo Romanz de aqueles, en esguart del lati lo quai es
molt aptament posât, es axi com plom enuers ffin aur. Et axi matex
protestant que sialgunes paraules seran transportades, o que pare-
gua que no sien conformes de tôt en tôt al lati, no sia inputat a
ultracuydament demi, masque cascu entena que aquel trasporta-
ment o mudament es per donar antendre plenament e grosera los
latins qui son soptils al dit noble hom et tots altres lechsqui après
de les dites istories legiran. Et en cara mes pot esser imputât a
[iJgno[ran]ciamia, qui segons la suptilitat de aquel qui les composa
no so bastant ni suficient a fer tal traslatacio de lati en Romanz,
mas confiant en la gracia de deu, et sabent que per fer alguna
mutacio del dit lati en Romanz no pot esser a mi Reprensio qant
adeu, atreueschme de fer a[que]sta obra, pregant ab gran istancia a
tots los ligents, que si res hi aura que no les placia o que les torn
anug que non donen carech a mi algun, com yo aytant com mils
270 BIBLIOTHÈQUE Dl MARQUIS DE SANTILLANE
pore me enten a conformai1 al test de lés dites \ 3 tories, aytals com
yo los he reduynt aqueles de lati en romanz, axi com dit i
comenz en la forma que segue.
Guido delle Colonne, Histoire de Troie, En aragonais.
Cf. Notice III, ms. Ii-68
Traducteurs et Traductions des Histoires de Troie
en Espagne
M. Mussafia a divisé les Histoires de Troie espagnoles
en deux groupes : celles qui sont des versions de Benoît de
Sainte-More et celles qui sont des versions de Guido delle
Colonne (Cf. Ueber die spanischen Versionem der His-
toria Trojana. Sitzuncjsberichte d. K. ALademie, Vienne,
1871). Des manuscrits dont nous avons parlé quatre: TEs-
curial, I-H-6 castillan, TOsuna Ii-67 galicien, le castillan-
galicien de Santander et TOsuna Ii-99 castillan, appartien-
nent au premier groupe. La traduction de Jacme Cones;i en
catalan, celle de Pedro de Chinchilla en castillan, et las
Oraciones et arenguas de la Ystoria Troyana en aragonais,
appartiennent au second groupe. 11 y aurait beaucoup à dire
sur les textes dérivés de ces traductions, sur les imitations
auxquelles elles ont donné lieu et sur l'infiltration de ces
histoires dans les chroniques, mais c'est là un point qui
demande une étude spéciale et que nous ne pouvons pas
aborder dans ce travail. Nous nous bornerons à rappeler
la compilation cle Delgado, qui dérive de Guido delle Co-
lonne, comme Tout montré M. Mussafia et M. Morel-Fatio
(Romania, t. IV, p. 85;. A titre de curiosité, et seulement
pour indiquer combien longtemps YHistoire de Troie a
occupé les esprits dans la Péninsule, nous citerons un rifa-
cimento de la compilation de Delgado, écrit par un cer-
tain Munoz Garcia Jorje y Mendoza (Juan) qui date sa pré-
face de Murcie, 8 décembre 1770 ; il dit s'être servi d'une
compilation faite en 1690 par Baltazar de Chaves « natural
de Miranda del Duero (Portugal). » Ce singulier manuscrit
fait partie de la bibliothèque particulière de M. Menéndez
y Pelayo.
XLVII
DANTE
(Rocam. n° 106; Biblioth. Nat. Madrid. Reserv. 4a-7).
Dante Alighieri, La Divina Commedia. En italien.
Manuscrit de 222 feuillets, plus 1 blanc, vélin, grandes
marges, rubriques, initiales et lettrines ornées, grandes mi-
niatures très fines. Écriture et peinture du XIVe siècle,
caractères gothiques. Format 370x260 mm. Reliure mo-
derne.
Le verso du feuillet de garde est occupé par une minia-
ture qui représente Dante, lorsqu'en se retournant au pied
de la colline il aperçoit les trois fauves. Au-dessous de cette
peinture, des armes d'azur portant un lion rampant d'ar-
gent, couronnées d'un heaume d'azur surmonté d'une pan-
thère d'argent tachetée de sable.
Fol. 1. Encadrement de feuillages, d'arabesques et d'oi-
seaux, un peu lourd. Rubrique : Incomincia la comedia
de Dante Allighieri, nella quai tracta délie pêne e puni-
menti de' uieiiyetdë meritiedë premii délie uirtudi. Canto
primo délia prima parte, la quai si chiama înfërno, nel
quale V autore fa proemio a tutta V opéra, Capitolo primo.
L'N enluminé par lequel commence le texte nous
montre Dante devant un pupitre où se trouvent un encrier
et une plume, il tient son livre ouvert des deux mains.
Incipit : « Nel meço del camindi nostra uita
mi ritrouai per una selua scura,
che la dritta uia era smarrita . »
872 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Fol.73v°. Fin de l'Enfer. Fol. 74. Grande miniature qui
représente le Purgatoire, on voit sur l'eau la barque pleine
d'âmes conduite par l'ange, et sur le rivage, Dante, Vir-
gile et Caton. Au-dessus, comme dans la première peirif ure,
le ciel étoile.
Fol. 74 v°. Rubrique : Comincia la seconda parte délia
cotnedia di I tante Allighieri di Firençe^ nella quai si pur-
gano i commessi peccati e uitii d(: quali l'uomo e con-
fesso et pentuto, cou ani/no di satisfactionC) et contient'
XXXIII capitol t. ( 'apitolo primo.
L'encadrement du feuillet 74 v° est plus riche que le
premier, l'initiale du texte représente Dante, Virgile et
l'ange à l'entrée du Purgatoire.
Fol. 147 v°. Fin du Purgatoire. Le feuillet 148 est tout
occupé par une peinture où l'on voit, au sommet d'un mont
entouré de flammes (Purgatoire), Béatrice, Stace et Dante
debout; dans le fond des arbres, au-dessus, sur des nuages
roses, et dans un ciel étoile, la Vierge et l'enfant auréolés
et quatre anges nimbés agenouillés à droite et à gauche.
Fol. 448 v°. Rubrique : Comincia la terra cantica delta
co média di Dante Alleghieri di Firençe chiamata Para-
diso, nella cjual tracta de' beati et délia celestial gloria et
de7 meriti et premii de' sancti, et deuidesi in noue parti
corne lo'nferno.
Ce feuillet 148 v° est, comme les deux autres feuillets
cités plus haut, encadré d'ornements. L'initiale qui ouvre
le texte de cette troisième partie est enluminée, on y voit
la Vierge assise devant la croix où meurt son fils.
En marge du feuillet 87 v° (Enfer, chant XXXII), un
copiste a écrit entre les tercets 7 et 8, un tercet omis :
« Perchio mi uolsi, et uidimi dauante
e sotto piedi un lago, che per gielo
auea di uetro, et non d' acqua, sembiante. »
Fol. 191 (Paradis, chant XX), entre les tercets 9 et 10,
autre oubli qui est réparé en marge:
« Fecessi uoee quinci, et quindi uscissi
per lo suo becho in forma di parole,
quai aspectaua il chuor ou'io le scrissi. »
Ces deux corrections en marge sont du XVe siècle.
XLVIt. DANTE 273
B
(Rocam. n° 107 f:Biblioth. Nat. Madrid, Hh-76).
Dante Alighieri, 1. Convivio. 2. Canzoniere. 3. Canzoni
délia Vita nuovaper Béatrice. En italien.
Manuscrit de 84 feuillets, vélin, non folioté. Écriture du
XVe siècle, à deux colonnes. Encadrement et ornements
de style italien. Lettres et lettrines de couleur. Écu d'armes
en blanc. Format 290 X 210 mm. Reliure moderne.
I. Fol. 1. Rubrique : Conuiuio. Incipit : « Sicome dice il
phylosofo nel principio délia metaphysica prima phylosofia :
tutti gli uomini naturalmente desiderano di sapere... »
Fol. 73 B. Explicit : « e nel secretissimo délia diuina
mente. Amen. » finis.
II. Fol. 74 A. Rubrique : Qui incominciano le cançoni mo-
rali di Dante Alighieri fiorentino poeta, e prima dello
spregiare délia sua donna.
a Cosi nel mio parlar uoglio essere aspro »
Cançona seconda di Dante, délia intelligença et parla delV
amor suo .
<( Voi cil entendendo il terço ciel mouete »
Cançona terça, délie uirtu et délie belleçe délia sua donna.
(( Amor cbe nella mente mi ragiona »
Cançona quarto,, délia uera nobilta parla altamente.
« Le dolci rime d' amor eh' io solea »
Cançona quinta, delV amor délia sua donna.
(( Amor che muoui tua uirtu dal cielo »
Cançona sexta, dimostra [di] quanto amor, amor siapreso :
« Io sento si d' amor la gran possança »
Cançona settima, dimostra che per lo tenpo freddo del
uerno non ama meno :
« Al poco giorno e al gran cierchio d'onbra(l) »
1. Cette pièce est la Sestlna qui se trouve dans le Canzoniere de
Dante .
18
274 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Cançona oplaua,, pviegha V amore cbï amolisca la cru
delta délia donna sua :
« Amor tu uedi ben che questa donna »
Cançona nona, dimostra chelle qualita euarieta del tenpo
non mutano V amor SUO.
(( Io son uenuto al punto délia rota »
Cançona décima, [ra]maricasi aile donne délia donna sua.
a E m' increscedi me simalamente »
Cançona undecijna, parla dellauera nobilta altamente.
a Poscia chaîner del tutto m'a lasciato »
Cançona duodecima, porge prieghi per pieta alla donna
sua.
« La dispietata mente che pur mira »
Caneona tredecima, parla délie uirtu.
a Tre donne intorno al cor mi son uenute »
Cançona quactor décima, parla contra a'uitiôsi e singular-
mente contro agit auari.
(( Doglia mi recha nellô coreardire »
Cançona quindecima, si ramarica dicrudelta d' una mal-
uagia donna.
« Amor dache conuien pur ch'io mi doglia »
Fol. 33 B. Rubrique : Finite le XV cançone di Dante.
III. Cançona di Dante, prima delta uita nuoua per Béa-
trice, in lodadilei. XVI.
« Donne ch'auete intellecto d' amore »
Cançona di Dante per Béatrice, seconda nella uita nuoua.
XVII.
« Donna pietosa e cli nouella etate »
Cançona di Dante per la morte di Béatrice, e terça nella
uita nuoua. XVIII.
(( Gli ochi dolenti per pieta del chore. »
Dante Alighieri, Cansoniere. En italien.
Cf. Notice XLIX, ms. Ii-33.
XLVII. DANTE 275
*D
(Osuna : Plut. IV. Lit. N, n° 30; Rocam. n° 105, répété par erreur au
n° 110; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-110).
1. Dante Alighieri, La Divina Commedia.Tex.te italien
accompagné de la traduction castillane de don Enrique de
Villena. 2. Pétrarque, Un sonnet. Texte italien et tra-
duction castillane. 3. Trois maximes morales. En latin avec
la traduction castillane. 4. Dante Alighieri, Lo Credo, etc.
En italien. Manuscrit de 208 feuillets de papier, non folioté,
réglé à 39 lignes. Écriture italienne, datée de 1354. Écri-
ture espagnole de la première moitié du XVe siècle. Ru-
briques latines, traduites en italien au bas des feuillets,
jusqu'au chant XXII de l'Enfer. Capitales ornées de traits
calligraphiques. Format 290x216 mm. Reliure de par-
chemin.
I. Fol. 1. Ce feuillet a été refait, probablement le feuillet
primitif avait été endommagé, déchiré ou sali. Il en a été
de même du fol. 24. Ces deux feuillets sont écrits cle la
même grosse écriture carrée de la fin du XVe siècle, que
nous retrouvons à la fin du volume où il y a un sonnet de
Pétrarque.
Rubrique : Ineipit comedia Dantis Alléger ii Jlorentini in
qua tractât de pénis et punicionibus uiciorum. Et de me-
ritis et premiis uirtutum. Cantus primas qui uocatur infer-
nus et in ista prima parte auctor J'acit prohemium suum
super toto oper.
Ineipit : « Nel mezo dil camin di nostra vita. »
Fol. 2. Ce feuillet, dont les marges ont été rognées, a
été recollé, il s'était détaché probablement en même temps
que le premier, sans être assez endommagé pour qu'on le
récrive comme l'autre.
Explicit : « e quindi uscimo a riueder le stelle. »
Fol. 61. Rubrique : Comediae Dantis Adigherii dejlo-
rentia, prima cantica que appelatur infernus explicit. Deo
gratias. Amen.
Fol. 62. Rubrique : Ineipit liber secundus, qui dicitur
276 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANK
purgatorium, comediarum Dantis Allegerii9et est capitulum
prin/ium tractans de hiis qui se purgant a pecatis per eos
comissis et que confessi penituerunt.
Incipit : « Per correr miglor acqua alça le uele. »
Explicit : « puro e disposto a salira le stelle. »
Fol. 125. Rubrique : Explicit liber secondusi de purga-
torio, comediarum Dantis Adigherii. Amen.
Fol. 126 et 127. Ces feuillets sont occupés par le som
maire en terzines du Paradis, de Dietaiuve Mino di Vanni
d'Arozzo, d'abord attribué àBosone da Gubbio(l).
Fol. 128. Rubrique: Incipit liber tercius comediarum
Dantis Allegerii de Jlorentia, qui liber apelatur paradisus
et est liber prtmus hujus terril libri.
Incipit : « La gloria di colui che tutto înuoue. »
Explicit : a amor che muoue il sole e l'altre stelle. »
Fol. 194 v°. Rubrique: Comediarum Dantis Adigherii de
florencia liber tercius, qui apelatur paradisus , explicit. Deo
gracias amen. Qui liber scriptus fuit anno domini mille-
simo CCCLIIII (1354), qui quoque finit us fuit die X no-
ue mbris. Amen.
II. Fol. 196. Rubrique: Soneto que fizo Mirer Francisco,
por el grand desseo que aida de obtener la poesia, a/ir-
mando que otro deleyte o bien temporal no lopodrian tanto
contentar la sitibunda voluntad suya. E fabla de amor me-
thaforicamente entendiendolo de lo suso dicho. Incipit :
« Non po, thesin, uaro, arno, adige, o tebro. »
Explicit : « ne la dolçe ombra al suon ciel acqua
scriua (2). ))
Les feuillets 196 v° -198 contiennent la traduction castil-
lane de ce sonnet accompagnée d'un commentaire ; suit une
note sur le mot Punicum en latin et en espagnol.
III. Fol. 199 v°. Ce feuillet contient trois maximes la-
tines traduites en castillan, une de Cléobule, une de Cicéron
et une de Boèce.
1. Cf. Carlo e Lodovico Frati, Indice dellc carte diPietro Bilancioni,
contributo alla biblio g raphia délie rime vol g art de' priini tre secoli.
Bologna, 1889, p. 258, VIII, n°4. — Cf. aussi Morpurgo, I codici Ric-
cardiani délia Dicina Commedia, p. 68.
2. C'est le sonnet 116 de Pétrarque in vita di inadonna Leur a. Edi-
tion de Giovanni Mestica. Florence, Barbera, 1896, p. 222.
XLVII. DANTE 277
IV. Fol. 203. Rubrique : Questo e lo credo, per lojide-
lissimo et cristianissi/no Dante poeta composto, inserto
chou la dominical oratione et uirginal salutacione.
Incipit : « lo credo in un padre clie puo fare. »
Explicit : « che paradiso al uostro fin ci doni. » Finis.
Deo grattas amen.
La traduction castillane de la Divine Comédie (1) accom-
pagne le texte, c'est-à-dire que les treize terzines de chaque
page se trouvent traduites en marge, avec, pour chaque
terzine, le numéro qu'elle porte dans le texte italien et qui
est le numéro d'ordre. Par endroits la traduction en prose
imite les vers et est écrite sur trois lignes, ailleurs de
petits traits seuls indiquent où finit le contenu de chaque
vers. D'assez fréquentes corrections de style, un mot effacé
remplacé par un autre, des hésitations, comme par exemple
la traduction d'un terme italien par deux ou trois syno-
nymes entre lesquels le traducteur n'a pas su choisir le mot
juste, tous ces signes donnent à cette version l'allure d'un
original. Un commentaire latin écrit en marge également
explique quelques passages de Y Enfer ; plus rares déjà en
marge du Purgatoire, ces notes latines font complètement
défaut au Paradis. En examinant ces notes, on peut y re-
connaître deux écritures, l'une antérieure à la version cas-
tillane, l'autre de la même main que cette version. Déplus,
nous relevons encore deux autres sortes de notes dans les
marges si chargées de ce précieux manuscrit. 1° Des cor-
rections ou améliorations de la traduction dues à un ano-
nyme et à Don Inigo Lopez de Mendoza. 2° Des notes ex-
plicatives et des remarques morales ou psychologiques que
la lecture attentive du poème a suggérées au marquis de
Santillane, qui les a écrites de sa main. Le Marquis se sert
aussi, pour noter les passages qui l'ont frappé, et dont nous
retrouvons en partie l'écho dans ses œuvres, d'un signe
spécial . L'écriture des notes marginales où nous reconnais-
sons la main du célèbre Marquis, est absolument celle des
signatures autographes. Nous l'avons comparée aux signa-
1. Cf. mon étude sur La première traduction espagnole de la Divine
Comédie dans Homenaje à Menèndes y Pelaijo, estudios de erudicion
espaiïola, t. I, p. 269.
278 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
tures d'Inigo Lopez fac-similisées dans le volume d<
Œ uvres, publié par Amador de los Rios. Mais nous avons
eu mieux qu'un fac-similé : le département des manuscrits
de la Bibliothèque nationale de Madrid conserve, dans
vitrines, une charte munie du sceau et de la signature auto-
graphe du marquis de Santillane. La comparaison de
l'écriture des mots el marqués^ qui constituent, on le sait,
la signature de don Iiligo Lopez deMendoza, après 1445, date
de son élévation au marquisat, avec les notes marginales de
notre manuscrit ne peut laisser subsister aucun doute au
sujet de notre attribution. Quant au signe que nous avons
mentionné ci-dessus, nous l'avons retrouvé identique enca-
drant la signature du Marquis au bas de la charte dont
nous venons de parler. Du reste, le même signe apparaît
dans les marges du ms. n° 458 du fonds espagnol de la
Bibliothèque nationale de Paris, provenant, lui aussi,
de la bibliothèque du duc d'Osuna. Le manuscrit de Paris,
dont nous reparlerons plus bas, porte, surson premier feuil-
let, les armes du marquis de Santillane. Et c'est encore le
même signe que nous trouvons en marge de la version cas-
tillane des Alabanças de Espana deGil de Çamora, conser-
vée à Madrid (Cf. ci-dessous, notice LXVII, ms. Ii-140).
Nous pensons que ce signe pourrait bien être un c, ce qui
s'expliquerait aisément par la coutume connue des sei-
gneurs espagnols, qui encadraient leur signature cle l'ini-
tiale du prénom de leur femme. Or le Marquis, on s'en sou-
viendra, épousa en 1416 dona Catalina Suârez cle Figueroa,
qui mourut en 1455.
Avant de parler de la valeur de cette première traduction
castillane de la Divine Comédie, nous donnerons quelques
extraits de cette version.
Enfer. Chant I.
Prinçipia el actor Dante :
1. En el medio del camino de nuestra vida me falle por unaespe-
sura o silua de arboles obscura en do el derecho camino estaua
amatado.
XLVII. DANTE 279
2. E quanto a dezir quai era es cosa dura esta selua salua saluaje
aspera e fuerte que pensando en ella renueua el mi miedo.
3. Tanto era amarga que poco mas es la muerte, mas por contar del
bien que yo en ella falle dire de las otras cosas que a mi ende
fueron descubiertas.
4. Yo non se bien tornar a dezir, siquier explicar, como yo en ella
entre tanto era llieno de sueno en aquel punto quel verdadero
camino desenpare.
5. E desque fuy al pie de un collado junto, en do aquel valle se
acabaua que de miedo me pungia el coraçon,
6. cate en alto e vi las sus espaldas vestidas yadel rayo del pla-
neta, que lieua a otro derecho por toda calle o camino.
7. Estonçes fue el miedo algund poco. . . que en el logar del cora-
çon durado auia la noche que yo passe co[n] tanta piedat.
8. E ansi como aquel que con rresollo afanado salle fuera del pie-
lago a su orilla e se buelue al agua peligrosa e la mira,
9. desa manera el animo mio que aun fuy[aj se boluio atras a mi-
rar el passo por do algun tienpo non dexo passar jamas persona
biua.
10. E despues que oue reposado un poco el cuerpo cansado, torne
tomar camino por la plaja desierta, e todauia el pie firme era a
lo mas baxo.
11. E ahenos, quasi al començar de la sobida, una onça ligera e
presta mucho de pelo maculado de diuersos colores cubierta.
12. E non se me partia antel rostro, antes estoruaua tanto el mi
camino que yo fuy muchas vezes en punto de tornarme.
13. Tienpo era del comienço de lamanana, quel sol subia suso con
aquellas estrellas con quien el estaua, quando el amor diuinal
14. (quando) començo a mouer aquellas cosas fermosas, asi que
al esperar me era ocasion de aquella fiera de la piel engafiosa,
15. la ora del tienpo e la dulçe estança, mas non asi que miedo
non me diesse la vista que me aparesçia de un leon ;
16. aqueste paresçia contra mi venir con alçada cabeça e rauiosa
fanbre, que paresçia que del el ayre tomase espanto;
17. e una loba que de toda bramia paresçia cargada en su ma-
greça, la quai a muchas gentes fizo va beuir menguadas.
18. Esta me truxo tanta de graueza, con el miedo que salia de
su vista, que yo perdi laesperança del alteza.
19. E quai es aquel que de buena mentregaua (?) e biue el tienpo
que gelo perder faze, que en todo su pensamiento se quexa e en-
tristeçe ;
20. tal me fizo la bestia sin paz, que viniendo contra mi un poco a
poco me cubria do el sol non darja.
280 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
21. E mientra que yo miraua en baxo logar, delante los ojos se me
ofresçio uno que por longo silençio paresçia mudo o ronco.
22. Quando yo vy aqueste en el grande desierto dixele : merçed
ayas de mi, quien quier que tu seas, o sombra o orne çierto.
2!]. liespondiome : non orne, orne ya fuy e mis padres fueron lon-
bardos e la tierra dellos fue mantoa.
21. Nasçi en tienpo de Jullio Çesar, aunque fuese tarde, e biui en
rroma so el buen Augusto, en el tienpo de los dioses falsos e
mintrosos.
25. Responde Virgilio :
Poeta fuy, e cante de aquel iusto fijo de Anchises, que vino de
troya, despues quel soberuio yllion fue ardido.
26. i Mas tu porque retornas a tanto ruydo, porque non sales, o
subes, al deleitoso monte, ques prinçipio e ocasion de todo
plazer ?
27. Pues ères tu aquel Virgilyo i aquella fuente que espandyo de
fablar tan largo rio, respondi yo a el con vergonosa fruente.
28. O de los otros poetas honor e lunbre, valame agora el luengo
studio, e gran amor, que me fiz buscar los tus libros.
29. Tu ères el mi maestro i el mi actor, tu ères solo aquel del
quai yo tome el fermoso estillo que ma fecho honor.
30. Vees la bestia por quien yo me bolui, ayuda elibra me délia,
o famoso sabio, que ya me faze tremar las venas e polsos.
31. A ti conuien tener otro camino respondio, despues que lagri-
mar me vio, si escapar quieres deste lugar saluaje.
32. Que esta bestia, por quien tu gritas, no dexa a otri pasar por
su camino, mas tanto lo destorua que lo mata.
33. E ha natura tan maliciosa e mala, que nunca finche ni farta el
fanbriento talante, e despues del pasto ha mas fanbre que pri-
mero.
34. Muchas son las animalias a quien se ju[n]cta, e mas seran
fasta quel galgo venga que la fara morir con dolor.
35. Esteno[nJ aura tiera ni vaxilla, mas sabieza amor e virtud,
e su nascimiento sera entre fieltro i fieltro.
36. De la humilde ytalia sera fecho salud, por quien murio la
virgen Camilla, e Heurialo, e Turno, e Niso de feridas.
37. Este la desechara por todas las villas, fasta que la torne al
ynfierno, donde primero la departio ynuidia.
38. E por ende, por el tu mejor, yo pienso e determino ser a ti
bien que tu me sigas, e yo sere tu guia e sacarte de aqui por
lugar eternal,
39. onde tu veras la desesperada compafiia quexosa de los anti-
gos spiritos quexosos, que la segunda muerte cada uno llorar
XLVII. DANTE 281
40. Despues veras aquellos que son contentos en el fuego, porque
esperan de yr, quandoquier que sea, a la bien auenturada
gente;
41. a la quai, si tu despues quieras yr, aima fallaras mas digna
de mi para esto e con ella te dexare antes que me parta.
42. Que aquel enperador que suso reyna, por que yo fuy contra-
rio a su ley, no quiere que yo entre en su cibdat.
43. En toda parte enpera e alli rige, alli es la cibdat de su alta
silla, o bien auenturado aquel que para tal logar elige.
44 . E yo a el : poeta yo te requiero, por aquel Dios que tu no co-
noçiste, por que yo sea libre a este mal e peor,
45. que tu me lieues donde ora dixiste, asi que vea la puerta de
sant Pedro e aquellos que dizes tanto tristes ; estonçes se mouio
e yo seguilo.
Enfer. Chant XXXIII .
1 . La boca se leuanto de la fiera vianda aquel pecador, feruiendo
los cabellos de la cabeça de aquel que ténia el colodrillo
gastado ;
2. despues començo : tu quieres que yo renueue desesperar (sic),
dolor que al coraçon me preme ya solo pensando, antes que yo
dello fable,
3. mas si las mis palabras deuen ser en uno que fruto e infamia
del pecador que yo royo, fablar e lagrimar veras en uno.
4. Yo non se quien tu ères, nin porque manera venido ères aca
yuso, mas florentino me semeias verdaderament del todo.
5. Tu deues saber que fuy el conte Ugulino, e aqueste el arçobispo
Rogier; agora te dire porque le so tal vezino :
6. que por el efecto de sus malos pensamientos, fiandome del, yo
fuese preso e despues muerto, dezir non es menester;
7. enpero aquello que non puedes auer entendido, es asaber como
la muerte mia fue cruda, veras e sabras si el m'a ofendido.
8. Breue forado dentro de la muda, la quai por mi a titulo de la
fanbre, e que conuien aunque otro se en ella ençierre,
9. m'auia mostrado por su forambre mas lumbre ya, quando yo
fis el mal sueiio que de lo venidero el vélo me ronpio.
10. Este paresçia a mi maestro e duefio, caçando el lobo e lobe-
zinos en el monte, por que los pisanos veer luca | cibdat | non
pueden,
11. con cane magre, studiose fuerte e polida, Gualando con Sçis-
mondi e con Lanfranchi se auia puesto delante de la fruente.
282 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
12. En poco carso me paresçian cansados cl padre e los ftjos, con
los aguclos clientes nie paresçia a ellos ver fender Jos costados.
13. Quando yo i'uy despierto, an tes de la manana, llorar senti
entrel sueno a mis ûjuelos, queran comigo, edemandar del pan.
14. Bien ères cruel si tu ya non te dueles, pensando lo quel mi
coraçon anunçiaua, e si non llora agora de lo que llorar suele.
15. Va eran despiertos, e la ora se açercaua que la vianda non (! !
solia ser trayda, e por su sueno cada uno dubdaua,
16. e yo senti clauar la puerta de yuso a la orrible torre, onde yo
cate en el rostro a mis fijuelos, sin fazer palabra.
17. Yo non lloraua, si dentro me acarree, llorauan ellos. e An
selmucçio mio dixo : /, tu catas asi padre que as ?
18. Por que yo non lagrime, nin respondi, todo aquel dia e la noche
despues, i'asta el otro quel sol en el mundo salio.
19. E como un poco de rayo asi fue puesto en el doloroso carçel,
e yo recorde por quatro vistas al mi acatamiento solo,
20. amas las manospor el dolor me mordi, e ellos, pensando que
yo lo fiziese con talante de corner, subitamente se leuantaron
21. e dixieron : padre asaz que sera menos dolor si tu cornes de
nos, tu nos vestiste esta misérable carne e tu la despoja.
22. Allègue me a ellos, por non fazer los mas tristes, los unos e
los otros estouimos odos mudos ; <, ay dura tierra porque non te
abri s te ?
23. Despues que fuemos al quarto llegados, Gado se me écho es-
tendido a los pies diziendo : i padre mio, que non m'ayudas ?
24. Alli murio, e como tu me vees vi yo peresçer los très, uno a
uno, en el (en el) quinto dia e el sexto, onde yo me di,
25. ya çiego, a echar sobre cada uno, e dos dias los llame, des-
pues que fueron muertos, despues mas quel dolor pudo el
ayuno.
26. Quando oue dicho esto, con los oios ciegos, tomo el cuero
misérable con los dientes que forado al hueso, como de can
fuerte.
27. i Ay pisa! vituperio de la gente de la bella tierra adonde llo se
suena, pues que los tus vezinos a punesçer a ti son vagarosos,
28. mueuase la capraia e la gorgona | islas | , e fagan çerradura
al arno en su entrada, por quel afoge en ti toda tu gente.
29. Que si el conde Ugulino auia la boca de auer vendido a ti de
tus aldeas, non deurias tu los fijos poner a tal martirio ;
30. innocentes fazian alegre cuento, cuento tal Ughicion, e el
Brigata, e los otros dos quel canto arriba nonbra.
XLVII. DANTE 283
Purgatoire. Chant ii.
23. Las aimas que sefueron de mi accordadas, por el espirar, que
yo era aun biuo, marauillando toruaron esmoreçidas.
24. E como al mensajero que trae oliuo, trae la gente por oyr nue-
vas, e de apartarse alguno non se muestra esquiuo,
25. asi a la vista mia se afirmaron aquellas aimas fortunadas
quantas eran, quasi oluidando de yr a se fazer linpias.
26. Yo vi una délias fazerse adelante por abraçarme,con tan grant
afecto, que mouio a mi a fazer lo semeiante.
27. O sonbras vanas, fueras qu'en el acatamiento, très vezes detras
aellos las manos junte e abraçe, e tantas me tornaron con nin-
gunacosa a los pechos.
28. De marauilla creo que me colore, por que la sonbra sonrriose
e retrayose, e yo siguiendo a ella adelante me moui.
29. Suauemente me dixo que yo stouiese,estonçecoîiosçi quien era,
e rogele que por fablarme un poco se aquedase.
30. Respondiome : asi como yo te ame en el mortal cuerpo asi te
amo suelta, por eso me detengo, <, mas tu porque vas?
31. Casela mio, por tornar otra vez alli donde yo so fago yo este
camino, dixo yo, ^raas tu como te es quitada tanta ora?
32. E aquel a mi : ninguno m'a fecho demasia, mas aquel que quita
quando e a quien le plaze muchas vezes m'a negado este paso,
33. que de justo querer lo suyo se faze. Verdaderamente de très
meses el ha quitado quien ha querido entrar con toda paz.
34. Onde que yo era a la marina buelto, dondel agua del tibero
se sala, benignament fuy del recogido.
35. Aquella foz a el agora enderesçado las alas, por ende que
sienpre alli se recoge quai faza de acaronte non se cala.
36. E yo : si nueua ley non te quita memoria, o uso del amoroso
canto, que me solias co[n]tentar a toda mi voluntad,
37. desto te plega consolarme ya quanto el aima mia, que con la
su persona viniendo aqui, es afanada tanto.
38. (( Amor, que en el mi entendimiento se razona, » començo el
estonçe tan dulçemente, que la dulçor aun dentro me suena.
39. El mi maestro, e yo, e aquella gente, qu'era con el, paresçian
asi contentos, como si a ninguno su entendimiento otra cosa
fuese.
40. Nos andauamos todos firmes e atentos a las sus notas, e aheuos
el viejo honesto gritando : qu'es esto spiritus vagorosos,
41. quai nigligençia e quai estar es este, correr al monte a despojar
vos la inmundiçia que ser non dexa a vos Dios manifiesto.
284 BIBLIOTHÈQUE DÛ MARQUIS DE SANTILLANE
42. Como, quando cogiendo panes o grano, las palomas juntadas a
la vianda, reposadas, sin mostrar el usado orgullo,
43. si cosa aparesçe ondellas ayan miedo, subitamente dexan estar
la vianda, porque salteadas son de mayor cura,
44. asi bi yo aquella mesnada fresca dexar el cantor, fuyr a la
cuesta, como orne que va e non sabe donde se queda.
Ni la nuestra partida fue menos presta.
Paradis. Chant XXXI.
18. La forma gênerai del parayso ya todo el mi acatamiento
auia comprehendido, e en ninguna parte aun firmado la vista.
19. E voluiame con voluntad rreaçendida, por demandar la mi
duena de cosas de qu'el entendimiento mio era suspendido.
20. Uno entendia, e otro me respondio, creya ver Beatris, e vi un
viejo, vestido con la gente gloriosa.
21. Difundido era por los ojos e por los carrillos de benigna ale-
gria en acto piadoso, quai a tierno padre conuiene.
22. i E donde ella ?, de subito dixe yo, onde el •* a terminar el tu
deseo mouio Beatris a mi del logar mio.
23. E si tu miras yuso, en el terçero çerco del sobirano grado, tu
la veras en el canton que sus meritos la surtieron.
24. Sin responder los oios suso leuante, e vila que se fazia corona
refletendo, o lançando, de si los eternos r[ayos].
25. Daquella région que mas suso tuena oio mortal algo tanto non
dista, qualquier en mar mas yuso se dexa,
26. quanto alli de Beatris la mi vista, mas ninguna cosa me fazia
que su figura non desçendiese a mi por medio mixta.
27. O dueûa en quien la mi esperança se leuanta, e que sofriste
por mi salut en infierno dexar las tus pisadas,
28. de tantas cosas quantas yo he visto, del tu poder, e de la tu
bondat reconosco la gracia e la virtud.
29. Tu m'as de sieruo sacado a libertad por todas aquellas vias, e
por todas aquellas maneras, que desto fazer auias el poderio;
30. la tu magnifiçençia en ti guarda, ansi qu'el aima mia, que as
fecho sana, plazible a ti del cuerpo se desbuelua.
31. Asi rogue, e aquella, de tan lexos como paresçia, soriose e
mirome; despues se torno a la eternal fuente.
Ni Colomb de Batines, dans sa Bibliografia Dantesca, ni
Amador de Jos Rios, lorsqu'il parle de Dante, dans l'appendice
do son édition des œuvres du marquis de Santillane consacré
XLVII. DANTE 285
à l'examen de sa bibliothèque, ne mentionnent le manuscrit
Ii-110. La traduction, comme on l'a pu voir par les extraits
que nous en avons donnés, n'est pas dépourvue de mérite,
elle est même par endroits assez réussie et presque partout
d'une fidélité qui tient plus du calque que de la version
littéraire. De temps à autre aussi ce procédé, et l'incorrec-
tion des ligatures du texte italien, font commettre au tra-
ducteur de monstrueux contresens. Ainsi quand il rend :
a . . . forbendola a5 capelli
Del capo ch' egli avea diretro guasto »
par : « Jeruiendo los cabellos de la cabeça de aquel que
ténia el colodrillo gastado. » Ou bien lorsqu'il traduit :
« ... ma Fiorentino
Mi sembri veramente quand' io t' odo »
(le ms. porte quandio todo) par : « mas fiorentino me semeias
verdaderament del todo. » Ou mieux encore ici où Dante a
dit:
« Chè se il conte Ugolino avea voce
D'aver tradita te délie castella,
Non dovei tu i figliuoi porre a tal croce,
Innocenti facea l'età novella (le ms. porte lieta}
c'est-à-dire faceali età)
Nouella Tebe ! Uguccione e il Brigata
E gli altri duo che il canto suso appella »
et où la traduction porte : « Que si el conde Ugulino auia
la boca de auer vendido a ti de tus aldeas,, non deurias tu
los fijos poner a tal martirio. Innocentes/oaï'att alegve caento,
cuento tal, Ughicion, e el Brigata, e los otros dos quel canto
arriba nonbra. »
Et maintenant il nous reste à rechercher qui a pu être
l'auteur de cette première version castillane de la Divine
Comédie ? On sait que le marquis de Santillane avait, dans
sa jeunesse, demandé à son ami Enrique de Villena une
traduction du divin poème. Et c'est même tout ce que,
jusqu'ici, on a su de cette traduction. Enrique de Vil-
lena nous a donné lui-même ce renseignement dans une
des gloses dont il a illustré les trois premiers livres et le
Prohemio de sa version de Y Enéide. Voici en quels termes
il s'exprime : « Aqui dize que tardo en fazer esta traslaçion
un aîïo e doze dias, este ano entiéndese solare losdiasnatu-
28C) BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS ÛE SANTÏLLANE
raies, ii demostrar que lagraveza de la obra requeria tanta
dilaçion : mayormente mesclandose en ol J;t muchos des-
torvos, asi de caminos como de otras ocupaçiones en que le
cunplia de entender. E porque mas entienda que conti-
nuandose syn inmediata interpolaçion se fazia mejor, dize
que durante este tiempo fizo la treslaçion de la comedia de
Dante, apreces de Yfiigo Lopez de Mendoça, e la retorica
de Tullio nueva, para algunos que en vulgar la querian
aprender. E otras obras mejores de epistolas, e arengas, e
proposiçiones, e prinçipios en la lengua latina, de que fue
rogado por diversas personas, tomando esto por solaz en
eonparaçion del trabajo que en la Eneyda pasava, e por
abtifiar el entendimiento, e disponer el principal trabajo
de la dicha Eneyda. E pues por ella fue fecho, en ella fue
despendido ; e fue començada ano de mil] e quatroçientos e
veynte e siete, a veynte e ocho dias de Setienbre(l).» C'est
donc entre le 28 septembre 1427 et le 10 octobre 1428 qu'a
été faite la traduction de Dante de Don Enrique de Aragon.
Amador de los Rios (Historia Critica, t. VI, p. 256,
n. 2), M. Menéndez y Pelayo (Antologta depoet. Ur. cast. ,
t. V, p. xlvii) et, avant eux, Pellicer (Ensayo, p. 75) dé-
plorent la perte de cette version. Le plus récent biographe de
Villena, M. Cotarelo (Don Enrique de Villena, p. 90-99),
déclare, lui aussi, qu'il faut se résigner à compter la traduc-
tion de Dante parmi les œuvres perdues de Don Enrique
de Aragon. L'éditeur de YArte Cisoria (2) de Don Enrique,
M. Navarro, veut voir dans la traduction glosée du premier
chant de l'Enfer, conservée à FEscurial dans le manuscrit
S. 11-13, la version d'Enrique de Villena. Mais cette opinion,
combattue par M. Cotarelo et qu'Amador de los Rios et
M. Menéndez y Pelayo, en parlant du manuscrit de l'Es-
curial, avaient rejetée eux aussi, ne résiste pas au simple
examen des faits. L'auteur de la version du premier chant
de la Divine Comédie, qui se trouve dans le manuscrit S-II-
1. Bibliothèque Nationale, Madrid, ms. Hh-32 foi. 19 v" A.et 20 B.
Ailleurs fins. XI 1 1 -o2, fol. 17), Enrique de Villena dit expressément,
toujours à propos de la traduction de Y Enéide', « Eaun otras traslaçiones
que durando ese mismo fciempo fiçe, ansi como la Co/aedla de Dante,
que vulgaricè en prosa, castellana* »
2. Madrid et Barcelone, 1879.
XLVII. DANTE 287
13, déclare qu'il s'arrête à la fin du premier chant, bien qu'il
ait eu l'intention d'en traduire trois. D'ailleurs, il croit, dit-
il, en avoir fait assez pour permettre au lecteur de se rendre
compte si entiende la lengua toscana. Des préliminaires
grammaticaux et un commentaire achèvent de donner à
cette version un caractère scolaire. Or, il ressort de la glose
de Y Enéide qu'Enrique de Villena traduisit la Divine Co-
médie en entier ; ce n'est donc pas lui qui est l'auteur de la
version de l'Escurial.
Nous croyons avoir retrouvé dans le ms. Ii-110 la version
en prose de la Divine Comédie que Enrique de Aragon fit
pour le marquis de Santillane. En effet, qui connaît le style,
si caractéristique, de Don Enrique et ses procédés de tra-
duction aura été frappé, à la lecture des morceaux cités,
de tournures et d'expressions comme : una espesura o silua
de arboles obscurci; selua, salua, saluaje; dezir siquier
explicar como; mudo o ronco ; porque no sales o subes;
nunca finche ni farta ; por el tu mejor yo pienso e deter-
mino ser ati bien, etc.
C'est bien là le vocabulaire du traducteur de Virgile ;
quant au style, il porte ici l'empreinte italienne, comme
dans Y Enéide l'empreinte latine, c'est le procédé du calque
qui lui imprime cette allure. Dans les deux versions, même
tendance à forger des mots, même alignement de syno-
nymes. Le manuscrit Ii-110 appartient au vieux noyau de
la bibliothèque Osuna, il a fait partie de la libreria de Gua-
dalfajara, fondée par le marquis de Santillane ; les notes
marginales de la main d'Inigo Lopez ne laissent subsister
aucun doute à cet égard. L'écriture et la langue de cette
traduction sont de la première moitié du XVe siècle. La
disposition de cette version, écrite sans ordre au bord du
texte italien, en profitant des marges supérieures et in-
férieures, quand les marges latérales sont insuffisantes, les
corrections de style et de mots, la hâte et la négligence dont
le traducteur a fait preuve, démontrent que c'est là un
travail hâtif, écrit au courant de la plume, pour donner
une idée du contenu de l'œuvre de Dante et sans grand
souci de forme. Tout cela n'e^pliquerait-il pas l'absence de
copies de cette version ? Le traducteur, conscient des im-
perfections de son travail, envoie à l'ami, pour lequel il l'a
288 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANË
entrepris, le manuscrit même sur lequel il a travaillé, to-
mando esto por solaz en conparaçion del trabajo que en la
Eneyda pasava. Nous croyons donc, en nous fondant sur
tout ce qui précède, pouvoir maintenir, sans témérité, l'attri-
bution que nous avons faite à Enrique de Villena de la tra-
duction complète de la Divine Comédie, conservée par le
manuscrit qui nous occupe.
Afin que le lecteur puisse juger par lui-même l'intérêt
des notes marginales de ce manuscrit, nous allons les re-
lever ici dans Tordre où nous les avons trouvées. Nous
désignerons par la lettre a les corrections de l'anonyme, par
e. d. v. la traduction d'Enrique de Villena et par i. l. d. m.
les corrections et les remarques d'Ifïigo Lopez de Mendoza.
Nous avons dit plus haut que le premier feuillet de ce ma-
nuscrit avait été refait ; il échappe par conséquent à notre
examen.
Fol. 2. Enfer. Chant I.
V. 89. a aiutami da lei (1) famoso e sagio »
V. 100. (( Molti son gli animali a cui s' amoglia,
(2) e piu serano anclior in fin ch7el ueltro
uerra che la fara morir con doglia (3). »
V. 103. « Questi non cibera terra ne peltro (4). »
V. 105. « e soa nacion sara tra feltro e feltro (5). »
V. 106. « Di quela humile ytalia fie (6) salute »
V. 110. « fin che V aura remesa (7)ne lo' nferno »
la donde inuidia prima dipartilla (8) »
V. 112. (( Ond 'io per lo tuo meglio (9) penso e discerno »
Fol. 2v°.
V. 115. « Oue tu udirai le desperate strida
uederai li antichi spirti dolenti
1. « Con quien se casa. » — A.
2. « E mas seran aun fasta qu'el mastin venga. » — A.
3. « Muchas son las animalias a quien se ju[n]cta, e mas seran fasta
qu'el galgo venga que la fara morir con dolor. » — E. d. V.
4. «Métal. » - I. L. d. M.
5. « Entre almana e ytalya, que son dos vyllas llamadas asy feltro e
feltro.» — I. L. d. M.
6. « Sera. » — A.
7. (( Uetornata. » — A.
8. " La enbyo prymero. » — I. L. d. M.
9. « Mejor. » I. L. d. M.
XLVII. DANTE 289
che la seconda morte (1) ciaschun grida (2). ))
V. 118. « Poi uederai collor (3) che son contenti»
V. 121. « Aie quai poi se tu uorai (4) sallire
anima fiepiu di me dengna (5), (6). »
V. 124. (( Che quelo imperador che la su régna (7)
perche fui rebellante a la sua legie,
non uol ch' en soa cita per me se uegna (8) »
V. 127. « In tute parte imperia e qui ui régie (9)
qui ui la sua cita e Y alto seggio (10)
o felice chui iui eleggie! (11) »
V. 136. « Alor (12) si mosse e io li tieni rétro »
Chant IL
V. 2. a toglieua (13) gli animali che sun in terra
da le fatiche loro; e io sol uno (14) »
V. 6. (( che ritrara la mente, che non erra (15). »
V. 8. (( o mente che scriuisti cio ch' io vidi (16) »
V. 11. « guarda la mia virtu s'ela e possente (17) »
V. 13. (( Tu dici che di siluio il parente (18),
corruptibile anchor, acl immortale (19)
siecolo ando, e fu sensibelmente. »
1. « La seconda muerte es que las animas piclen el dia del juyzio que
venga, para que padescan las culpas que pecaron. » — A.
2. « Grytos que meten las animas trystes. » — I. L. d. M.
3. « Aquellos. » — A.
4. « Querras. » — A.
5. « Aima fallaras mas digna de mi para esto. » — E. d. V.
6. « Anima que sera mas digna que la mia. » — I. L. d. M.
7. « Que suso reyna. » — I. L. d. M.
8. « Çyutad, que yo vaya. » — I. L. d. M.
9. « E aqui ryge. » — I. L. d. M.
10. «Cadyra. » - L L. d. M.
11. (( O bienauenturado aquel que para tal logar elige. » — E. d. V.
O bien auenturado es aquel que para alli es elegido. » — A.
12. « Estonçes. » — I. L. d. M.
13. « Levava. » — I. L. d. M.
14. « De los trabaios dellos e yo solo uno. » — I. L. d. M.
15. « Que contara la rrazon que non mentyra. » — I. L. d. M.
16. « O entendymiento que escreuiste . » — I. L. d. M.
17. (( [Virtu]te sy ella es poderosa. » — I. L. d. M.
18. « Tu dizes qu'el paclre de siluio, siendo aun en el cuerpo corrup-
tyble, lue al incorruptible mundo sensiblemente. » — E. d. V.
19. « Tu dizes que eneas fue al siglo e infierno inmortal sensible-
mente. » — A.
19
290 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Foi. 3 V°.
V. 88. a Terrier se dee di sole quelle cosse
ch' arino potericia di faraltrui maie:
de Taltre non, clic non son spaurose (1) »
Fol. 7. Chant IV.
V. 70. (( E queli a me : honorata nominanca.
che di lor suona su ne la tua uita,
gracia acquista nel ciel che si li auança (2). »
Fol. 9v°. Chant V.
V. 100. (( Amor, ch'al cliuor gentir (3) rato s' apprende,
preise costui de la bella personna
che mi fu tolta, e il modo ancor m' ofende (4) »
V. 103. ft Amor, ch'a nullo amato amar perdonna,
mi prese de costui piacer si forte,
che, como uide, ancor no m'abandonna (5)»
V. 121. (( E quela a me : nessum magior dolore,
che rioordassi dil tempo fellice,
nela miseria, e cio sa il tuo doctore (6). »
Fol. 12. Chant VII.
V. 61. « Or poi, figliuolo, ueder la cor ta buffa
di beni^ chi son comessi a la fortuna,
per che l'umana giente si rabuffa »
V. 64. (( Che tutto l'oro, che e soto la luna,
e che gia fu, diqueste anime stanche
none potrebe farne passar una. »
V. 67. (( Maestro mio, dis'io, or mi di anche :
questa fortuna, de che tu mi toche,
che e, che i ben del mondo ha si tra branche? »
V. 70. « Et egli a me : oi créature sioche
quanta ignoranza e quela che u7 ofende !
or uoi che mia sciença tu n' emboche; (7), (8) ))
1. I. L. cl. M.
2. « Nota marauillosa opinon. » — I. L. cl* M.
3. « genti/. » — I. L. d. M.
4. I. L. d. M.
5. I. L. d. M.
6. I. L. d. M.
7. « E el a mi : o criaturas .s loch euentias*
quanta ignorançia es aquella que vos ofende
agora quiera que mi sentencia tu n'e[m]boche. » — E. d* V*
8. « ayas en tu boca. » — A (?)
XLVII. DANTE 291
V. 73. (( Colui, lo cui sapper tuto trasciende,
feci li cieli, e die lor chei conducie,
si c' ogni parte ad ogni parte splende, »
V. 76. (( Distribuendo ingualmente laluce
similemente a li splendor munclani
ordino gênerai ministra e cluce, »
V. 79. (( Clie permutasse a tempo li ben uani
cli giente in giente, e d' uno innaltro sangue,
oltra la diffensione dei senni liumani (1). »
Fol. 12 v°.
V. 94. (( Ma ella e si beata, ecionon odde,
col' altre prime créature lieta
uolue sua spera, e beata sigodde (2) ))
Fol. 15 v°. Chant IX.
V. 97. (( Che gioua ne la fat ta dar di coçço ?
cierbero uostro, si ben ui ricorda,
ne porta ancor pellato il mento el goçço (3) »
Fol. 25 v°. Chant XV.
V. 67. (( Vechia fama nel mondo li chama orbi ;
giente auara, inuidiosa e superba,
da' lor costumi fa che tu te forbi (4) ))
Fol. 40 v°. Chant XXIV.
V. 16. (( Cossi mi feci sbigotir lo maestro,
quand' io li uidi si turbar la fronte,
e cossi tosto al mal giunse Tempiastro (5). »
V. 46. (( Ornai conuien che cossi ti spoltre,
disse 'imaestro; che, segiendo in piuma,
in fama non si uien ne sotto coltre ; »
V. 49. (( Sença la quai, chi soa uita consuma,
cotai uestigio in terra de se lascia,
quai fumo in aère, e in acqua la schiuma. »
V. 52. « E pero leua su, uinci Y ambascia
1. I. L. d. M.
2. « Aristotyl, en el IX de la metaffissyca, non conuienedezyr assy es,
mas porque es. » — I. L.d. M.
3. I. L. d. M.
4. I. L. d. M.
5. « Nota.» — I. L. d. M.
292 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
con r animo che uince ogne bataglia,
se col suo graue corpo non s1 acascia (1.. »
Fol. 41.
V. 76. (( Al Ira risposta, disse, non ti rendo,
se non lo farc; che la dimanda honesta
si de seguire con Y opéra taciendo (2) . »
Fol. 41 v°.
V. 106. « Cossi per li gram sauii se confessa
che la fenicie muori, e poi rinascie,
quando al cinquecentesmo ano s1 apressa (3). »
Fol. 46 v°. Chant XXVII.
V* 67. (( lo fui huom d' arme, e poi fu' cordelero,
credendomi, si cinto, far amenda;
e cierto il creder mio uénia intriero (4), »
V. 70. « Se non fosse il gran prête, a cui mal prenda,
che mi rimisse nele prime colpe,
e corne e quare uoglio che m' intenda. (5) »
Fol. 47.
V. 79. (( Quando mi uidi giunto in quela parte
di mia etate, oue ciaschun deurebe
callar le uelle e. racoglier le sarte, »
V. 82. « Cio che pria mi piaque, alor m' increbbe,
e pentuto e confesse mi rendei ;
ai miser lasso! egiouato serebbe(6). »
Fol. 49. Chant XXVIII.
V. 106. « Grido : ricordera' te ancor del moscha,
che disse, lasso! : capo a cossa facta;
che fu il mal sieme per la giente toscha (7). »
Fol. 50 v°. Chant XXIX.
V. 88. « Dine s'alcun latin e tra costoro,
1. « Nota. ))— I. L. d. M.
2. «Nota. »— I. L. d. M.
3. « Nota del ft'eniçe. » —I. L. d. M.
4. « Nota de guido de monteffeltro conde. » — I. L. d. M.
5. « Boriiffaçio papa. » — I. L. d. M.
6. « Nota como todo onbre, en la madura edat, deue çesar ei malbeuir,»
— I. L. d. M.
7. I. L. d. M.
XL VII. DANTE 293
che son quic'entro, se 1' ongie ti basti
eternalmenti a cotesto lauoro(l). »
Fol. 53 v°. Chant XXX.
V. 142. a Magior clifetto men uergogna laua,
dise '1 maestro, che '1 tuo non e stato;
per ho (T ogni tristicia ti disgraua (2). »
Fol. 55 v°. Chant XXXII.
La traduction des vers 4-6, qui forment le deuxième ter-
cet de ce chant, est si pâlie que le Marquis, déjà, avait jugé
utile de la récrire en marge, de sa propre main, sans rien
changer à la leçon d'Enrique de Villena : « yo esprimire, de
mi conçebto, el çumo mas llenamente, mas porque yo no las
tengo, nosin temer a dezir me pongo. »
Fol. 59 v°. Chant XXXIII.
V. 151. (( Hay gienoueisi, homini diuersi
cV ogni costume, epien d' ogni magagna,
perche non siete uoi del mondo spersi (3) ? »
Fol. 65 v°. Purgatoire. Chant III.
V. 7. (( El mi parea da se stesso remorso ;
o degnitosa consciença e netta,
corne t' e piciol fallo amaro morso ! (4) »
Fol. 66 v°.
V. 37. « State contenti humana giente al quia (5),
che se possuto auessi ueder tutto,
mistier non (n)era partorir maria (6). »
Fol. 66 v°.
V. 73. « O ben finiti o gia spirti ellecti,
uirgilio comincio, per quela pace,
ch' io credo che per uoi tuti s' aspeti, (7) »
V. 86. « di quela mandria fortunata allotta (8), »
1. « Nota grant ssabrosia. » — I. L. d. M.
2.1. L. d. M.
3. I. L.d. M.
4. 1. L. d. M.
5. I. L. d. M.
6. I. L. d. M.
7. (( Mandrya es manada de bestias. » — I. L. d. M.
8. I. L. d. M.
294 BIBLIOTHÈQUE DU MAHQUIS DE SANTILLANE
Fol. 67.
V. 133. (( Perlor malledicion ia non se perde,
ehe non possa toraar 1' eterno amore,
mentre che la sperança <\ fiordil uêrde (1). »
Fol. 68 v°. Chant IV.
V. 88. « Etegliame: questa montagnae taie,
che semper a li cominciar di sotto e grauo,
e quanto 1' nom ua piu su, e men fa maie (2). »
Fol. 69. Chant V.
V. 13 (( Vien drietro a me, e lascia dir la gienti,
sta corne torre ferma, che non crola
giamai la cima per sofîiar di uenti (3). »
Fol. 71. Chant VI.
V. 13. « Qui ui eral'aretino, che da le brada (4)
fiere di ghino di tacho ebbe la morte,
e T altro che anego (5) correndo en cacia. »
V. 16. (( Qui ui pregaua con le mani sporte (6) »
V. 20. « Dal corpo suo per astio (7) e per inuegia, »
V. 24. « si che pero non siade pegior gregia (8). »
Fol. 72.
V. 76. « Hay serua italia e di dollor ostello,
naue senza nochiero in gran tempesta,
non donna di prouincie ma bordello (9) ! »
V. 79. a Che ualle, perche ti raconciasse ilfreno
1. I. L. d. M.
2. I. L. d. M.
3. (( Nota este v. e estotro versso que fablan de ffortaleza, de estabi-
lidat, e de essecuçion. » — I. L. d. M.
4. « De los braços. » — I. L. d. M.
5. « Anego ; este ffue Tarrlato de piedra mala, natural de la çiudat de
Areço, el quai sse anego en Arrno rio. » — I. L. d. M.
Cette note du Marquis est encadrée de deux notes A ayant trait Tune
aux vers 17 et 18, l'autre aux vers 22-24. La première commence : « El
Conde Golino (lisez Ugolino), tirano, mando matar a un fijo de Mar-
chuso (lisez Marzucco), denegandole sepultura etc. » La seconde parle
de : a Pedro de la Brocia (Pierre Labrosse), criado del rrey Philipo di
Francia, el lermoso, fizo lo morir, por enuidia, su muger, fija del Duc de
Brauante, e dize el auctor, etc. »
6. « Esparzidas. » — I. L. d. M.
7. « Enojo. » — I. L. d. M.
8. « Conpaîiia. » — I. L. d. M.
9. I. L. d. M.
XL VII. DANTE 295
iustiniano, se la sella e ùota?
senç'esso fora la uergogna meno (1). »
Fol. 72 v°.
V. 115. a Veni a ueder la giente quanto s' ama;
e se nula di noi pieta ti moue,
a uergognar ti uiende la tua fama. »
V. 118. (( E se licito m' e, o sommo joue
chi fosti in terra per noi crucifixo,
son li giusti ochi tuoi riuolti altroue? »
V, 121. (( O e preparacion, che nel' abisso
del tuo consiglio fai, per archun bene
in tutto dil' acorger nostro scisso ? -»
V. 124. a Che le citta cVitalia tutte piene
sum di tiranni ; e un martel diuenta
ogni uilam che partegiando uiene, »
V. 127. (( Fiorençe mia, ben poi esser contenta
di questa disgression chi non ti tocha,
merce dil popol tuo che si argumenta. »
V. 130. a Molti anno giusticia in chore e tardi s[c]ocha,
per non uenir sença consiglo al' arclio,
ma '1 popol tuo Y a in sommo de la bocha (2) . »
Fol. 74. Chant VIL
V. 73. (( Oro e argento fino cocha e biacha,
indico legno (3) lucido e sereno,
frescho smaraldo in P ora che si fiacha, »
V. 76. (( DaF erba e da li fiori, dentr'a quel seno
posti, ciaschuno sariadi collor uinto,
corne dal suo magior e uinto il meno. »
V. 79. (( Non auea pur natura iue dipinto,
ma di soauita di mile odori
ui facea uno incognito e indistinto. ))
Ce feuillet, sur lequel sont écrits les vers 61-99 du chant
VII,, porte dans la marge inférieure la note suivante de la
main du Marquis : « Claudianus dicit quia pressencia
ffamam minuit. » A quoi se rapporte cette note? Peut-être
aux vers 88-91 .
1. I. L.d.M.
2. I. L.d.M.
3. « Deindia madero. » — I. L. d. M.
296 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
V. 88. « Di questo balço meglioe gliattiei uolti
cognoscereti uoi di tutti quanti,
che ne la lama giu tra essi accolti. »
Fol. 80. Chant X.
V. 121. « 0 superbi criôtiani, miser i, (assi,
che, de la uista de la mente infermi,
(idança aueti neiritrosi passi, »
V. 124. a Non u* acorgiete uoi, che nu siam uermi
nati a formar 1' angelica farfala,
che uola a lagiusticia senza schermi? ))
V. 127. « Di chel' animo nostro in alto galhi ?
poi sete quasi automata in deffetto,
si corne uermo, in oui formacion falla ? (1) »
Fol. 81 v°. Chant XI.
V. 91. « O uana gloria de le humane posse,
corn' puocho uerde su la cima dura,
se nonn e giunta dal' ectati grosse ! (2 »
V. 100. « Non e' 1 mondan remor altro che un fiato (3) »
Fol. 83. Chant XII.
V. 70. « Or superbite, e uia col uisi alteri,
fîglioli d' eua, non china ti il uolto,
si che uegiati i uostri mal pensieri (4). »
Fol. 87. Chant XIV.
V. 67. « Corne al' anuncio dei dogliosi danni
si turba il uiso di colui c' ascolta.
da qualche parte i perigolosi afïanni (5) ; »
Fol. 88.
V. 145. (( Ma uoi tenete 1' escha si cheT amo
deF antico auersaro a se ui tira ;
e pero pocho ual freno e richiamo (6). »
Fol. 90 v°. Chant XVI.
V. 58. (( Lo mondo e ben cossi tutto diserto
1. I. L. d. M.
2.1. L.d. M.
3. I.L. d. M.
4. I. L. d. M.
5. I. L.d. M.
6. I. L. d. M.
XLVII. DANTE 29^
d' ogni uirtute, corne tu mi sone,
e di malicia grauido e couerto (1). »
Fol. 91.
V. 70. (( Se cossi fosse, in uoi fora distrutto
libero arbitrio, e non fora giusticia
perben, lçticia, e per mal auer lucto. ))
V. 73. (( Lo cielo i uostri mouimenti inicia,
non dicho tutti, ma posto ch' il dica,
lume u? e dato a bene et a malicia, »
V. 76. (( E libero uoller che s'afaticha
ne le prime bataglie col ciel dura,
poi uince tutto, se ben se nutricha (2). »
V. 97. (( Le legi son, ma chi pom man ad esse?
nulo, peroche '1 pastor che presiede
ruminar po, ma nonn al' unchie fesse. »
V. 100. a Perche la giente che sua grida uede
par a quel ben fedir ond' ela e giota
di quel si pascie e piu oltre non chiede. »
V. 103. (( Ben poi ueder che la mala condocta
e la cagion che '1 mondo a facto reo,
e non natura, ch'efn] uoi sia corocta (3). »
Fol. 92. Chant XVII.
V. 13. (( 0 ymaginatiua, che ne rube
tal uolta si di fuor, ch' om non s' acorgie,
perche d' intorno suoni[n] mille tube (4), »
Fol. 92 v°.
V. 58. « Si fa con noi, corne Y uomsi fa siegho,
che quale aspetta prego e Tuopo uede,
malignamente gia si mette al niegho (5). »
Fol. 93.
V. 100. (( Ma quando al mal si torze, o con piu cura,
o con men che non dee, corre nel bene,
contra '1 factore adorna sua fatura . »
1.1. L. d. M.
2. I.L. d. M.
3. L L. d. M.
4.1. L. d. M.
5.1. L. d. M.
298 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DR SANTILLANE
V. 103. <( Quinci comprender poi ch' esser conuene
amor sementa in uoi (Y ogni uirtute,
e cl' ogni operacion che merta bene . »
V. 106. a Or perche mai non po da la salute
amor del suo sogieto uolger uiso,
dal' odio proprio son le cosse tute : »
V. 109. (( E perche intender non si po diuiso,
e per se stante, alcuno esser dal primo,
da quelo odiare onne effeto e diciso 1). »
Fol. 93 v°.
V. 130. « Se lento amor a lui ueder ui tira
oalui acquistar, questa cornicc,
dopo giusto pentir, ue ne martira (2). »
Évidemment tout ce raisonnement de Virgile sur l'amour,
source de toute vertu et de tout vice, a vivement frappé le
marquis de Santillane.
Fol. 96. Chant XIX.
V. 25. « Ancor nonn era sua bocha richiusa,
quando una dona [apparue] santa e presta (3)
longheso me, per far colei confusa. »
L'oubli du mot apparue, dans le vers 26, n'avait pas échappé
à don Tnigo Lopez de Mendoza.
Fol. 97 v°. Chant XX.
V. 7. (( Che la giente, che fonde a goccia a goccia
per gli ochi il mal, che tutto '1 mondo ocupa,
dal' altra parte in fuor troppo s' aproccia. »
V. 10. (( Maledetta sie tu, anticha luppa,
che piu cha tutte le altre bestie ai preda,
per la tua famé senza fine cuppa ! »
V. 13. (( Oy ciel, nel cui girar par che si creda
le condecion de quagiu trasmutarsi,
quando uerra per cui questa disceda ? (4) »
Fol. 98.
V. 19. « E per uentura udii : dolce maria ,
1.1. L. d. M.
2. I. L. d. M.
3. « M'aparesçio. » — I. L. d. M.
4. I. L. d. M.
XL VII. DANTE 299
dinanci a noi chiamar, cossi nel pianto
corne fa donna ch'en parturire sia (1). »
Le Marquis fait ici allusion au dezir d'Impérial, composé
à l'occasion de la naissance du roi Don. Juan, à Toro, en
1405, où Ton trouve en effet les vers suivants :
« Oy en boz alta: o dulce Mary al
A guisa de dueïïa que estava departo(2). »
V. , 25. (( Seguentemente intesi : o buon fabricio,
con pouerta uolesti anci uirtute,
che gran richeça posséder con uicio (3). »
Fol. 102. Chant XXII.
V. 28. (( Veramente piu uolte apairon cosse,
che danno a dubitar falsa matera,
per le uere cason che son nascose (4). »
Fol. 104 v°. Chant XXIII.
V. 91. « Tanto e a dio piu cara e piu diletta
la uedouela mia, che moltoamai,
quanto in ben opperar e piu soleta. »
V. 94. (( Che la barbagna di saldigna assai
ne le femene sue piu e pudicha,
• che la barbagiadou 'io la lasciai. »
V. 97. a O dolce frate, che uoi ti ch' iodica ?
tempo forturo m'e gia nel conspeto,
cui non sera questa hora molto anticlia, »
V. 100. « Nel quai sera in pergamo interdeto
a le sfaciate donne florentine
T andar mostrando con le poppe el petto. »
V. 103. (( Quai barbare fuor mai, quai saracine,
cui bisognasse, per farle ir coperte,
o spirituali o altre discipline ? »
N. 106. (( Ma se le suergognate fuser cierte
de quel ch' el ciel ueloce lor ammana,
gia per urlar auriam le boche aperte. »
V. 109. « Che se Y antiueder qui non m' ingana,
1. « Nota miçer ffrançisco inperial. » — I. L. d. M.
Z. Cf. Cancionero de Bacna, édit. Michel, t. I, p. 199-200,
3. I. L. d. M.
4. I. L. d. M.
300 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DR SANTILLANE
prima fier triste che le guancie impeli
que lui che mo se convoi la con nan;i »
V. 112. « De frate, fa che piu non mi ti cieli,
ueddi che non pur io, ma questa giente
tutta rimira la doue il sol ueli (1). »
Fol. 111. Chant XXVI.
V. 140. « Tarn m' abelis uotre corteis deman,
ch' en n'en pos, ne uoil a uos cobrire :
ie sui arnalt, che plor e uai cantan (2). »
Fol. 114 v°. Chant XXVIII.
V. 139. « Queli, che antichamenti poetaro
Teta di loro e suo stato felice,
forsa in parnaso esto luogo sognaro. »
V. 142. « Qui fu inocente Y umana radice,
qui primauera sempre e ogni frutto,
netar e questo di che ciaschun dice. »
V. 145. (( Io mi riuolsi dietro alora tutto
ai meipoeti, e uidi che con riso
udito aueano Y urtimo constructo (3) . »
Fol. 116 v°. Chant XXIX.
V. 118. « Quel dil sol, che ando sui fu combusto,
per T oracion di la terra diuota,
quando fu ioue archanamente giusto. »
V. 121. « Tre donne in giro de la dextra ruota
uenian danzando, Y una tanto rossa
ch? apenna fora dentro al fuocho nuota (4) ; »
V. 124. « Altra era corne se le carni e Y ossa
fusero state di smeraldo fatte,
la terçaparea neue teste mossa (5). »
Fol. 118. Chant XXX.
V. 70. <( Regalmente ancor neF atto proterua
continuo, corne colui che dice,
e '1 piu caldo parlar dietro riserua : »
1- I. L. d. M.
2. I. L. d. M.
3. I. L. d. M.
4. (( Nota de las virtudes. » — I. L. d. M.
5. Ces trois vers (124-126) se retrouvent écrits, de la main du Marquis,
au verso du feuillet 201.
XL VII. DANTE 301
V. 73. « Guardaci ben, ben son, ben son beatrice.
corne degnasti d' acedere al monte ?
non sapei tu che qui e Y om felice?(l) »
V. 79. (( Cossi la mader al figlio par superba,
com' ela parue a me; perclie d'amaro
sente 71 saporde la pietate acerba (2). »
Fol. 118 v°.
V. 115. (( Questi fu tal ne la sua uita nuoua
uirtualmente, c' ogni habito dextro
fatto aurebe in lui mirabil proua (3) . »
Fol. 119 v°. Chant XXXI.
V. 139. « 0 spiandor diuina luce eterna,
che pallido se feci sotto Y ombra
si di parnaso si nebe' in sua cisterna(4). »
Fol. 124. Chant XXXIII.
V. 64. a Dorme lo gegno tuo, se non extima
per singular cagion esser excelsa
lei tanto, e si trauolta ne la cima(5). »
Fol. 136. Paradis. Chant V.
V. 40. (( Apri la mente a quel ch' io ti paleso,
e fermalui entro ; che non fa scienca,
sença lo ritenere, auer inteso (6) . »
Fol. 140. Chant VII.
V. 25. a Per non sofrire a la uirtu che uole
freno a suo prode, quel huom che non nacque,
dannando se, danno tut ta sua proie (7). »
Fol. 143 v°. Chant IX.
V. 10. « Hai anime ingannate e fatture empie,
che da si fatto bene torcieti i euori,
driçando in uanita le uostre tempie ! (8) »
1. I. L. d. M.
2. I. L. d. M.
3. « Nota mirabil loor de beatriz adante. » — I. L. d. M.
4. I. L. d. M.
5. I. L. d. M.
6. « O nota notable dicho. » — I. L. d. M,
7. « Adan non naçio. » — I. L. d. M.
8. I. L. d.M.
302 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Fol. 146. Chant X.
Ce feuillet porte les tercets dans lesquels Dante raconte
comment il se vit soudain transporté dans le soleil. Dans
la marge inférieure de ce feuillet se trouve une longue note
de la main du Marquis, elle est incomplète et pour lire ce
qui en reste nous avons dû employer les réactifs. Cette note
se rapporte plus particulièrement aux vers 47-49-
V. 47. « E se le fantasie nostre son basse
a tan ta alteça, non ne miraueglia,
chesopra il sole non fu occhio ch'andasse (1). »
Fol. 149. Chant XI.
V. 102. « predicho xpoe gli altri eh' il seguiro, »
V. 103. (( E, per trouare a conuersion acerba
troppo la giente, per non star indarno,
redisse al frutto de la ytalica erba (2) . »
Fol. 150. Chant XII.
V. 49. « Non molto longie al percuoter del' onde,
dietro a le quali, per la longa foga,
lo sol tal uolta ad ognon si nasconde (3), »
V. 52. « Siede la fortunata chalaroga,
sotto la proptecion del grande scudo,
in che sogiacie il leon a sogioga (4). »
Fol. 158. Chant XVI.
V. 46 « Tutti colloro ch7 a quel tempo eran uiui
da portar arme, tra 71 e '1 batista,
erano 71 quinto di quei chi or son iui (5). »
A partir du feuillet 158, toute trace de la lecture du
Marquis disparaît, comme aussi toute correction, et nous
ne trouvons plus dans les marges des feuillets 158 v° et 160
que des mains indiquant certains passages. Ces mains, nous
les avions remarquées déjà dans les marges de Y Enfer et
1 . « Aqui toco dan te, e quiso dar a entender, como los umanos non
deuen curar, ni trabajarsse, de querer entender en los dyuinosssecretos,
ca ssobre el ssol non es vysta de mortal que bastar pueda, quanto mas. . . »
- I. L. d. M.
2. « Nota del bien auenturado ffrançisco. » — I. L. d. M.
3. Le ms. porte au lieu de ad ogni uotn, ad otjnon pour ad ognuno.
4. « Nota del bien auenturado domingo. » — I. L. d. M.
5. I. L. d. M.
XLVII. DANTE 303
aussi dans le manuscrit n° 458 du fonds espagnol de la Bi-
bliothèque nationale de Paris, qui a fait partie de la biblio-
thèque de Guadalajara. (Cf. Notice XLIX.)
Peut-être faut-il attribuer, à la plus grande difficulté de
compréhension du Paradis, l'absence des signes admiratifs
dont le marquis de Santillane a illustré les autres parties
du poème.
Le texte italien de ce manuscrit n'est pas dépourvu
d'importance. D'abord sa date de 1354 en fait un « vieux
Dante », et puis il présente d'autres particularités. Son
écriture appartient à l'Italie septentrionale. Et ses leçons
ne se rattachent pas à la pure tradition toscane, on
trouve dans la langue du copiste des formes dialectales
telles que : riceive, corteise, preise, un picem JumaeUo,
roiiata, megio, Jigia, hugia, cascaum, per sonna, per-
donna, etc , qui révèlent le génois et semblent désigner Gênes
comme patrie de ce manuscrit, ou au moins de son copiste (1).
Ce caractère dialectal, rapproché de la date (1354), donne
à ce volume un intérêt spécial, abstraction faite du mérite
cle la version castillane qu'il contient et des notes auto-
graphes du Marquis. Que ce manuscrit ait pu arriver
par Barcelone, aux mains d'Enrique de Villena, cela n'a
rien qui doive nous étonner, mais il est plus surprenant
qu'un Génois, dédié sans doute, comme tous les siens, au
commerce et à la banque, ait eu assez de goût et assez de
temps pour copier avec soin le poème d'Alighieri.
E
(Osuna: Plut. V. Lit. N, n°24; Rocam. n° 109; Biblioth. Nat. Madrid,
Ii-122)
Dante Alighieri. Traduction castillane du commentaire
latin de Pietro Alighieri à la Divine Comédie.
Manuscrit de 152 feuillets, plus 3 feuillets blancs au
commencement et 1 à la fin, papier non folioté. Écriture de
1. Nous ne voudrions pas négliger cle remercier ici MM. Rajna et
Parodi, qui ont bien voulu attirer sur ce point notre attention.
304 BIBLIOTHÈQUE DU MAKQUIS DE SANTILLANE
la première moitié du XV" siècle Petites capitales en
rouge, titres noirs, marges étroites. Format 286x215mm.
Reliure de parchemin .
Le texte ouvre par une préface où sont exposés ies sens
de la Comédie et la condition des âmes en purgatoire, avec
des observations sur la forme poétique <it enfin une indica-
tif sommaire du contenu des chants de YEnfer.
Fol. 1. Incipit : « Nel meço del camin : a intelligençia
de la présente comedia, ansi como usan los exponedores en
las sçiençias, son de notai* très eosas, la primera...»
Fol. 2 v° Rubrique : Comiença la exposiçion sobre la pri-
mera cantig a delà Comedia de Dante, poeta Florentino,
conpuesta de mosen Pedro, su Jijo, doctov en decretos e
sçienttfico orne.
Incipit: « Segund que dize el sabio.eclesiastes... »
Fol. 3 v°. Explicit : a el estado de los pecadores e de [os
repintientes e virtuoses. » A la suite : « Otra glosa sobrel
primer capitulo: Ncl meço dil camin /este capitulo con el
siguiente es prohemial. .. »
Fol. 62. Explicit du commentaire à X Enfer : « e nos
lieua a veer las estrellas, que es el estado de la gracia. »
Fol. 63. Rubrique : Comiença la exposiçion del segundo
libro de Dante, que tracta del Purgatorio, esiguese el pro-
logo. Incipit : a Por la rubrica sobre dicha se puede dubdar
de quai Purgatorio entiende el actor. . . »
Fol. 63. v° Explicit de la préface : « la tercera parte en la
quai dise del parayso terrenal. » Incipit : « Per correr mil-
lor acque alça le uele: en este capitulo primero el actor an-
tipone la inuocaçion . . . »
Fol. 118 v°. Explicit du commentaire au Purgatoire :
« de Beatris que es la santa theologia. »
Le prologue du Paradis est confondu avec le chant I,
contrairement à ce qui a lieu pour les préfaces de Y Enfer
et du Purgatoire, mais il ne manque rien au texte.
Fol. 119. Rubrique: Capitulo primo del Parayso. Incipit:
<( La gloria di colui che tucto muoue : sobre la rubrica desta
tercera parte, nota que el actor procède al modo usado... »
Fol. 152. Explicit du commentaire du Paradis : « esto
es por Dios mouiente el çielo e las estrellas. E ansi pone
iïinaqui a la su marauillosa Ë'antasia. »
XL VII. DANTE 305
F
(Osuna:Plut. V. Lit. N, n° 25; Rocam. n° 108; Biblioth. Nat, Ma-
drid, Ii-123)
Dante Alighieri. Traduction castillane du commentaire
latin de Benvenuto da Imola sur V Enfer.
Manuscrit de 187 feuillets, papier, non folioté. Ecriture
du XVe siècle ; on y distingue trois mains différentes : la
première a écrit les feuillets 1-27 ; la seconde les feuillets
28-103 ; la troisième les feuillets 104-187. Format 280x208
mm. Rares notes en marge. Reliure de parchemin.
Fol. 1. Rubrique : Aqui comiença la glosa sobre Dante
en latin, tornada en Romance ; primeramente J'açe pro-
hemio con su thema diuidiclo, e assi continuando face su
proçeso.
Préface. Incipit : « Aquel es mar ondeante, el quai suple
o finche afluentemente e copiossamente los menesteres
de los vinientes de cada parte... »
Fol. 15. Explicit : « esposiçion de laletra. » Rubrique:
Diceel auctor : Aqui comiença la esplanaçion ciel métro.
Incipit : « Nel mezo del camin di nostra bita. ^ Mas quai es
el medio caminode nuestrabida ?... »
Fol. 187. Explicit : a Malaspina, con el quai por entonçe
Dante estaua, por lo quai como el fuese un seilor asaz en-
tendiente... »
Notre manuscrit est incomplet, il ne contient que le com-
mentaire des sept premiers chants de Y Enfer et le com-
mencement de l'exposition du huitième. Ce volumineux
commentaire a-t-il été traduit tout entier? On peut le
croire, en tout cas il y en a eu plus que ce qui nous en reste,
puisque le manuscrit qui nous occupe apparaît nettement
tronqué. Le marquis de Santillanea fait traduire le Purga-
toire de Benvenuto da Imola, il est tout naturel de penser
qu'il aura fait aussi traduire X Enfer et par le même traduc-
teur, qui était de ses familiers.
go
.4H)() BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Voici le commencement du commentaire de Benvenuto:
(Fol. 15.) A qui comiença la esplanaçion del métro» Nel tnezo
del camin cli nostra bita. ;, Mas quai es el medio camino de ouestra
bida? Disenalgunos quel medio de nuestra bida es el suefio, por
quel filosofo, en el primero de las ethicas, dise que no ay diferen-
çia entre los mesquinos e los bien abenturados, segund el medio
de la bida, que es llamado el medio de la bida el suefio. Pues
que assi es es (sic) bisto, el author querria désir el aber abido esta
bision en suenos, mas esto non baie, porque, segund dise el co-
mentator filosofo, por el suefio entiende asy la folgança. Non es
berdad quel orne duerma la mevtad del tienpo. Otros disen quel
medio de nuestra bida es la noche, tanto tenemos en este mundo
de tiniebras quanto de luces, e el autor nuestro obo la bision de
noche. Las bisiones e las sotyles imaginaciones, segund que mas
acaesce, bienen de noche, quando el anima mas se recoge a ssi,
e es mas apartada de los cuydados terrenales. La rason discurre e
considéra en que manera aya espendido su tienpo, e en que cosas,
ca[sî] en banas cosas. Mas aunque esto todo fuera berdad, enpero
non es esta la entincion del auctor aquî, por quel auctor descriue
claramente aquel tienpo un poco abaxo.
(Osuna : Plut. IV. Lit, N, nu 23; Rocam. n° 121: Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-23).
Dante Alighieri. Traduction castillane du commentaire
latin de Benvenuto da Imola sur le Purgatoire, par
Martin Gonçales de Lucena.
Manuscrit de 72 feuillets, plus 3 feuillets blancs au com-
mencement et 2 à la fin, papier réglé, en moyenne à 47 lignes.
Le premier feuillet de ce manuscrit est perdu. Ecriture
du XVe siècle, à deux colonnes. Format 285x220 mm.
Reliure de parchemin.
Fol. 1. [Chant I, v. 22.] Incipit : a ...cubriendo ca era
tan luzia que escuresçia cl signo en que estaua. Io mi : co-
diçia que el primero notable viese la mar siniestra fasa el
medio (lia al polo abstraL ))
Fol. 72 U. Explicit : a e por esto muy mucho bien era
XL VII. DANTE 307
purificado . » Rubrique : Aqui se acabo la glosa del sagrado
poeta myrifico laureado Dante florentin, de memoria escla-
resçidamente perpétua e gloriosa, e interpretolo de la len-
gua latina en la materrna castellana Martin Goncales de
Luçena, maestro en artess e doctor en mediçina, fisico e
sieruo del muy estrenuo e magnifico seflor Yhigo Lopes,
seiïor de Mendoça. Loor sinjîn seay oy e sienpre, a la unOj
trina, infinyta esençia triumpersonalmente e una, esençial
e infiny lamente . Amen,
Fragment de la version castillane du commentaire du Purga-
toire de Benvenuto da Imola :
(Fol. 2). Capitulo segundo de Dante Allegery.
Gia era l sol al orisonte giuncto. Despues que el poeta Dante, en
el capitulo cercanamente passado prohemial, demostro como fuese
metido en el purgatorio, por raano de caton el guarda, agora co-
miença acontar los tractados, e primeramente tracta de la primera
especie, de los négligentes besinos f uera del bercladero purgatorio
et bagantes a cierto tienpo ante que puedan entrar. E aquellos
son los que detardaron faser la penitencia fastala fin de la muerte,
e por causa de la dilacion fue en ellos alguna delettacion del mundo.
Segun que es el canto por algun son (?) mussico, esto se puede
partir en cuatro partes : en la primera, desque un angel, cuyo oficio
es trasportar las aimas que se han de purgar en una navesilla ;
en la segunda, desque una gente de aimas traydas de un angel e
la condicion délias ; en la tercera fase singular mencion de una
anima moderna que era del numéro de aquestas ; en la quarta
conbida a esta aima a cantar dulcemente, cuyo canto se estorvava
por Caton. Biniendo a lo primero digo que desque el angel, e nota
bien esta parte primera, e ante que describa este angel, per
mite una describcion de tienpo e lugar e dise : gia era. Et por
que nuestra letra es a fuerte sentencia, asi que se fasia ya dia claro,
ca en el primer capitulo dixo que era el aima, onde remien-
brante de una cosa, que dixe en el primero capitulo, que todo el
cielo es partido en dos partes iguales, e la primera parte emixpe-
rium, o média espéra, soberana de otras.Et segun que parte e ciîie
por medio, se dise orisonte, que es el titulo determinador de la
bista, asi como si estuvieses en una llaneza et quando el ojo mas
non se pudiese estender aber, parecerte ya ber un cerco aderre-
dor, ergo sienpre son seys signos abaxo, que non parescen, et seys
arriba, que parescen del orisonte, ca nuestro poniente era le-
vante* e pues asi es* el su levante es a nos poniente.
308 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Traducteurs et traductions de la Divine Comédie en
Espagne
Introduite par Micer Francisco Impérial, patronée par le
marquis de Santillane, la Divine Comédie fit en Espagne
une fortune rapide et brillante. Peu d'œuvres ont influencé
aussi profondément et d'une manière aussi durable la litté-
rature espagnole. C'est un art nouveau qui naît. L'allégorie
italienne va triompher à la cour de Jean II, et Dante sera,
pour tous les lettrés de cette époque, à la fois un chantre
insurpassable et un modèle d'érudition. On le cite à tort et à
travers, il est de toutes les visions, et on l'imite un peu
partout. Inigo Lopez de Mendoza fut un des premiers et un
des plus zélés à s'imprégner de l'esprit dantesque; non seu-
lement il emprunte au Florentin beaucoup de ses images,
mais encore il calque ses formes et propage ainsi le sonnet
et ï'hendécasyllabe.
Diego de Burgos, dans son poème sur la mort du Mar-
quis intitulé : El Triunfo del Marqués, fait dire à Dante :
« Leyô el Marqués con gran atencion
)) Aquellas très partes en que yo liablé
)) Quâl es el estado y la condicion
» Qu'el anima humana espéra por fé :
» Alli do los malos penando halle
)) En gran punicion sin fin de tormentos
)) Y los pénitentes en fuego contentos,
» La gloria esperando que al fin no callé .
» Por esta afection assi sin medida
» Que ovo a mis obras, movi por hablarte,
)) Por su gran valor, por tu triste vida,
)) Piedad me venciô venir consolarte :
» Por premission vengo de la misma parte
)) Do el anima santa esta del Marqués ;
)) Si tu las pisadas ternâs de mis pies,
» Podrâs de su gloria mirar assaz parte (1). ))
Et plus loin, quand tous les héros de l'antiquité, tous les
1. El Triunfo del Marques. Cancloncro de H. del CastUlo, tomo I,
p. 216 et 217.
XL VII. DANTE 309
philosophes, tous les poètes et tous les orateurs font l'éloge
d'Iiïigo Lopez de Mendoza, chacun dans une strophe de
huit vers, Dante prend encore une fois la parole et s'ex-
prime ainsi :
(( A mi no eonviene hablar del Marqués,
)) Ni menos sus hechos muy altos contar,
)) Que tanto le aevo, segun lo sabés,
)) Que no se podria por lengua pagar :
)) Solo este mote no quiero callar
)) Por no parescer desagradecido,
)) Que si tengo fama, si soy conoscido,
» Es por qu'él quiso mis obras mirar (1). »
Plus tard, c'est Mossen Jaunie Ferrer de Blanes qui, dans
ses Sententias catholicas y conclusions principal s del pre-
clarissim Theolech y diui Poeta Dant Florenti, de molta
utilitat y salut pera las animas, conpilades y exposades per
lo saui ecatholic chrestia mossen Iaume Ferrer de Blanes,
dit du Marquis : « Nos marauellen los lectors per que en
aquesta materia se fa mencion dels prouerbis del virtuos y
bon caualler Enigolopes de Mandoça, Marques de Sanct
Yllana [sic), ni pensen que sia fora de la materia Dantista,
per que no obstant que abunda en plenitut de moites scien-
cias ell fou molt gran Dantista, segons (en moites parts dels
seus prouerbis mostren gran similitut en algunas auctoritats
de les comédies ciel ditdoctor (2). ))
Lue, admirée, imitée, la Diuim Comédie ne devait pas
tarder à être traduite, et, en effet, dès le commencement du
quinzième siècle, l'Espagne en eut deux versions complètes;
Tune en castillan, l'autre en catalan.
I. La première en date des versions espagnoles de la
Divine Comédie est, nous l'avons vu, celle de Don Enrique
de Villena, que nous avons retrouvée dans le manuscrit
Ii-110 de la Biblioth. Nat. de Madrid. Elle a été faite à la
1. L. c, p. 245.
2. Le livre de Mossen Iaume Ferrer de Blanes est fort rare, il porte
la mention suivante : Estampât en la insigne ciutat de Barcelona, per
Caries Ainoros Proensal, a XIX dies del mes de Desembre, any de
MDXXXXV. Nous n'en connaissons qu'un seul exemplaire, auquel
manquent, malheureusement, plusieurs feuillets.
.'310 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLAM.
prière du marquis de Santillane, dans l'année même ou ion
ami traduisit Y Enéide de Virgile: entre le 28 septembre 1427
et le 10 octobre 1428; elle est en prose.
IL La traduction catalane, due àN'Andreu Febrer, est en
vers et en tercets. Commencée peut-être avant celle de
Don Enrique, elle ne fut achevée que neuf mois et vingt et un
jours après la sienne, soit le 1er août 1429. C'est du moins
la date que nous donne l'explicit du manuscrit de l'Escurial
(II-L-18), dont le texte a été publié à Barcelone, en 1878,
par les soins de Cayetano Vidal y Valenciano(l). Nous savons
qu'on connaissait autrefois un autre manuscrit de la version
de Febrer, mais il est aujourd'hui perdu, et il ne nous reste
que le seul texte conservé dans la bibliothèque de Saint-
Laurent (2).
Dans sa lettre au connétable de Portugal, le Marquis
mentionne en ces termes Mossen Febrer et sa traduction :
« Mossen Febrer fiço obras notables é algunos afirman
» aya traydo el Dante de lengua florentina en catalan, non
)) menguando puntoen la orclen del metrificar é consonar. ))
Et Vidal y Valenciano, qui cite ces paroles, ajoute (3) : « Al
» expresarse de esta suerte D. Iftigo Lopez, pareceque ha-
)) blaba solo de oida, mas à buen seguro que no modifiée
)) su opinion eldia en que, dueïïo del côdice que se custodia
» en la biblioteca de SanLorenzo, pudoleer â su sabor los
)) Rims catalans del alyutzirde Alfonso V, » et plus loin,
parlant toujours du même manuscrit, il le nomme : « el
que perteneçiô un clia al Marqués de Santillana. .. » Or,
il n'y a aucune raison de croire que le manuscrit de l'Escu-
rial ait un jour appartenu au Marquis, qui déclare nettement
1. Voici le titre du manuscrit de l'Escurial qui contient la version de
N'Andreu Febrer : Comenea la comedea de Dard Allie/ hieri de Flo-
rença, en la quai tracta de la peaa e punicio dels ricis, c de la pur-
gatio e peniteacia d'aquells, e dels merits e prenils de virtut, trasla-
i (i(hi per N' Andréa Ffdbrer, algutsir del inolt ait Princep e victorios
senyor lo Reij Don Alfonso, Rejj a"Arago, de rims vulgars toscans en
rims vulgars cathalans.
Explicit : Conipletum fuit prima die mensis Augusti anno a natiui-
tate Doinini M°CCCC°XXVIHP , in ciuitate nobili Barchinonc. Amen.
2. Vidal y Valenciano, Itnitadores, traductores y comentadores
cspafloles de la Dicina Comedia, un article en deux parties dans la
Revista de Espana, t. X, p. 217-234 et 517-533, année 1869.
3. Revista de Espana, /, c.
XLVII. DANTE 311
n'avoir pas vu la traduction de Mossen Febrer. Amador de
los Rios, dans sa Biblioteca del Marques de Santillana
(Obras del Marqués, p. 611, et Hist. Crit., t. VI, p. 16
et 17) cite la version de Febrer et disserte sur les éloges
que le Marquis lui décerne; éloges qui ne sont autre chose
que les paroles que nous avons reproduites ci-dessus. Vidal
y Valenciano a sans doutu cru de bonne foi que si Los Rios
parlait à cette place du manuscrit de rEscurial, c'est qu'il
avait appartenu au Marquis. Pourquoi Fauteur de Y Historia
critica et Torres Ainat (Diccionario, p. 237) disent-ils que
la traduction de N'Andreu Febrer fut achevée le 1er août
1428, quand le manuscrit sur lequel ils s'appuient porte
clairement la date de 1429 ?
III. Au XVe siècle appartient aussi la version du pre-
mier chant de Y Enfer qui se conserve dans le manuscrit
II-S-13 de la Bibliothèque de rEscurial. Cette traduction
est faite vers par vers, et le texte castillan suit immédia-
tement le texte italien. Ex. : a que la direta uia era smarita
— que la derecha via era errada. »
(( che me aueua di paura el coracon punto — que auia
de miedo el coracon quebrantado. »
Le texte italien est fort mauvais, plein de fautes gros-
sières et d'erreurs qui montrent à quel point le scribe con-
fondait les deux langues. Par contre, le commentaire dénote
une certaine connaissance des commentateurs italiens, et le
glossateur lui-même dit par ex. (Fol. 41) : « algunos ponen
otras exposyçiones, pero yo non dire sy non la que mas
conuiene, e conuenible a la razon paresçe, por non ser muy
prolixo en castellano. »
Avant de traduire le premier chant, l'auteur consacre
quelques feuillets à des préliminaires moraux, historiques
et grammaticaux. Voici la rubrique qui précède ce travail :
En el nonbre del omnipotente Dios, e de la muy piadosa
madré virgen sanctissyma Marya, dexados todos pream-
bulos, dëzif se ha aqui alguna cosa,para que los que nunca
vieron la obra del Dante mas largamente conoscan su
motiuo .
Fol. 35 ter: « Este libro es suppuesto a toda parte de
filosophia : primeramente a la etica, en quanto tracta de
los actos humanos, conuiene a saber de vicios e virtudes
312 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DR SANTILLANE
metaforicamente ; a la theologia, en quanto tracta de Dios e
de las sustançias separadas o angeles ; algunas veze
subiecto este tractado a la fisyca, en quanto tracta algunas
cosas naturales ; mas, mas propriamente es supuesto a la
etica commo dicho es. »
Puis l'auteur déclare le sens du mot Comedia et passe
en revue los très estilos de poetas. Il nous fournit de plus
des explications divertissantes sur le nom de Dante et donne
une courte biographie du poète qu'il fait (c'est très pro-
bablement un lapsus calami) mourir en 1421, cent ans trop
tard. Après cela, il examine, en l'expliquant, la division du
poème. Enfin, et c'est là la partie originale et intéressante
de sa longue introduction, le traducteur nous donne des no-
tions de prononciation italienne, et il fait, en même temps
que des remarques étymologiques, un peu de phonétique
comparée. Il commence ainsi : (Fol. 36 v°) « Agora, antes,
que se déclare nada del métro, porne aqui, para castellanos,
algund poquillo del modo de escriuir ytaliano, y del pro-
nunçiar, porque mas façilmente, quien nunca lo oyo, lo
pueda leer e pronunçiar, porque mejor vea losconsonantes
de los rytimos e el numéro dellos, esto se entienda, a la
mayor parte, segund la lengua toscana qu'es una parte de
Ytalia, » etc.
IV. Tout au début du XVIe siècle, Pedro Fernândez de
Villegas, archidiacre de Burgos (25 mars 1453-6 décembre
1536), traduisit Y Enfer en vers d'arte mayor et l'accom-
pagna d'un volumineux commentaire. Voici le titre du livre
où se trouve imprimée avec d'autres poèmes du dit Pedro
Fernândez, et la dixième satyre de Juvénal, traduite en vers
par son frère Gerônimo de Villegas (l),la version de Y Enfer :
Con pr^euilegio real : que no se imprima por ocho anos, y
esta tassado en ocho reaies, la traducion del Dante de len-
gua toscana en verso castellano : por el Reuerendo don
Pero Fernândez de Villegas arcediano de Burgos y por el
comentado allende dy los otros glosadores por mandado d'
1. Le môme auteur a traduit, en vers également, la sixième satyre de
Juvénal, publiée à Burgos en 1519. Cf. Ticknor, Geschichtc don schônen
Litteratur in Spanien (trad. Nikolaus Heinrich Julius), t. I, p. .324-325,
note 1 .
XLVII. DANTE 313
la muy excelente sehora dofia Juana de Aragon Duquesa
de Frias y Condesa de Haro, fija d'I muy poderoso Rey
don Fernando de Castilla y de Aragon , llamado el catho-
lico. Con otros dos tratados vno que se dise querella de la
fe y otro aversion del mundo y conuersion a Dios.
Explicit : « ... Burgos, por Fadrique Aleman de Basilea;
acabose lunes a dosdiasde Abril del ailode nuestraredemp-
cion de mill y quinientos y quinze (1515) aïïos. » (Salvâ,
Catâlogo, n° 559).
D. M. Martinez Anibarro y Rives (Diccionario biog. y
bibliog. de autores de la prov. de Burgos, p. 190-195),
dans Ténumération qu'il fait des ouvrages de Villegas, cite
une version du Paradis de Dante en quintillas, qu'il attri-
bue à l'archidiacre de Burgos, sur la foi des traducteurs de
Ticknor, Gayangos et Vedia. Ceux-ci, dans leurs additions,
ont consacré une note à Pedro Fernândez de Villegas, qui
finit par cette hypothèse : « Acaso sea tambien suya (del
» arcediano) una traduccion del Paraiso en quintillas, con
» un difuso comentario, que hemos visto original entre los ma-
» nuscritos del Excmo Sr conde de Onate » (Ticknor,
Hist. de la Lit. Esp., t. II, p. 492, Madrid, 1851). A Madrid,
grâce à l'obligeance de M. le comte de Valencia de Don
Juan, nous avons pu consulter l'inventaire sommaire que
Ton fit de la bibliothèque du comte d'Oïlate, après sa mort.
Cet inventaire est manuscrit, il porte le titre suivant : Ca-
tâlogo de los libros de la Biblioteca del Excmo Senor Mar-
qués de Monte-Alegre, conde de Onate, Duque de Nagera,
Cette collection fut, après le décès de son possesseur, divi-
sée en six lots pour être répartie entre ses héritiers . L'in-
ventaire sommaire nous a fourni la note suivante : « 2° Es-
tante, g fada primera, manuscritos. — n° 3. El Dante,
poeta italiano, traducido y comentado en lengua castellana.
Contiene el primer canto del Paraiso, comentarios, y un
poco del canto segundo. 15-1 folio perg0. (6°). »
Ce manuscrit a donc fait partie du sixième lot, qui échut
à Madame la comtesse de Castaïleda. Nos efforts pour le voir
et l'examiner se heurtèrent à un refus formel. C'est pour-
quoi nous eûmes recours à don Francisco de Uhagôn, qui
avait toujours manifesté le plus obligeant intérêt pour nos
travaux. Cet érudit, qui a déjà fait connaître aux hispani-
314 BIBLIOTÏIKQUK DIT MARQUIS DE SANTILLANE
sants l'un des plus précieux manuscrits de la bibliothèque
de la comtesse de Castaûeda, a bien voulu rechercher le
Dante enquintillas mentionné par l'inventaire sommaire
de la bibliothèque du comte d'Ofiate. Ses démarches furent
couronnées de succès, et M. de Ulmgôn a publié dans la
Reoista de Archivas, Bibliotecas y Museos (Aûo V,
mun. 8) une notice détaillée de ce manuscrit sous le titre
suivant: Una traduction castellana desconocida de la Di-
vina Comedia. Ce travail nous apprend que nous avons
affaire à une traduction du Purgatoire en strophes de cinq
vers ; chacune de ces strophes correspond à une terzine du
texte toscan. Le commentaire et la préface qui accom-
pagnent cette version sont ceux de Landino, auxquels le tra-
ducteur n'ajoute rien de son crû. Voici en quels termes
s'exprime M . de Uliagôn dans l'introduction qu'il a mise en
tête des extraits qu'il donne de ce manuscrit :
« Gracias â la bondadosa deferencia de mi ilustre amiga,
» la Excma. Senora Condesa de Castanecla, â quien ha to-
» cado en suerte el citado manuscrite de la biblioteca de su
)) padre, el Sr. Conde de Onate, me ha siclo dado ver el
» libro, que si vieron, vieron mal los traductores de Ticknor,
)) toda vez que no es una traducciôn del Paraiso, sino del
)) Purgatorio, y el anônimo y desconocido autor del traslado
)) manifiesta con repetieiôn en el proemio su deseo de con-
» tinuar la obra comenzacla por Villegas, â quien alude
» muchas veces en términos que el menos avisado puede
» ver que los traductores de ambas partes son dos personas
» distintas, y este de que me ocupo, posterior enunosanos
» el arcediano de Burgos. »
a Fué escrito en el primer tercio del siglo XVI y con pos-
» terioridad al afio 1516, pues va en el prôlogo se habla de
» Fernando V como de persona que habia fallecido. Consta
» de 165 hojas utiles en folio, numeradas las mas con cifras
)) romanas; todas, excepto las dos ûltimas, â una columna;
)) los versos â mano izquierda y las glosas â la derecha. »
(( La Introducciôn de Landino ocupa el fol. 2°; la del
» autor, los 3 â 4 inclusive; en el 5° empieza la traducciôn
» del Purgatorio, en quintillas, desde el fol. cxxi, que co-
)> mienza el canto XXX, la version esta hecha en tercetos. »
XLVII. DANTE 315
(( En el fol. 154 se halla el « Prologo de Christôforo Lan-
» dino, en el Parayso de Dante, florentino. » En el mismo
» folio, vuelto, empieza la version del Paraiso, en quintillas,
» de la cual hay el canto I, y del II hasta el verso 72 del
» texto original ; siguen seis hojas en blanco ; las dos ûltimas
» contienen repetida la version de los dos primeros cantos
» del Paraiso, que llega en el segundo al verso 84 del ori-
)) ginal y difiere bastante de la anterior. »
« Varias hojas de este manuscrite estân rotas ô mal en-
» cuadernadas, como sucede conlas dos ûltimas. El numéro
» de lineas en cada pagina no es constante ; pero el término
» medio puede fijarse en 50. »
« El examen y estudio del manuscrite evidencia lo defec-
)) tuoso y equivocado del texto que sirviô para la traducciôn,
» traducciôn que, aparté los vicios de puntuaciôn y acento
» y los frecuentes italianismos de que adolece, esta, por lo
)) gênerai, bien hecha y es muy estimable. »
« Cada terceto italiano es una quintilla espanola, y aun
» cuando Rengifo aclmitia una clase de décimas compuestas
)) de dos quintillas, las del traductor del Purgatorio son
» propia y genuinamente quintillas simples, por ser cada
)) una independiente de la otra y traducciôn compléta de
» un terceto. En ellas brotan los versos faciles, naturales,
)) espontâneos, de la pluma del autor, y no carecen de ele-
» gancia, siendo à las veces sonoros y robustes. »
)) No puede decirse lo mismo de los tercetos endecasilabos,
)) que carecen de métro, de arraonia y de ritmo,, defectos
)) que hacen obscuro y aun enigmâtico el sentido de algunos
» pasajes, mâs de lo que enocasiones lo es el mismo Dante;
» achaque frecuente en estes poemas teolôgicos. »
L'auteur anonyme de cette version, dans une préface où
il se montre homme de bon sens et de savoir, expose, en
s'adressant au seigneur inconnu pour qui il a entrepris ce
travail, ses idées sur les difficultés que présente son projet
et les raisons qui lui ont fait choisir Yarte real et les strophes
de cinq vers. Il se montre fort renseigné sur les traductions
de Pétrarque et de Sénèque et disserte sur les inconvénients
de Yarte mayor, employé par Pedro de Villegas dans sa ver-
sion de Y Enfer. Sans faire preuve d'une excessive humilité,
le traducteur anonyme du Purgatoire ne se berce pas de
:>l(i BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE 8ANTILLANE
vaines illusions. Aussi, ne craint-il pas Les critiques que
certainement il a méritées, mais il veut que ces critiques
soient motivées et qu'elles émanent de personnes compé-
tentes, et il dit : « Y pues la materia lo ofreçe, quiero deçir,
» que si Dios me diere gracia que en los interualos que so-
)) bran despues de las ocupaçiones forçosas, pudiere dar fin
)) rà este negocio, yo seré el primero, â lo menos de quantos
» he uisto hauer traductos, que me quedo desarmado contra
)) el diente canino y boca latrante; sino que quiero y su-
» plico â todos quantos esta traducion, si la acabare, vie-
» ren, la reprehendan y emienden, y den sobrella toda la
» fulmina cion que les pareciere merecer mi ygnorancia ; con
o tal condiçion, con todo, quel reprehender no sea de pa-
» labra solamente, porque â este tal responderle [he] yo con
)) lo quel apostol y euangelista San Juan en su Canônica
)) dize : sino quel que pusiere defecto lo muestre con el
» dedo y emiende con la mano, para que la caridad con que
)) lo dixere baga fruto, etc. »
VI. Hernando Diaz a fait une traduction complète de la
Dioine Comédie, qui n'a jamais été imprimée et dont le
manuscrit paraît perdu. Ce que nous savons de ce travail,
c'est lui-même qui nous le dit dans la préface de son re-
maniement de Walter Burley, intitulé : La vida y exce-
lentes dichos de los mas sabios filôsofos que liubo en este
mundo, imprimé par Cromberger à Séville, en 1520
(Gallardo, Ensayo, n° 2025). Hernando Diaz, dans cette
préface adressée à D. Per-Alvarez Osorio, s'exprime ainsi:
« No creo que sera fuera de propôsito dar aqui cuentâ como
)) haya diferido por tan luengo espacio aquella dificultosa
)) traduccion de las très « Cânticas ô comeclias del Infierno
» e Purgatorio e Paraiso del divino poeta Dante con su
)) glosa », en la cual dependia todo el tiempo que del ser-
)) vicio, asi de V. m. como de los sefiores D. Juan y D. An-
)) tonio Osorio, en Astorga me sobraba : mayormente que
)) venido â esta florescida universidad de Salamanca en ser-
)) vicio de sus mercedes, he seido de contino importunado
)) de algunos bien ensefiados varones para que en comun
o utilidad la publicase. Pero heme hasta aqui honestamente
» excusado, mayormente habiéndose de intitular al marqués
)) mi seïlor (D. Alvar Perez Osorio,, marqués de Astorga,
XLVII. DANTE 317
» père des précédents), por cuyas prefaciones y prôlogos,
» tanto como por leer los maravillosos e divinos primores
)) de aquéllos cantos, innumerable muchedumbre de gente
» concurrirâ. Y âunplega â Dios que con toda esta dilacion
» yo haya acertado e no trabajado en hacerme risa de los
)) discretos. E âun allende desto me paresciô provechoso
» consejo para efectuarse mi deseo dar lugar â que se publi-
» case la primera parte del « Infierno », que traduciô un
» arcediano de Bûrgos; e aunque él al tiempo que una vez
» nos comunicamos, estando la côrte en Bûrgos (lo quai
)) habrâ cuasi cuatroanos), tuvo intencion de no publicarla,
» mi luenga dilacion mudô su propôsito. » Enfin, pour
avoir l'avis des doctes et pouvoir en faire, à temps encore,
profiter son travail, Hernando Diaz cite les deux premiers
tercets de chaque cdntica.
Enfer : « Al medio camino del nuestro vivir. »
Purgatoire : « D'hoy mas, navecilla, de pobre saber. »
Paradis : « La gloria de aquel que todo lo mueve. »
Après le XVIe siècle, en Espagne comme partout, Dante
semble oublié, jusqu'au grand réveil des études dantesques
du XIXe siècle, qui a produit beaucoup de traductions de
mérite inégal.
Commentaires de la Divine Comédie.
Il est intéressant de constater que l'Espagne, dès la pre-
mière moitié du XVe siècle, possédait, traduits, deux des
principaux monuments de l'exégèse dantesque : le commen-
taire de Benvenuto da Imola et celui de Pietro Alighieri.
On sait que Benvenuto Rambaldi da Imola (1336?-1390)
a expliqué la Divine Comédie à Bologne pendant plusieurs
années, et que c'est à lui que nous devons le pre-
mier commentaire du poème entier. Le marquis de San-
tillane, renseigné sans doute par ses correspondants d'Italie
sur la valeur exceptionnelle de l'ouvrage de Benvenuto, a
demandé à son médecin, Martin Gonçales de Lucena, une
traduction du commentaire du Purgatoire (1). Le manuscrit
1. M. Baist dans sa Spanische Literatur du Grundriss de Grober,
p. 434, cite en passant Martin Gonzales de Lucena, il lui attribue ce
318 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
dont s'est servi maître Martin était— il mauvais, ou bien
a-t-il parfois tenté de maladroites abréviations? En
tout cas, là où le traducteur a pu suivre sans peine le texte
latin, la version est fidèle. Dans les passages plus difficiles
au contraire, comme par exemple le dernier chant du Pur-
gatoire, Martin Gonçales semble avoir appliqué le procédé
des mauvais élèves; il calque servilement et en arrive a
une littéralité incompréhensible. Le premier feuillet du
manuscrit Ii-23 est perdu, peut-être contenait-il une ru-
brique, une dédicace ou une préface qui nous aurait ren-
seignés sur la traduction du commentaire de YEn/ër, du
même Benvenuto, dont les sept premiers chants et le com-
mencement du huitième sont traduits dans le manuscrit
Ii-123. Là aussi, c'est à une version littérale que nous avons
affaire; rien n'indique qu'elle n'ait pas été complète. Le
gros volume qui contient ce commentaire des sept premiers
chants n'était certainement que le premier d'une série ; un
jour ou l'autre on retrouvera le reste. Quoiqu'il en soit, il
est probable que la traduction du commentaire de Y Enfer
aura précédé celle du Purgatoire. En effet, des trois parties
de la Divine Comédie celle qui intéressait le plus les gens
du XVe siècle était sans contredit la première ; la seconde
aussi leur était accessible, comme nous l'ont prouvé les
remarques du marquis de Santillane en marge de la traduc-
tion castillane d'Enrique de Villena. On se souviendra
que dans le Paradis nous n'avons trouvé que de rares traces
de l'attention du Marquis et seulement jusqu'au chant
XVI. Faut-il rapprocher de ce fait l'absence du commen-
taire de Benvenuto Rambaldi da Imola sur cette dernière
partie du grand poème (1)?
Le commentaire de Pietro Alighieri (f 1364) a été achevé
en 1340. Nous ne savons ni pour qui, ni par qui il a
commentaire, qui n'est qu'une traduction, et laisse entendre qu'il l'au-
rait écrit pour toute la Divine Comédie : « eine Glosse zu Dante screibt
der Ar/t Santillana's Gonzales de Lucena. »
1. L'Italie du XIVe siècle avait déjà une version en langue vulgaire
du commentaire de Benvenuto. Il s'en conserve un lus. à la Biblioth.
Nation, de Paris, Italien 78 (ancien fonds 70022). Cl'. Auvray, Les ma-
nuscrits de Dante des bibliothèques de France (Biblioth. des Écoles
françaises d'Athènes et de Rome), p. 98, et Colomb de Batines, o. c,
t. II, p. 315.
XLVII. DANTE 319
été traduit. Bien que Pietro Alighieri soit nommé dans la
rubrique qui intitule l'ouvrage, personne n'avait jusqu'ici
remarqué l'intéressant manuscrit qui nous a conservé
la traduction castillane de son commentaire.
Enfin nous avons vu plus haut, à propos des versions de
l'archidiacre de Burgos et de l'anonyme de l'ancienne
bibliothèque du comte cl'Onate, que le commentaire de
Landino sur les deux premières parties de la Divine Co-
médie a été connu et traduit en Espagne dès le début du
XVIe siècle.
XLVIII
PETRARQUE
*A
(Osuna: Plut. III. Lit. N. n° 17, d'après Los Rios ; Rocam. N° 174 ;
Biblioth. Nat. Madrid, Reserv. 4:'-6)
Pétrarque, De viris illustribus. En italien.
Manuscrit de 223 feuillets de texte, plus 3 blancs, vélin
fin, non folioté, réglé à 40 lignes, grandes marges. Écriture
de la première moitié du XVe siècle. Ornementation flo-
rentine. Les marges des onze premiers feuillets du texte
sont rongées. L'encadrement du premier feuillet porte aux
quatre coins les heaumes d'Inigo Lopez, en bas les armes
du Marquis enguirlandées de laurier, à droite et à gauche
la devise Dios e Vos. Dans un médaillon le portrait de
Pétrarque. Format 342x232. mm. Reliure moderne.
Fol. 1. Rubrique en lettres capitales: Incomincia il
libro di Messere Fanciesco Petrarch, poeta fiorentino,
intitolato De Viris illustribus : prima Romolo.
Incipit : « Romolo fu il primo re de' romani et padre
délia romana republica... »
Fol. 323. Explicit : « e data acompensare con li cieles-
tiali meriti per la diuina extimatione de giusto examin o.»
Deo grattas. Amen.
Ce volgarizzamento du De Viris illustribus est œuvre de
Donato degli Àlbanzani da Pratovecchio ; Luigi Razzolini
la publié à Bologne, en 1874 (Cf. Zambrini, Opère volgari a
stampa, col. 798), et ce n'est pas la seule édition qu'on en
ait faite. Razzolini s'est servi d'un manuscrit de la Lauren-
XLVIII. PÉTRARQUE 321
tienne, daté du 25 avril 1398. La traduction fut achevée en
1397, date à laquelle l'auteur offrit sa version à Niccolô
d'Alberto d'Esté, marquis de Ferrare, à l'occasion de son
mariage avec Giliola di Francesco Novello, nièce de Fran-
cisco da Carrant, à qui Pétrarque, en 1350, avait dédié
l'original.
B
(Osuna : Plut. V. Lit. N, n° 13; Rocam. n° 173; Biblioth.
Nat. Madrid, Ii-98)
Pétrarque, Sonetti e Canzoni in morte di inadonna Laur a.
En italien.
Manuscrit de 34 feuillets, plus 6 feuillets blancs, papier,
réglé à 32 lignes. Ni rubriques, ni capitales. Écriture du
XVe siècle. Format 288x206 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1. Incipit : « [0]ime il bel uiso, oime il soaue
sguardo. ))
Fol. 34 v°. Explicit : « Ch' acolga il mio spirito ultimo
in pace » — « Amen » Francisci Petrarche laureati poète
rerum uulgarium fragmenta explicitent. — « A. de Cisneros
scripsit. » — a En este libro hay treynta e quatro fojas. »
*C
(Osuna : Plut. III. Lit. N, n° 18, d'après Los Rios ; Rocam. n° 175;
Biblioth. Nat. Madrid, Reserv. -la-5)
Pétrarque, De remediis utriusque fovtunae, traduit en
italien par frère Giovanni da San Miniato.
Manuscrit de 298 feuillets, vélin, non folioté, réglé à
37 lignes. Écriture ronde du XVe siècle. Ornementation
florentine. Titres en rouge, capitales en or et couleurs. Dans
l'encadrement du premier feuillet on voit les heaumes et la
devise Dios e Vos, dans le bandeau inférieur, l'écu du
Marquis. La première lettre du texte est ornée d'un inté-
ressant portrait de Pétrarque couronné. Format 355
21
322 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTÎLLANK
X255 mm. Reliure moderne. Titre écrit au XVIII' siècle
sur un feuillet de garde; Petrarca contra prospéra y
adversa Jbrtuna.
Rubrique : Incomincia il primo libro di messer Frarir-
cesco Petrarcha, poêla Jîorentino, di rimedii contra (al.
fortuna prospéra, recato di latino in volgare perfrate
Giouannt da Sancto Miniato, de frati degli Agnioli di
Firenze. Pro/ot/o.
Incipit : a Quando io penso Je cose et le fortune degli huo-
mini et gli incerti et subiti mouimenti délie cose delmondo
ni una cosa trouo quasi piu fragile et piu tempestosa che la
uita del huomo... »
Fol. 143: « Finis prime partis », et au-dessous: Finisce
il primo libro di Mèssere Francesco Petrarcha defemedii
délia Jbrtuna prospéra.
Le même recto porte la rubrique du livre deux :
Incomincia il secondo libro del detto messere Francesco
Petrarcha de rimedii délia fortuna aduersa, ridocto di
latino in volgare dafrate Giouanni da Santo Miniato de
Romiti degli Agnioli di Firenze.
Fol. 144. Demi-encadrement. Incipit : Prologo « Di tutte
le scripture ch' io ho lecte o udite, le quali mi sieno pia-
ciute. . . »
Fol. 298 v°. Explicit : Finisce il secondo libro de reme-
diis utriusque fortunae di messer Francesco Petrarca,
laureato poetajîorentino. Ce texte a été publié à Bologne
en 1867 par Don Casimiro Stolfi (Cf. Zambrini, Opère vol-
gari a stampa, col. 801). Il est curieux de voir figurer ici
comme traducteur d'une œuvre de Pétrarque, quoiqu'il
s'agisse d'un traité de philosophie, ce même Giovanni da
San Miniato qui soutint avec Coluccio Salutato de violentes
polémiques, où Pétrarque n'est pas épargné, contre la lec-
ture des poètes profanes. Cet ennemi des anciens parvint à
faire mépriser par ses partisans la Cité de Dieu de saint
Augustin, parce qu'on y trouve des allusions aux poètes de
l'antiquité Cf. Tiraboschi, Storia d. I. Let. ItaL, t. V,
p. 497, et Voigt, Wiederbel . d. class. Alterthums, t. I,
p. 205, et t. II, p. 471).
XLVIII. PÉTRARQUE 323
D
(Biblioth. Nat. Madrid, Ii-5t>)
1. Pétrarque, /)£ Vita Solitaria. 2. Fragments. En cas-
tillan.
Manuscrit de 85 feuillets, vélin, non folioté. Ecriture de-
là première moitié du XVe siècle. Rubriques et capitales.
Format 306 X 223 mm. Reliure moderne.
I. Fol. 1. Incipit : « [Pjocos omnes cognosci de los quales
las mis pequenas obras f uesen asi preciadas como de ti . . . »
Fol. 82 v°. Explicit : « asi lo de las aimas. . . »
Ce manuscrit de la version castillane du De Vita Soli-
taria de Pétrarque est incomplet. Il présente trois lacunes.
1° Le chapitre xxxiv et dernier du premier livre est
incomplet comme aussi le Ier chapitre du second livre.
2° Le chapitre vi n'est pas fini, et les chapitres vu et vin
ont été sautés, de même que le commencement du cha-
pitre IX.
3° Enfin l'ouvrage n'est copié que jusqu'au milieu du cha-
pitre xxxvi du second livre. Notre manuscrit finit par :
(( asi lo de las aimas », tandis que les deux autres copies de
la même version du De Vita Solitaria que conserve la Bi-
blioth. Nat. de Madrid (Mss, Bb-97 et P-36) comptent
lv chapitres et finissent tous deux par les mêmes mots :
a bien me amonestas. derechamente me aconsejas, verdad
me dizes. »
Les deux manuscrits du De Vita Solitaria que nous ve-
nons de citer portent la rubrique suivante: Flores e sen-
tençias (tel libre de maestre Francisco Petrarea, poeta,
en el quai loa la vida apartada, lla/nada solitaria. El
quai libro enbio a un obispo su senor e amujo. Capitula
primero del prologo en elprimero libre desta materia. Le
manuscrit Ii-56 commence, lui aussi, par la préface du De
Vita Solitaria, mais il n'a ni titre, ni rubrique. Aucun de
ces manuscrits n'est accompagné d'un avant-propos du tra-
ducteur et ils sont dépourvus cle toute indication relative à
324 BIBLIOTHÈQUE DV MARQUIS DE SANTILLANE
l'auteur de cette version. Cette traduction castillane est in
dépendante de la version italienne de Tito Vespasiano
Strozzi (Cf. Scelta di curiosità letterarie inédite o rare del
secolo XIII al XVII. Fascicules CLXX et CLXXI : La
Vita Soliiaria di Françesco Petrarca, volgarizzamento
inedito del secolo XV, tratto da un codice delV Ambro-
siafta pel Dott. Antonio Ceruti. Bologna 1879). Pour
M. Ceruti, Strozzi aurait traduit ce traité entre 1450 et
1471. Le traducteur castillan a certainement travaillé direc-
tement sur le latin, il fait des fautes que Strozzi n'a pas
commises et qui prouvent tour à tour son insuffisance comme
latiniste et l'incorrection du texte dont il s'est servi.
Le licencié Pena qui a traduit, lui aussi, le De Vita Soli-
taria en castillan ne parait pas savoir qu'on Tait traduit
avant lui. Sa version parut en 1553 (Salvâ, Catdlogo,
n° 3975).
II. Les feuillets 83 à 85 du manuscrit qui nous occupe
contiennent deux fragments écrits d'une autre main que le
De Vita Solitaria et que nous n'avons pas su identifier.
Fol. 83. Incipit : « [SJegund el omne, de fuera vengo de
aquellos que me fezieron ante dannado que nasçido ca ellos
heran pecadores e en el su pecado engendraron a mi pecador
e criaron me en pecados . . . »
Fol. 84. Explicit : « ca pongamos que lo que sopo todo lo
guardo, lo que non sopo le pone spanto e miedo. ))
Fol. 85. Incipit : « [L]a anima por ello es ymagen de Dios
por que tal la vio el que puede caber todo en ella e puede
ser partiçionera del e non tan solamente la voluntat es
dicha amor e ymagen de Dios por que se remienbra del e
lo entiende e lo ama . . . »
Fol. 85 v°. Explicit: « e fablando propiamente este es el
spiritu santo por el quai la çibdat de Dios es senbrada en los
nuestros coracones e por el quai mora en nos toda la santa
trinidas. »
Nous croyons intéressant de donner ici un passage du De
Vita Solitaria, en latin, en italien et en castillan, pour per-
mettre au lecteur de contrôler nos conclusions.
De Vil a Solitaria, 1. II, t. I, c. 1.
XLVIII. PETRARQUE
325
Latin
Non expo-
nam quas tenta-
tiones corporis ,
atque animi soli-
tarii senes vicerint
Pachonius ac Ste-
phanus . Non in-
quiram quo consilio
Paphnucius très
Dei amicos ex urbi-
bus ad déserta per-
duxit, quasi ad tu-
tiorem , et Deo
propinquiorem lo-
cum. Qua virtutis
admiratione mona-
chor.um turmas, in
solitudinem traxit
Helpidius, quacha-
ritate Serapion bis
se hominum ser-
vum fecit, ut do-
minos suos peccati
servitio liberaret .
Non narrabo pieta-
tem DiaconiEffren,
Pioris constantiam,
sudores Adolii, mi-
sericordem Inno-
centii severitatem . .
Italien,
trad. Strossi
Non espo-
nerô quai tenta-
zione del corpo e
deiranimo Pacomio
e Stephano solitarij
vecchiabianovinte;
non cercarô con que
consiglio e con
quanta sapienzia
Pafnuzio condusse
al diserto tre amici
di Dio, corne al
luoco più sicuro e
più vicino a Dio,
ne con quale ammi-
razione di virtù El-
pidio trasse alla so-
litudine le brigate
degli monachi, ne
con quai cari ta Se-
rapione per due
fiate si fece schiavo
degli uomini, a ciô
plie lui libérasse gli
suoi patroni délia
servitù del peccato.
Non narrarô la pietà
di Efrem diacono,
la constanzia di
Elpidio, li sudori
di Adolio, la mise-
ricordiosa severità
di Innocenzio...
Castillan
Ii-56, fol. 44 v-
Conuiene
que te diga quai es
tentaçiones, de sus
cuerpos [e] de su
spiritu, los padres
Pechimus e Ste-
phanus vençieron
por estar en la so-
ledat apartados cle
las gentes. Querria
otrosy saber por
quai consejo el
santo padre Paph-
niçio leuo consigo
très amigos de Dios
aldesierto, asy como
a logar masçercano
e mas seguro para
sentir a Dios. Con-
tare por quai ma-
rauilla cle virtud el
padre^Helpidio mu-
chas conpailas cle
monjes leuo a biuir
a la soledat, e apar-
tados. Oyras con
quanta karidat el
abad Serapio se
fizo, por dos vezes.
seruo e catiuo,, por
librar a sus sefiores
del seruiçio del
diablo. Contare la
piadat del abad
Diaconio, e ciel abad
Efren, e de la cons-
tançia e firmeza
326 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
de] primero, otrosi
[os sudores e fcra-
bajos del padre
Adolius, la miseri-
cordia (tel padre
Innoçençius e la
su crueldat en si,
con grant discre-
cion.
*E
Pétrarque, Un sonnet. En italien et en castillan.
Cf. Notice XLVII, ras. Ii-110.
XLIX
BOGGAGE
*A
(Osuna : Plut. V. Lit. N, n° 56; Rocam. n° 35 ; Biblioth. Nat.
Madrid, Reserv. 6a-ll)
Boccace, Fiammetta. En italien.
Manuscrit de 121 feuillets, plus 2 feuillets de papier blanc
au commencement et là la fin, réglé à 25 lignes. Belle écri-
ture italienne du XVe siècle. Ornementation florentine.
L'encadrement du premier feuillet porte aux quatre coins
dans des médaillons les heaumes caractéristiques, dans le
bdhdeau inférieur deux anges soutiennent les armes du mar-
quis de Santillane, enguirlandées de laurier. Dans les ban-
deaux latéraux courent des banderoles avec la devise Dius
e Vos. Format 227 X 160 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1. Rubrique : Incomtncia il libro chiamato elegia di
madonna Fiammetta dallei aile inamorate donne man-
dater.
Incipit: « Suole ai miseri di dolersi... »
Fol. 121 v°. Explicit : « délie angosce délia tua donna. »
Rubrique : Qui finisce il libro chiamato elegia délia no-
bile donna Fiammetta, mandato dallei a tucte le donne
innamorate. Il présente libro fa exemplato et sumpto da
uno exemplo ilqualefu V originale scripto di mano dello
auctore délia présente opéra, il qualeju messere Giouanni
Boccaccio da Celtaldo.
328 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
*B
(Rocam. N°32; Biblioth. Nat. Madrid, Reserv. 6a-4)
Boccace, Philostrato. En italien.
Manuscrit de 116 feuillets, plus 1 blanc au commence-
ment, vélin, réglé à 27 lignes. Ecriture italienne du
XVe siècle. Ornementation luxueuse. Le premier feuillet
est décoré d'un encadrement florentin, aux quatre coins
dans des médaillons carrés les heaumes, dans les bandeaux
de droite et de gauche la devise Dius e Vos. Au bas, dans
une couronne de laurier, les armes du Marquis soutenues
par des anges. Format 240 X 160 mm. Reliure moderne au
chiffre du duc d'Osuna.
Fol. 1. Rubrique: Incomincia il Ubro Philostrato cli
messer G. Boccaccio : epistola alla donna.
Incipit : « Moite... »
L.' M initial est enluminé,, on y voit Boccace écrivant
sur un rouleau le mot : Moite.
Fol. 6 v°. Finisce la epistola. — Rubrique : Incomincia la
prima parte del Ubro chiamato Filostrato, deV Amorose
fatichedi Troiolo, nella quale sipone corne Troiolo si ina-
moro di Cryseicla, e gli amorosi sospjiri e lagrime per lei
hauute prima che da alcuno il suo occulto amore si dis-
coprisse ; et primamente la inuocatione dello auctore.
Incipit : « Io di Parnaso le muse. . . »
Fol. 116 v°. Explicit : « Econlieta rispostaame t' inuia. »
Rubrique : Finito e il Ubro decto Philostrato, delV Amo-
rose fatiche di Troiolo, composto da messer G. Boccaccio ,
laureato cittadino Fiorentino.
*C
(Osuna : Plut. V. Lit. N, n° 51 ; Biblioth. Nat. Paris. Fonds Italien,
n° 1702)
Boccace, Corbaccio. En italien (1).
Manuscrit de 55 feuillets, vélin, 2 feuillets de papier au
1. Cf. Morel-Fatio, Romania, t. XVI, p. 108.
XLIX. BOCCACE 329
commencement et 2 à la fin, réglé à 28 lignes. Écriture
du XVe siècle. Calligraphie et ornementation italiennes.
L'encadrement du premier feuillet présente aux quatre
coins les heaumes caractéristiques et dans le bandeau in-
férieur, dans un médaillon, les armes du marquis de San-
tillane. A droite et à gauche court sa devise: Dius e vous.
Format 241 X 170 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1. Rubrique: Corbaccius contra sceller atam viduam
et alias mulieres incipiunt invective féliciter .
Incipit : « Qualunque persona tacendo. . . »
Fol. 55 v°. Explicit : « li si fara incontro. »
D
(Osuna : Plut. V. Lit. N, n° 23; Rocam. n° 33 ; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-33)
1. Boccace, Vita Dantis. 2. Dante Alighieri, Canzo-
niere. 3. Stefano Porcari, Orazioni. 4. Cicéron, De
Senectute. En italien.
Manuscrit de 95 feuillets, vélin, non folioté, réglé à
29 lignes. Écriture du XVe siècle. Lettres et lettrines
ornées, rubriques. Dans la marge inférieure du feuillet 1,
un écu d'armes portant d'or à cinq bouquets de fleurs
feuillées au naturel. Format 272 X 186 mm. Reliure de
parchemin.
I. Fol. 2. Rubrique : Comincia délia origine, uita, cos-
tumi et studii, del chiarissimo poeta Dante Aldighieri di
Firençe et délie opère composte dallui.
Incipit: « Solone, il cui petto uno humano tempio... »
Fol. 27. Explicit: « ch'io posso rendo, benedicendo in
ecterno il nome suo. Deo gratias. »
Rubrique : Qui Jînisce délia origine, uita, siudii e cos-
tumi di Dante Alighieri, poeta chiarissimo, e delV opère
composte dallui , facta per messer Johanni Boccacci . Amen.
II. Fol. 27 v°. Rubrique : Qui cominciano le cançoni dis-
tese del chiarissimo poeta Dante Alighieri di Firençe, nelle
quali, di uarie cose tractando, nella prima la rigidita délia,
sua donna con rigide rime dimostra.
330 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DR SANTILLANE
Incipit : « Cosi nel mio parlar uoglo essere aspro » Can
cône II di Dante, nella quale egli del suo amore parla alla
intelligentiadel terço clelo.
a Voi ch' ontendendo il terço ciel mouete »
cançone terra di Dante, nella quale parla délie uirtu e
belleçe délia sua donna.
(( Amor che nella mente mi ragiona »
cançone quarta di Dante, nella quale egli nobil mente
dichiara chessia gentilecça e donde uenga.
<( Le dolci rimecV amor ch' io solea »
cançone quinta di Dante, nella quale egli parla ad
amore délia donna sua.
« Amor che muoui tua uirtu dal cielo »
cançone sexta di Dante, nella, quale demostra quanto
sia inamorato.
« Io sento si cV amor la gran possança »
cançone VII di Dante, nella quale mostra se per lo
uerno non lasciare d' amare.
a Al poco giorno e al gran cerchio d7 ombra (1) »
cançone VIII di Dante, nella quale priega amore
qu' amollisca la durecça délia sua donna.
« Amor tu uediben che questa donna »
cançone nona di Dante, nella quale dice il suo amor non
mutarsi per uariatione de' tempi.
« Io son uenuto al punto délia rota »
cançone X di Dante, nella quale egli con le donne si
duole délia donna sua.
« E m' incresce di me si malamente »
cançone XI di Dante, nella quale egli nobilissimamentc
parla délia uera leggiadria.
« Poscia ch' amor del tutto m' a lasciato »
1. Cette pièce est la Sestina qui se trouve dans le Canzonirre de Dante.
XLIX. BOCCACE 331
cançone XII di Dante, nella quale egli humilmenie
priega la sua donna ch' abbiadi lui merce.
« La dispietata mente che pur mira »
cançone XIII di Dante, nella quale artificiosamente
parla délie uirtu.
« Tre donne intorno al cor mi son uenute »
cançone XIV di Dante, nella quale parla contro a'
uitiosi e maximamente contro agi7 auari.
a Dogla mi reca nello core ardire »
cançone XV di Dante, nella quale si duole délia ric/idita
d} unasu amança e del luogo.
« Amor dache conuien pur ch7 io mi dogl[i]a »
Fol. 51. Explicit : « non a di ritornar qui libertate. »
Deo gratias, amen.
III. Les trois discours qui occupent les feuillets 52-71 v°
sont les trois premières des seize Orazioni de Stefano Por-
cari, imprimées avec les Rime de Bonacorso da Monte-
magno et qui ont été si souvent copiées.
Fol. 52. Incipit : « Quante uolte io riguardo i degnis-
simi... »
Fol. 71 v°. Explicit : « diligentissimamente seguirete, la
quai cosa fareui concéda qui est benedictus in secula secu-
lorum ; amen. »
IV. Ce manuscrit contient encore une traduction italienne
du De Senectute de Cicéron. Elle est sans titre et occupe
les feuillets 72-95.
Fol. 72. Incipit : « [0] Tito se io in alcuna cosa t' aiuto
e allegio la solecitudine la quale ora ti cuoce e fixa nel tuo
petto . . . ))
Fol. 95. Explicit : « accio che quello che da me udito
auete per experientia optimamente prouare possiate. Amen. »
Rubrique: Questo libro e del nobile huomo TeridiLorenço
di Teri, honoreuole cittadinojïorentino, il quale gli sciHpsi
io Ciaio di Pagolo di Ciaio, cittadino e notario fiorentino .
332 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANK
E
(Rocam. n° 34; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-22j
Boccace, Teseide. En italien.
Manuscrit de 159 feuillets, vélin, réglé à 31 lignes. Ecri-
ture du XVe siècle. Rubriques, capitales et lettrines.
Format 282 X 192 mm. Reliure moderne au chiffre du duc
d'Osuna.
Ce manuscrit est incomplet du commencement; il com-
mence sans titre, en pleine préface. Fol. 2 v° Rubrique: In-
comincia il primo libro del Theseida, délie nozze di Ypolita
et prima la inuocatione delV autore.
Incipit : « O sorelle... »
L/O initial est soigneusement enluminé, on y voit un por-
trait de Boccace.
Fol . 159. Explicit : « qui u'a condocti a noi essendo duce. »
Rubrique: Qui finisce il duodecimo et ultimo libro del
Theseida, délie nozze d'Emilia. Deo gratias finis.
Livre I, fol. 1 ; liv. II, fol. 20 ; liv. III, fol. 35 ; liv. IV,
fol. 46; liv. V, fol. 58 v° ; liv. VI, fol. 72 v°; liv. VII,
fol. 82 v°; liv. VIII, fol. 92; liv. IX, fol. 109 v° ; liv. X,
fol. 120; liv. XI, fol. 135; liv. XII, fol. 148.
F
(Rocam. n° 31; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-63)
Boccace, Filocolo. En italien.
Manuscrit de 220 feuillets, vélin, non folioté, réglé à
35 lignes. Écriture du XVe siècle. Rubriques, capitales en
or et couleurs, lettrines. Format 364 X 260 mm. Reliure
moderne au chiffre du duc d'Osuna.
Ce manuscrit est incomplet du commencement.
Fol. 1. Incipit : « . .. di se molti figliuoli tra quali uno no-
minato Ruberto, nella reale dignita constituto . . . »
XLIX. BOCCACE 333
Fol. 220. Explicit : « la oui uita nelle mani délia tua
donna amore conserui. »
Rubrique : Finisce la quinta et ultima parte de! Filocolo,
composto da messer Giouanni Boccaccio, poet a florentine*
clarissimoKfelicemente.
Livre I, fol. 1; liv. II, fol. 23 v°; liv. III, fol. 64; liv. IV,
fol. 106 v°; liv. V, fol. 183 v°.
G
(Osuna : Plut. III. Lit. N, n° 15, d'après Los Rios)
Boccace, Ninfal d'Admeto. En castillan. Manuscrit perdu.
Amador de los Rios a encore vu ce manuscrit dans la
collection du duc d'Osuna. C'était un volume écrit en Es-
pagne au XVe siècle. Il était bien conservé, mais il ne con-
tenait pas d'indication relative au traducteur (Cf. Obras
del Marqués, p. 596, XIV, et Historia eritica, t. IV, p. 41,
note 2).
H
(Osuna: Plut. V. Lit. N, n° 34; Rocam. n° 30; Biblioth.
Nat. Madrid, Ii-34)
Boccace, Genealogia de los Dioses. En castillan.
Manuscrit de 188 feuillets, plus 1 feuillet blanc au com-
mencement, papier, non folioté. Écriture du XVe siècle, à
deux colonnes. Espaces blancs pour capitales. Format
275 X 207 mm. Reliure de parchemin. Au dos: Comedias
de Juan Boccacio, de mano.
Ce manuscrit est incomplet du commencement et de la
fin. Fol. 1. Incipit : « . . .en la primera de sus comedias 11a-
macla . . . »
Fol. 4 B. Explicit : a con aumento prospero de estado,
evirtudes, e fama. » Ces quatre feuillets contiennentja pré-
face du traducteur anonyme, à laquelle fait suite la préface
de Boccace.
334 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Fol. 41$. fncipit: « Muy excellente, glorioso, e muy po-
deroso rey e scfior .... »
Fol. 11 v°. Explicit: « edesonor, e eterna dapnaçion. »
Fol. 12. Incipit: a Como yo imaginasse, on mi animo... »
Fol. 188 v° B. Explicit : « por la fuerça do la eloquen-
çia e . . . ))
Livre I, fol. 12; liv. II, fol. 55; liv. III, fol. 88 v° A;
liv. IV, fol. 117 v° A; liv. V, fol. 177 A.
Les livres I à IV sont complets,, le livre V est tronqué et
les livres VI à XIII manquent.
La préface que Fauteur de cette version a mise en tête
de son travail est fort curieuse. Elle est malheureusement
incomplète, et nous ne savons pas à qui l'ouvrage était
adressé. Mais nous sommes certain qu'une lecture atten-
tive de ce document, que nous reproduisons ci-dessous,
donnera au lecteur la conviction qu'il s'agit ici du marquis
de Santillane. Toutes les allusions faites par le traducteur
anonyme le désignent. Celui qui a écrit ces pages, dont
le déchiffrement n'est pas toujours facile, était évidemment
un des familiers du château de Guadalajara, il connaissait
à fond la bibliothèque du Marquis et en avait profité.
Nous ne croyons pas nous avancer beaucoup en attribuant
cette version du De Genealogia Deorum à Pedro Diaz de
Toledo.
Préface du traducteur anonyme de la « Généalogie des Dieux »
...en la primera de sus comedias llamada Andvia, muestra
deuerse temer de alguna enfermedad non ser muy lueiïe del syn
medida gozo (?), dire, non commo el en Eunucho dizia, o Jupiter
guarda me aqueste tan deleytoso bien, mas dire breuemente commo
fiel cristiano, adaptando a my dezir algunas palabras del glorioso
Apostol san Pablo, vaso de eleçion :
o Altezade Riquezas,
eterna diuinidad,
en quien de todas firmezas
es ffîrme seguridad,
o verdadera unidad
e dios infynito, en quien
se onrra la trynidad,
tu me g[u]arda aqueste bien,
XLIX. BOCCACE 335
Dire mi culpa, o mi muy temido e muy amado seiior, e afirmante
verdad ante vuestra magnifiçençia, que muchas vezes nembrando
me en commo Virgilio, en el quarto de su Eneyda, describiendo
la fama dize délia que tanbien toma consigo e testifica lo non ver-
dadero, e ficto, e malo, commo lo que por verdad consiste; nem-
brando me esso mesmo de lo que délia dize Panfilo en su pequeno
volumen que tracta de Amor, que se leuanta de pequena costa e
non canssa tan de ligero, e que en caso que miente cresçe mas to-
dauia, dubde con migo mesmo e pensse non ser tanto quanto de
vuestra merçed se dizia. A la quai, desque por presençia mire, e
vi, e conosçi por corporea vista lo que por la mental luengo tienpo
antes auia conçebido açerca del politico beuir e magnifico estado
vuestro, e de los notables e famosos fechos, e pelegrinos e altos
pensamientos, e illustres e muy arduos aferes en los quales veo
que se exerçita e se deleyta grandemente vuestra sefioria. Verda-
deramente, muy magnifico senor, me paresçe non auer lugar
açerca de vuestra merçed aquel... dicho de Claudiano en que dize
que la presençia amengua la fama (1) mas veo que con muy légitima
razon yo puedo dezir a vuestra magnificençia lo que al sabio Sala-
mon dixo la Reyna de Saba, quando por sola su fama lo vino a
ver en Jérusalem, e le dixo : verdadera fue senor la fama que de
ty oy en mi tierra sobre tus sermones, e sobre tu sabiduria, e non
lo creya a los que me lo contauan fasta que yo mesma vine e lo vi
por mis propios ojos, e proue, e conosçi que non me auian anun-
çiado la média parte de lo que en ti es, e mejor es la tu sabiduria,
e las tus obras, que la nueua que de ty oy, bienauenturados son
tus seruidores e tus sieruos, aquellos que estan ante ty e oyen la tu
sapiençia, etc. E quiero senor que piense, quien con sano juyzio
e con sinçero animo querra imaginar en el resplendor de vuestras
gloriosas obras, e asi bien lo considerare, non dubdo que se
acuerde con migo en dezir que vuestra merçed es oy quien syn
de[s]lizar, nin declinar del tramite, e derecho camino de virtudes,
en todo e por todo arremeda, non menos en discreçion que en
caualleria, a los claros e famosos principes e senores de las pris-
tinas hedades, los quales, por sus virtudes e ffechos de grandes
fazanas, dexaron mémorable nombre e perpétua memoria a los
despues dellos. Sinon veau e consideren, con diligente animaduer-
sion, con quanto triunfo, e gloria, e honor, vuestra çelsidumbre
sienpre se aya auido en los fechos de armas, e obras militares, en
1. Cette phrase est peut-être l'explication et la source première de la
seule citation latine qui aurait pu servir d'argument à ceux qui ne
peuvent renoncer à faire du marquis de SaUtillane un latiniste. Voyez
ci-dessus, notice XLVII, p. 295, Purgatoire, chant VII, vers 61-99.
336 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
que, infinitas vezes, se ha risto, donde non sola una, tnas tnu
chas e mas, con Legitymo temor se temia, e se judgaua de los
astantes, la muerte sor preçio de vuestro \ iril ardimento, e toda
nia sefallo sor deuida a vuestra senoria la palma de la Victoria. 0
gloriosa hedad la passada, quando ningnn famoso fecho passaua
con somnolento silençio syn se perpetuar o por hedifiçio o por
escriptura ; digolo senor, porque si lo padesçiesse el présente siglo,
el quai, fablando syn injuria nin detrimento de los que en el son,
mas con razon deuia llamar ffes de siglo, quai razon contraria de
ver se auer fecho, a vuestra magnifiçençia, arcos triunfales por
donde passasse, segund los romanos ffazian quando algund su
capitan torrnaua a la çibdad, victorioso de alguna batalla, los
quales aun oy dia duran. E quai séria la escusaçion que escusasse
deuerse historiar concalamo copioso, e perpetuarse por escriptura,
vuestros illustres fechos por muchos autenticos estoriadores? Ca
por çierto, segund dezia Marco Çiçero, en la oraçion ponpeyana,
la quai es asi dicha por quanto el la ffizo en fauor e loor de Pon-
peyo, que aquel que quisiesse dezir e fablar, non le ffallesçeria
janias que dixiesse açerca de sus loores, e asi mesmo se deue dezir
que jamas non les fallesçeria a los taies escriptores que escriuiessen
açerca de vuestras proesas innumeras. Alaba a Hercoles la anti-
guydad, e cuentan del las fablas e poeticas fiçiones, que, commo
el se viesse hun dia en medio de dos caminos de los quales el uno
erael de la virtud, el otro el de la delectaçion, e considérasse con
sigo mesmo quai de aquellos deuia eligir e seguir, commo el uno,
es a saber el de la virtud, se mostrasse muy aspero, e muy graue,
e muy difiçile de caminar, e el otro, conuiene saber el de la delec-
taçion, se le mostrasse muy llano, e muy espaçioso, e muy pla-
zentero, que el delibero de seguir el camino de la virtud. Pues
por que en semejante cosa vuestra senoria non deua ser loada en
elauado e muy summo estilo non lo puedo pensar. Commo sea
notorio que, pospuestas las ileçebras e voluptades de los mundanos
deleytes, siguio sienpre la derecha via de virtud, si non do por
testigo los fechos e presento en testimonio las obras que vuestra
merçed ha fecho e faze de cada dia, que jamas tan solo hun mo-
mento non consume en vano, en canpo commo en canpo, siguiendo
los fechos de la insigne miliçia, e en casa commo en casa, dando
se al estudio de notables cosas e estudiadas poniendolas en
escriptura, para instruçion e documento de otros, siguiendo a
Luçio Aneo do dize ser cosa muy dulçe el oçio que se espiende en
estudio. Pues que se podra dezir de las otras, syn numéro, gracias
e donos, célestes e naturales, que son en vuestra senoria, [de]
vuestra egualdad, fortaleza, temperançia, prudençia, costançia,
XLIX. BOCCACE 337
ffe, piedad, e continençia, e de todas las otras cosas que se re-
quieren a virtuoses actos, yo non siento ingenio tan abundante que
conprehender las pudiesse, para las referir enteramente, segund
en vuestra merçed se albergan, e ffinalmente toda [la] bondad la
quai, que en vuestra magnificençia sea infinita, facile es de
conosçer a quien pensar querra lo que Platon dize en una de sus
epistolas, en que afirma ser grande argumento de bondad a la
persona abundar en amigos; pues quien sepueda dellos dezir mas
rico, quien mas copioso, o quien mas abondoso que vuestra merçed,
yo non los siento nin lofs] conozco en aqueste reyno. Mas o
vida la en que beuimos. O peruersa condiçion de tienpo la en que
somos. O mundo inico el présente, que antes se ffallaran mill
reprehensores que hun loador, e antes quien sepa o quiera detratar
e préfaçai* (?) de los buenos ffechos, e equiuocarlos siniestramente,
que quien los quiera loar e comentar. Non dubclo seiior que seran
algunos que me notaran de nota de adulaçion, diziendo yo alabar
en mi escriptura al senor cuyo so e en cuya mençion biuo. A los
quales, si responder me conuenga, ruegoles nembrar se quieran
que dize el philosofo : la virtud loada cresçe e seesmera mas, e
que es liçita cosa dezir bien del bien, e que en dezir la verdad syn
oprobio de otro non se comète error nin mal fecho alguno. Ca si
bien consideraren en vuestras magnificas obras fallaran por verdad
deuerse dezir con razon, a vuestra senoria, lo que a Lucio Luçeyo
dizia Marco Tulio, en una de sus epistolas, es a saber que mas
justamente deuyan ser llamados enuidiosos los que non han admi-
raçion de vuestra merçed e de sus claros e mirificos fechos, que
aduladores los que los loan. Dirian por çierto, muy generoso
senor, mayor verdad si dixiessen, yo en este caso fazer grande
ofenssa a vuestra magnificençia, por solamente tomar en mi tanta
presunçion de querer loar las virtudes, e insignes condiçiones, e
fechos egregios de hun tanto senor, commo yo non sea abastante,
non dire a loar mas aun a recontar,la memor parte dellos. Et pues,
segund el comico Africano, non ha cosa tan digna de loor nin
fecho tan famoso que... se recontando non venga en diminuçion e
despreçio, podrian concluyr que en lugar de ensalçar vuestro
nombre por mi escriptura lo diminuya por ella mesma. Por cerca
desto, muy magnifîco senor, non dubdo yo que sea en ne[m]brança
a vuestra clara memoria, la quai mas verdaderamente se podria
dezir angelica que humana, lo quel el moral Seneca dize, que en
qualquier cosa que las personas fagan se deue parar mientes a la
voluntad con que la ffazen, la quai commo en mi sea e sera, en
quanto biua, muy leal a seruiçio vuestro ; espero de vuestra senoria
que, dissimulando la insuffiçiençia de la inepta e descompuesta
22
338 BIBLIOTHÈQUE DU MAHQUIS DE SANTILLANE
escriptura mia, flôctera e inclinara su generoso animo a mirar e
considerar la puridad e lealdad que en mi es sacrificada a perpetuo
seruiçio de vuestra magnifiçençia, cou aquel muy êntéroso, muy
verdadero amor, que de leal seruidor a su muyobedeçido e muy
amado senor es deuido. El quai, eommo en mi sea, en su propio
e verdadero ser açerca do vuestra merçed e de su queror, absolu to,
el mesmo es aquel ([ue da de si testimonio, quien dubda seûor que
do amor consiste fallesçe el derecho juyzio. Ca por tanto, segund
Petrarca dize en el prohemio del su libro de Vita solitaria, lo
iingio ciego la antiguydad, porquanto non hanin puede auer recto
eonosçimiento en los feehos, demas desto, senor, non es de dubclar
que segund dize Ouidio Naso, amor sea aquel que vençe todas las
eosas. Esto considerado, muy magniflco senor, e veyendo en
eommo por seruiçio vuestro yo jne dispongo a lo que va mi animo
es deliberado, es a saber a trasladar e transcribir de latyn en
nuestro vulgar materno la obra que si plaze a Dios adelante se
seguira, intitulada genealogia do los choses de los gentiles, de li-
gero puede vuestra merçed conosçer amor ser aquel que me çiega,
e me priua del cierto juyzio, e me roba mi. . . por manera que non
so senor de conosçer a mi mesmo, nin para quanto so, e el mesmo
ser aquel que por una estrafia manera me fuerça e me venge todas
mis fuerças de las quales, si yo non fuesse eommo oy me veo
desapoderado e puesto en oscura ceguedad e tiniebra del propio
eonosçimiento, e ageno de mi e libre aluedrio, de créer es
que me arredraria de aquello a que tanto me allego, e que fuyria
de començar lo que, si viuo, fenesçer entiendo. Ca pensaria senor,
e temeria lo que justamente deuo temer, es a saber la obra ser
grande e puesta en muy alto estilo metrico e prosayco, tal que
requière especulaçion muy biua, de la quai yo so muy lontano.
Pensaria esso mesmo quien so en doctrina, e quien es aquel a quien
se dirige la obra, eommo sea vuestra merçed hun senor de céleste
ingenio, muy estudioso e perspicaz, e muy marauilloso censor en
semejantes cosas. Consideraria otrosi otros diuersos respectos de
los quales por el menor me deuia esquiuar de hun tanto fecho, e
de tan grande assayo. Enpero, muy magnifieoe mi muy obedesçido
senor, por obedesçer a vuestra magnifiçençia, de cuyo espreso
mandamiento, el quai es a mi ley inpossible de ser quebrantada,
me es injuncto que vulgarize el tal libro. E pues que amor, que
tanto puede, es mi guia en este caso, el quai, segund dice Oraçio^
acresçienta las funcçiones de aquel que ama, (e) asi espero que
acresçentera las de mi minimo saber. El quai essomesmo, segund
dize Dante, « a ningund amado amar perdona », e creyendo que
sera ;i mi reçiprocode parte de vuestra senoria, e que, eommo dize
\lix. noce ace 33(J
Terençio, on la... comedia, el amor dara yguales partes al seîior
c al seruidor. Nembrandome esso mesmo de lo que el mesmo
cartaginense poeta dize, que a los osados ayuda la fortuna, dando
le otrosi ffe, en aquella parte do dize que las cosas que paresçen
grandes e asperas se torrnan ligeras a las personas que han animo
para las cometer, creyendo esso mesmo al atheniensse philosopho
Eusopo, cerca de la moralidad de la su fabla del leon e del raposo,
la quai remicto a los que ver la querrian ; non oluidando otrosi lo
que dize Senéca : que en los grandes f échos en caso que non suc-
céda commo la persona se pienssa que es honesto el esfuerço.. . a
los comienços. Auiendo tanbien nenbrança de hun notable dicho,
que el glorioso Troylo ouo fablado en consejo ante el rey Priâmes,
su padre, quando se tractaua del passaje engreçia, por delibraçion
de Esslona, el quai dicho esse mesmo remicto a aquellos que
buscarlo les plazera e que la historia Troyana tienen familial*.
Nenbrandome otrosi, entre las otras cosas, de lo que Aristotyles
dize, en el libro ultimo de l&s ethicas, conuienesaberque la delecta-
çion fenesçe laobra, e que, pues vuestro seruicio es a mi muy singu-
lardeleyte,el causarala obraauerfyn, Dios medianero. Pospuestos
todos otros objectos e obstaculos, los quales liçitamente deuerian
contrastar mi proposito e querer en aqueste caso, no dexare de me
ofresçer al trabajo de trasferir la tal obra de latyn en vulgar, a
nonbre, gloria, e honor de vuestra magnifiçençia. E si non pu-
diere lo que quiero, querre, segund el comico prouerbio, aquello
que pueda, esforçando me, en quanto mi poder bastara al tal fecho,
por sacar palabra de palabra, o intento de intento, e a las vezes
por equiualençia, segund razon lo ditare e mas propiamente mi
exiguo ingenio lo pucliere adaptar. E prinçipiando, en nonbre de
aquel que sin prinçipio es comienço de todos bienes, seguyr se ha
el prologo que fflzo el auctor, el quai, aunque se (]ue l'ara grande
verguença al mio, pero auiendo por mi la escusa que justamente
es dada a los que ffazen aquello que pueden, pues que si mejor
pudiera, mejor lo ouiera ffecho, suplico muy humillmente a vuestra
exçelssa senoria que resçiba el afecto por efecto, e açepte mi tra-
bajo en seruicio, digo trabajo, aunque por lo que va desuso dixe
mas propiamente diria solaz e deleyte, en conosçer que siruo en
ello a vuestra muy magnifica senoria, la quai el principe del oielo
luengamente conserue, conaumentoprospero de estado e virtudes,
e fama.
340 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
I
(Osuna : Plut. III. Lit. N, n°16, d'après Los Rios; Biblioth. Nat.
Paris. Fonds Espagnol, n° 458)
1. Boccace, Liber de montibus, silvis, fontibus. 2. Saint
Basile, Homélie sur la lecture des auteurs profanes.
3. Platon, VAxiocus, traduit par Pedro Diaz de Toledo.
En castillan.
Manuscrit de 74 feuillets repartis en quinze cahiers d<-
papier encartés de vélin. Ecriture du XVe siècle. Orne-
mentation luxueuse. L'encadrement du premier feuillet pré-
sente les heaumes du marquis de Santillane. Les armes de
Mendoza -Vega sont peintes à gauche en haut, et à droite
en bas; celles de Figueroa sont à droite en haut et à gauche
en bas. Format 287 X 213 mm. Reliure moderne au chiffre
du duc d'Osuna.
I. Fol. 1. Rubrique : Yntroduçionallibro de Johan Bo-
caçio florentin, poeta laureado, el quai se intitula de los
montes, e rios, e seluas.
Incipit : « Fatigado de trabaio yo me leuante. . . »
Fol. 64 v°. Explicit « e escripto, a la bondat diuinal, ea
su doctrina, e ensenança. )) Fijn. Deo gracias, amen.
II. Fol. 65. Rubrique: Basilio, de la refformacion de la
anima.
Préface du traducteur. Incipit: « Suelen, muy magnif-
fico senor . . . »
Explicit : « muy excellente. »
Fol. 65. Incipit : « Muchas son las razones fijos. . . »
Fol. 69. Explicit: « desechando los derechos consejos. »
Deo gracias, amen.
III. Fol. 70. Rubrique : Yntroduccion al libro de Platon,
llamado Fedron, en que se tracta de como la muerte no es
de tenter) romancado por el doctor Pero Diaz de Toledo,
para el muy generoso e uirtuoso sefior singular sugo,
senor Yhigo Lopez de Mendoça, sefior de la Uega .
Préface du traducteur. Incipit: « Segund dize Aristo-
tiles. . . »
XLIX. BOOCACE 341
Explicit : « graue e sentençiosa de Socrates. »
Fol. 70 v°. Incipit : (( Socrates : Como partiesse de Athe-
nas. . . ))
Fol. 74 v°. Explicit : « fasta aqui. »
Rubrique : Fenesçe el Tractado de la inmortàlidat de la
anima. Deo gracias, amen.
Ce manuscrit a été étudié et décrit par M. Morel-Fatio
dans sa Notice sur trois manuscrits de la Bibliothèque
cVOsuna (Romania, t. XIV, p. 94-108). Nous emprun-
tons à cet auteur la plupart des renseignements que nous
donnons ici.
Ce volume a été exécuté avant 1455, puisque nous y
voyons figurer à côté des armes de don Ynigo Lopez celles
de sa seconde femme, Dona Catalina Suarez de Figueroa,
qui mourut en 1455.
Des trois ouvrages réunis dans ce manuscrit le deuxième et
le troisième sont précédés cle préfaces dédicatoires où Ifiigo
Lopez est nommé encore senor de la Vega. Ceci indique
pour la traduction de ces deux traités une date antérieure
à celle du 8 août 1445, jour où Jean II octroya au seigneur
de la Vega le double titre de marquis de Santillane et de
comte du Real cle Manzanares.
Dans les marges de ce manuscrit, nous avons trouvé des
mains, des traits ondulés, et des sigles en tout semblables
aux signes d'attention relevés en marge du manuscrit Ii-110
contenant la Divine Comédie (Cf. notice XLVII). Ces traits
sont de la même main dans les deux volumes et le signe
est celui dont le marquis de Santillane se servait pour mar-
quer les passages qui l'avaient frappé.
L'homélie de saint Basile en faveur des études classiques
a été traduite en latin par Leonardo Bruni d'Arezzo, dont ce
fut la première version grecque (Cf. Voigt, Wiederbel. d.
Alterthums, t. II, p. 164). Cette traduction, souvent copiée,
fut publiée sous le titre de Magni Basilii liber, cle graeco
in latinum translatus, ad juvenes religiosos, quitus stu-
diis opéra danda sit (lre édit. Milan, 1474; Mazzuchelli,
Gli scrittori d' Italia, vol. II, part. 4, p. 2208). Le traduc-
teur espagnol a suivi le texte de Bruni. Le ton de la lettre
dédicatoire au docte Inigo Lopez de Mendoza permet de
supposer que son chapelain Pedro Diaz de Toledo fut Tau-
342 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
teur de cette version castillane. C'est bien Pedro Diaz de
Toledo quia traduit YAxiocus que nous trouvons ici sous
Je titre de Fedron. Seulement, comme il a ensuite traduit
le Phédon, le copiste a confondu les rubriques (cf. à ce
sujet, comme aussi sur la forme barbare Fedron notre notice
II, ms. Reserv. 6°. 2). Comme pour le Phédon, Pedro Diaz
s'est servi pour YAxiocus d'une version latine de Léonard
Arétin. M. Morel-Fatio fut le premier à attirer l'attention
des érudits sur ce travail de Bruni qu'il a trouvé dans un
manuscrit incorrect du XVe siècle, conservé à la Nationale
de Paris. Dans la notice susmentionnée il en transcrit la
lettre et la préface pour que les arêtinistes puissent trancher
la question de savoir si, oui ou non, cette version appar-
tient à Leonardo Bruni. M. Morel-Fatio a remarqué que le
prologue de Pedro Diaz à la traduction de YAxiocus n'est
qu'une adaptation de celui de Bruni avec quelques allusions
à Inigo Lopez de Mendoza.
Amador de los Rios (Obras del Marqués , p. 596) parle
d'un manuscrit du De montibus, silvis , fontibus , et il en
donne la cote (Plut. III. Lit. N. n° 16), mais il dit que ce
manuscrit est écrit en lengua toscana. Dans son Historia
critica (t. VI, p. 41, n. 2), le même auteur cite ce même
ouvrage parmi les versions castillanes de Boccace, et il lui
donne également la cote Plut. III. Lit. N, n° 16. C'est pour-
quoi nous n'avons pas hésité à nous servir de cette indi-
cation.
Il nous a paru utile de réimprimer ici les préfaces que
les traducteurs de saint Basile et de Platon ont placées
en tête de leur travail et qui toutes deux sont adressées au
marquis de Santillane, alors encore seulement seigneur de
la Vega.
Préface du traducteur de VHomélie de saint Basile
Suelen, muy magniffico sefior Ynigo Lopez de Mendoça, senor
de la Vega, los ornes escriuir unos a otros entre otras muchas cosas,
mas prinçipalmente o de comunes negoçios o quando por alguna
familiarrdat son coniuntos,; açerca de lo quai, en los tienpos pas-
sados, a vuestra magnifiçençia auer escripto e de aquella auer
peeçebido assaz de letrasse me acuerda. Agora, por que lasturbias
tempestades de los tiempos han fecho los negoçios diuersos e las
XUX. BOCCACE 343
voluntades, segun que lo de mi siento e creo de vuestra nobleza,
aimque non extinctas, a lofs) menos interdictas e aplicaclas a
obras contrarias, lie acordado de interpellar vuestra humanidat e
nobleza e, como despertandola de un luengo suefio, mezclarme en
la memoriade aquella, a bueltas destos estudios de humanidat, de
los quales se que ningun trabajo, ninguna otra paçion e ningunos
alcançados o perdidos fauores non vos podrian arredrar, nin sin
causa, por quanto con aquellos entiede, el que crée ser bien auen-
turado, si es vera o falsa o pur ficta la gloria que posée e como e en
quanto grado la deue resçebir e tratar. E aun entre las desperadas
aduersidades collocan quai gloria ninguna prosperidat non podria
dar. (?) Ca que mejor cosa pudo alcançar Caton que el cuchillo
con que se mato, que Muçio que el fuego en el quai suffrio des
tillar su mano, que Marco Regulo que la crueldat del enemigo al
quai e a los exquisitos supliçios quiso boluer por guardar la fee?
Las quales e otras semeiables cosas muchas vezes leer e releer
entiendo que non puede ser sin mucho fruto. E por quanto algunas
vezes de mi mismo, e muchas de vuestra magnifiçençia, e de otros
he oydo fablar con... (1) a aquellos que qnieren obtrectar los estu-
dios de la humanidat, por que nosotros nos damos a los poetas,
e oradores, e otros que los han tractado, acorde de romançar
e enbiar a vuestra nobleza esse pequeno libro del gran Basilio,
por que con la auctoridat de este tan gran varon pueda v[u]estra
nobleza confonder la ignauia e peruersidat de los que vituperan
los estudios suso dichos e que dizen que es de areclrarse dellos de
todo punto. A los quales entendio que esto viene por ser de tan
vagaroso ingenio que non pueden otear a ninguna cosa alta e
egregia. E ellos, non podiendo espirar a ninguna parte de huma-
nidat, entienden que nin los otros, que tienen abilidat e voluntad
para ello, lo deuen fazer. Mas dexemoslos con su ignorança, ca
non me paresçen dignos para que fagamos dellos mençion, e oya-
mos a Basilio, el quai entre los Griegos es auido por de tanta auc-
toridat que en seueridat de vida, e en santidat de costumbres,
e en estudios de buenas artes, e en doctrina de la sacra scriptura,
e en todas las otras virtudes es visto muv excellente.
Préface du docteur Pedro Diaz de Toledo
Segund dize Aristotiles, en el tercero libro de sus Ethicas, lo
postrimero de las cosas temerosas e espantables es la muerte, e
esto con gran razon,ca por aquella fallesçemos e dexamos de seer,
1. M. Morel-Fatio propose de restituer ici quelque chose comme
dosprrho.
:M 1 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
o como cl principal desseo de los animales sea conseruar su
dubdan e reçelan la muerte, assi como cosa contraria e destruy-
dora de su seer.Sudo la humadidat de Nuestro ÎSenor gotas de
sangre, conosçiendo la muerte cercana, e en esto non se quiso
librar de los deffectos humanos, non enbargante que conosçia que
aquella era nesçessaria a el en quanto onbre, en qualquier tienpo
que fuesse, e nesçessaria por estonçe quanto a nuestra salud. E va
sea que por nesçessidat de natura la muerte non se puede esousar
e el temor suyo congoxe e trabaje las voluntades de los onbre-,
enparo el gran filosopho Platon, principe e caudillo de la conpana
achademica, por que con reposado e folgado coraçon pudiessemos
beuir, fablo en esto assi como en todas lasotrascosas diuinalmente,
introduziendo a Socrates que disputa e faze persuasiones e ra-
zones, por donde entiendede prouar la muerte, non solamentenon
ûe deue temer, mas antes deuerse dessear, por que quasi por
diuinal sentido arraygue de nosotros el miedo de la muerte e el
temor de aquella aparté de nuestras voluntades. Retraydo por
pocos dias a reposar la liesta a mi casa, pense en que e a quien
daria essas pocas oras que en aquellos dias para mi reposo tomaua,
e mi memoria representome quantos en los dias passados con ge-
neroso coraçon e voluntad esforçada vy disponerse a morir por
seruiçio e bien de la cosa publica e por esguarde de sus honores
e offresçerse a morir syn dubdosa voluntad, seyendo la muerte tan
dubdosa e espantable. Tengo en memoria el combate de Penafiel,
tengo la escaramuça de Lorca, asi mesmo el rrecuentro que ouistes
çerca de Torote, e vy otros actos donde se representauan peligros
de muerte. Dispuse de espender aquel poco tienpo en pensar que
razon abastaua a traher a los omes a se disponer a morir, seyendo
aquella lo postrimero de las cosas temerosas e espantables. E oc-
curiome un libro de Platon, llamado Pheclron, donde vy e ley la
causa e razon de aquesto ; emprendi de leer e estudiar aqueste
libro por obiecto de mi pensamiento, e delibre de lo rromançar e
rremitir a vos, el muy generoso Senor, mi senor singular, que por
propiavirtud e bien de la cosa publica sabeys e sopistes anteponer
la muerte a la vida. Por que.confirmado por auctoridat de aqueste
diuino onbre, non judgues la muerte ser uno de los maies, e vos,
senor, entre los grandes afïeres e cuydados que occurren, por una
singular manera de alegria vos deleytades en leer libros de
grandes sabios. Resçebid aqueste libello de Platon, pequeno en
volumen e grande en auctoridat, el quai entre los otros qu'elcom-
puso en lengua griega es en tanto resplendor de eloquençia, que
en la manera de fablar, como diz Plutarco, non deue cosa al dios
Jupiter. E si el romance non guardare aquesta magestad de
XLIX. BOCCACE 345
diuinal eloquencia, atribuyasse, o a mi que lo romance grossera-
mente, o qu'el romance nuestro non pudo obseruar la'virtud e dul-
çor del proprio lenguaje en que fue compuesto nin del latin en que
lo falle trasladado. Fares vos, senor, en aquesto lo que suelen
fazerlos buenos conosçedores de cauallos, que apresçian la natu-
raleza de los cauallos, su fuerça, su ligerez e non apresçian las
guarniçiones. Assi, leyendo vuestra merçed aqueste libro, médira
e considerara la fuerça del fablar de Platon e la magestad de
tantas e tan graues sentençias, e conosçerayo auer auido voluntad
de vos seruir e non acatara al rrudo romance. Vengamos, ya dexa-
das todas las otras cosas, a veer la disputaçion graue e sentençiosa
de Socrates.
Traducteurs et Traductions de Boccace en Espagne
L'influence de Boccace sur l'Espagne littéraire du
XVe siècle a été considérable. On admirait sa connaissance
de l'antiquité, son savoir des choses mythologiques, et la
confiance que l'on avait en son érudition était absolue. Ce
qui contribua encore à grossir son succès, c'est que les
femmes et les hommes du monde se plaisaient à la lecture
de ses contes et de ses romans. Il est de toutes les biblio-
thèques.
Traductions de ses œuvres latines :
Le De Genealogia Deorum a été, nous l'avons vu, traduit
au XVe siècle. Le manuscrit Hh-31 de la Biblioth. Nat.
de Madrid (XVe siècle) et un manuscrit de la Bibliothèque
du Roi conservent la même version que le ms. Ii-34. Le
manuscrit Dd-149 de la Biblioth. Nat. de Madrid contient
une copie moderne de la préface de Boccace. Cette tra-
duction n'a pas été imprimée.
Le De rnontibus, silvisf fontibus, lacubus, Jluminibus]
stagnis, seu paludibus , de diversis nominibus maris, liber,
conservé à Paris dans le n° 458 du fonds espagnol de la Bi-
blioth. Nat., dont nous ne connaissons pas d'autre manus-
crit, est également œuvre inédite d'un traducteur inconnu.
De casibus principuin ou Decasibus virorum illustrium.
Le chancelier Pero Lopez de Avala a traduit en castillan
les huit premiers livres de cet ouvrage. En 1422, pendant un
séjour à la cour de Portugal, où les avait conduits une am-
bassade, Juan Alfonso de Zamora, secrétaire de Jean II,
346 BIBLIOTHÈQUE 1)1' MARQUIS DE SANTILLANE
priaAlonsodeCartagena d'achever la traduction commencée,
et déjà si avancée, par le chancelier Pero Lopez de Ayala.
Juan Alfonso offrit d'écrire sous la dictée de l'ecclésiastique
diplomate, et c'est ainsi (|iio fut complétée la version du De
Casihus virorum illustrium. La Bibliothèque Nationale de
Madrid conserve quatre manuscrits de cette traduction, les
mss. Bb, 52 ; Ff-278 ; V. 320 et E, 6. Il y en a un dans la
Biblioth. du Roi et Gallardo en cite un (Ensayo, t. IV,
col. 1486, 1493) qui fit partie de la Biblioteca Olivariense
sous la cote L. 13. Cette version Àyala-Cartagena-Zamora
fut publiée à Séville, en 1495, par Meinardo Ungut Aleman
et Lançalao Polono sous le titre de : Juan Bocacio, Caida
de Principes, traducida de latin al castellano por D. Pedro
Lopez de Ayala y continuada por D . Alfonso Garcia (Ci.
Méndez-Hidalgo, Tïp. Esp., p. 97) (1). '
De claris Mulieribus. La traduction de cet ouvrage re-
monte au règne de Jean II et nous retrouvons les traces de
son influence chez des auteurs de cette époque, mais les
manuscrits en sont rares et nous n'avons vu ce livre qu'im-
primé. Le traducteur n'est pas connu. Voici le titre de la
première édition de cette version : Johan Bocacio de las
1. Méndez-Hidalgo (Tip. Esp., p. 98, note 1) reproduit la préface de
cette version. Nous en transcrivons un passage où Juan Alfonso de
Zamora rend compte de sa collaboration avec le doyen des églises de
Saint-Jacques et de Ségovie :
a El porque aquellos que en algunas buenas obras se ocupan siempre
» nuestro Senor Dios guia. Trajo acaso que en uno el muy reverendo e
» sabio doctor Alfonso Garcia, Dean de las Iglesias de Santiago e Se-
» go via : Oidor de la Audiencia del dicho Senor Rey, e del consejo : e
» yo por Embaxadores del dicho Senor Rey de Portugal fuemos en-
» viados : en la quai erabaxada como oviesemos algunos espacios para
» exercitar nuestro espiritu, e veyendo yo la gran suficiencia que en el
» dicho Dean era para lo romanzar lo que del dicho libro fallescia, e a
» ruego e instancia mia de se hoponer al trabajo de lo comenzar a el
» plugo. Yasi de diez libros que hay en este dicho libro, el dicho Senor
» Pero Lopez romanzo los ocho hasta la meitad del capitulo que habla
» del Rey Astur de Inglaterra que es dicha la grand Bretana : e Mor-
)) derete su fijo, e dende en adelante romanzo el dicho Dean, el di-
» ciendo, e yo escribiendo, los quales lo hicieron muy bien guardando
)) su Rethorica segund que por el paresce
)) Acabose esta obra de romanzar en la Embaxada recontada a treinta
)> dias del mes de Setiembre Ano del Senor de mill e quatrocientos e
» no venta e dos an os. »
XLIX. BOCCACE 347
mugeres illustres en romance — La présente obrafue aca-
bada en la insigne, e muy noble ciudad de Çaragoça : por
industria, e expensas de Paulo Hurus Aleman de Cons-
tancia a XXIII I dias del mes de octubre : en el ano de la
humana sa/uacion. Mil quatrocientos nouenta e quatro
(1494) (Méndez-Hidalgo, Tip. Esp., p. 70; Gallardo, En-
sayo, n° 1406). En 1528, Cromberger à Séville publia une
seconde édition de cette même version (Gallardo, Ensayo,
n° 1407 ; Salvâ, Catâlogo, n° 1716).
Traductions des œuvres italiennes :
La Fiammetta, traduite en catalan, se conserve dans les
Archives de la couronne d'Aragon (Morel-Fatio, Kat. Litt.,
dans le Grundriss de Grôber, t. II, 2, p. 125). Ce manus-
crit est celui-là même que possédait le monastère de S.
Cugat (Torres Amat, Diccionario, p. 687 et Sanvisenti, /
primi influssi, etc., p. 395). Au XVe siècle, la Fiammetta
fut traduite en castillan. L'Escurial conserve deux manus-
crits de cette version. Cet ouvrage fut souvent imprimé et
il est évident que, au moins les trois premières éditions,
reproduisent la version du XVe siècle. La première que
nous connaissions est celle de 1497, imprimée à Salamanque
sous le titre de : La Fiometa de Juan Vocacio (Salvâ,
Catâlogo, n°1534; Gallardo, Ensayo, 719; Méndez-Hidalgo,
Tip. Esp., p. 360). La seconde édition parut à Séville en
1523,, par les soins de Jacob Cromberger, le titre est plus
détaillé que celui de la première (Salvâ, Catâlogo, n° 1535;
Gallardo, Ensayo, 720). Enfin l'édition de Lisbonne, dé-
cembre 1541, porte un titre encore plus développé que celui
de l'édition de Séville (Salvâ, Catâlogo, n° 1536; Gallardo,
Ensayo, n° 721). En parlant de l'édition de 1497, dont
il fait grand cas, Salvâ remarque qu'avant lui personne
n'en avait fait mention, il en conclut que l'exemplaire de
sa bibliothèque était un unicum. Il ajoute que l'extrême
rareté de ces trois éditions de la Fiammetta s'explique par
la prohibition dont l'Inquisition frappa cet ouvrage. Salvâ
constate l'identité de la traduction reproduite par ces trois
éditions. Enfin il déclare Pedro Rocha auteur de cette ver-
sion, sur la foi dePonz de Icart, qui dans ses Grandezas de
Tarragona dit que: Pedro Rocha habia traducido algunos
348 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
libros de Aretino, y de Corbacho, y la Fiameta de Boc-
cacio. Gallardo, Zarco del Vallc et Sancho Rayon [Ensayo,
n° 719) indiquent aussi l'attribution decette version au Va-
lencien Pedro Rocha. Dans son Catalogue raisonné des
Livrées de Chevalerie, à l'article Fiameta, Gayangos soutient
la même attribution. Plus prudent, ou mieux renseigné,
Nicolas Antonio cite les éditions de 1523 et de 1541 parmi
les œuvres anonymes ; il n'a pas eu connaissance de' celle de
1497. Cependant Antonio savait fort bien qu'un certain
Rocha avait traduit la Fiammetta et le Corbaccio, et voici
ce qu'il en dit dans sa Bibliotheca Nova (t. II, p. 231-232) :
aPetrus Rocha, Tarraconensis (teste mihiLudovico Pontio
» Icart in libello De las grandezas de Tarragona, cap. xlii)
)) vertit ex Italico Pétri Aretini libros : De la Humanidad, de
)) Christo ; de la Vida de Nuestra Seflora ; Los siete Salmos
» Penitenciales, et ex Boccacii: la Fiammetta, El Corbaccio,
» in quorum interpretatione summorum Italicae linguae
» magistrorum gloriaenihilo se inferiorem ostendit, ut idem
)) adjungit auctor, » Ceci nous donne la clef de l'erreur de
Salvâ, qui a entraîné à sa suite tous les autres bibliographes :
il a sans doute pris l' Arétin, dont Rocha a traduit trois
traités, pour Leonardo Bruni, tandis qu'il s'agit de Pierre
que Nicolas Antonio a bien su reconnaître. En effet, peut-
on admettre que le traducteur de trois ouvrages de Pierre
Arétin, composés respectivement en 1535, 1540 et 1534(1),
puisse avoir été l'auteur d'une traduction delà Fiammetta
que nous trouvons imprimée dès 1497 ? L'existence d'une
version delà Fiammetta faite au XVe siècle par un ano-
nyme nous paraît ainsi établie ; elle eut trois éditions
connues, ce qui ne devait pas empêcher Pedro Rocha
de traduire nouvellement cet ouvrage et le Corbaccio au
XVIe siècle.
Décaméron. La bibliothèque particulière de Don Miguel
Victoriano Amer, à Barcelone, comptait parmi ses joyaux
une traduction catalane du Décaméron. Ce précieux manus-
crit du XVe siècle a été cédé par les héritiers du poète à Don
Isidro Bonsoms y Cart. La bibliothèque de l'Escurial con-
serve une traduction castillane du Décaméron. Ce manus-
1. Ci'. A. Gaspary, Gesclt. dcr liai Lit., t. II, p. 477.
XLIX. BOCCACE 349
crit ne contient que 59 chapitres, y compris l'introduction
qui est divisée en chapitres. Le Cat. Esc, s. y. Novelas y Y in-
diqùe comme suit : Novelas de Juan Boccacio deCercaldo
(sic) escritas en papel à mediados del S. XV. Un autre
exemplaire, apparemment de la même version et également
incomplet, est indiqué dans le catalogue de la bibliothèque
de Benavente, publié par Liciniano Saez, et réimprimé par
Rudolf Béer [Handschriftenschàtze Spaniens, p. 103, n° 67,
21) : Unos quadernos del libro de las cien Novelas en
papel cebti menor. Gallardo (Ensayo, n° 1409) donne une
description détaillée du manuscrit de TEscurial (1). La pre-
mière édition du texte castillan du Décaméron est celle
qu'imprimèrent à Séville, en 1496, Meynardo Ungut et son
compagnon Stanislao (Cf. La Serna Santander, Dict. Bi-
bliogr. choisi du XVe siècle, t. II, p. 218; Salvâ, Catâlogo,
n° 1537; Méndez-Hidalgo, p. 349). Son titre est : Las
C novelas de Juan Bocacio. Le texte imprimé est-il iden-
tique à celui des manuscrits du XVe siècle cités ci-dessus ?
Pour le savoir, il faudrait pouvoir comparer le manuscrit
de TEscurial avec l'imprimé de 1496, qui est fort rare. Ni-
colas Antonio (Bibliotheca Nova, t. II, p. 398) cite une
version du Décaméron due à un anonyme et imprimée à
Tolède par Juan de Villaquiran, en 1524, in-folio (2). Gal-
lardo (Ensayo, n° 1408) et Salvâ [Catâlogo, n° 1537) en
connaissent une, parue à Médina del Campo, chez Pedro
de Castro en 1543; â costa de Juan de Espinosa mercader
de libros. A Bruxelles, on conserve une édition du Décamé-
ron castillan, imprimée à Vallaclolid en 1539, et à Vienne il
y en a une de 1550, imprimée également à Vallaclolid (3).
Les Treize questions d'amour tirées du Filocolo.
Une édition de ces questions en castillan parut à Sé-
ville, en 1546, chez Andres de Burgos sous le titre de : Labe-
1. Gallardo remarque que le traducteur anonyme du Décaméron est
le premier à employer en castillan le verbe nocclar. Après lui per-
sonne, dit-il, jusqu'à Cervantes dans ses Nooelas ejemplares ne res-
suscita ce vocable.
2. La Bibliothèque Nationale de Florence, olim Magliabecchiana, con-
serve sous la cote 1 . B. 5. 55 un exemplaire de cette édition.
3. C'est à l'obligeance de Miss Carolina Bourland, qui prépare une
étude sur la fortune du Décaméron en Espagne, que nous devons l'in-
dication de ces deux éditions de Valladolid.
350 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
rinto de Amor que Itho en Toscafio elj'amoso Juan Boc-
cacio: agora nueuamente traducido en nuestra lengua
castellana (Gallardo, Ensayo, n° 811; Salvâ, Catâlogo,
n°1537). Ce titre de Labyrinthe d' amour, qui en réalitéest l<i
second nom du Corbaccio, pourrait faire croire à une erreur;
mais, et nous le verrons encore ci-dessous, c'est bien des treize
questions qu'il s'agit. En cette môme année 1546, parut â
Tolède, sortie des presses de Juan de Avala, une autre édi-
tion du même ouvrage, sous le titre de : Trece questiones
muy yraciosas sacadas del Philoculo del famoso Juan
Bocacio, traducidas de lengua Toscdna en nuestro Ro-
mance Castellano con mucha eleyancia y primor (Gallardo,
Ensayo, n° 2724) (1). Un avertissement de Blasco de Garay
nous apprend que le traducteur de l'ouvrage est son ami
D. Diego Lôpez de Ayala, chanoine de Tolède. Les som-
maires en vers des treize questions sont dus à Diego de Sa-
lazar, que primero fué capitan y al fin ermitaho. Du très
intéressant avertissement de Blasco de Garay, nous rele-
vons le passage suivant, qui vise évidemment l'édition de
Séville: « Del cuâl (il s'agit de Diego Lôpez de Avala),
)) porque no caresciese nuestra lengua materna de seme-
» jantes riquezas, non con poca instancia trabajé que
» consintiese sacarle a luz, pues tan digno era de ella : —
» puesto que ya a hurtadas se le liabia otro antes divul-
» gado : y como a la sazon no le hallase titulo, pusole el que
» a èl mejorle paresciô, llamandole Laberinto de Amor de
)) Juan Bocacio; como el Laberinto sea libro distinto del
» Filoculo aunque todos de un mismo Autor (2). »
Corbaccio. Amador de los Rios (Historia Critica, t. VI,
p. 41) croit que l'on traduisit cet ouvrage au XVe siècle,
non pas qu'il en eût trouvé quelques vestiges, mais unique-
ment, semble-t-il, parce que l'arcliiprètre de Talavera, Al-
fonso Martinez de Toledo, acheva d'écrire en 1438 sa Ré-
probation del amor mundano, qui eut un très grand succès
et (jui fut aussi intitulée El Coroacho. Ce second titre n'ap-
1. La Bibliothèque du Roi conserve une édition du Filoçolo imprimée
à Tolède par Juan de Ayala en 1549, peut-être Gallardo a-t-il confondu
les dates?
2. Pour l'histoire des Question/' d' aniore, voyez l'étude de M. Rajna,
Romania t. XXXI, p. 1.
XLIX. BOCCACE 351
parait cependant pas avant la quatrième édition, dit Amador
de los Rios (Cf. Historia Critica, t. VI, p. 41, note 2;
ibidem, p. 277 et p. 277, note 1 ; ibidem, p. 281 et p. 281,
note 1). D'ailleurs, le livre de rarchiprêtre ne doit à celui
du Florentin que le titre et la misogynie. Los Rios lui-
même déclare que : Respecto del titulo, aunque hemos ya
senalado la influencia que pudo tener el libre de Boccacio
en el del archipreste, conviene notar que no hay punto al-
guno de contacte* en las formas liter arias (l. c). Nous
n'avons pu trouver aucune trace de l'existence d'une,
traduction castillane du Corbaccio antérieure à celle de
Pedro Rocha, citée par Pons de Icart et par Nicolas Antonio
et que nous avons déjà eu l'occasion de mentionner ci-
dessus.
Ninfale d' Admeto. Amador de los Rios seul a vu le
Ninfal d' Admeto, en castellano, qui faisait partie de la
bibliothèque du duc d'Osuna. Rocamora n'en parle pas (Cf.
ci-dessus, ms. G).
ARMANNINO GIUDICE
(Osuna : Plut. II. Lit. M, n° 8 ; Rocam. n°23 : Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-16)
Armannino Giudice, La Fiorita. En italien.
Manuscrit de 110 feuillets, plus 2 de garde au commen-
cement et 1 à la fin, vélin, non folioté et sans signatures.
Écriture italienne de l'extrême fin du XIVe ou du commen-
cement du XVe siècle, à deux colonnes. Rubriques et pe-
tites capitales en couleurs. Dans la marge inférieure du
premier feuillet se trouve un écu d'armes portant d'or au
sautoir de sable et au chef d'azur chargé de trois fleurs de
lis d'or sous une cotice de gueules. Format 364 x 250 mm.
Reliure de parchemin.
Fol. 1. A. Rubrique de la préface latine adressée par
Armannino à Bosone da Gubbio : Proemio dello libido cite
si chiama Fiorita, fatto e compostoper messer Armannino,
giudice, da Bologna.
Incipit : « Egregie nobilitatis et potentie militi domino
suo Bosono... »
Fol. 2 v°. A. Explicit : « et eius successoris et operis
conclusio. ))
Rubrique : Qui comincia la Fiorita di messer Arman-
nino, giudice, da Bologna.
Incipit : « Gia lungo tempo pellegrino errante... »
Fol. 110 v°* B. Explicit : « Qui si compie e finisce il libro
lo quale si chiama fiorita, cominciato nel mille trecento
L. ARMANNINO GIUDICI 353
uenticinque e compiuto nel mille trecento uentinoue per
messer Armannino giudice, lo quale fu da Bologna, e ora
cittadino cli Fabriano délia marcha d' Ancona. Deo gracias,
amen. »
Rubrique : Explicit liber Florete. Deo gralias, amen. Sur
le premier feuillet de garde, au milieu de la page, on lit la
devise suivante : De bon cuer. Ces mots écrits en gros ca-
ractères sont séparés par des courroies, et le tout est orné
d'admirables dessins à la plume représentant des plantes
et des fleurs. Au-dessous on lit : Courege a Nicolau. Au
verso du feuillet de garde de la fin, on voit les mêmes or-
nements et le nom de Nicolaus de Corygya entouré de
courroies. Au recto de ce dernier feuillet, un buste de
femme se détache sur un fond brun. Ce dessin finement
exécuté est légèrement teinté, sur la robe se détache un
collier de plumes de paon ; le costume est celui des Ita-
liennes de la fin du XIVe siècle.
Amador de los Rios, dans la notice qu'il consacre à Ar-
mannino Giudice (Obras ciel Marqués, p. 597), ne remarque
aucune des particularités de ce manuscrit, et après avoir
parlé du « peregrino tratado de Armenino Boloilés apelliclado
Historia Florica » il remarque que a en la ûltima foja se
dice que fué escrito por Nicolas de Coringia (sic) », ce qui
indique que Los Rios a pris Nicolas de Correggio pour
un copiste. Or, ce Niccolô da Correggio était le père du poète
Niccolô da Corregio, qui fut un des lettrés gentilshommes
qui se réunissaient àFerrare, à la cour des Este. Niccolô le
père, qui avait épousé Béatrice d'Esté, en 1448, mourut,
d'après Sansovino (Origine délie case illustri d' Italia,
p. 277), en 1449, et d'après Tiraboschi (Storia d. L let. ital.,
t. VI, II, p. 189), en 1451. Quoi qu'ilen soit, ce seigneur laissa
en mourant sa femme enceinte de Niccolô (le futur poète),
qui fut pour cela nommé Niccolô Postumo.
Comment ce manuscrit du seigneur de Correggio, du des-
cendant de Azzo da Corregio, l'ami intime de Pétrarque,
a-t-il passé en Espagne ? Nous ne le savons pas. Mais il est
certain que le marquis de Santillane connut la Fiorita et
s'en servit. Quant au sens de la devise du commencement
et aux nombreux dessins de courroies qui ornent ce ma-
nuscrit, inutile de les expliquer, c'est un double jeu de mots,
354 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Les Fleurs d'histoires cTArmannino, comme toutes
histoires àla fois universelles et légendaires, ont eu en Es-
pagne un grand suecès.
Lï
CEGGO D'ASCOLI
(Osuiici : Plut. V. Lit. N, n" 6 ; Rocam. n° 138; Biblioth. Nat.
Madrid, Hh-81)
Cecco d'Ascoli, UAcerba. En italien.
Manuscrit de 34 feuillets, plus 1 feuillet de garde au
commencement et 1 à la fin, vélin, non folioté, réglé à
35 lignes. Écriture du XVe siècle, à deux colonnes. Ru-
briques, capitales et lettrines en or et couleurs. Dans la
marge inférieure du premier feuillet se trouve peint un écu
d'armes portant de sable à une chimère couronnée d'or,
armée et lampassée de gueules. Format 290 X 220 mm.
Reliure de parchemin.
Fol. 1. Rubrique : Liber Cecchi Esculani incipit.
Incipit : « Oltra non segue piu la nostro luce. »
Fol. 34. Explicit : « il sommo ben delloetterno fine. »
Deo grattas, amen.
Livre I, fol. 1; liv. II, fol. 6; liv. III, fol. 14; liv. IV,
fol. 25 v°.
feLH
MATTEO PALM1ERI
(Rocam. n° 169 ; Biblioth. Nat. Madrid, Réserv. 6a-6)
Matteo Palmieri, Libro délia viia civile. En italien.
Manuscrit de 164 feuillets, plus 1 feuillet de garde, vélin,
non folioté, réglé à 25 lignes. Écriture du XVe siècle. Or-
nementation italienne de la môme époque; dans l'encadre-
ment du premier feuillet on distingue, aux quatre coins, les
heaumes du Marquis et dans le bandeau inférieur ses armes.
Format 233 X 160 mm. Reliure moderne.
Fol. 1. Rubrique : Comincia il libro délia uita ciuile
composto da Matheo Palmieri fiorentino ad Alexandro
degli Alexandri, optimo ciitadino. Libro primo. Proemio.
Fol. 1. Incipit: « Moite uolte pensandomeco medesimo... »
Fol. 164. Explicit : « e ritornossi allô exercito. » Deo
grattas in eternum.
Livre I, fol. 5;liv. II, fol. 43; liv. III, fol. 77 v° ; liv. IV,
fol. 115.
LUI
LEONARDO BRUNI D'AREZZO
A
(Rocam. n° 17; Biblioth.NaU Madrid, Ii-12)
Leonardo Bruni d'Arezzo, De bello italico adversus Go-
thos. En latin.
Manuscrit de 67 feuillets, plus 1 feuillet de garde, vélin,
non folioté, réglé à 30 lignes. Écriture du XVe siècle. Ru-
briques et lettrines. Les 12 premiers feuillets de ce manu-
scrit sont mouillés et piqués des vers. Format 285 X 198 mm.
Reliure de l'époque de cuir sur ais en très mauvais état.
Fol. 1. Rubrique : Leonardi Aretini uiri clarissimi,
proemium in libris de bello italico aduersus gothos, féliciter
incipit.
Incipit : (( Et si . . . »
Fol. 2. Rubrique: Incipit liber primus féliciter.
Incipit : « Post. . . »
Fol. 67. Explicit du livre IV et dernier: « opida Marses
recepit, finisque fuit anni decimi octaui hujus belli. »
B
(Osuna : Plut. IV. Lit. N. n°2S; Rocam. n° 18; Biblioth. Nat. Ii-lt)
Leonardo Bruni d'Arezzo, De bello ytalico adversus
Gothos. En castillan.
Manuscrit de 124 feuillets, plus 1 blanc, papier. Il est
358 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
incomplet de six feuillets au commencement. Écrituredu
\ Ve siècle. Grandes marges, rubriques, espaces blancs pour
capitales. Format 285 X 210 mm. Reliure de parchemin.
Ce manuscrit contient le De hello Ytalico adversus Go-
thos de Leonardo Bruni, traduit en castillan sous le titre
de Belo gotico .
.Fol. 7. Fin du prologue du traducteur (jui devait occuper
les six premiers feuillets:
«. . .honorable pacto e conuenençia leuando todo lo suyo, e libres
de seruidunbre apenas paresçieron seer vencidos. Pues nota aqui,
niuy amado senor mio, e noten si les plazera todos los nobles de
vuestra Espafia, que, seyendo fijos e subçesores de aquellos a
quien obedesçio Rroma e Ytalia, e ganaron e poseyeron todas las
Espanas, veen e sufren en un pequeno angulo o rrincon de Es
pana, en ynjuria de la fe de nuestro senor, e en oprobrio e denuesto
de todos ellos, los moros que en ella *on, non digo que se nos de-
fienden mas que grauemente nos ofenden. Rredçebit pues, senor
honorable conde(l),esta obracon buena voluntat del que congrant
amor vos la enbia, creyendo que en mucho mas vos complazeria
si pudiese. Valet e prospérât tenporal e espiritualmente por que
despues de luengos tienpos, quando desta tribulada vida e deste
confuso tienpo partieredes, vades e vamos a la santa gloria para
que fuemos criados. »
Au-dessous la rubrique du prologue de Léonard Arétin :
Proemio del insigne e notable oradov Leonardo de Areçio
en el tractado del belo gotico. Sy rnichi lonje jocundios
fi ni si (sic) (2).
Fol. 7 v°. Incipit : « [Cojmoquier que mucho mas alegre
e agradable f uese a mi . . . »
Rubrique : Comiença el primero libro del belo gotico.
Incipit : « Seyendo Zenon enperador de Rroma los
godos ...»
1 . La Bibliothèque Nationale de Madrid (ancien fonds) contient un ma-
nuscrit (T-213) qui renferme la même traduction castillane du De hello
Ijtalieo adeersus Gothos, intitulé là aussi De bello gothico. Nous y voyons
que l'auteur anonyme de cette version la dédiée au comte d'Albe, « al
honorable conde de Alba », cousin du marquis de Santillane et son ami
intime.
2. Ce sont les premières paroles du texte latin défigurées par un
copiste illettré : Etsl longe mihi iucundius Juisset,
LUI. LEONARDO BRUNI D?AREZZO 359
Fol. 124 v°. Explicit : « E tal fue la fin desta guerra la
quai duro diez e ocho afios. » Deo gracias.
Livre I, fol. 1; liv. II, fol. 43; liv. III, fol.70v°; liv. IV,
fol. 100 v°.
#c
(Rocam. n°16; Bibioth. Nat. Madrid. Ii-8)
1. Leonardo Bruni d'Arezzo, Vida de Aristotiles , 2. Vidas
de Dante e de Petrarca. 3. Pier Candido Decembri,
Conparacion de Gayo Jullio Çesar e de Alexandre.
4. David, Tractado en el quai se contiene ladesignaçion
de los officios de Roma. En castillan.
Manuscrit de 114 feuillets, papier, non folioté, réglé à
19 lignes. Grosse écriture du XVe siècle. Espaces blancs
pour capitales, rubriques et grandes marges. Format
195 x 140 mm. Reliure moderne. Au dos : Areiino Vida
de Aristoteles.
I. Fol. 1. Rubrique: Comiença el prologo de Leonardo
de Aretino (sic) al cardenal de Santa Cruz sobre la vida
de Aristotiles, Incipit : « [Q|uanto singulares e altos
beneffiçios el filosofo Aristotiles ... »
Fol. 2. Rubrique: Comiença la vida de Aristotiles. In-
cipit : a [E]l filosofo Aristotiles fue natural de. . . »
Fol. 24 v°. Explicit : « de los quales segun su gran mu-
chedunbre oy se fallan pocos pero creo que sean muy espe-
çiales, muy buenos, emuy aprouados. » Rubrique: Feneçe
la Vida de Aristotiles. Deo gracias.
II. Fol. 25. Rubrique: Comiença el libro de la vida, e
estudios, e costumbres de Dante e de miçer Francisco Pe-
trarca, poeias muy claros, conpuesta en nuestros dias por
miçer Leonardo de Areçio, chançiller de Florençia.
Incipit : « [A]uiendo en aquestos dias puesto fin a una
obra asaz luenga me vino apetito de. . . »
Explicit : « como en el boluer de las sus ruedas. »
Fol. 49 v°. Rubrique : Siguese la vida de miçer Francisco
Petrarca conpuesta por el suso dicho miçer Leonardo,
360 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Incipit : « [Francisco Pctrarca, omne de grande in-
genio ...»
Explicit : « assi al que la meresçe como al que nojj es
merecedor. »
III. Fol. 62. v°. Rubrique : Comiença la conparaçion de
Gayo Jullio Çesar, enperador maximo, e de Alexandre
magnOj rey de Maçedonia, ordenada almuy illustre seflor
don Felipe Maria, duque de Milan, e conte dePauia eAn-
giera, e senor de Genoua, por Pedro Candido, con el su
juyzio de consuno, e tornada de italiano en castellano
vulgar al muy magnifico senor Ynigo Lopez de Mendoça,
senor de la Vega, etc., por Martin de Auila, su escudero.
Incipit : « [S]erenissimo principe, yo creo que entre mu-
chas singulares e alegres . . . »
Explicit : a bien quistos e enamorados. Feneçe. »
Fol. 89 v°. Rubrique : Feneçe la conparaçion de Cayo
Jullio César maximo e de Alexandrie magno,Jljo delrey
Felipe de Maçedonia, ordenada por Pedro Candido con el
su juyzio de consuno, bienauenturadamente.
IV. Fol. 90: Este es un tractado en el quai se coniiene
la designaçion de los officios de Roma, e los nombres de
los officiâtes de aquella, a que e sobre que era cada uno
dellos deputado, e que es lo que denotaua el nombre de
cada un offiçio de aquellos. El quai tractado se muestra
auer sido copilado a un principe por alguno que pareçe
desearle seruir, elqual se llamaua Dauid, doctor en utroque
jure, e siguese primeramente un breuezillo prologo por el
tal copilador fecho al piHncipe.
Préface. Incipit : « [A]ti, magniffico principe, que por
tu alteza real has de dar régla. . . »
Explicit : « nin buen medio o fyn se puede fazer. »
Incipit : « [L]os pontiflRces eran principales e auian. . . »
Explicit : a çerca de las cosas mundajias por que via suc-
çeden. Feneçe. »
Fol. 114 v°. Rubrique: Feneçe el conpendio de los offi-
ciâtes de la cibdat de Roma conpuesto muy omillmente
por Dauidyfamoso e sotil doctor en utroque jure, A Dios
gracias, amen.
Qui est ce David? Voici la dédicace qu'il a mise en tête
de son ouvrage :
LUI. LEONARDO BRUNI D'AREZZO 361
[A] ti magniffico principe, que por tu alteza real has de dar régla
e modo de beuir a todos los offiçiales, délibère de copilar, aunque
en estillo tal quale en ayunaoraçion o modo de dezir, losnonbres
de los offiçios de la çibdat de Roma, otros tienpos prinçesa del
mundo uniuerso, segun los pude coligir esparzidos por diuersas
partes en los anales de los antigos. E puselos en los présentes co-
mentariuelos, todauia enpero, con animo sienpre intento a tu
seruiçio, lo quai délibère e me dispuse a fazer, lo uno porque en
el présent tractado se explicara por la significaçion de los taies
nonbres, que es lo que deue seguir, o esquiuar, o fuyr qualquier
que sea présidente o tenga offiçio de mando alguno, lo otro por
quanto la posteridad o seguientes edades sienpre deuen aremedar
e seguir los decretos e los estatutos de los mayores e de aquellos
que antes fueron en los primeros tienpos. Assi mesmo por quanto
poco o nada aprouecharian las leyes estableçidas en Roma, si non
fuessen santos e incorruptos administradores del derecho los quales,
muy alta e deuidamente, promulgaron e decretaron las biuas leyes.
E por quanto, segun dize Aristotiles a Alexandre, en todas las
cosas es de guardar diligentemente el orden e deuido modo ; eo-
mençare desde '1 culto o reuerençia, seruiçio e onor de las dioses.
Ca, segun la sentençia de Platon, sin el diuino culto jamas buen
comienco, nin buen medio o fyn se puede fazer.
*D
(Osuna : Plut. V. Lit. N, n° 15; Rocam. n° 15 ; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-13)
I . Leonardo Bruni d'Arezzo, Traité de la Chevalerie,
2. Lettres de Leonardo Bruni. 3. Lettre de Publius Len-
tulus au sénat de Rome. En castillan.
Manuscrit de 57 feuillets, papier et vélin, non folioté,
réglé à 33 lignes. Écriture du XVe siècle. Espaces blancs
pour capitales, pas de rubriques. Les feuillets 1J 5, 6, 10,
II, 15, 16, 20, 21, 25, 26, 30, 31, 35, 36, 40, 41, 45, 46, 50,
51, 55, 56 sont en vélin. Dans la marge inférieure du pre-
mier feuillet deux anges agenouillés tiennent les armes du
Marquis, qui ne sont que dessinées, mais dont on reconnaît
les champs. Format 285 x 200 mm. Reliure de parchemin.
I. Fol. 1. Incipit : « Muy claro varon, yo otorgo. . . »
362 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Fol. 17. Explicit: a las cosafi son ya acabadas, de tas
quales en el comienço deximos que diriamos, como esto
assi i* y 1 1 de] fablar fagamos. »
II. Fol. 17 v°. Lettre de Leonardo Bruni au roi Jean II,
où il expose les raisons pour lesquelles l'Espagne, plus que
tout autre pays, adroit à la couronne impériale.
Incipit : « Muy esclaresçido e muy poderoso rey, como
algunos tus familiares . . . »
Fol. 18 v°. Explicit : a De Florençia, a las XII kalendas
do Abri] (21 mars) seruidor de la alteza rea] Leonardo de
Areçio » (Cf. Mehus (1), t. II, lib. VII, ep. 2, p. 77).
Fol. 19. Une seconde lettre au roi Don Juan, où il le loue
de s'occuper de littérature et d'études en général.
Incipit : « [M]uy esclaresçido e sobre muy mas que excel-
lente rey. . . »
Fol. 20. Explicit: « De Florençia, III nonas(7) de Deziembre
del ano de mill e quatrocientos e treynta e cinco, seruidor
do vuestra alteza Leonardo de Areçio » (Cf. Mehus, t. II,
lib. VII, ep. 6, p. 93).
Fol. 20. Incipit : « 0 Galeoto si como curamos... »
Fol. 35 v°. Explicit : a para que seamos buenos e usemos
las virtudes. »
Fol. 36. Incipit: « [Ljeonardo enuia saludar al su Pogio
et dize asi : El nuestro Nicolao... »
Fol. 40. Explicit : « non auer venido comigo a aquesta
requesta » (Cf. Mehus, t. II, lib. V, epist. 4, p. 17).
Fol. 40. Discours contre les gens « de peruersa intençion
e de mala voluntad » .
Incipit : « [E] n toda la generaçion de los ornes... »
Fol. 47. Explicit : « Cura de tus peccados e dexa los
agenos. »
Fol. 47. Incipit : « Leonardo de Areçio enbia mucho sa-
ludar a Ugo... ))
Fol. 51 v°. Explicit : « nin locamente mas por çierta razon
e entendimiento » (Cf. Mehus, t. II, lib. V, ep. 1, p. i :
Hugoni Bentio medico senensi) .
Fol. 51 v°. « [L]eonardo enbia muchas saludes a Tomas
Cambiador, . . »
1. Leonardi Bruni Arretini Epistolarum Librl VIII recensante
Laurentio Mehus, 2 vol. Florence, 1741.
LUI. LEONARDO BRUNI D'AREZZO 363
Fol. 56 v°. Explicit : « Tu bien ayas, ama a mi, e créas
que las tus letras a mi fueron agraclables. Otra vez te digo
que bien ayas » (Cf. Mehus, t. II, lib. V, ep. 2, p. 8).
III. Fol. 56 v° et 57 r° et v°. Texte et traduction de la
lettre attribuée à Publius Lentulus que Ton rencontre si
souvent dans les manuscrits.
Fol. 57. « A la sason etienpo que Octauiano Çesar Au-
gusto prinçipiaua e inperaua en el uniuerso, como de todas
las partes del mundo aquellos que presidian en las pro-
uinçias por el senado e pueblo romano, escriuese [n] a los sena-
dores que eran en Roma las noue Jades que por losterminos
e fines del mundo occurrian, escriuio Publie Lentulo, el
quai era présidente en Judea, una letra al senado e pueblo
romano cuyas palabras son estas que se siguen. »
Incipit : « Aparesçio en nuestros tienpos, e aun es oy en
dia, un orne de grand virtud, cuyo nonbre es v~o fhu ... »
Fol. 57 v°. Explicit : « E bien proporçionado tiene las
manos e los braços,, taies que solo en los ver se deleyta el
que los mira, en su fablar es muy graue, e tardio, e muy
tenperado,el es fermoso entre los nasçidos. »
Nous connaissons du traité de Léonard Bruni d'Arezzo
sur la chevalerie deux traductions différentes. L'une est
celle que nous venons de voir, l'autre, la plus connue, est
due à Mosen Pedro de la Panda. Le manuscrit de la biblio-
thèque de D. Francisco de Uhagôn (Cf. notice XVI) nous en
conserve une copie, avec la préface du traducteur. C'est ce
traité qui fait le fond de la Question que le marquis de San-
tillane adressa à Don Alonso de Cartagena, évêque de
Burgos (Cf. Amador de los Rios, Obras del Marqués,
p. 487).
E
Leonardo Bruni d'Arezzo, De la orden de la Caualleria,
traduit par Pedro de la Panda.
Cf. Notice XVI, ms. Uhagôn.
*L1V
GIANNOZZO MANETTI
(British Muséum, Londres, Egerton 1868, fol. 146)
Giannozzo Manetti, Oracion al seîior Sigismundo Pan-
dolfo de Malatestis, traduit de l'italien par Nufïo de Guz-
man.
Dans un tomo de varios conservé au British Muséum
(ms. Egerton, 1868, fol. 146, cf. Gayangos, Catalogue of
the manuscripts in the spanish language, t. I, p. 10) se
trouve, sous le n°6, un ouvrage qui nous intéresse particu-
lièrement,, et que M. Morel-Fatio a cité dans la Romania
(t. XIX, p. 140) comme supplément à sa Notice sur trois
manuscrits de la bibliothèque d'Osuna.
Voici le titre de cet ouvrage : 6 . La oracion de miçer
Ganoço Manety (sic) quando fue comisario gênerai por el
pueblo de Florencia alsitio de Vada.fecha alsehor Sigis-
mundo Pandolfo de Malatestis quando le dio el baston en
nombre del pueblo de Florencia, La quai a instancia del
muy magnifico sefîor don Ynigo Lopez de Mendoça
marques de Santillana, etc.. por Nuno de Guzman de la
toscana lengua en la materna castellana es transferida
esp lendidamente .
Ce volume de mélanges est très curieux. D'où provient-il?
A-t-il fait partie de la bibliothèque du duc d'Osuna? Nous ne
pouvons pas le dire, n'ayant sur ce texte d'autres renseigne-
ments que ceux que nous fournit Gayangos. M. Menéndez
y Pelayo, dans sa bibliothèque de Santander, conserve une
L1V. GIANOZZO MANETTI 365
traduction du discours de Giannozzo Manetti1, appelé dans
ce texte-là : Janoto Maneto. Ce manuscrit du XVe siècle,
écrit sur papier, porte le titre suivant. Rasonamiento de
Mirer Janoto Maneto quando fue comizario gênerai por
el pueblo de Florencia sobre yl cerco de Vada, fecho al
senor Gismundo Pandulfo de Malatesta, quando le dio
la Vara de capttan mayor gênerai, en nombre y de parte
de dicho pueblo. L'absence des noms du Marquis et du
traducteur, comme de petites différences dans le titre, ne
suffisent pas, à notre avis, pour faire douter de l'identité de
la version contenue dans les deux manuscrits de Londres
et de Santander.
1. Voici le titre du texte italien de ce discours de Giannozzo Manetti :
Continua V orasione di messer Giannozzo Manetti e di Bernard o
de Medici, comessari gênerait delfelice ca/npo del magnifico comunc
e popolo di Firense* fatta in domenica a di XXX di settetnbre
MCCCCLIII, quando ë dierono V autorita del governo e 7 bastone,
alla presenzia di tutto V esercito, apresso alla terra di Vada, al ma-
gnifico signore e strenuo capitano, signor messer Gismondo Pandolfo
délia magnifica casa de' Malatesti.
lncipit : « E' puo essere noto aile magnificenzie vostre, magnifici
signori, e voi altri strenui condottieri... »
Explicit : « del generoso e glorioso populo di Firenze, e délia vostra
magnifica et illustre persona. E cosi piaccia a Dio che sia. »
Cf. Collezione di Opère Inédite o Rare del primi tre secoli délia
liiKjiia, pubblicata per cura délia R. Commisslone pe teste dilingua.
Torino, 1862, p. 203-228.
LV
LA MAPPEMONDE
(Osuna : Plut. II. Lit. N, n" 28; Rocaru. n° 157; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-108)
1. Pierre, La Mappemonde. 2. Traité de géographie.
En français.
Manuscrit de 98 feuillets, plus 1 feuillet blanc au com-
mencement et 1 à la fin, vélin, non folioté, réglé à 30 lignes,
signatures. Écriture de la lin du XIVe siècle, à deux co-
lonnes. Rubriques, capitales ornées, miniatures et figures
astronomiques. Format 298x209 mm. Reliure de cuir sur
ais.
I. Fol. 1. A. Rubrique : Ci commenche là Mapemonde.
Incipit : « Qui veut entendre acest commans. »
Fol. 50. B. Rubrique : Ci commenche li seejont Hure de
V image du monde,
Incipit : « En ces te partie segonde,
Qui est de limage du monde
A pour conte XV capitres
En titules de XV titres
Et de XXIIII figures
Qui du monde monstrent les faitures. »
Fol. 93. B. Rubrique : Explicit la Mapemonde. Deo
graticus. Ce texte en vers est illustré par un assez grand
nombre de dessins coloriés représentant des animaux, le
globe terrestre, les deux hémisphères, lcsoleilet la terre, etc.
Ces dessins se trouvenl aux feuillets 27 v°, 28, 34 v°, 38,
i5, 52, 53, 51, 55, 09, 77, 78, 80, 81, 82, 83, 86 \".
LV. LA MAPPEMONDE 367
IL Fol. 93 B. Les derniers feuillets de ce manuscrit con-
tiennent un traité de géographie.
Incipit : « Li monde est divisé III parties : Asse, Europe
et Aufrique. Asse prent la moitié de tout le monde... »
Fol. 97 v°. A. Explicit : « et est le plus haut homme de
sarrasinesme, Famiraust de Babilone est comme conte. »
A l'intérieur du plat postérieur de la reliure, on lit :
Diago Destuniga. C'est une signature du XVe siècle.
LVI
LE ROMAN DE LA ROSE
A
(Osuna : Plut. IL Lit. N, n" 4; Rocam. n° 149: Biblioth. Nat.
Madrid, Keserv. 4a-14)
1. Guillaume de Lorris et Jean de Meun, Roman de
lafRose. 2. Jean de Meun, Le Testament. 3. Le petit
codicille du Testament. 4. Traité des sept articles de la
foi. En français.
Manuscrit de 196 feuillets, plus 2 feuillets de garde au
commencement et 4 à la fin, vélin, non folioté, signatures
rognées par le relieur, réglé à 37 lignes. Écriture française
du XIVe siècle,, presque partout à deux colonnes. Ce ma-
nuscrit est orné de 3 grandes miniatures et de 30 petites, il
est enrichi de lettres et de lettrines en or et couleurs. For-
mat 338x246 mm. Reliure moderne.
I. Fol. 1. Au-dessous d'une riche et grande miniature se
trouve la rubrique suivante : Cy commence le Rommant de
la Rose ou Vart d'amours est toute enclose.
Incipit : « Maintes gens dient que en songes. »
Fol. 152. B. Explicit : « et je nVesueille. » Rubrique :
Explicit le Rommans de la Rose.
II. Fol. 153. Au-dessous d'une admirable miniature re-
présentant le Père, le Fils et le Saint-Esprit commence Le
testament maistre Jean de Meun.
Incipit : « Li pères et li fils et li sains esperis. »
Fol. 183. A. Explicit : « ou saint liure de vie qu'il
lnesmes escript. »
LVI. LE KOMAN DE LA ROSE 369
III. Rubrique : Amen. Ci fine le testament maistre Je-
han de Meun et commence son petit codicile.
Fol. 183. Incipit : « Dieu ait l'ame des trespasses. »
Fol. 183 v°. A. Explicit : « A tart vous en repentirez. »
Rubrique : Ci Jine le petit codicile maistre Jehan de
Meun.
IV. Fol. 184. Blanc. Fol. 185. Au-dessous d'une élé-
gante miniature : Ci commence un moult bel traictie que
maistre Jehan de Meun fst, faisant mençion de sept
articles de lafoy.
Incipit : « O glorieuse Trinité . »
Fol. 196. B. Explicit : « par ce te plaist c'en en peut faire. »
Rubrique : Ci fine un moult bel traictie que maistre Jehan
de Meun fist, faisant mencion des sept articles de lafoy.
B
(Rocam. nu150; Biblioth. Nat. Madrid, Reserv. 5^-19)
Guillaume de Lorris et Jean de Meun, Roman de la
Rose. En français.
Manuscrit de 159 feuillets, vélin, réglé à 37 lignes. Ce
volume est folioté, mais l'oubli du feuillet 120 a introduit
une erreur d'un feuillet dans la fin du manuscrit, le fol. 158
du ms. est en realité le fol. 159. Écriture du XIVe siècle,
à deux colonnes. Ce manuscrit contient 28 miniatures, des
lettres et des lettrines en or et couleurs. En marge quelques
notes et des renvois en latin. Format 290x203 mm. Re-
liure moderne.
Fol. 1. Au-dessous d'une magnifique miniature, divisée
en quatre panneaux, nous trouvons la rubrique suivante :
Ci commance li romans de la Rose, ou l'art d'amours est
toute enclose.
Incipit : « Maintes gens client que en songes. »
Fol. 159. A. Explicit : « est fine et pure vérité. »
(( Explicit li romans de la rose
ou l'art d'amours est tote enclose;
nature rit si comme semble
quant hic et hec iouent ensemble. »
24
370 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Au-dessous ces mots : a Detur pro pena scriptori pulcra
puella » et cette aote : « Ces! romans est messire Alain de La
I toussaye, cheualier. »
C
(Rocam. n° 151 ; Biblioth. Nat. Madrid, Hh-129)
Guillaume de Lorris et Jean de Meun, Roman de la
Rose. En français.
Manuscrit de 328 feuillets, plus 1 feuille! blanc a la fin,
papier, non folioté. Écriture de la fin du XIVe siècle. Ce ma-
nuscrit est orné de quelques grandes capitales agrémentées
de traits calligraphiques. Les 31 derniers feuillets sont
abîmés par l'humidité, et par endroits le texte est détruit.
Format 225 X 148 mm. Reliure moderne.
Fol. 1. Incipit . « Aucune gens cuident que en songes. »
Fol. 328. Explicit: « Combien que gi- demorasse. »
LVII
ALAIN CHARTIER
(Osuna : Plut. IL Lit. N, n° 22 ; Rocam. n° 100; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-156)
Alain Chartier, 1. Le débat de réoeille-matin. 2. La
belle dame sans merci. 3. Le débat des deux fortunés
d'amour. 4. Lettres envoyées par les dames à Alain.
5. Requête baillée aux dames contre Alain. 6. L'excusation
d'Alain aux dames. En français.
Manuscrit de 38 feuillets, plus 1 feuillet de garde au
commencement et 1 à la fin, vélin, non folioté. Écriture du
XVe siècle. Format 247x172 mm. Reliure de cuir sur ais.
Sur le plat supérieur de la reliure, une étiquette de par-
chemin porte : Copias de amores, en franres.
I. Fol. 1. Incipit : « Apres mynuit entre deux sommes. »
Fol. 6. Explicit: « Et Font nomme ceulx qui ce virent,
Le débat de resueille matin. »
II. Fol. 6 v°. Incipit : « [N]agueres cheuauchant pen-
[soye. »
Fol. 34 v*. Explicit : a Qu'on puet appeller se me
[semble
La belle clame sans mercy. »
Explicit la belle damme sans mercy , par la mainfraer
DeflesÇi) pour ma damme Vamivale .
III. Fol. 15. Incipit : « Un jour passe fut ma mie gran-
[ment. »
Fol. 32 v°. Explicit: « Qui mietilx saura le demourant
[supplie. »
En marge on lit ce titre : Ce sont la faculté et difficulté
d'amour*
072 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUÎS DE SANTlLLANË
IV. Fol. 35. Rubrique : Copiedes lettres envoyées par les
dan unes a Alain.
[ncipit : « Honoure frère, nous nous recommandons a
NOUS... ))
Explicit : « le dernier jour de Januier. Ainsi signent les
vostres Catherine, Marie et Jehanne. »
V. Rubrique : Copie de la requeste baillée aux dammes
par aucuns contre le dit Alain, laquelle copie estoit enclose
dedans les lettres cy dessus escriptes.
Incipit : « Supplient humblement vos loyaulx seruiteurs. »
Fol. 35 v°. Kxplicit : (< aux autres en puisse/ départir. »
VI. Fol. 36. Incipit : « Mes dammes et mes damoiselles. »
Fol. 38 v°. Explicit : « Pour le chestiff liure casser
Dont je ne suyque lescripuaign,
Ma damme, vostre beau maintien
Et vostre franc regart joyeux
My fait deuenir enuieux
D'estre le vostre plus que mien. »
Ce manuscrit était sans doute fort défait déjà quand on
l'a relié, en tout cas ses feuillets ont été réunis sans aucun
soin et par quelqu'un pour qui le français était de l'hébreu.
Les feuillets se suivent au petit bonheur,, les uns sont droits,
les autres renversés, en sorte que ce manuscrit, dans l'état
où il se trouve, est un vrai casse-téte. La Belle Darne sans
merci commence au verso du fol. 6. Elle occupe les feuil-
lets 6-14, 31, 37, 33, 34. De même YExcusation qui com-
mence au feuillet 36 se poursuit au feuillet 32 et finit au
feuillet 38.
Le British Muséum conserve un volume de mélanges en
castillan (cf. Gayangos, Catalogue of the manuscripts in
the spanish language, t. I, p. 10), qui contient, en même
temps qu'un discours de Giannozzo Manetti (cf. notice LIV),
traduit par Nuno de Guzman pour le marquis de Santillane,
une version du Quadrilogue bwectif [El Quadrilogo inven-
tivo de Alaym Carretero). Cette traduction, faite au
XVe siècle, a-t-elle été exécutée pour Iûigo Lopez de Men-
doza? C'est possible; en tout cas il est fort probable qu'il
l'aura connue.
LVIII
HONORE BONNET
(Osuna : Plut. I. Lit. N, n° 17; Rocam. n° 41 ; Biblioth. Nat.
Madrid, Hh-65)
Honoré Bonnet, Arbre des batailles. En français.
Manuscrit de 124 feuillets, plus 1 feuillet de garde et
3 feuillets de table au commencement, vélin, nombre de
lignes variable . Écriture du XIVe siècle, à deux colonnes.
Rubriques et capitales en or et couleurs. Sur le premier
feuillet est peint un écu d'armes portant de gueules au sau-
toir d'or, à trois bâtons d'azur en chef, besanté d'argent au
point du chef, à la pointe de l'écu, en flanc dextre et en
flanc sénestre. Format 380x265 mm. Reliure en cuir sur
ais, ornée de dessins de style mudéjar, sur les deux plats
sont cantonnés les heaumes du marquis de Santillane . Le
plat supérieur porte la trace d'une étiquette de parchemin
où peut-être avaient été peintes les armes de Mendoza-
Vega, comme sur la reliure du manuscrit Ii-68 (Cf. no-
tice III) .
Fol. 1. Préface de l'auteur. Incipit : a A la sainte cou-
ronne de France. . . »
Fol. 1. B. Explicit : « l'arbre des batailles. »
Le verso de ce premier feuillet est occupé par un grand
dessin à la plume qui représente un arbre de deuil, avec
les gloires du monde. La Fortune avec sa roue est placée
au sommet de cet arbre. Ce dessin, expliqué par une légende
l\74 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
au haut de la page, est d'une finesse admirable ei présente
un réel intérêt pour l'histoire du costume et de l'armure.
Fol. IL Incipit : « Maintenant puisque vous bien veez
cornent. . . »
Fol. 124. B. Explicit : « gloire de paradis. Amen. »
Rubrique : Explicit le liure des batailles.
*B
(Osuna : Plut. III, Lit. M, n°4; Rocam. n° 40; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-39)
Honoré Bonnet, A rbre des batailles, traduit en castillan
par Anton Çorita.
Manuscrit de 155 feuillets, plus 1 feuillet blanc à la fin,
papier, réglé à 28 lignes. Écriture du XVe siècle. Du feuillel
145 à la fin récriture change. Format 280x215 mm. Re-
liure de parchemin.
Les feuillets 1, 2 et 3 contiennent la préface du traducteur
au marquis de Santillane, datée de 1441. A cette époque,
Inigo Lopez de Mendoza n'était encore que seigneur de la
Vega, c'est le titre que lui donne Çorita; après 1445, quel-
qu'un a noté en marge les nouvelles dignités que le roi
Jean II avait accordées à son vassal. Les feuillets 3 v°, 4,
5, 6, 7 sont occupés par la table de l'ouvrage.
Fol. 8. Incipit : « [A] la santa corona de Françia, en la
quai el dia de oy. . . »
Fol. 155. Explicit : « a la su santa gloria del paradiso.
Amen. » Rubrique : Deo gratias. Explicit el libido de las
batallas. « Gûs. Sancii. »
Ce nom est sans doute celui du copiste. Le livre est écrit
avec soin, c'est un manuscrit de luxe.
L'épitre dédicatoire d'Anton Çorita est très intéressante
par la précision des détails qu'elle nous fournit. Cet homme
a vécu dans l'intimité du marquis de Santillane et a su
l'apprécier. Voici pourquoi, malgré sa longueur, nous co-
pions en entier la préface du traducteur de X Arbre des
batailles.
LVIII. HONORÉ BONNET 375
[A]l muy noble e egregio baron, el senor (1) Ynygo Lopes de
Mendoça (2), seflor de la Vega, Anton Çorita, muy pequeûo
seruidor de la vuestra muy noble seftoria, eon Reuerençia
humill e deseo de seruira la vuestra singular magnifiçencia
en todas las cosas aceptase agradables.Muy noble e egregio
senor, mucho soys obligado a nuestro senor dios por auer
vos dado sabia, fiel, honesta, virtuosa e obediente conpanera,
la quai muy pocos honbres alcançan, que a lo menos en
alguna de las cosas sobredichas algunt poco non fallesca(n) .
Empero aun le soys mucho tenudo en auer vos dado en ella
fijos e fijas discretos, corteses, honestos, e, segunt suhedat,
buenos caualleros, e en copia grande, e a vos mucho obe-
dientes e humildes, e las fijas honestas, graçiosas, charita-
tiuas, humildes, humanas, e finalmente, por diuinal gracia,
de honesta verguença doctadas. Aun le soys tenido por auer
vos heredado, en el rregno do nasçistes, bien e noctable-
mente, non segunt vuestra valor meresçe, mas entre vues-
tros vezinos, por gracia de dios, podedes biuir e passar
honestamente, e asy lo fazedes largamente e muy habun-
dosa, tanto que auria mengua de Salamon el que sse a vos
anteponer presumiese ; aun mas que vos ha doctado de vir-
tuosa e estrema caualleria, en tanto que en comun prouerbio
es caydo que non auedes par en las tierras do soys conosçido,
e aun asi sse afirma en las rregiones agenas e longicas. E
non atuierto que, si mi ojos el juyzio non me hanengaûado,
nunca he oydo loor que vos ssea dada o atribuyda, que yo
non vos la aya visto mejor exerçir que las lenguas de los
que lo rrelatan nonhanpodido expressar. E vos, aun jouen,
que paresçe que hermano de alguno de vuestros fijos seades.
E non tan solamente dios ha querido que sseades bueno,
sabio, discreto, vigil, soliçito mesurado, justo, tenperado,
magnifico, begnino, magnanimo, honesto, esforçado, cortes,
paçifico e ardit, e finalmente de muchas otras virtudes
doctado.
Yo querria callar, por non ser visto caer en viçio de adu-
lacçion, si non que un joyell el quai enteramente posseedes,
1. En marge d'une autre main : don.
2. En marge d'une autre main : marques do Santyllana, rondo del
Real.
376 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANF
mas que dtro de vuestros yguales, me rrequiere que lo
cscriua; porque en vos sobra aquello que los otros non
aleançan, al quai alguna de las cosas antepuestas non sse
puede ygualar, es a saber que amades sçiençia, e aquella
con verdadero amor e affecçion, con tan ta diligenria bus-
cades, que por trabajado e canssado que sseades, asi por
guerras como por otras honestas occupaçiones, como por
negoçios familiares, e otros muchos trabajos que nunca
fallesçen, non es dia al mundo que libros de filosophos o
poetas, e aun de la escriptura santa, como otros ystoricos,
non leades, rrobando al rreposo o folgança de vuestra cama
algunt tienpo el quai en aqueste honesto e loable offiçio sin
ocçio enpleades ; e los hombres de sçiençia, en qualquier
facultat, tan rreuerendamente tratades que non solamente
estas prouincias circumuicinas, mas aun las de nos muy
apartadas,, e rremotas, vuestra loable fama con curso vello-
sçissimo visita, e vuestro bien auenturado nombre a aquellas
se présenta e por memoria eterna en muchos libros por
sabios e fîeles escriptores sse rregistra. Muchas cosas se
presentan a mi las quales, si yo non con vos mas con otro
fablasse, non perdonando al trabajo, con plazer escriuiria,
las quales serian dignas de rrecordaçion vénérable, e dexo-
las de escreuir por la rrazon ante dicha, e esso mesmo ca
muchas délias por muchos sse saben,e vos platicando con-
tinuament[e] las vedes, e en vos asi commo en espejo muy
rresplandesciente se miran.
E dexando agora aquesto, bien creyo que sse rrecuerde
a la vuestra magnifiçençia, como pocos dias sson passados
que en Guadalajara, estando yo en vuestra muy noble ca-
mara, abriendo algunos de vuestros libros, de los quales en
torno de vos todauia grant copia sse falla, me vino entre
las manos uno, intitulado arbol de batallasal rrey deFrançia
inbiado, copilado por aquel sabio e grandissimo letrado
Honorar Boner, prouinçial, prior de Ssellon, doctor en de-
cretos, experto en todos los derechos, e de juizio altissimo
por el santo spirito doctado, en tanto que yo non creo que
por su sola lengua mas aquella tercera presona de la trinidat
santa en su boca continuamente fablaua. En el quai libro,
segunt mi paresçer, sse fallan todos los juyzios sobre los
debates que entodas las guerras e batallas pueden acaesçer,
LVIII. HONORÉ BONNET 377
e non solamente aquel sabio doctor por su sentençia los dé-
termina, antes aun aquellas sentençias aprueua por diuersos
testos e glosas de todos los derechos, asi canonicos como
ciuiles, commo aun por derecho de gentes e derechos o
levés de natura, e aun por extrauagantes leyes lonbardas,
en manera que alguna cosa a validaçion e rroboraçion de sus
dichos non mengua nin fallesçe. Era aqueste libro en
lengua galica o françesa escripto(l), la quai non enbargante
que a vos muy noble sefior sea llana, quasi asi commo ma-
terna, commo aquel que los libros escriptos en diuerssos
lenguajes commo son toscanos, venecicos e otros muchos
leedes, e por gracia de dios muy bien entendedes, enpero
todos los de la vuestra noble casa, nin aun otros muchos
deste rregno d'Esperia, por el lenguaje seer pelegrino, non
lo entienden o a lo menos con mucho trabajo e clificultat
vienen a la inteligençia de las materias en el dicho libro
tractadas. Por lo quai vuestra merçed mouida,de buen zello,
queriendo aprouechar a todos los buenos, sefialadamente a
los nobles e gentiles onbres que usando de virtut en su
moçedat en guerras e batallas trabajan valerosamente, me
mando que yo me trabajase en reduzirlo en lengua castel-
lana, a consolaçion e plazer de los leedores de Espana, e a
informaçion de los onbres de armas, que muchas vezes non
cuydando yerran en los fechos de las guerras e de las ba-
tallas, e fazen e dizen cosas injustas e non deuidas,los quales
por ventura, si sopiessen lo que fazen, sse guardarian de
errar, o si erraron se emendarian justificando sus obras ; yo,
obedesciendo vuestros mandamientos, tome el dicho libro e
dando me al trabajo lo he rreduzido a esta lengua castel-
lana, non empero bien por rrazon que puramente yo non se
aquesta lengua. E asi suplico humillmente, a la vuestra
muy noble senoria, que sea vuestra merçed tomar en grado
este pequeno seruiçio, el quai a rrespecto vuestro es poco,
enpero a rrespecto de mi pesada e canssada veges, que aun
a cortar las pendolas, non enbargante la aiucla de los antojos,
me fallesçe la vista, e mucho menos puedo trabajar nin
escreuir, ha seydo e es mucho ; e aquello que vuestra
merçed conosçera que por ynorançia he fallesçido begnina-
1. Il s'agit certainement ici du ms. Hh-65, v. ci-dessus ms. *A.
378 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
mente vos plega emendar cou pnnlcnçia, ca touchas cosas
fallaredes que corregir, lasquales yo, pormî eorto entender,
non aure sabiclo fazer. E mande vuestra magnifiai sefloria
todas las cosas que a vuestro seruiçio cunplan e a mi sean
posibles, ca por çierto vuestro seruiçio non me fallara négli-
gente. Dios, que es omnipotente alargue vuestra vida,enxalçe
vuestro estado, aumente vuestras virtudes, e ordeno e dis-
ponga vuestros buenos deseos, en manera que el puramente
por vos sea âmado,e el seûor rrey lealmente seruido, segunt
que fasta aqui bien e noctablemente sin ficçion lo fezistes.
Escripta en Mançanares, a veynte desetiembre del aflo de
la nactiuidat de nuestro saluador Jésus Cristo m0 cccc° xl° i°
anos. A vuestro seruiçio e mandamiento presto, Çorita.
(Osuna : Plut. II. Lit. M, n° 28; Roeam. n° 39; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-38)
Honoré Bonnet, Arbre des batailles, traduit en castillan
par Anton Çorita.
Manuscrit de 121 feuillets, plus 1 blanc à la fin, papier,
nombre irrégulier de lignes. Écriture du XVe siècle. For-
mat 285x215 mm. Reliure de parchemin.
Ce manuscrit contient, comme le ms.*B., la version castil-
lane de r Arbre des batailles. Le texte est le même dans les
deux volumes, seulement dans la préface du ms. Ii-38 nous
trouvons Enyego Lopes de Mendoça, tandis que le ms.Ii-39
porte Yriygo Lopez de Mendoça. Ce volume est proprement
écrit, mais l'écriture en est plus négligée que celle du
ms. Ii-39. Peut-être le manuscrit *C a-t-il servi de modèle
au copiste du manuscrit *B.
LVTII. HONORÉ BONNET 379
D
Honoré Bonnet, Extraits de V Arbre des batailles. En
castillan. Cf. Notice XLIII, ms. Ii-136.
Traducteurs et Traductions de V Arbre des batailles
en Espagne
U Arbre des batailles d'Honoré Bonnet est très répandu
dans les bibliothèques espagnoles. Il en existe deux versions
castillanes. Celle d7 Anton Çorita, dédiée au marquis de
Santillane, dont la lettre dédicatoire est datée de 1441,, et
celle que Diego de Valencia exécuta pour son maître, le
connétable Don Alvaro deLuna (N.Antonio, Bibliot. Vêtus,
t. II, p. 248, n° 319). La Bibliothèque Nationale de Madrid
conserve deux exemplaires de la version de Diego de Va-
lencia (S-81; Bb-152). Ces deux traductions ont été faites
directement sur le texte français. De Y Arbre des batailles,
il existe une traduction catalane, dont un manuscrit, daté
de 1429, se trouve à la Bibliothèque Nationale de Paris
(Fonds Espagnol, n° 103).
LIX
[ROMAN DE LIESSE ET CARDENOIS]
(Rocam. n° 141 ; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-65)
1. [Romande Liesse et Cardenois). En français. 2. Bru-
netto Latini, Trésor -, livre III. 3. Aznar Pardo,
Chanson. 4. Jordi de Sant Jordi, Lo cambiador.
5. Lettres d'amour. 6. Plainte d'amour. En catalan.
Manuscrit de 106 feuillets, papier, non folioté. Écriture
du XVe siècle, à deux colonnes. Sans rubriques, ni capi-
tales. Format 290 X 210 mm. Reliure moderne.
I. Le premier ouvrage contenu dans ce manuscrit est un
fragment de roman de chevalerie que nous avons intitulé
Roman de Liesse et Cardenois, du nom des personnages qui
paraissent en être les protagonistes. Fol. 1. Incipit :
«... ducs qui conperes estoyent et aucuns des autres grans
seigneurs et les deux duchesses qui furent commères,
furent a la table delà fille du royet de sa suer, et plusieurs
autres seigneurs jonnes, et es autres tables furent cheualiers,
escuyers, dames et damoiselles que c'estoit grant noblesse
et grant plaisir de veoir, et si ils furent grandement et no-
blement serais, il ne le vous fault demander, quar nul
homme ne vit plus noblement seruir. » Ce roman contient
une ballade et une chanson dont les premiers vers seuls sont
écrits. Ils se trouvent au bas des feuillets 30 et 64 dont le
verso est demeuré vide. Cet espace était probablement des-
tiné aux vers qui n'y ont pas été mis .
Fol. 30: «... et Cardenois, qui estoit en son penssement,
si fist une balade qui commence :
Doulce dame vous ouciez a tort
Voustre humble serf et vo loyal ami. »
LlX. ROMAN DE LIESSE ET CARDENOIS 381
Fol. 64 : (( Cardenois se prist a faire une chansson qui com-
mence par ceste manière :
Quant vrais amans de sa dame se départ. »
Fol. 74. Explicit : « Et lors le roy s'en alla en un vergie
et Cardenois auec ly et parlèrent tous jours ensemble de
plusieurs choses et le roy li fist tantes de profertes comme
oncques ilpouoit.. . »
Les feuillets 75, 76, 77 sont blancs.
II. Les feuillets 78 et 79, écrits à deux colonnes, renferment
la table du troisième livre du Trésor de Brunetto Latini.
On sait qu'il y commente le De Inventione de Cicéron, dont
il fait grand usage.
Fol. 80. Incipit : « [A]pres so que mestre Brunet Lati
acli complida la segona part de son libre, en la quai ellde-
mostra assatsbonament quai deu esser home en moralitat... »
Fol. 94 v°. Explicit : a no dire, dix ell, que tu aguesses
robat lo castell de ton companyo, ne tu robasses cases o
viles... )) Cette traduction, qui s'arrête au commencement
du chapitre 26 du troisième livre du Trésor de Brunetto, est
la même que nous a conservée le ms. 9-24-13 de la biblio-
thèque épiscopale de Barcelone, manuscrit du XVe siècle,
dont Antonio de Bofarull a publié un fragment dans ses
E studios, sistema gramatical y crestomatta de la lengua
catalana (Barcelone, 1864). On sait qu'il existe une version
catalane du livre II du Trêsor(ç,l. Torres Amat, Diccionario,
p. 683). M. Morel-Fatio (Grimdriss de Grôber, t. II, 2,
p. 102, n. 4) suppose que le Trésor de Brunetto aura été
traduit tout entier en catalan. La version castillane de cet
ouvrage a été faite par Alfonso de Paredes, médecin de
l'infant Don Fernando, fils du roi Don Sancho, et sur l'ordre
de ce dernier. On en connaît plusieurs manuscrits.
Les feuillets 95, 96, 97 sont blancs.
III. Les feuillets 98 et 99 contiennent une chanson d'un
poète inconnu nommé Aznar Pardo.
Incipit: « O deu e quin sospirar. »
Explicit : « Donchs amichnous agreuietsen pus parllar. »
Cette composition compte quatre strophes de huit vers.
IV. Les feuillets 99 et 100 sont occupés par une pièce
de Jordi de Sant Jof cli intitulée : El cambiador.
Incipit : « Pus que tanbe sabets de cambiar. »
;*82 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Explicit: « Ab moe florins de pea ben coneguts. »
Cette pièce a été publiée en dernier lien par M. J.
Massé Torrents (Obres poétiques de Jordi de Sant Jordi,
Barcelone et Madrid, 1902, p. 42). Cette composition compte
quatre strophes de huit vers et un envoi.
Le feuillet 101 est blanc.
V. Les feuillets 102-105 contiennent sept lettres d'amour
qui toutes finissent par la môme formule.
Fol. 102. Incipit : « [E] per que Deu no... »
Fol. 105. Explicit : « soplicant te famose magnitut li
placia de mes pênes recordar. »
VI. Fol. 105 v°. Ici commence une longue composition
qui compte 99 vers, divisés en strophes de quatre vers.
Incipit : « Amor de cor hafectuos. »
Fol. 106. Explicit : « [ ]n se voler quem luny de mal. »
LX
MATFRE ERMENGAUD
(Osuna : Plut. I. Lit. N, n° 19, d'après Los Rios)
Matfre Ermengaud, Breviari d'Amor. En provençal.
Manuscrit perdu.
Nous n'avons pas retrouvé cet ouvrage parmi les manu-
scrits provenant de la bibliothèque du duc d'Osuna. Amador
de los Rios, lui, l'avait encore vu, et il en donne l'ancienne
cote: Plut. I, Lit. N, n° 19, dans sa Biblioteca del
Marqués (Obras, p. 599). Voici comment il décrit ce vo-
lume : (( Este es uno de los côdices mas preciosos que po-
» seyô el marqués de Santillana, y que ha logrado salvarse
» de las vicisitudes por que ha pasado tan rica libreria.
)) Es un volumen fol. mayor, rica vitela, exornado de vis-
)) tosas miniaturas, que cortan y dividen el texto con fre-
» cuencia. El objeto de esta obra eselamor divino ; y des-
» pues de haberse invocado los auxilios celestiales, para
)) llevar à cabo este propôsito, se représenta en el fol. 7° el
» ârbol, que le da titulo, de una manera ingeniosa y agra-
)) dable, etc., etc. »
Et Los Rios termine ainsi sa notice : « La ûltima parte
» del Arbol ô Breviaro de A mor esta destinada à presentar
)) las nociones dominantes en los siglos XIV y XV sobre
)) los espiritus malignos, discurriendo despues por los
» signos del Zodiaco, la esfera, lagloria, el limbo, el pa-
)) raiso y el infîerno. La venida del Espiritu Santo en len-
» guas de fuego pone fin à esta obra de la teologia y del
)) amor, que basta para caracterizar los estudios de los con-
)) temporâneos del marqués de Santillana. No la cita este
384 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SAVJILLAM.
)) en sus producciones, y sin embargo, segun en otro lugar
» advertimos, se nota à cada paso en ellas su influencia.
)) Parece debida â la literatura provenzal, en cuya Lengua
» esta escrita. »
Il n'y a donc pas de preuves positives de la possession de
ce manuscrit par le Marquis. Ses armes et sa devise ne s'y
trouvaient pas, et il ne cite pas l'ouvrage dans ses œuvres.
Néanmoins, il peut l'avoir connu; des exemplaires de ce livre
se conservent dans plusieurs bibliothèques espagnoles, et sa
vogue fut grande, puisque, à côté des manuscrits provençaux,
nous trouvons, dès le XIVe siècle, une traduction catalane
du livre d'Ermengaud. Les idées du Breviari d' Amovri ont
pas assez d'originalité propre pour qu'on puisse affirmer que
c'est là que le Marquis a puisé les lieux communs philoso-
phiques et théologiques qu'il prodigue dans ses écrits avec
une évidente complaisance. Rappelons en passant que
Matf re Ermengaud prend soin lui-même de nous faire savoir
qu'il commença son encyclopédie en 1288. Il mourut en
1322.
LXI
RAYMOND LULL
(Rocam. n° 48 ; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-171)
Raymond Lull. 1. Els cent noms de Deu. 2. Horas de
nostra dona Sancta Maria. En catalan.
Manuscrit de 139 feuillets, plus 3 feuillets de garde au
commencement et 3 à la fin, vélin, non folioté. Écriture
du XVe siècle. Rubriques, lettres et lettrines de couleur. Les
feuillets de garde et l'intérieur des plats de la reliure sont
couverts de dessins astrologiques. Format 121 X 82 mm.
Reliure de parchemin.
I. Fol. l.Incipit : « Gomlos sarrahinsentenenprouar... »
Fol. 98 v°. Explicit : « Es fet a vostre honrament. »
II. Fol. 99. Rubrique: Deus ab vostra virtut començo
Ramon aquestes ores de na Maria santa Maria, e cantense
[al so] (1) dels hymnes.
Incipit : « A honor del maior senyor . »
Fol. 133 v°. Explicit : « en la gloria tu loor. Amen. »
Fol. 134. Sur ce feuillet on trouve écrit d'une autre main
que le reste du manuscrit une explication de la messe dont .
voici le titre : « Nota que en la missa solenne son repre-
sentades vint coses per las quais es significada la vida de
nostre senyor Jesu-Christ. » Suit une exposition de la
messe qui finit au fol. 137 v°.
Fol. 139. Explicit : Horas deuotisimas dels cent noms de
Deu, axi mateix y son les hores de la Vergen Maria fêtas
per maestre Ramon Lull, doctor illuminât.
1. Le manuscrit porte ab lo qu'il faut évidemment corriger en al so
25
LXII
LIBRO DE ALEXANDRE
(Osuna : Plat. III, Lit.M,n°8; Rocam. n° 188; Biblioth. Nat
Madrid, Ii-167)
Gonzalo de Berceo, Libro de Alexandre. En castillan
Manuscrit de 153 feuillets, plus 1 feuillet déchiré à la fin
et la trace de deux feuillets perdus, vélin, non folioté. Écri-
ture du XIVe siècle, petites capitales en couleur. Tous les
feuillets de ce manuscrit sont tachés, quelques-uns sont
très abîmés par les mouillures et l'emploi de réactifs . For-
mat 258 x 163 mm. Reliure du XVe siècle,, de cuir sur ais,
ornée de dessins de style mudéjar.
Fol. 1. Incipit: « Sennores, se quisierdes mi seruiçio
prender. »
Les feuillets 45 v° et 53 v° sont à moitié occupés par deux
dessins à la plume : l'un représente Alexandre assis sur son
trône, l'autre une scène de la toilette du roi.
Fol. 150. Rubrique: Estoes et testamento de Alexandre
quando sopo que morîrte del toxigo que l dierona beuer et
de la car ta que enuio a su madré en que l mandaua que
non ouiesse miedo e que se conortasse, e la ténor de la carta
dezia assi. Incipit : « Madré deuedes... »
Fol. 151. Rubrique: Esta es la otra carta que enuio
Alexandre a su madré por conortarla. Incipit : « Al que
acompanna ... »
Ces lettres sont en prose; au-dessous le poème reprend :
« Quiero mi iirmamiento ante uos todos poncr. »
LXII. LIBRO DE ALEXANDRE 387
Fol. 153 v°. Explicit :
« Se quisierdes saber quien escreuio este ditado,
Johan Lorenzo, bono clerigoe ondrado,
(l)Natural de Astorga, de mannas bien temprado,
El dia del juyzio Dios sea mio pagado. Amen. »
Finito libro, redditur grattas magistro.
Sur le feuillet de garde de la fin, il y a un dessin à la
plume représentant un homme dont les jambes commencent
à l'endroit où ce feuillet est déchiré et troué. Le Libro de
Alexandre, écrit en cuaderna via, compte 2511 strophes.
En 1888, la Bibliothèque Nationale de Paris a acquis un
manuscrit du Poema de Alexandre, plus complet que celui
que nous venons de décrire et qui, jusqu'alors, était le seul
manuscrit ancien connu. Ce volume est du XVe siècle. Il est
décrit dans le Supplément au Catalogue des manuscrits es-
pagnols de la B. N. de Parus (n° 679, p. 360), et se termine
par la strophe suivante qui a révélé aux hispanisants le nom
du véritable auteur de ce poème :
« Sy queredes saber quien fizo este ditado,
Gonçalo de Berceo es por nombre clamado,
Natural de Madrid, en Sant Mylian criado,
Del abat Johan Sanchez notario por nombrado. »
(Cf. Baist, Romanische Forschungen, VI, p. 292, et Morel-
Fatio, Recherches sur le texte et les sources du Libro de
Alexandre, Romania, IV, p. 7-90). Publié en 1782 par
Sanchez et en 1864 par Janer, ce célèbre poème va être
nouvellement édité, et pour la première fois on utilisera
aussi le manuscrit de Paris pour rétablissement du texte.
En 1896, M. Saroïhandy, agrégé d'espagnol, élève de
TEcole pratique des Hautes Études, fut envoyé en mis-
sion à Madrid, afin de collationner encore une fois le Libro
de Alexandre sur le manuscrit Ii-167 de la Bibliothèque
Nationale .
1. M. Baist a lu natural de Astorga, avant lui on lisait : Johan Lo-
renzo. i. Segura de Astorga*
LXIII
LIBRO DEL CABALLERO DE DIOS
(Osuna: Plut. IL Lit. M, n° 25; Rocam. n° 140; Biblioth. Nat. Ma-
drid, Ii-87)
Libro del caballero de Dios. En castillan.
Manuscrit de 195 feuillets, papier, nombre de lignes va-
riable. Écriture du XVe siècle, à deux colonnes. Ru-
briques. Ce volume présente des lacunes. Format 290
X 213 mm. Reliure moderne.
Fol. 1. Incipit : «... do e otorgado de los padres... »
Ce manuscrit a perdu un feuillet qui sans doute portait
le titre de tout l'ouvrage et le véritable incipit. Au verso du
feuillet 4 nous retrouvons l'indication du titre de ce roman
et nous y voyons que l'auteur n'entendait pas l'appeler
Roman ou Histoire du chevalier Cifar, comme on nomme
ordinairement ce livre, mais qu'il voulait l'appeler le Livre
du chevalier de Dieu, et c'est ce titre que nous avons
adopté.
Fol. 4 v° : « ...asy commo contescio a un cauallero de las
Yndias, ...el quai cauallero ouo nonbre Cifar, de bautismo,
et despues ouo nonbre el cauallero de Dios, por que se touo
el sienpre con Dios e Dios con el en todos los fechos, asy
commo adelante oyredes, podredes vere entendredes por las
sus obras. Et por ende es dicho este libro del cauallero de
Dios. ))
Fol. 195. A. Explicit : « Et acabamos taies obras que
sean a seruiçio de Dios e a pro c a onrra de nuestros cuer-
pos, e a saluamento de nuestras aimas. Amen. »
La Bibliothèque Nationale de Paris possède un luxueux
LXIII. LIBRO DEL CABALLERO DE DIOS 389
manuscrit de ce roman. C'est un volume écrit au XIVe siècle
(Cf. Morel-Fatio, Catalogue des manuscrits espagnols de
laB. N., n° 615, p. 236). Henri Michelant a donné une
mauvaise édition du roman qui nous occupe dans le t. CXII
de la Bibliothek des Litterarischen Vereins in Stuttgart
(1872). Michelant s'est servi pour son édition du texte im-
primé à Séville, en 1512, par Cronberger, sous le titre de
Historia del cavallero Tifar. Son édition était prête quand
il a eu connaissance du manuscrit de Paris, il a pu encore
l'utiliser, mais l'imprimé reste la base de son travail. Mi -
chelant n'a pas connu le manuscrit de Madrid. Grâce à
l'édition de Michelant, nous avons pu relever un certain
nombre de lacunes dans le manuscrit de Madrid, qui a été
maltraité, mais qui vient d'être relié à nouveau par les soins
de M. Paz y Mélia. Le roman commence par une sorte de
préface où l'auteur énumère les privilèges accordés aux
fidèles par Boniface VIII à l'occasion du jubilé de 1300;
cette préface manque dans le manuscrit Osuna.
Lacunes du manuscrit de Madrid avec renvoi aux pages
de l'édition Michelant :
Le feuillet qui manque au commencement du manuscrit
Ii-87 correspondait aux pages 7 et 8 de l'imprimé. Entre
les feuillets 136 et 137 manque 1 feuillet (p. 228, 1. 32 —
p. 229, 1. 31 de l'imprimé) ; entre les feuillets 176 et 177, il
y a une lacune de 4 feuillets (p. 311, 1. 35 — p. 319, 1. 12
de l'imprimé) ; entre les feuillets 186 et 187 manquent
4 feuillets (p. 334, 1. 16 —p. 342, 1. 23).
Nous savons qu'un érudit américain, M. Wagner, a copié
récemment le ms. de Paris et le ms. de Madrid, dans l'in-
tention de donner une édition critique de ce texte inté-
ressant.
LXIV
CHRONIQUES GENERALES ET PARTICULIERES
D'ESPAGNE
(Osuna : Plut. III. Lit. M, n° 12, d'après Los Rios ; Rocam. n° 208 ;
Biblioth. Nat. Madrid, Ii-43)
1. Rodrigue de Tolède, Historia Gothica. 2. Chronica
Pontificum et Imperatorum romanorum. 3. Historia
Romanorum. 4. Historia Hunnorum, Vandalorum et
Suevorum, etc. 5. Historia Ostrogothorum. 6. Liber
Arabum. En latin.
Manuscrit de 190 feuillets, plus 4 feuillets de table,
1 feuillet blanc au commencement et 3 à la fin, vélin, réglé
à 36 lignes. Rubriques et capitales. Écriture du XIVe siècle,
à deux colonnes. Format 235 X 164 mm. Reliure de style
mudéjar portant sur les deux plats le heaume caractéristique
des reliures d'Ifiigo Lopez de Mendoza.
I. Fol. 1. A. Rubrique: Serenissimo et inuicto semper
aurjusto domino suo Fernando... Incipit : « Fidelis anti-
quitas et antiqua fidelitas... »
Fol. 135 v° B. Explicit: a Hoc opusculum ut sciui et
potui consumaui, anno incarnacionis domini M0 CC° XL0
tercio, era Ma CCa. LXXXa prima, anno XXVI regni régis
Fernandi, Va feria, pridie kls. aprilis, anno pontificatus
mei XXX0. III, sede apostolica uacante anno uno, mensibus
VIII, diebus X. Gregorio papa nono uiam uniuerse carnis
ingresso. »
II. Fol. 135 v° B. Rubrique: Cronica omnium ponti-
LXIV- CHRONIQUES GÉNÉRALES D'ESPAGNE 391
Jicum et imper atorum romanorum, ubi anni eorum po-
nuntur et notabilia facta eorum. . .
Incipit : « Dominus noster ihs. xpo., primus et summus
pontif ex . . . >>
Fol. 143 v°. B. Explicit : « quosdam leges promulgauit que
multum faciunt ad augmentum sancte ecclesie prerogatiuam
clericorum. Explicit. »
III. Fol. 144. A. Rubrique: Prologus in hystoria roma-
norum. Incipit : (( Quia directiones. . . »
Fol. 153. A. Explicit: « et uariorum presidum tirannide
lacerata. »
IV. Fol. 153. A. Rubrique : Prologus in hystoria hu-
gnorum (sic) vandalorum et sueuorum, alanorum et silin-
gorum. Incipit : « Quia stilo flebili... »
Fol. 161. B. Explicit : « et regni sedem a gallia gothica
in hispaniarn transtulerunt. »
V. Fol. 161. B. Rubrique: Prologus in hystoria ostro-
gotorum. Incipit : « Gum gothorum... »
Fol. 164 v°. A. Explicit : « qui in hispaniis et gallia go-
thica regnauerunt. »
VI. Fol. 164 v°. A. Rubrique : Incipit prologus in libro
arabum, principium Machumeti. Incipit : « Que calami-
tatum aceruus . . . »
Fol. 190 v°. B. Explicit : « Set quia de aduentu eorum
in historia gothica fuimus prosecuti hic nolumus iterare. »
*B
(Roeam. N° 79 ; Biblioth. Nat. Madrid, Ii)
Primera Crônica General. En castillan.
Manuscrit de 202 feuillets, plus 1 feuillet blanc à la fin,
vélin, non folioté, réglé d'un nombre irrégulier de lignes.
Écriture du XVe siècle, à deux colonnes. Rubriques, pas de
capitales. Le premier feuillet de ce manuscrit est encadré
d'ornements et porte dans le bandeau supérieur les armes
de Castille et Léon et dans le bandeau inférieur les armes
d'Inigo Lopez de Mendoza. A droite en haut, comme à
392 BIBLIOTIIKQUK DU MARQUIS DE SANTILLANH
gauche et à droite en bas, nous voyons les heaumes, em-
blèmes du marquis de Sa^tillane. Format 445 x 320 mm.
Reliure moderne, portant au dos : Heredia, Crônica de
Espana.
Fol. 1. A. Au-dessous d'une miniature qui représente un
vieillard barbu et chevelu portant couronne, sceptre et globe,
et vêtu d'un manteau de pourpre, nous trouvons écrit en
grosses capitales la rubrique suivante: Rex Alfonsus in-
perat.
Incipit : « En el libro de la estoria en que esta pintada
el arca ...»
Fol. 202. B. Explicit : « en conpanya de los sus sanctos
sieruos. »
M. R. Menéndez Pidal a reconnu que ce manuscrit contient
la, première chronique générale (Cf. La leyenda de los in-
fantes de Lara, p. 384, I). Ce manuscrit ne fait pas partie
du groupe des chroniques dites de Heredia, dont nous par-
lons ci-dessous, c'est par suite d'une inadvertance du relieur
sans doute, que le nom du grand maître de l'Ordre de Jé-
rusalem figure au dos de ce volume .
*C
Crônica General . En castillan. Manuscrit perdu.
Le marquis de Mondéjar dans un manuscrit intitulé De
la corrupeion de las Chronicas impresas de nuestros Reyes,
y de las enmiendas y observaciones sobre el capitulo 16 de
la de Don Alonso el Sabio (B. N. Madrid Q-181, Mm.) fait
mention d'une chronique qui aurait appartenu au marquis
de Santillane . Voici le texte de Mondéjar: «C. primero :
Mala fee y poca diligencia de Florian de Ocampo en la edi-
cion de la Historia General. »
(Fol. 3 v°) « El primer exemplar, que dije ténia de esta
materia, obra del Rey D . Alonso, es el propio impreso por
Florian de Ocampo, cotexado y correxido, de letra de Ge-
rônimo de Zurita, con un codice de pergamino con varias
iluminaciones, y figuras, que consta por el, fué de D. Yïligo
Lopez de Mendoza, primer Marqués de Santillana, Proge-
nitor de los Duques de Ynfantado, en cuyo poder dice se
LXIV. CHRONIQUES GÉNÉRALES D'ESPAGNE 393
conservava ; y no podré asegurar si todavia permanece en
su Palacio de Guadalafara en la libreria que los dejô vin-
culada D . Diego Hurtado de Mendoza, primer Duque del
Infantado, (foi. 4) su hijo en la clausula siguiente de su
testamento, otorgado a 14 de Junio del afio de 1475. »
*D
(Osuna : Plut. II. Lit. M, n° 6, Rocam. n° 75 ;
Biblioth. Nat. Madrid, Ii-78)
Grande y General Historia (IIe Moitié de la Ire partie). En
castillan.
Manuscrit de 304 feuillets, plus 2 feuillets blancs au
commencement et 3 à la fin, papier et vélin, nombre de
lignes variable. Écriture du XVe siècle, à deux colonnes.
Rubriques et capitales. L'encadrement du premier feuillet
est assez endommagé . A droite en bas, un ange tient les
armes du marquis de Santillane. Ces armes ajoutées après
coup ont nécessité des grattages et des retouches. Les feuil-
lets 1, 2, 3, 6, 7, 8, 9 sont détachés. Format 395 x 285 mm.
Reliure de parchemin.
Fol. 1. Rubrique: Aqui se comiença el onzeno llbro de
la gênerai estoria. Incipit : « Départe maestre Pedro en
la su estoria. . . »
Fol. 304. B. Explicit : « que lo fizo fazer. »
(Cf. Samuel Berger, Les Bibles castillanes, Romania,
t. XXVIII, p. 565).
*E
(Rocam. n° 72 ; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-128)
Crônica de los cuatro reyes. En castillan.
Manuscrit de 159 feuillets, plus 2 feuillets de table et
1 blanc, papier. Écriture du XVe siècle. Rubriques, pas
de capitales. On distingue plusieurs mains dans ce manu-
scrit, qui a été corrigé et annoté soigneusement par un lec-
teur qui a rubrique les chapitres et qui a noté sur le der-
394 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
nier feuillet les lacunes que présente le texte. Format 283
X 213 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1. Rubrique : Aqui comiença la coroni 'ca del muy
noble rrey don Alfonso emperador, en la quai sse contiens
la coronica del rrey don Sancho, su fijo et del rrey don
Fernando, su nieto,fasta que el dicho rrey don Fernando
ovo un fijo que llamaron don Alfonso.
Incipit : « [P]or muchas guisas e por muchasmaneras... »
Fol. 159 v°. Explicit : « la reyna doua Costança, su mujer,
de fijo varon. . . finito libro sit laus et gloria cristo. » Le
mot sit est biffé et en marge on lit la note suivante : a tes-
tose porque non se feneçido este libro. » Cette déclaration
et l'avertissement qui suit sont écrits en rouge : « Seîlor
lo que fallesçe en este libro, en la vida de cada rey, es
esto : en la vida del rey don Alfonso, las peleas que ouieron
los de su parte con los del infante don Sancho. E de como se
vido el rey don Alfonso en pobreza e enbio enpefiar su co-
rona al rey Aben Yuçaf , e le enbio LXX mil doblas e non
tomo la corona. E de la galea prieta que fizo en Seuilla. E
de las trobas que ende fizo. E de los testamentos que fizo
el uno de mandas, e de como se juntasen castellanos e fran-
çeses para la conquista de ultramar. E elotro del enterra-
miento de su cuerpo que mando que se enterrase a do touie-
sen por bien los de los sus Regnos. E sus tripas e figado en
Murçia, e su coraçon en monte Caluarie, e que lo leuase el
prior del espital, e de otras cosas.
En la vida del rey don Sancho fallesçe en la çerca de Xerez
la vista que [hizo] a don Juan de Léon quando falleçio, e
como pedrico en Xerez a su enterramiento su lealtad. E
despues como se vido con mill de cauallo con Aben Yuçuf
e con sus fijos. E lo que acaeçio en las vistas las quales
fueron en Médina de las Albicheras. E lo que acaeçio despues
destas vistas, otrosi la muerte del conde don Lope de Diego
Lopez de Canpos, e la prision del infante don Juan, ne esta
como acaeçio, asi que falleçen muchas cosas de como acaesçio
en su vida. E de todo esto non ay libros en esta tierra, pero
paresçeme que se pueden auer en uno de dos lugares que
non son en esta tierra de Estremadura.
En la estoria del rey donFerrnando falleçe el nasçimiento
del rey don Alfonso e su criança. E de como este rrey don
LXIV. CHRONIQUES GÉNÉRALES D'ESPAGNE 395
Ferrnando tomo Alcandete, e de como mando despenar en
marcos los dos escuderos por la muerte de Rodrigo Alfonso
de Benauides, e de como murio el rey dedolençia en Jahen,
e otras cosas.
Este libro mando prestar mi senor Ynigo Lopez a mi
Johan de Salzedo, en Buitrago. E di conosçimiento del
a Alfonso de Tordesillas, moço de la camara, ano de
MCCCCXLIII. » C'est probablement à ce Johan de Salzedo
que sont dues la revision et la correction de ce manuscrit.
(Biblioth. Nat. Madrid, T-282)
Refundiciôn de la Crônica de 1344, En castillan.
Manuscrit de 356 feuillets, papier, mal folioté. Écriture
du XVe siècle. Rubriques et capitales simples. Format 243
X 204 mm. Reliure de parchemin. Au dos : Hist. de los
rey es go[dos) de Espana.
Fol. 1. Incipit : « Nuestros hermanos e amigos.. . »
Fol. 356 v°. Explicit : « la grand parte que el Çid le daua. »
Ce manuscrit a appartenu à don Angel Gomallez et au
comte de Miranda, comme nous rapprennent deux notes au
recto et au verso du plat supérieur de la reliure. A-t-il fait
partie de la bibliothèque de don Inigo Lopez de Mendoza ?
Ce volume ne provient pas du fonds Osuna, il appartient à
l'ancien fonds de la Bibliothèque Nationale. Au bas du pre-
mier feuillet de ce manuscrit on lit, d'une main du XVe siècle,
les mots suivants : Del Marques. Or, on sait qu'au XVe siècle,
le premier marquis de Santillane était connu sous le nom
de el marqués et qu'il signait lui-même ainsi.
(Cf. R. Menéndez Pidal, Crônicas générales de Espana,
p. 99).
G
(Osuna: Plut. IV. Lit. N, n° 25; Rocam. n° 87; Biblioth.
Nat. Madrid, Ii-113)
Primera Crônica General. En castillan.
Manuscrit de 337 feuillets, papier, réglé à 26 lignes.
Écriture du XVe siècle, à deux colonnes. Rubriques, places
396 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
en blanc pour capitales. La table de ce volume est incom-
plète, elle occupe 2 feuillets non numérotés. Format
281 X 203 mm. Reliure de parchemin. Au dos : Historia
gênerai de Espana, de mano, desde Annibal hasta el rey
don Sancho y la infanta dona Sancha.
Fol. 1. Rubrique : Aqui comiença la coronica e gênerai
estoria de Espana(l)quJel muyalto rey donAlfonso ,fijo del
noble rey don Fernando e de la reyna dona Beatris, rnando
fazer, la quai fabla desde Noe fasta que vinieron los
godos en Espana , que duraron fasta la muer te del rey
don Rodrigo, e dende fasta el rey don Alfonso el casto.
Incipit : « [N]atural cosa es... »
Fol. 337 v° B. Explicit : « conplidamente la estoria en
los fechos de los godos. »
H
(Osuna : Plut. IV. Lit. N, n° 26; Rocam. n° 65; Biblioth. Nat.
Madrid, li-114).
Primera Crônica General (IIe Partie). En castillan.
Manuscrit de 256 feuillets, papier. Ce volume fait suite
au précédent et la foliotation continue celle du manuscrit
Ii-113. L'écriture, les rubriques, les places en blanc pour
les capitales, le format et la reliure, bref tous les signes
extérieurs, sont semblables à ceux du manuscrit précédent.
La table compte 11 feuillets qui sont compris dans la folio-
tation .
Fol. 349. A. Rubrique: Capitulo primero que cuenta de
que gentesfueron los godos, e dequales tierras salieron.
Incipit: « [U]n sabio que llamaron Claudio Tolomeo... »
Fol. 593 v° B. Explicit : « con la vitoria que le diera dios
contra los moros... » Ce chapitre est tronqué. La table
nous donne encore la rubrique du chapitre suivant qui
devait être le dernier de ce volume : De commo fino el rey
don Ordono en Çamoray efue leuado a Léon, efue enter-
rado en Santa Maria, a 594.
1. Les mots de Espana sont d'une main moderne.
LXIV. CHRONIQUES GÉNÉRALES D'ESPAGNE 397
I
(Rocam. n° 81; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-120)
Primera Crônica General. En castillan .
Manuscrit de 45 feuillets, plus 1 feuillet blanc au com-
mencement et 1 à la fin, papier. Écriture du XVe siècle.
Rubriques, espaces blancs pour capitales. Format 283
X 217 mm. Reliure moderne.
Fol. 1. Rubrique : El capitulo ciel rregnado del tercero
don Ferrnando, rrey que rreyno treyntae tercero, e des-
pues del rrey don Pelayo de Castilla, e despues a tiempo en
Léon, ejlie rrey de Castilla e de Léon de ally adelante. El
capitulo de como este rrey don Ffernando, rrey de Cas-
tilla, fue alçado rrey, e de las buenas andançias quefizo.
Incipit : « [A]cabadas las rrazones del rrey don Enrrique
e de los otros rreyes que rregnaron ante del ...»
Fol. 45. Explicit : « en el coro çelestial, f échos a aquel
que [es] grande solo, fuerte es e terrible en la compania
santa de los sus altos sieruos. »
Et après quelques indications chronologiques, on lit ces
lignes : « Sean loores magnificos fechos a aquel que [es]
grande solo, fuerte es e terrible el su santo nonbre sobre los
çielos de arriba, et toda la tierra e los moradores délia an
miedo e pauor, de la su fortaleza. Pues digna cosa es que
toda criatura loe a Dios su fazedor, el quai a mi indigno
pecador quiera perdonar e darme su gracia. »
Ce manuscrit contient ce qui dans le texte de la pre-
mière chronique générale est relatif à saint Ferdinand et
correspond au texte imprimé de la Crônica de San Fer-
nando.
(Osuna: Plut. II. Lit. M, n° 5; Rocam. n° 74 (?) ; Biblioth. Nat.
Madrid, 11-79)
Grande y General Historia (IIe Partie). En castillan.
Manuscrit de 345 feuillets, plus 2 feuillets blancs à la fin,
vélin, réglé à 31 lignes. Écriture de la 2e moitié du
398 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANK
XIVe siècle, à deux colonnes. Rubriques et capitales.
Format 380 X 265 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1. Rubrique : Aqui se comiença la segunda parte
de la gênerai estoria que mando fazer el muy noble rey
don Alfonso, fijo del noble et santo rey don Ffernando et
de la reyna dofïa Beatriz.
Fol. 2. Rubrique: En esta segunda parte a scriptos estas
cinco libros ; el primero de Josue, el segundo de losjuezes,
el tercero de Ruth, el primero de los rey es, el segundo de
[os rey es.
Incipit : « Fasta aqui contamos en la primera parte... »
Fol. 345. Explicit : « de lo quel dizien. »
(Cf. Samuel Berger, Les Bibles castillanes, Romania,
t. XXVIII, p. 566). Rocamora (Catdlogo, p. 21) dit que le
n° 74 contenait la primera y segunda parité de la chronique
générale du roi Alphonse et que ce manuscrit était en deux
volumes .
(Osuna : Plut. II. Lit. M, n° 3; Rocam. n° 68 ; Biblioth. Nat. Madrid,
Ii-74)
Crônica General de 1344. En castillan.
Manuscrit de 222 feuillets, papier, folioté jusqu'au
feuillet 44, nombre irrégulier de lignes. Écriture du
XVe siècle, à deux colonnes. Rubriques et capitales en
couleur. Format 385 X 278 mm. Reliure de parchemin.
Fol. 1. Rubrique: Aqui comiença la tabla de los capi-
tulos del libro de la segunda parte de la coronica de
Espaha, en quefabla el comienço del rey don Bermudo e
de sus buenas costumbres , e de como fue casado, e asi de
grado en grado segunt la estoria lo contara.
Fol. 11 v°. Rubrique: De commo se acaba el reynado
del rey don Alfonso e comiençase el del rey don Bermudo
e de sus buenas costumbres, e otrosy commo fue casado
cou doua Teresa, fija del conde don Sancho de Castilla.
[ncipit: a Muerto esse Rey don Alfonso, Reyno en pos
del don Bermudo...»
Fol. 222 v°. A. Explicit: « muy onrrados e con grant
phzcr. »
LXIV. CHRONIQUES GÉNÉRALES D'ESPAGNE 399
(Cf. R. Menéndez Pidal, Crônicas générales de Espana,
p. 17).
M
(Osuna: Plut. II. Lit. M, n° 35; Rocam. n° 85; Biblioth. Nat. Madrid,
Ii-53)
Crônica de los reyes de Castilla. En castillan.
Manuscrit de 352 feuillets, papier, non folioté, irréguliè-
rement réglé. Écriture du XVe siècle, à deux colonnes.
Rubriques, pas de capitales. Format 280 X 200 mm.
Reliure de parchemin. Au dos: Crônicas de Espaha.
Fol. 1. Rubrique: Tabla dellibro de las coronicas de
los honze reyes que ouoen Espana, desde el rey don Ferr-
nando el magnofasta el rey don Alfonso ,fijo delrey don
Ferrnando que gano el Andaluzia, e la coronica del Çid
Ruy Dias.
La table occupe 22 feuillets. Le feuillet 23 porte, après
une répétition de la rubrique générale, la rubrique du pre-
mier chapitre de la chronique": Como el noble rey don
Fernando puso la corona del Rey no en la çibdat de Léon,
en la iglesia de Santa Maria de régla.
Incipit: « [Q]uando murio el rey don Bermudo... »
Fol. 352 v° B. Explicit : « que fazer mucho en sus
regnos. »
(Cf. R. Menéndez Pidal, Crônicas générales de Espana,
p. 89, 93,96, 103).
N
(Osuna : Plut. IV. Lit. N, n° 27 ; Rocam. n° 66; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-115)
Tercera Crônica General. En castillan.
Manuscrit de 291 feuillets, plus 6 blancs à la fin du
volume, papier, nombre irrégulier de lignes. Écriture de
la fin du XVe siècle. Le premier feuillet du texte porte le
n° 120 et le dernier le n° 411. Titres en noir. Format
280 X 205 mm. Reliure de parchemin. Au dos : Duque,
Historia General de Espana, de mano (desde Annibal) (1).
1. Ces deux derniers mots ont été ajoutés après coup.
400 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Incipit. Fol. 1. (120): « ... e el rey no de Herodes en
treynta e quatro, non fallamos que contesçiese ninguna
cosa que de contar sea . . . »
Fol. 291 v°. (411). Explicit: « ouieron muerto al infante
don Garcia asy como deximos guisaronse muy. »
M. R. Menéndez Pidal [La leyenda de los infantes
de Lara, p. 405, H.) classe le manuscrit Ii-115 dans sa
4e division : Manuscritos derivados de una abreuiaçiôn
perdida de la primera crônica gênerai, sous la rubrique :
Manuscritos de la tercera crônica gênerai. En comparant
le texte publié par Ocampo au texte contenu dans le
manuscrit qui nous occupe, M. R. Menéndez Pidal a trouvé
que le Ii-115 « comprende de la ediciôn de Ocampo desde
el folio 72 b al 273 d. » Voyez aussi ce que M. R. Menéndez
Pidal dit de ce manuscrit dans ses Crônicas générales de
Espana, n° 23, p. 87.
O
(Osuna : Plut. III. Lit. N, n° 29 ; Rocam. n° 71: Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-116)
Chronique des quatre rois. En castillan.
Manuscrit de 196 feuillets, papier, folioté en rouge. Écri-
ture du XVe siècle, à deux colonnes. Rubriques et lettrines.
Les deux premiers feuillets manquent, le premier feuillet
conservé porte le n° 3, le dernier le n° 201, les feuillets 25,
193, 195 manquent également. Format 296x210 mm. Re-
liure de parchemin. Au dos : Historia del R. Don Al-
fonso el primero .
Fol. 3. Rubrique : Don Alfonso Xmo , fijo del rey don
Fernando que gano a Seuilla.
Incipit : « Vos auemos contado como este rrey... »
Fol. 196. B. Explicit : « que estaua en Auila, que lo
dexo ay el rey don Fernando [a] acriarsse . »
Este libro es acabado, Dios sea loado por syempre
jamas. Amen.
Ce volume contient les chroniques des rois Alphonse X,
Sanche IV, Fernand IV ; celle d'Alphonse XI manque.
LXIV. CHRONIQUES GÉNÉRALES D'ESPAGNE 401
(Osuna : Plut. I. Lit. M, n° 5; Rocam. n° 79; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-174)
Chronique des quatre rois. En castillan.
Manuscrit de 389 feuillets de vélin, non folioté, réglé à
35 lignes. Écriture du XIVe siècle, à deux colonnes. Grandes
marges, pas de rubriques générales. Ce manuscrit présente
les caractères extérieurs des manuscrits exécutés pour Juan
Fernândez de Heredia, mais les places des rubriques et celles
des miniatures sont restées en blanc. La table de ce volume
manque ainsi qu'un feuillet où se trouvaient peut-être l'en-
cadrement, les armes et le portrait qui ornent les autres
manuscrits du grand-maître. Quelques mouillures au com-
mencement et à la fin. Format 452x340 mm. Reliure mo-
derne. Au dos : Heredia, Cronica de Espana.
Fol. 1. A. Rubrique : Aqui comiença la coronica del
muy noble rey don Alfonso, Jijo del muy noble rey don
Fernando que ganoa Seuil la, quefue aser emperador .
Incipit : « [C]uenta la estoria... »
Fol. 389 v°. B. Explicit : « e yuan seguros los unos de
los otros. A Diose a Sancta Maria démos gracias. Amen. »
Ce manuscrit contient les chroniques des rois Alphonse X,
Sanche IV, Fernand IV et Alphonse XI.
Q
(Osuna : Plut. IV. Lit. N, n°20; Rocam. n° 73; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-118)
Cronica del rey don Alfonso el Onceno. En castillan.
Manuscrit de 264 feuillets, papier, non folioté. On
distingue dans ce volume deux parties, Tune de la fin du
XVIIe, ou même du XVIIIe siècle, l'autre du XVe siècle.
Le papier de ces deux parties est très différent. Titres en
noir. Format 276 X 206 mm. Reliure de parchemin. Au
dos : Cronica del Rey Don Alfonso XI.
Fol. 1. Rubrique : Chronica ciel mui esclarecido prin-
cipe y rey don Alonso, el onceno deste nombre de los reies
26
402 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
que reinaron en Castilla y en Léon, padre que fue del retj
don Pedro,
Incipit : « En el nombre de Dios padre... »
Fol. 264 v°. Explicit : « ca fue muy noble rey . A gloria
de nuestro redemptor Jésus Cristo. »
Parties modernes : feuillets 1-35, 202 et 203, 240-264.
Parties anciennes : feuillets 36-201, 204-239.
R
(Osuna : Plut. II. Lit. M, n° 36; Rocam. n° 86,; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-17)
Pero Lopez de A y al a, Crônica del rey don Pedro. En
castillan.
Manuscrit de 336 feuillets, papier, non folioté, nombre
irrégulier de lignes. Écriture du XVe siècle, à deux co-
lonnes. Rubriques et espaces blancs pour capitales. Ce
manuscrit présente des lacunes, il est incomplet de 3 feuil-
lets au commencement, et le feuillet 12 est également
perdu. Rares notes en marge. Format 278x211 mm. Reliure
de parchemin. Au dos : Crônicas de Espaha, desde Annibal
hasta el rey don Sancho y la infanta doha Sancha.
Fol. 1. Incipit : « ...uarra el rrey don Carlos. »
Fol. 336. A. Explicit : « e alli yaze enterrado. Dios lo
quiera perdonar. Amen. »
Ce manuscrit commence par les derniers mots du premier
chapitre, et le dernier chapitre qu'il contient a pour titre :
De como flno el rrey don Enrrique.
(Osuna : Plut. II. Lit. M, n° 2; Rocani. n° 69; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-75)
1. Pero Lopez de Ayala, Crônica del rey don Pedro,
2. Juan de Mena, Copias, En castillan.
Manuscrit de 162 feuillets, papier. Ecritures diverses du
XVe siècle, a deux colonnes. Rubriques, espaces blancs
pour capitales. Le foliotateur a oublié le feuillet 158, de
LXIV. CHRONIQUES GÉNÉRALES D'ESPAGNE 403
sorte qu'il fait jusqu'à la fin une erreur d'un feuillet.
Format 386x276 mm. Reliure de parchemin. Au dos :
Duque. Coronica de Espaha.
Fol. 1 . Notice sur le roi don Fernando et ses descendants.
Incipit : « [E]l rrei don Ferrnando que gano a Seuilla... »
I. Fol. 4. A. Rubrique : [E]n el nonbre de Dios, amen.
Aqui comiençan los capitulos desta coronica, aho primero
del rey don Pedro. Suit la table des chapitres de la chro-
nique de Pero Lopez de Ayala.
Fol. 19. Rubrique : Aho primero del rey don Pedro,
[c]apitulo primero, como el rey don Alfonso Jino enel real
de Gibraltar.
Incipit : « [Eli mui alto . . . »
Fol. 161 v°. B. Explicit : « en sus çibtades e castillos,
como saben estos mensajeros. »
II. Fol. 162. Ce feuillet porte quatre pièces de vers. La
première et les deux dernières sont de Juan de Mena, et
nous pensons que la deuxième appartient, elle aussi, au
même auteur.
1. Al sehor Rey.
Incipit : « Santa pas, santo misterio (1).»
Explicit : « nunca vos fuestes auaro. »
2. Otra al sehor Rey.
Incipit : « Noquiso sofrir tal yerro.»
Explicit: «de grand piadad vencido.»
3. Al sehor maestre e condestable.
Incipit: «Firme conde valeroso (2).»
Explicit : « es grand prodel que vos fizo. »
4. Al muy alto, e muy uirtuoso, e muy esclarescido el
rey nuestro sehor.
Incipit : « Rey virtud, rey vencedor (3). »
Explicit : « qu' el biuir muerte les sea. »
Fol. 162 v° B. « Es del duque del Ynfantado, prestale
1. Cf. Morel-Fatio, Catalogue des manuscrits du fonds espagnol de
la Bibliothèque Nationale, p* 190, ms* n° 592, fol. 67 v°*
2. L. c, fol. 67.
3. L. c, fol. 66 v\
404 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Médina de Mendoça, al senor dotor Paez, a très de agosto
de sesenta y nuebe. »
(Rocam., n° 80; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-81)
Crônica del rey don Jaime de Aragon. En catalan.
Manuscrit de 110 feuillets, vélin, non folioté,, réglé à
38 lignes. Écriture du XVe siècle, à deux colonnes. Ni titres
en rouge, ni capitales en couleurs. Format 316x241 mm.
Reliure moderne. Au dos : Chronica del rey en Jacme
d'Arago.
Fol. 1. A. Rubrique : Aquest es lo començament del
prolech sobre lo libre que feu lo glorios rey en Jaume, per
la gratta de Deu rey d'Arago, de Mallorques e de Va-
lencia, comte de Barcelona e de Urgell, e de Muntpeller, de
tots losfets e de les grattes que nostre seflor lifeu en la sua
vida.
Incipit : « Reconta mon senor sanct Jacme que fe sens
obra morta es. .. »
Fol. 110. B. Explicit : « e senor de Muntpeller passa
daquest segle, cuius anima, per misericordiam Dei, sine fine
requiescat in pace, amen. » Finito libro sit laits et gloria
Christo. « Visque lo rey en Jaume après que hac presa
Valentia, XXXVII anys, era de LXXIIanys quant mori. »
Un fragment considérable de cette chronique a été publié
en tête des Fueros del reino de Valencia (Valencia, 1515)
et une édition complète en a paru à Valence en 1557. Le
plus ancien manuscrit connu de cette chronique est celui
que En Pons de Copons, abbé de Poblet, fit exécuter en
1343. Ce manuscrit qui fait aujourd'hui partie de la Biblio-
thèque universitaire de Barcelone a été scrupuleusement
reproduit par Aguilô y Fuster dans sa Biblioteca Catalana.
M. Massô-Torrents n'a pas signalé notre manuscrit dans
son catalogue des Manuscrits catalans de la Biblioteca
Nacional de Madrid.
LXIV. CHRONIQUES GÉNÉRALES D'ESPAGNE 405
U
(Osuna : Plut. I. Lit. M, n° 3, d'après Los Rios ; Rocam. n° 79;
Biblioth. Nat. Madrid, 11-176)
Juan Fernândez de Heredia, Grant Cronica de Espanya.
En aragonais.
Manuscrit de 607 feuillets, plus 18 de tables et 3 blancs,
vélin, réglé à 32 lignes. Minuscule gothique du XIVe siècle,
à deux colonnes. Miniatures, rubriques et lettres ornées.
Ce manuscrit porte la trace de nombreuses mouillures qui
ont attaqué surtout le bord supérieur des feuillets. Le pre-
mier feuillet du texte est orné d'un encadrement en or et
couleurs, et dans le bandeau inférieur on distingue un écu
d'armes dont les pièces ont été grattées, mais dont on re-
connaît encore le champ de gueules . La grande capitale qui
ouvre le texte est ornée d'un portrait du grand maître de
l'Ordre de Saint- Jean-de-Jérusalem sous les auspices duquel
fut faite cette grande compilation. Format 430 X 290 mm.
Reliure moderne. Au dos : Heredia. Cronica de Espana.
Fol. 1. Rubrique de la table: Esta es la taula o sumaria
annotaçion de los libres, rubricas et capitules de la pri-
mera partida de la grant cronica de Espanya. La primera
partida es diuisa en XIII I libros principals et cascun libro
contiene en si ciertos capitoles seyant pareçe speçificada-
ment en la prosecuçion de la dicha cronica. Primerament
es el proemio de la présent obra de las gentes que poblaron
Espanya et de que generaçion fueron.
Fol. XVIII. Dernière rubrique de la table : El conplany-
miento o lamentaçionfecha por la destruction de Espanya
et perdicion del grant et noble linatge de los videgodos,
seny ores et possey dores de aquella. Et es la fin de las ru-
bricas de la primera partida. Deo gracias.
Fol. 1. Incipit : « Esta es la grant et verdadera ystoria
de Espanya., segunt se trobaen las ystorias de Claudio Tho-
lomeo e segunt se troba en los VII libros de la gênerai ystoria
que el rey don iUfonso de Castilla, que fue esleydo empe-
rador de Roma, conpilo, el quai fizo çercar muchas ystorias et
muchas scripturas de las cosas antigas que hauian passado
406 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANK
en el mundo en los tiempos passados, spécialement en Ks-
pagnya. . . »
Fol. 607. Explicit : a e recobrar la tierra segunt que se
contiene largamenten la segundapartida de aquesta présent
cronica de Espanya, »
Fol. 607. B. Rubrique: Aqui fenesçe la primera par-
tida. de la grant cronica de Espanya conpilada de diuersos
libroset ystorias por el muyt reuerent en Cristo padre et
senyor don Johan Ferrandez de Eredia, por la gracia de
Dios de la sancta casa del Espital de Sant Johan de Jéru-
salem maestro humil et aguardadorde los pobres de CrHsto.
La quai cronica, de mandado del dicho senyor, yo Aluar
Ferez de Seuilla, canonigo en la cathedral yglesia de
Jahen escreui de mi propia mano. Et fue acabada. en
Auinyon, a XIII dias del mes de jenero, el anyo del nas-
çimiento de nuestro senyor MCCC et LXXXV. Deo
grattas.
Au verso du deuxième feuillet de garde il y a une liste de
noms de lieu, écrits sur deux colonnes en cursive du
XIVe siècle. Incipit : «... [is]te sunt ciuitates et castra
quarum nomina sarraceni mutauerunt... » Cette liste com-
prend 26 noms de lieu avec la traduction castillane en re-
gard.
Sur le verso du dernier feuillet de ce manuscrit on a
copié un calendrier en catalan. Incipit : « Die XV de marc
tro a V de abril, que son XXII dies, lo die crex una hora.. . s
Ce manuscrit est mal folioté, il a deux feuillets 336, ce
qui fait que le feuillet 337 est en réalité le feuillet 338 ;
cette erreur court jusqu'à la fin. Divisé en quatorze livres
et sept cent deux chapitres, ce volume va de Tubal au
dernier roi visigotli et se termine par une Lamentaçion
fechapor la destruyçion de Espanya etperdiçion del grant
et noble linage de los videgodos.
Les ouvrages historiques dus à l'initiative du grand maître
de Saint-Jean-de-Jérusalem ont été étudiés par M. Morel-
Fatio dans l'intéressante préface qu'il a mise en tête de son
édition de la Chronique de Morêe [Publications de la So-
ciété de r Orient Latin, série historique, t. IV). Amador de
los Rios s'en est occupé à plusieurs reprises (Obras del
Marqués, p. 606; Historia critica, t. V, p. 244, et ibidem,
LXIV. CHRONIQUES GÉNÉRALES d'eSPAGNK 407
note 2). La vie de Juan Fer nândez deHeredia, que M. Morel-
Fatio (/. c.) résume en quelques pages, a été racontée par
Herquet dans une monographie intitulée Juan Ferrandez
de Heredia, Grossmeister des Johanniterordens (1377-
1396), Mûhlhauseni. Th., 1878.
V
(Osuna: Plut. I. Lit. M, n° 5, d'après Los Rios; Rocam. n° 79;
Biblioth.Nat. Madrid, Ii-175)
Juan Fernândez de Heredia, Grani Cronica de Espanya.
En aragonais.
Manuscrit de 284 feuillets, plus 9 de table, 5 blancs au
commencement et 2 à la lin, vélin, réglé à 34 et 35 lignes.
Minuscule gothique du XIVe siècle, à deux colonnes. Minia-
tures, rubriques et lettres ornées . Le premier feui.Het de la
table est enrichi d'un portrait du grand maître de l'Ordre
de Saint-Jean-de-Jérusalem. Ce portrait peint dans une
grande capitale nous montre Heredia tenant son livre à la
main : il est vêtu de l'habit de son Ordre avec la croix pattée
de Jérusalem sur l'épaule droite. Le premier feuillet du
texte est orné d'un encadrement en or et couleurs, la colonne
A est presque entièrement vide, l'enlumineur devait sans
doute y répéter le portrait du grand maître, la colonne B com-
mence par une initiale miniaturée, représentant le petit roi
Alphonse. Il tient à la main une oriflamme quia été grattée,
mais on distingue encore qu'elle était de gueules ; on re-
trouve à plusieurs reprises dans l'intérieur du volume cette
oriflamme, elle est rouge et porte tantôt la croix d'argent,
tantôt trois châteaux d'argent. Dans le bandeau inférieur
du premier feuillet, on distingue encore unécu d'armes dont
les pièces ont été imparfaitement grattées, on peut recon-
naître que ces pièces étaient d'argent sur champ de gueules.
Format 427 X£92 mm. Reliure moderne. Au dos : Cronica
de Espafîa,
Fol. I. Rubrique delà table : Esta es la taula o sumaria
annotaçion de la cronica et storia, rubricas et capitules
del libro de la terçera partida de Spanya, etc.
Fol. IX. Dernière rubrique de la table: Aqui conta la
408 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DR SANTILLANE
istoria de otras cosas que se auinleron en el Real de los
cristianos et de la prision de Algezira.
Fol. 1. Rubrique: Aqui comtença la coronica et ystoria
del noble rey don Alfonsso de Castiella e de Léon. Et como
après la muert del rey don Fernando su padre suçcedio
enlos regnos de Castiella et de Léon su Jijo, asti rey don
Alfonso et de las grandes diuisiones que fueron sobre la
tudoria del,
Incipit : « El infant don Pedro hermano del rey don
Fferrnando... »
Fol. 284 v°. Explicit: « que noauia mester su vista. »
Rubrique : Finito libro sit laus et gloria Cristo, scriptor
est talis littera diçit qualis. Ferdinandus vocatur qui
scripsit benedicatur. Amen.
Le volume qui contenait la seconde partie de cette chro-
nique est perdu et n'a peut-être jamais fait partie de la
bibliothèque Osuna.
W
(Osuna : Plut. I. Lit. M, n° 6, d'après M. Morel-Fatio; Rocam. n° 78 :
Biblioth. Nat. Madrid, Ii-173)
Juan Fernândez de Heredia, 1. FI libro de los enpera-
dores. 2. El libro de los f échos et conquistas del princi-
pado de la Morea. En aragonais.
Manuscrit de 266 feuillets, plus 2 feuillets de table,
feuillets de garde au commencement et à la fin, vélin,
réglé à 31 lignes. Minuscule gothique du XIVe siècle, à
deux colonnes. Miniatures, rubriques et lettres ornées. Le
premier feuillet de la table est enrichi d'un portrait du
grand maître de l'Ordre de Saint- Jean-de-Jérusalem. Ce
portrait, peint dans une grande capitale, nous montre Heredia
vêtu de l'habit de son Ordre, la tête couverte du bonnet
conique des moines grecs. Le feuillet est orné d'un demi-
encadrement en or et couleurs. Cette table des matières est
écrite en rouge et en noir, avec changement d'encre toutes
les (juatre lignes. Le premier feuillet du texte est rehaussé
d'un encadrement en or et couleurs, la colonne A est presque
entièrement vide ; cet espace était sans doute destiné à
LXIV. CHRONIQUES GÉNÉRALES D'ESPAGNE 409
une miniature ou à une rubrique. Dans le bandeau inférieur
du premier feuillet on distingue encore un écu d'armes dont
les pièces ont été grattées. Le premier feuillet du second
ouvrage que contient ce manuscrit est orné d'un encadre-
ment dans le bandeau inférieur duquel se trouve Vécu
d'armes du grand maître de l'Ordre de Jérusalem, qui cette
fois n'a pas été gratté. 11 est écartelé, aux 1 et 4 de gueules,
à la croix d'argent, qui est de Saint-Jean-de-Jérusalem ; aux
2 et 3 de gueules, à trois châteaux d'argent sommés de trois
tours de même, qui est Heredia. Dans une capitale ornée
qui ouvre le texte, on voit un guerrier armé, tète nue, qui
tient à la main une oriflamme de gueules portant une croix
d'argent. Format 412 x 280 mm. Reliure moderne. Au
dos : Crônica de Espaha.
I. La table des matières du premier ouvrage contenu dans
ce manuscrit est précédée d'une sorte de préface que nous
copions ci-dessous : « La sauia discreçion dénatura, pensada
la flaqueza de lamemoriade los honbres, por tal quepor la
diuturnidat ho largueza de los tempos las cosas que ha doc-
trina et sauieza pertenecen por defallimiento de oluidança ho
obliuion no subiaciessen, ho fuessen oluidadas, el officio de
tabulario ho scriptor fue adinuento ho trobado, por el quai los
deseos de los grandes senyores et las notables cosas de doc-
trina fuessen escriptas et las scripturas après luengament
fuessen conseruadas en aquel (sic) por do atendidas estudio-
sament et con virtuose ingenio el muy reuerent en ihu. xpo.
padreetmagnifîcosenyor, don fray Johan Ferandez de He-
redia, d'alta recordacion, por diuinal gracia maestro del
hospital de sant Johan de Jherusalem, fizo translatar las no-
tables et admirantes autoridades impresas et contenidas en
el libro de los enperadores que fueron en Grecia, huno
après de otro, assi como se sigue coniunctament et inme-
diada, et comiença primerament ha Costantino et Eremi su
ermano (sic) ut sequitur. »
Fol. II. Rubrique finale de la table des matières: Ber-
nardus est dictus qui scripsit, sit benedictus. De Jaqua
vocatur qui scripsit , benedicatur. Amen.
Fol. 1. Incipit : « Apres la muerte de Theodosio enpe-
rador... »
Fol. 180. B. Explicit : « et non es ninguno en aquesti
410 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DR SANTILLANE
mundo que sia sin reprenssion. La fin del enperador sia fin
de mi istoria. » Ffinito libre sit laus et gloria C resta. A men.
a Lo V iorn de marc fou escrit aquest libre en l'any de la
natiuitat de nostre senyor mcccxciii. » Bernardus est
dictas qui scripsit, sit benedictus. De Jaqua vocatur qui
seripsit. benedicatur. Amen.
II. Fol. 183. Incipit : « En el tiempo que la paz fue
fecha. »
Fol. 266. A. Explicit : « Et Dios aya su anima. Amen. »
Ffinito libro reddatur gracia xpo. Amen.
« Aquesti Libro de los fechos et conquistas del princi-
pado de la Morea fue fecho et conpilado per comanda-
miento del muyt reuerent en Cristo padre et senyor, don
fray Johan Ferrandez de He[re]dia, por la gracia de Dios
maestro del hospital de Sant Johan de Jherusalem et fue
conplido et acabado de escriuir digous a XXIIII del mes de
octubre, en el anyo de nuestro senyor MCCCXC tercio. »
Bernardus est dictus qui scripsit, sit benedictus. De Jaqua
vocatur qui scripsit, benedicatur. Amen.
Le deuxième ouvrage contenu dans ce manuscrit a été
publié et traduit en français par M. Morel-Fatio sous le titre
suivant : Chronique de Morée aux XIIIe et XIVe siècles,
publiée et traduite pour la première fois pour la Société de
l'Orient Latin, Genève, 1885. Dans la préface, déjà citée, de
cet ouvrage, M. Morel-Fatio observe que la première partie
du manuscrit qui nous occupe contient une histoire byzan-
tine, « certainement tout entière traduite du grec ou du
moins compilée d'après un texte grec ». Pour ce qui est
du dernier chapitre qui traite d'Alexis Comnène, M. Morel-
Fatio constate que « c'est tout simplement une version
)) littérale, avec quelques omissions, des chapitres 21 à 29
)) du livre XIII de Y Epitome historiarum de Jean Zonaras,
)) l'historien byzantin du XIIe siècle. » Quant au Livre des
faits et des conquêtes de la principauté de Morée,
M. Morel-Fatio a démontré qu'il « appartient incontesta -
» blement à la famille delà Chronique de Morée et a pour
)> très proches parents le Livre de la conqueste [français]
» el la chronique métrique [grecque] », mais que son «pro-
» totype immédiat ne doit être cherché ni dans celui-là ni
)) dans celle-ci. »
LXIV. CHRONIQUES GÉNÉRALES D'ESPAGNE 411
X
(Osuna: Plut. I. Lit. M, n° 4, d'après Los Rios ; Rocam. n° 78 ;
Bibioth. Nat. Madrid, Ii)
Juan Fernândez de Heredia, Grant coronica de los con-
qutridores. En aragonais.
Manuscrit de 426 feuillets, plus 13 feuillets de table,
vélin, réglé à 35 lignes. Minuscule gothique du XIVe siècle,
à deux colonnes. Miniatures, rubriques et lettres ornées. Le
premier feuillet de la table est enrichi d'un portrait du
grand maître de l'Ordre de Saint- Jean- de- Jérusalem. Ce por-
trait, peint dans une grande capitale, nous montre Heredia
vêtu de l'habit de son Ordre, la croix de Jérusalem qui
ornait son manteau a été grattée. Le premier feuillet du
texte est encadré d'ornements en or et couleurs. La
colonne A est vide, on devait sans doute y écrire la rubrique
du premier livre. Format 418 X 289 mm. Reliure moderne.
Au dos : Cronica de Espana.
Fol. I. Préface de la table des matières : In nomine
domini nostri ihu xpi, amen, « Esta es la taula o sumaria
annotaçion de los libros, rubricas et capitules de la segunda
partida de la grant coronica de los conquiridores, la quai
contiene en si XVIII libros principales, segunt el numéro
de XVIII entre emperadores, reyes, monarchas, prin-
cipes et illustres varones,, los mas famosos et virtuosos
que se troban que ayan senyoreado et conquerido regnos,
tierras et prouincias por diuersas partidas del mundo, los
quales el muyt reuerent en Cristo padre et senyor don
fray Johan Ferrandez de Heredia, por , la gracia de Dios,
maestro de la orden del hospital de sant Johan de Jheru-
salem, trobo en los ystoriales por las lures gestaset mémo-
rables fechos auer senyoreado senyaladament en el mundo
por las lures virtudes. Et por tal, como el dicho senyor
maestro en la su vida siempre loho et alabo los fechos de los
grandes conquiridores et principes, por aquesto el ordeno
et fizo la présent cronica, en la quai epiligo (sic) ciertos
principes los quales el fizo sacar de diuersas ystorias et
appartar de entre las otras cosas, assi como aquellos qui en
spécial perrogatiua d'armas esclarescieron en el mundo et
412 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
merescieron por sus valencias et virtudes seyer dichos con-
quiridores. Et comiença esta segunda partida en Antonio,
rey de Orient, et fenece en el rey don Jayme de Aragon. »
Rubrique: Primerament de quai linage mené et fue
Antonio, et de las sus grandes valencias et ardidezas, et
de como prendio la grant ciudat qu'es clamada el Pel-
lusio.
Fol. XIII v°. Dernière rubrique de la table : De la muert
del glorioso rey don Jayme.
Fol. 1. Incipit: « El auuello desti fue Antonio el recto-
rico ...»
Fol. 426 v°. Explicit : « el quai por su sancta misericordia
quiera collocar la su anima con los sus electos en gloria
perdurable. Amen. »
Voici la liste des noms qui intitulent les dix-huit livres
de cette chronique : Antonio ; César Octauiano ; Tiberi,
emperador ; Trajano, emperador ; Alexandre Aurelio Seuero,
emperador; Costantino, emperador; Theodosio, emperador;
Attila, rey de los huncnos; Theodorico; Alboyn, rey de los
longobardos ; Eracles, emperador; Karles Martel, rey de los
francos ; Karles Magno, primero emperador de los f rancos ;
Vaspasiano et Titus, fillo suyo ; Tarih et Muça, moros ;
Cangiscan, emperador et rey primero de los tartares ; Don
Fernando de Castiella et de Léon ; Don Jayme de Aragon.
M. Morel-Fatio (/. c.) dit que la seule étude des rubriques
de ce manuscrit lui a permis de constatera que le livre Ier,
» qui traite d'Antoine, et plusieurs chapitres du livre II,
)) qui traite d'Auguste, ont été empruntés à la vie d'An-
o toine par Plutarque, et,. comme l'indiquent les rubriques,
)) à la traduction aragonaise de cette vie » et « que le
)) livre XVI sur Gengiskhan n'est qu'une adaptation de la
» troisième partie de la Fleur des histoires d'Orient de
» Héthoum, qui parle des Tartarins et de leurs terres et
» de leurs guerres, et des terres qu'ils ont acquises, et que
» le XVIIe et le XVIIIe sont une transcription littérale, en
)) tout cas une copie très légèrement modifiée des chro-
)) niques royales de saint Ferdinand et de Jacques Ier
)) d'Aragon. » Ceci suffit à démontrer la maigre valeur de
cette compilation.
LXV
ALPHONSE LE SAVANT
(Osuna : Plut. III. Lit. M, n° 51 ; Rocam. n° 8 ; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-4)
Alphonse le Savant, Fuero de las leyes. En castillan.
Manuscrit de 128 feuillets, vélin, plus 2 feuillets de garde,
papier, réglé à 22 lignes. Grosse écriture du XVe siècle,
à deux colonnes. Rubriques, capitales rouges et bleues.
Format 210 X 150 mm. Reliure de veau naturel, tranche
rouge. Au dos : Libro de las leyes.
Fol. 1. Rubrique : Este es el libro del fuero de las leyes
que dio el noble rrey don Alfonso, que Dios de uida,ftjo
del noble rey don Fernando, que Dios perdone, amen.
Incipit : « En el nonbre de Dios amen. Por quanto los
coraçones de los onbres. . . »
Fol. 128, B. Explicit : « tenudos de dar nada. »
Rubrique : Finito libro. Este libro fue fecho et acabado
en Valladolit por mandado del rey don Alfonso, XXV dias
andados del mes de Agosto, era de millet CC et XCIII,
en el aflo que don Doart fue primer o heredero del rey
Anrich de Ynglaterra, recibio caualleria en Burgos del
rey don Alfonso.
Rocamoradans son Caldlogo Abreviado, p. 4, n° 8, ajoute
à sa très courte notice de ce manuscrit le N. B. suivant :
(( De este côdice se sirviô la Academia de la Historia en la
» publicaciôn de los Opûsculos légales. Tiene bastantes va-
» riantes. »
414 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
B
(Osuna : Plut. I. Lit. M, n° 11 ; Rocam. n° 9 ; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-5)
Alphonse le Savant, Especulo. En castillan.
Manuscrit de 199 feuillets plus 5 feuillets de table et
1 blanc, papier, non folioté. La table est écrite à pleines
lignes, le texte à deux colonnes. Écriture de la fin du
XIVe siècle. Les chapitres de ce manuscrit sont numérotés,
ces numéros occupent le haut des rectos et les numéros des
livres le haut des versos. Rubriques, espaces blancs pour
capitales. Plusieurs feuillets sont très endommagés. Format
310 x 246 mm. Reliure moderne.
Le premier feuillet très diminué par l'usure, a été collé
sur papier blanc, il contient des fragments de textes de loi
de différentes écritures des XIVe et XVe siècles.
Fol. 1. Rubrique: Especulo, et au-dessous : Este es el
libro del ffuero que ffizo el rrey don Alffbnso , ffijo del muy
noble rrey don Ffernando e de la muy noble rreyna dona
Beotriz, el quai es llamado especulo , que quiere tanto dezdr
como espeio de todos los derechos .
Incipit : « [E]n el nonbre de Dios padre . . . »
Fol. 199. A. Explicit: « estonçe bien sse puede alçàr la
parte contra quien reuocassen los juyzios. »
Livre I, fol. 1 ; liv. II, fol. 6 v° a"; liv. III, fol. 34 v° B;
liv. IV, fol. 55 v° A ; liv. V, fol. 121 B.
Les derniers feuillets, et surtout les feuillets 197, 198,
199, sont très endommagés ; les deux derniers sont collés
sur des feuillets nouveaux, ce qui en rend le verso illisible,
ce ne sont plus que des fragments de feuillets . Entre les
feuillets 197 et 198 se trouvent 2 feuillets de papier et
1 feuillet de notes, qui n'ont rien à voir avec le contenu du
volume.
Cet ouvrage a été publié par l'Académie de l'Histoire dans
sa collection de textes législatifs.
LXV. ALPHONSE LE SAVANT 415
C
Alphonse le Savant, Especulo. En castillan.
Cf. Notice XLV, ms. Ii-136.
D
Cf. Notice LXIV, Primera Crônica gênerai et Grande y
General Historia. En castillan.
LXVI
ORDONNANCES
(Rocam. n° 11 ; Biblioth. Nat. Madrid, Heserv. 5a-14)
Ordenamiento de Alcalâ. En castillan.
Manuscrit de 41 feuillets, vélin, réglé à 35 lignes.
Écriture de la fin du XIVe siècle, à deux colonnes. Ru-
briques, capitales enluminées. Format 313 x 222 mm. Re-
liure moderne, avec la couronne et le chiffre du duc d'Osuna.
Au dos : Ordenamiento de Alcalâ.
Le texte ouvre par une lettre ornée dans laquelle le roi
Alfonse XI est représenté en type de majesté, assis sur son
trône, couronne en tête, tenant le sceptre d'une main et de
l'autre le globe. Une autre miniature se trouve au fol. 23 v°
A, elle représente la tête d? Alfonse X el enperador, portant
la couronne impériale. Sur un feuillet de garde, nous trou-
vons la table des titulos de Y Ordenamiento, qui occupe les
2 colonnes du recto et la colonne A du verso. Dans les
marges, sur des bandelettes, respectées par le relieur, il y a
des indications de contenu, la tranche de ces bandelettes
est dorée, ce qui indique que ce manuscrit devait être pri-
mitivement tout entier doré sur tranche et qu'il a été fort
maladroitement rogné.
Fol. 1. A. Incipit : « En el nombre del Padre et del fijo
et del espiritu santo, que son très personas et un Dios, porque
la iustiçia es muy alta virtut . . . »
Fol . 41 v°. A. Explicit : « Et destas nuestras le[y]esman-
damos fazer un libro et seellar lo cônnuestro seello de oro,
LXVI. ORDONNANCES 417
para tener en la nuestra camara. Et otros seellados con
nuestro seello cle plomo, que embiemos a las çibdades, et
villas, et logares de nuestro senorio, de los quales es este
uno. Dado en las cortes de Alcala de Henares, veynte et
ocho dias de febrero. Era de mill et trezientos et ochenta
et seys aùos. A treynta et seys anos del nuestro regnado, et
a ocho anos que vençimos los reyes de Benamrin et de Gra-
nada. Et a çinco anos que ganamos la muy noble çibdat de
Algezira. »
(( Nicolas Gonçalez lo escriuio. »
B
(Rocam. n° 10; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-31)
Orclenamientos . En castillan.
Manuscrit de 183 feuillets, plus 2 feuillets de garde, pa-
pier cebti. Écriture du XIVe et du XVe siècle. Rubriques
et capitales grossières. Format 251 x 166 mm. Reliure mo-
derne avec la couronne et le chiffre du duc d'Osuna. Au
dos : Orclenamientos .
Fol. 1. Rubrique: In Dey nomme amen. Prymero or-
denamiento ciel rey don Alfonso que fizo en Valladolid
(12 décembre, ère de 1363).
Incipit : « Sepan quantos este guaderno vieren ...»
Fol. 10. Ordenamiento de Madrid (9 août, ère de 1367).
Fol. 27 v°. Note du XVe siècle : Falta (en el ordenamiento
del consejo esta) un ordenamiento cle la Vanda que jizo el
dicho rey don Alfonso, era de 1368.
Fol. 28. Ordenamiento de Segouia (30 mai, ère de 1385).
Fol. 37. Note du XVe siècle: Falta, un ordenamiento pe-
queno deste rey don Alfonso, que jizo de las penas que per-
tenesçen a su camara.
Fol. 37 v°. Aqui comiencan los XXX e dos titulos de las
leyes nueuas, que el rey don Alfonso jizo en Alcala de
Henares, en las cortes.
Fol. 41. Ordenamiento del rey don Alfonso en Alcala
de Henares, emendado por el rey don Pedro sujijo (Val-
ladolit, 19 septembre, ère de 1389 ; Alcala de Henares, 28 fé-
vrier, ère de 1386) .
27
418 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Fol. 78. Petiçiones de Alcala de Henares, porelrey don
A IJonsoJechas .
Fol. 93 v°. Ordenamiento de Seuilla (Alcala de Henares,
8 mars, ère de 1386).
Fol. 95. Note du XVe siècle: Aquifalta el ordenamiento
que fizo el rey don Pedro en Valladolid de petiçiones géné-
rales, el die ho ano. Falta otro hordenamiento del rey don
Alfonso en Léon, enJunio, era de 387 , de petiçiones e de
como e en que manera han de poner en las cartas Léon e
Toledo .
Fol. 95 v°. P rimer o ordenamiento del rey don Enrrique,
que fizo en las cortes de Burgos (dimanche 7 février, ère de
1405).
Fol. 100 v°. Ordenamiento del rey don Enrrique, que Jizo
en Toro (1er septembre, ère de 1407).
Fol. 107. Ordenamiento de la casade la cha[ri]çelleria,
fechoporel rrey don Enrrique.
Fol. 111. Ordenamiento del rey don Enrrique, j écho en
Alcala (Alcala de Henares, 26 juin, ère de 1408).
Fol. 112. Ordenamiento delrey don Enrrique de las cortes
de Toro (4 septembre, ère de 1409) .
Fol. 119. Petiçiones que al rey don Enrriquefueronfechas
en las cortes de Toro (10 septembre, ère de 1409).
Fol. 126 v°. Petiçiones fechas al rey don Anrrique en
las cortes de Toro por los p[re~\lados e clerezia de sus regnos,
el ano e era de mille quatroçientos e IX anos (15 septembre,
ère de 1409).
Fol. 130. Ordenamiento del rey don Enrrique f écho en
Toro (10 novembre, ère de 1411) .
Fol. 132 v°. Ordenamiento delrey don Enrrique que Jizo
en Burgos (26 avril, ère de 1412) .
Fol. 136. Ordenamiento que fizo el rey don Enrrique en
Burgos (12 novembre, ère de 1415).
Fol. 139 v°. Ordenamiento del rey don Johan de las cortes
de Burgos (8 août, ère de 1417).
Fol. 141. Petiçiones Jechas al rey don Johan en las cortes
de Burgos (10 août, ère de 1417).
Fol. 149 v°. Ordenamiento de las cortes de Soria delrey
don Johan feclio (18 septembre, ère de 1416).
Fol. 154. Note: Aquijalta otro ordenamiento deldicho
LXVI. ORDONNANCES 419
rey don Johan, fecho en Alcala de Henares, de la venta
de las sacas de los diesmosde los ganados.
Fol. 155. Ordenamiento de las cortes de Valladolid del
rey don Johan (1er septembre 1385, ère chrétienne).
Fol. 164. Ordenamiento del rey don Johan en el ayun-
tamiento de Segoula (1386, ère chrétienne).
Fol. 173. (Écriture carrée du XVe siècle). Ordenamiento
de Briuiesta del rey don Juan.
Fol. 183. Explicit: « que vosotros sabiades muy bien las
cosas en que nos erades tenidos de (et ajouté d'une autre
main) guardar. »
(Rocam. n°61; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-111)
Constiiucions gênerais de Cathalunya. En catalan.
Manuscrit de 309 feuillets, papier et vélin, plus 1 feuillet
de garde. Écriture du XVe siècle. Rubriques et petites
lettres ornées. La préface de cet ouvrage est en latin, le
reste en catalan. Format 281 X 206mm. Reliure moderne.
Au dos : Constitua ones de Cataluîïa.
Le feuillet de garde porte la rubrique suivante : Consti-
iucions gênerais de Cathalunya, usatges de Barchenona,
capitols de corts gênerais ab les comemoracions de
P. Albert, e costumes e constiiucions arromançades de paie
e de treuae situades sobs cong[r]uens titols segons la orde
del codi.
Fol. 1. Incipit : « Nos Martinus Dei gratia Rex Ara-
gonum . . . ))
Fol. 4. Explicit: « Datum Barchenone XX VHP die marcii,
annoanatiuitate domini millesimo CCCCmo nono, regnique
mei XIII0. » Les feuillets 5, 6, 7, sont blancs. Fol. 8. Ru-
brique : Rubriques o titols del primer libre. Ce volume est
divisé en dix livres .
Fol. 309 v°. Explicit : « salaris als dits oficials. » Qui es-
cripsit escribat semper cum domino viuat, Genesius vocatur
qui escripsit benedicatur. Bernardus qui scripsit benedU
catur, amen. Amen, Deo grattas 9 amen.
420 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
La dernière pièce contenue (huis ce recueil est datée de
1432. Sur le feuillet de garde on lit cette note : a Compri yo
Père Johan deConesalas presens costitucions, per preu de
IV llibres VIII sueldos, per mans de] bedel de la son santa,
23del mes de desinbre, any MCCCCXXXXIII. » Suit un
seing manuel suivi de quelques mots dont les seuls lisibles
sont : « liber iste michi et Loti. . . » Ce manuscrit n'est pas
signalé par M. J. Massô Torrents dans son catalogue des
manuscrits catalans de la Bibliothèque Nationale de Madrid.
*LXVII
GIL DE ZAMORA
(Rocam. n° 120; Biblioth. Nat. Madrid, IM40)
Gil de Zamora, Alabanças de Espana. En castillan.
Manuscrit de 120 feuillets, papier. Écriture du XVe siècle.
Ni rubriques, ni capitales. Format 203 x 142 mm. Reliure
moderne.
Fol. 1. Incipit : a Al serenisimo seûor suyo el infante don
Sancho, fijo mayor eheredero del muy ylustre rey don Al-
fonso, fray Juan Gil, frayle menor en Çamora, doctor in-
digno, su homill escriptor. . . »
Cette préface finit au verso du premier feuillet ; elle est
suivie de la table des chapitres de tout l'ouvrage.
Fol. 2. v°. Rubrique: Comiença el primero trabtado de la
poblaçion de Espana. Incipit : « Espaûa, commo cuentan
sant Geronimo e sant Esydro . . . »
Fol. 219 v°. Explicit: « los infinitos siglos. Amen. »
Ce manuscrit contient une traduction castillane du De
praeconis Hispaniae de frère Juan Gil de Zamora, faite
probablement à la prière du marquis de Santillane. En
tout cas Inigo Lopez de Mendoza a possédé ce volume et
s'en est servi. Nous avons relevé dans les marges, malheu-
reusement trop rognées, de ce manuscrit le signe que le
Marquis a employé pour marquer dans le Dante de Villena
(Cf. Notice XLVII) et dans le Boccace de Paris (Cf. Notice
XLIX) les passages qui l'ont frappé. Nous retrouvons
aussi en marge des Alabanças les mains que nous avons
remarquées dans la Divine Comédie et dans le Liber de
Montibus.
Voici la liste des feuillets sur lesquels nous avons vu le
422 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
signe du Marquis : fol. 20 v° ; fol . 21 ; fol . 26 v° ; fol . 29 ;
fol. 30 v°; fol. 31 v°; fol. 97; fol. 107 v°. Los passages qui
ont attiré l'attention du marquis de Santillane sont on
d'érudition ou de morale. Elio emperador; se cuenta de los
consules de los romanos ; dixo Aristoteles ; refrenar
apetitos bestiales, et naturellement il a lu attentivement les
endroits où Gil de Zamora a cité Sénèque. On remarque
aussi des mots écrits en surcharge et d'autres corrections
légères delà main du Marquis. Enfin, le feuillet 120 est
occupé par un brouillon de vers d'Inigo Lopez, dont l'ins-
piration est due aux chapitres IV et V des Alabanças : IV0
e quinto, tratando de la honistad (sic) e santidad de los va-
rones de espana. Le fragment de ce chapitre qui plus spé-
cialement a dicté ses vers à Iûigo Lopez de Mendoza se
trouve au fol. 97 v°;il est marqué d'un trait, ce trait se
prolonge jusqu'au bas du feuillet 98 où commence le cha-
pitre intitulé : De très noblesas que deven aver los reyes.
Nous transcrivons ici le morceau dont s'est servi le Mar-
quis :
(< e fueron otras personas muy famosas en Espana que onrraron
mucho la yglesia de Dios, aunque non fueron canonisados por
santos, commo Ydalio obispo de Barcelona, Talo obispo de Çaragoça
et Vfemio de Tarragona, Mausona de Merida, Parcardo de Braga,
Eladio e Eugenio, Julian arçobispos de Toledo, Fulgençio, her-
mano de Leandre, obispo astigitano seiialado de vida e dotrina,
Martin Dumiense, onrra de la gente, su vida dellos et su estola
diadema e corona de la yglesia, su sabiduria pas de muchos,
su lengua ynformaçion de disciplina, sus manos para acorro de
pobres, e su coraçon para conpasion de omildes, su çinta selo e
amor de fe, e sus armas para persecuçion de blasfemia. Bien aven-
turada tierra que sigue e asemeja fe de tamanos padres e sige la
santidat en que se fasefermosa su prudençia, bien aventurados los
principes e perlados que por personas tan santas e muy claras de
sangre e de linaje tomaron las leyes sagradas de Dios, porque ellos
asemejen en obra e en dotrina e en fe a tan santos varones, e sobre
todas las cosas fagan reverençia a aquelpor el que los reyes reynan
e los que fisieron las leyes determinan las cosas justas, en cuya
mano estan los poderyos de todos e los derechos de todos, los
reynos cuyo reyno es el reyno de todos los siglos e seriorio en toda
generaçion e generaçion, el es criador de todas las cosas, todo pode-
roso e rey potente e mucho de temer que se asienta sobrel trono e
judga el senor. »
LXVII. GIL DE ZAMORA 423
Voici ce que le Marquis a fait de ce passage :
« fueron varones de mucha. . .
eugenio arcobispo tolo
claros por obras e de grant çiençia
ladio asimesmo e juliano
digniflcados de la sacra silla
fulgençio obispo digno astigi. . . »
Ayant biffé ce commencement, le Marquis récrit ces
vers(!) au-dessous, sans toutefois les améliorer:
« fueron varones de grant sapiençia
eugenio arcobispo toledano
julian dalio (1) e de grant prudençia
fulgençio obispo astigitano
. . . que era con los. . . y afable (2),
cuyos estudios non fueron en vano
mas esforçando nuestra sancta fe
en los concilios conclaues
contra la seta de los arrianos
tu nuestro lucas sabes como fue[ron] (3)
en grant conformidat e muy cercanos,
fueron estos con el buen dalio en ausona (??) (4)
pontifeses de los meridianofs]
dalio asimesmo el de barcelona
assi commo poniendo el fecho alla muestra (5)
eufemio que fue de tarra.
eufemio varon de ta. . .
nos fizoel de tarragon[a]
eufemio asi bien de tarragona. »
Le seul commentaire que Ton puisse faire âe cette
étrange élucubration est d'y mettre un point d'interrogation.
Et pourtant elle est curieuse, parce qu'elle nous montre à
l'œuvre la muse érudite du marquis de Santillane.
1. Idalio.
2. Il y a là des mots biffés et des mots corrigés en surcharge qui sont
également illisibles.
3. Même remarque que pour la note 2.
4. Le relieur a trop rogné la marge.
5. En surcharge : « commo que enpone su. »
LXVIII
FRANCESGH EXIMENIS
(Osuna : Plut. III. Lit. N, n° 23; Rocam. n° 212; Biblioth. Nat.
Madrid, Ii-101)
Francesch Eximenis, Natura Angelica. En castillan.
Manuscrit de 128 feuillets, vélin et papier, plus 3 feuil-
lets blancs au commencement et 1 à la fin, non folioté.
Écriture du XVe siècle. Rubriques et capitales dessinées à
la plume. Format 350x265 mm. Reliure de parchemin.
Fol. I. Rubrique : Capitulo primer o que propone breue e
en gênerai la altesa de la angelical natura.
Incipit: « Angelical natura es tan al ta...»
Fol. 128 v°. Explicit : « E con tanto sea con vos ihu.
xpo. por la su clemencia. »
Rubrique : Alfonso de Çamora, bachiller en decretos,
me escriuio, a seruiçio primeramente de Dios e de la
sienpre virgen maria su madré, e del senor e estrenuo ca-
uallero Yhiyo Lopes de Mendoza, senor de la Vega. Este
libro se intitula natura angelica.
Cet Alfonso de Zamora est le même qui a copié la tra-
duction castillane de l'Ovide moralisé de Pierre Bersuire
que contient le manuscrit Ii-97 de la Bibliothèque Natio-
nale de Madrid (Cf. Notice XII). Nous remarquons dans ces
deux volumes la même écriture grande et claire, la même
ornementation élégante des lettres capitales. La beauté de
son écriture n'empêche d'ailleurs pas Alfonso d'être assez
négligent, et ses copies en donnent plus d'une preuve.
Le Bachiller Alfonso Gomez de Çamora, auquel le mar-
LXVIII. FRANCESCH EXIMENIS 425
quis de Santillane, alors seulement seigneur de la Vega,
confie la mise en castillan d'un Paul Orose aragonais
(cf. notice XXIX) ne fait probablement qu'un avec le
copiste Alfonso de Zamora in decretis bachalarius. M. Ce-
sâreo Fernândez Duro, dans sa Coleccion bibliograjïco-bio-
grafica de noticias referentes à la provtncia de Zamora
(Madrid, 1891, p. 565, n° 1283), indique simplement la
présence de ces deux manuscrits dans le fonds Osuna. Il
ne nous dit rien sur la vie de cet Alfonso qui ne figure pas
dans la Bibliotheca de Nicolas Antonio .
On sait que le De Natura Angelica de Francesch Exime-
nis, composé en 1382 et dédié à Père d'Artes, mestre ra-
cional du roi Jean Ier, fut imprimé en catalan dès 1494; en
1434, il fut traduit en castillan sous les auspices de Fr. Mi-
quel de Cuenca et de Fr. Gonzalo de Cordoba (Cf. Morel-
Fatio dans le Grundriss de Grôber, Katalanische Litte-
ratur, II, 2, p. 100.) Cette version castillane fut imprimée
en 1490 à Burgos, par Fadrique de Basilea (Cf. Mendez-
Hidalgo, Tipogrqfîa Espanola, p. 134, n° 8).
B
Francesch Eximenis, Doctrina de mure a cascuna per-
sona. En catalan.
Cf. Notice XXVI, ms. Ii-109.
LXIX
JUAN DE FUENT SAUGO
(Rocam. n° 118; Biblioth. Nat. Madrid, Ii-157)
Juan de Fuent Sauco, De Verbo contra udaeos. En
castillan.
Manuscrit de 113 feuillets, plus 2 blancs, papier et vélin,
non folioté, réglé à 28 lignes. Écriture du XVe siècle.
Notes et corrections en marge. Rubriques, initiales et let-
trines. Format 210x144 mm. Reliure moderne.
Fol. 1. Rubrique: Comiença lo libro de verbo contra
r'udeos. Prologo.
Incipit : « Eructauit cor meum verbum bonum ; estas
palabras...»
Fol. 113 v°. Explicit : a el quai escrito fizo frai Juan de
Fuent Sauco, bachiller en la santa theologia, alumbrante
el mui alto verbo diuino, al quai toda honor e gloria, in-
stigante el mui honrado cauallero Pero Fajardo, adelantado
de Murcia, a cuya peticion se ordeno. I esto fue por un
singular sermon que el mui honrrado bachiller frai Juhan
fizo, en que fablo mui altamentedel muy supereminent verbo
diuino incarnado, alumbrante su gracia, en presencia del
muy reuerendo don Diego de Comontres (1), obispo, de
Cartajena, e del senyor adelantado, e de muchos iudios le-
trados, e de otras gentes ajuntados en sancta maria de
1. Diego de Comontes, évoque de Cartagena, mourut le 6 mars 1458
(Cf. Fidel Fi ta, Bosqucjo historico de la sede cartacjinense écrit par
D. Diego de Comontes. BoletUi de la Real Academia de la Historia,
t. III, 1883, p. 276-293).
, LXIX. JUAN DE FUENT SAUCO 427
gracia del alcacar (1). E presta este tratado non tansola-
ment para reformacion de la fe a los cristianos, para co-
noscer e f ablar e muy altament prediccar singulares secretos
de la mui supereminent persona segunda de la alta mages-
tat, mas aun presta para deffender la fe por razones biuas
de la sciencia natural, e para disputar e arguir contra los
erejes, judios, moros, e contrarios de la mui souerana e alta
verdat, sin sospecha e sin error verbo diuino, segunda per-
sona de la mui supereminente magestat, que reina para
siempre un dios bendito. Amen. »
Le nom de l'auteur écrit primitivement dans le manus-
crit Juan de Fuent Santo, a été corrigé en Fuent Sauco.
Ce curieux traité est mentionné dans le Boletin de la Real
Academia de la Historia (t. X, 1887, p. 6 et 7), où (dans
les Noticias) on donne une description sommaire de ce vo-
lume et une copie de l'intéressant explicit de ce manuscrit.
L/auteur anonyme de cette note ajoute : « Esta obra fué, por
)) lo visto, escrita entre los aûos 1453 et 1458. El libro De
)) verbo contra Judaeos, inspirândose en el De verbo contra
)) Sarracenos que liabia escrito el doctor Juan de Segovia,
» puede considerarse como avanzada prôxima del Fortali-
» tium fidei que publicô en 1459 Fr. Alonso de Espina
» contra judios y sarracenos. »
1. Pedro Fajardo s'empara de l'alcazar de Murcie en 1453 (Cf. Cas-
cales, Discursos histôricos de la ciudad de Murcia, cité dans le Boletin,
t. X, 1887).
LXX
MAÏMONIDE
(Osuna : Plut. I. Lit. N, n° 7; Rocam. n° 162; Biblioth. Nat.
Madrid, KK-9)
Maïmonide, Le More Nebuchim ou Guide des égarés, tra-
duit en castillan par Pedro de Toledo.
Manuscrit de 141 feuillets, plus 2 feuillets de garde,
1 au commencement et 1 à la fin, papier, réglé à 37 et
40 lignes. Écriture de la première moitié du XVe siècle, à
deux colonnes. Rubriques, enluminures, capitales en cou-
leur. Format 408x290 mm. Reliure du XVe siècle en cuir
sur ais, ornée de dessins de style mudéjar. A l'intérieur des
plats se trouve collé un feuillet de parchemin, réglé à deux
colonnes, contenant un fragment d'ouvrage latin qui paraît
avoir dû être un traité d'astronomie, récriture est du
XIVe siècle. Sur les 2 plats, on voit des traces d'un écu d'armes
peint sur papier et collé. Ces armoiries sont trop dété-
riorées pour qu'on puisse les déterminer. Tout ce qu'on peut
dire, c'est que l'or et le sinople dominaient. Les deux plats
étaient traversés par une barre terminée aux deux bouts par
des gueules de dragons, dont on devine encore le dessin.
Au dos, le titre écrit sur une étiquette blanche : More, el
Moysen de Egipto, puesto en castellano por el maestro
Pedro de Toledo.
Fol. 1. Grande initiale ornée, double encadrement en or
et couleurs.
Incipit de la préface du traducteur : « En el nonbre de
Dios todo poderoso, yo, maestre Pedro de Toledo... »
LXX. MAÏMONIDE 429
Fol. 1 v°. Explicit : (( e de la vuestra senoria grant prez
e buen galardon. Amen. ))
Fol . 2. Même ornementation que ci-dessus. Dédicace de
Maïmonide à son élève raby Joseph. Incipit : « Dios te de su
gracia. .. »
Explicit : « en el logar onde seras. E pas sea sobre ti.
Amen. »
Préface de Maïmonide. Incipit : « En el nombre de Dios
f uerte . . . »
Fol. 6. Explicit : « abrit vos puertas e entraragente justa
que guarda creençias. »
Livre I. Incipit : a En la manera de ymagen. . . »
Fol. 49 v°. Explicit : « con el ayudo de Dios abastado. »
Rubrique : Dize maestre Pedro de Toledo : aqui es fin
de la trasladaçion que fize al primero libro del More de
abrayco a romance segunt mas e mejormente pude. Al Dios
alto ynfinito sean dadas gracias segunt aquel que el es. La
quai trasladaçion fize con muy grant trabajo que en el pro-
logo que fize en comienço deste dicho libro son contenidas.
(sic) E si algunaerror o errores en el ouiere e las emendare
algunt perfecto varon, de Dios aya galardon e le sean
otorgadas gracias por aquel a quien yo pido que segunt
me ayudo començar este primero libro asy e mas mejor
me ayude acabar e feneçer todo el dicho libro. Amen. Ce
livre compte 75 chapitres.
Livre IL Fol. 49 v°. Rubrique : En el nonbre de Dios
aqui comiença la trasladaçion segunda de la segunda
parte del dicho libro del More. Capiiulo primero .
Incipit : « Capitulo primero : los prinçipios que son me-
nester en afirmar seer Dios... »
Fol. 90 v°. Explicit : « e començaremos en otras cosas
con el ayuda del abastado etcetera . »
Rubrique : Dize maestre Pedro de Toledo : aqui es fin de
la trasladaçion de la segunda parte del More en rromançe,
Dios sea loado, amen. E feneçiose oy mer mes veynte e çinco
dias del mes de..., en la villa de Çafra, ano del Senor de
mi II e quatroçientos edieze nueue anos. La quai traslada-
çion se fizo con mayor trabajo que la primera parte por las
muchas dichas errores de los trasladadores primeros e
escripuanos . E serïor, vuestra merçet sepa de mi una cosa,
430 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
e todo aquel que por este libro estudiare, si letrado fuere
en todo saber e prq/'undo, sotil en las artes e en filosofla
natural e moral ejilosqfia primera, que de Moysenfmia oy
tal libro non se conpuso segunt en la mariera que es e la
sçiençia en que tracta, nin tal letrado sabio fue por esa
mariera en judios e cristianos e moros. E do e presento por
testigo este dicho alto libro a aquel que en todo el e sus
partes en gênerai e en singular bien entendiere, si tal per-
sona puede ser o non, e si tal o taies fier en seran muy
pocos e ralos, uno aqui en Europa, e otro en Asya, e otro
en Africa. E todo esto entiendo fazer verdat al que al
dixiere, e tengo que me non contradira el que el tal libro
conosçiere e entendiere saluo si fuere de aquellos quedize
Alixandre Alfaradosi que los contradezires non razo-
nables sefazen por çelos e enbidias e yntençiones e malque-
rençias, e es sehorio, e tenerse en mucho, e loandose por
via de vanagloria, e concuerda con el Abuhamed Algazel
en su libro que es el peso de las costunbres, e Abufaraje
en sus dotrinas, e Mahomad Abuzecaria, e Abunaçer
Alfaraui. E pido vos como a senor, e mando vos por via de
dotrina de los maestros, que j amas nonleades capitulo sin
leer el ante del, que séria caso de vos fazer dubdar e non
entender muchas cosas por la grant profundidat de este
varon en este dicho libro, porque vos non marauilledes de
algunos vocablos non puestos a perfecçion ante vos mara-
uilledes de lo que esta bien por dos rrazones que Aristo-
tiles diz en comienco de su metqfisica segunt la trasladaçion
morisca : la primera rrazon es por la profundidat de las
sotiles e altas cosas, e la segunda rrazon por la cortidat e
pequeno capaz de nos ; e asiyo por mipoco entender quanto
mas mipoco saber e alcançar, por la neçesidat de los neçe-
sarios trabajos mundanales. E agora començare rromançar
la terçera parte del More e acabare con el ayuda de Bios.
En esta terçera parle tracta en los secrectos de Maaçe
mercaua ejilosqfia e del mundo e ley efueros e manda-
mientos de Bios, efenesçe en la sapiencia en el postrimero
capitulo onde tracto muy altamente . E agora començare
rromançar este dicho terçera libro del More. En el nombre
de Dios amen. Ce livre compte 49 chapitres.
LXX. MAÏMONIDE 431
Livre III. Fol. 91. Incipit : a Principio en el nombre de
Dios; ya declaramos pieça de vezes... »
Fol. 141. Explicit : « grande seyentes en tierra de sonbra
mortal luza claro sobre ellos. Amen. ))
Rubrique : Aqui es el fin de la terçera parité del More
onde es todo acabado, Dios sea loado amen. E acobose (sic)
vierrnes ocho dias del mes clefebrero, aho del nasçimiento
del Nuestro Senor Jésus CiHsto de mill e quatroçientos e
treynta e dos auos, en la muy noble çibdat de Seuilla. El
quai libro escriuio Alfonso Pères de Caç[e]res, vezino de
la dicha çibdat. Dios sea loado por sienpre amen. Finito
libro sit laus Deo Christo amen. Le livre III compte 54 cha-
pitres.
Ce texte est illustré de gloses de deux sortes : 1° Les
notes du traducteur, copiées avec le texte par Alfonso Pérez
de Câceres. Ce sont des explications de mots, des observa-
tions, ayant trait aux difficultés de la traduction. Ces notes,
presque toujours marginales, sont rares et brèves, mais on
les rencontre dans les trois livres. 2° Des notes de caractère
philosophique et linguistique.
Ces dernières notes sont écrites d'une autre main que le
texte, mais elles appartiennent bien à la même époque.
Tantôt marginales, tantôt interlinéaires, elles sont très
nombreuses sur les 20 premiers feuillets, après on n'en
trouve plus. Mordantes et critiques, elles trahissent un
contemporain du traducteur, très versé dans les questions
de langue et connaissant le texte arabe du More Nebuchim.
On pourra juger de l'intérêt de cette version, comme aussi
des attaques du correcteur anonyme, par les extraits que
nous publions ci-dessous.
Préface du Traducteur
En el nonbre de Dios todo poderoso, yo maestre Pedro de
Toledo, fijo de maestre Johan del Castillo, fue rrogado e mandado
por mi senor Gomez Suares de Figueroa, fijo del muy alto caual-
lero don Lorenço Suares de Figueroa, maestre que fue de la muy
onrrada e alta orden de la caualleria de Santiago, que romançase
el muy altisimo libro del More que fizo el muy famoso sabio
maestre Moysen de Egipto, el Cordoui, fijo del grande juez rabi
Maymon de Cordoua, en la muy alta sçiençia e sapiençia de la phi-
432 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
losofia e metafisica e de las profeçias eleysantade Moysen. El
quai nonbre More(l) quiere dezir mostrador e ensenador de los fcur
bados. Esto se entiende por los muy profundos judios sabios en
filosofia que auian dubda en sus coraçones e fuertes fcurbaçiones de
muchas cosas de la santa escriptura que pareçian ser contra
naturaleza e razon. Ende la voluptad del dicho senor conpo-
nedor de este More fue juntar e amigar la santa escriptura de
Moysen e de los profectas conla muy altisima esçelente filosofia
primera (2) e moral e natural, segunt en el dicho libro es mayor-
mente contenido. E yo, el dicho maestre Pedro, entendiendo seer
el dicho mi senor muy grande e prudente sabio e noble de condi-
çiones, e por le fazer plazer e seruiçio plogome de volunptad
ponerme al trabaio para lo trasladar de abrayco a romance, lo
lo mas mejor que supiere e pudiere, fiando en un verdadero Dios
dador de todo ser e entender e su gracia a quien le plaz, que yo
fare lo que deuoe seguire la régla e costunbre de los trasladadores
letrados que a mi son antiçipados. E por quanto los traslados son
diuersos e de diuersos letrados: buenos ecomunales eningunos(3);
e los escriuanos otrosy todos, por ser non letrados (4), erraron
yerros manifiestos, yo loque fizieresy errare non sea en culpa, e
de lo que bien dixiere a Dios las gracias sean dadas, quanto mas
que amos trasladadores erraron (5) en muchas cosas. Eel uno mas
1. Verdad es que More quiere dezir mostrador, mas non esto que
dize de los turbados, que otro vocablo que dize en ebrayco hane-
bochim aquel dize los turbados, e aun en la verdad nebochim, en
ebrayco, desarrados quiere dezir, non turbados como el lo traslado, que
el ebrayco de turbado es nibhalim o mebohalim, mas esto pasadero es
segunt lo que tenemos en que entender adelante.
2. Sy esta que dize filosofia primera lo dize por la metafisica, como lo
quiere la razon porque es mas preciada, non ordeno con razon la moral
junta con ella por quanto la natural es neçesaria para ella e aun es
primera en quanto aprenderla, demas que no paresce repugnar la filo-
sofia moral la ley de Moysen ; non se que tiene que fazer la moral filo-
sofia en este fecho que byen abenida se esta con la ley de Muysen.
3. Non se que quiere dezir aqui ningunos, si sera o non d'escrivano.
4. Non son todos los escrivanos non letrados nin todos erraron, nin
mucho menos los trasladadores como dize segunt pareçera luego ade-
lante que el autor mismo vio la trasladacion de Abentabbon e la ovo
por buena, aunque este trasladador diga que todos erraron como lo dize
Luego aqui adelante que amos trasladadores erraron, mal sy penso des-
cârgar de si e cargar sobrellos.
r>. Salva su gracia que el mismo conponedor raby Moysen de Egipto
vio La trasladacion de Abentabbon e la auctorizo, verdad es que la del
Harizi es errada e la suya mas.
LXX. MAÏMONIDË 433
que el otro sinconparaçion, porquees sabido ser buenoeconplidoen
lenguaje e muy sinple enla sçiençia e nonbrase Harizi. E el mejor
en la sçiençia nonbrase Auentabbon. Mas fio en el Dios alto (1)
e en la sçiençia, maguer poca, que a mi plogo endonar que fare
todo lo mas e mejor que pudiere, tanto que en la sçiençia non aya
error, en todo mi poder e segunt mi pequeno entender. Pero sepa
el mi seîïor, e todo aquel que por esta mi trasladaçion leyere o
viere, que la entençion del noble maestre Moysen non fallesçera(2)
de todo su libro de comienço fasta la fin cosa alguna, ayudandome
el verdadero Dios, comoquier que los libros onde conçierto e tras-
lado son traslados de traslados onde conprehenden forçadamente
errores (3) muchos, asi por las diuersidades de los trasladadores
en diuersas errores, como en las diuersas errores de los diuersos
escriuanos. Ende, segunt la costumbre (4), oue a fazer de un
vocablo dos e de dos vocablos uno, e aîiader en algunt logar,
e menguar en otro, e en uno declarar, e en otro acortar, e en otro po-
ner la razon vocablo por vocablo (5) tal quai esta, e mayormente de
la mejor trasladaçion, que es segunt yoeotros masletradosespuesta
edada por muy mas notable. E muchas vezes (6) tomoun renglon
de la una trasladaçion e otro de la otra e algunas vezes lo tomare
tal quai esta por lo yo non entender, segunt la trasladaçion esta
non segunt deue (7). E por nonerrar ni poneruno por al he lo de
poner segunt esta en la dicha mejor trasladaçion (8). E porque la
1. Fiar en Dios buena cosa es mas non se quito por todo esto que non
es su trasladaçion errada, e non de poco, mas como dixo el sabio Sa-
lomon por muchedunbre de palabras non se quita el yerro.
2. Mucho dize ademas onde tantos sabios falleçieron e aun a su
dicho del mayormente que dize que los libros pordonde el traslado con-
prehendian errores e aun por la obra suya pareçera.
3. Si los libros conprehenden errores como asegura que non faleçera
la entençion del auctor de todo su libro, non lo entyendo.
4. En esto fizo byen si entendia la entençion mas el se dize lo con-
trario.
5. Por ventura sera sin error, mejor fuera sobreseer en los taies
vocablos fasta preguntarlos.
6. En esta mezcla el provecho es dubdoso e el dano es çyerto quando
meno porque sera mas trabajosa de adreçar.
7. Ya me paresçe que vyene en cognocimyento que de neçesario ha
de falleçer en contrario de lo [que] ha dicho que non falleçera la
entençion del autor.
8. Por ventura si la tal trasladaçion como esta fuore quita de
errores, como por este trasladador se pyensa, que quando el trasladador
non entyende la entençion del conponedor, puesto que entyenda las
signifîcaçiones de los vocablos, non puede ser seguro de yerro e non
28
434 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
vuestra merçct sca mas contenta, auiendo o veniendo algunt
maldezidor (1) que se faze sabio letrado, la vuestra merçet sea
de mandar leer el capitulo del abrayco (2) de qualquier trasla-
daçion de quatro que fasta oy son. E la vuestra merçet aca-
tando e mirando cada capitulo de esta mi trasladaçion ende vera
la vuestra senoria la lealtad del buen leal seruidorque a la vuestra
merçet plaze e ama todos tienpos seruir. E senor sy alguna de
algunas errores (3) por mi fueren fechas en aquesta mi trasla-
daçion, senor auet la en exenplo de aquel que yerra a Dios ser-
viendo, non entendiendo a Dios errar mas entendiendo (4) a Dios
seruir, e de Dios, principe del mundo, aya ayuda e de mis pecados
perdon, e de la vuestra senoria grant prez e buen galardon. Amen.
Dédicace de Maïmonide à son élève Rabbi Joseph
Dios te de su gracia el desçiplo (5) muy onrrado raby Joseph,
fijo de rabi Huda, que (6) Dios perdone, porque de entonçes que
estouiste ante mi e veniste de estremo de la tierra para aprender
de mi, fue (7) onrrada tu anima ante mis ojos, porque (8) vi tu
grant amor para buscar la sçiençia, (9) tanbien porque vy en tus
cantigas el tu grant deseo al acatamiento de las sabidurias, e esto
fue desque vinieron a mi tus cartas e la nota de tus dezires de la
tierra (10) onde biues. E ante que prouase tu entendimiento
(11) dixe en mi coraçon: quiça que su deseo en la sabiduria es
major que lo que alcança el su entendimiento, e quando aprendiste
ante mi aquello que aprendiste de la sçiençia (12) de los cerculos
satisfaze aunque tome la mejor transladaçion, corno dize que la ha
tomado, se non entyende.
1. El que la verdad dixyere non mereçera el tal nonbre.
2. Ya se an leyido assaz de los capitulos desta trasladaçion e se
han acotado por el ebrayco e se l'allan errados, en sus logares pares-
çeran porende. la obra lo ha de mostrar que non las palabras.
3. Non se que quiere dezir si alguna de algunas errores, salvo si lo
dize porque seran pocas, por ventura es error de penola.
4. Esto es lo mejor de lo que ha dicho e mas de créer, que la su
voluntad fue buena aunque la obra non respondio a la voluntad.
5. Preciado.
6. E parayso sea, su reposo.
7. Preciada.
S. Vi j;i in grant diligençia.
dé E por quanto yo quando âvia visto.
10. \h>. Alixandria.
11. ïodezia.
12. I)'' La ast l'onomiai
LXX. MAÏMONIDE 435
astrologal, e lo que anteçipaste delsaber (1) de las certes que non
puede (2) ser menos délias, porque (3) son a ti aparejo a la sçiençia
de la (4) astrologia, anadi en ti amor por tu bûen entendimiento
e ligereza de tu entender (5), e vy el tu grant deseo a las artes e por
esto te dexe usar en ellas por conosçer el tu entendimiento con-
plido. E quando aprendiste delantemi loque aprendiste delalogica
(6)allegose mi anima a ti e vy que (7) ères perteneçiente a te des-
cobrir (8) poridades de los libros de la profeçia (9), tanto que
cates lo que pertenesçe que acaten los perfectos, e comence poner
ante ti comienços de razones e para te (10) ensehar senas (11), por-
que (12) vi que esto era lo que de mi buscauas esforçeme para te
declarar de las cosas diesales e para te fazer entender la entencion
de los que son llamados (13) fabladores e si las sus vias son de
prueua o sy non, e para te demostrar de quai arte son. E entendi
que fuepoco lo que con otros fuera de mi aprendiste, e tu cansado
de la grant turbaçion, que la tu anima honorosa te (14) demanda
1 . De la matematica.
2. Ser aprendida nienos.
3. Es.
4. Astronomia.
5. E de que veyia el tu deseo a la dicha arte de la matematica
muy fuerte, dexete exerçitarla por lo que senti que aun sérias a la
postremeria.
6. Ligose mi esperança contigo.
7. Eras.
8. Descobrir las poridades.
9. Para que catases.
10. Enbezar por senas.
11. Non paresçe que esto fuese lo que el del buscava, mas este trasla-
dador dexo lo que se le entendio, lo que a mi me paresçe entre ren-
glones lo puse luego, ally onde dize: e porque vy que esto.
12. E de que vi que esto non te satisfazia e porfiavas comigo que te
declarase algo mas de las cosas tehologales e que te fîziese saber las
entençiones en que es la opinon de los fabladores, e si las sus vias son
demostrativas e si non son demostrativas que te dixese de quai arte
son, e de que vy que algun poco sabias ya dello de lo que avias apren-
dido de otros afueras de my, e estavas turbaclo e aquexado e. . .
13. Fabladores, estos son çierta seta de sabios que son contra los filo-
sofos, dizese por algunos que porque non tyenen de la sciencia sinon la
fabla los llaman fabladores, e por otros se dize que porque eran pedri-
catores que su ofiçio era el fablar los Uamavan fabladores. e en este
libro se tracta quien son, espeçialrnente de las entençiones dellos se
dize desde capitulo sesenta nueve e setenta e uno fasta en la fin del
primero partido del libro.
14. Demandava que era*
4Ô6 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
fab lar palabras preçiosas e joyosas, de lo quai (1) te estoruaua
mandadote aprendcr las cosas por orden (2) e régla derecha. E la
mi entençion (3) fue porque estouieses sobre la verdat por sus
carreras (4) e sendas e que la non àlcançàses por açidente e bien
sabes que jamas nunca te vede mientra (5) ami te llegaête en
qualquier testo o razon (6) de los sabios que se acaesçiese quedes-
pertase cosa (7) marauillosa que le lo //o declarase. E (8) pues
judf/o Dios nuestro appartamiento, e pusiste la tu entençion para te
mouer para la tu clima onde tu voluntad es, despertaronme los dias
de tu buena compania (9) con un pensamiento sosegado, e me
mouio la mano de tu separamiento para te (10) conponer este
libro, e (11) conpuselo para ti e para los tus semejantes, (12) los
quales tengo que son pocos. (13) E agora sean pocos o mas yo te
ordene este libro en capitulos (14) non reglados^ e todo lo que se
escriuiere dellos (15) te allegara en el logar onde seras, e paz sea
sobre ti, amen.
Capitulo XVI (16).
Pena es nonbre equiuoco que es (17) dicho por el monte, segunt
dis : e feriras(18) en la pena e es nonbre de piedra fuerte, (19) como
diz : pena del pederrnal (20) fuertes espadas e es nonbre de la mi-
nera que délia tajan las (21) piedras, como diz : (22) catad a la pena
1. Te yo estorvava.
2. Suprime estas très palabras.
3. Era para.
4. E que non te copyese por casu.
5. Comigo te aconpanaste.
6. De nuestros senores los sabios del Talniud.
7. Estranea de que te lo yo non declarase.
8. Desque sentencio.
9. A çierta concordia ya sosegada e movioine el tu.
10. Copilar.
11. Copilelo.
12. Aunque.
13. Borra estas ocho palabras y pone: e.
14. Esparzidos.
15. Te llegara lo primero primeramente.
16. Capitulo XVI en el nonbre de çur que quiere dezirpena o monte
17. Nonbre del monte
18. En el monte — Esodo
J9. Como diz de pena del pederrnal — Deutronomino.
20. Espadas de penas — Josue
21. Piedras de los mineros como
22. Ysayas
LXX. MAÏMONIDE 437
que fuestes tajados. Despues (1) apropiaron esta cosa postrera a
lo principal de la cosa e su comienço, e par esto dixo: despues delà
pena que fuestes tajoscatad catad a Abraam vuestro padre, quiere
dezir (2) andan en sus vias, e su uso, e en sus fueros aprendet, (3) e
sus costunbres, que la naturaleza de la minera (4) e su virtud es me-
nester que sea fallada en aquella cosa que es tajada délia. E segunt
esto postrero, es llamado el criador çur [h) fuerte, e es nonbre de
pena, eesto porque es Dios (6) comienço e cabsa que faze todo lo
que (7) defuera del es, como (8) diz : el fuerte (9) conplida su obra
(10) fuerte que te (11) nasçio oluidaste su (12) fuerte losvendio. E (13)
non fuerte como nuestro Dios, fuerte de los (14) mundos e estaras
sobre la pena, quiere dezir: asufrete (15) e arimate sobre conosçi-
miento de Dios seer prinçipio de todo eser, e esto es lo declarado
del su llegar para conosçer el criador como le declaro quando dixo :
ahe logar comigo. (16) Non pienses que la sçiencia (17) cliesal sola-
mente conuiene de laencobrir del comun, (18) e para te ley lo que
diz e non en la obra de beresid, nin aun (19) en Dios, e non es esto
1. Fue enprestado desta razon postrimera este nonbre al fundamento de
cada cosa e su prinçipio, e por esto dixo, despues que ovo dicho catad a
la perla que fuestes tajados, dixo catad a Abraham vuestro padre, como
que declarara que la pena que fuestes tajados délia es Abraham vuestro
padre, porende andad en sus vias e creed en su ley e usad en sus cos-
tumbres
2. Andad
3. E en sus
4. Deve ser
5. Borra estas seis palabras
6. El prinçipio e la causa eficiente a todo
7. Afueras
8. Deutronomino
9. Conplida es su
10. Deutronomino
11. Engendro
12. Deutronomino
13. Non ay fuerte
14. Borra la palabra : los
15. E esta sobre acatamyento que el es prinçipio, que el eslaintroduçion
que llego del a el, como declaramos onde dixo : ahe logar comigo.
16. Capitulo XVIL Non pyenses, etc.
17. Teologal
18. Mas aun lo mas de la sçiencia natural, e ya te fue duplicado lo
que dixeron e non en obra de beresit, nin aun todos, e non es esto cerca
de los que tyenen la ley solamente.
19. Con dos
438 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
dicho de nuestroê sabios solamente, si (1) non de los filosophos ; 6
los sabios delasgentes (2) que creyeron la eterrnidat del mundo
que encubrian sus palabras (3) quando fablauan en los prinçipios
(4) del mundo , e nonbrauan los por fazaîïas e enxenplos, e (5) [a]
Platon, e los (6) antigos llamauan a la materia fenbra e a la forma
masculo, e tu sabes que los prinçipios de las cosas corrutibles 7
e générales son très : la materia, e la forma, e la priuaçion (8)
aterminada que sienpre es junta con la materia, e si non fuese (9)
juntada con ella non séria la materia rresçibiente forma. E por
esta (10) cosa es la priuaçion uno de los prinçipios. E (11 ) en ser eh
ella la forma quitase la priuaçion (12) de esa forma que es, e juntase
con ella otra priuaçion, e ansi (13) sera por secula, segunt esyade-
clarado en la filosofianatural. (14) E despues que (15) esos omes,{!)
que non (16) Zespodria venir danpno(17) en déclarai- vocablos de la
sabicluria, ponian le nonbres e fablauan por enxenplos en su (18)
aprender porque non fuesen declarados, quanto mas (19) en nos,
nostros resçibidores delà ley, que conuiene a nos non (20) descobrir
cosa (21) porcine lo non eniienda el comun o que (22) entienda la
verdat de la (23) cosa contra la entençion de'lo que en ella es.
E entiende esto tanbien.
1. Non aun cer[c]a los filosophos
2. De antiguedad
3. Borra estas 2 palabras
4. Borra estas 2 palabras
5. A exponctué
6. De ante del
7.' E generables
8. Apropiada
9. Por el juntamyento de la privacion a la materia non le llegaria
forma
10. Manera
11. Con legar de
12. Quiere dezir la privacion de aquella forma que le llego e juntase
13. Borra 1 palabra
14. E pues
15. Aquellos
16. Borra 1 palabra
17. Dellos por la tal declaracion les enprestava nonbres
18. Abezar
19. Borra 2 palabras
20. Déclarai-
21. Que sea grave al comun de la entender
22. Les se niege
23. Razon otra cosa de lo que lue, e fue la volufnjtad en ella.
LXX. MAÏMONIDE 439
Préface de la troisième -partie
Principio, en el nonbre de Dios. Ya declaramos pieça de vezes
que la entencion en todo este libro es declarar que Maaçe Be-
resid (1) en M«aaçe Mercaua, quepor ellos se fizo este libro, e que
son de los secrectos de la ley de los quales los sabios perçibieron e
culparon a qualquier que los descubriese, e dixieron el galarclon
del que los encubriese, do diz : a los seyentes ante Adonay sera su
mercadoria, para corner a fartura, e al que encubre al vieio decla-
raron aqui : al que encubre las cosas que descobrio el vieio de
dias, e quales son, diz que son secrectos de la ley. E ya decla-
ramos la fondura de Maaçe Mercaua e su altura del seso comun,
que aun lo muy poquito queacaesçio alcançaralguntestudiantenon
lo deue escrebir claro, saluo dezillo de rrostro a rrostro al que lo me-
resçiere, e aun desto poco e por seîias e cabos de capitulos. E estafue
la grant causa para se perder esta sapiençia de nuestra gente, que
nin poco nin mucho non se falla, e asi conuiene, que de entonces
fastaoy non se çesso de se rresçebir deboca a boca sin se escreuir
jamas en libro. Pues do aure conseio a (de) declarar lo que se a mi
declaro e alcançe sin dubda, pues para lo dexar e lo non escreuir
fasta perderse quando me yo pierda, que non podria ser menos,
paresçeme que séria esto de la mi parte engafiomuy grande, e pa-
resçeme como que rrobo la verdat de aquel cuya es e oue çelos de
los sus herederos. E estas dos costunbres son feas. Masel descobrir
tal secreto ya se antiçipo el tal perçebimiento de los sabios segunt
ley e rrazon abueltas, de ser mi entender querer dallo al que per-
tenesçe, e non me vino espiritu santo a me fazer saber que es lo
que yo entiendo verdat, nin lo rresçebi de boca de letrado alguno,
mas demostraronmelo testos que falle, e palabras de los sabios,
con lo que yo ténia de los prinçipios del estudio que la cosa es asi
sin dubda, e puede ser que sera la cosa en contrario, e sera otra la
entencion. E ya me mouio el pensamiento justo e ayuda diesal en
una cosa que te dire, e es ; que entiendo declararte lo que dixo
Ezechiel, tal declaraçion que qualquiera onbre que la oyga pen-
sara que non afiadi sobre el testo cosa, si non como quien traslada
vocablos de un lenguaje a otro o declaro lo llano de su dicho. E
quando pusiere su coraçon en ello, aquel a quien yo conpuse este
libro, e entendiere cada capitulo, con perfecto estudio e justo en-
tendimiento declarar se le ha todo su secrecto fasta que se le non
encubra dello cosa alguna. E esta es An de mi poder para juntar,
1. Lisez, e
440 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
entre el prouechoe entre (l)el verdat. la declaraçion de los secrectos
en parte dellos segunt conuiene. E despues de aqueste prinçipio
pon tu coraçon e entendimiento en los capitulos que traere desta
cosa grande, onorosa, i'uerte, (2) que es estacaque esta todo sobre
ella, e pilar que todo esta sobre el.
Chapitre VIII (Livre III)
Capitulo VIII.
Todos los cuerpos corrutibles se corronpen de partes de la ma-
teriaenon de la forma porque es firme, ca toda forma espeçifica
es eterrna, mas conteçeala forma corrupçion por seer en materia.
E la naturaleza de la materia es de sienpre ser conpriuaçion. E
por esto la forma non es durable en el que sienpre se despoja una
e se enuiste otra. E quan noble fue el dicho de Salamon enaxen-
plar la materia a muger de varon mala que se non falla materia
jamas si non con forma, pues es muger de varon sienpre que nunca
es sin el. E maguer es muger de varon aun busca otro sienpre para
trocar con el el su marido que lo sosaca (sic) e lo enbae en qual-
quier manera fasta que alcançe délia lo que alcanço su marido . E
esta es la manera de la materia, que qualquier materia que tenga,
esa forma, le dispone resçebir otra e non çesa mouerse para des-
pojar la que tien e traer otra, e asi faze con la que truxo. Ahe
es declarado que toda corrupçion, o perdiçion, o mengua, es de
partes de la materia, E esto tal es en la manera del onbre que la
alteraçion de su figura e de sus mienbros fuera de natura eflaqueza
de sus operaciones todas, o priuarse o danarse non ay diferençia
entre seer en comienço de su criacion o se le ynoue despues, que
todo esto sigue en pos la materia que tien el corruptible non en pos
de su forma. E por esto adoleçe e muere, e todos los pecados del
onbre e sus errores todos son que siguen su materia non su forma.
Mas sus buenas dotrinas e grados siguen a su forma non a la ma-
teria. Enxenplo : quel conosçerdel onbre a su criador, eentender
todayntelectuaçion, e rrefrenar su sana e su deseo, e acatar en lo
que es menester, todo esto se sigue en pos su forma ; mas su
corner, e su beuer, e su luxuria, e su saiia, e toda mala dotrina,
todo sigue en pos su materia. Ë pues asi es, non puede ser en
juyzio de la sçiençia diesal que se falle materia sin forma, nin
forma de estas formas sin materia, e se neçesito ser atada esta
1. Lisez, la
2. Cette citation en hébreu dans le texte arabe devait être, suivant
Munk, une locutio n rabbinique employée communément à cette époque.
LXX. MAÏMONIDE 441
forma umanal, la mucho onrrada que declaramos que es forma de
Dios e su semejança, en esta materia escura, terreste, tenebrosa
que trae todo fallimiento e corrupçion, e fue dado a la forma hu-
manal poder sobre la materia e seiïorio para que la quebrante, e
priue sus deseos, e los torrne a loqueser puede de bien e de
ygualdat. E de aqui se desauiaron los grados de los onbres, que
fallamos onbres que todo su deseo es buscar lo bueno, e lo per-
durable, e entender los buenos saberes, para se juntar con el en-
tendimiento diesal, el que enfluye sobre el, que de el es esa forma.
E quando lo siguieren vildades e suziedades, entristeçese por la
cosa en que troupeço, e ha verguença de la plaga en que fue pla-
gado, e trabaja apocar ese mal quanto puede; como un varon que
se ensafio el rey con el e le mando leuar estiercol para lo despreçiar
a ojos de quantos lo viesen e para lo desonrrar, que ese varon tra-
bajara por se encobrir quanto pudiere en la ora de esa verguença.
E puede ser que lo leuara, poco a poco, a lugar çercano por que
non se ensuzie sus manos e suspanos e non lo vea varon; asi faze
el que es forro. Mas el sieruo gozase e entiende fa(zi)ziendo esto
que non le neçesitaron grant trabajo; e ensuziase todo su cuerpo,
e su faz, e veen lo todos, e el gozase, e rrie. Asi son las maneras
de los onbres ; que ay onbres, como deximos, que todas las cosas
materiales son tacha e mengua en ellos, e plaga, e quanto mas el
mienbro que es verguença de nos, segunt dixo Aristotiles, que por
el deseamos corner, e beuer, e luxuria, e ha menester el cuerdo de
apocar todo esto quanto pudiere, e se acuyte en lo fazer, nin en-
suzie su boca en ellos, nin fazer conpania con ellos, mas sera el
onbre poderoso sobre todos estos deseos e acortara dellos quanto
pudiere, non trabajara si non en lo neçesario. E trabajara buscar
su perfecçion segunt onbre, en quanto onbre, e escojera lo mejor,
e conoçera a Dios e a sus cosas, e estos taies son que veen la cara
de Dios sienpre. E esto es lo que quiere del varon, porque fue
criado, mas los torpes, que taies non son, tienen al contrario de
todo esto e pusieron su fin en ese sentido que es verguença de nos,
e en corner, e en beuer. E diz : que todas las mesas finchieronse de
gomito e cetera. E diz: mugeres enreynaron en ty, e diz : que todos
son fornicantes. E desto perçibio Salamon en misle (sic) en sus
enxenplos. E estos son luenes de Dios; e do diz: muger fuerte
quien la fallara, todo el enxenplo es por la buena materia que
conteçe ser aparejada al varon que es donadio de Dios, porque
la buena materia es ligera de se quebrantar de su rregiente, por
esto castiga Salamon e los otros en todos los buenos castiguerios,
e los mandamientos de la ley son para apremiar los deseos mate-
riales. E el que ha de ser onbre verdadero, non bestia en forma de
442 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
ombre, ha de poner todo su poder para menguar las cosas mafe-
riales, el corner, e beuer, e luxuria, e sana, e las otras malas do
trinas, e lo que es neçesario de corner e beuer tome lo prouechable,
non por el deleyte sinon por el gouierrno, e acorte e menore fa-
blar en ello e de se juntar con malos conpafieros, que los sabios
aborresçieron fazer comeres e deleytes que non son de Dios. E
Pinhas, fijo de Yayr, nunca comio con onbre, nin pudo con el
rrabeno el santo para que comiese con el, masel aparçeamiento en
el beuer demas sea en tus ojos peor quel ayuntamiento de onbres
desnudos, descubiertos de natura, que se llegan folgar en una casa
mientra fazen sus mandados neçesarios. Ca esa obra como quier
que es neçesaria non es manera que se pueda escusar, e la beudez
si que es obra de maldat, e la fealdat de la luxuria es publica e
dana elentendimiento, eel cuerpo lueiïe de layntellectuaçion, pues
el que quiere ser onbre aluenese délia nin trabaje en ella fablar.
E farto dixe desto en la glosa de auod segunt nuestra sabia ley.
E ya sabes que Eliseo fue llamado santo porque nunca penso en
ella fasta que jamas nunca la sono, nin Jacob salio esperma del
ante deRuben. E todas estas cosas dixieron por demostrar buenas
dotrinas. E ya sabes lo que dixieron : los pensamientos del pecado
màs fuertes son que la obra del pecado. E la su glosa marauillosa
es que quando onbre peca es por los açidentes que siguen la ma-
teria, mas el pensamiento es que sigue en pos su forma, e quando
piensa en pecar peco con la mejor de su virtud. E non es pecado
el que se seruio e fizo seruir el sieruo loco como el que fizo seruir
el forro onrrado, que esta forma umanal e todas sus virtudes non
se deuen trabajar sinon en lo que conuiene a ellas porque se junte
con los altos non que desçienda a alcançar lo baxo. E ya sabes
quanto mal es fablar suziedades porque la fabla de la lengua es
bien e galardon de Dios e virtud en el onbre, como diz quien puso
boca al onbre, pues non es de la trabajar en cosas suzias. E todo el
que en cantiga o fabla dize vildades e tracta en luxuria es contra
el bien que le Dios galardo, e con ese bien peca al que gelo endono
como diz en ellos e plata le multiplique e oro fîzieron albaal, e
nuestro lenguaje es llamado santo non por nuestra bondat mas
porque non fallaras nonbre de la obra luxuriosa claro, si non por
nonbres enprestados porque non son de se nonbrar quanto mas
ponelles nonbre propio. E si es neçesario de se nonbrar dizense
por maneras sécrétas. E quando es neçesario de se fazer nos en-
cobrimos quanto podemos, e llamamos al mienbro g'uid porque es
deriuado de venerode fierro, e llamamos fazer onbre sus mandados
çoaque -e deriua de Yaça que es de salir, ela orina aguasde pies,
e asi las otras cosas viles de fabla. E ya salimos de la rrazon del
LXX. MAÏMONIDE 443
capitulo a fablar en costunbres, e maguer non son de la rrazon del
librolaorden de las rrazones acarreo esto (1).
Cette traduction castillane du Guide des égarés de Maï-
monide, la première en date des traductions en langue
vulgaire, doit avoir été connue au moyen âge, puisque
nous la trouvons mentionnée dans le Catalogue de la bi-
bliothèque des comtes de Benavente (2) et dans Y Indice de
Fernando Colon (3). Mais c'est en vain que Don Marcelino
Menéndez y Pelayo la chercha à la Colombine de Séville(4).
Nous avons publié une description détaillée de cette version
lorsque nous avons eu la bonne fortune cle la retrouver (5),
nous nous sommes aussi occupé alors d'assigner à l'œuvre
de Pedro de Toledo la place qu'elle mérite dans la liste
déjà longue des versions du More Nebuchim. David Kauf-
mann, le regretté professeur du séminaire israélite de
Budapest, a rendu compte de ce travail dans une importante
étude consacrée au Guide de Maïmonide dans la littéra-
ture universelle (6), et sa compétence spéciale lui a permis
de trouver, dans les fragments publiés par nous, des éléments
critiques que nous avions négligés. Nous nous bornerons
donc ici à dire le peu que nous savons du traducteur et
comment nous expliquons que ce manuscrit ait pu faire
partie de la bibliothèque de Guadalajara.
Maître Pierre de Tolède, fils de maître Jean del Castillo,
est un juif converti, ou fils d'un juif converti. L'humilité
dont il fait preuve quand il parle de lui-même, son style et
sa langue, où l'on trouve souvent des mots et des phrases
d'une douteuse correction, le prouvent suffisamment. Faut-il
1. En marge le traducteur a mis la note suivante :
« En este capitulo ay cosas astrosas, de se escreuir pocas, e otras que
non montan, que pareçen burla en el romance e por eso las abreuie,
mas non falleçe del capitulo cosa. »
2. Liciniano Saez, Monedas que corrian en Castilla durante el rei-
nadodel Sx Don Enrique III, p. 376.
3. Gallardo, Ensarjo, t. II, c. 532.
4. Historia de los Heterodoxos Espa/îoles, t. II, p. 414, n. 1.
5. Una traducciôn espanola del More Nebuchim de Maimonides,
dans la Revista CrUica de Historia y Literatura, etc. Mayo-junio,
1897, p. 160-176.
6. Der Fùhrer Maimûni's in der Weltlitteratur, dans Archiv fur
Geschichte der Philosophie, t. XI, 1898, p. 335-373.
444 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
voir en lui le môme Pierre qui écrivit vers 1433 des dia-
logues sur la question : De causa oh quant angeli in dwevsis
locis simul esse non possunt(l)'? Et soc père serait-il ce
maestre Juanel viejo, juif converti de Tolède, qui composa
vers 1416 le Mémorial de las cosas que atanen à nuestro
senor Jésus e à la su santa Fee{2)l
Pierre de Tolède était certainement un lettré conscien-
cieux, qui se rendait fort bien compte des difficultés de la
tâche qu'il entreprenait pour obéir à son seigneur Gômez
Suârez de Figueroa. Pourquoi n'a-t-il pas pris le texte arabe
du More comme base de sa traduction? Car il n'ignorait pas
cette langue, puisque c'est toujours avec leur nom arabe
qu'il cite les philosophes dont il invoque l'autorité. Il appelle
Maïmonide : elCordovi, Alexandre d'Aphrodisias est pour
lui Alixandre Alfaradosi, et Alfarabi: Abunacer Alfaravi,
etc. De même lorsqu'il cite Aristote, c'est d'après la trasla-
daçion morisca. Peut-être un texte arabe du Guide des
égarés n'était-il pas chose facile à trouver en Espagne à ce
moment-là? Quoi qu'il en soit, Pierre de Tolède s'est servi
de la traduction hébraïque de Jehucla Charisi, qu'il suit
avec une grande fidélité. Ce que nous savons, c'est que
Pierre acheva la traduction du second livre du More, et
peut-être aussi celle du premier, à Zafra, ville dont Gômez
Suârez de Figueroa était seigneur. Or, Gômez Suârez de
Figueroa avait épousé dofia Elvira Laso de la Vega, sœur
du marquis de Santillane, et de son côté Inigo Lopez de
Mendoza avait épousé dona Catalina de Figueroa, sœur du
seigneur de Feria y Zafra. Lorsque Gômez Suârez mourut
(1429), Pierre de Tolède n'avait pas encore achevé sa tra-
duction. Nous pouvons supposer, sans que l'hypothèse ait
rien d'invraisemblable, que Pierre continua de travailler,
protégé généreusement par le beau-frère du défunt, le
célèbre bibliophile et érudit Iûigo Lopez de Mendoza, et
que c'est ainsi que la traduction du livre de Raby Moisés
sera venue figurer sur les rayons de la bibliothèque de Gua-
dalajara.
1. Nicolas Antonio, Blbliot. Vêtus, t. II, p. 236, n. 1.
2. Ibid., p. 154, n. 2, et p. 209.
LXXI
YMAGEN DE LA VIDA
(Osuna : Plut. VI. Lit. N, n° 21 ; Rocam. n° 12; Biblioth.
Nat. Madrid, Ji-6)
Ymagen de la vida. En castillan.
Manuscrit de 46 feuillets, plus 1 feuillet blanc à la fin,
papier. Écriture du XVe siècle. Rubriques et lettrines.
Format 220 X 147 mm. Reliure moderne .
Fol. 1. Rubrique: Poluora para desapartar el oro del
argen en 2 oras, e es esta que se signe. Suit une recette
d'alchimiste. L'auteur donne aussi le secret de la prépa-
ration de l'or potable.
Fol. 8v°. Rubrique : En el nonbre del padre e del Jîjo
e del spiritu santo, con el ayuda del quai començamos un
libro nonbrado ymagen de la uida, sacado de los secretos de
losjilosofos sobre el arte de alquimia, el quai es departido
entreynta capitulos,los qualesson contenidos en la nuestra
platica, por uenir al conoscimiento de la obra de nuestra
medicina.
Suit une table des trente chapitres qui composent ce
traité.
Fol. 10 v°. Rubrique : Aqui se acaba la primera partida
que es del conoscimiento de la materna e theorica intro-
ductiua, e por tanto nescesaria cosa es que tractemos de
la segunda parte, que es del magisterio e platica opéra-
tiuay la quai se sygue.
Du feuillet 11 au feuillet 27, l'auteur expose pratique-
ment ce qui a été théoriquement et matériellement in-
446 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
diqué dans la table générale des chapitres qui précède le
texte.
Fol. 11. Rubrique: Çapitulo primer o. Como tu deues
fazerel sinabrio de que deue ser traydo nuestro biuo argeh
por el començamiento de nue$tra obra.
Incipit : a Toma 4 partidas de biuo argon o una de sufre
commi...»
Fol. 27 v°. Explicit : « ca en otra manera se encenderia
sy auia do cspirar el ayrc ; e [a]qui es acabada la obra de
la nuestra piedra filosofal blanca o leuadura. Deo gra-
cias. »
Immédiatement au-dessous et sans titre spécial commence
un second traité. Rubrique: Çapitulo primero es en como
tu deues conuertir tu piedra blanca en mediçina Rubea.
Incipit: « Toma un peso de la mediçina blanca filosofica,
que son 3dineros e faz... »
Ce traité compte 6 chapitres, il se termine au fol. 33.
Fol. 32 v° et 33. Explicit : « Ca en tanto como abrir e
çerar el ojo seran gareçidos e curados de toda enfermedat.
Deo gratias. »
a El eterrno padre, que todas las cosas gouierrna e or-
dena, rresçiba de mi gracias e loores por ynfenito e de
todas las lenguas de las sus criaturas, que este secreto ha
traydo a las mis manos. El quai fijoyo te he decharaclo (sic)
e te dexo por hereclat perpétuai, con amonestaçion que uses
del con temor de Dios, sin uanida (sic). Deo gratias. Amen. »
Au-dessous on trouve la rubrique suivante :
Aqui comiença el tercero tractado de los ystrumentos.
Incipit : « Fijo, pues que auemos acabado el segundo tra-
tado que es de la platica, agora conuiene que digamos el
ordenamiento del tercero tratado que es dicho de los
ystrumentos que son neçesarios en la nuestra obra.. »
Dans ce traité Fauteur parle des appareils distillatoires
dont il dessine les modèles, de la manière de s'en servir, et
des mesures qui correspondent à chacune des pièces dont ces
appareils se composent.
Les feuillets 37 v°, 38v°, 39 sont occupés par les dessins
des appareils. Apres le traité des instruments, au feuillet 44
nous trouvons un chapitre isolé, le dernier du manuscrit.
LXXI. YMAGEN DE LA VIDA 447
Rubrique : Obra blanca particular, la mejor de todas
quantas son particulares , es esta que se signe,
Incipit : « Toma 2 libras de limalla.. . ))
Fol. 46. Explicit : « E quando esta limalla sera asy enxu-
gada al sol dexala tenplar dentro en esta lexia por el espa-
çio de 9 dias, e al cabo des te termino trae la de fuera e
obra como dicho es, e clexando la secar primeramente al
sol. La quai fallaras ynpalpable de color pardilla. » Ex-
plicit.
A la suite, un dernier dessin représentant un four. Une
numérotation au charbon, mise grossièrement au bas des
feuillets, avant, que le livre n'eût été relié, marque notre
feuillet 1 du n° 11 . Il est évident que ce manuscrit est in-
complet du commencement ; ne manque-t-il que les 10 feuil-
lets que le foliotateur avait encore vus ou en manque-t-il
davantage ? Quoi qu'il en soit, la numération au charbon va
du fol. 11 au fol. 57.
M. Luanco, dans le second volume de son Alquimia en
Espaha (p. 86), parle, en courant, de cet ouvrage, et son
étude nous renseigne peu sur les doctrines auxquelles se
rattache la Ymagen de la Vida. Heureusement nous avons
pu consulter M. Mourelo, professeur à l'école des arts et mé-
tiers de Madrid, qui, après avoir examiné attentivement ce
manuscrit, l'a jugé digne d'un long article paru dans le
numéro de février 1899 de la Revista de Archivos, Bi-
bliotecas y Museos. L'auteur de cet article, après une ana-
lyse technique détaillée du manuscrit Ii-6, publie une in-
téressante lettre de M. Berthelot, à la compétence spéciale
duquel il a fait appel.
« Les traités de ce MS., dit M. Berthelot, se rattachent
)) à la tradition des alchimies provençales, 3t espagnoles que
)) j'ai signalées dans le tome I, p. 351, de mon Histoire de
)) la chimie au moyen âge. C'est la tradition des pseudo-
» nymes qui ont pris le nom de Raymond Lulle, et c'est
» dans leurs écrits qu'il faut chercher les analogues directs
ï) des idées et des doctrines de ce MS. » Quant à la pré-
sence de ce livre, seul de son espèce, dans la collection qui
nous occupe, nous pensons qu'il pourrait être une épave de
la fameuse bibliothèque de Don Enrique de Aragon, que
448 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
frère Lope de Barrientos, évêque de Ségovie, fut chargé
d'examiner et de détruire en partie, après la mort de son
propriétaire (1).
1. Le faussaire à qui Ton doit le Centon epistolario a beaucoup enflé
l'histoire de la destruction de cette bibliothèque, et pendant longtemps on
a cru en effet que de grands trésors littéraires avaient ainsi disparu. La
critique moderne a remis les choses au point (Cf. Ménendez y Pelayo,
Antologia de Poeéas Liricos, t. V, p. xxxn, et Cotarelo y Mori, Don
Enrique de Villcna, chap. xiv). L'auteur de la Chronique de Jean II
parle, lui aussi, des livres de Don Enrique. Son témoignage est, cer-
tainement, tout à fait digne de confiance, il dit : « Y el rey mandé que
» le fuesen traidos todos los libros que ténia, los quales mandé que
» viese fray Lope de Barriéntos, maestro del Principe, e viese si habia
» algunos de malas artes : e fray Lope los miré e hizo quemar algunos.
» e los otros quedaron en su pocler » (L. c, année 1434, chap. vin).
APPENDICE 1
NUNO DE GUZMAN
Nuno de Guzman, dont nous connaissons à peine la sil-
houette, semble avoir été un esprit vif et curieux. Il est à
coup sûr un de ceux auxquels le premier humanisme espa-
gnol doit le plus. Ses voyages, son séjour en Italie, l'amitié
qu'eurent pour lui Giannozzo Manetti, Leonardo Bruni,
Pietro Candido Decembri, Vespasiano de Bisticci et d autres
encore témoignent de ses goûts littéraires. M. Morel-Fatio,
qui s'est occupé de ce personnage dans sa Notice sur trois
manuscrits de la bibliothèque d'Osuna (Romania, t. XIV,
p. 102-108), se demande: a Quel est ce Guzman ?» Et il
ajoute : « L'Espagne semble n'en rien savoir, et aucun de
« ses biographes ou bibliographes n'a recueilli le nom de cet
(( amateur zélé. Heureusement les Italiens du XVe siècle se
a sont plu à conserver sa mémoire; l'un d'eux, l'intelligent
(( libraire florentin Vespasiano de Bisticci, luia consacré une
(( curieuse notice dans ses Vite cVuomini illustri {1). )) Cette
notice que M, Morel-Fatio reproduit, nous apprend entre
autreschosesqueNunoétait àFlorence le22juin 1439, lorsque
le pape Eugène IV signa, dans l'église de Santa Maria del
Fiore,le décret d'union des églises latine et grecque, le jour
même où les évêques réunis à Baie le déposaient. Vespa-
siano nous dit aussi que Nuno fit écrire de nombreux vo-
lumes en italien pour les expédier en Espagne et que, même»
après son départ de Florence, il envoya dans cette ville
des messagers chargés de faire copier des livres. Vespa-
siano note encore que Guzman fit exécuter des versions
1. Cet ouvrage, imprimé par Angelp Mai dans son Spicilegium ro-
manum, Rome, 1839, a été réimprimé, d'après d'autres textes, par
A. Bartoli, Florence 1859; la dernière et la meilleure édition des Vite ai
Uoininl illustri del secolo XV est celle qui a paru en 1892, par les
soins de L. Frati, dans la Collez* di Opère inédite o rave de Bologne»
21)
450 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
italiennes des Tusculanes et du De Oratore deCicéron,
des Déclamations de Quintillien cl du De Saturnalibus de
Macrobe. Et le libraire florentin termine 8a notice par ces
mots : « Di piu altre opère fece in questa linguauna degnis-
« aima libraria, la quale,prevenuto lui dalla morte in Siviglia,
(( capitô maie. » a Souhaitons, dit M. Morel-Fatio, que des
a recherches habilement dirigées dans les bibliothèques
(( de la Péninsule permettent bientôt de reconstituer quelque
« partie d'une librairie formée aux prix d'efforts intelli-
« gents et à laquelle s'attache un des grands noms d'Esr
« pagne. Le marquis de Santillane, qu'on croyait unique
(( en son genre au XVe siècle, a désormais un émule ; et
(( c'est bien à un Guzman qu'il appartenait de rivaliser
« avec un Mendoza. » Nous avons eu l'occasion de signa-
ler dans notre introduction les inexactitudes que contient
la notice consacrée par Vespasiano de Bisticci au Cardinale
di Mendoza spagnolo . Sans vouloir tirer de ces faits un
argument péremptoire contre la véracité du libraire flo-
rentin, nous sommes cependant autorisé par eux à nous
défier de ce qu'il affirme lorsqu'il ne s'agit plus de choses
florentines dont il a lui-même été le témoin. Nufio de Guz-
man faisait copier et même traduire des livres, mais le
faisait-il en vue de se former une bibliothèque?
Nous savons que le marquis de Santillane a prié Nuno de
traduire en castillan un discours de Giannozzo Manetti. Or,,
ce discours, la rubrique du texte italien en fait foi, a été
prononcé le 30 septembre 1453 (Cf. Notice *LIV). Nuûo
de Guzman, qui à. cette époque était depuis longtemps re-
venu d'Italie, n'a pu connaître ce travail qu'à la fin de
l'année 1453 et n'a pas dû le traduire avant 1454. Voilà déjà
un indice certain de l'amitié qui liait ces deux nobles es-
pagnols. Remarquons aussi que des quatre versions dont
parle Vespasiano de Bisticci deux se trouvaient dans la bi-
bliothèque Osuna et que les manuscrits qui les conservent
sont ornés de la même inscription et datés de 1456 (Cf. No-
tice IX, ms. D,et Notice XXI). M. Morel-Fatio observe que
ces deux volumes pourraient être entrés dans la biblio-
thèque de Guadalajara après la mort du Marquis. Sans
doute, niais il faut noter ici un détail qui, tout minime
qu'il est, peut avoir de l'importance : ces manuscrits sont
APPENDICE 1. NUNO DE GUZMAN 451
dépourvus d'armes, bien qu'ils portent la couronne de lau-
rier destinée à les contenir. Le cas n'est pas extraordinaire;
cependant quand on considère qu'ils ont été exécutés à
Florence par des copistes et des enlumineurs qui connais-
saient Nufio de Guzman et les armes de sa maison, cette
lacune évoque l'idée que Nufio pourrait avoir donné l'ordre
de laisser Técu en blanc sur ces manuscrits parce qu'il
n'avait pas l'intention de les garder.
Il est vraisemblable que le marquis de Santillane, qui
était en sympathie intellectuelle avec Nufio de Guzman,
aura eu connaissance de ces nouvelles versions de Cicéron
et de Quintilien et qu'il aura tout fait pour les lire et pour
les posséder. Vespasiano nous a dit que Nufio envoyait en
Espagne les livres qu'il faisait copier. A qui les expédiait-
il ? Sûrement pas à sa famille avec laquelle il était brouillé.
Et si ces livres étaient pour son usage personnel, que ne les
emportait-il simplement dans ses bagages ?
Traitons maintenant un point moins conjectural. M. Mo-
rel-Fatio a publié, dans son article sur les Deux Omero
castillans (Rornania, t. XXV, p. 125-126), deux lettres
datées de 1442 et qui sont fort importantes. La première
est une invitation d'Alonso de Cartagena, évêque de Bur-
gos, à l'humaniste Decembri de Milan, pour l'engagera dé-
dier à Jean II de Castille sa Vie d'Homère et sa version la-
tine de V Iliade; la seconde est la réponse de Pietro Candido
accédant au désir de son correspondant. A quelle époque la
traduction du Milanais est-elle arrivée en Espagne ? Nous
ne pouvons pas indiquer de date précise, mais il est certain
que ce fut entre 1442 et 1446. Nous verrons tout à l'heure
pourquoi nous avons choisi la seconde de ces deux dates*
Le moment exact du retour de Nufio de Guzman dans sa
patrie ne nous est révélé par aucun document. Vespasiano
de Bisticci nous a donné 1439 comme date de l'arrivée de
Nufio en Toscane. Là, Guzman fit écrire par Giannozzo Ma-
netti un livre où ses voyages étaient racontés de manière à
fléchir la rigueur de son père, qui ne lui pardonnait pas son
escapade à travers le monde. Ce récit fut envoyé en Espagne,
et le maître de Calatrava qui, la Bible de Rabbi Arragel 1<3
prouve, devait être un esprit cultivé, pardonna à son fils et
lui envoya de l'argent pour négocier des faveurs en cour dé
453 mm.io'l ftÈQÙË Di; MARQUIS DÉ SANTILLANE
Rome avant son rétour. Tout cela, sans compter les copies
do livres qu'il fit faire, suppose un assez long séjour. Citons
maintenant le commencement de la lettre que 1(3 marquis de
Santillane écrivit à son fils Pedro Gonzalez, alors étudiant
à Salamanque : a Âlgunos libros é orâçiones lie resçibido,
(( por un pariente é amigo mio, este otro (lia, que nueva-
(( mente es venido de Italia, los qùales asy por Leonàrdo dé
(( Areçio, como por Pedro Caudino {sic), milanés, d'aquel
(( principe de los poetas Homero, é de la Historia Troyana,
(( que el compuso, a la quai Iliade intitulé, traduçidos del
(( griégo a la lengua latina, creo ser primero, segundo,
« terçero ô quarto, é parte del décimo libro... » (Cf. Los
Rios, Obras del Marqués, p. 481). Cette lettre n'est pas
datée, mais comme les biographes du futur cardinal nous
apprennent que Pedro Gonzalez étudia à Salamanque de
février 1446 à 1450 et qu'il y resta deux ans de plus, como
pretendiente, faisant des leçons publiques, il en résulte que
la lettre de son père n'a pas pu lui être écrite avant 1446
(Cf. Salazar de Mendoza, Crônica del Gran Cardenal ;
Alonso Nûnez de Castro, Historia de Guadalajara). Il est
donc probable que le pariente é amigo mio, que nuevamente
es venido de Italia dont le Marquis parle à son fils n'est
autre que Messere Nugno Gusmano, spagnuolo. (Cf. Me-
néndez y Pelayo, Antologia, t. V, p. lxxxii) . Les ren-
seignements nous manquent pour justifier l'expression de
pariente* dont se sert le Marquis. Peut-être s'agit-il ici
d'une parenté fort éloignée, et convient-il de se rappeler
que le marquis de Santillane était le neveu de Fernan
Perez de Guzman, seigneur de Batres.
. Une petite trouvaille est venue appuyer d'un fait nou-
veau nos hypothèses sur la date du retour de Nuno de
Guzman en Espagne. En parcourant, à Milan, les lettres de
Pietro Candido Decembri, dont un manuscrit de la Biblio-
thèque Ambrosienne nous a conservé les copies, nous avons
trouvé une lettre d'Alonso de Cartagena, évêque de Burgos,
à Pietro Candido Decembri, lettre écrite de Sasamôn, le
89 juillet 1446. Voici ce que l'évoque écrit à son corres-
pondant (Bibliôthj Ambrosienne, Milan, I, 235 inf.,
Fol. 86.') : ci Littere lue, uir disertissime, apud Mediolanum
déchna Jion;i octubris de anno quadragesimo quinto cons-
APPENDICE 1, NUNO DE GUZMAN '453
cripte ad manus meas, longo post exacto tcmpore, peruenc-
runt (fol. 86 v°), tardiusquo deûenissent, nisi familiaris
quidam meus ad inclytam urbem Corclubam, ut emeret
aliquos equos, de illis quos ginetos uocant, quibus.ciuitas
illa abundare solet, profectus fuisset; et in ciuitatem in-
gressus, cum hinc inde per diuersas eius partes uidendorum
equorum occasione deambulans, a nobili uiro Nunio de
Guzman uisus cognitusque fuisset, tradidit illi, ut ad me
reportaret, litteras tuas, breues lineis secl suauitate et
amicitie dulciore non modicum copiosas, unaque cum illis
librum declamationum tuarum quem ego letissimo animp
uidi et auidissima mente ex parte perlegi. » Ce passage est
fort curieux. L/évêque de Burgos remarque que les lettres
du 19 octobre 1445 lui sont parvenues fort tard. Il est pro-
bable qu'il ne les aura pas reçues avant 1446 et que même
il n'a pas dû les recevoir dans les premiers mois de Tannée,
puisque le ton de sa lettre, qui est d'ailleurs très longue,
permet de supposer qu'il n'aura pas tardé à répondre. Nous
venons de voir que Pedro Gonzalez de Mendoza se rendit à
Salamanque en février 1446. Il est par conséquent infini-
ment probable que Nuno de Guzman revint en Espagne
dans le courant de cette même année et qu'il est bien ce
pariante é ami go mio, que nuecamente es venido de Italia,
dont le marquis de Santillane parle à son fils, dans sa
célèbre lettre que nous croyons pouvoir désormais dater
de 1446.
En résumé, nous voyons en Nuno de Guzman un gentil-
homme lettré, qui renseignait le marquis cle Santillane et
qui lui prêtait obligeamment ses services. Il contribua ainsi
à former la bibliothèque de Guadalajara, où le nombre des
manuscrits italiens est si considérable. Ceci n'empècho pas
que Nuno n'ait eu quelques livres à lui, mais nous ne pensons
pas que les derniers mots, un peu vagues, de la notice de
Vespasiano de Bisticci suffisent à faire admettre l'existence
d'une bibliothèque pouvant rivaliser avec celle d'Ifiigo Lo-
pez de Mendoza. Ces explications nous semblaient néces-
saires pour indiquer les raisons qui nous ont fait classer les
trois volumes qui portent le nom de Nuno de Guzman dans
la Bibliothèque du marquis de Santillane.
Si nous n'avons pu fixer avec une certitude absolue la date
454 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
du retour d'Italie de Nufio de Guzman, nous pouvons du moins
affirmer qu'il se trouvait en Espagne après 1445. Ce renseigne-
ment nous est fourni par le manuscrit III-T-3 de la Biblio-
thèque de FEscurial, qui contient une traduction castillane
du De Ira de Sénèque, précédée d'une préface qui commence
ainsi: «Este libro escriuio fray Gonçalo, sufiçiente ortografo,
capellan de la muy generosa e non menos virtuosa seflora
dofia Ynes de Torres, muger de don Luys de Guzman de
preclarisima memoria, maestre de Calatraua, que dios aya e
acabose a ocho de otubre, aûo de mill e quatrocientos e
quarenta e cinco anos de la salutifera encarnaçion de nuestro
sefior ihu xpo e rredentor. E visto por mi Nufio de Guzman
el susodicho libro que asi el trasladador, que lo transfirio
de la lengua latina a la nuestra castellana, non bien con-
prehendiendo la intençion de tanto moral como Seneca,
prestantisymo varon, fue, como por la inperiçia e mas ver-
daderamente ygnorancia de los escriptores era tan corrupto
el texto que totalmente venia a ser de sentencia ayuno, e
allende desto otros muchos defectos que toda la moral
utilidat inpedian e ofuscauan, asi que todas estas cosas
yo, el suso memorado Nufio, bien esaminadolas, segunt
mas familiarmente e domestica antes de agora auia plati-
cado el tractado aqueste, en uno con otras muchas obras
del actor, dispuseme a lo coregir (1) ». Il résulte en effet de
cette déclaration que Nufio de Guzman a remanié une version
du De Ira, copiée par fray Gonzalo et que celui-ci avait
peut-être déjà retouchée lui-même. (Cf. Notice XVI, p. 128,
129.)
Des rapports entre Nufio de Guzman et Giannozzo Manetti
nous avons d'autres témoignages que celui de Vespasiano de
Bisticci. Mehus, dans sa Vie d1 Ambrogio Traoersari (2),
dit avoir lu une biographie manuscrite de Giannozzo Ma-
netti, due à un anonyme, où Ton parle de la dédicace de
trois de ses ouvrages à Luis de Guzman, maître de Cala-
1. Rodriguez de Castro, Bibliot. csp.y t. II, p. 44-45, a publié cette
pré lace en entier.
2. Mehus, Ambrosii Traversarii gencralis Cainaldulensium. . . latinae
epistolae... Accodit ciusdem Ambrosii vita... Florence, 1759, in-fol.,
p. lxxv.
APPENDICE 1. NUNO DE GUZMAN 455
trava : « In hac autem scribit auctor anonymus, ditMehus,
« Iannotium Manettum, tria opéra elucubrasse in honoren
(( Gusmani Equitis Hispani, quorum postremum de illustri-
a bus long aevis inscripsit. Quum itaque hos Iannotii Ma-
« netti libros de illustribus longaevis inter bibliothecarum
(( Florentinarum manuscriptos frustra quaererem, eosdem
(( reperi in codice membranaceo Vaticano-Urbinate (cod . 387)
(( in quolegitur: Liber Iannocii Manetti de illustribus Ion-
a gaevis, ad illustrissimum atque clarissimum D. D. Ludo-
« vicum Gusmanum insignem Calatraviae Provinciae ma-
(( gistrum. » En effet, la Bibliothèque Vaticane conserve un
luxueux manuscrit qui contient huit ouvrages de Giannozzo
Manetti parmi lesquels se trouve le De illustribus long aevis.
La préface de ce traité est pour nous très intéressante et
nous en citerons le début et la fin(l) :
(Cod.Urb. 387, fol. 41a). « Cum Nunnius, celsitudinis tue
filius, illustrissime princeps et clarissime domine, ex longa
quadam ejus peregrinatione tandem Florentiam in hanc
urbem applicuisset, atque paulo post siue humanitate sua,
siue similitudine morum, siue nonnulla precipua et singu-
lari de me opinione sese in familiaritatem meam ab initio
contulisset, factum est ut post solemnia illa que in primis
congressibus hominum haberi soient facile conueniremus,
atque inuicem instar amicorum diu multumque conuersare-
mur. Ex hac diutina inter nos conuersatione tanta et tam
magna utrimque uoluptate capiebamur, ut nulla fere dies
preteriret quin simul conuenientes eam totam uariis hinc
inde sermonibus jocundissime contereremus. Per hune igitur
modum una soli diutius conuersantes, in tantam amicitiam,
nam in dies augeri uidebatur, ad extremum usque processi-
mus, ut omnia non solum facta sed dicta etiam et cogitata
inter nos communia esse uiderentur. Quocirca cum de qui-
busdam peregrinationum suarum causis mecum primum
comm uni caret quid deinde sibi agendum esset, me ipsum
utpote iam familiarem et amicum familiariter amieeque
consuleret, forte euenit ut ex liac cum tam beniuola et tam
1. Nous devons la copie de ce document à l'obligeance de MM. Eu-
gène Déprez et Charles Samaran, anciens membres de l'École Française
de Rome.
456 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
arnica consultatione apologiam illam eius nomine ad te
perscriberemus, tibique per Rodericum (1) tabellarium, liis-
panum hominem, hinc in Hispaniam usque transmitteremus,
Quo quidem uix confeçto, impensius rogare atque iure ami-
cicie acriusmecum instare cepit, utaliquad ppus memoratu
(lipjmm tuonominidedicaremus. Quamobrem,cum ei utpote
familiari et ainico meo nihil denegandum esse censerem,
multa ac . uaria mente uoluebam quo sibi id petenti atque
summis precibus roganti facilius obsequi possem. Diu
itaque liée et huiusmodi mecum ipsi animaduer — (fol. 41b)
tenti non indignum fore uidebatur si d(^ il lus tri bus longeuis
preclara aliqua gloriosaque gesta tuo nomine memorie man-
daremus, at(jue ad te, tantum ac tam illustrerai principem <kt
in diuturna quadam humane uite felicitate diutius uersatum,
conscriberemus, atque hoc ideo libentius fecimus quod hu-
jusmodi preclara longeuorum gesta noua quedam laudibus
ac memoria digna atque perinde tibi non ingrata fore pu-
tabamus, quoniam a latinis omninopretermissa, agrecisuero
jejuneet exiliter percursa fuisse conspiciebamus. Unde, cum
de his ipsis rébus jampridem scribere cogitassemus, co-
gitataque litteris mandarecupissemus, inceptum opus uariis
hincinde fragmentis intercisum, rursus ab initio inchoaui-
mus atque intègre absoluimus tuoque nomini propterea
dedicauimus, cum ut minimo fîlio tuo, summis ut diximus
precibus id petenti et oranti in primis obsequeremur, tum
etiam quia hoc nostrum longeuorum opus claritati et glorie
tue uel maxime conuenire arbitramur. Sed hec hactenus
dixisse sufficiat...)) Voici en quels termes Giannozzo Manetti
recommande son livre à don Luis de Guzman et termine sa
préface : (Fol. 42 v°) : « Tu uero, illustrissime princeps et
clarissime domine, hoc nostrum quodcunque illustrium
longeuorum opus grate atque bénigne suscipias etiam atque
etiam rogamus ; nam etsi paruum quiddam censeri debeat
presertim si cum claritateet gloria tua compare tur, ab aninio
tamen tibi ob precipuas et admirabîles uirtutes tuas de-
ditissimo libentissime simul atque deuotissime mittitur.
Vale diu felix et una cum hoc paruulo meo ad te niunus-
culo me eius auctorem in seruorum tuorum numéro collo-
1. \rf'S|,;i^i;iiio de Bisticci l'appelle Rodcrico de Mires.
APPENDICE 1. NUNO DE GUZMAN 457
euro et connumerare digneris, quod ut facias maxime rogo
atque ôbseero, et si pro tuo singulari in omne genus homi-
num benignitate feceris, gratissimutn milii fecisse scias
uelim.))
Cette préface confirme tout ce qui clans la notice de Ves-
pasiano de Bisticci est relatif aux rapports de Nuno de
Guzman et de Giannozzo Manetti, et ce rapprochement
évoque l'idée que le libraire florentin a peut-être été celui
auquel l'humaniste et le gentilhomme espagnol se sont
adressés pour faire transcrire l'« apologie » qui devait va-
loir à Nuno le pardon de son père. Vespasiano de Bisticci
a écrit un petit livre intitulé : Commentario délia oita di
messer Giannozzo Manetti. Cet ouvrage, publié en 1862
dans la Collezione di opère inédite o rare, contient (p. 109),
une liste des œuvres de Manetti, dressée par Vespasiano,
où nous trouvons citée l'apologie de Nuno sous le titre
suivant : « Escusazione e giustificazione di mess. Niugno
Gusmano apresso di messer Lodovico suo paclre, del quale
aveva percluta la grazia : e questo libro lo restitui nella
grazia del padre. >) Cet ouvrage n'a encore été signalé nulle
part, mais il est probable qu'un jour ou l'autre, en Espagne
ou en Italie, on le retrouvera.
Nuno de Guzman, que Manetti avait en haute estime, ne
devait pas être moins lié avec Pietro Candido Decembri,
puisque celui-ci a traduit en italien, à son intention, le Ludus
de morte Claudii de Sénèque. On voit dans la dédicace du
Milanais, qu'il fait, comme Vespasiano et comme Giannozzo,
grand cas de l'intelligence et du savoir de son ami. Qui est
l'auteur de la version castillane dûJuego de Claudio étape-
radorf Nous pensons que ce pourrait bien être Nuno lui-
même, puisque déjà nous avons pu remarquer, en parlant de
la traduction du De Ira conservée à l'Escurial, que cet ama-
teur ne craignait pas de s'occuper personnellement de travaux
de ce genre. Le petit manuscrit qui contient la version de
Pietro Canclido Decembri a fait partie de la bibliothèque de
Don Pascual de Gayangos; il est maintenant à la Nationale
de Madrid où il porte la cote provisoire 108. En voici la ru-
brique et la préface : Comiença el prologo sobre el libro de
Aneo Seneca, philosofo i/lustrissimo, llamado el juego de
Claudio enperador, traduzido en vulgar de Pedro Can-
458 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
clido al esptlendiclo Nufio de Guzman, cauàllero yspano.
«[D]e tan ppcQs es conosçida la duçura sic) de los ^stu-
dios poetieos, Nuiio mio splendidissimo, que yo me mara-
uillo quasi [a] alguno sus obras ser en presçio antcs en vili-
pendio quasi de todos ser auidas, inorando que sea un
poeta sy non que del nonbre de aquel marauillandose non
lo tyenen nin piensan que sea sy non un nigromantico u
mas uerdaderamente adeuino de nueuas fabulas ser el poeta.
Donde siguio la opinion de aquellos que creyeron Virgilio
por amorser tyrado a las altas finiestras del palaçio de la
amada muger e despues por vengança auer apagado en tal
modo toda virtud del aeidental fuego que fuesse neçessario
a cada persona de la amorosa puerta ençender nueua forma
de lunbre(!) Las quales cosas son tanajenas delà verdat que
de oy mas a los ninos non que a los doctos deuen ser ma-
niflèstas. E quien es aquel tanto loco que créa la via o la
cueua napolitana ser fecha por encantamentos quando vea
la estruçion de las piedras, la inçisura del monte puesta
con tanto orden e nada syn mesura o medida de summos
artifices ser fecha, non tal quai los viles spirtos sujebtos a
las encantaçiones lo suelen fazer mas quai los gentiles cora-
çones de principes rromanos nasçidos fabricauan. E mas
ayna non conprebenda Virgilio por imitacion de Teoerito,
poeta siracusano, simile comparaçion auer traydo en sus
bocolicas (sic) quai de el eran en las suyas primeramente
puestas. Por tanto queriendo yo a ty conplazer en la tra-
duçion de la ohm, del juego de Claudio enperador, escripto
de Seneca, illustre filosofo, elegantissimamente, entre mi
començe a dubdar que en lugar de fabula non fuesse del
pueblo por verdat diuulgado, e mejor fuesse a sotraer la
materia del dezir [a] aquellos que suelen créer assi de facile
e non fuesse dicho por mi sentençia fabricados nueuos dioses
e nueua rreligion, assi como a Socrates otra vez fue objecto.
Despues, considerada la humanidat tuya (1) a quien yo siguia,
pense mas façilmente por ty ser la verdat trayda en luz,
ca nueua obscuridat [a] aquella poner quando tu en presen-
çia de tanto rrey e principe, con tantos illustres sefiores
1 . Cet éloge garde de la valeur, même si l'on considère qu'il est dé-
cerné par un humaniste désireux d être généreusement récompensé.
APPENDICE 1. NUNO DE GUZMAN 459
pratycando (1), masayna aquellos por lai similitud pudiesses
del error emendar, mostrando a essos ninguna otra cosa ser
el poeta ca un docto onbre, so fiçion corrigendo los errores
de otrie (sic), e cada uno a la virtud con plazible sermon
rreduziendo. Por tal rrazon, inclinado yo a ta querer, de
nueuo de latyn en vulgar lie traduzido el dicho juego de
Claudio a tu nombre, en el quai, si se pudiesse esprimir la
suauidad de los métros elegantissimamente del escriptos
como la prosa se traduze, de çierto auries obra digna de ti
e de tu nombre, e por la quai veries el ingenio del tu yspano
ser apto a todo verso e a toda prosa, nin otro auer escripto
trajedia en simile titulo quel dicho Seneca moral, bien que
una sola pretestada, e penultima entre todas las otras inser-
ta, por error de otrie, pongala su gloria en tan ta dubda (2). »
Nous croyons utile d'ajouter ici une remarque sur la lettre que
Tévêque de Burgos écrivit de Sasamôn, le 29 juillet, à Pietro
Candido Decembri. Les dates du manuscrit de Milan ne sont
pas toujours claires. Ainsi pour la lettre que nous citons on peut
hésiter entre 1446 et 1456. Pour nous il est hors de doute que c'est
bien 1446 qu'il faut lire. A défaut d'autres preuves il suffirait de
rappeler que l'évêque de Burgos mourut le 12 juillet 1456. (Cf. N.
Antonio, Bibliot. Vêtus, t. II, p. 265).
1. Ce passage semble indiquer que Nuno était de retour en Espagne
et qu'il séjournait à la cour au moment où Pietro Candido Decembri
lui adressait cette version.
2. A la suite de cette dédicace, on lit : Fenesçe el prologo. Comiença
el juego de Claudio enperador, escripto de Seneca, poeta e filosofo
illustrissimo e traduzido en vulgar ytaliano de Pedro Candido.
Fol. 4. Incipit : « [Q]ue cosa sea lécha en el çielo ante del dia terçio
de los dias de Octubre. . . ))
Fol. 27 v°. Explicit : « a Menandro su liberto lo dio, afyn que mas
allende non fuesse conosçido. » Ffenesçe el juego de Claudio.
APPENDICE 2
DIEGO DE BURGOS
Préface du « Triunfo dèl Marqués »
(Biblioth. Part, du roi Alphonse XIII, 2-F-5)
Fol. 23. Rubrique : Tratado quejîzo Diego de Burgos,
secretario del sehor Marques de Santillana, sobre la muertè
del dicho senor Marques. — Prologo, il)
Muchas rrazones ay, ilustre y muy generoso senor, por donde
yo syn ofensa de mi pudiera bien escusarme deste luengo aunque
a mi deleytoso trauajo, ca ténia para ello entre otras las escusas
que muchos suelen dezir, quando de algund arduo negoçio buscan
de se descargar, conuiene a saber : la dificultad e grandeza de la
materia, e labaxeza de engenio a quien el peso liuiano se fazemuy
graue ; allende destas que son de tanta eficaçia, otra que yo para
mi non e por de menos vigor esta es : que ninguna persona ténia
esperança de mi que yo un fecho tan grande osase enprender,
como la ynorançia mia a quinquera que de mi tenga notiçia sea
tan manifiestae cosa asaz conoçida, que, sy yo guardando sylençio,
no quisiera publicar mi rrudeza por escritura, ninguno justamente
me pudiera rreprehender, como el carpintero non deua ser yncre-
pado synon pinta bien un rretablo, por ser su ofiçio diferente de
aquel otro ; pues no menos era yo de auer por escusado sy la pré-
sente obra non començara como mucho mas sea ageno de mi el
eleuado e dulçe ofiçio de metrificar. Pero como quiera que las co-
sas dichas me pudieran rreleuar deste cargo, e a mi por ventura
fuera el mas sano consejo, no lo consyntio el ardiente amor e
afiçion syn medida que yo tuue a la virtud del senor de gloriosa
rrecordaçion, mi senor el Marques, vuestro noble progenitor, en
cuyo seruiçio los afios que yo despendi toue por bien enpleados,
1. Cotte dédicace que Diego de Burgos a mise en tête de son poème
intitulé El Triunfo dei Marques, <ist adressée au fils aîné du Marquis,
Le futur duc de L'Infantado.
APPENDICE 2. DIEGO DE BUKGOS 461
ca puesto que por sus grandes fechos e claras obras generalmente
touiese obligados a todos los que por vista o por fama auiari del
conoçimientô (1), mui mas deuian por luenga criança ebenefiçios,
e por su umanidad auia [sic), delibre como de obidiente sieruo to
rnallo nin temor de munchos (aunque munchos) rreprehensores,
me lo fizo escusar, antes para esta obra quanto mas menos sufi-
çiente me conoçia tanto en parte clemas era contento porque mas
pareçiese auerme a ello mouido por fe e deseo de pagar con
aquello a que basto, no por arrogançia ni presunçion de mi,
ni por esperança, que çelebrando e perpetuando su nonbre parte
de onrra paresçiese qu'esperaua alcançar, c si de lo tal por algund
estudio e continuation de trauajo, contra mi opynion, adquiriere lo
que por la natura me fue negado, e algund loor o fruto a el seguir
se podra, gran gloria le sera e a mi, sy dezir se puede, bien
soberano pues su virtuel paresçera auer fecho tan magnifico mila-
gro que a onbre asy como mudo aya fecho fablar. Mas como ante
mis ojos pongo, mui virtuoso senor, e de lo que puedo comienço a
consyderar sus virtudes, tantos caminos veo (fol. 24) por donde
comiençe e tantas cosas se me rrepresentan para escreuir que la
salida fallo mucho difiçile e me pareçe que sy loallas quisiese
entraria en la casa de [De]dalo, caeste es el que nuestras Espanas
a librado de la çiega ynorançia ylustrandola[s] por lunbre de cari-
dad verdadera, e trayendo a notiçia de todos el conosçimiento del
mayor bien que en la vida mortal se puecle buscar por los onbres
esta es la çiençia, en la quai quanta parte alcanço no solo los nues-
tros en esta rrigion de oçidente mas los muy rremotos e estranos
lo saben e aun no con pequena enbidia lo fablan, e antes del quantos
e quales se fallauan en estaprouinçia que, sy no los derechos cano-
nicos [ejlos çeuiles, otras leturas supiesen, por çiertos yo creo que
pocos ouo o no ninguno, ca la veja e gruesa costunbre ténia enla-
zados e obçegados en yerro los yntelectos de todos, e asy que deste
tan gran venefiçio no solamente nuestros prynçipes e los grandes
senorese aun los otros teniclos por letrados varoneseran en Espana
menguados mas tanuien todos los otros ornes de menor condi-
çion entre la multitud de los quales rrazonable cosa fuera que
alguno semejànte se ouiera fallado. Mas como el varon de alto yn-
genio viese por discursos de tienpos, desde Lucano e Seneca e Quin*
taliano e otros antiguos e sauios, rrobada e desierta su patria de
tanta rriqueza, doliendose dello, trauajo con grand diligençia por
sus propios estudios e destreza e con muchas e muy claras obras
1. mui mas deuian, etc. Tout ce p-issai^ a dû être mal lu par le co-
piste de manuscrit. 11 est incorrect et obscur.
462 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
conpuestas del mesmo, ygualarla e conpararla con la gloria de los
famosos onbres de Atenas o de academia e tanbien de Rromanos,
trayendo a ella grand copia de libros de todo genero de filosofia en
estas partes fasta entonçe non conoçidos, enseaando el por si a mu
chos e teniendo onbres muy sabios que a la letura de otros (24 v°)
anrouechasen, despues desto mostrando e declarando el seso e las
moralidades que las poeticas fiçiones en sus fablas tienen veladas,
dandoa conoçer el fruto que de la sabia eloquençia se puede seguir,
argumentando la delectaçion que se toma de las grandes e pele-
grinas estorias por las quales los animos generosos a grandes
fazanas e virtudes son ynçitados, e no menos trayendo a memoria
el proueymiento que délias se deue tomar para los ynfortunos casos
umanos, e dando en toda dotrina orden de documentos a todo es-
tado de onbres para fazerse muy enseuados. Asi que ya por su
causa nuestra Espana rresplandeçe de çençia, tanto que mui bien
le podrian dezir los éloquentes onbres de Ytalia, sy en algundgraue
negoçio le oy[e]ran, lo que Apolonio orador dixo en alabança de
Tulio el quai como en Rrodas ouies[e] llegado e alli a su rruego
Tulio fiziese en Griego una deelaraçion, porque Apolonio de
la lengua latina non era ensenado, loando mucho todos los que
alli eran présentes la fuerça e orrnato de su dezir estauan espe-
rando lo que Apolonio dezia, que con gran turbaçion non fablaua, e
desque pensoso con grande admiraçion ouo estado gran peça a la
fin dixo : yo te loo o Çiçero e de ti vengo en gran marauilla, tanto
que si yo fasta agora e callado a lo fecho un dolor e conpasion
grande ca e traydo a mi memoria como los tienpos pasados por
armas e gouernacion de rrepublica e por ynstituçiones domesticas
lo[s] griegos sobre toda naçion floreçian, en las quales cosas yan
los rromanos con marauillosa yndustria e virtud nos tienen ven-
taja;(fol. 25) una sola cosa (que) nos era quedada esta era la dotrina
e gloria de la eloquençia, por ti veo que nos es quitada (1) e a ellos
con gran loor traspasada asi que ninguna cosa egrejia nin singu-
lar ya queda çerca de nos. Pues si Apolonio asi se dolia que de los
griegos por yndustria de Tulio la eloquençia fuese a los rroma-
nos leuada, quanto mas con rrazon oy los de Ytalia se deuen doler
e quexar que por lunbre y ynjenio deste sefïor a ellos sea quitada
e traydaa nuestra Castilla e ya en ella a tanta gloria floresca que
notoriamente se conoscan sobrados. Ni basto esto al glorioso
Marques queaun de mui mayor quexa e sentimiento dio causa a
los que en la militar diçiplina e vellicoso exerçiçio alcançan fa-
tnoso rrenonbre e grandes preçes e titulos por las armas an aquis-
tado. Como mayor cleuan ser el premio e onrrade aquellos que dan
1. Le texte porte quedadU*
APPENDICE 2. DIEGO DE BURGOS 463
prinçipio a las cosas e sin enmienda las fazen que de los quense-
îiados por otros bien las ponen en obra; los otros el ofiçio por luen
gos tienpos visto e usado en su tierra por sus neçesidades sauen
fazer, este por virtud suya lo que mui mejor fizo que otro a muchos
fue causa e ynçetamiento que mucho bien lo fiziesen. El primero
que otro traxo a este rreyno muchos orrnamentos e ynsynias de
caualleria, muchos nueuos aparatos de guerra, e non se contento
con traerlos de fuera mas anadio e enmendo en ellos e ynuento por
si otras cosas que a toda persona eran gran marauilla e de que
muchos ffeçieron arreo; asy quen los fechos de armas ninguno en
nuestros (fol. 25 v°) tienpos es visto que tanto alcançase nin quen
las cosas que allos [sic) son conuinyentes touiese, en estas partes,
deseo tan grande de glorya e de fama, por donde los onbres son
mouidos a enprender qualesquier altos fechos, maduro e bien sano
consejo para bien ordenar e disponer las cosas, mui presto prouey-
miento a los casos de la fortuna e a las ynsidias de los enemigos,
esfuerço muy grande para atender los peligros e ardideza del ani-
mo, mayor que a gran senor conuenia, para los acometer dondel
tienpo lo demandaua; maniflçençia e umanidad con los caualleros
liberalidad en los dones e rrazon en la distrybuyçion de las presas,
gran çelarydad e presteza en las cosas que auia de fazer, conoçi-
miento muy çierto del tienpo e de los lugares e de las personas
con quien auia de contender, e lo que no es de oluidar una firme
costançia en los fechos ya començados, dexo el sus... e gran
coleraçion suya en los corporales trauajos, quando en las guerras
andouo, los quales non solo a onbre umano fueran grandes
de conportar, segund el los tomaua, mas aun a una presona ferrea
deuieran cansar, efinalmente de tantos e tan syngulares dones
touo guarnido su animo que paresçe bien claro quen muchas
cosas por [yn]dustrya sobro a la natura, nin me parece muy
neçesaryo trauajar en escreuir particularmente sus virtudes
e grandes fechos, ni de la gracia e dulçe conuersaçion suya con
los domesticos e familiares asy porque a todo linaje de gentes e a
toda persona estan manifiesto [s] como por que luengo tienpo a ello
nonbastaria, nyn menos que sus cosas con las de algunos antiguos
famosos sean de conparar pues fueron sin duda taies que vençen
todos los loores del antiguedad que puesto calgunos fallasemos
mayores en la fortuna pero non (fol. 26) yguales en la virtud. Pues
quyen bastarya a loal (sic) dignamente aquel que tantos bienes fizo
a su patrya, porque çierto creo que pocos osasen tomar tal enpresa
deuo yo pues, muy virtuoso senor, consejando a mi ynorançia pasar
so sylençio a que yo non basto e del por otro abundantisimamente
dezir se prodrya, e veniendo a la conclusion solamente dire la ma-
4G4 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUÉS DÉ SANTlLLANÈ
rauillosa sefiale clara vision que dé su muèrte me fue démos trada,
la quai, como quiera que rredicula o fabulosa parezca, enpero en
este logar no pienso ser de callar, ea yo fablo sefior verdad, ansy lo
afirmo por jurainento, questando yo en Burgos, al tienpo de su
pasamierito, una hoche antès o despues o por ventura la mesma de
aquel diaen quel sefior de bienauenturada memorya ouo el primero
sentimiento de la enfermedad suya a mi pareçia en suenos ver a
vuestra merçed cubierto de paiïos de luto fasta los pies, en la cabeca
un grand capirote de la mesma manera, firmando vuestra mano
en unas cartas sol preminente e ynsygne titulo suyo de la quai (sic)
oy vuestra manirica persona es decorada e nobleçida. La quai vision
claramente daua a [e]ntender, a quien a los sueûos alguna le diera,
su gloryosa partida e vuestra mui dina e légitima suçeçion, e quise
en este tal suefio o visyon fazer el pryncipio a la présente obra>
no porque por ventura otro mas dulçe e mas aparente fallar no
se pudiera mas por euitar en algo la eostunbre e orden de los
poetas los quales en sus fiçiones su estorya o caso verdadero se
suelen fundar, e como a la memorya me (fol. 26 v°) ocurriese a
quyen deuia esta tal obra yntitular pareçiome que a vuestra se-
noria antes que a otra persona era rrazon de se diligir (sic) asy
por vos, muy umano sefior, auer quedado prynçipal e mayor en la
casa del ya nonbrado senor, como por la syngular prudençia vuestra
e çientifico conoçimiento en las semejantes.Jeturas, lo quai pareçe
que como eryditarya e diuida suçesion, allende otras muchas vir-
tudes, vos dexo vinculado con el mayorado ; e aun demas desto
porque vos senor, comoya dicho es, fuistes pryncipio e fundamiento
deste trauajo auiendo seydo a mi como denunçiador por tan clara
manera del fin suyo que (era) por la prouidençia diuina estaua
ordenado. Rreçibala pues vuestra merçed, con aquella voluntad
e amor que se fizo e ofresço, no mirando sus yerros que muchos con-
tiene, nin su enojosa prolixidacl la quai non dudo vos trayr a fastidfi Jo,
como ya non paresca breue dezir segun la moderna eostunbre mas
un medianotratado,pero nonpu(e)de despues de començada menos
l'azer ca fablo la boca del abundançia del coraçon ; e pareçe que
pu[e]do dezir que acaesçio a mi con ella lo que a los que nueuamente
quieren edificar algunas moradas que ante que las comiençen
piensan con determinada suma de dineros conplirlo que quieren e
despues de metidos en la lauor aquella e otra tanta non basta e
an de pasar allende mucho de \o que pensaron, mas auiendo sola-
mente rrespeto que quien todas cosas pôspuso asy lo fiziera sy
mas de arriba (fol. 27) le fuera otorgado, rreputando por obra la
feque solàen este trauajo me fue conpafièra. Vala e prospère vues-
tra merçed como alla desea. — Keneçe el proemio.
APPENDICE 3
INIGO LOPEZ DE MENDOZA, QUATRIÈME DUC
DE L'INFANTADO
Préface du « Mémorial de Cosas notables »
Prologo de Don Ynigo Lopez de Mendoça, Duque quarto del
Infantddo, a Don Diego Hurtado de Mendoea, Marques
del Cenete, hijo suyo, sobre el libro intitulado « Mémorial de
cosas notables)) (1).
No es liuiana carga, Marques muy amado hijo, la que al nombre
bien inclinado ponen los exercicios virtuosos de sus antepassados :
especialmente de los que, no contentos con la comun medida de
sus yguales, quisieron senalarse mas que ellos. En tiempo de
nuestros mayores, quando nuestranacion ténia la guerra continua
en casa, contra valientes y rezios aduersarios, enemigos nuestros y
de nuestra religion, el exercicio de los liombres deestado era solo
el de las armas. En este por la mayor parte se venia a rematar
, todo el valor y estimacion de sus personas. Este les parescia que
bastaua para seruir a Dios y a su rey, socorrer su patria, y ga-
nar honrra para si y para sus descendientes los quales procura-
. uan de no quedar atras en aquel mismo menester. Mas los que
en aquel tiempo uuo, que fueron muy pocos, que se estendieron a
juntar con el exercicio de las armas el estudio de buenas letras,
estos por cierto, corao ganaron para si honrra y reputacion do-
blada, assi doblaron la obligacion a sus successores para procu-
rar por ambas vias de igualar el lustre y resplandor de fama que
les dexaron. Entre estos pocos me paresce a mi que se pueden
contar de nuestros passados sefiores desta casa tanto y mas nu-
méro que de otra ninguna de los principales deste Reyno : sino
que la fama de todos, se la lleuo toda y con mucha razon, solo
uno, que fue el Marques Don Inigo Lopez de Mendoça vuestro
aguelo : porque no contento con leer y entender muy bien obras
y escripturas agenas, estendio su ingenio a hazer y componer
1. « Impresso en Guadalajara por Pedro de Robles y Francisco de
Cormelias, ano de MDLXIVf. » Gallardo, Ensaijo, n° 2770 ne donne que
le commencement de cette préface.
30
466 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANK
algunas proprias que con loor suyo y prouecho comun leen nues
tros naturales. Muestrase este exercicio de letras de nuestros pas-
sados, no solo por relaeiones antiguas que de sus personas ay, sino
tambien, por la gran copia de libros, curiosamente escriptos, que
en esta casa dexaron como apropriados y quasi vinculados al
sefior délia; los quales en aquel tiempo, faltando estanueuay
admirable inuencion de los moldes, no se pudieron juntar sin
gran cuydado y no pequeiia costa ; especialmente las interpreta-
ciones o translaciones de muchas obras que de una lengua en
otra por su mandado se traduzian por varones senalados a quien
largamente se remuneraua su trabajo. Estos libros dexaron ellos
por bastantes testigos de sus estudios y por continuos desperta-
dores de sus descendientes para que en la misma ocupacion se
empleassen. Y estos son los que mucho tiempo ha despertaron mi
memoria para no oluidar la obligacion, que, como he dicho, tene-
mos todos de imitar en esto la virtud de nuestros mayores. Por
donde me puse en trabajo, de reboluerlos con atencion y cuydado,
y mucha parte del tiempo, que comunmente se suele dar a recrea-
ciones y passatiempos. gastar lo en su conuersacion y lectura. De
la quai, porque no fuesse del todo infructuosa, procuraua siempre
sacar a parte, algunas cosas de las mas notables poniendo las en
mi estilo, qualquier que el sea, para socorro de mi memoria
quando me hallesse lexos de los originales. Y comoquier que este
fue al principio mi intento, pero despues viendo que la escriptura
excedia de particular mémorial y llegaua al tamano de libro no me
ha pesado del excesso assi por dexar en mi casa el talento de los
libros que rescebi acrescentado, como por poderos dexar a vos este
libro por prenda de amor y por significacion del desseo que he te-
nido y tengo de veros assi mismo occupar algunos ratos, en lecion
de buenos libros. Y porque de la obra digamos algo ella es una sum-
ma o compendio, de lo que discurriendo por tanta diuersidad de
auctores, me parescio digno de notar, y sacar a parte, como he
dicho. En los quales, no dubdo que otras muchas notas de mas
substancia deuen quedar, mas donde ay mucho que tomar, cadauno
escoge conforme a su gusto : y assi escogi yo conforme al mio. Pa-
rescio me intitular le « Mémorial de cosas notables » : porque a fin
de conseruar las en la memoria, serecopilo. Y porque no ay cosa
que tanto a la memoria ayude como la orden, procure guardar
alguna : a lo menos en la disposicion de los capitulos : que es la de
los tiempos : poniendo por la mayor parte, lo mas antiguo primero
y haziendo comunmente, un capitulo de Reynos estraîïos, o repu-
blicasy tras cl luego, otro de cosas romanas : mudandolos, uno de
la una suerte, y otro de la otra : a manera de los paralellos de Plu-
APPENDICE 3. INIGO LOPEZ DE MENDOZA 467
tarcho: dexando la respondencia y comparacion que el haze, de
un capitulo aotro. Y si os paresciere que esta orden de guardar la
antiguedad, se quiebra en algunos capitulos a lo menos en los
postreros, entended que no haze : porque el capitulo que parti-
cipa de mas de un tiempo, o que no tienetiempo seîïalado, paresce
que ay licencia, para ponelle hombre en la parte donde cayere
mejor. Va puesto el auctor que cuenta todo el capitulo al prin
cipio del, y todos los que le siguen o dizen la mayor parte, tam-
poco se pone mas del lugar donde lo traen. Y los que hazenalguna
différencia, ocuentan alguna paticularidad de las del capitulo, van
sefialados por letras : apuntando los lugares donde lo tratan : para
que se vea, no solo de donde se tomo lo que en el se dize, sino
tambien se entienda quien son, los escriptore&quedeotra manera
lo cuentan. Por donde si quisiere estar un poco atento el que lo
leyere, hallara que esta bien. Y quando desta obra otro fructo no
se sacasse, sino saber que auctores son, los que decadaunade
tantas y tan diuersas materias escriuen, y donde lo escriuen, no
fuera inutil el trabajo, que enello se ha tomado. Y si algun capi-
tulo de los que aqui estan, paresciere al que le leyere que diffiere
en algo del latin, vaya a los libros de Toscano donde tambien
se cuenta y hallara que lo dize assi. A los quales he seguido en
algunas cosas, por parescerme que lo dizen bien, y junto con esto
por créer, que los Ytalianos que traduxeron del latin, deuieran
tener mejores originales que nosotros, aunque no dexamos de
seguir el Latin, las mas vezes. Rescebid pues, muy amado hijos
este don de vuestro padre, que por ser de letras es en sus ojos
mas precioso que si fuera de los que de oro y de plata mucho se
estiman, y procurad no solo de leer le, sino de anadirle lo que
vos leyendo en otros libros notaredes. Y lo mismo preciaria yo
mucho que hiziessen los que de vos succederan en esta casa, que
para todos aura recaudo segun la multitud de libros que os que-
dan, y segun los que cada dia de nueuo salen a luz. Y tened creydo^
que para ningun genero de gente, haze tanto al proposito la lectura
de buenos libros, como para las personas de vuestra manera que
pocas vezes hallan quien fielmente les diga las verdades como los
libros, que se llaman maestros mudos, se las ensenan. Estos os
mostraran a regiros bien a vos y a vuestros subditos, y gênerai-
mente a lleuar el curso de la vida derecho y bien guiado de
manera que cumplays con la obligacion que a Dios y al mundo
tienen los hombres de vuestro estado : especialmente a quien Dios
ha hecho tan largas mercedes como vos de su mano aueys resce-
bido y espero en el que rescebireys.
APPENDICE 4
VERS LATINS RELATIFS A LA MORT
DU MARQUIS DE SANTILLANE
(Biblioth. Ambrosienne, Milan, D-112, inf., fol. 162)
P. Candide Eulogium in Enichum Hispanum, cognomine Lupum.
Si lacrimas Virtus et Honos effundere possent,
Enice, seque tuis addere funeribus,
Fata, Lupe, pariter teque impia mortis imago
Deficerent, tantis uicta deum precibus.
Sancte Juliane clarissime marchio, dignus
Eterna laude perpetuoque die,
Saldagne dominus, Vegueque, Fite(l), Leuanteque(2)
Buitragi et multis amplior in titalis.
Mendocie per te fulget domus inclita, per te,
Regalide cornes, regia celsa fait.
Tu sacre auxilium fidei Christoque tulisti
Et te barbarice pertimuere nianus.
Tu decus armorum latiis coniungere musis
Hesperie proceres, doctus utrumque, iubes.
Nobilitas aule regni tibi paruitomnis,
Mota tuis meritis eloquioque pio.
Félix illustri consorte et proie uicissim
Exemplum laudis que dédit ipsa suum.
(Biblioth. Ambrosienne, Milan, D-112, inf., foi. 162 v°)
Epitaphlum Enlci Lupi per Thomam Reatinum^)
Enicus hoc Lupus est sub marmore, nobile germen
Mendocie, Martis Pieridumqué decus,
1. Fite, lisez Ilite (Hita).
2. Lievane? (Licvana).
•>» Thomas de Rieti, courtisan de François Sforza»
APPENDICE 4. VERS LATINS 469
Hic dux Ilispano plures sub rege triumphos
Retulit hostiles depopulatus opes,
Precipue Christi dum sacra fidemque tuetur
(1) Indomita fregit barbara castra manu.
Primus conspicue facta inter florida uite
Extulit antiquos, marchio factus, auos.
Quid mors seua igitur, quid fata atrocia possint
Ex tam lugendo funere nosse potes (2)!
1. Fol. 163.
2. Nous devons la communication de ces deux pièces latines à l'obli-
geance de M. le professeur Novati.
TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈBES
ET DES
NOMS DE PERSONNES
Abades (Lamberdo de los ;
v. Abadi.
Abadi (Lamberto degli), 172,
173.
Abrégé de V Enéide \ v. Virgile.
Abrégé de Trogue Pompée ;
v. Justin.
Abrégé des trois premières dé-
cades de Tite-Live; v. Tite-
Live.
Acerba\ v, Ascoli.
Acuna ( Alonso Carillo de), xlii.
Aeneas Sylvius: v. Piccolomini.
Aguayo (Alberto de), 185, 186.
Aguilô y Fuster (Mariano), 130,
181, 404.
Alabanças de Espafta ; v Za-
mora.
Albanzani (Donato degli), 320.
Albe (comte d') ; v. Alvarez de
Toledo (Fernando).
Alcibiade, 18.
Aleman (Fadrique), 313.
Aleman (Leonardo), 100.
Alexandre (Libro de) ; v. Ber-
ceo.
Alexandri (Alexandro degli),
356.
Alfarabi, 444.
Algezira(Alfonso de), traducteur
des Postilles de Nicolas de
Lire à la prière d'Alfonso de
Guzmam seigneur de Lepe et
Ayamonte, 216, 218, 219, 221,
222, 223, 224, 225.
Alighieri ; v. Dante.
Alighieri (Pietro), son commen-
taire à la d. c, traduit en cas-
tillan 303-304, 317, 318, 319.
Almela (Alonso de), 126, 127.
Almonazid (Fray Joseph de),
44.
Alphonse X (Roi de Castille) ;
v. Alphonse le Savant.
Alphonse le Savant, Primera
Cronica General, en castil-
lan, 8, 391-392, 392-393, 395-
396, 396, 397, 415 ; — Espe-
culo, en castillan, 226, 229,
230, 414, 415 ; — Grande y
General Historia, en castil-
lan 393, 397-398, 415 ; —
Fuero de las leyes, en castil-
lan, 413.
Alphonse XI (Roi de Castille),
263.
Alphonse V (Roi d'Aragon),
xxx, xxxv, XLI, xlv, l, 37,
127.
Alvarez Osorio(Per), 316.
Alvarez de Toledo (Alfonso),
193.
Alvarez de Toledo (Fernando,
comte d'Albe), xxvi, xlii,
xlvi, lxxviii ; — Version cas-
tillane du De bello ytalico
472
1UBLIOTI1KQUK Dl MARQUIS DR SANTILLANE
adver8us Gothos cje Leonardo
Bruni à lui dédiée, 358.
Ambroise ; v. Saint Ambroise.
Amer (Miguel Victoriano), 348.
Ametller fJoseph), 269.
Av.iiciiïa (J)e) ; v. Cicéron.
Amoros (Caries), 309.
Andrinopoli ; v. Tudernopoli.
Anianus, traducteur des vingt-
cinq premières homélies de
saint Jean Chrysôstome sur
l'évangile de saint Matthieu
51.
Animalibus (De) ; v. Aristote.
Anrriques (Johan), 248.
Antequera (El de) -, v. Fernand
de Castille.
Antiquitates juclaicae ; v. Fla-
vius Josèphe.
Antonio (Nicolas) ; v. Antonio-
Bayer.
Antonio-Bayer, xv, — 44, 48,
83, 115, 116, 134, 169, 171,
183, 193, 211, 238, 348, 349,
351, 379, 425, 444, 459.
Aphrodisias (Alexandre d'), 444.
AttoxoXoxuvToxnç ; v. Ludus de
morte Claudii.
Aragon (Carlos d') ; v. Viane.
Aragon (Éléonore d'), 155.
Aragon (Enrique de); v. Vi-
llena.
Aragon (Jacme d'), 133.
Arbre des batailles ; v. Bonnet.
Archidamus, 17.
Archilibelli (Giglio degli) ; v. Ti -
fernas.
Arenga propuesia en latin antel
muy y lustre principe don
Alonso rey de Porto y al ;
v. Auvergne.
Aretino (Leonardo); v. Bruni.
Aretino (Pietro , 348.
Arezzo (Leonardo Bruni <T) \
v. Bruni.
Argelati (Filippo), 61, 151.
Argotede Molina, Lxxyi.
Aristote, 84, 174, 444. — Morale
à Nicomaque, en italien, 30 ;
— Éthique, en italien, 30, 31 ;
— Éthique, en castillan, 31 ;
— Economique, en castil-
lan, 31 ; — Maximes, en la-
tin, 32; — De animalibus, en
castillan, 34-36 :
Aristoteles; v. Aristote.
A rmannino Giudice, La Fiorita,
en italien, 352-354.
Arragel (Rabbi), 451.
Arte de cavalier ia (El) ; v. Stra-
tegematon.
Artes (Père d'), 425.
Ascoli (Cecco d'), LAcerba, en
italien, 355.
Athénagore, 18.
Attende tibi ipsi ; v. Saint- Ba-
sile
Augustin ; v. Saint Augustin.
Auvergne (Juan Jufre de), Ha
rang ue au roi de Portugal, en
castillan, 68, 75.
Auvray (Lucien), 318.
Avalos (Inigo d'), 37.
Avalos (Ruy Lopez de), Lettre
au traducteur castillan de
Boèce avec la réponse de ce-
lui-ci 177-179, 184,
Avila (Martin d'), lxxxiv ; —
Traducteur d'une haranguela-
tine de l'ambassadeur des
ducs de Bourgogne au roi
Alphonse de Portugal, 75; —
Traducteur pour le marquis de
Santillane de la Comparât ione
di Caiolulio Cesare impera-
dore et d' ' Alexandro magno
TABLE DES MATIÈRES
473
re di Macedoriia de Pietro
Candido Deeembri 360.
Axiocus ; v. Platon.
Avala (Diego Lopez de), 350.
Ayala (Juan de), 359.
Ayala (Pero Lopez de), xxv, —
Traduction de la version fran-
çaise de Tite-Live faite par
Pierre Berçuire, 96-98; — Tra-
duction castillane de B.oè-
ce, 177, 184 ; — Traduction
castillane du commentaire de
Saint Grégoire sur le livre de
Job, 190-193; — Version
castillane de YHistoria tro-
jana de Guido délie Co-
lonne, 266; — Traduction cas-
tillane du De casibus virorum
illustrîum de Boccace, 345,
346 ; — Cronica ciel rey don
Pedro, en castillan, 402, 402-
404.
Bade (Josse), 86.
Baist (Gottfried), 263, 317, 387.
Balaguer y Merino (Andrés),
125.
Balenchana (José Antonio de),
70, 71,230.
Bandini, 21, 50, 53, 144,151.
Baracchi (Thommaso), 172.
Barcia(Angel Maria de), lvii.
Barreda (Juan), 193.
Barrientos (Lopede), 448.
Barth, 197.
Barthole, lxvi. — De insignïïs
et armis en castillan 226-227,
230, 233.
Bartoli (Adolfo), 449.
Bartolomeus, 208.
Bartsch (Karl), 189.
Basilea(Fadrique de), 425.
Basile ; v. Saint-Basile.
Batines (Colomb de), 284,318.
Patres (Fernan Perez de Guz
man. seigneur de); v. Guz-
man.
Baudri de Bourgueil, Historia
hievosolymitana, en latin, 196-
197.
Bayer; v. Antonio-Bayer
Beata vita (De); v. Sénèque.
Beata vita (De) ; v. Saint Au-
gustin.
Béer (Rudolf), 266, 349.
Belle dame sans merci (La) ; v.
Chartier.
Belleza que debe aber el caballo
(De la) en castillan 226,
230.
Benavente (Alfonso Pimentel,
troisième comte de), xlii ;
— sa lettre à Alvaro de Luna
et à l'archevêque de Tolède,
68,76-77. — Version de Y His-
toria trojana faite pour lui
par Pedro de Chinchilla, 266.
Benavente (Maria Josefa Pi-
mentel, douzième comtesse
de), xiv.
Benavente (Rodrigo Alfonso,
deuxième comte de), son
Abrégé des trois premières
décades de Tite-Live fait sur
la version Berçuire-Ayala),
98-100.
Benzi (Ugo), 362.
Berceo (Gonzalo de), lxxiv,
lxxxii ; — ■ Libro de Alexan-
dre, en castillan, 386-387.
Berçuire (Pierre), xci ; — La
version castillane de sa tra-
duction française de Tite-
Live, 96-98 ; — Morales de
Ovidio 84-88, 424, traduction
castillane du livre xv du Re-
ductorium, 84-88, 424.
474
BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Herser (Samuel), 239, 244, 245,
393, 398.
Bernard; v. Saint Bernard.
Bernard Gui, Cathalogm ponti-
ficum, en latin, 212 ; — Ca-
thalogm brevis, en latin, 212-
213 ; — De articulis fidei ca-
tholice, en latin, 213 ; — De
origine prima francorum ,
en latin, 213; — Comités tho-
losani, en latin, 213 ; —
Imperatores romani, en latin,
213.
Bernardus, scribe, 419.
Berthelot(Marcellin), 447.
Bessarion (Cardinal), lxxxv;
— Traduit de grec en latin
l'homélie de saint Basile :
Attende tibi ipsi 68, 71-72 ;
— Dédie au roi Jean II de
Castille sa version latine de
l'homélie de saint Basile :
Attende tibi ipsi 78, 81-82.
Bias, lxxvii.
Biate (Jacobo da), 37.
Bible (La), en latin, 235-236 ;
— Concordance de la Bible,
en latin, 237 ; — Bible mora-
lisée, avec les préfaces de
saint Jérôme, en latin et en
castillan, 240-246; — Les
saints Évangiles et les épitres
de saint Paul, en castillan,
237-239 ; — Prophéties de
l'Ancien Testament, avec les
préfaces de saint Jérôme, en
castillan, 239-240.
Bible moralisée ; v. Bible.
Binet, relieur, xiu.
Bisticci (Vespasiano de), lxiii,
lxvii, lxxxvii, lxxxviii; —
449, 450, 451, 453, 454,
457.
I loccace, lxvih, lxxv, 107,
174; Fiammetta, en italien,
327 ; en catalan, 347; en cas-
tillan, 347 ; — Philostrato;
en italien, 328 ; — Vit a Dan-
tis, en italien, 329; Tesei
de, en italien, 332 ; — Filo-
colo, en italien, 332-333 ; les
Questioni d'amore tirées du
Filocolo, en castillan, 349; —
Ninfa le d A n i et o , e n ca s t i 1 1 an ,
333, 351 ; — De Genealogia
Deorum, en castillan, 333-334
extrait, 334-339; 345; — Li-
ber de montibus, en castillan,
340, 342, 345 ; — De casibus
virorum illustrium, en castil-
lan, 345; — Traducteurs et
traductions de Boccace en
Espagne, 345-351; — De Cla-
ris mulieribus, en castillan,
346 ; — Décaméron, en cata-
lan, 348 ; en castillan, 348; —
Corbaccio en italien, 328-329;
en castillan 348, 350.
Boèce, xxi ; — De consolatione,
en italien, 174- 176; en castil-
lan, 176-179; — Traducteurs
et traductions de Boèce en
Espagne 180-186; — Une
maxime en latin et en castil-
lan, 376.
Bofarull (Antonio de), 381.
Bofarull (Francisco de), 155.
Bofarull (Manuel de), 269.
Bofarull (Prospero de), 181.
Bonacorso da Montemagno (ju-
nior), lxxxv; —De nobili-
tate, traduit en italien par An-
gelo Decembri pour le marquis
de Santillane, et traduit d'ita-
lien en castillan par le prince
de Viane, 112, 114-115, 117-
TABLE DES MATIÈRES
475
118 ; — Orazioni, en italien ;
v. Porcari.
Bongars, 197.
Boniface VIII (Pape) 389.
Bonilla y San Martin (Adolfo),
15.
Bonnet(Honoré), liii,lviii, lxii,
lxvii, lxxxix ; — Arbre des
batailles, en français, 373-
374; extraits de L'Arbre des
batailles, en castillan, 226,
228-229; traduction castillane,
374-378, 378, 379; version
catalane, 379; traducteurs et
traductions de L'Arbre des
batailles en Espagne, 379.
Bonsornsy Cart (Isidro), 348.
Borbon ; v. Bourbon.
Borsa (Mario), 66.
Bottari (Giovanni), 106, 107,
109.
Bourbon (Gabriel de), sa ver-
sion castillane de Salluste et
son opinion sur les traduc-
teurs qui l'ont précédé, 79-
80.
Bourland (Carolina), 349.
Braga (Martin de); v. Saint
Martin.
Brasidas, 17, 18.
Brève copilacion ; v. Sénèque,
Breviari d'amor; v. Ermen-
gaud.
Brocar(Guillen), 80.
Brunet (Jacques-Charles), 131,
208.
Bruni (Leonardo), l, lxxxv ;
— Sa version latine des Dia-
logues de Platon sert de texte
au traducteur castillan Pedro
Diaz deToledo, 9, 341;— De
militia, en castillan, 112-114,
115, 116, 361-362, 363; —
Confusion entre lui et Pietro
Aretino, 348 ; —De bello ita-
lico aclcersus Gothos, en la-
tin, 357; en castillan, 357-359;
— Vida de Dante, en castil-
lan, 359; —Vida de Petrarca
en castillan, 359-360; —Vida
de Aristotiles^ en castil-
lan 359 ; — Lettres, en cas-
tillan, 361, 362; 449.
Bueno (Juan) ; v. Giamboni.
Buonaventuri (Tommaso), 106,
107, 109.
Burgos (Andres de), 349.
Burgos (Diego de), xlix,lvi, lx,
lxi, lxxvi ; — 308 ; Préface
du Triunfo del Marqués
460-464.
Burgos (Juan de), 80.
Burley (Walter), xc, 316.
Bustamante (Jorge de), 94.
Byrcman (Arnold), 100, 101.
Caballero de Dios ; v. Libro
del.
Cadier (Léon), 110.
Cadira de honor (La); v. Pa-
drôn.
Calixte III (Pape), 51, 53.
Câmara (Juan Rodriguez de la);
v. Padrôn.
Cambiador(Lo);Y. Sant Jordi.
Cambiatore (Tommaso), 362.
Canals ( Antoni), 125. — Traduc-
teur des Memorabilia de Va-
lère Maxime en valencien
pour don Jacme d'Aragon et
en castillan à la prière de
Jean I, roi de Castille 133-134,
140.
Canzoni délia VitaNuova;y.
Dante.
476
BIRLIOTIIKQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
( 'anzonicre ; v . Dante.
Cardenois ; v. Roman de
Liesse et Cardenois.
Oarrara (Francesco da), 321.
Carretero (Alaym) ; v. Char-
tier.
Carta de Sancho de Torres a
Fernando de la Torre ; v
Torre et Torres.
Cartagena (Alonso de), xlviii.
lxii, lxvi, lxxxv; — Engage
Pietro Candido Decembri à
dédier à Jean II de Castille
sa version de Y Iliade 2-3.
451 ; — A-t-il traduit en
castillan le traité de Leonardo
Bruni sur la chevalerie ?
114 ; — Ses traductions de
Sénèque, 126-127, 129, 130,
131 ; — Auteur et traduc-
teur d'un recueil de dits de Sé-
nèque intitulé Brève copila-
cion ; v . Sénèque ; — Extraits
de Quinte-Curce dont la ver-
sion castillane est attribuée à
l'évêque de Burgos, 149; —
Achève, avec l'aide de Juan
Alfonse de Zamora, la version
castillane du De easibus vi-
roriun illustrium de Boccace,
commencée par Pero Lopez
de Ayala, 346; — 363 ; — Sa
lettre à Pietro Candido De
cembri où il nomme Nuno de
de Guzman, 452-453, 459.
Cartas de Mossen Diego de Va-
lera ; v. Valera.
Cascales, 427.
Caserte (Comte de) ; v. Sigi-
nulfo.
( îassien (Jean), Collationes pa-
trun, en catalan, 160-161.
Cassola (Jacopo), 151.
( îastafle la (comte de), xl.
( 'astaûeda (( îomtesse de), 313.
Castaneda (Gabriel de), 149.
( îastillo (Jean deD, 4 13.
('astilnovo (Commandeur de);
v. Toledo.
Castro Alonso Winez de), 452.
(Castro (Pedro de), 349
Castro (Rodrigue/ de), 125, 127,
128, 129, 130, 149, 237, 239,
454.
Catalina Garcia (Juan), lxxxiv,
LXXXVIII, 191.
Cathalorjufi h revis; v. Bernard
Gui. '
Cathalogus pontificum ;v . Ber-
nard Gui.
Catherine (Reine de Castille),
XXVIII.
Catherine (Infante de Castille),
XXIX.
Caton, 84.
Cean Bermudez, lvi.
Cenete (Diego Hurtado de Men-
doga, marquis del), 465.
Cent noms deDeu (Els) ; v. Lull.
Cercla (Francisco) 185.
Cérémonial de principes; v. Va-
lera.
Ceruti (Antonio), 324.
Cervantes (Miguel de), 349.
César, Commentarii de bello
Gallico, en castillan, 65-67.
Chanson ; v. Pardo.
Charisi (Jehuda), 444.
Charles III (Roi de Navarre),
XXIX, XXX.
Chartier (Alain), lxxii,lxxiii; —
Le débat de réveille- matin, en
français, 371 ; — La belle
dame sans merci, en français,
371, 372 ; — Le débat des
deux fortunés d'amour, en
TABLE DES MATIERES
477
français, 371 ; — Lettres en-
voyées par les dames à Alain,
en français, 371, 372; — Re-
quête baillée aux dames contre
Alain, en français, 371, 372;
— Uexcusation d'Alain aux
dames, en français. 371, 372 ;
— Le Quadrilogue invectif,
en castillan, 372.
Châtelain (Emile), ix.
Chaves (Baltazar de), 270.
Chinchilla (Pedro de), sa version
castillane de ïHistoria troja-
na de Guido délie Colonne,
266; — Extrait, 267-268.
Chirurgia magna et parva ;
v. Lanfranc.
Chrétien de Troies, 87.
Chronique Générale ; v. Al-
phonse le Savant.
Chronique de Heredia ; v. He-
redia.
Chronique universelle ; v. Eu-
sèbe.
Chroniques générales et parti-
culières d'Espagne, 390-412.
Chrysostome ; v. Saint Jean-
Chrysostome.
Cicéron(Q.). De petitione con-
sulatus, en latin 57.
Cicéron (M. T.), xvm ; — Ora-
tiones, en latin, 56-57; — De
paradoxis, en italien, 59-60.
— De oratore, en latin, 58-59 ;
— De officiis,en italien, 59; en
aragonais, 63; — De amicitia,
en italien 59-60; en arago-
nais, 63, 64 ; — De senectutey
en italien, 59, 60, 64, 329, 331 ;
— Tusculanae quaestiones,
en italien, 60-63, 451 ; — Une
maxime en latin et en castil-
lan, 376; 38L
Cicogna(Emanuele), 108.
Cifar (Histoire du chevalier) ;
v. Libro del caballero deDios.
Cisneros (A. de), 321.
Cisneros (Mencia de), xxiv.
Città di Castello (Lilius Archili-
belli de) ; v. Tifernas.
Cle.mencin (Diego\ xvi, 211,
239.
Cléobule, une maxime en latin
et en castillan, 276.
Cléon, 17.
Coci (Georges), 100.
Coïmbre (Duc de) ; v. Pedro,
Infant de Portugal.
Collationes Patrum ; v. Cas-
sien.
Colonna (Guido de); v. Colonne.
Colonne (Guido délie), Historia
Trojana, en castillan, 265-268;
en catalan, 268-270 ; en ara-
gonais, 16, 18, 19, 270; — Ex-
trait de la version arago-
naise, 25-29.
Columna (Guydo de) ; v. Co-
lonne-
Colupnis (Hugo de), 18.
Comedieta de Ponça; v. Santil-
lane.
Comités tholosani ; v. Bernard
Gui.
Commentaire de Boèce ; v. Va-
lladolid.
Commentaire de Benvenuto da
Lmola à V Enfer et au Purga-
toire ; v. Dante.
Commentaire de Pietro Ali-
ghieri à la Divine Comédie;
v. Dante.
Commentaires; v. Commentarii
de bello Gallico.
Commentâmes sur la première
guerre punique > v. Polybe.
478
BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Commentarii de bello Gallieo ;
v. César.
Comontes (Diego de;, 426.
Comparacion de Gayo Julio
César etc.; v. Conparatione
de Cesare.
Concordance de la Bible ;
v. Bible.
Condicion de la nobleza {De la);
v. De nobilitate.
Conesa (Jacme), sa version ca-
talane de ïHistoria Trojana
de Guido délie Colonne 268-
270 ; - Extrait 269-270.
Conesa (Père Johan), 420.
Confessions ;v. Saint-Augustin.
Comparât ione di Cesare impe-
r adore et cVAlexandro ma-
g no re di Macedonia ; v. De-
cembri.
Conqueridores [Grant Croni-
ca de los) ; v. Heredia.
C onstitncions gênerais de Ca-
thàlunya, en catalan, 419-420-
Convivio ; v. Dante.
Copias ; v. Mena.
Copons (Pons de), 404.
Corbaccio ; v. Boccace.
Côrdoba (Gonzalode), 425.
Cordoue ; v. Séville.
Coringia (Nicolas de) ; v. Co
reggio.
Çorita (Anton) ; v. Zorita.
Cormellas (Francisco de), 465.
Cornu (Jules), 264.
Corpus juris civilis;Y. Justi-
nien.
Correggio fAzzoda), 353.
Correggio (Niccolô da), son em-
blème et sa devise sur un
manuscrit de LaFiorita,3b3*
Cortemaggiore (seigneur de) ;
v. Pallavicino.
Cortés (Juan Lucas), xv.
Corygya (Nicolaus de); v. Cor-
reggio.
Cotarelo y Mori (Emilio), 90,
286, 448.
Credo, v. Dante.
Cristobal; v. Sant Cristobal.
Cromberger (Jacobo), 193, 316,
347, 389.
Crônica de 1344 ; v. Refundi-
ciôn de la Crônica.
Crônica de los cuatro reyes, en
castillan, 393-395, 400, 401.
Crônica General; v. Te recru,
Crônica de Morea ; v. Heredia.
Crônica ciel rey don Alfomo el
Onceno, en castillan, 401-
402.
Crônica ciel rey don Jaime, en
catalan, 404.
Crônica de San Fernando, 397.
Crônica de los reyes de Castilla,
en castillan 399.
Crônica del rey don Pedro ;
v. Ayala.
Chronica Pontificum et Impe-
ratorum romanorum ; v. To-
lède.
Cuenca (Miguel de), 425.
Dandrade (Fernan Perez), 262.
Daniel (Arnauld), lxviii, lxxiii.
Dante Alighieri, xxvn, xlv,
LXVIII, LXXII, LXXIII, LXXIV,
LXXV, LXXVI, LXXVII, LXXVIIL
lxxxii, lxxxiv ; — Convivio,
en italien, 273, — Canzoni
délia Vita nuova 273-274 ;
— Credo, en italien, 273, 277;
— Commentaire de Pietro
Alighieri à la I). C, en cas-
tillan, 303-304; — Commen-
TABLE DES MATIERES
479
taire de Benvenuto da Imola
sur l'Enfer; en castillan, 305-
306; — Commentaire de Ben-
venuto da Imola sur le Purga-
gatoire, en castillan, 306-307;
— Divina Commedia, en ita-
lien, 271-272, 275-303; en cas-
tillan, 275-303 ; — Commen-
taires, en castillan, 303-307 ;
— Traducteurs et traductions
de la D. C. en Espagne, 308-
317 ; — Traducteurs et tra-
ductions des commentaires de
la D. C. 317-319 ; — Can-
zoniere, en italien, 273-274,
329-331.
Dante (Vida de) ; v. Bruni.
Dares, 265.
David, Tractado deladesigna-
cion de los officios de
Roma, en castillan, 359, 360-
361.
De articidis Jidei catholice ;
v. Bernard Gui.
De bello gallico ; v. Commen-
tarii.
De bello italico adversus Go-
thos; v. Bruni.
De bello Jugurthino ; v. Sal-
luste.
De benejiciis ; v. Sénèque.
De brevitate vite; v. Sénèque.
De claris mulieribus ; v. Boc-
cace.
De casibus principum ; v. De
casibus virorum illustrium.
De casibus virorum illustrium ;
v. Boccace.
De clementia; v. Sénèque.
De compunctione ad Deme-
trium ; v. Saint Jean Chry-
sostome.
De compunctione, ad Sele^
chium ; v. Saint Jean Chry-
sostome.
De conjuratione Catilinae ; v.
Salluste.
De consolatione ; v. Boèce.
De consolatione ; v. Vincent
de Beauvais.
De consolatione ad Helviam
matrem ; v. Sénèque.
De consolatione, ad Marciam,
v. Sénèque.
De contemptu bonorum tempo-
raliiun et voluptatum ; v.
Sénèque.
De Copia verborum, 103.
De Dei provident ia, v. Saint
Jean Chrysostome.
De erudicione regum et prin-
cipum ; v. Guibert de Tour-
nai.
De genealogia deorum;\. Boc-
cace.
De illustribus longaevis: v. Ma-
netti.
De insigniis etar?nis;v. Bar-
thole.
De ira ; v. Sénèque.
De legalibus institut is ; v. Sé-
nèque.
De liberalibus studiis; v. Saint
Basile.
De liberalibus artibus; v. Sé-
nèque.
De militia ; v. Bruni.
De moribus, en castillan, 92-93,
103, 124.
De mojùbus ; v. Sénèque*
De natura angelica, v. Exime-
nis.
De nobilitate, en castillan ; v.
Plutarque.
De oratore ; v. Cicéron.
De officiis ; v. Cicéron.
180
BIBLIOTHEQUE DC MARQUIS DE SANT1LLANE
De origine prima Franèorum,
v. Bernard Gui.
De paradoxis ; v. Cieéron.
De petit ione consulat us \ v. Ci-
céron.
7Je poenitentia ; v. Saint Jean
Chrysostome.
7J<? praeparatione evangelica ,
v. Eusèbe.
De providentiel; v. Sénèque.
/Je puerorum nobiliuin eradi-
tione v. Vincent de Beauvais.
Z)e quatuor rirtutibus, en latin,
103, 113; en castillan, 124.
De quaestionibus naturalibus ;
v. Sénèque.
De remediis utriusque fortunae;
v. Pétrarque.
De re militari ;v. Végèce.
De re rustica ; v. Palladius.
De regimine principum ; v.
Gilles de Rome .
De regimine principiun; v.
Saint Thomas d'Aquin.
De remediis fortuitorum, en
latin, 102; en castillan, 113.
De réparât ione lapsi ; v. Saint
Jean Chrysostome.
De senectute; v, Cicéron.
De tranquillitate animi;v. Sé-
nèque.
De verbo contra iudeos ; v.'
Fuent Sauco.
De viris illustribus; v. Pé-
trarque.
De rita Caesarum ; v . Sué-
tone.
De ri ta christ iana ; v. Saint
Augustin.
De vita solitaria; v. Pétrar-
que.
Débat de réveille matin (Le) ; v.
( lhartier.
Débat des deux fortunés d'amour
(Le) ; v. Chartier.
Décaméron ; v. Boccace.
Décembre (Pedro Candido) ; v.
Decembri.
Decembri (Angelo), lxxxv, 38.
— Traduit en italien, pour le
marquis de Santillane un
ospuscule latin de Bonac-
corso daMontemagno intitulé
De nobilitate et qu'il attribue
à Plutarque, 114 115, 117-
118.
Decembri (Pietro Candido), lxv
lxxxiv, lxxxv, — Sa version
latine de Y Iliade traduite en
castillan, 1 ; — Sa correspon-
dance avec Alonso de Cartha-
gène qui l'engagea dédier à
Jean II de Castille sa Vie
d'Homère et sa version latine
de Y Iliade, 2-3; 452; — Sa
version italienne des Com-
mentaires sur la première
guerre punique de Polybe,37
38; — Sa version italienne
des Commentaires de César
traduite en castillan par un
anonyme, 65, 66\ — Sa version
italienne de Y Historia Alex-
andri Magni&e Quinte-Curce
traduite en castillan, 146-149;
— Comparât ione di Caio
Iulio Cesare imperadore et
d 'Alexandro magno re di
Macedonia, en castillan, 146,
148, 359-360 ; — Sa version
italienne du Ludus de morte
Claudii, dédiée à Nuîïo de
G u/ m an, traduite en castillan,
129, 457 ; — Dédicace de cette
version à Nuuo de Guzman,
en castillan, 457-159; — 419
TABLE DES MATIERES
481
451, 452 459 ; — Eulogium
in Enichum Hispanum, cog-
gnomine Lupum, en latin,
468.
Déclamations ; v. Quintillien.
Déclamations ; v. Déclama-
tionum liber.
De clamai ionum [Liber) ; v. Sé-
nèqne.
De Jaqua (Bernardus), 409,
410.
Delaruelle (Louis), 52.
Delgado (Pero Nuîiez), 270.
Delisle (Léopold), 109, 212,
213.
Démosthène, 17.
Déprez (Eugène), 455.
Desdevises du Dezert (G.)
114, 125.
Destûniga (Diago), 367.
Diaz (Hernando), sa version
castillane de la Divine Comé-
die, 316-317.
Diaz de Toledo (Pedro), xxvi,
liv, lx, lxi ; — Sa traduction
castillane du Phédon de Pla-
ton, 8-9 ; — Peut-être est-il le
traducteur du De beata cita
de saint Augustin, 10 ; —
Préface de sa traduction du
Phédon, 11-15; — On peut
croire qu'il est l'auteur de la
version castillane de deux ho-
mélies de saint Basile, 72,
341 ; — Ses traductions de Sé-
nèque, 126, 127, 129, 131; —
Son explication de la devise
du marquis de Santillane 232;
— Attribution à cet auteur
de la version castillane du
De r/enealogia Deorum de
Boccace 334 ; — Sa traduc-
tion castillane de ïAxiocus,
dialogue longtemps attribué
à Platon, 9, 15, 310-341; —
Sa préface à la traduction
castillane de ïAxiocus, 343-
345.
Dictis, 265.
Diodore, 17.
Discours sur la pétition du con-
sulat ; y. De petitione con-
sulatus.
Divina Commedia ; v. Dante.
Doctrina de dure a cascuna
persona; v. Eximenis.
Doncel (Bernât Juan), 181.
Douais (Célestin), 94.
Economique ; v. Aristote.
Elementa vocabulorum ; v . Pa-
pias.
Enéide ; v. Virgile.
Enfer de Dante, chant I, ver-
sion castillane anonyme, 311-
312.
Enzinas (Francisco de), 100,
101.
Epistola ad Petrum princi-
pem Lusitaniae ; v. Traver-
sai.
Epistola ad Raymundum; v.
Saint-Bernard.
Epistola de lapsis ; v. Saint-
Jean Chrysostome.
Epistola in laudem constanti-
nopolitane civitatis et greco-
rum unionis ; v, Tifernas.
Epistolae beati Augustini ad
Bonifacium comitem et Bo-
ni facii ad Augustinum ; v.
Saint Augstin.
Epistolae morales ad Lucilium;
v. Sénèque.
Epitaphium Enici Lupi per
31
482
BIBLIOTHEQUE J)U MARQUIS DE SANTILLANE
Thomam Rèatinum ;v. Rieti
et Santillane.
Epitoma in Titum Livium ; v.
Florus.
Ermengaud (Matfre), lxxiii ; —
Breviari d'amor, en proven-
çal 383-384.
Espanya [Grant Crénica de);
v. Heredia.
Espéculo ; v. Alphonse le Sa-
vant.
Este (Béatrice d'), 353.
Este (Nicolô da), 151.
Este (Nicolô d'Alberto d') 321.
Estûniga (Alvaro de), xliv.
Éthique ; v. Aristote et Latini.
Eugène IV (Pape), 50, 58, 449.
Eulogium in Eniehum Hispa-
num, cognomine Lupum ; v.
Decembri et Santillane.
Eusèbe, lxxxv ; — De praepa-
ratione evangelica, en latin,
39; — Sa Chronique univer-
selle, en castillan, 40-43 ; —
Version castillane du com-
mentaire qu'Alonso de Ma-
drigal fit de sa Chronique
universelle, 43-48.
Eusebio ; v. Eusèbe.
Excusation d'Alain aux dames;
v. Chartier.
Eximenis (Francesch), Doctrina
de viure a cascuna persona,
en catalan, 160, 161, 425; —
Natura angelica, en castil-
lan 424-425.
Exposîtio super evangelium
beati Mathei; v. Saint Jean
Chrysostome.
Fabricius, 183.
Fadrique ; v. Basilea.
Fajardo (Pedro), 426, 427.
Fanfani (Pietro), 91, 111.
Fausses lettres de Sénèque à
S. Paul et de S. Paul à Sé-
nèque, en latin, 102 ; en cas-
tillan, 119.
Fazio (Bartoiomeo), l, lxxxvi.
Febrer (Andreu), lxxvi ; — Sa
version catalane de la Divine
Comédie, 310-311.
Fedron ; v. Plié don.
Fenollet (Luis de), 148.
Ferdinand de Castille, roi d'A-
ragon, XXVII, XXVIII, XLIX,
171, 232, 233.
Ferdinand V (Roi de Castille),
72.
Ferdinandus, scribe, 408.
Fernândez (Benigno), xxi.
Fernândez de Béthencourt
(Francisco), xi.
Fernândez Duro ( Cesâreo ) ,
425.
Fernândez de Heredia (Juan) ;
v. Heredia.
Fernândez de Velasco (comte
de Haro), xliii, lxii,
Fernândez de Villegas (Pedro),
sa version castillane de Y En-
fer de Dante, 312-313 ; — On
lui attribue une version du
Paradis, 313,315,319.
Ferrer de Blanes (Jaume),
lxxxii, 309.
Ferrer Sayol, traduit en cas-
tillan le De re rustiea de Pal-
ladius, 152-159 ; — Préface
de sa traduction castillane
du De re rustiea de Palla-
dius, 156-159.
Ferrer (Vincent) ; v. Saint Vin-
cent Ferrer.
Fiammetta ; v. Boccace^
TABLE DES MATIERES
483
Figueroa (Catalina de), xxvn,
xlvi, lv, lvi, 444.
Figueroa (Gomez Suarez de),
xxvn ; — Pedro de Toledo lui
dédie sa version castillane
du Guide des égarés de' Maï-
monide, 431-434, 444.
Figueroa (Lorenzo Suarez de),
XXVII.
Filipetri ; v. Pétri.
Filocolo ; v. Boccace.
Fiorita (La) ; v. Armannino
Giudice.
Fita (Fidel), 426.
Flavius Josèphe, Antiquitates
judaicae, en latin, 135.
Florus, Epitoma in Titum Li-
vium, en latin, 95, 100, 101.
Flos sanctorum ; v. Legenda
aurea.
Fontanini, 151.
Fragments moraux, en castil-
lan, 323, 324.
Frati (Carlo), 276.
Frati (Lodovico), lxvii, lxxxvii,
276, 449.
Frédéric II (Empereur), xlv;
— Discours d'un envoyé de
V empereur Frédéric II au
pape Honorius III, en castil-
lan, 8, 10.
Frédéric III (Empereur), Dis-
cours concernant le couron-
nement de ï empereur, en la-
tin, 57-58; — Lettre à Charles
VII, roi de France pour
l inviter à prendre part à
la croisade contre les Turcs,
58.
Frontin, Strategematon, en ara
gonais, 34-36; en castillan,
141-142.
Fuent Sauco (Juan de)* De ver-
bo contra judacos, en castil-
lan, 426-427.
Fuero de las leyes ; v. Alphon-
se le Savant.
Fuster ; v. Aguilô.
Gallardo (Bartolomé José), 80,
101, 115, 126, 131, 148, 149,
182, 185, 316, 346, 347, 348,
349, 350, 443, 465.
Galles (Thomas de), 86.
Garay (Blasco de), 350.
Garcia VI (Roi de Navarre),
232.
Garcia (Iohan), traduit en cas-
tillan le De regimine* prin-
cipum sur l'ordre de Barnabe,
évêque d'Osma, 210-211.
Gaspary (Adolf), 348.
Gauchi (Henri de), sa traduction
française du De regimine
principum de Gilles de Ro-
me, 209-210.
Gayangos (Pascual de), 1, 2,
129, 313, 348, 364, 372, 457.
Généalogie des rois d'Espagne,
du comte Fernan Gonzalez et
du Cid, en castillan, 119.
Gennadius, 166.
Giamboni (Bono), 31, 172, 173.
Gilles de Rome. De regimine
principum. en latin, 201, 202,
203-204, 211 ; en français
209-210; en castillan, 210-211.
Ginebreda (Anthoni), 181, 182,
183.
Gomallez (Angel), 395.
Gomez Uriel, 134.
Gomez de Zamora (Alfonso) cas-
tillanise pour le marquis de
Santillane la version arago-
naise de Paul Orose, 167, 424-
■INI
BIBLIOTHEQUE D1 MAKQUIS DE SANTILLANE
'425 ; — Sobre el provecho
etc., en castillan 167, 172,
173.
Gonzalez (Nicolas), 263, 117.
Gonzalez de Lucena (Martin),
traduit en castillan, pour le
marquis de Santillane, le
commentaire de Benvenuto
da Imola au Purgatoire de
Dante, 306-307, 317, 318.
Gonzalo (Fray), copiste d'une
ancienne version castillane
du De Ira de Sénèque, 126,
128-129, 454.
Grande y General Hisioria ;
v. Alphonse le Savant.
Grant coronica de los conquiri-
dores; v. Heredia.
Grant crànica de Espanya;
v. Heredia.
Grégoire ; v. Saint Grégoire.
Gubbio(Bosoneda), 276, 352.
Guerrini daLanciza (Giovanni),
172.
Guibert de Tournai, De erudi-
cione regumet principum, en
latin, 201-202.
Guicciardini, 107, 108.
Guide des égarés ; v. More Ne-
buchim.
Gusmano (Nugnio) ; v. Guzman.
Guzman (Alfonso de,) 216, 218,
219, 220, 221, 222, 223, 224,
225.
Guzman (Fernan Perez de),
xxiii, lxxxiv ; — Demande à
Vasco de Guzman de lui tra-
duire Salluste en castillan, 69,
78-80 ; — Fait traduire en
castillan la version italienne
des Epistolae morales ad Lu-
cilium de Sénèque, 111, 125 ;
-«-Les traductions de Sénèque
faites sôus ses auspices, 126,
127, 131 ; 177, 152.
Guzman (Luis de), 125, 128;
Manetti lui dédié son De Mus-
tribus longaevis< 454, 455-
457.
Guzman (Xuno de), lxxxvj ; —
La traduction italienne des
Tusculanes de Cicéron qu'il
fit faire à Florence en 1456,
60-63, 449 150, 451 ; — Pietro
Candido Decembri lui dédie
sa version italienne du Indus
de morte Cloudii de Sénèque
que Nuno lui-même pourrait
bien avoir traduit en castil-
lan, 129; — Corrige sur le
texte latin une ancienne ver-
sion du De Ira de Sénèque
copiée par fray Gonzalo pour
Inès de Torres, femme de Luis
de Guzman. 126, 128-129; —
La traduction italienne des
Déclamation* de Quintillien
qu'il fit faire à Florence en
1456, 143-144, 449-450, 451 ;
— Sa version castillane de
YOrazdone di messer Gian-
nozzo Manetti al signor mes-
ser Gismondo Pandolfo de
Malatesti, 364-365, 372, 450;
— Ce qu'en dit Vespasiano de
Bisticci, 449-450; — Les tra-
ductions italiennes qu'ilfit fai-
re, 450-451 ; — Ses versions
castillanes, 450, 454, 457 ;
— Ses rapports avec Gian-
nozzo Manetti, 449, 451, 454-
457 ; — Ses rapports avec
Pietro Candido Decembri,
449, 452-453, 457-459 ; — Ses
rapports avec Alonso de Car-
tagena, 453; — Ses rap-
TABLE DES MATIERES
485
ports avec le marquis de San-
tillane, 450, 451,452, 45*5; —
D'après Vespasiano de Bis-
ticei , il aurait fait exécuter une
version italienne du De Ora-
tore de Cicéron, 449-450 ; —
D'après Vespasiano de Bis-
ticcL il aurait fait exécuter
une version italienne lu De
Saturnalibus de Macrobe ,
449-450.
Guzman (Vasco de), traduit en
castillan le De conjurât ione
Catllinae et le De bello Jucjur-
thino de Salluste, 69 ; — La
préface de sa traduction de
Salluste adressée à Fernan
Perez de Guzman, seigneur
de Batres, 78-79 ; 80.
Gysser (HansJ, 44.
Hain, 182.
Hammerbach (Jean de), 203.
Harisse (Henri), 115.
Haro (comte de) ; v . Fernandez
de Velasco.
Hauréau (Jean-Baptiste), 86,
103.
Henri (Prince des Asturies) ;
v. HenrilV(RoideCastille).
Henri IV (Roi de Castille),
xxxvi, xxxix, xl, xli, xlii,
xliii, xlv, xlvi, xlvii, lxii,
lxxx, lxxxvii,78, 125.
Henri (Infant d'Aragon), xxix,
XXX, XXXV, XXXIX, XLI.
Henri (Fils de l'Infant Henri
d'Aragon), xlvi.
Heredia (Juan Fernandez de),
lxxxix ; — La version arago-
naise de Thucydide faite par
son ordre, 19-25 ; — La lettre
que lui écrit Jean I d'Ara-
gon, 20; — Avait auprès de
lui un philosophe grec qui
travaillait pour lui, ce savant
tiéta sans doute Domitri Talo-
diqui, 20 21; — Ses livres sont
réclamés, après sa mort, aux
prieurs de l'Ordre de Saint-
Jean par le roi Jean I d'Ara-
gon, 22 ; — La version arago-
naise des Vies de Plutarque
faite pour lui, 19, 20, 21 ;
— Son Trogue Pompée, 93-
94; — La version aragonaise
des Histoires de Paul Orose
faite sous ses auspices par Do-
mingo de Garcia Martin, 167-
173 ; — Manuscrit de la Crô-
nica General qui porte par
erreur le nom de Heredia sur
la reliure mais qui ne fait pas
partie du groupe de chroni-
ques qui porte son nom, 392 ;
— Manuscrit de la Crùnica
de los cuatro reyes qui porte,
par erreur, le nom de Heredia
sur la reliure et qui ne fait
pas partie du groupe de chro-
niques qui porte son nom,
401 ; — Sa Grant Crônica
de Espanya, en aragonais,
405-408 ; — El libro de los
enperadores, en aragonais,
408-409; — El libro de los
J'echos et conquistas del prin-
cipado de la Morea, en ara-
gonais, 408, 409-410; —Grant
Coronica de los conquiri-
dores, en aragonais, 411-412.
Herquet (Karl), 407.
Herrera (Fernando de), lxxvi.
Hesdin (Simon de), 134.
Hidalgo; v. Mendez Hidalgo.
486
BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Hirtius (Aulus), 66.
Historia Alexandri Magni ;
v. Quinte-Curce.
Historia Gothica; v. Tolède.
Historia hierosolymitana ; v.
Baudri de Bourgueil.
Historia hierosolymitana ; v.
Lisiard de Tours.
Historia hunnorum, oandalo-
rurn et suevorum ; v. Tolède.
Historia naturalis ; v. Pline.
Historia ostrogothorum ; v. To-
lède.
Historia romanorum ;v .Tolède.
Historia Troyana ; v. Troie.
Historia de praeliis tirée du
Pseudo-Callisthènes, en la-
tin 55.
Historia scolastica ; v. Pierre
le Mangeur.
Historiarum adversus par/anos
libri VII ; v. Orose.
Hita et Buitrago (seigneur de);
v. Santillane.
Holkot (Robert), 86.
Homélies de saint Jean Chry-
sostome ; v. Traversari et
Trébizonde.
Homère, lxxviii, lxxxiv, Iliade,
en castillan 1.
Homilia super psalmum guin-
quagesimum, homélie attri-
buée à saint Jean Chrysos-
tome ; v. saint Jean Chrysos-
tome.
Honorius III ; v. Frédéric II.
Horace, lxiii, lxiv, lxv.
II (j ras de nostra dona Sancta
Maria; v. Lull.
Houssaye (Alain de la), 370.
Ilurus(Paul), 80, 134, 347.
Ibânez de Segovia y Orellana
(Matheo), l 19.
[barra fJoachim), 71).
Iliade, v. Homère.
Imola (Benvenuto daj, lxxvii,
lxxxiv; — Son commentaire
kïEnferde Dante traduit en
castillan, 305-306; — Son
commentaire au Purgatoire
de Dante traduit en castillan
par Martin Gonzalez de Lu-
cena, médecin du Marquis
de Santillane, 3C6-307, 317.
318.
Imperatores romani ; v. Ber-
nard Gui.
Impérial (Francisco), lxxiii,
lxxvi, 308.
Infantado (Diego Ilurtado de
Mendoza, premier duc de 1'),
XXXIII, XXXVI, XLIII, LI, XC,
393, 403, 460.
Infantado (Inigo Lôpez de Men-
doza, quatrième duc de T),
lvii, xc, préface de son Mé-
morial de cosas notables,
465-467.
Infantado (Pedro Alcântara de
Toledo, treizième duc de 1'),
XI.
Inglés (Jorge), lvi, lvii.
Innocent III (Pape) Liber de
vilitate conditionis humane,
en castillan, 199-200.
Innocent VII, 9.
Ion ; v. Platon.
Isabelle de Portugal (Reine de
Castille), xlii, xliv, lxxx.
Janer (Florencio), 387.
Jean I (Roi d'Aragon), 20, 21,
22, 93, 94.
TABLE DES MATIERES
487
Jean I(Roi de Castille), 133.
Jean II (Roi deCastilley, xxvm,
XXX, XXXI, XXXII, xxxvi,
XXXVII, XXXVIII, XXXIX. XL,
XLI, XLII, XLIII, XLIV. XLV,
LXXIII, LXXVIII, LXXXV, LXXX-
vni, 2, 3, 71, 82, 125, 126,
127, 341, 362.
Jean II (Roi de Navarre et
d'Aragon), xxix, xxx, xxxv,
XXXIX, XL, XLI, XLIII, XLV, 89,
90.
Jean (Fils des rois Catholiques),
67.
Jean Chrysostome ; v. Saint
Jean Chrysostome.
Jérôme ; v. Saint Jérôme.
Johan Lorenzo, 387.
Joseph (Rabbin), élève de Maï-
monide à qui ce dernier a
dédié son Guide des égarés,
429; Dédicace de Maïmonide
à Rabbi Joseph, 434-436.
Juego de Claudio enperador;
v. Ludus de morte Claudii.
Julius (Nikolaus Heinrich),312.
Justin, Abrégé de Troc/ ne Pom-
pée, en castillan, 92-94.
Justinien, Abrégé du Corpus
juris civilis, en castillan, 187-
189.
Juvénal, xvm, 312.
Kaufmann (David), 443.
Knust (Heinrich Friedrich), xc.
Labyrinthe d'amour, titre donné
par le traducteur castillan
aux Questions d'amour de
Boccace, 350.
Lactance, 47.
Lactancio; v, Lactance.
Lançalao Polono, 346.
Lancia (Andréa), 62, 91,144;
— Pistola fatta inpersonadi
Lucillo, en italien, 106, 111; —
Version italienne des Mémo-
rabilia de Valère-Maxime
qui lui est attribuée, 133.
Landino (Cristoforo), son com-
mentaire de YEnfer et du
Purgatoire de Dante traduit
en castillan, 319.
Lanfranc, Chirurgia magna et
parva, en valencien, 207-208.
La Serna Santander (Charles),
349.
Latassa, 134.
Latini (Brunetto), Livre VI du
Trésor, en italien. 30, 31 ; —
Livre III du Trésor, en
catalan, 380, 381 ; — Tra-
duction castillane du Trésor,
381.
Legenda aurea; v. Varagine.
Léo (L'archiprêtre), traducteur
de l' Historia de praeliis. 55.
Lettre à Alvaro de Lima et à
son frère V archevêque de To-
lède ; v. Pimentel.
Lettre de Frédéric III, empe-
reur des Romains, à Charles
VII, roi de France ; v.
Frédéric III.
Lettre de Juan Rodriguez del
Padron; v. Padrôn.
Lettre de Plut arque à Trajan ;
v. Plutarque.
Lettre de Publius Lentulus au
sénat de Rome en latin, 58;
en castillan, 361, 363.
Lettre d'amour, en catalan, 380,
382.
Lettre des rois catholiques à
488
BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
\r((lci'<i et Béponse à la dite
lettre ; v. Valern.
Lettres envoyées pç,r les (/(unes
à Alain; v. Chartier.
Lettres de Léonard Arét/n;v.
Bruni.
Ley sobre los carte les, en cas-
tillan, 226, 228.
Liber arabum ; v. Tolède.
Liber de gestis Alexandri Ma-
cedonis ; v. Historia de prae-
liis.
Liber de montibus ; v. Boccace.
Liber de vilitate condition is
humane ; v. Innocent III.
Libri in evangelium sancti Mat-
thei;v. Saint Jean Chrysos-
tome.
Libro de Alexandre ; v. Berceo.
Libro del caballero de Dios, en
castillan, 388-389.
Libro de los enperadores (El);
v. Heredia.
Libro de los f échos et conquis-
tas del principado de la Mo-
rea (El); v. Heredia.
Libro délia cita civile; v. Pal-
mieri.
Liesse; v. Roman de Liesse et
Cardenois.
Lire (Nicolas de), Postillae per-
petuae in universa Biblia, en
castillan, 215-225.
Lisiard de Tours (?), Historia
hierosolymitana (pars segun-
da), en latin, 196-197.
Loaysa (Juan de), 115.
Longiano (Fausto da), 61, 62.
Lopez (Augustin), 186.
Lopez de lieta (Agustin), 186.
Lorris (Guillaume de), lxxiii.
Lorris (Guillaume de) et Meun
(Jean de), Roman de la Rose,
en français, 368, 369, 3701
Los Rios (Demetrio de), lvii.
Los Rios (José Amador de),
XII, XIV, XXXIII, XXXVI, XXXVII,
XLIII, LV, LVII, LXIII, LXXII,
lxxv, lxxxvii, xc ; — 20, 48,
80,89.90, 106, 114,126, 127,
129, 130, 137, 138, 139, 140,
166, 169, 170, 171, 172, 173,
177, 183, 184, 185, 203, 249,
261, 264, 265, 266, 268, 278,
284, 286, 311,333, 342, 350,
351,353,383, 390,406.
Los Uios (Vicente de), 181.
Luarico, 447.
Lucain, 125 ; — Pin usa le, en
latin, 136-137; en italien, 138-
139 ; en castillan, 139-140.
Lucena (Juan de), xlvii, l, lxi,
LXIII, LXVI, LXXII, LXXXVI,
lxxxvii, 9 ; — T rat ado de
los gualardones, en castil-
lan, 226, 229-230.
Lucena (Martin de), traduit en
castillan, les Évangiles et les
Epitres de Saint- Paul, 237-
239.
Lucrèce ( Déclamations de ) ;
v. Salutato.
Lucrecia ; v. Lucrèce.
Ludernopoli ; v.Tuclernopoli.
Ludervopoli ; v. Tudernopoli.
Ludovicus Bachalareus; sa ver-
sion castillane du De insigniis
et armis de Barthole semble
adressée au marquis de San-
tillane, lxvi, 227, 231-233.
Ludus de morte Claudii;\. Sé-
nèque.
Lull (Raymond), Els cent noms
de Deu, en catalan, 385; Ho-
ras de nostra dona Sancta
Maria, en catalan, 385.
TABLE DES MATIERES
489
Luna (Alvaro de), xxvi, xxx,
XXXIII, XXXVI, XXXIX, XL,
XLI, XLII, XLI1I, XLIV, XLV, L,
LXXVII1, LXXIX, LXXX, 379.
Luna (Brianda de), xxxvi.
Macabeo (El) ; v. Lucena (Mar-
tin de).
Madrigal (Alfonso de), lxxxiv ;
— Traduit en castillan la
Chronique universelle d'Eu-
sèbe, 40 ; — Préface à sa tra-
duction de la Chronique uni-
verselle d'Eusèbe et de son
commentaire, 41-42; — Son
commentaire de la Chronique
universelle d'Eusèbe, 46-48.
Mai (Angelo), 449.
Maïmonide, extraits de la ver-
sion castillane du Guide des
égarés, 434-443; — More Ne-
buchim, en castillan, 428-444.
Malatesta (Gismondo Pandolfo),
364, 365.
Manelli (Lucas), 125.
Manetti (Giannozzo), Orazione
di messer Giannozzo Manetti
al signor messe?' Gismondo
Pandolfo de Malatesti, en
castillan, 364-365, 372,450;—
449, 451, 454, 455, 456, 457 ; —
Préface de son De illustribus
longaevis. en latin, 455-457.
Manrique (Diego), xxxiv.
Manrique (Gômez), xlix, lv,
lxi, LXII, LXXVI.
Mansion (Colard), 86.
Mappemonde [La] ; v. Pierre.
Mariana (Juan de), lxxxviii.
Marie d'Aragon (Reine de Cas-
tille), XXIX, XXXIX, XL.
Martin î (Roi d'Aragon), 93,
94, 189.
Martin de Braga ; v. Saint
Martin de Braga.
Martin (Domingo de Garcia),
traducteur aragonais des His-
toires de Paul Orose, 168, 171,
172, 173.
Martinez Aîiibarro y Rives,
313.
Martinez del Puerto (Alonso),
219, 220, 221, 222, 223, 224,
225.
Martinez Salazar (Andrés), 263,
264.
Martinez de Toledo (Alfonso),
350.
Martins (Fernan), 261, 262.
Masealcie equorum ; v. Ruffo.
Massô Torrents (J.), 268, 382,
404, 420.
Mayans y Siscar (Gregorio), xc.
Maxime (Marius), une maxime
en castillan, 119.
Max it ne s morales, en castil-
lan, 226, 230.
Mazzuchelli, 341.
Medici (Bernardo de'), 365.
Médina (Pedro de), 128, 129.
Médina de Mendoza (Francisco
de), lv, lxxxiv.
Mehus 50, 53, 362, 363, 454.
Memorabilia ; v. Valère-Maxi-
me.
Mémorial de cosas notables;
v. Infantado (Quatrième duc
del').
Mena (Juan de), xlvi, xlvil li,
lviii, lxi, lxii; — Copias, en
castillan, 402, 403.
Mendez-Hidalgo, 131, 148,182,
211, 346,347,349,425.
Mendoza (Diego Hurtado de),
490
BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE BANTILLANE
amiral de Castille, xxiu, xxv,
XXVII.
Mendoza (Diego Ilurtado do) ;
v. Cenete.
Mendoza (Diego Ilurtado de);
v. Infantado (Premier duc de
n.
Mendoza (Elvira de), xxvn.
Mendoza (Garcia de), xxm.
Mendoza (Ifiigo Lopez de);
v. Infantado.
Mendoza (Inigo Lopez de) î
v. Santillane.
Mendoza (Juan), 27C.
Mendoza (Pedro Gonzalez de),
XXIV, XL1X, LI, LV, LVIII,
LXII, LXIII, LXV, LXXXIV,
lxxxvii, lxxxviii, xei ; — 2,
Préface de sa version castilla-
ne de Y Iliade, 3-7; — 452, 453.
Mendoza (Ruy Diaz de), xxxi,
Menéndez y Pelayo (Marcelino)
vu, xv xx, xxi, xxxiv, LXIII,
lxxi, 9, 83, 101, 184, 264, 265.
266, 270, 286, 364. 413, 448,
452.
Menéndez Pidal (Ramôn), xv,
xxi, 392, 395, 399, 400,
Mestica (Giovanni), 276.
Meun (Jean de), lxxiii ; — Le
Testament y en français, 368-
369 ; — Traité des sept articles
de la foi, en français, 368, 369;
v. Lorris.
Meyer(Paul), 55, 100.
Michelant (Henri), 389.
Milâ y Fontanals (Manuel),
lxxvi, 269.
Mino di Vanni (Dietaiuve), 276.
Miranda (Comte de), 395.
Mires Roderico de), 456.
Molin (Girolaino), 91.
Molinier (Auguste), 196, 197.
Moliâ Père), 125.
Mondéjar (Gaspar I banez de Se-
govia y Peralta, marquis de -
392.
Monod (Gabriel), ix.
Montalvo (Luis Galvez de), xc
Montemagno; v. Bonacorso da
Montemagno.
Morale à Nicomaque ; v. Aris-
tote.
Morales (Ambrosio de), 185.
Morales de Ovidio ; v. Berçuire.
Morales sobre Job ; v. Saint-
Grégoire.
Morejôn, 208.
Morel-Fatio (Alfred), vu, ix, xi,
XIV, XX, LXIII, LXXV, LXXXV,
1, 2, 3, 7, 9, 20, 61, 89,
125, 126,134,189, 328,341,
342, 343, 347, 364, 381, 387,
389, 403, 406, 407, 408, 410,
412, 425, 449, 450. 45l,
469.
More Nebuchim ; v. Maïmonide.
Morillo, 32.
Morpurgo (Salomone), 21, 276.
Mourelo (José Rodriguez), 447.
Mùller (Hermann), 11.
Muîioz Garcia (Jorje), 270.
Mussafia (Adolfo), 266, 270.
Navarre (Blanche de), xxxix.
Navarro (Felipe Benicio), 286.
Navas (Comte de las), xx.
Nicias, 18.
Nicolas v (Pape), lxxxvii,
lxxxviii, 20, 39, 52, 54.
Ninfale d'Ameto; v. Boccace.
Notule supra cyrurgiam magis-
tri Rogerii; v. Roland de
Parme.
Novati (Francesco), 469.
TABLE DES MATIÈRES
491
Novello (Giliola di Francesco),
321.
Noya; v. Vidal.
Ocampo (Florian de), 392, 400.
Ochoa (Eugenio de); 89.
Olmo (Isidro del), xvi.
Omont (Henri), 109.
Oracion al sehor Sigismundo
Panclolfo de Malatestis; v.
Orazione di Messer Gian-
nozzo Manetti etc.
Orationes ;v. Cicéron.
Orazione di messer Giannozzo
Manetti al signor messer
Gismondo Pandolfo de' Ma-
latesti; v. Manetti.
Orazioni\Y. Porcari et Bona-
corso.
Orden de la cav aller ia (De la) ;
v. De Militia.
Ordenacion de bat allas, en cas-
tillan, 226, 229.
Ordenamiento de Alcalâ, en
castillan, 416-417.
Ordonnances, 416-420.
Orose (Paul), xxxvm; Histo-
riarum adversus paganos
libri vu, en latin, 166; en cas-
tillan, 166-167; en aragonais,
167-173 , — Extraits de la ver-
sion aragonaise de Paul Oro-
se, 169- 170 ; — Traducteurs
et traductions de Paul Orose
en Espagne 170-173.
Osuna (Pedro de Alcantara
Tellez Giron, neuvième duc
d'), xiv.
Osuna (Pedro Tellez Giron,
onzième duc d'), xi.
Ovide, lxxxiv, xci, 48, 186;
v. Ber cuire.
Pacheco (Juan); v. Villena
(Marquis de).
Padrôn (Juan Rodriguez del),
La caclira de honor, en cas-
tillan, 226, 227, 230 ; — Une
lettre, en castillan, 226, 227,
230.
Paez, 404.
Paitoni (Iacopo Maria), 61.
Palladius, De re rustica,en cas-
tillan, 152-159,
Pallavicino (Jérôme), 61.
Palmerola (Pedro de), 167, 172,
173.
Palmieri (Matteo), Libro délia
vita civile, en italien, 356.
Panciatichi, 107, 108.
Panda (Pedro de la), sa traduc-
tion castillane du De militia
de Leonardo Bruni, dédiée à
Rodrigo Manrique, comte de
Paredes, 113-114, 363.
Panormita (Antonio), 127.
Papias, Elementa vocabulorum,
en latin, 194-195.
Paradis de Dante, chants I et
II, version castillane anony-
me ; v. Fernândez de Villegas.
Pardo (Aznar), Chanson, en
catalan, 380,381.
Paredes (Alfonso de), 381.
Paris (Gaston) ix, 87.
Parodi (Ernesto Giacomo),
138, 303.
Paz y Mélia (Antonio), xm. xx,
XXVI, XXXVI, XLVIII, XLIX, L,
LIV, LVI, LXI, LXII, LXVII,
lxxxvii, 9, 184,230,261,389.
Pedro, Infant de Portugal, duc
de Coïmbre, xliii.
Pedro, Connétable de Portugal,
XXV, XLIII, LXIII, LXX, LXXIV,
125.
492
ÏMBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Pellicer (Juan Antonio), 48, 67,
134, 141), 1*5, 286.
Pëloponèse (Histoire de la
guerre du) ; v. Thucydide.
Pena, 324.
P^iiafiel (Pedro de Alcantara
Tellez Giron marquis de) ; v.
Telle/ Giron.
Perez Bayer (Francisco) ; v.
Antonio Bayer.
Perez de Caceres (Alfonso), 431.
Pérez Pastor (Cristôbal), 67.
Perez Ramirez (Antonio), 186.
Perse, xvm.
Petit codicille du Testament
(Le) ; v. Meun.
Pétrarque, lxxii, lxxv, lxxvii,
86, 315, 353 ; — Sonnet en
italien et en castillan, 275 «
276, 326 ; — De vlta solltarla,
en castillan, 323-326; — De
remediis uriusqùe fortunae,
en italien, 321-322; — De
viris Illustrions, en italien,
320-321 ; — Sonettl e canzonl,
en italien, 321 ; — Vie de
Pétrarque; v. Bruni.
Pétri dei Filipetri (Riccardo),
105, 107, 109, 111, 120, 127.
Pharsale\ v. Lucain.
Phéclon; v. Platon.
Philippe (Prince d'Espagne),
100.
Philippe II (Roi d'Espagne);
v. Philippe, prince d'Es-
pagne.
Philippe III, le Hardi (Roi de
France), 210.
Philippe IV, le Bel (Roi de
France), 210.
Philippe VI, de Valois (Roi de
France), manuscrit des oeu
vres de Bernard Gui offert au
roi par Tante ur en L331 , 213-
211.
Philippo Maria ; v. Visconti.
Philostrato; v. Boccace.
Piccolomini (Aeneas Sylvius);
v. Pie II.
Pie II (Pape), lxxxviii, 11.
Pierre. La Mappemonde \ en
français, 366.
Pierre le Mangeur, Historia
scblastica, en latin, 198.
Pimentel Alfonso de); v.
Benavente (troisième comte
de).
Pimentel (Maria Josefa) ; v.
Benavente (douzième com-
tesse de).
Pimentel (Rodrigo Alfonso) ; v.
Benavente (deuxième comte
de).
Plstola fatta In persona dl
Luclllo ; v. Lancia.
Placencia (Comte de), xliii.
Plainte d'amour, en catalan,
380, 382.
Platon, lxxviii, lxxxiv ; — P//e-
don, en castillan, 8-9 ; —
Axtocus, en castillan, g, 15,
340-342; — Ion, en castillan.
15.
Pline l'ancien, Historia natu-
ralisa en latin, 145.
Plutarque, lxxxv ; — I^es vies
des hommes illustres, en ara-
gonais, 19; — Les vies des hom-
mes Illustres en italien, 21 ; —
De nobllitate ; v. Bonacorso
da Montemagno et Decembri
(A); — Lettre à Trajan, en
castillan, 119, 149.
Poggio Bracciolini ( G ian- Fran-
cisco) 362.
Polono ; v. Stanislao.
TABLE DES MATIERES
493
Polybe, l; — Commentaires sur
lapremière guerre punique, en
italien, 37-38.
Pons de Icart (Luis), 347, 351.
Porcari (Stefano) Orazioni, en
italien, 329, 331.
Portai, 206.
Postillae perpctuae in universa
biblia\ v.Lire.
Postumo (Nicole) ; v. Correggio.
Prades (Violante dej, xxxv,
lxxv-lxxvi.
Primera Crônica General; v.
Alphonse le Savant.
Procope, l.
Prophéties de l'Ancien Testa-
ment ; v. Bible.
Prosper, 43.
Prospero; v. Prosper.
Proverbia ; v. Sénèque.
Providencia contra fortuna ; v .
Valera.
Pseudo-Callisthènes ; v. His-
toria de praeliis.
Pulgar (Fernando de), xxxm,
XLVJII, XLIX, L, LI, LVII, LX.
Purgatoire de Dante, version
castillane anonyme, 313-316.
Quadrado (José Maria), lvii.
Quadrilogue invectif \ v. Char-
tier.
Questioni cVamore ; v. Boccace.
Quétif et Echard, 21.
Quinte-Curce, Historia Alexan-
dri Magni, en castillan, 146-
149.
Quintillien. Déclamations, en
italien, 143-144.
Quinones (Pedro de), xlii.
Quinones (Suero de), xlii.
Quixada ; v. Venegas»
Quod nemo ledit ur nisi a semet
ipso ; v. Saint Jean Chrysos-
tome.
Rajna (Pio), 303, 350.
Raymond de Pennafort ; v.
Saint Raymond.
Rayon (S'ancho), 348.
Razzolini (Luigi), 320.
Real de Manzanares (comte du) ;
v. Santillane.
Reductorium ; v. Berçuire.
Refundiciôn de la Crônica de
1344, en castillan.
Requête baillée aux clames
contre Alain-, v. Chartier.
Rieti (Thomas de), Epitaphium
Enici Lupi, en latin, 468-469.
Rios (Amador de los) ; v. Los
Ri os.
Robles (Pedro de), 465.
Rocamora (José Maria), xm,
xiv, 138, 169, 266, 351,
398.
Rocha (Pedro), traduit en cas-
tillan l&Fiammetta et le Cor-
baccio de Boccace, 347, 348,
351.
Rodrigue de Tolède, 49 ; —
Historia gothica, en latin,
390 ; — Chronicapontiflcumet
imperatorum romanonun, en
latin, 390-391 ; — Historia ro-
manorum, en latin, 390-391;
— Historia hunnorum, van-
dalorum et suevorum,en latin,
390, 391 ; — Historia ostro-
gothorum, en latin, 390, 391 ;
— Liber arabum, en latin,
390, 391.
Rodriguez (Gregorio), 119.
Rodriguez (Manuel R.j, 264.
494
BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
RodriguezdeArellano(Vicente),
186.
Roger (Maître) ; v. Roland de
Parme.
Roland de Parme (?), Notule
supra cyrurgiam magistri
Rogerii, en latin, 206.
Roman de Liesse et Cardenois,
en français, 380-381.
Roman de la Rose; v. Lorris
et Meun.
Rubio y Lluch (Antonio), 20,
21. 93, 125, 130.
Ruffo (Giordano), Mascalcie
equorum, en italien, 90-51.
Saez (Liciniano), xv, 349, 443,
Saint-Ambroise, Oeuvres mo-
rales, en castillan, 162.
Saint André, lui.
Satnt Augustin, 322; — De
beata vita, en castillan, 8,
165. — Epistolae beati Au-
gustini ad Bonifacium co-
mitem et Bonifacii ad Au-
gustinum, en latin, 106; en
castillan, 119; — Sermons,
en latin, 163 ; — De vita
christiana, en italien, 164;
— Confessions, en italien,
164-165.
Saint Basile, lxxxv ; — Ho-
milia : Attende tibi ipsi,
en castillan, 68,71-72; — De
liberalibus studiis, en castil-
lan 340, 341 ; — Préface du
traducteur 342-343.
Saint Bernard, Epistola ad
Raymundum, en castillan 68^
73.'
Saint Bernadin, de Sienne, lui.
Saint Christophe, lui.
Saint Grégoire, Morales sobre.
Job, en castillan, 190-193.
Saint Isidore de Séville, xc<
Saint Jean Chrysostome, Ser-
moues contra Anomios, en
latin, 49 50; Quod nemo
leditur nisi a se m ci /jjso. en
latin, 50; — Ad Selechium, de
compunctione, en latin, 50; —
Ad Demetrium, de compunc-
tione,en latin, 50; — J)e repa-
ratione lapsi, en latin, 50; —
Eœpositio super evangelium
beati MatJtei, en latin, 50-51 ;
— Epistola de lapsi s, en latin.
50,51-52; — De Deiprori-
dentia, en latin, 51 ; — Ho-
milia super psahnum quin-
quagesimum, en latin, 51, 52;
— De pœnitentia , en latin,
51 , 52; — Libri in evangelium
sancti Matthei, en latin, 53-
54.
Saint Jérôme, sa traduction la-
tine de la Chronique univer-
selle d'Eusèbe,traduiteen cas-
tillan par Alonso de Madri-
gal, 40-43; — Sa version de
la Bible et ses préfaces aux
livres de Y Ancien et du Nou-
veau-Testament, 235 246.
Saint Martin de Braga, 93, 103,
127.
Saint Michel Archange, lui.
Saint Paul, lxiv.
Saint Pierre de Villacreçes,Lin,
LXXVII.
Saint Raymond de Pennafort,
Summa Raymundi, en latin,
205.
Saint Thomas d'Aquin, De re-
gimine principum, en latin,
201, 202.
TABLE DES MATIERES
495
Saint Vincent Ferrer, lui.
lxxvii.
Sainte Claire, lui.
Sainte More (Benoît de), Ro-
man de Troie, en castillan,
259-261; en galicien, 261-265.
Saints Évangiles et les épitres
de Saint -Paul (Les); v. Bi-
ble.
Salazar (Diego de), 350.
Salazarde Mendoza (Pedro de),
lxxxiv, 452.
Salluste, xviii, lxxxiv; — De
conjuratione Catilinae, en cas-
tillan, 68-69; — De bello Ju-
gurthino, en castillan, 69.
Salutato (Coluccio), Déclama-
tions de Lucrèce, en castillan,
8,10-11; —322.
Salvâ(G), saversionvalencienne
de la Chirurgia de Lanfranc,
207-208.
Salvâ y Malien (Pedro), 80,
100, 131, 148, 149, 182, 183,
185,211,313, 324, 347, 348,
349, 350.
Salviati (Leonardo), 107, 109.
Salzedo (Johan de), 395.
Samaran (Charles), 455.
San Miniato (Giovanni da), sa
version italienne du De reme-
diis utriusquefortunae de Pé-
trarque, 321-322.
Sanche IV (Roi de Castille),
128, 129, 381.
Sanchez (Melchor), 44, 387.
Sanchez (Tomas-Antonio),xLvi,
LV.
Sanchez de Viana (Pedro), 186.
Sansovino, 353.
Sant Jordi (Jordi de), Lo cam-
biador, en catalan 380, 381-
382.
Sant Cristobal (Fray Alfonso
de), sa traduction castillane
et son commentaire moral du
De re militari, dédiés au roi
Henri IV de Castille 75-76;—
Préface de sa version cas-
tillane du De re militari, dé-
diée au roi Henri, 78, 82-83.
Santa Maria (Alvar Garcia de),
171.
Santillane (Inigo Lopez de Men-
doza, marquis de), ses manu-
scrits ont fait partie de la bi-
bliothèque de l'Infantado, xn;
— Il passe son enfance chez
Doua Mencia de Cisneros,
xxiv ; — Il se souvient d'un
chansonnier qu'il a vu chez
sa grand'mère, xxv ; — Son
amitié pour le comte d'Albe,
son cousin, xxvi ; — Compo-
sition du Diàlogo de Bias
contra Fortuna, xxvi, xliii,
lxxvii ; — Ses rapports avec
Enrique de Villena, xxvii ; —
Son mariage, xxvii ; — Sa
Defunssion de Don Enrique
de Villena, xxviii, lxxvii; —
Homme d'affaires, xxviii ; —
Garde la frontière à Agreda
et y rime des Serranillas,
xxxi ; — Reste malade àCor-
doue tandis que ses gens
prennent une part glorieuse
à la bataille de Sierra Elvira,
xxxii ; — Négocie une trêve
avec les infidèles, xxxii ; —
Sa mère meurt en 1432, à
partir de ce moment il cesse
de s'intituler seigneur de Hita
et Buitrago pour s'appeler
seigneur de la Vega, xxxii,
xxxiii ; — Hérite de biens
496
BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
(huis les Asturies de Santil-
lane, xxxm; — S'occupe
d'enrichir sa bibliothèque
xxxm ; — Sa Pregunta
de Nobles, xxxiv ; — Son
procès avec Diego Manrique,
x.wiv ; — Kétes à Buitrago
xxxv ; — La composition de
la Comedietade Ponça, xxxv,
LXXV, lxxvi, lxxvii, xci ; —
Le mariage de son fils Don
Diego, xxxv, xxxvi ; — La
composition de ses Proverbes,
XXX VI, LXXVI, lxxx-lxxxii ;
— La prise de iluelma et de
Bexix, xxxvn ; — Fait exé-
cuter le remaniement d'une
version aragonaise des His-
toires de Paul Orose, xxxvm ;
— Rime pour la princesse Do-
ua Blanca une chanson et une
serranilla, xxxix ; — La no-
blesse le charge de rester au-
près de Jean II, durant l'exil
du connétable, xl; — Refuse
de céder Guadalajara au prin-
ce Henri, xl; — S'empare
d'Alcalà de Henares, xl ; —
Obtient l'Alcazar de Guada-
lajara et la cession définitive
des Asturies de Santillane,
xli ; — La bataille d'Olmedo
vaut à I frigo Lopez de Men-
doza les titres de marquis de
Santillane et de comte du
Real de Manzanares, xli ; —
Adresse une chanson à la
jeune reine Doua Isabel de
Portugal, xlii ; — Alonso Ca-
rillo de Acuiïa et lui repren-
nent la forteresse de Torija,
xlii ; — Reprend une seconde
l'ois la forteresse de Torija,
XLin ; — Composition de la
('aria al eondestable, xlhi,
lxxi ; • - Prête main-forte au
Roi pour conquérir les villes
et les châteaux d'Alvaro de
Lima, xliv; — Campagne
contre le- infidèles, xlvi ; —
Pèlerinage à Notre-Dame de
Gùadalupe, xlvi; — Mort de
Doua Catalina de Figueroa,
xlvi; — Mort du Marquis,
xlvii ; — Ce que dit de
lui Fernando de Pulgar, xlvii
xlviii, xlix, lx ii , lx ; — Ce
que dit de lui Juan de
Lucena, xlviii, lu, lxi,
lxvi-lxvii ; — Ce que dit
de lui Diego de Burgos, xlviii-
XLIX, LVI, LVIII LX, LXXVI ; —
Ce que dit de lui Gôméz Man-
rique, XLIX, LV-LVI, LXI-LXII,
lxxvi ; — Son caractère, son
honnêteté littéraire, sa vie
privée, xlix, l, li, lu ; —
Villançiço qu'il dédie à ses
filles, li-lii ; — Ce que dit de
lui Anton Zorita, lii-liii, lvii-
lviii, lxvii-lxviii ; - La reli-
gion du Marquis, ses vers
religieux, ses pieuses fonda-
tions, lui, liv, lv ; — Sa
Canonieaeion, lui, lxxvii; —
Ajoute aux armes des Men-
doza celles des Vega, liv ; —
Sa dévotion à la Vierge et sa
devise Bios e Vos, liv ; —
Son portrait et celui de sa
femme, exécutés par Jorge
Inglès, dans la chapelle de
l'hôpital de Buitrago, lvi,
lvii ; — Ce que Pedro Gon-
zalez de Mendoza dit de sa
renommée, lviii ; — Ce que
TABLE DES MATIÈRES
497
Juan de Mena dit de lui, lviii ;
-- Ceque Pedro Diaz deToledo
dit de lui, lx ; — Le Marquis
a-t-il su le latin? lxiii-lxviii;
— Le Marquis écrit à son fils
qu'il ne sait pas le latin parce
qu'il ne l'a pas appris, lxv-
lxvi ; — Ce que Ludovicus
Bachalareus dit de lui, lxvi ;
— Ce que dit de lui Vespa-
siano de Bisticci, lxvii ; —
Lisait le français, lxviii ; —
Savait l'italien, lxviii; —
Son originalité véritable est
dans le choix de ses modèles,
lxx ; — Ses serranillas,
lxxi ; — Ses canciones e déci-
res f lxxii ; — Ses Refranes
que diçen las viejas, lxxii-
lxxiii ; — L'influence pro-
vençale directe sur le Marquis
a été nulle, lxxiii ; — Enri-
que de Villena a écrit pour
lui YArte de trobar, lxxiii ; —
Influence de Dante sur lui,
lxxiv-lxxv ; — Son Infierno
de los enamorados, lxxv ; —
Sa Coronaçion de Mossen
Jordi, lxxv ; — Ses Sonetos
fechos al italico modo déri-
vent de la Vie Nouvelle, au-
tant que des sonnets de Pé-
trarque, lxxv; — On lui doit
l'importation en Espagne de
l'hendécasyllabe italien et du
sonnet, lxxv, lxxvi ; — Son
Triunphete de Amor, lxx vu ;
— Composition du Doctrinal
de Privados, xliv, lxxvii,
lxxviii ; — Le premier Doc-
trinal de Privados, lxxix-
lxxx ; — Originalité de sa
bibliothèque, lxxxiii ; — Bi-
bliophile, lxxxiii ; — Pedro
Gonzalez de Mendoza n'a pas
traduit pour son père les
œuvres dont ses biographes
lui attribuent la version,
lxxxiv; — C'est Alonso de
Cartagena qui a mis le Mar-
quis en rapport avec les hu-
manistes italiens, lxxxv; —
Son enthousiasme pour les
nouveautés littéraires, lxxxv-
lxxxvi ; — Nuno de Guzman
fut son agent en Italie,
lxxxvi ; — Fait venir des
livres d'Italie. lxxxvii-
lxxxvui ; — Ses achats de
manuscrits, lxxxix ; — In-
cendie de la bibliothèque de
l'Infantado, en 1702, pertes
que l'on doit peut-être à ce
désastre, xc-xci; — Scrupu-
leux dans l'indication de ses
sources, xci; — Traduction
de Y Iliade faite pour lui par
son fils Pedro Gonzalez de
Mendoza, 1 ; — Pedro Diaz
de Toledo traduit pour lui le
Phédon, 8; — Les manuscrits
de Heredia conservés dans
la collection Osuna, ont
dû appartenir à Santillane,
16, 19-20 ; — Alonso de Ma-
drigal traduit à sa prière la
Chronique universelle d'Eu-
sèbe et son commentaire, 40 ;
— Les Sermones contra Ano-
mios de Saint-Jean Chrysos-
tome, traduits en latin par
Ambrogio Traversari, por-
tent ses armes, 49 ; — La ver-
sion italienne du De officiis,
du De amicitia, du De para-
doxes et du De Senectute de
32
498
Mim.IOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTÏLLANE
Cicéron qu'il a fait faire à
Florence, 59-60 ; — Corne-
dieta de Ponça, en castillan,
68, 72 ; — Martin de Avila
traduit pour lui une harangue
latine de l'ambassadeur des
ducs de Bourgogne, auprès
du roi Alphonse V de Portu-
gal, 75; — U Enéide de Vir-
gile traduite à sa prière par
Enrique de Villena, 90 ; —
Son Tite-Live, 97-98 ; — Son
manuscrit des Epistolae ad
Lucilium et du De providen-
tia de Sénèque, en italien,
104-111 ; — Angelo Decembri
lui dédie sa version italienne
du De nobilitate de Bonac-
corso de Montemagno, 114-
115, 117-118; — Son manu-
scrit de la Pharsale de Lucain
en italien, 138 ; — Son ma-
nuscrit du De vit a chris-
tiana de saint Augustin, en
italien, 164 ; — Son manu-
scrit des Confessions de saint
Augustin, en italien, 164-165 ;
— Son manuscrit des His-
toires de Paul Orose, en
castillan, 166-167 ; —Son ma-
nuscrit du De regimineprin-
cipum, de Gilles de Rome, en
latin, d'après Amador de los
Rios, 203-204, 211 ; — Ludo-
vicus Bachalareus s'adresse à
lui dans sa préface de la ver-
sion castillane du De insi-
f/niis et armis 231-233 ; —
Récit de son élévation au
marquisat 233-234 ; — Mar-
tin de Lucena, surnommé El
Machabeo, traduit pour lui
les Evangiles et les Epitres
de saint Paul, en castillan.
237-239; — Son manuscrit
italien de la Divine Comédie
avec la version castillane de
Villena, 275-303, 318 ; — Son
médecin Martin Gonzalez de
Lucena traduit pour lui le
commentaire de Benvenuto
da Imola au Purgatoire de
Dante, 306-307 ; — Le mar-
quis dantologue, 308 ; — Son
manuscrit de la Fiammetta
de Boccace, en italien, 327 ;
— Son manuscrit du Cor-
baccio de Boccace, en italien,
328-329 ; — Son manuscrit
du De viris illustribus de Pé-
trarque, en italien, 320 ; —
Son manuscrit du De renie-
diis utriusque fortunae de
Pétrarque, traduit en italien,
par frère Giovanni da San
Miniato, 321-322; — Son
manuscrit du Philostrato de
Boccace, en italien, 328 ; —
Raisons qu'il y a de croire
que le De Genealogia Deo-
rum de Boccace a été traduit
pour lui en castillan 334 ; —
Son manuscrit du Liber de
montibus de Boccace, en cas-
tillan, 340; — Pedro Diaz de
Toledo traduit pour lui
VAxiocus, 340; — La version
castillane de l'homélie De
liberalibus studiis de saint
Basile lui est dédiée, 342-
343 ; — Son manuscrit du
Libro délia vita civile de
Matteo Palmieri, en italien,
356 ; — Martin de Avila tra-
duit pour lui en castillan la
Comparatione di Caio Iulio
TABLE DES MATIÈRES
4Ô9
Cesare et d'Alexandre* ma-
gno de Pietro Candido Decem-
bri, 360; — Son manuscrit
des Lettres de Léonard Aré-
tin, en castillan, 361, 362-363;
— Son manuscrit du De mi-
Ut la de Leonardo Bruni, en
castillan, 361-362, 363 ; —
Son manuscrit de la Lettre de
Publius Lentulus au sénat de
Borne, en castillan 361, 363 ;
— Traduction castillane de
YOrazione di messer Gian-
nozzo al signor messer Gis-
mondo Pandolfo de Malatesti
faite par Nuno de Guzman à
la prière du marquis de San-
tillane, 364-365, 372; — La
version castillane du Qua-
drilogue invectif (El Qua-
drilogo inventivo) a-t-elle été
faite pour le marquis de San-
tillane? 372; — Manuscrit
français de Y Arbre des ba-
tailles, d'Honoré Bonnet, relié
pour lui, 373-374 ; — Anton
Zorita traduit pour lui en cas-
tillan Y Arbre des batailles,
d'Honoré Bonnet, 374, 378,
379 ; — Manuscrit des œu-
vres de Rodrigue de Tolède,
en latin, recouvert de la re-
liure du marquis de San-
tillane 390-391 ; — Son ma-
nuscrit de l&Primera Crônica
General, 391-392 ; — Notice
sur un manuscrit perdu de la
Crônica General qui, d'après
Mondéjar et Zurita, apparte-
nait au marquis de Santillane,
392-393 ; — Son manuscrit
de la Grande y General His-
toria d'Alphonse le Savant,
393 ; — Manuscrit de la Crô-
nica de los cuatro reyes, prêté
par lui à un certain Johan de
Salzedo, 393-395 ; — Notes et
vers de lui dans le ms. d'une
version castillane d\xl)eprae-
conis Hispaniae de Juan Gil
de Zamora, 421-423; — Alfon-
so de Zamora traduit pour lui
le De natura angelica de
Francesch Eximenis 424-425;
— La version castillane du
Guide des égarés de Maïmo-
nide, achevée pour lui, 444;
— P. Candidi Eulogium in
Enichum Hispanum, cogno-
mine Lupum, 468 ; — Epita-
phium Enici Lupi per Tho-
mam Reatinum, 468-469.-
Sanvisenti (Bernardo), lxxv,
lxxxii, 269, 347.
SanzdeNavarra(Lopede), 100.
Saplana (Père), 181.
Saroïhandy (Joseph), 387.
Savj-Lopez (Paolo), lxxxii.
Sayol ; v. Ferrer.
Segura (Johan Lorenzo) ; v.
Johan Lorenzo.
Selma (Fernando), Lvii.
Sehales de las buenas espadas
antiguas, en castillan 119.
Sénèque (M. A.) Liber decla-
mationum, en latin, 103 ; en
castillan, 121.
Sénèque, lxxviii, lxxxiv, xci ;
— De legalibus institutis, en
latin, 102, 103 ; — Epistolae
morales ad Lucilium, en
latin, 102; en italien, 104-111;
en castillan, 118-120; — De
liberalibus artibus, en latin,
102; en castillan, 120, 122;
123 ; — De questionibus natu-
500
BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANT1LLANE
ralibu8\ en latin; 103; — De
breoitaté vite, en latin, 103;
— Ad Marciam de consola
tione filii sut', en latin, 103 ;
— Ad Helbiam matrem
de consolât ione, en latin
103 ; — De tranquillitate
animi, en latin, 103 ; —
De bcncficiis, en latin, 103;
— De contemptu honorant
temporalium et voluptatum,
en latin, 103 ; — De provi-
dentiel, en latin, 103 ; en ita-
lien, 104, 106 ; en castillan,
120-121, 123; — De beata
vita, en latin, 103 ; en cas-
tillan, 123, 124; — Proverbia,
en latin, 103 ; en castillan,
127; — Tragédies, en italien,
111-112; — Proverbios de
Seneca llamaclos vicios ij vir-
tudes, en castillan, 113 ; —
Libido de amonestaciones e
dotrinas, en castillan, 120,
122, 123 ; — De clementia,
en latin, 102; en castillan, 120,
121, 123 ; — Brève copilacion
que de sus dichos fue fecha,
en castillan, 120, 121-122,
123-124 ; — Traducteurs et
traductions de Sénèque en
Expagne, 124-131 ; — De ira,
en latin, 103; en castillan, 126,
454 ; — Ludus de morte Clau-
dii, en castillan, 129,457;
— 315, 422.
Sermons; v. wSaint Augustin.
Sermones contra Anomios ; v.
Saint Jean Chrysostome.
Sevilla (Alvar Perez de), 406.
Séville, Inondations de Cor-
doue et de Séville, en cas-
tillan, 68, 73-74.
Sforza (François), <\W.
Siginulfo (Bartolomeo comte
deCaserte), 110.
Singuilerfe (Bartholomy) ; v.
Siginulfo.
Singuileyfe (Bartholomy) ; \ .
Siginulfo.
Sobre cl provecho etc. ; v. Go-
mez de Zamora.
Sonetti e canzoni ; v. Pétrar-
que.
Stanislao Polono, 130, 208,
211, 349.
Stanyol (Arnau), traduit en
catalan le De régi mine prin-
cipum de Gilles de Rome,
211.
Stolfi (Casimiro), 322.
Strategematon; v. Frontin.
Strozzi (Tito Vespasiano), 324,
325.
Suârez de Figueroa (Catalina),
278, 341.
Suchier (Hermann), 189.
Suétone, De vita Caesarum, en
italien 150-151.
Syrus (Publius), 103.
Talavera (Hernando de) (?),
Lettre relative à la succes-
sion de Henri IV, en cas-
tillan, 68, 70-71.
Talleyrand (Cardinal), 212.
Talodiqui (Domitri), 20, 21.
Tamayo de Vargas ; v. Vargas.
Tardif (Jules), 189.
Tassi (Francesco), 172.
Tellez Giron (Pedro); v. Osuna
(Onzième duc d').
Tendilla (Inigo Lopez de Men-
doza, comte de), lxxxvii,
lwxviii.
TABLE DES MATIÈRES
501
Tercera Cronica General, en
castillan, 399-400.
Teri (Teri di Lorenzo di), 331.
Teseide; v. Boccaee.
Testament {Le); v. Meun.
Teuffel, 155.
Thomas d'Aquin; v. Saint Tho-
mas.
Thucydide, Discours tirés de
F histoire de la guerre du Pé-
loponèse, en aragonais, 16-
18, 19, — Discours de Péri-
dès au peuple d'Athènes, 22-
25.
Ticknor (Georges), 313.
Tifernas (Gregorio), traduit en
latin le De poenitentia de
saint Jean Chrysostome 51,
52; — Fréquemment confondu
avec Lilius Tifernas, de son
vrai nom Lilius Archilibelli,
52.
Tifernas (Lilius), Epistola in
laudem constant inopolitane
civitatis et g reconnu unionis,
en latin, 51, 53; — On lui a at-
tribué souvent les versions de
saint Jean Chrysostome dues
à Gregorio Tifernas, 52.
Tiraboschi(Gerolamo),322,353.
Tite-Live ; v. Florus.
Tite-Live, lxxviii, 86 ; — Pre-
mière décade, en castillan 96-
97 ; — Seconde décade, en
castillan 97-98 ; — Abrégé
des trois décades de Tite-Live,
en castillan 98-99.
Tolède (Rodrigue de) ; v. Rodri-
gue de Tolède.
Toledo; v. Diaz de Toledo,
Toledo (Diego Lopez de), 67.
Toledo (Juan Carillo de), xl.
Toledo (Pedro de), traduit en
castillan le More Nebuchim,
de Maïmonide 428-444.
Toledo (Pedro Alcantara de);
v. Infantado (Treizième duc
del').
Tordesillas (Alfonso de), 395.
Torre (Fernando de la), Répon-
se à la lettre de Sancho de
Torres, en castillan, 68, 74.
Torres (Inès de), 125, 128.
Torres (Sancho de), Lettre à
Fernando de la Torre, en
castillan, 68, 74.
Torres Amat (Félix), 182, 311,
347, 381.
Tostado (El) ; v. Madrigal.
Tractatus de morali principis
institutione ; v. Vincent de
Beauvais.
Traité de la chevalerie; v. De
Militia.
Traité des conditions requises
pour être bonhéraut d'armes,
en castillan, 226, 227.
Traité de géographie, en fran-
çais, 366, 367.
Traité des sept articles de la
foi; v. Meun.
Traité des vices et des vertus,
en castillan, 247, 248-249.
Tratado de las armas; v. Va-
lera.
Tratado de la designacion de
los officios de Roma; v. Da-
vid.
Tratado de los gualardones ; v .
Lucena.
Tratado de los rieptos e desa-
fios; v. Tratado de las ar-
mas.
Traversari (Ambrogio), sa tra-
duction latine des Sermones
contra Anomios de saint Jean
502
BIBLIOTHEQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Chrysostome, 40-50; — Sa
traduction latine des Homé-
lies de saint Jean Chrysos-
tome, 50-53 ; — Epistola ad
Pet rumprincipe m Lus it article,
dédicace de sa version latine
du De Dei providentia de
saint Jean Chrysostome, 51.
Trébizonde (Georges de), tra-
duit en latin le De praepara-
tione evangelica d'Eusèbe 39;
— Traduit en latin les Libri
in evangelium sancti Mat-
thei de saint Jean Chrysos-
tome, 53-54.
Trésor (Le)\ v. Latini.
Treveth (Nicolas de\ 86, 180,
183, 185.
Triunfo del Marqués (El) ; v.
Burgos (Diego de).
Triveth (Nicolas); v. Treveth.
Trogue Pompée; v. Justin.
Troie (Histoire de), en castil-
lan et en galicien ; v. Benoît
de Sainte-More ; en castillan,
en catalan et en aragonais ;
v. Guido délie Colonne ; —
Traducteurs et traductions
des Histoires de Troie en Es-
pagne, 270.
Tudernopoli (Évoque de), 21.
Tuscidanes; v. Cicéron.
Ucalego (Afanto), traducteur de
Y Ion de Platon ; v. Boniila
y San Martin.
Uhagôn (Francisco de), xxi,
lxxix, 112, 115, 116, 129,
313, 314, 363.
Ungut (Meynardo), 130, 208,
211,346,349.
Uriarte (Manuel de), xvi.
Urries (Hugo de), 134.
Valdés (Juan), 185.
Valencia (Diego de), 379.
Valencia de Don Juan (Comte
de), 313.
Valera (Diego de), Lettres, en
castillan, 68, 69 ; — De pro-
videncia contra fortuna, en
castillan, 68, 74 ; — Doctri-
nal de principes, en castillan,
68, 72-73 ; — Lettre des Rois
Catholiques à Diego de Vale-
■ ra et Réponse à ladite lettre,
68, 77-78 ; — Cérémonial de
principes, en castillan, 68,
71,77,226,228,230; — Tra-
tado de las armas 226, 228,
230.
Valère-Maxime, Memorabilia,
en italien 132-133 ; en castil-
lan, 133-134.
Valla (Laurent), 20.
Valladolid (Pedro de), Com-
mentaire de Boèce, en castil-
lan, 179-180, 185.
Valori (Baccio), 107.
Varagine( Jacques de), I^egenda
aurea, en castillan, 247-248,
249; — Liste des vies de saints,
250-252; — Vie de saint
Biaise, 252-258.
Vargas (Tomas Tamayo de),
115.
Vaugris (Vicenzo), 62.
Vedia, 313.
Vega (Seigneur de la) ; v. San-
tillane.
Vega, (Notice généalogique de
la maison de la) 32-34.
Vega (Elvira Laso de la), 444.
Vega (Garcilaso de la), xxiv.
Vega (Leonordela), xxm, xxiv,
xxv, xxvn, xxxii, xxxin, 32.
Vega (Lope de), lxix.
Vega (Fray Pedro de la), 100.
TABLE DES MATIÈRES
503
Vega (Pedro Lasso de îa),xLvi.
Végèce, xvin : — De re mili-
tari, en castillan, 68, 75-76.
Venegas Quixada (Juan), tra-
duit Végèce, en castillan, 83.
Viana (Carlos d'Aragon, prince
de), 125, 127.
Viana ("Carlos d'Aragon, prince
de), traduit en castillan la
version italienne du De nobi-
litate faite par Angelo Decem-
bri, 112,114, 116; — Préface
de sa version du De nobili-
tate de Bonacorso da Mon-
temagno, attribué à Plutar-
que, 116-117.
Viana (Jaime de), sa version
de Végèce est la seule version
castillane imprimée de cet
auteur, 83.
Vicentia (Ludovicus de), 137.
Vidal (Miguel), xvi.
Vidal y Noya (Francisco), a re-
manié le Salluste castillan de
Vasco de Guzman, 79, 80.
Vidal y Valenciano (Ga3^etano),
310, 311.
Vidas de Dante e de Pet rare a ;
v. Bruni.
Vie de Jésus (fragment), en cas-
tillan, 247, 248.
Vies de Plutarque ; v. Plutar-
que et Heredia.
Vigna (Pier délia), xlv.
Vilaragut (Anton), xci, 125,
130.
Villacreçes (Pierre de) ; v. Saint
Pierre de Villacreçes.
Villadiego, 100.
Villanueva, 125, 181, 182, 211.
Villaquiran (Juan de), 349.
Villegas (Estéban Manuel de),
186.
Villegas (Gerônimo de), 312.
Villena (Enrique de), xxvn,
xxxiv, LXII, LXXIII, LXXVII,
lxxxiv, 139 ; — Sa traduc-
tion castillane de Y Enéide de
Virgile, 89-90, 285, 286, 287,
310; — Sa traduction castil-
lane de la Divine comédie
faite pour le marquis de San-
tillane, 275-303 ; — Extraits,
278-284 ;— 309-310, 318; —
Le traité d'alchimie intitulé
Ymagen de la Vida est peut-
être une épave de sa biblio-
thèque, 447, 448.
Villena (Juan de), copiste du
marquis de Santillane, 89.
Villena (Juan Pacheco, mar-
quis de), 71.
Vincent de Beauvais, Tracta-
tus de morali principis ms-
titutione, en latin, 201, 202-
203 ; — Depuerorum nobilium
eruditione, en latin, 201,203;
— De consolatione, en latin,
201, 203.
Violation des trêves, en castil-
lan, 226, 229.
Virgile, xxvn, lxv, lxxviii,
lxxxiv ; — Enéide, en cas-
tillan, 89-90 ; — Abrégé de
V Enéide, en italien, 90-91.
Visconti (Filippo-Maria), 66,
148, 360.
Visiani (Robertode), 133.
Vita Aristotelis ; v. Bruni.
Vta Dantis; v. Boccace.
Vita nuova ; v. Canzoni délia
Vita nuova; v. Dante.
Vivero (Alonso de), xliv.
Voigt (Georg), 11, 20, 39, 322,
341.
Vollmôller(Karl),3, 7.
504
BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Wagner (Charles Philip), 389.
Walléys (Thomas) ; v. Galles.
Ximenez (Francesch); \. Exi-
menis.
Ymagen de la Vida, en castil-
lan, 445 448.
Ynfamados [De los)> en castil-
lan, 226, 228.
Yriarte (Juan), 242.
Ystoria Troyana ; v. Troie.
Zambrini (Francesco), 31, 91,
106, 108,111, m, 320, 322.
Zamora ; v. (Gomez de).
Zamora (Alfonso de), lxi, 85;
— Sa traduction castillane du
De natuva anc/elica de Fran-
cesch Eximenis faite pour le
marquis de Santillane, 424-
425.
Zamora (Gil de), Alabanças de
Espaiïa, en castillan, 278,
421 423.
Zamora (J uan Alfonso de . écrit
sous la dictée d'Alonso de
( îartagena la lin de la v er-
sion castillane du j De casi-
bus virorum ilhustrium de
Boccace, commencée \>;u- Pe-
ro Lopez de Avala. 345,
346.
Zamorensis (Alfonso); v. Za-
mora.
Zarco del Valle (Manuel He-
mon), 348.
Zonaras (Jean), 410.
Zorita (Anton , lu, lvii, lviii,
LXI, LXII, LXVII, LXVIII, LXXXIX ;
— Sa traduction castillane de
l' Arbre des batailles d'Ho-
noré Bonnet, 374, 378, 379 ;
— Préface de sa traduction
datée de 1441, 375-378.
Zurita (Gerônimo), 233, 392.
ADDITIONS ET CORRECTIONS
p. 16, cote, au lieu de « Rocam. n° 19 », lisez « Rocam. n° 91 ».
p. 17, ligne 2 du bas, au lieu de « Hermocrates », lisez « Her-
m ocra te ».
p. 19. (( La manière dont ce volume est composé prouve com-
bien l'esprit de Heredia était à la fois curieux et actif, etc. »
M. Daniel Serruys, ancien membre de l'École Française de Rome,
qui s'est occupé spécialement des manuscrits de Thucydide, nous
a rappelé qu'il existe des textes de cet auteur ne contenant que
les harangues. Il n'est donc pas nécessaire d'admettre qu'Here-
dia ait commandé des extraits de Y Histoire de la guerre du Pèlo-
ponèse, il a peut-être simplement fait exécuter la version d'un
manuscrit des discours.
p. 20, (( Domitri Talodiqui ». A propos de ce nom, M. Morel-
Fatio, dans son édition de la Crônica de Morea (Préface, p. xx,
n. 2), dit que M. Sathas lui a fait observer que ce nom n'était pas
grec, mais qu'en le « corrigeant légèrement, on obtiendrait Dimi-
iri Calodiqui ou Calotiqui (KaXoor/r^ ou KaXoxu^ç, Démétrius le
Bon-juge ou le Fortuné). »
p. 35, ligne 11 du bas, « todo et », lisez « todo el ».
p 64, ligne 2, au lieu de Pologo, lisez Prologo.
p. 110. Dans un mémoire intitulé: De l'expansion de la langue
française en Italie pendant le Moyen- Age (Atti del congresso
internazionale di scienze storicke, vol. IV, Rome, 1904),
M. Paul Meyer cite la version française des lettres de Sénèque,
faite par un italien à la demande de Bartolomeo Siginulfofp. 95-
98). L'auteur se sert des mêmes arguments que nous pour déter
miner la date de cette traduction, il parle aussi de la version
catalane de ces lettres. Quand ce mémoire a paru, notre notice
était déjà imprimée, c'est pourquoi, n'ayant pu consacrer une
note à cette intéressante étude, nous la mentionnons ici.
p. 116, au lieu de « Voici les extraits que nous avons tirés »,
lisez « Voici des extraits ».
500 BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DK SANTILLANK
p. 131, note 1, au lieu de « Gallardo, col. 1030 », lisez « Ga-
llardo, n° 1030».
p. 138, au de « Lucain. Manuscrit perdu. », lisez a Lucain, la
Pharsale. En italien. Manuscrit perdu ».
p. 143, au lieu de a réglé à 28 lignes. », lisez « réglé à 28 lignes;
vélin. »
p. 146, au lieu de a Quinte-Curce, traduit en castillan », lisez
(( Quinte-Curce, Histoire d'Alexandre, traduite en castillan ».
p. 171, note l,au lieu de « (p. 475, note 2», lisez a (p. 473, note 2)».
p. 176, Ms. B, au lieu de « Rocam. n° 37 », « lisez « Rocam.
no 36 ».
p. 179. Ms. C, au lieu de « Rocam. n° 36 », lisez « Rocam. n° 37 ».
p. 193, au lieu de « Alphonso Alvarez de Toledo », lisez « Alfonso
Alvarez de Toledo. »
p. 212. Nous avons négligé d'indiquer à propos de Bernard Gui que
nous avons publié une note sur ce manuscrit de Madrid dans
la Bibliothèque de V École des Chartes, LVII, 637-639.
p. 214, au lieu de « Philippe IV », lisez « Philippe VI ».
p. 226, 2 et 3 au lieu de « Rodrigues del Padron », lisez « Rodri-
guez del Padron ».
p. 247, titre, ajoutez au titre la mention « En castillan ».
p. 333. au lieu de « Historia critica, t. IV, p. 41 », lisez « His-
toria critica, t. VI, p. 41 ».
p. 341, au lieu de « celles de sa seconde femme », lisez « celles de
sa femme » .
p. 347, au lieu de « Ponz de Icart », lisez « Pons de Icart ».
p. 350, note 2, au lieu de « Romania, t. XXXI, p. 1 », lisez « Ro-
mania, t. XXXI, p. 28-81 ».
p. 353, au lieu de « Azzo da Coregio », lisez « Azzo da Coreggio».
p. 361, ligne 20, au lieu de « e onor de las dioses », lisez « e onor
de los dioses ».
p. 389. M. Charles Philip Wagner a publié dans la Revue His-
panique, t. X (1903) un consciencieux travail sur les sources du
Cav aller o Cifar.
p. 420, au lieu de De Verbo contra udaeosf lisez De Verbo contra
iudaeos.
p. 447, au lieu de « M, Mourelo », lisez « M. Rodriguez Mou-
relo » .
TABLE DES CHAPITRES
Avant-propos • • xi
Introduction :
Chapitre I. — La vie de D. Inigo Lopez de Mendoza. . . xx
Chapitre II. — Le marquis de Santillane a-t-il su le
latin ? lxiu
Chapitre III. — L'œuvre littéraire d'Inigo Lopez de
Mendoza lxx
Chapitre IV. — La Bibliothèque de Guadalajara lxxxih
Chapitre I . — Homère 1
— II . — Platon 8
— III. — Thucydide 16
— IV. — Aristote 30
— V. — Polybe 37
VI . — Eusèbe 39
— VII . — Saint Jean Chrysostome 49
— VIII . — Historia de Praeliis 55
— IX. — Cicéron 56
— X . — Jules César 65
— XI . — Salluste 68
— XII. — Ovide 84
— XIII . — Virgile 89
— XIV. — Trogue Pompée 92
— XV. — Tite-Live 95
— XVI . — Sénèque. 102
— XVII . — Valère-Maxime 132
— XVIII . — Flavius Josèphe 135
— XIX. — Lucain 136
XX. — Frontin 141
— XXI . — Quintilien 142
— XXII . — Pline (lAncien) 145
— XXIII . — Quinte-Curce 146
50S BIBLIOTHÈQUE DU MARQUIS DE SANTILLANE
Chapitre XXIV. — Suétone 150
XXV. — Palladius 152
XXVI . — Jean Cassien 160
— XXVII. — Saint. Ambroise 162
— XXVIII. — Saint Augustin 163
XXIX. — Paul Orose 166
XXX . — Boèce 174
XXXI . — Justinien 178
— XXXII . — Saint Grégoire 190
-- XXXIII . — Papias 194
— XXXIV. — Historia Hierosolymitana 196
— XXXV. — Pierre le Mangeur 197
— XXXVI . — Innocent III 198
— XXXVII . — Guibert de Tournai 201
— XXXVIII. — Saint Raymond de Pennafort 205
— XXXIX. — Lanfranc 207
XL. — Gilles de Rome 209
XLI . - Bernard Gui 212
XLII . — Nicolas de Lire 215
XLIII. - Barthole 226
XLIV. — Bible 235
XLV . — Legenda aurea 247
XLVI . — Histoire de Troie 259
— XLVII. - Dante 271
— XLVIII. — Pétrarque 320
XLIX. - Boccace . . 327
— L. — Armannino Giudice 352
— LI . — Cecco d'Ascoli 355
LU . — Matteo Palmieri 356
LUI . — Leonardo Bruni 357
LI V . — Giannozzo Manetti 364
LV . — La Mappemonde 366
— LVI . — Le Roman de la Rose 368
LVII . — Alain Chartier 371
LVIII. — Honoré Bonnet 373
LIX. — Roman de Liesse et Cardenois 380
LX. — Matfre Ermengaud 383
LXI. -- Raymond Lull 385
— LXII . — Lihro de Alexandre 386
LXI II . -- Lihro del Caballero de Bios 388
TABLE DES CHAPITRES 5()9
Chapitre LXIV. — Chroniques générales et particulières
d'Espagne 390
— LXV. — Alphonse le Savant 413
LXVI . — Ordonnances 110
LXVII. — Gil de Zamora 421
— LXVIII. — Francesch Eximenis 424
— LXIX . — Juan de Fuent Sauco 426
— LXX . — Maïmonide 428
— LXXI . — Ymagen de la Vida 445
Appendice 1 . — Nuno de Guzman 441)
Appendice 2. — Diego de Burgos : Préface du Triunfo del
Marqués 460
Appendice 3. — Ifiigo Lopez de Mendoza, quatrième duc de
l'Infantado : Préface du Mémorial de cosas notables. . . . 105
Appendice 4. — Vers latins sur la mort du marquis de
Santillane 468